L'actualité de la crise : NÉCESSITÉ NE FAISANT PAS LOI, par François Leclerc

Billet invité.

Sous l’insistance de la BCE, qui peut se prévaloir de leur avoir sauvé la mise cette semaine, les ministres des finances européens vont encore se retrouver entre eux, pendant deux jours à partir de lundi matin. Toujours un peu désorientés et à la recherche d’une solution à cette crise européenne qu’ils ne parviennent toujours pas – et pour cause – à maîtriser.

Les ministres vont néanmoins essayer de deviner si, au terme d’une véritable course d’obstacle qui va s’engager, le Parlement irlandais pourra à partir de la mi-janvier adopter le nouveau budget de l’Etat, condition préalable à la mise en oeuvre du plan de sauvetage qu’ils doivent adopter. Plus délicat encore, ils vont discuter du renforcement du fonds de stabilité financière (EFSF), que la BCE suggère instamment, ainsi que des grandes lignes du futur mécanisme de crise, prévu pour 2013. Ils ne seront pas seuls dans cet exercice, le directeur général du FMI les y accompagnant, puisqu’il devrait également mettre au pot.

S’ils décident d’accroître sans attendre les moyens de l’EFSF, ils donneront à la fois deux signaux. Ils montreront certes être prêts, si nécessaire, à assurer le sauvetage non seulement du Portugal, mais également de l’Espagne. De forts doutes existant à propos de la capacité de l’EFSF d’y faire face avec les moyens financiers dont il dispose actuellement. Mais ils inciteront également à la relance de la spéculation sur le marché obligataire, puisque les méchants ne seront pas punis à la fin du film, bénéficiant d’une garantie de remboursement de facto en cas de malheur. Car on a bien insisté sur le fait que ce n’est que lorsque le futur mécanisme de crise sera constitué, mi-2013 au plus tôt, que des restructurations de dette pourront alors les atteindre.

Mais aucune solution ne sera apportée à l’insolvabilité des Etats qui, au terme de leur sauvetage, devront rembourser les dettes contractées pour les faire échapper aux griffes des marchés. Augmenter la capacité de l’EFSF à sauver davantage de pays ne fait donc qu’alimenter l’inquiétude de ceux-ci, au lieu de les rassurer.

Au cœur d’une contradiction, les marchés ont commencé à précipiter la crise dont ils craignent d’être les victimes, pourquoi s’arrêteraient-ils ? Une nouvelle fois, une crise de solvabilité est traitée comme s’il s’agissait d’une crise de liquidité. Le problème est que les Etats n’ont pas les moyens de se refaire qu’ont les banques et qu’il ne leur est pas accordé de facilités comptables et d’autant d’avantageuses zones d’ombres.

Un peu de temps pourra être gagné entretemps , à coup d’octrois supplémentaire de délais de remboursement de l’EFSF et du FMI, comme cela en prend le chemin pour les Grecs. Mais comme ces délais seront accordés moyennant contrepartie – de nouvelles coupes budgétaires – la dynamique infernale du défaut sera accélérée. Il sera encore moins à portée d’atteindre les objectifs de croissance requis par un business plan fantaisiste et de faire face à la dette obligataire.

Une autre option est défendue par Jean-Claude Juncker et Giulio Tremonti, le ministre italien des finances. Elle privilégie la création d’euro-obligations, une initiative qui serait un pas en faveur d’une intégration économique européenne accrue. Les Allemands n’en veulent pas a priori. Les faire changer d’avis supposerait l’adoption de nouveaux gardes-fous, de même nature que les normes de dette et de déficits adoptées lors de la création de l’euro, qui devront d’une manière ou d’une autre être abandonnés, n’étant plus à portée de la quasi-totalité des pays de la zone euro. Par quoi, alors, les remplacer  ?

Il va soit falloir se résigner à un éclatement de la zone euro, lourd de conséquences pour tous, soit trouver des règles communes de bonne conduite et de bon voisinage. Toute la question étant de savoir lesquelles, ce qui ouvre un vaste champ de discussion alors qu’il y a urgence à trouver une solution.

Dans l’immédiat, de l’Irlande à la Grèce et du Portugal à l’Espagne, le même scénario d’ensemble se dessine. Les unes après les autres, ce sont des livres de chair qui vont être en pure perte enlevées, sans qu’il n’y en ait jamais assez sur le plateau de la balance. Les résultats exigés étant irréalistes, s’appuyant sur des perspectives de croissance plombées par une rigueur qui n’est pas dans les moyens de ceux qui doivent y satisfaire.

La stratégie qui est actuellement suivie est un contresens financier. Bien que présentée comme résultant de nécessités incontournables, elle résulte en réalité de choix politiques, déplaçant progressivement le débat sur ce terrain, au fur et à mesure que se développe un malaise social cherchant des occasions de se manifester. Et qui n’est contenu qu’en raison du silence de ceux qui sont susceptibles de prendre la relève politique, accréditant l’idée qu’aucune alternative n’est possible.

Faute de projet européen, c’est le règne du chacun pour soi qui prévaut. Et, quand il s’agit d’adopter une orientation commune, celle qui s’installe ne peut mener qu’à l’éclatement.

Elle a pour conséquence de plonger l’Europe dans une politique de rigueur généralisée, plus ou moins engagée suivant les pays et en fonction des calendriers électoraux, faisant peser sur les travailleurs et chômeurs une charge de remboursement énorme. Elle aboutit à détricoter le filet de protection sociale, annonçant la fin inéluctable de l’« Etat-providence ». Cette référence malséante qui substitue à la solidarité entre les femmes et les hommes une intervention sur leur destin de nature bienfaisante, comme les oeuvres du même nom, qui leur aurait été octroyé et pourrait donc leur être retirée sans autre forme de procès.

Afin de dégager des gains de productivité grâce à des réformes structurelles, cette politique va accroître la précarité du travail et peser sur les revenus des salariés. Enfin, dans la même logique, elle va favoriser l’essor, pour ceux qui en auront les moyens, des plans de santé privés et des retraites complémentaires par capitalisation, ces nouveaux joujoux des financiers.

Les gouvernements grecs, irlandais, britannique, portugais et espagnols sont déjà à la tâche. Multipliant les coupes budgétaires pour tenter d’échapper au désastre tout en s’y précipitant. Se réfugiant derrière l’art du possible et la nécessité qui fait loi. Les rancœurs, les refus et les craintes, quand ce ne sont pas les colères, montent et ce fragile barrage qui leur est opposé y restera-t-il  ?

Le débat sur le retrait des dépôts des banques témoigne d’une grande nouveauté : aussi symbolique soit-il, il exprime non pas le classique besoin de protéger son argent mais celui de punir les banques. Il révèle en creux un besoin : celui de dresser une liste de mesures de sauvegarde, afin de les populariser et de demander aux organisations politiques de se définir par rapport à elles.

* www.les-crises.fr

70 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : NÉCESSITÉ NE FAISANT PAS LOI, par François Leclerc »

  1. une fois retiré l’argent de nos comptes, on pourra se retrouver à la soupe populaire ; l’avenir est bien sombre, de quoi renouer avec la désespérance de Paul évoquée la semaine dernière, il en faudra beaucoup de maquillage pour masquer nos larmes de crapaud. Misère est sur le chemin.

    1. Sacré réquisitoire à charge contre Obama et une bonne partie des dirigeants.
      Ça relève de la sociologie des Pinçon-Charlot autant que de la finance, une bulle sociale
      dorée sur tranche va t elle éclater ?

    1. Oui l’angleterre est a 2%, mais pas les anglais … du moins 80% d’entre eux. C’est toujours pareil, c’est le haut du panier qui profite.

  2. @ François Leclerc

    Bonjour, juste une question qui me vient souvent:

    La prime de risque est contenue dans le spread (c’est ce qu’on ne cesse de nous dire pour justifier des taux usuriers). Mais alors, pourquoi prendre un CDS ?
    Je peux aussi poser la question à l’envers: si on prend un CDS, pourquoi imposer de tels spreads ?

    1. En religion libérale : Une obligation grecque plus un CDS sur les obligations grecques = un bound (obligation allemande). Le CDS est censé éliminer le risque de défaut (si il reste quelqu’un pour le payer). Je soupçonne que le produit ainsi formé ne s’appelle plus de la même manière et bénéficie d’une bonne notation financière. Peut-être peut il même retrouver sa place dans l’assurance-vie de tout un chacun et donc facilement être vendu avec juteuse commission… C’est pour cela que de véritable « appellations contrôlées » me semblent plus que nécessaire en matière d’épargne.

    2. On achète aussi des CDS nus pour spéculer : Si je ne détiens pas de titres grecs et que je veux faire baisser leur valeur j’ai deux moyens: Les vendre à découvert (je m’engage à les racheter plus tard en espérant qu’ils auront baissé) ou acheter un CDS nu couvrant un portefeuille que je n’ai pas.

      Dans les deux cas j’envoie un signal négatif au marché des titres grecs marquant ma défiance et qui provoquera vraisemblablement la baisse que je souhaite; on est en pleine prophétie autoréalisatrice.

      Mais la vente à découvert n’est pas toujours autorisée et est très coûteuse : on me demande de déposer une garantie qui représente en général 20% de mes transactions.

      L’achat d’un CDS correspondant au même montant est beaucoup moins cher.

    3. Pour gagner sur les deux tableaux, pour spéculer deux fois plus : d’un marché en voilà deux,
      et le deuxième quel marché personne ne le régule, je peux vous vendre pour 5000 milliards de valeur de défaut de paiements quand en face il n’y a que 500 milliards de dettes.
      A moi les commissions à moi de miser encore et encore, Run Money Run

      Vive le Casino, vous vous étonnez après que Las Vegas soit en perte de vitesse, mais à côté de l’imagination et de la spéculation financière le jeu, c’est du pipi de chat..

    4. à Liervol : qui plus est avec de magnifiques effets de « cadavres dans le placard » à la clé. Il n’en faut pas plus pour expliquer le jour ou le monde financier s’arrêta de tourner.

  3. Un peu de fiction 🙂
    Et si …
    Si la crise mondiale s’arrêtait miraculeusement, on pourrait faire une estimation des pertes comme après une guerre :
    – Des millions de logements saisis aux Etats-Unis par les banques qui pourraient les revendre à un bon prix avec la reprise … sans doute la plus grande spoliation jamais vu dans l’histoire. 🙂
    – Des pays croulant sous les dettes pendant quelques générations (Grèce, Irlande, Portugal et peut être Espagne) … on pourrait parler de pays sous mandat européen comme au temps des colonies.
    – Une couverture sociale rétrécie et privatisée dans tous les pays.
    Si la crise s’arrêtait, le bilan serait déjà désastreux.

  4. ET POURQUOI PAS LIQUIDER CES BANQUES POURRIES ?
    Plutôt que de renflouer les banques en faillite en prenant dans la poche des citoyens,
    ne peux on pas mettre celles ci en liquidation tout en sauvegardant les dépôts des particuliers modestes. En partant de l’hypothèse de rembourser ces dépôts jusqu’à 50000 €, l’état de substituant au fond de garanti jamais alimenté par les banques,
    Combien cela couterait Il ?
    En d’autres termes, sait on ce que représente les dépôts modestes (50000 € est une hypothèse) dans l’ensemble du passif des banques ?
    et accessoirement ce que pourrait représenter les actifs non pourris des banques, immobilier etc..
    qui pourrait amortir ce cout.

    1. Cela me fait penser à l’Allemagne de 1945. Je crois que pour faire repartir l’économie on avit purement et simplement démonétisé le Reichmark et distribué une même somme à tous les citoyens sopus forme d’une nouvelle monnaie : le Deutschmark. Cela a bien réussi semble-t-il.

      En déclarant les banques en faillite on laisse à chacun d’entre nous le montant de ses avoirs plafonné à 50000€ (le montant garanti) et chacun repart sur des bases assainies….

    2. Ce n’est pas trop juste non plus.
      Parce que vous visez là les détenteurs de patrimoine financier, mais vous ne touchez pas aux détenteurs de patrimoine autre : immobilier résidentiel commercial tableau oeuvres d’art campagnes et champs vignobles voitures de collection ect… et j’en passe.

    3. Tous biens acquis, souvent, avec le produit du placement de nos économies ou des produits sur-payés pour cause de spéculation…

    4. Liervol, c’est un fait indéniable, on ne peut pas arbitrairement sanctionner le seul épargnant en valeurs mobilières, c’est en faire un bouc émissaire trop pratique. Par contre la notion de risque pris (en général volontairement) doit se réaliser au niveau des actionnaires, ceux-ci doivent accepter de perdre leur mise sur les supports volatiles.

    5. Pour Karluss : Ne fait on pas payer en renflouant les banques,
      les épargnants par ceux qui n’ont pas les moyens d’épargner ?
      Et puis en garantissant les dépôts modestes ne sauvegarde t’on pas
      la grande majorité des épargnants.

  5. @4 Août

    Tout cela est devenu virtuel. Le spread ne correspond à rien. Il est censé couvrir un risque de défaut que l’on sait inexistant (en tout cas ce ne sont pas les prêteurs qui payeront) et d’ailleurs il n’est absolument pas mis de côté comme dans le secteur des assurances (sous forme immobilière par ex) mais intégralement versé dans la colonne « bénéfices ». Comme quoi c’est doublement du vent.

    Quant aux CDS, c’est encore plus insensé puisque certains CDS ne correspondent plus à des contrats de prêt réels, n’importe qui peut s’assurer pour le défaut sur une obligation qu’il ne possède pas.

    C’est un peu comme si vous assuriez tous risques la voiture de votre voisin, faut pas s ‘étonner si vous lui souhaitez un accident.

    Alors après, essayer de trouver une quelconque logique au fait que le spread et le CDS coexistent, ça me dépasse totalement.

  6. C’est tout bonnement incroyable, l’incompétence ou, pis, le refus de nos dirigeants de s’attaquer aux marchés (les banques, en fait). Car, en définitive, ce sont eux qui déterminent le prix des emprunts d’état. Au lieu de s’esquinter à amadouer ces « investisseurs », les états et l’Union feraient mieux de se placer comme contre-partie. Le fameux fonds, au lieu de pourvoir de l’argent aux états nécessiteux, devrait au contraire utiliser les moyens qui lui seraient conférés à intervenir sur ces marchés, de sorte à dérouter ces « investisseurs » et à profiter de leurs excès. Comme une banque centrale le fait vis-à-vis de la monnaie sur le marché des changes. Les taux d’intéret n’afficheraient plus de telles disparités.

    Pourquoi les uns peuvent-ils jouer dans la cour des autres et pas réciproquement ?

    1. Vous n’avez pas compris qu’il n’y a plus, à strictement parler, d’Etat indépendant et souverain en Europe.

    1. Ce qu’il faudrait faire, ou même commencer à faire, aucun gouvernement n’en prend le chemin.
      Au contraire, tous les politiciens, socialistes compris, grecs et espagnols en ce moment,
      français demain, ne travaillent que pour les banksters, à dépouiller le peuple,
      car ils n’ont d’autre horizon que l’économie soumise au capital.

      Même pour le minimum de mesures de bon sens, d’équité,
      il faudra, à cause de la crise, arracher le pouvoir politique à la bourgeoisie.

      Cela va demander de s’unir dans l’action, loin des manoeuvres électorales des politiciens,
      des actes de résistances, dans une guerre de position,
      puis le moment propice de passer à l’offensive, par la légitimité du nombre, et la raison de la force.

      Patience, que chacun agisse dans son assoc, dans son syndicat, dans son parti,
      multiplie les actions dans l’unité, à chaque fois vers le tous ensemble,
      vers le socialisme, vers la démocratie.

  7. Où le diable va-t-il se nicher ?

    Détaillée, la proposition d’Agence de la dette européenne et d’émission d’euro-obligations de Jean-Claude Juncker et Giulio Tremonti est très politique. Il y a du grain à moudre pour tout le monde, y compris les Allemands et la BCE.

    Si elle devait finalement offrir une porte de sortie à des conditions qui pourraient être considérées comme raisonnables par tous, cela sera parce qu’elle n’infléchira pas la stratégie de rigueur actuelle, ou alors à la marge.

    1. Ce n’est pas avec de la ‘rigueur’ (on est tous d’accord la dessus) que l’on va recréer de la ‘croissance’ seule créatrice de valeur ajoutée, de richesse et donc d’emplois.Donc si je comprends bien les hommes politiques ont totalement rénoncé à la croissance et acceptent un chomage structurel quasiment à perpette?Comme il est évident que cette montagne de dettes n’est pas remboursable même en partie (même uniquement ses intérêts), pourquoi s’acharner dans cette voie sans issue?On a jamais vu un plan de rigueur créer de la croissance au contraire il risque juste de tuer le peu de croissance existante(cercle vicieux)..donc est-ce un suicide collectif?

    2. C’est pure politique : la commission sait que si elle veut exister politiquement avec plus d’autonomie elle doit obtenir des ressources propres, idéalement des impôts européens ou à défaut des euro-dettes. Vu sa légitimité un peu « light », je trouve que ça pourrait mériter le qualificatif de « putsh light ».

    3. J’ ai du mal à comprendre le nouveau ‘niet’ allemand sur les euro-bonds. Souci de ‘ souveraineté’
      sur le marché obligataire européen ? Ceci faisant suite à leur ‘nein’ , plus compréhensible
      sur l’augmentation de la taille de l’EFSF dans sa forme actuelle.

      Evidemment, si le contexte et leur usage proposé ont profondément changé, les propositions ont ‘refleuri’ ces derniers jours, cela aurait quelques avantages en matière de ‘stabilisation’, permettrait de mettre la BCE à l’ abri de l’insolvabilité. La gouvernance fiscale unique ne se fera pas en un jour…

    4. @liervol: yes. Stratégie du choc. Quand on ouvrira les yeux dans 2 ou 3 ans, l’Etat-Providence aura probablement été démantélé et on se demandera « hein, il s’est passé quoi? comment est-ce possible? Il y a encore 5 ans, il y avait la sécu, les allocations de chômage, les allocations familiales, les mutuelles, le droit de grève, les congés payés, la retraite, etc, et là plus rien… Même avantages sociaux que mon arrière grand-père. ».

    5. @ Charles.

      La création d’une agence du trésor sur la zone euro, une idée assez ancienne, reviendrait à une véritable mutualisation de l’endettement et donc ne serait pas immédiatement profitable à l’Allemagne puisqu’elle trouve aujourd’hui du quasiment 0% pour se financer.
      Cette agence verra inévitablement le jour mais à priori pas tout de suite, en tout cas pas avant la mise en place de conditions de gestion des comptes des états, ou plus exactement des « régions », très strictes et dictées par les principaux apporteurs que ceux l’Allemagne et dans une moindre mesure la France. On ne peut pas d’un côté expliquer que la dette ne doit servir qu’à financer de la vraie croissance et de l’autre continuer à faire exactement l’inverse, même si ça va inévitablement peser à CT sur la croissance de l’Europe; le suicide collectif serait de continuer à avancer, comme les US, dans une spirale d’endettement sans fin car même si l’euro est devenue la 2em devise mondiale, ce n’est pas encore le dollar. Ceci dit, à plus de 1.3$, l’euro est encore surévalué d’au moins 20%. On aurait pu espérer, du fait de l’éclatement prochain de la zone euro pronostiqué voir espéré par beaucoup, une baisse beaucoup beaucoup plus importante, mais visiblement, les marchés n’y croient pas, en tout cas pas pour l’instant.
      Par contre, le poids d’une gestion plus rigoureuse doit être supporté par tout le monde, il sera indispensable que ceux qui gagnent et possèdent le plus, soient ceux qui participent le plus à l’effort collectif, sinon ça ne passera pas. Les injustices de la réforme des retraites et du sauvetage du secteur bancaire ont trop frappé les esprits. Les premières propositions pour 2012 modifiant la loi de finance sur les revenus du patrimoine et du travail vont être révélatrices de la volonté du gouvernement à infléchir ou non sa position sur le point précis de l’équité.

    6. OK avec Mr LIERVOL!

      Plusieurs , ici même, ont annoncé cet objectif : plus d’état providence !!
      A moins que …

    7. @ Jef,

      Les premières propositions pour 2012 modifiant la loi de finance sur les revenus du patrimoine et du travail vont être révélatrices de la volonté du gouvernement à infléchir ou non sa position sur le point précis de l’équité.

      =>
      Il n’y a pas d’équité possible tant que l’on ne s’attaquera pas aux flux transitants par les paradis, or, il ne me semble pas que ce soit la direction prise ; je peux me tromper, on verra. Une réforme fiscale d’envergure pondue en 6 mois et dans l’urgence, c’est risible, vraiment. Soit les projets sont dans les cartons depuis longtemps, et il y a un sérieux souci à se faire concernant l’équité souhaitée, soit il n’en est rien, et l’urgence nuira par hypothèse et par nécessité au sérieux et à la sérénité des débats : dans tous les cas, je ne vois pas l’équité dont vous parlez gagnante. Encore une fois, je peux me tromper, j’irai même jusqu’à dire que je l’espère.

      @ tomate,

      C’est Madame Liervol ;-).

      Cdt.,

  8. Je me demande si vous ne devriez pas plutôt garder toutes ces observations et réflexions pour vous Mr Leclerc depuis le temps que vous cherchez à nous alerter et prévenir à la fois sur ceci et cela, comme si tout cela servaient indirectement et à vos dépens les premiers intérêts souverains de nos élites jouant parfois bien le double jeu envers les peuples comme sur la question européenne et des marchés

    Depuis des décennies les êtres de ce monde se sont laissés glisser et captiver peu à peu dans un gigantesque traquenard politico-marchand, consistant souvent à faire croire et penser qu’il en sera toujours ainsi sans plus de dégats moraux, économiques, institutionnels et environnementaux, hélas que s’apercoivent peu à peu les peuples se sentant de plus en plus floués et bien trompés mais pas seulement à la lecture de vos articles et propos,

    Comme si le meilleur des mondes avait intégralement basculé dans un automatisme de conduite bien peu en phase avec les diverses mises en garde de l’histoire, comme si toute la contradiction du monde actuel ne pourrait jamais provoqués de plus grands bouleversements, où d’ailleurs la multitude n’attend et n’espère plus rien, à part celui de pouvoir rejouer plus longtemps aux jardins d’enfants, à la politique, au consumérisme comme par le biais du nouveau politicien élu ou pas, l’idée folle aussi que le seul tout commerce des choses et des êtres pourraient de nouveau empêcher les êtres de tourner en rond, la fin surtout d’une grande illusion, n’est-ce pas surtout ce qui démange peu à peu nos élites mal à l’aise surtout au regard de toutes ces choses qui ne sont en fait jamais réellement résolus.

    Tout n’est que mensonge, opportunisme, tromperie, duplicité, mascarade, complicité, pouvoir toujours trouver sur terre toutes les chances et les autres occasions de plus pouvoir encore mieux berner son monde ? Celui de pouvoir toujours gagner à tous les mauvais coups de plus sur les marchés comme partout ailleurs à l’image ….

  9. Nous voici soumis pour plusieurs génératons tant que les peuples ne réagiront pas. Ces institutions et ses supporters ont les moyens de faire faire travailler les peuples par les forces
    qu’ils détiennent ( des médias jusqu’aux armes ). Tant que les peuples ne réagiront pas. Point barre !
    Papilon (Anticapitaliste)

    1. Pour l’instant les grèves « dures » ont quasiment disparues du paysage par acceptation plus ou moins consciente de la majorité des gens. Les espagnols viennent de rappeler que cela ne sera probablement pas toujours le cas…

  10. @ Karluss :

    « une fois retiré l’argent de nos comptes, on pourra se retrouver à la soupe populaire »

    ne vous laissez pas intimider par les banques !!! Ce que Canto a dit, en substance:

    regardez le gros calibre que nous avons, on vous abat quand on veut.

    Ce à quoi les banquiers ont répondu:

    ne faites pas ça, vous mourrez avec nous

    Mais c’est du bluff, rappelez-vous du TCE. Le monde ne s’est pas écroulé.

    1. Traité établissant une Constitution pour l’Europe (avec héritage chrétien et partie n°3 fourre-tout écono-libéral si je me rappèle bien)

  11. Il est maintenant clairement établi par les rapports au Congrès américain que la FED et l’administration OBAMA ont facilité, encouragé voire dirigé tous les mouvements spéculatifs contre l’EURO et les pays de l’Euroland depuis l’élection de ce président à coup de milliers de milliards de dollars.

    Qui sont les véritables terroristes dans ce monde?

    Quel sont leurs objectifs?
    1) Faire payer aux autres, tous les autres, les avanies catastrophiques dues aux turpitudes de leur système financier en déstabilisant les uns (Europe accessoirement Japon) en plombant les réserves en dollars accumulés par les autres (Chine, Japon, Moyen Orient).
    2) Maintenir, coûte que coûte et ça ne leur coûte pas grand chose puisque leur monnaie sert de réserve, leur pouvoir impérialiste sur le reste du monde.

    1. Si ça peut leur coûter une monnaie de réserve justement, il faut donc compromettre le moins possible la pérennité de ce formidable instrument.

  12. Selon le syndicat socialiste UGT, la mesure de Zapatero supprimant l’aide de 426 € aux chômeurs en fin de droits, laissera 600 000 personnes de plus sur le carreaux.

    En janvier, les retraites seront réduites de 10 % et un peu plus tard de 30 %.

    Pendant ce temps-là, et malgré les dettes, le gaspillage continue dans les administrations des villes, régions et Administration centrale (deux exemples: l’Espagne a plus de voitures officielles que les EE.UU et il y a 30 000 conseillers que personne sait ce qu’ils font).

    Les administrations publiques doivent aux entreprises plus de 45 Mds €, ce qui génère des fermetures en chaîne.

    Les banques, avec la collaboration de la Banque d’Espagne, trichent sur leur vraie situation et ne comptabilisent pas leurs vraies pertes.

    Pendant ce temps-la, la croissance pour 2011 ne sera pas de 1,3 % comme le prévoit le gouvernement, ni de 0,7 % comme le prévoit Bruxelles, mais « négative » comme le prévoit déjà le Service d’Etudes de la Bourse espagnole.

    Dans ces conditions, comment fera l’Espagne pour emprunter les 170 Mds € minimum dont elle aura besoin en 201?

    http://www.cotizalia.com/disparate-economico/zapatero-improvisa-20101206-4516.html

  13. Comment l’Europe s’est sauvée du naufrage
    enquête

    Ce soir, une réunion des ministres des Finances de la zone euro tentera de réconforter les marchés. «Libération» livre le récit de deux ans de négociations secrètes pour éviter l’explosion de l’Union.

    http://www.liberation.fr/economie/01012306357-comment-l-europes-est-sauvee-du-naufrage

    La suite est malheureusement payante, si quelqu’un du blog est abonné à Libération on line et peut nous faire partager cet article?Merci d’avance

  14. 16 peuples européens ont écouté les belles promesses de 1992.

    16 peuples européens ont écouté les belles promesses de 1992 et ils ont construit un gigantesque bateau soi-disant « insubmersible ».

    Depuis l’année 1992, 16 peuples européens ont construit ensemble ce gigantesque bateau, puis ils sont montés dedans, puis ils ont largué les amarres vers un avenir soi-disant « radieux ».

    Mais aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, 16 peuples européens commencent à comprendre que ce bateau soi-disant « insubmersible » est en réalité un rafiot pourri.

    Aujourd’hui, 16 peuples européens sont au milieu de l’océan sur ce rafiot pourri.

    Aujourd’hui, 16 peuples européens voient que leur rafiot pourri a percuté l’iceberg.

    Bon, maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

    1. Ce n’est pas le bateau qui est pourri. Vous nous parlez de l’absence d’un capitaine et d’un navigateur!

    2. On a construit des canots de sauvetage en votant majoritairement non au TCE
      UMP, PS et Verts ont coulé aussi ces bateaux de sauvetage,
      au mépris de toute démocratie.
      Tant qu’on aura pas tourné le dos aux politiciens serviteurs des banksters….

  15. Au cœur d’une contradiction, les marchés ont commencé à précipiter la crise dont ils craignent d’être les victimes, pourquoi s’arrêteraient-ils ? Une nouvelle fois, une crise de solvabilité est traitée comme s’il s’agissait d’une crise de liquidité. Le problème est que les Etats n’ont pas les moyens de se refaire qu’ont les banques et qu’il ne leur est pas accordé de facilités comptables et d’autant d’avantageuses zones d’ombres.

    Le marché n’est pas la source première de la vie comme l’eau, il est davantage le lieu de l’oubli de l’homme, de soi, de sa famille, de ses enfants, de sa patrie, de sa culture, de la nature,

    Le grand marché mondial est aussi un lieu où l’homme pense pouvoir souvent s’en tirer à
    bon compte et cela sans jamais rien devoir jamais à personne malgré sa moralité perdu,
    comme pour ces premières valeurs à la côte le poussant continuellement à en vouloir plus pour se suffire à lui même, en marchandant comme ça tout le temps aux quatres coins du monde, le marché est en fait très aveugle et sourd aux meilleures recommandations humaines de prudence. Il ne voit pas très loin aussi dans le temps !

  16. le traité de rome définit ce marché commun mais à l’échelle mondiale il serait positif de l’appliquer car comme tout le monde le sait, chaque pays évolue de selon ces moyens et pour ceux qui n’en on aucun???

  17. Notre culturelle pour ceux qui n’auraient pas saisi l’allusion contenue dans la livre de chair fraiche à mettre sur la balance, il s’agit de ce que Antonio, le Marchand de Venise, (dans la pièce éponyme de Shakespeare) a promis à l’usurier Shylock (voir la tirade sur wikipedia) en cas de défaut de son emprunt, si les galères ne reviennent pas avec la fortune espérée.

    C’est par une argutie juridique que Antonio, aidé d’un avocat padouan, s’en sort (intéressant pour nous ces jours-ci), argutie suivant laquelle si on lui prélève sa chair mais qu’on en prend un gramme de plus ou de moins qu’une livre, on bascule de catégorie car on commet un acte criminel « saignant ».

    Les marchés jusqu’au sang, effectivement, ça promet…

  18. je fais un long short portugal grece visant soit a une amelioration de la situation soit a une aggravation
    je suis sur de faire un max de pognon

  19. Nos magnifiques dirigeants n’avaient pas vu venir la crise (ils ne lisaient pas paul à cette époque). Ils se trouvèrent donc fort dépourvus quand la crise fut venue. Ils créèrent donc le QE1.

    Mais ensuite, ils avaient le temps de réfléchir à ce qu’il fallait faire, trouver des moyens pour que la répartition des richesses soit plus équitable, mais ce n’était pas leur volonté, il était plus intéressant de continuer le hold up.
    Ils ont donc dit « il faut continuer à créer de l’argent, cela va créer des emplois ». Ils ont lancé le QE2.
    Le but du QE2 ? Toujours pas d’améliorer la répartition des richesses, mais juste de faire monter le prix des actions, pour donner l’impression a ceux qui en ont qu’ils sont plus riches et donc dépensent leur argent.
    Est-ce que croire qu’on est plus riche rend vraiment plus riche ? Est-ce que si on vous dit qu’on va vous donner un million va vous faire le dépenser dès aujourd’hui ? Pour une minorité de naif, sans doute, mais pour le « bon père de famille », j’en doute.
    Le QE2 ne fonctionne donc pas, mais pourquoi devrait il fonctionner ? Est-ce que le fait de créer de l’argent à partir de rien n’a jamais été tenté ? Si, bien sur. Et est-ce que ça a fonctionné ? Non, bien sur. Mais pourtant la fed croit qu’elle n’est pas comme les autres, que le peuple americain n’est pas comme les autres, donc ça doit fonctionner.
    Si ça ne fonctionne toujours pas, c’est parceque le dosage n’est pas bon, il faut donc augmenter la dose. Notre ami Ben vient donc d’annoncer qu’un QE3 serait sans doute nécessaire.

    A quel moment le point de non retour sera dépassé ? Personne ne le sait, mais ce jour la ce n’est pas parceque cantona vous le demandera que vous retirerez votre argent de la banque, c’est parceque le bateau viendra de se casser en 2, et qu’il deviendra clair qu’il va maintenant couler à pic et qu’il n’est plus temps de chercher un canot de sauvetage.
    Mais ne vous inquiétez pas, les 1eres classes seront déjà montées dans les canots (elles auront acheté des matières premières), elles seront donc les survivants qui raconteront comment ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour éviter la crise, mais que c’est la faute de la chine s’ils n’y ont pas réussi.

  20. A propos des plans d’austérité imposés à l’Irlande, le Grèce et autres, vous dites : Les résultats exigés étant irréalistes, s’appuyant sur des perspectives de croissance plombées par une rigueur qui n’est pas dans les moyens de ceux qui doivent y satisfaire.
    Même irréalistes, ces plans devront bien être réalisés si tant est que personne, même un Etat, ne peut vivre indéfiniment au dessus de ces moyens. Les Allemands ont raison d’exiger une discipline monétaire, toutes les solutions alternatives que vous proposées revenant en définitive à spolier telles ou telles catégories ou même tout le monde parfois dans une brutalité et une injustice sans nom.
    D’ailleurs, vous sous-estimez la capacités des peuples à voir leur pouvoir d’achat se réduire. Les moins dix pour cent que subiront les Irlandais (en attendant les autres) sont bien peu de chose par rapport aux quatre vingt dix pour cent de perte qu’ont subi les peuples d’Europe pendant la dernière guerre.
    Et oui, nous sommes dans une guerre économique mondiale où pour la première fois depuis quatre siècles, l’Occident n’a plus de cartes maîtresses en main que furent successivement les Grandes découvertes, l’industrialisation, la colonisation et enfin l’évitement du communisme.

    1. J’ai bien peur que la classe politique effectivement mise sur son dernier atout, la capacité des populations à faire des trous supplémentaires à leur ceinture. Après tout l’Inde et bien d’autres pays ont vécu longtemps ainsi sans que ça provoque de révolutions.

      Il est très vrai que les populations européennes ont survécu à la seconde guerre avec très peu de moyens et les destructions alentour. Démonstration historique des capacités d’endurance, malheureusement réconfortante pour tout pouvoir actuel.

      La guerre, la vraie, pas celle seulement économique, n’est pas encore là, ce qui est appréciable, ce que doivent aussi se dire les dirigeants politiques européens.

  21. Lundi 6 décembre 2010 :

    La BCE a indiqué lundi avoir acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques la semaine dernière, soit le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet.

    « Maintenant le marché va attendre de voir ce que la BCE va faire dans les prochains jours. Il faut que la BCE soit présente pour que les écarts ne repartent pas à la hausse », selon Nordine Naam, stratégiste obligataire chez Natixis.

    Boursorama

    Traduction :

    – Plus personne ne veut acheter les obligations pourries du Portugal.

    – Plus personne ne veut acheter les obligations pourries de l’Italie.

    – Plus personne ne veut acheter les obligations pourries de l’Irlande.

    – Plus personne ne veut acheter les obligations pourries de la Grèce.

    – Plus personne ne veut acheter les obligations pourries de l’Espagne.

    – Du coup, c’est ce pauvre Jean-Claude Trichet qui s’y colle : sur les marchés obligataires, il n’y a plus que la BCE qui achète ces obligations pourries.

    – Si la BCE arrêtait d’acheter ces obligations pourries, les taux repartiraient à la hausse.

    – La BCE est devenue une fosse à m….

    1. techniquement ce sont des emprunts d’états qui offrent des intérêts et seront remboursés par les états à la fin de la durée prévue. si l’état en question n’a pas fait faillite… si c’est le cas la bce peut ajouter « tant » dans la colonne « pertes ». en cas de dévaluation l’état doit rembourser en euros, ce qui lui coûte + cher.
      comme l’ue ne veut pas laisser faillir un état le bilan est plutôt sain.
      mais on a dit « un état », pas « plusieurs ».

  22. Le pistolet à eau de la BCE: La BCE affirme avoir acheté 1.965 milliards d’obligations souveraines, bien que ce montant n’inclue pas les transactions faites entre le 1 er et le 3 Décembre, contre 1.348 milliards la semaine dernière. Faisant suite aux déclarations de
    l’ abbé que le progamme était ‘ongoing’, rappeler que le capital de la BCE est de 78 milliards
    d’euros

    Trichet aguanta el tirón (por ahora)

    ECB bond buying won’t help

  23. Salut à tous.
    En fin d’article, 59 commentaires sont annoncés et seuls 28 apparaissent sur cette page.
    La question/ où cliquer pour découvrir la suite ? Excusez mon ignorance.

    1. seuls sont comptabilisés les commentaires chiffrés devenant ainsi majeurs (28 en l’occurence), les réponses aux commentaires majeurs sont des commentaires mineurs(37) et ne sont pas comptés.

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