L'actualité de la crise : DES DÉMENTIS POUR TOUTE POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Une pluie de démentis n’a cessé de tomber durant la journée de vendredi, comme s’il avait fallu rattraper en vitesse des paroles imprudentes et pas bonnes à dire, du genre : « la contagion se poursuit en Europe » ou bien «  il risque de falloir augmenter les moyens financiers disponibles afin d’y faire face ».

José Manuel Barroso, président de la Commission, a fait cette magnifique remarque : « Je crois qu’un des problèmes que nous avons eu récemment, c’est que des responsables politiques font tous les jours des commentaires au lieu de prendre des décisions ».

Donc plus question, à en croire aujourd’hui nos édiles, que le Portugal et l’Espagne entrent dans la zone des tempêtes, encore moins d’inciter les premiers à demander sans attendre de l’aide, ni enfin de revoir la dotation du fonds de stabilité européen. C’est dit et c’est juré.

Les marchés – à qui la science infuse est en général accordée – ne semblent pas les avoir entendus. Sur toutes les places financières européennes les valeurs financières ont continué à chuter, comme si les banques étaient à la veille d’un sérieux coup de tabac. Une manière d’anticiper des restructurations de dette. Les taux obligataires des pays sur la sellette ont continué de grimper sérieusement et l’euro de baisser.

Qui a raison, qui a tort ? Le danger des prophéties auto-réalisatrices est mis à contribution pour expliquer ce qui devient l’irrationalité des marchés, sans expliquer pourquoi elles se poursuivent. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, expliquant qu’« il y a énormément de spéculation, et cela permet à des opinions totalement isolées de prendre une certaine importance et d’inquiéter les marchés, ajoutant encore au trouble ».

Les dirigeants espagnols et portugais ont de leur côté multiplié les déclarations, expliquant que rien dans leur situation ne justifiait qu’ils se réfugient sous le parapluie financier européen. A croire que leur principale crainte est d’en bénéficier. Ce qui devrait faire un peu réfléchir ceux qui en ont fait la pierre cardinale de leur politique, car en profiter semble être ce qu’il faut à tout prix éviter.

Fernando Texeira dos Santos, le ministre portugais des finances, a néanmoins reconnu que « certains, parmi nos partenaires communautaires, estiment que la meilleure façon de préserver la stabilité de l’euro est de pousser les pays actuellement sous les projecteurs à accepter cette aide ». Il ajoutait non sans raison : « L’attaque des marchés contre les dettes souveraines, en particulier des pays dits périphériques, est un test de la volonté et la capacité des pays visés, mais aussi et surtout de la zone euro » et « une crise ayant des aspects systémiques exige une réponse non seulement des pays les plus touchés, mais aussi et surtout de l’ensemble de la zone euro ». 

Un petit détour par les Etats-Unis et le Japon s’impose pour mieux jauger la politique actuellement suivie en Europe. On y a appris que la Fed avait tenu une réunion secrète, en octobre, où on avait décidé de remonter le curseur du taux d’inflation acceptable, fixé selon l’usage à 2% ; permettant par la suite d’engager le programme d’achat de T-bonds américains dénommé QE 2. Incitant aujourd’hui à se demander s’il ne devra pas être suivi d’un QE 3, au train où vont mal les choses. Au Japon, où la question était pendante et ne se pose plus, un nouveau plan de relance de 58 milliards de dollars a été voté sur proposition du gouvernement. Les deux plans ont comme objectif commun de faire face à la menace de la récession.

Sous la double férule de la BCE et des Allemands, un tout autre plan allant dans la direction radicalement opposée – puisqu’il y conduit – est comme on le sait appliqué en Europe. Est-ce à terme tenable ? D’autant que ce plan bute déjà sur deux écueils, n’enrayant en rien la contagion et imposant des saignées qui achèvent les malades. Il se révèle être le meilleur levier de la propagation de la crise.

Incontestable constat d’échec, la liste des prochaines victimes s’allonge, le Portugal donné comme quasi certain et l’Espagne comme vraisemblable. Viennent d’y entrer, pour y figurer, l’Italie et puis la Belgique. Qui y échappera, à ce compte-là ? Thomas Mayer, économiste en chef à la Deutsche Bank, y a ajouté la France pour faire bonne mesure, remarquant que « tout le monde ne peut pas s’appuyer sur l’Allemagne, sinon nous aussi nous tombons ».

Comment enrayer la contagion? Une restructuration de la dette publique sera selon lui « très difficile » à éviter. « Les politiques disent que [le mécanisme de crise] ne doit valoir que pour la dette émise après 2013, pas celle déjà émise. Mais nous avons une crise maintenant, et je n’ai encore trouvé personne qui m’explique ce qui va se passer avec les dettes existantes », a enfin constaté Thomas Mayer.

Cela vaut tous les démentis de la journée.

133 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : DES DÉMENTIS POUR TOUTE POLITIQUE, par François Leclerc »

  1. Quelle époque formidable !

    Mon opinion est que les livres d’histoire parleront des évènements actuels, et nous n’en sommes qu’aux préludes, pendant des siècles. Qu’historiens et étudiants chercheront à disséquer et comprendre ce qui se produit en ce moment, sans doute en s’éberluant devant la passivité, naïveté ou … compromission des différents décideurs.
    Très probablement aussi de la grande capacité à d’acceptation ou de soumission des peuples.

    Or, si les décideur » sont « à la rue », la suite dépend uniuqement des réactions des « masses ». Les peuples vont ils continuer d’accepter de se paupériser pour continuer d’enrichir davantage une caste prédatrice? Où le situe le seuil de tolérance, la goutte d’eau qui fera « déborder le vase »? Combien de temps accepterons nous d’être une « variable d’ajustement »?

    La suite va surement être « rock’n roll », mais je suis personnellement ravi et très impatient de la vivre.

    1. « La suite va surement être « rock’n roll », mais je suis personnellement ravi et très impatient de la vivre. »

      Se réjouir du malheur des autres, assez égoïste comme comportement. Quand les classes moyennes seront dans la misère pour éponger l’excès de dette des états, est-ce ça que vous êtes impatient de vivre ?

    2. @ Alain P
      Il me semble que vous posez les bonnes questions, dont celle de la soumission des peuples et celle de ce qui se pense élite (ploutocratie ou oligarchie, je m’en moque).
      Tous les jours, je me demande pourquoi ? Oui, pourquoi ? Pourquoi ? Pour sauver quoi ? Pour sauver qui ? Pour sauver quel système ? C’est quoi la vie d’un Homme ?
      @ Paulo
      Alain P. ne se réjouit pas. Enfin il ne me semble pas. Il pose les et des questions. Il dit être ravi et impatient, ce qui ne dit pas qu’il se réjouit.
      Vouloir sauver la classe moyenne, comme vous semblez l’évoquer, ne me parle pas, Paulo. Vouloir sauver « une classe » ne me parle pas en générale. Inférieure, moyenne ou supérieure ou élite, ne me satisfait pas en tant qu’être humain et femme.
      Les femmes et les hommes ne se résument pas à une classe à sauver.

    3. Je suis impatient de vivre la suite, parce que je pense que c’est une opportunité de changer notre société pour construire … autre chose qui n’oubliera personne sur le bord de la route. Je sais, j’ai une tendance à rêver.
      Parce que la société actuelle et son évolution va à l’encontre de toutes mes valeurs, qui sont solidarité et humanité et … parce que se décider à agir pour changer, il faut d’abord quasiment toujours passer par une phase de crise.
      Je suis impatient parce que je refuse une société où quelques dizaines de milliers de familles (?), les actionnaires/décideurs, exercent une action de prédation sur 7 milliards d’humains.

      Pour ceux qui ont suivi ou regardé, les dernières manifestations contre la réforme des retraites, celles ci étaient en quasi totalité constitué de personnes qui ne voulaient pas perdre leurs avantages ou … maintenir l’état actuel. Beaucoup de cheveux blancs. Ce ne sont pas ceux là qui changeront le monde, eux, veulent … que rien ne change.
      Alors, pour mobiliser ceux qui agiront, notamment les jeunes, il faudra bien, selon moi et hélas, passer par une crise aigue, où nous serons « au fond du trou », et où il n’y aura pas d’autre choix que d’agir ou ré-agir.

      Pour l’instant, l’écrasante majorité des peuples « moutonnent »… Oui, rock’n roll pourrait bien être la suite.

    4. Je partage votre opinion avec toutefois un bémol en ce qui concerne le ravissement et l’impatience de vivre la suite  »rock’n roll » des événements.
      Car nul n’ignore que de grands dangers guettent l’humanité, d’autant plus grands que les dirigeants de ce monde sont  »out » et méprisent le(s) peuple(s).

      Je reformulerais votre pensée si je l’ai bien comprise.
      Nous vivons une époque charnière, intéressante, passionnante : la chute d’un système.
      Source de dangers mais également avec la possibilité de reconstruire quelque chose de nouveau avec d’autres valeurs de société. Un peu selon la vision utopique de Paul.

      Nos voisins d’ex URSS ont connu une révolution il y a 20 ans environ, maintenant c’est au système capitaliste de faire sa révolution. Puisse t’elle se faire par le haut ce qui sera difficile vu la tournure des événements.

      Comment nos descendants comprendront-ils que les peuples aient pu tant accepter ?
      Je pense que la raison est simple : Beaucoup d’entre nous ont tout – ou presque – surtout beaucoup de superflu que nous voulons préserver.

      A contrario, nos aieux n’avaient rien et étaient obligés de se battre pour ramener assez d’argent pour faire manger la famille composée de 5 à 10 enfants.
      Et s’il n’y avait pas assez d’argent,  »bobonne » poussait sa gueulante et le bonhomme retournait au boulot. (J’espère que la gent féminine ne m’en voudra pas pour cette terminologie employée sur le ton de la plaisanterie).

      Il est plus facile de faire grève contre son patron que de subir quotidiennement  »bobonne » et les 10 gosses qui se disputent pour un morceau de pain …n’est-ce pas ?

      Ainsi donc, à cette époque, la faim poussait le peuple à demander plus et le peuple n’avait pas grand chose à perdre … excepté la vie si une manifestation tournait mal.
      Et dans les manifestations, il y avait …  »bobonne » et les gosses.
      Car si à la maison  »bobonne » secouait son mari pour qu’il gagne plus, dans les manifestations ou durant les grèves, elle le soutenait.
      Ainsi, dans les mines à charbon de l’Est de la France, lors d’une grève, les mineurs étaient restés au fond de la mine durant un mois selon les anciens.
      Plus aucune production de charbon.

      Et bien, que croyez vous que firent les  »bobonnes » de l’époque ?
      Elles préparèrent quotidiennement les repas de leurs maris. La nourriture descendait au fond du trou par l’ascenceur de service. Les mineurs obtinrent satisfaction à leurs revendications.
      La solidarité était totale jusque dans la cellule familiale.

      Aujourd’hui c’est bien différent.
      La société a changé, l’endettement est généralisé et les  »bobonnes » rouspètent … autant qu’avant. C’est peut-être la seule constante qui subsiste …(plaisanterie)

      Autre époque, autres grèves.
      Lors des récentes grèves sur les retraites, plusieurs collègues ont dû cesser la grève car les finances se tendant, …. la conjointe faisait la tête … les vacances de la Toussaint risquant d’être compromises.
      Les priorités sont différentes, il n’y a pas 10 gosses à faire manger …
      Il y a la voiture à payer, les dernières vacances à terminer de rembourser, les prochaines à financer, la téle LCD dernier modèle de 25 mètres sur 40 à installer dans le jardin pour épater les voisins …

      Bref, une époque  »formidable » comme vous le dîtes.
      Surtout avec une génération écervelée, une génération qui a oublié d’où elle vient, qui pense que tout est acquis, qui ne s’est pas battue pour obtenir ce qu’elle a puisqu’elle l’a obtenu par héritage (sécurité sociale …).

      Paul dans sa vidéo disait qu’il fallait continuer à protester mais qui va protester ?
      Les protestations d’un jour sont inutiles, les gouvernements n’en tenant pas compte. Paradoxalement elles sont nécessaires car permettent d’évacuer sans trop de brutalité les tensions apparaissant dans la société. Mais, au dela d’une journée par ci et une journée par là, quoi d’autre surtout s’il n’y a que 2 millions de personnes dans la rue ?

       »Ou sont les femmes » chantait Patrick Juvet ?
      Alors qu’elles représentent un peu plus 50% de la population, n’étaient elles pas bien peu nombreuses dans les récentes manifestations alors que majoritairement concernées ?

      Le peuple est soumis car il a perdu sa capacité de dire  »NON ». Il est humilié et a perdu sa dignité privilégiant son confort matériel.

      L’endettement permet aux créanciers de le tenir par la ou cela fait mal …
      C’est la seule leçon que je retiens et que je transmets à mes enfants.

    5. AlainP

      Vous avez écrit :
       »Pour ceux qui ont suivi ou regardé, les dernières manifestations contre la réforme des retraites, celles ci étaient en quasi totalité constitué de personnes qui ne voulaient pas perdre leurs avantages ou … maintenir l’état actuel. Beaucoup de cheveux blancs. Ce ne sont pas ceux là qui changeront le monde, eux, veulent … que rien ne change. »

      Je pense correspondre tout à fait à la représentation du grèviste et manifestant type que vous faîtes car j’ai … beaucoup de cheveux blancs … Poivre et sel exactement.

      Je n’ai pas suivi ni particulièrement regardé les dernières manifestations contre la réforme des retraites, car j’ai fait bien pire, pardonnez moi et je dois le confesser.

      Ne le répetez surtout pas mais j’ai participé aux grèves, aux discussions en AG et aux manifestations. Je faisais partie de ceux qui voulaient une réforme mais une réforme juste et pérenne. Pas celle proposée.

      Je vous livre un lien sur lequel vous noterez que certaines photos de pancartes démontraient au contraire que les manifestants souhaitaient que le système change.

      http://www.superno.com/blog/2010/10/nen-deplaise-aux-propagandistes-la-mobilisation-etait-en-hausse-hier-a-metz/

      En conséquence et ayant vécu ce mouvement de  »l’intérieur’, je pense que vous allez un peu vite en besogne quant à vos conclusions, à savoir que les manifestants (d’un autre âge) voulaient le status-quo.
      L’immense majorité des manifestants et grèvistes voulaient au contraire une réforme des retraites mais pas celle proposée qui était injuste et reposant quasiment exclusivement sur un financement par le salariat

      Probablement n’avez vous pas de cheveux blancs. Pas encore, ou si peu.
      Mais n’oubiez pas que nous sommes tous dans le même bateau et avons – ensemble – les mêmes droits de base à défendre et conforter.

      J’ose espérer que lors des prochaines manifestations nous pourrons faire un bout de chemin ensemble afin de tenter de faire évoluer positivement le monde dans lequel nous vivons vers plus de justice et d’équité.

    6. La question très drôle, qui est toujours la même, on attends quoi ?
      Si les vieux ringards qui manifestent ne servent à rien (pourtant eux ils se sont bougés), être rock’n’roll c’est quoi ? est-ce faire partie des 71% des gens qui étaient d’accord avec le mouvement, en torturant leurs pantoufles. Je l’ai déjà dis il n’y aura pas de Zorro ni de Robin des Bois. Ne vous engagez surtout pas, continuez votre collection de nombril.

    7. @jeanpaulmichel,

      Je suis vraiment convaincu que l’écrasante majorité des personnes qui s’impliquent dans ces mouvements sont sincères, convaincus, honnêtes dans leur démarche. Le problème, selon moi, ne se situe pas à ce niveau. Et, par ailleurs, mon expression « cheveux blancs » ne se voulait pas désobligeante, il s’agissait juste de rappeler que les sexagénaires et bien plus, ne sont pas ceux qui font les révolutions. D’ailleurs, moi aussi,j’ai quelques « blancheurs ».

      Mais je vais donc développer davantage. Si les foules qui défilent sont honnêtes, je pense que les « dés sont pipés » parce que d’abord les dirigeants syndicaux, eux, ne le sont pas. On constate que depuis environ 30 ans (?), leur seul objectif a été de récupérer tous les mouvements ou mécontentements … pour les étouffer. Défiler entre Bastille et Nation, ou ailleurs, avec des slogans, certes amusants, et obtenir in fine, 20 ou 30€ d’augmentation est toujours présenté par eux comme une « grande victoire ». Le genre de victoire qui fait rire patronat et politiques en sablant le champagne. D’ailleurs, cette fois encore , ils ont saisi le premier prétexte pour laisser le mouvement s’éteindre et « prendre la tangente ».

      Je crains que ce ne soit leur rôle, selon moi, ils font partie du « système ». D’un point de vue Freudien, on dirait que les syndicats et leurs manifestations jouent le rôle de catharsis, en permettant aux mécontentements de s’exprimer paisiblement, plutot que de laisser grandir la colère populaire qui risquerait d’évoluer en prise de la rue. C’est la plus grande crainte du pouvoir, ce qu’il faut absolument éviter.
      Vous pouvez donc manifester, défller, écrire … aussi longtemps que vous ne remettez pas en cause l’ORDRE ETABLI . Si vous franchissez la ligne rouge, de nombreux ennuis vous attendent, car tout est conçu ainsi, à commencer par nos lois.
      Et pour ce qui est des manifestants qui porteraient un mot d’ordre inacceptable, on commence par envoyer des provocateurs, (dont je crains bien que certains aient une carte tricolore dans la poche), pour casser des vitrines et discréditer le tout.
      Vielle rengaine…

      Alors, NON, je crains bien que nous n’ayons pas le plaisir de marcher dans les rues de Paris, en regardant les corsages des Parisiennes ou mangeant un sandwich-merguez, ou ailleurs, non par rejet des cheveux blancs, mais largement pour les raisons qui précèdent.

      Les dés sont pipés…

    8. AlainP dit :
      27 novembre 2010 à 10:12

      Pour ceux qui ont suivi ou regardé, les dernières manifestations contre la réforme des retraites, celles ci étaient en quasi totalité constitué de personnes qui ne voulaient pas perdre leurs avantages ou … maintenir l’état actuel. Beaucoup de cheveux blancs. Ce ne sont pas ceux là qui changeront le monde, eux, veulent … que rien ne change.

      ouhla houla houla ! pas si vite : il faut être dans les manifestations pour en parler : elles étaient tout à fait mixtes ! et, il y avait une grande joie, et un sentiment d’être ensemble, vieux et jeunes, pour faire « bouger les lignes » , et dire notre indignation par rapport aux politiques indignes mises en place …Ne succombez pas au désir – qui conviendrait si bien aux zélites- de diviser la population par tous les moyens, en montrant du doigt celui-ci ou celui-là : Solidarité : c’est ce mot là qu’il vous faut apprendre ! …J’ai vu de trés vieux grand-pères accompagnés de leurs petits enfants …( et, à leur âge, c’est bien aux jeunes qu’ils pensaient …) .
      La haute-Bourgeoisie a toujours, au même titre que notre  » monarque », eu peur de la populace !! qui sait ce qu’on pourrait attraper ! Mais, il y a des vieux trés ordinaires ! et trés solidaires de la jeunesse …
      Quelque chose vous a échappé !

    9. @jeanpaulmichel

      A contrario, nos aieux n’avaient rien et étaient obligés de se battre pour ramener assez d’argent pour faire manger la famille composée de 5 à 10 enfants.
      Et s’il n’y avait pas assez d’argent, »bobonne » poussait sa gueulante et le bonhomme retournait au boulot. (J’espère que la gent féminine ne m’en voudra pas pour cette terminologie employée sur le ton de la plaisanterie).

      Il est plus facile de faire grève contre son patron que de subir quotidiennement »bobonne » et les 10 gosses qui se disputent pour un morceau de pain …n’est-ce pas ?

      Mais non, Bobonne ne gueulait pas car , même avec 10 mômes, Bobonne travaillait elle aussi . Paysanne, laveuse, femme de ménage, cuisinière, couturière, marchande, boulangère, bouchère ….toutes les femmes ont toujours été obligées de travailler sauf dans la haute bourgeoisie et la noblesse .
      La fable qu’autrefois  » les femmes ne travaillaient pas « est une déformation de la réalité véhiculée par les écrivains issus en majorité des classes privilégiées , dont la mère ne travaillait pas et qui ne considéraient pas comme des femmes toutes celles qui travaillaient pour elle . Ces femmes qui travaillaient à leur service faisaient partie des meubles. Ils ne les voyaient pas, tout simplement.

    10. M,

      Je crois que j’ai autant de pouvoir pour faire changer la société, que vous qui défilez dans les rues derrière les bannières syndicales… lorsque je vais chercher des cèpes dans les bois.
      La seule différence, c’est que moi, j’en suis conscient.

      (je sais, c’est dur à entendre, et je ne voudrais surtout pas dénigrer, juste m’efforcer de remettre les choses à leur vraie place)

    11. Je pense que ceux qui en sont encore à concevoir
      que seuls les adhérents des partis politiques veulent voter aux élections
      ou que seuls les adhérents des syndicats peuvent défiler aux manifestations
      sont très influencés par la propagande médiatique……..

      Quand à croire qu’il serait incompatible du fait d’ aller aux champignons et de celui d’ aller aux manifestations, …
      c’est carrément un présupposé …….

    12. Cecile,

      Je ne sais pas si vous parlez pour moi (?), mais si c’est le cas, je dois vraiment très, très mal m’exprimer, parce que vous n’avez vraiment rien compris à ce que j’ai essayé de développer.
      Je m’efforcerais donc de faire mieux s’il y a une prochaine fois.

    13. @AlainP

      En grande partie en accord avec votre argumentation lorsque vous dîtes que les dés sont pipés.

      Néanmoins, lorsque vous écrivez à 11 h 52 :
       »Je crois que j’ai autant de pouvoir pour faire changer la société, que vous qui défilez dans les rues derrière les bannières syndicales… lorsque je vais chercher des cèpes dans les bois.
      La seule différence, c’est que moi, j’en suis conscient.
      (je sais, c’est dur à entendre, et je ne voudrais surtout pas dénigrer, juste m’efforcer de remettre les choses à leur vraie place)  » –

      J’avoue ne pas très bien saisir…

      Pour de nombreux manifestants, il était évident que changer le cours des événements serait difficile tant les dés étaient pipés comme vous le dîtes. Nous en étions très conscient.

      Cependant, il me paraissait nécessaire d’en être – une question de conscience – afin de pouvoir regarder mes enfants droit dans les yeux et qu’ils se souviennent que leur père n’était pas aux champignons lorsque la société chancelait.
      Nous n’avons pas réussi mais nous avons tenté.

      Quant aux 71% de français qui étaient en vacances ou au champignons, nous ne pouvons que nous interroger sur le niveau de leur conscience sociale et politique.

    14. Décidément, il va falloir que je m’efforce d’être plus clair.

      Je cherche juste à exprimer que ces sempiternels défilés ne servent à rien, sinon, à faire baisser la pression du peuple. Or, il n’est justement pas de notre intérêt de faire baisser la dite pression, mais au contraire de l’utiliser pour faire valoir nos droits et nos choix de société.
      Ces défilés sont une tromperie, initiée par « le système ».

      Mais, il est bien évident QU »IL Y A AUTRE CHOSE A FAIRE … Certaines catégories, comme les routiers, employés EDF …et d’autres… peuvent bloquer le pays… et, de toutes façons, « l’arme » la plus susceptible d’obtenir des résultats serait, selon moi, la désobéissance Civile. Un message aux autorités, du genre, « Cause toujours, tu m’intéresses » et la Grêve générale qui est la seule susceptible de changer les choses. (Etonnant, non, que même les dirigeants de la CGT refusent cette option. Cela ne surprend personne?)

      Ceci pour dire, qu’il me semble que le pays n’est pas encore « au point », pas assez de ras le bol, trop peu d’entre nous ont compris que nos dirigeants nous menaient vers le gouffre et pillaient le pays pour une petite minorité …le point de non retour n’est pas encore atteint.
      Bientôt …

      Aucun souci, lorsque ce sera le moment, je ferais … ce qui sera opportun de faire.
      Chacun son rôle.

  2. vers la desobeissance europeenne ?

    Les syndicats irlandais appellent à défiler contre l’austérité

    Les syndicats irlandais appellent ce samedi à une grande marche dans les rues de Dublin contre l’austérité et la décision du gouvernement de solliciter l’aide de l’UE et du FMI. Les organisateurs attendent plusieurs dizaines de milliers de personnes.

    Le cortège aura pour destination la Poste centrale, quartier général de l’insurrection irlandaise de 1916 où fut proclamée la république, et symbole de l’indépendance du pays. La dernière grande manifestation depuis la crise de 2008 a eu lieu en début d’année dernière et a rassemblé quelque 100.000 Irlandais.

    Le gouvernement de Brian Cowen a présenté mercredi un plan de réduction des déficits sur quatre ans qui doit se traduire par 15 milliards d’économies. Dublin a parallèlement accepté dimanche dernier le principe d’une aide conjuguée de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) dont les modalités devraient être dévoilées ce week-end.

    ats / 27 novembre 2010 05:56

    http://www.romandie.com/infos/ats/display2.asp?page=20101127055635820172019048094_brf005.xml

    La colere risque d’etre rude,debouchera t elle sur un mouvement de desobeissance civile durable et contagieux a toute l’Europe ?

    Les tigres irlandais abandonnent sur place leur moteur

    par Philippe Béchade

    Vendredi 26 Novembre 2010

    …….Il suffirait de peu de chose –comme une pincée d’austérité — pour que la situation bascule comme en Espagne ou en Irlande. Dans ces pays, les parkings des centres commerciaux de taille secondaire sont de plus en plus clairsemés le week-end, tandis que les plus grands malls surnagent à coup d’opérations « super promo » et « prix cassés », sans oublier des attractions parfois dignes des casinos de Las Vegas.

    A Dublin, il existe au moins un parking qui connaît une affluence inhabituelle depuis quelques mois : il s’agit de l’ère de stationnement longue durée de l’aéroport international de la capitale, situé près de la bourgade de Sword.

    Beaucoup de véhicules semblent simplement attendre d’y être intégralement recouverts de poussière, de feuilles mortes et de toiles d’araignée. Et curieusement, les portières de nombreuses grosses berlines allemandes ou d’orgueilleux SUV qui s’enracinent dans le bitume ne sont même pas verrouillées.

    Plus surprenant encore, les clés sont restées sur le contact et la carte grise est posée bien en évidence sur le tableau de bord. Il n’y a plus qu’à prendre place à bord, régler la hauteur du siège conducteur, actionner les essuie-glaces pour retrouver de la visibilité… et écouter ronronner le moteur.

    Mais où sont donc passé les propriétaires ? Le plus souvent au Canada, en Angleterre ou en Australie selon la police et les organismes de crédit qui leur avaient envoyé le dernier « commandement avant saisie du véhicule ».

    L’Irlande a recommencé à subir une vague d’exode sans précédent depuis un siècle. Sans boulot, sans espoir d’en retrouver un avant 2015, sans protection sociale, sans domicile — les huissiers sont submergés de procédures de foreclosure à la demande des banques créancières –, des milliers d’Irlandais quittent le pays avec un aller simple en poche.

    Ils abandonnent le peu de biens matériels qui leur restaient en propre pour fuir des mois de grisaille et des années de surendettement, débouchant sur une infamante faillite civile…….

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20101126-3214.html

    les grandes manoeuvres du week end,l’acceleration de la fuite en avant ?

    vendredi 26 novembre 2010

    La Russie dans la zone euro?

    Le chef de la Deutsche bank, Ackermann veut intégrer la Russie dans la zone euro pour renforcer la monnaie. WeltOnline

    Evidemment, maintenant que l’Allemagne faiblit, qui va sauver sa banque de merde? Il faut un pigeon encore plus gros … Ackermann doit faire dans son froc en ce moment …

    Edit (pour les sceptiques parmi les commentaires): En attendant….
    Le Parlement Européen a décidé jeudi d’accepter la candidature de l’Ukraine. (Ria Novosti, version allemande)

    http://mahamudras.blogspot.com/2010/11/la-russie-dans-la-zone-euro.html#comments

    1. Le plus drôle, sur ce lien http://mahamudras.blogspot.com/2010/11/la-russie-dans-la-zone-euro.html#comments, c’est la prévision météo 2012 (en colonne gauche) qui au coeur (où se trouve le « e » d' »e »uro dans l’eau sur PC?) de l’actualité offre un scénario si dément que la notion de relativité vient au secours de notre vision pessimiste d’une europe en pleine déroute. Laquelle est prête à vendre son âme à la Russie et avec Vladimir, ça sent le Gaz!

    2. La Russie dans la zone euro?

       » plus on est de fous, moins il y a de riz » , vieux proverbe …..
      Mais, les pécettes-virtuelles zé pourries vont pouvoir s’échanger …pour le plus grand bonheur des richissimes ….

      Non vraiment, cette UESA là, on n’en veut pas : le ciel préserve ceux qui auraient des vélléités d’y rentrer ! Ce ne sera pas pour leur bonheur !

  3. « La suite va surement être « rock’n roll », mais je suis personnellement ravi et très impatient de la vivre. »
    Tout a fait d accord et c est mon dernier mot , jean pierre , j ai déja des frissons de plaisir a l idée de voir s écraser cette europe de technocrates privilégiés !!
    Car ce n est pas se réjouir du malheur des autres , c est se réjouir du fait que le malheur change de camps et atteigne enfin les responsables de l horreur européenne !
    Quand on lit ici certains défendre les 3,5% d augmentation de ces parasites fonctionnaires , ou plutot de ces parasites de fonction , oui , je me rejoui et ne me lasserai jamais de le répéter !!
    Vive le peuples , que cette horreur s écroule au plus vite !!

    1. Parce que vous croyez que tout va bien se passer ? Moi aussi, je veux que l’on acte au plus vite le décès de ce système, mais je sais que si l’Histoire repart et il faut qu’elle reparte, il n’y aura pas beaucoup d’occasions de se réjouir dans les prochaines années. Je souhaiterais que le changement puisse se faire sans heurts, que la raison l’emporte et que l’humanisme triomphe. Ce ne sera très probablement pas le cas. Nous allons sûrement vivre des moments historiques, excitants par certains côtés, mais nous allons aussi sans nul doute beaucoup souffrir. Je ne peux pas en être ravi…

    2. Souffrir d’une manière ou d’une autre ,autant choisir la fin sois même . car pour le moment c’est les BANKSTER qui on choisis de nous assassiner..
      Quelqu’un ici a dit que l’argent n’a pas disparut au profit de quelque uns et que c’est une montagne virtuelle,donc si je suis son idée,la dette est juste VIRTUELLE..
      Merci à Mr JORION et tout les intervenants du blog.
      rego

  4. Concernant le sauvetage de l’Espagne, les économistes ne sont pas d’accord entre eux.

    Première estimation datée du 24 novembre : 500 milliards d’euros.

    Pour venir au secours de la Grèce, il a fallu débourser 110 milliards d’euros. Pour l’Irlande, le plan de soutien coûtera 80 à 90 milliards. Le cas espagnol est d’une autre dimension : « cela coûterait jusqu’à 500 milliards d’euros », a estimé cette semaine Cornelia Meyer, PDG de la société de conseil MRL Corporation, sur la chaîne américaine CNBC.
    « Juste après l’Irlande nous avons le Portugal et puis l’Espagne, et l’Espagne sera le gros poisson », a-t-elle jugé.

    Le Figaro

    Une autre estimation d’un autre économiste datée du 26 novembre : 800 milliards d’euros.

    Juergen B. Donges est l’un des économistes les plus influents d’Allemagne. Juergen B. Donges est un ancien membre du groupe des Cinq Sages qui conseillent le gouvernement allemand. Il a calculé que le sauvetage de l’Espagne coûterait 800 milliards d’euros.

    « Rescatar España costaría 800.000 millones de euros »

    El economista

    Il faudrait que les économistes se mettent d’accord.

    Combien coûterait le sauvetage de l’Espagne ?

    1. Le cas de l’Espagne est plus que problématique. Car en plus de la crise de la dette souveraine, nul n’ignore que la bulle immobilière est une bombe aux effets potentiellement dévastateurs. L’austérité mise en place en Espagne va d’ailleurs certainement la faire exploser. Ainsi pour sauver le pays, j’estime qu’il faudra probablement plus de mille milliards d’euros dans la mesure où il faudra faire face aux pertes privées et publiques. A n’en pas douter, l’Espagne sera l’événement qui nous entraînera dans une situation incontrôlable.

    2. Même la revue « L’Expansion » n’y croit plus…
      http://www.lexpansion.com/economie/irlande-le-risque-de-contagion-est-reel_243603.html

      « Après la Grèce, il y a quelques mois, c’est au tour de l’Irlande de demander le soutien de ses partenaires européens et du Fonds Monétaire International pour tenter de sortir de l’ornière. Car ces deux Etats les plus éloignés géographiquement ont une caractéristique commune : des déficits publics abyssaux après une crise bancaire sans précédent.

      Le plan d’aide pour le vieux Tigre celtique approcherait 100 milliards d’euros sur quatre ans. Objectif : revenir au seuil d’un déficit public représentant 3% du PIB en 2014 (32% aujourd’hui). Mais pourquoi l’Europe s’est-elle décidée si rapidement à sauver son enfant terrible ? Tout simplement parce que le risque de contagion est bien réel.

      Les banques des autres pays européens sont sérieusement exposées, d’abord à la menace de faillite des banques irlandaises (celles-ci doivent 139 milliards d’euros aux banques allemandes et 149 milliards aux banques anglaises) mais aussi au risque obligataire. Ce danger qui pèse sur l’Irlande aura des répercussions sur les pays fragiles de la zone euro.

      D’ailleurs, la Grèce revient sur le devant de la scène. L’étau se resserre. Les conditions du renflouement du pays étaient claires : le pays devait à la fois augmenter ses rentrées fiscales et réduire ses dépenses publiques. Des objectifs qui n’ont pas été atteints. Ce qui veut dire qu’elle devra peut-être se résoudre à restructurer sa dette avec le risque que certains créanciers ne soient pas entièrement remboursés.

      L’endettement privé en Espagne inquiète
      Quant à l’Espagne même si elle, ne manque pas d’arguments pour souligner sa différence avec le Tigre celtique, les marchés spéculent déjà. La dette publique la péninsule ibérique reste, certes, confinée à 53,2% du PIB, soit 12 points de moins qu’en Irlande et même 25 de moins qu’en France. Et malgré un taux de chômage bloqué à 20% depuis près d’un an, les banques espagnoles font preuve de solidité.

      Pourtant des similitudes entre les deux pays existent. Davantage que la dette publique, c’est le niveau de la dette privée, alimentée par l’éclatement de la bulle immobilière, qui préoccupe : en 2009, l’endettement des ménages représentait 84% du PIB espagnol, et celle des entreprises 137%. Car l’Espagne est le pays qui a subi le plus forte dégringolade du marché immobilier… juste après l’Irlande.

      Depuis 2007, le prix du mètre carré s’est effondré de 37% en Espagne, contre 8,3% en moyenne dans l’UE. Surtout, les deux pays n’arrivent plus à créer de la croissance faute de moteur puissant, sachant que l’équation croissance et contrôle des finances publiques reste un casse tête pour le gouvernement de Zapatero.

      En Bref, les ennuis de l’Europe sont loin d’être terminés. les finances publiques ont du mal à être assainies et les dissensions au sein de la zone euro s’aggravent à chaque nouvelle crise. « 

    3. Semaine noire pour l’Espagne.

      La prime de risque pour les prêts à 10 ans a augmenté de presque 30 % en 5 jours. Et la Bourse a perdu 7,5%.

      Personne, même dans son camp, croit en Espagne que Zapatero est l’homme de la situation. Et lui, tétanisé par l’enjeu (il attend les ordres de Merkel?) n’a rien de mieux à faire que s’engueuler avec le commissaire européen et socialiste Joaquín Almunia, qui le presse d’agir.

      http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/semana-negra-espana-crisis-20101127-61651.html

    4. « Il faudrait que les économistes se mettent d’accord. »
      L’économie n’est pas une science .
      Et puis qu’est-ce qu’un économiste ? En tout cas , ce n’est pas quelqu’un qui sait , au mieux quelqu’un qui croit savoir : tant qu’il ne s’autorise à publier que ses pensées , il n’est pas dangereux . Par contre , dès qu’il aborde les chiffres vous voyez le résultat .

    5. L’effet domino, j’ai encore dans l’oreille les cris du » JORDON », derrière des piles de journaux et documents, démontant tout cela point par point !
      Cassandre Leclerc, faisant les choeurs antiques …
      Las, point ne furent entendus !
      A leur place, des éco-perroquets, se répondaient en echos sur les grands medias shootés au libéralisme sans frein …bourses montent, bourses montent ! oué oué !

      Cela me fait penser à un film d’Akira Kurosawa ( l’ancien) : Kagemusha, l’ombre du guerrier .
      La bataille faisant rage et provoquant des massacres inouis, celui qui porte l’armure du Shogun, mais qui n’est qu’une doublure, y assiste, caché.
      Rien n’est vu du champ de bataille, rien, si ce n’est le regard halluciné de cet homme-faux guerrier, trop humain , contemplant avec horreur ce qui se déroule devant ses yeux ….

  5. Le paradoxe fondamental reste que ceux,
    qui prônent depuis des années l’abandon de règles élémentaires en matière économique,
    nous explique qu’ils sont capables
    d’imaginer,
    de mettre en oeuvre
    et de respecter de nouvelles règles…

    Il y a un moment où il faut changer les jockeys et les vieilles carnes sur lesquelles ils sont montés.

    Lorsqu’une banque fait faillite, il faut la fermer. On met ainsi hors d’état de nuire des dirigeants incompétents, des créanciers imprudents et des débiteurs impénitents.

    Le concept de concurrence libre et non faussée passe également par un accès équitable aux ressources financières.

    Beaucoup d’entreprises sont mis en difficulté par la présence sur le marché d’autres entreprise « subventionnées » par des banques. Ce qui leur permet d’ignorer les concepts démodés de rentabilité et d’autofinancement.

    la crise du subprime a bon dos mais les milliards de dette accumulés n’ont pas tous été convertis en maison individuelle d’ouvriers désargentés, Je vous invite donc à analyser plus en détail le bilan des banques en faillites ou virtuellement en faillite afin d’identifier clairement ces débiteurs qui font défaut.

    Dernière chaque ligne de crédit en défaut, il y a un nom à mettre.
    Trop compliqué ?
    Même la commission européenne arrive désormais à lister publiquement les bénéficiaires de ses subventions agricoles. La banque centrale européenne devrait y arriver aussi.

    Citoyens, profitez des cantonales, une vrai élection de proximité, pour discuter avec vos élus locaux. Rien ne vaut de bonnes discussions dans des petites salles chauffées autour d’un vin d’honneur pour éclairer le bon peuple.

    1. L’Irlande pourrait devoir accepter un taux d’intérêt de 6,7% sur l’aide financière de quelque 85 milliards d’euros accordée par l’Union européenne et le FMI, largement plus élevé que les 5,2% acceptés par la Grèce au printemps dernier, a indiqué vendredi la chaîne de télévision publique RTE.

  6. Je me souviens il y a quelques mois avoir lu un article comme quoi des dirigeants de hedge funds majeurs de Wall Street c’étaient réunis avec comme ordre du jour la parité 1$ = 1Euro et tous les moyens pour y arriver. L’irrationalité des marchés ne serait il pas l’application de ce genre d’ordre du jour ?

  7. Une émission obligataire allemande prise dans la tourmente du marché
    (Actualité Forex – Mercredi 24 novembre 2010 à 16:26)

    L’Allemagne a subi un revers mercredi en vendant moins d’obligations à 10 ans que prévu sur le marché, signe que même l’émetteur de dette le plus solide de la zone euro n’est pas épargné par les inquiétudes qui secouent le marché à l’heure actuelle.

    Une émission obligataire de Bund, nom des titres de dette allemande à 10 ans, d’un volume prévu de 6 milliards d’euros a été sous-souscrite, selon un communiqué de la banque centrale allemande, Bundesbank.

    Des offres pour 5,67 milliards d’euros ont été déposées, et 4,76 milliards d’euros ont été alloués, pour cette obligation à taux 2,5%, qui arrivera à maturité en janvier 2021, selon le communiqué.

    C’est la quatrième fois cette année, sur 69 émissions menées jusqu’à maintenant, que les demandes ressortent inférieures à l’offre, a expliqué à l’AFP Jörg Müller, porte-parole de l’Agence financière, qui gère la dette allemande. « C’est entièrement dû à la volatilité du marché aujourd’hui », a-t-il dit.

    L’opération a été « une piètre performance », commentait pour l’agence Dow Jones Newswires Jan von Gerich, analyste de la banque Nordea à Helsinki. « L’émission d’aujourd’hui montre que même si l’attrait des titres allemands comme valeurs refuges est fort (…), les opérations allemandes souffrent aussi des conditions de marché volatiles », selon lui.

    […]

    L’Allemagne pour sa part lèvera encore deux fois des fonds sur le marché d’ici fin décembre, le 1er et le 8. Le Bund, emprunt allemand à 10 ans, sert de référence sur le marché obligataire.

  8. La suite sera R&R c’est sür, mais personne ne sera à l’abri… même mézigues au milieu des bois…

    Qu’on puisse s’en réjouir me semble suspect. Il est important que des solutions surgissent, lesquelles ?… dans le désordre : abandon pur et simple de certaines dettes, revenu minimum, simplicité consentie de chacun, dégommage des grandes structures financières supra nationales, encadrement des nouvelles, arrêt de l’acharnement thérapeuthique chez les vieux (avec promotion du suicide éthique), revalorisation des métiers artisanaux, controle du renouvellement de la population … Et surtout : des individus honnêtes, intelligents et désintéressés aux commandes… des gens sortis du rang, pas les crétins conventionnels habituels, tels que les formatent les hautes écoles, la pensée avide dominante et le convenu élitaire…

    Ce devrait être facile

  9. Coucou,

    Certains semblent se rejouir de la chute de quelques privilégiés. Pas moi, si cela entraine l’apparition de hordes de mad max, puis dans la foulée de hordes légales de képi armés « jusqu’aux dents prêts à bondir » comme disait coluche, un chili à l’echelle de l’europe, un cauchemar.

    Alors, non, je ne me rejouis pas de l’echec de quelques hommes privilégiés et profiteurs.
    Je préfére la réussite envisageable d’hommes de bonne volonté qui maintenant agissent, s’inquiétent, envisagent, décident, conseillent et font l’histoire, font de la politique, basse ou noble.

    « Miroir, mon beau miroir » comme dirait le clown qui nous gouverne….

    mektoub!

    Bonne journée

    Stéphane

    1. Merci à toi baloo – Stéphane!

      La vie survit toujours. Un enthousiasme lucide, même au plus fort du désespoir… Ne pas tomber dans le piège mais trouver des moyens d’aller chercher des choses utiles, pour les transmettre. Inventer, improviser, multiplier les chemins.

      Vivre quoi, vivre…

  10. Comment enrayer la contagion?

    Si cela ne concernait qu’un seul pied de vigne ça ne serait être trop grave, hélas le mal semble avoir contaminé la plupart des pieds de vigne de ce monde, et ils fêteront Noël dans le caviar, comme nous avons encore si bien réussis à faire de l’argent dans la combine cette année.

    Qui a raison, qui a tort ?

    Pour l’esprit des grippe-sous c’est bien connu ça vient encore de l’esprit trop charitable de l’autre, la grippe-sous est sans doute l’une des maladies vénales et mercantiles les plus courantes que l’on connaisse sur les marchés. Elle peut même parfois être l’une des plus mortelles.

  11. La « restructuration de la dette » sera inévitable, qu’un le veuille ou non et ce même dans tous les Pays de la zone EURO. A part bien sûr les USA où le Dollar ne leur coute que le prix de l’encre et du papier.

    1. Je suis pour un plan de relance de Paul Jorion !! Donnez nous notre Paul et notre François chaque jour qui vient. !!…au moins tant qu’à crever comme des rats on comprendra ce qui nous arrive et on préparera la suite…la renaissance 2.0

  12. RECTIFICATIF : Lors de sa conférence téléphonique du 15 octobre dernier, restée confidentielle jusqu’à la publication des minutes de son Comité de politique monétaire, la Fed n’a pas formellement décidé de remonter l’objectif de taux d’inflation. Le sujet a toutefois bien fait l’objet d’une ample discussion, mais rien n’a été tranché. QE 2 a néanmoins été lancé en novembre.

  13. il ne faut pas pleurer parce qu’on l’on va perdre notre petit confort
    cela fait longtemps que l’europe et les etats-unis vivent a crédit au-dessus de leur moyens
    tout était faux basé sur du virtuel

    le monde virtuel s’écroule le mirage se dissipe telle une fumée et le monde réel reprend sa place petit a petit.

    nous allons vers ce qui est vrai.

    1. En effet,une fois les BANQUES Privées en déconfiture,il restera la vraie richesse…(écrit sur le blog)
      Ou est la Banque citoyenne au service des gens ??

      Supprimer les Paradis fiscaux et comme il y a un SMIG il est indécent de ne pas limiter les salaires qui vont vers l’infini?

      Cela me semble irréel tout cet argent calculé en MILLIARDS de MILLIARDS,de la chance qu’il y a des ordinateurs car plus rien d’humain n’existe à ce niveau..
      Je ne crois pas que les dirigeants politiques sont inconscients du résultats de leur politiques ,ils sont juste les serviteurs du veau d’Or.
      Une minorité agissante est bien présente et applique sa LOI sans scrupules,sans hontes et avec arrogance.
      rego

    2. A Regoris

      Non hélas, vers 1983, Fabius nous a supprimé le SMIG, Salaire MInimum Garanti, pour le remplacer par le SMIC, Salaire MInimum pas garanti du tout, mais « de Croissance », si bien qu’on peut nous donner comme salaire 10% du SMIC, 20% du SMIC … alors qu’avant on ne pouvait descendre au-dessous de 100% du SMIG .

      SMIG ou SMIC, prononciation presque identique, personne n’a réagi, c’était la belle arnaque . . Une petite lettre de différence qui a tout changé

    3. « nous allons vers ce qui est vrai. »

      Peutetre, mais on y va certainement pas en ligne droite…
      Pour le moment on continue d’aller en direction opposée, on assiste à toujours plus de concentration des richesses, de concentration des entreprises, de concentration des moyens de production, de gachis des resources….
      Puis quand on arrivera au bout de ce cul de sac, on prendra la direction de la destruction des richesses, de la vengeance, de la violence, de la douleur, du desespoir.
      Et puis enfin, dans vingt ou trente ans, de ce qu’il restera, on prendra peutetre la direction de ce qui est vrai.

  14. jeanpaulmichel : « Les protestations d’un jour sont inutiles, les gouvernements n’en tenant pas compte. Paradoxalement elles sont nécessaires car permettent d’évacuer sans trop de brutalité les tensions apparaissant dans la société. Mais, au dela d’une journée par ci et une journée par là, quoi d’autre surtout s’il n’y a que 2 millions de personnes dans la rue ? »

    Deux millions de personnes qui paient un peu plus en liquide et moins par carte bancaire, qui laissent moins sur les comptes en banque, qui le 7 décembre retirent symboliquement quelques billets de leurs banques, qui retirent des liquidités du marché (en achetant de quoi augmenter le patrimoine), ….. je n’ai pas vu passer sur ce blog, de commentaires ou d’avis sur l’organisation ludique d’un bankrun, …. totalement inefficace ou contre productif ? J’ai quand même l’impression que ça marquerait les esprits.
    Et avec le temps qui fait … c’est quand même moins froid pour les pieds et les oreilles!

  15. J’aimerai poser une question simple.
    Merci de m’éclairer…
    Pourquoi ne pas simplement, ne pas payer ?
    tous ces pays endettés n’ont qu’a expliquer à leurs usuriers que soit ils acceptent une petite somme maintenant et la dette est intégralement épongée, soit ils n’ont pas un balle et peuve en prime aller se faire voir !
    Ils feraient quoi les préteurs ?
    Concrètement , ils auraient pas juste l’air con ?

    1. @ Nata

      La répudiation d’une partie ou de l’intégralité, présentée souvent sur ce blog,
      est défendue par les anticapitalistes partout au Nord comme au Sud.
      Elle a déjà été appliquée très souvent dans l’histoire.
      Pratiquement, elle consiste à poser un moratoire immédiat sur le remboursement,
      faire l’audit, sous contrôle démocratique, et avancer vers la répudiation.
      Un mot d’ordre d’avenir « One solution, repudiation ! »

    2. Protégé de très prés par Black-Water, Black-Rock vient de s’offrir une place de choix dans Monsanto……
      En général, un racketteur a des arguments de poids Nata !
      Nous sommes privés d’armées par des armés privées……

    3. Même si cette solution fait peur aux nantis. Effacer l’ardoise c’est supprimer l’intérêt même de l’argent, c’est probablement ce qui risque de se passer, mais entre temps tout le monde sera à la rue.
      (bouh! il fait froid)

    4. ne seront nous pas dans la rue quand même?
      ou est la différence entre rembourser les dettes des Banques et les aider à mieux nous mettre dans la rue ??

    5. @ Pierre (intervention de 14 h 49) ou à d’autres susceptibles d’apporter réponse :
      Je cherche un lien EN FRANÇAIS informant sur « Black-Rock vient de s’offrir une place de choix dans Monsanto ».
      Merci.

    6. c’est ce qui chauffe depuis un moment …
      Définitivement, la politique menée par les USA, par le biais des banksters, et des grosses firmes mafieuses, est une catastrophe pour l’Humanité entière …
      RUPTURE !
      Il faut que les dissidents américains se fassent entendre !

    7. à Gébé
      pas trouvé en français, mais en anglais : http://english.pravda.ru/business/companies/14-10-2010/115363-machines_of_war_blackwater_monsanto_billgates-0/
      Machines of War: Blackwater, Monsanto, and Bill Gates . Rachat de Blackwater ( maintenant appelé Xe) et de ses filiales par Monsanto, dont 500 000 actions ont été rachetées par la Fondation Bill Gates. Mais rien sur BlackRock societe de gestion d’investissements financiers, a priori , rien à voir.

  16. bien vu nata!! 🙂

    mais les usuriers comme vous dites ne sont pas si cons que cela , il exigeront les bijoux de famille (patrimoine , musées ect….) donc encore plus de privé au détriment du public…..

    actuellement:

    dette = probleme insoluble?

    1. @ luciferon:

      Insoluble, non, seulement une question politique, donc de pouvoir
      Quand la révolution russe a mis les dettes du Tsar au panier,
      tout le monde capitaliste a déclaré la guerre au peuple russe.
      La révolution française avait déjà connu ça, et quantité d’autres…

      La réaction des capitalistes sera donc vive,
      eux qui encaissent les sous en dormant,
      que leur king size soit à Paris, Cannes, Zürich, ou Beijing…
      C’est pas la volonté des urnes qui les a jamais impressionné.
      Il faudra défendre la souveraineté du peuple par tous les moyens que le capital imposera.

    2. Complément: puisque j’ai évoqué l’agression subie par la révolution française et russe,
      j’aurais du poursuivre le parallèle.
      Dans les deux cas, la militarisation a étouffé la vie démocratique et facilité la contre-révolution.
      C’est Trotski lui même, en charge de la défense de la Russie,
      qui a caractérisé la main-mise de Staline sur le parti puis sur l’Etat et le pays
      comme une contre-révolution thermidorienne.

      La leçon, confirmée ailleurs, c’est que la lutte acharnée pour sortir du capitalisme
      doit avoir un Nord que rien, même pas l’urgence, ne permet de relativiser:
      la défense et l’extension des libertés, et des formes les plus avancées de démocratie,
      contre tous les expédients « étatiques ».

    3. oui mais qui sont nos créanciers ?
      – la Chine ? certainement pour demain mais à ce jour est-ce réellement le cas ?
      – les fonds de pension américains c’est-à-dire les retraités américains (des méchants ces vieux) ?
      – nous à travers les assurances vie (pas des méchants ceux-là, des victimes…) ?
      – autres…?

  17. allo,allo , les états européens pleurent après des taux d’intérêt au dessus de 2,5/3% , ils n’ont pas bien compris , dès maintenant c’est plus de prêts messieurs , fini , terminé , achetez votre crédit ailleurs et comme c’est du revolver demain matin chaque européen devra sortir de sa poche sa part de dette…..voilà…voilà……….les assurances vies automatiquement avalées , les héritages aussi , les comptes courant au dessus de 39000 € idem ………braves gens fuyez………………s’il n’est pas trop tard.

  18. AFP (27 novembre à 12h17) : François Leclerc vient de déclarer : « En ces temps de disette, faut-il imposer un plan de rigueur à Paul Jorion ? »

    D’après le site Internet de la Tribune parue ce midi,  » selon une déclaration de François Leclerc à l’AFP, « c’est un temps de disette ; un plan de rigueur est indispensable au blog de Paul Jorion »

    Le monde économie (édition datée du 28 novembre) : « le plan de sauvetage du blog Jorion saura-t-il rassurer les marchés? »

    http://www.lesoir.be/un_plan_desauve/eco/PJorion.php : « Selon des indiscrétions recueillies par nos confrères en marge du sommet réunissant la commission et les ministres des finances de la zone euro, Manuel Barroso s’est voulu rassurant au sujet du blog de Paul Jorion:

     » à aucun moment il n’a été question d’un plan de sauvetage du blog du Paul Jorion. Sa situation est saine. Naturellement, si jamais une telle éventualité se révélait nécessaire- ce que nous ne croyons pas – nous envisagerions sa demande avec la plus grande attention, et saurions faire preuve de solidarité. Mais je le répète, nous n’en sommes pas là ».

    1. un ami qui réside en Irlande me dit qu’il s’agit d »une manifestation monstre… Les slogans sont anti IMF et anti plan de « sauvetage »… Qu »en pensent les socialistes français qui s’apprêtent à soutenir Strauss Khan à la présidentielle ? DSK conspué dans toutes les rues d’Europe… Et toute « la gauche » mélenchonienne, qui pour quelques députés appelera à voter pour lui au second tour ? C ‘est le dérisoire jeu politique français… Le décalque de l’oligarchie et de ses danseuses apparait peu à peu en pleine lumière…

      Le parlement Irlandais osera t-il voter le plan de rigueur ? Certains qui défilent aujourd’hui joindront ils leurs votes à ceux de Cowen and co ?

    2. Juste pour vous dire que sans Gouvernement depuis 5,6 Mois ?(on compte plus quand on aime).
      Tout vas bien,on a bien un petit didjé Reynders libéral et sauveur de Banques tellement connus.
      Bref .Ici en Belgique tout vas bien pour le moment..
      Les 4 X 4 un signe extérieur de richesse sont partout.
      Il y a même des quartiers réservés aux Français (les vrais) à Bruxelles,ils sont heureux ici,une émission de TV nous à fais découvrir leur quotidiens .
      Bien sur les trottoirs dans certains quartiers accueillent des gents tristes, .
      Personne ne résiste au confortable.
      ici radio brux

    3. Topi dit :
      27 novembre 2010 à 15:31

      Et toute « la gauche » mélenchonienne, qui pour quelques députés appelera à voter pour lui au second tour ?

      Allons bon, je suis sûre que votre nez s’allonge !
      Lisez un peu son blog !
      Les citoyens vraiment de Gauche ne voteront jamais pour ce quidam FMiste !
      Aucun politique ne possède les voix des citoyens …on cherche et on vote en son âme et conscience …(s’il est élu, ce sera par la droite, non républicaine qui plus est !)

    4. Excellente pointe d’humour, François Le Sombre.

      Ce que j’aime, ce sont les commentaires sérieux qui suivent… 😉

  19. Monsieur Leclerc.
    Je peux lire nettement. Des déments pour toute politique. De grâce, dites nous clairement ( vous êtes comme l’éclair sans chocolat 🙂 ) comment progresser sans tergiverser. Des mots transformateurs si possible.

    1. François préfère sans doute ces jours-ci les éclairs au café irlandais.
      C’est un bonheur de le préparer pour les amis.
      A propos, en voilà un dont la « science » économique tient dans un fond de marc de café…
      Le 24 mai 2004, l’ancien Premier ministre Raffarin, rocker reconverit, devant la Chambre de commerce et d’industrie de Dublin pour parler du « modèle économique irlandais au service du projet d’Europe de la croissance ».
      Extraits:

      « C’est pour moi l’occasion (…) de saluer ce modèle de dynamisme et d’innovation que représente aujourd’hui l’Irlande, cette capacité d’un État membre de l’Union à progresser dans, avec et pour l’Europe.

      (…) Nous mesurons son formidable dynamisme et cette modernité qui met l’Irlande aujourd’hui de plain-pied dans la dynamique européenne. (…) Aujourd’hui votre croissance forte et durable fait que le tigre celtique n’a plus rien à envier au dragon asiatique, et vos taux de croissance, qui font rêver bien des pays au sein de l’Union européenne (…) c’est donc le signe d’une véritable success story.

      C’est un formidable message d’espoir que porte l’Irlande (…) Vous proposez un modèle de développement, mais aussi un modèle de solidarité avec un ancrage solide, rapide, efficace sur le chemin du développement économique. »

    1. Entre 50 et 150.000 c’est énorme pour l’Irlande et pour Dublin,surtout que la contestation n’est pas trop dans leur ‘culture’ sauf dans le passé sur la question nationale.

    2. M Quatremer est un porte-parole de la pensée unique pro euro, pro europe etc…forcément vu qu’il en vit..et vit en cercle fermé avec ces gens qui n’ont plus le moindre esprit critique depuis longtemps, ils vivent tous dans le déni (voir titre de l’article de M leclerc…les démentis).

    3. Hmmm ce n’est pas exactement ce que dit Quatremer: en gros, il accuse ouvertement le FT d’être aux ordres des banques. et cela dénote chez lui une évolution impressionnante qu’on ne peut mesurer vraiment qu’en fréquentant son blog depuis les débuts.
      J’arrive à peine à croire en fait qu’il soit vraiment conscient de ce qu’il raconte. Je pense personnellement que les centristes vont et viennent au gré des modes et restent peu crédibles et fiables sur la durée.

    4. Enigma : 50000 manifestants sur une population totale de 1 million 100 sur Dublin et sa région, pour 4 millions d’Irlandais, c’est vraiment beaucoup !

  20. Nous vivons VRAIMENT une époque exceptionnelle !
    Je lisait tantôt dans le soir , premier quotidien belge d « information » ,interviewant henry de castries que pour celui ci il était judicieux d acheter des actions banquaires , celles ci etant sous évaluées de…..40% au bas mot ( je me demande ce qu’est dés lors le haut mot )!!

  21. Je vais me faire sans doute un peu tabasser, mais je trouve que les fils de nos discussions régressent un peu ces temps-ci (sans doute l’expression subjective de la réalité objective de la crise : besoin d’un exutoire, besoin de vider son sac, moi itou). Il y a les quiétistes, il y a des eschatologiques, on trouve encore un peu d’historicistes à la sauce dialectiques et pas mal de ricaneurs: rien qui nous fera un peu avancer alors que -ça tout le monde en est conscient- différents scénari du pire sont sur la table. Il faut passer à autre chose, en finir avec le plaisir morbide de compter les morts ou avec la masturbation satirique (sur la satire en politique et en morale : Spinoza, Traité politique, la première page : une éternelle leçon de politique vivante). Bon bref, il faut en finir avec les passions tristes.

    Si les scénari du pire sont sur la table, il y a aussi en face des propositions et -figurez-vous- une offre politique. Citer un parti sur le blog, c’est peut-être péter à table? Mais encore une fois l’appel à la bonne volonté des uns et des autres n’aboutira à rien (l’évolution « tendancielle » de la tonalité du commentaire sur le blog me paraît d’ailleurs un symptôme de cet échec). La proposition qui me semble la plus proche des analyses développées ici, c’est -dans son détails!!- celle du parti de gauche, élaborée autour des idées et des analyses de Jacques Généreux -il a été cité par un commentateur hier, merci à lui. Je recommande à mon tour ses interventions techniquement précises sur la nécessité et la méthode pour tuer la finance (en un sens jorionesque : les produits de couverture, le crédits ont un sens etc) et donc en fait le capitalisme (voir la définition qu’il en donne -peut-être discutable-pour les incrédules).

    Bon, précisons quelques points :
    1. je ne milite pas dans ce parti.
    2. Je ne me prononce pas sur l’ensemble de son programme, que j’ignore, mais je n’ignore pas en revanche que les solutions prônée de sont pas de type décroissantistes ou semblables. Le débat sur la question de la croissance, de la production et fondamentalement de la nature et de l’usage de la technique doit aussi être ouvert
    3.Je soutiens -j’espère que c’est une banalité-que toute forme d’hypothèse de salut individuel doit être récusée : la solution sera nécessairement politique, que nous le voulions ou non : elle sera nôtre ou nous sera imposée.
    4. Je tiens pour acquis qu’il n’y a aucun sens ni aucune forme de nécessité dans l’histoire, qu’elle est -à l’intérieur de conditions aux contours flous -le lieu de l’intempestif et de la création humaine : bref on a rien à attendre de la crise par elle-même ni de la révolte par elle-même (autre version de cette formule souvent entendue dans l’enfance « ah, il nous faudrait une bonne guerre! ») (en fait si : du fascisme ou de la dictature avant gardiste).
    5. Je me fiche des petites querelles de chapelle dont l’histoire du gauchisme est pleine, comme de toute petite querelle de chapelle : soyez gentil de débattre des idées en laissant les drapeaux et les vieilles querelles au placard.
    6. Enfin si un effondrement économique est envisageable, alors il est moralement criminel -je le dis en pesant mes mots- de ne rien préparer de positif et même de demeurer dans la simple bonne conscience du verbe et de la critique.

    Voilà. J’aimerai bien que quelqu’un d’un peu patient et compétent déjà me dise ce qu’il pense des propositions de Généreux. Ce serait un point de départ.

    1. Sur son blog ..
      son dernier livre :  » La grande régression  »
      ses livres sont inscrits sur son blog …video …articles
      explication sur le vote ou non de lois-caviardées ( avec deux propositions n’ayant rien à voir l’une avec l’autre )et, blog de Martine Billard =) l’écologie – non green-washing- est donc prise en compte

      Généreux :  » Car la première force des malades et des prédateurs qui orchestrent cette tragédie est leur capacité à présenter celle-ci comme le nouveau visage du progrès . Et leur première alliée, c’est la perméabilité des esprits stressés….les réactionnaires ne peuvent se contenter de démolir l’acquis des luttes passées …il leur faut aussi anesthésier les résistances, susciter l’adhésion ou la résignation de leurs victimes; ils doivent remporter une bataille culturelle dont l’enjeu est de nous faire aimer la décadence ….
      …sortir de la dissociété de marché pour nous emmener vers la société du progrès humain … »

    2. @jicé
      Je suis en train de lire son dernier bouquin à Jacques Généreux , « La Grande Récession » (j’avais raté La Dissociété).

      (et par ailleurs, jicé, j’essaye d’obtenir de même des commentaires sur Stiegler ici, j’en ai eu qqs uns mais et beaucoup s’en faut, pas tant que me le laissait espérer certaines communautés de références intellectuelles avec PJ, Foucault et Freud entre autres , mais une ref ne fait pas le printemps)

      Sur Généreux, donc :
      Ca semble bien ficelé avec l’appel d’air anthropologique aux dimensions coopératives, et les errements d’une société qui veut s’abstraire du tout-ensemble primitif, d’abord vers des niveaux de fonctionnement « fractalesques » (=communautaristes, l’individu pas encore libre), et qui craint au total trois écueils (communautarisme, totalitarisme, dissociation complète) contre en revanche un seul cas « à succès », en gros celui des Trente Glorieuses, qui combine bien les « liens qui libèrent ».
      Trente Glorieuses où, guéri momentanément par la séquence WW1 Dépression, WW2, survient le miracle d’un Etat sachant imposer son « la » au patronat pour que le bien commun fonctionne, avant d’être fauché par le libertarisme (mai 68) , la crise économique (1973) et d’avaler sans défense des doses létales de la potion très amère du néolibéralisme, lequel accapare l’Etat plutôt que de tout privatiser comme on le dit trop vite.

      Je pense pour ma part que la « chanson coopérative » est entonnée un peu plus fort que nature, là dedans. La propriété privée devient juste une « pulsion » rivalisant avec les « liens qui libèrent ». Un côté rousseauiste prévaut dans la description anthropologique, mais si je sais que c’est un contresens partiel.
      Disons que les ingrédients matériels sont traités comme le traite Rousseau, en supposant qu’ils n’affectent pas l’anthropologie fondamentale d’un homme disposé à la coopération pour quêter la reconnaissance des autres et le respect, et ensuite les bénéfices de l’attachement quand il y a lieu.

      Je suis juste pessimiste sur la pertinence de cette non-hypothèse. Je pense que le langage agit beaucoup pour « préformer », ou ce que Simondon/Stiegler appelle(nt) le pré-individuel, ce qui va m’imbiber dans telle ou telle société dont je ne me départirai pas facilement (les règles d’égalité dans l’héritage dont parle E Todd sont à la limite dans cette catégorie).
      La relation que nous avons à la propriété privée n’est pas neutre du tout dans cette affaire, je poserais plutôt qu’elle distord à elle toute seule la notion que nous avons de la coopération, et que nous sommes « grammatisés » au point de ne pas savoir partager, ou si peu de choses, et ce d’autant plus que le consumérisme a ré-encapsulé cette tendance dans une tendance plus large, « jette, rachète et tu vivras ».
      J’aime bien la notion du soin car si je partage le soin pour un objet avec X ou Y, je n’ai pas besoin de penser que j’en suis le propriétaire, nous pouvons le partager sur la base même de ce soin/cura/philia.
      Ainsi, j’attache bcp d’importance aux savoir-faire et savoir-vivre comme clé, et Richard Sennett (lu et cité par Généreux) et Stiegler ont des vues intéressantes là-dessus : la « prolétarisation » comme perte des savoir-faire, survenant à chaque stade technique, et qui doit être dépassé, « adopté » , sauf si cette prolétarisation devient massive comme ces temps ci (aie).Richard Sennett, lui, attitre l’attention sur l’artisan (son « Ce que Sait la Main » est délicieusement polyphonique), en tant qu’il construit l’objet qui détermine à ses propres yeux sa valeur et son respect, et se trouve , s’il est trop bon, dans le cas où il est incapable de transférer son savoir-faire.

      Ces malédictions « pharmacologique » du devenir technique de l’homme me semblent un peu aplaties par Généreux qui voit 12000 ans de bonheur avec des errements et 30 ans de néolibéralisme pour faire le chemin du retour en TGV. Je crains que moultes anomies et régressions soit déjà passées avant sans se faire voir autant, et liées aux techniques (dont imprimerie au XVIIe XVIIIIe ), aux colonies (en tant qu’elles ont fourni des ressources à des prix insensément bas)., etc.

      Par ailleurs, il y a un côté injuste dans ma critique, c’est que si on fait la place à la complexe interaction cerveau/Support de mémoire, on rate l’opportunité de délivrer le message clair que Généreux délivre, et que même l’agité JFKahn reproduit à sa façon (« on a dévoyé le mot « réforme » pour lui faire parler du moins bien, c’était pour parler de faire du mieux, rappelez vous ! « ).
      Mais le côté chamanique de la la « pharmacologie » (poison /remède) de nos créations techniques (et celles des médias en tout premier lieu) me semble manquer quand même…

      Merci jicé…

  22. @François:
    Pour la première fois j’ai fait un don à Paul bien que je n’aime pas ces paiements en ligne…
    Dites-donc ça plafonne les dons ce mois-ci! Vous ne faites pas d’appel pour qu’on atteigne l’objectif du mois??? Paul a fait un héritage ;-)?

  23. Syndicat des electriciens et mecaniciens Irlandais 45 000 membres

    Communiqué de presse : campagne de désobéissance civile

    TEEU dit qu’il va profiter de la campagne de désobéissance civile pour s’opposer au Plan national d’attaque sur les travailleurs et les chômeurs

    Union des techniciens d’ingénierie et électriques a condamné le plan de relance national.

    Secrétaire général Eamon Devoy dit ce soir, « Les propositions contenues dans le plan confirment nos pires craintes de ce que le gouvernement avait en tête pour sa dernière de renflouer les banques.

    Lors de notre conférence délégués week-end dernier a voté massivement pour une campagne de désobéissance civile si le gouvernement n’a pas déclenché des élections et je peux dire maintenant que nous sommes prêts à mener une campagne similaire pour s’opposer à ce plan si elle est mise en œuvre.

    Sur un intérêt particulier pour nos membres est la proposition de« révision d’éliminer les anomalies dans les contrats d’emploi inscrits (REA) et de l’emploi ordonnances sur la réglementation (ERO) dans les trois mois.

    On ne sait pas ce qu’on entend, mais, compte tenu de la forme passée, il semble être un langage codé pour couper les salaires de centaines de milliers de travailleurs dans des secteurs comme la construction, de l’électricité et le tourisme, tout comme le salaire minimum national est tirée vers le bas.

    La hausse des frais proposés pour les étudiants, les taux de TVA plus élevés, des CAFE et coupes inévitables dans les services publics ont un impact sur les familles à revenu faible et moyen.

    En revanche il n’y a pas augmentation des taxes sur le capital, ne prévoit pas de pénaliser les exilés fiscaux et pas de taux plus élevés CAFE pour les hauts revenus.

    Si rien d’autre aujourd’hui que le gouvernement a rédigé une brochure de 140 pages de recrutement pour mars prochain samedi par le Congrès irlandais des syndicats recherche d’une voie plus équitable,

    http://www.teeu.ie/news/showtest.asp?id=391

    site aussi en Russe et Polonais

    24th November TEEU says it will use civil disobedience campaign to oppose National Plan attack on workers and unemployed

  24. @ François Leclerc :

    « Sous la double férule de la BCE et des Allemands, un tout autre plan allant dans la direction radicalement opposée – puisqu’il y conduit (à la récession) – est comme on le sait appliqué en Europe. Est-ce à terme tenable ? »

    Je ne comprends pas très bien: vous pensez que le QE est une bonne chose ? Vous pensez que la BCE devrait faire ça aussi ? Vous pensez sérieusement que les USA vont se désendetter et équilibrer leur balance commerciale en imprimant des dollars par centaines de milliards ?

    Pour moi, le QE n’est rien d’autre que le dernier mouvement désespéré spasmique d’une système qui est déjà mort, le saignement ultime. Les Chinois, Brésiliens, Indiens et Russes (BRIC) sont déjà entrain de changer leurs monnaies d’échange, sans plus passer par le dollar, et quand ce sera le tour de l’Arabie Saudite et le pétrole, la valeur du dollar va être divisé par 10, les USA ne pourront plus acheter du pétrole, et en quelques mois il vont rapatrier leurs centaines de milliers de soldats de milliers de bases de centaines de pays, et ce ce sera la guerre civile là-bas.

    Ce sont les USA qui s’effondrent, pas l’Europe. Nous on a des problèmes seulement car l’ancienne génération, celle du papy-boom, qui est au pouvoir, ne peut pas admettre ça. Ils ont vécu idéologiquement avec les USA comme maîtres, ils ne peuvent pas croire que ça va s’arrêter. Si on laissait nos banques faire faillite, ceux qui en souffriraient seraient seraient les fonds de pension américains !!! Nous un petit peu, mais à peine.

    1. Dans sa globalité, c’est tout le système qui implose, avec des variantes suivant les pays et les régions. Quant aux remèdes, aucun de ceux qui sont actuellement administrés ne semble être efficace. Je ne vois dans la situation actuelle à attendre ni de salut particulier pour l’Europe ni de résultats à espérer du QE 2.

  25. Samedi 27 novembre 2010 :

    « S’il est nécessaire d’accélérer les réformes, nous le ferons », a déclaré M. Zapatero en conférence de presse après une réunion avec 37 patrons de grandes entreprises espagnoles.

    L’action économique de Madrid est basée sur trois axes :
    – « l’austérité » en matière de dépenses publiques que « nous accomplissons »,
    – la restructuration des caisses d’épargne, bientôt achevée,
    – et des « réformes structurelles » (retraites, marché du travail et secteur de l’énergie), a exposé le responsable.

    La réunion avec les grands patrons espagnols a été « extraordinairement utile et positive parce que nous avons renforcé l’engagement pour la stabilité économique de l’Espagne et pour la reprise », a encore commenté M. Zapatero.

    Le responsable entendait avec cette rencontre inhabituelle calmer les marchés après l’extrême nervosité observée sur les bourses, la semaine écoulée, au sujet de l’Espagne, dans le sillage de la crise irlandaise.

    M. Zapatero et la ministre de l’Economie Elena Salgado ont multiplié ces derniers jours les propos rassurants sur l’état de l’économie espagnole et sur le fait que Madrid n’aurait « absolument » pas besoin d’un plan d’aide européen.

    Malgré ces propos rassurants, les rumeurs de contagion ont affolé les marchés.

    Sur le marché obligataire, l’écart entre les taux espagnols à 10 ans et les taux allemands, qui servent de référence dans la zone euro, a atteint vendredi un plus haut historique, à 260 points de base (équivalent de 2,60%), signe de la défiance des investisseurs vis-à-vis de l’Espagne.

    Boursorama

  26. « La cuenta por favor »…

    Le diagnostic de Patrick Artus sur l’Espagne au mois d’Avril 2010. D’après lui aucun problème de solvabilité pour la Grèce; par contre kolossal problem pour l’Espagne. Aporétique, c’est plus joli.

    Nous pensons que l’Espagne est dans cette situation de crise de solvabilité. L’effondrement de l’activité de construction provoque une chute massive de l’emploi dans la construction, dans l’industrie (biens intermédiaires pour la construction), dans les services financiers et immobiliers.
    L’effondrement de l’industrie majeure du pays conduit à l’explosion du chômage et à la chute de l’activité, à l’explosion aussi des déficits publics.
    Quelle est la croissance potentielle en valeur de l’Espagne après la crise ?
    Elle est d’environ 3 à 3,5 % par an, ce qui implique que le déficit public qui stabilise le taux d’endettement public est de l’ordre de 2 % du PIB.
    Compte tenu des perspectives de croissance, il ne paraît pas possible que le déficit public soit ramené à ce niveau.

    La situation extérieure de l’Espagne est aussi inquiétante.
    Si la croissance en valeur devient durablement très faible (autour de 3 %), la dette extérieure rapportée au PIB continue à augmenter dès que le déficit extérieur est supérieur à 2,7% du PIB (3 % X 90 %, le niveau de la dette extérieure rapporte au PIB), alors qu’il est encore de 5 % du PIB).
    Nous pensons que l’Espagne présente, après la crise, toutes les caractéristiques d’une crise de solvabilité : dérive impossible à empêcher du taux d’endettement public et du taux d’endettement extérieur.
    Il ne servirait donc à rien de prêter à l’Espagne, car elle ne pourrait pas rembourser plus facilement dans le futur, sauf s’il se greffait une crise de liquidité à la crise de solvabilité.

    En cas de crise de liquidité, la solution normale est des prêts au pays en difficulté, sur le modèle des prêts du FMI.
    En cas de crise de solvabilité, ces prêts ne résoudraient rien puisque le problème est une situation économique structurellement dégradée.

    La solution est alors que les autres pays de la zone euro :
    − incitent le pays en difficulté à mener les bonnes réformes structurelles (accroissement de l’effort d’innovation, développement de nouvelles industries) ;
    − lui donnent le temps nécessaire pour qu’il mène ces réformes structurelles par exemple en n’exigeant pas une réduction trop rapide des déficits publics.

    Bon gars le Patrick…
    Allez voir les graphiques, c’est plus des courbes, c’est le « Kingda Ka ».

    « Vérité » européenne… Claire comme un Pascal de 500 francs. Dette extérieure nette au-delà des Pyrénées : 1400 Mds $, 90% du Pib. Dette extérieure nette en deça : 400 Mds, 20%.
    Ben ouais, quant on est pauvre on est pauvre, et quant on est riche on est riche. Pas de mystère là dedans. Pas de miracle européen pour changer ça.

  27. A propos de l’Italie :

    – Emprunt à 6 mois :

    Le 26 octobre 2010, l’Italie avait lancé un emprunt à 6 mois. L’Italie avait dû payer un taux d’intérêt de 1,203 %. Un mois plus tard, le 25 novembre 2010, l’Italie a dû payer un taux d’intérêt de … 1,483 %.

    – Emprunt à 2 ans :

    Le 26 octobre 2010, l’Italie avait lancé un emprunt à 2 ans. L’Italie avait dû payer un taux d’intérêt de 1,767 %. Un mois plus tard, le 25 novembre 2010, l’Italie a dû payer un taux d’intérêt de … 2,307 %.

    Plus les jours passent, plus l’Italie emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus l’Italie se surendette.

    Voici les derniers chiffres (pour le vendredi 26 novembre 2010) : les deux graphiques sont inquiétants.

    Italie : taux d’intérêt des obligations à 2 ans : 2,540 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR2:IND

    Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,417 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    1. La dette de l’italie est surtout ‘interne’ comme la Belge(88 pct), et ces deux pays vivent depuis très longtemps avec des dettes de 100 pct ou plus et s’en sont toujours pas mal portés…leurs déficits ces dernières années sont soit dans les 3 pct soit à peine plus élevés.Un fort taux de travail au noir y existe aussi car les IPP sont trop élevés, donc le pib réel est sous évalué.
      En Belgique le taux d’épargne est le plus élevé d’Europe 18 pct.

  28. Barroso n’a pas tort.
    Le problème: les processus décisionnels pour proposer et transformer en lois/decrets des mesures régulatives concernant l’économie financière sont lents et longs, ils dépendent aussi du courage de la classe politique, alors que les acteurs des marchés financiers décident à très court terme.
    Gouverner c’est prévoir. Depuis longtemps, on ne gouverne plus, on ne fait que clopiner derrière les évolutions.

  29. eh, non ce n’est pas tenable, la BCE fera comme la Fed et la Banque du Japon, et elle avalera son chapeau!

  30. C’est assez intéressant de voir apparaître sur ce blog, à fur et à mesure que la situation se tend, des commentaires du style « le chaos arrive, Mad max n’est pas loin »
    Méfions-nous quand même du chantage que vont nous proposer les classes dirigeantes, « Soit avec nous, avec certes toutes nos imperfections soit le chaos ! »
    En gros, « Ne bougez pas, continuez à voter pour nous (avec des sondages du style DSK meilleur candidat pour les socialistes) ou laissez-vous emporter vers les chimères utopistes et ne venez pas pleurer après »
    En réalité, ce système basé sur la surconsommation et le surendettement est mort, c’était une anomalie historique qui a disparu aussi vite qu’elle est arrivée, trente ans de durée de vie, c’est rien par rapport au temps historique. Nous allons simplement revenir aux fondamentaux sur lesquels se sont bâtis toutes sociétés humaines, c’est-à-dire l’entraide sociale, le sens de la collectivité, les gouvernements honnêtes qui considèrent qu’ils ont rempli leur tâche quand les besoins fondamentaux de leurs citoyens sont satisfaits et les besoins fondamentaux des peuples sont simples, se nourrir décemment, se loger correctement, exercer un travail qui assure un revenu correct et qui soit utile à la communauté, pouvoir se soigner et élever ses enfants dans la paix civile, en gros, rien de terrifiant à l’horizon.
    Ne nous laissons donc pas abuser, ce n’est pas le choix entre la décadence ou l’apocalypse, c’est le choix entre virer au plus vite ces dirigeants incompétents et reprendre notre destin en main ou continuer à les suivre dans leurs stériles délires dogmatiques.

  31. y a pas de soucis !
    mr johannes gutenberg est toujours avec nous
    après un passage au japon pour prendre le thé
    puis aux us avec bernanke pour un petit whisky
    il va passer voir merkel pour une petite mousse.

  32. Thomas Mayer dit :

    tout le monde ne peut pas s’appuyer sur l’Allemagne, sinon nous aussi nous tombons.

    Il ferait mieux de lire Corneille (Horace). Les Curiaces, plus nombreux mais inégalement affaiblis par leurs blessures se sont fait tuer un par un par le seul Horace survivant. L’Allemagne est certe la moins endettée, donc la moins affaiblie, des membres de l’Euro, mais, en laissant les plus faibles tomber l’un après l’autre elle connaîtra son malheur quand elle se retrouvera seule en face des marchés qui constateront qu’elle n’ a plus de partenaires pour faire vivre son économie.

    En toute matière l’union fait la force (comme on dit en Belgique) et il s’agirait ici de créer une agence « Europe Trésor » qui émettrait seule des emprunts souverains en Euro. Elle aurait sans doute quelques moyens pour obtenir pour l’ensemble de ses mandants un taux intéressant. Rien de tel qu’un bon monopole pour survivre dans l’enfer des marchés.

    1. Et les citoyens, ne devront plus se contenter de payer les dettes de casino des banksters
      et autres profiteurs nationaux,
      ils devront en plus payer les dettes garanties par l’Europe!

      NON, l’heure n’est plus à payer les dettes de jeu des capitalistes,
      l’heure est à effacer l’ardoise, remettre la planète sur ses pieds,
      en finir avec la logique mortière de l’accumulation privée du capital.

      Comme ont dit certains irlandais aujourd’hui:
      « One solution, repudiation! »
      Combien ? Je sais pas, j’y étais pas…
      Mais ils reprennent le vieux flambeau de la défense de la souveraineté populaire,
      face aux agioteurs, spéculateurs et accapareurs.

    2. Le Spiegel-Online publie ce soir un article de Jens Witte, selon lequel quelques experts financiers ont accepté d’envisager une disparition de l’euro et le retour au D-Mark. Quatre conséquences négatives sont envisagées – qui en feront sourire plus d’un.
      1-Le coût des billets à imprimer, des euros à brûler sera élevé (!) Il sera onéreux aussi de remettre au Mark tous les distributeurs de boissons et de cigarettes (!!)
      2- « Sans l’euro, les exportations allemandes s’effondreront » (!!! Tiens, tiens …)
      3- En conséquence, les chiffres du chômage bondiront
      4- L’Europe perdra de son influence face à la Chine et aux USA. (Merkel : « L’Europe, c’est moi » : c’en sera fini de décider pour les autres pays d’Europe et de leur imposer l’austérité, austérité qu’elle a imposée chez elle pour 10 millions de salariés allemands, payés sous le SMIC français)

      D’autres experts relèvent que les vacances dans les pays sud-européens seront à nouveau très bon marché…. avant que le chômage massif ne réduise le pouvoir d’achat de beaucoup d’Allemands.

      Si le Spiegel parle de ce scénario c’est, à mon avis, qu’il commence à être sérieusement envisagé, sachant que ni la Grèce ni l’Irlande ne parviendront un jour à payer leurs dettes.

      Voyons ce qui se passera lundi, chers amis.

    3. L’article dont parle Alain V est en allemand. Pour les germanophones :

      Szenario Euro-Crash.

      Finanzexperten fürchten den D-Mark-Alptraum.

      In Europa macht ein Schreckensszenario die Runde: Bricht die Euro-Union auseinander ? Kehren die Länder bald zu D-Mark, Franc und Lira zurück ? Die Wahrscheinlichkeit dafür ist gering, trotzdem sind Experten alarmiert. Ein Comeback der nationalen Währungen wäre fatal – vor allem für Deutschland.

      Hamburg – Eigentlich gibt es sie ja noch. Die D-Mark. Sogar in Massen. Auch fast neun Jahre nach der Einführung des Euro existieren 13 Milliarden Mark – in Verstecken, Sammlungen oder Omas Sparstrumpf. Und schenkt man Umfragen Glauben, dann wünscht sich fast die Hälfte der Bundesbürger die Mark als offizielles Zahlungsmittel zurück. So haben zum Beispiel die Meinungsforscher der EU-Behörde Eurobarometer festgestellt: « Die D-Mark war für viele Deutsche das Symbol für wirtschaftliche Sicherheit, Solidität und Prosperität. »

      http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/0,1518,731410,00.html

  33. Les entreprises sont-elles pressées comme des citrons en Belgique?

    Les entreprises laissent entendre que l’Etat les a pressées comme des citrons depuis plusieurs années. Or, le taux d’imposition réel auquel elles sont soumises ne s’élève qu’à 13,6%. Les chiffres indiquent qu’elles ont pu bénéficier d’une réduction massive des impôts ces dernières années. La preuve en est fournie par les recettes de l’impôt des sociétés pour les exercices d’imposition de 2001 à 2008, dont les chiffres sont fournis par Reynders lui-même (les montants repris ci-dessous s’entendent en millions d’euros).

    Le taux d’imposition officiel est de 33,99%. Mais sous l’effet de toutes sortes de réductions et d’abattements, le taux réel moyen avait déjà été ramené à 19,9% en 2001. Il avait continué à baisser entre 2001 et 2008 pour atteindre un plancher de 13,6%. Un rapide calcul nous apprend que si la pression fiscale était restée stable durant toutes ces années, les entreprises n’auraient pas dû verser 12,7 milliards d’impôts sur leurs 93 milliards de bénéfices, mais bien 18,6 milliards. Ces 5,9 milliards de différence représentent presque 1/4 du déficit budgétaire total. Ce sont donc les pouvoirs publics qui ont été pressés comme des citrons.

    http://www.csc-en-ligne.be/Actualite/Communiques/detail/citrons.asp

    1. C’est ce que je disais, les déficits des Etats ne sont que les profits supplémentaires des entreprises, s’il n’y avait ce trafic à tous les niveaux il n’y aurait pas à ce jour de déficit.
      Et contrairement à ce qu’ils veulent nous faire croire moins d’impôt ce n’est pas plus d’emplois mais le contraire.

    2. C’est exactement la même chose ailleurs.
      La chute de l’imposition du capital est une course au dumping fiscal.
      C’est d’ailleurs comme cela que le gouvernement irlandais défend son 12,5 d’imposition:
       » en fait chez vous, on ne paie guère plus dans la réalité ».
      Le chiffre ci-dessus 13,6 %, est très proche.
      Les chiffres US montrent la même chose.
      Conséquence: déficits budgétaires et dette croissante,
      qui enrichit les mêmes qui sont justement à l’origine du déficit.
      Voilà ce que les contre-réformes retraites, salaires, services publics,
      dans toute l’Europe, veulent nous faire payer,
      avec plus les dettes de jeu des banquiers.
      Comme dit le milliardaire Waren Buffet « c’est une guerre de classe et nous la gagnons ».

      La forfaiture et dictature du capital a atteint ses limites économiques, sociales, écologiques.
      Il faut gagner cette guerre, par tous les moyens nécessaires.

  34. Pas une info éco mais intéressante quand même parce qu’elle va probablement provoquer quelques chambardements politiques donc économiques :

    Au cœur de l’inquiétude des services spéciaux de plusieurs pays alliés des Etats-Unis, la future publication par WikiLeaks de millions de documents secrets américains.
    Peuvent s’inquiéter les pays suivants : Pologne, France, Afghanistan, Emirats Arabes, la Grande-Bretagne et la Chine.
    En effet Wikileaks peut publier prochainement tout un schémas de réseau diplomatique. Les Américains ont avisés plusieurs pays, que les documents à paraître peuvent nuire aux relations des USA avec ces pays, il s’agit pourtant de pays alliés…

    Selon diverses sources concordantes, Wikileaks peut dévoiler des fonctionnaires d’états étrangers fournissant des informations capitales aux USA, c’est en terme plus rude de l’espionnage. Les services secrets américains sont donc devant le risque de perdre pas mal d’indicateurs, et surtout de se compromettre avec leurs alliés. Les pays les plus concernés par ce genre de « trahison » interne seraient le Canada, la Grande-Bretagne, Israël l’Australie, la Norvège et le Danemark.
    De plus dans les documents à venir on s’attend la publication d’accusation fortes de corruptions qui engageraient les responsabilités de politiques en Russie, en Asie Centrale et en Afghanistan.
    De plus des documents, selon une source arabe, vont paraître qui démontreront comment la Turquie soutien al Quaïda, et comment les USA soutiennent le parti PKK !
    http://www.radinrue.com/spip.php?article6148

    voir http://news.google.be/news/search?pz=1&cf=all&ned=fr_be&hl=fr&q=Wikileaks&cf=all&scoring=n

    Les petites magouilles inavouables dévoilées au public, ça change. Sans doute un pas de plusse vers l’effondrement de l’Empire.

  35. La crise financière mondiale de 2011 a-t-elle commencé ?

    Où que l’on regarde, les feux avant-coureurs d’une prochaine crise financière s’allument. Elle commencera sur l’Atlantique, mais cette fois, elle devrait être contagieuse dans le Pacifique. Elle pourrait être pire que celle de 2007-2008.

    http://finance.blog.lemonde.fr/

    1. Madame Lagarde vous a bien obscurci l’esprit, on dirait, Franky.

      La « crise » dont les effets ont commencés à être perceptibles en 2007 ne s’est jamais arrêtée un seul instant.
      Simplement, les gouvernements ont joué la carte du soutien à un système pourri qui les avait mis au pouvoir.

      Mauvaise pioche.

  36. « Les marchés – à qui la science infuse est en général accordée – ne semblent pas les avoir entendus. »

    Quand on voit éclater l’ineptie des hommes dans les sacrifices, les fêtes, les supplications des dieux, quand on considère ce qu’ils leur demandent, les voeux qu’ils leur adressent, l’opinion qu’ils s’en forment, il faudrait être, à mon avis, bien chagrin, bien morose, pour ne pas rire de tant d’extravagances. Cependant, avant d’en rire, je crois qu’il est bon de se demander si l’on peut appeler ces gens-là religieux ou misérables ennemis de la divinité, dont ils se font une idée basse et indigne au point de croire qu’elle a besoin d’hommes, qu’elle se plaît à leurs adorations et qu’elle se fâche à leur indifférence. Les calamités d’Étolie, les malheurs des Calydoniens, je ne sais combien de meurtes, la maladie qui frappe Méléagre, tout cela fut, dit-on, l’œuvre de Diane, courroucée de ce qu’Œnée ne l’avait pas invitée à un sacrifice, tant cet oubli, qui l’avait privée de sa part de victime, était profondément gravé dans son cœur ! Il me semble que les autres dieux sont allé chez Œnée ; elle jette les hauts cris, elle se lamente de ne pas se trouver à si belle fête.

    Lucien de Samosate (120-180), Sur les sacrifices.

  37. Ce qui est tout de même amusant, avec tous ces milliards jetés par la fenêtre, ce qu’ils servent uniquement à augmenter les profits des plus riches ainsi qu’à combler les dettes bancaires.

    Nous sommes sur la bonne voie.

    1. Oui leurs comptes en banque augmentent mais nous savons tous ici que ce ne sont que des reconnaissances de dette.. ce qui n’est pas du tout équivalent à de la richesse, le reveil sera brutal!

    2. « Bonne voie… »

      Sur le chemin des larmes océaniques…?

      Entre mers et cimetières….tous les chemins menent t ils a Rome ?
      Avec fenêtres qui donnent sur la cour de récréation, la maison pourrait etre de passe ou dans l impasse?

      Les dames sont parfois de belles endormies.

      ….. »Dormeuse,amas doré d ombres et d abandons,
      Ton repos redoutable est chargé de tels dons,
      O bîche avec langueur longue auprès d une grappe.
      Que malgré l ame absente, occupée aux enfers
      Ta Forme au ventre pur qu un bras fluide drape
      Veille, ta forme veille,et mes yeux sont ouverts.  »
      (Paul Valery : « la dormeuse »).

  38. Au temps béni où les banques était « gérées » par l’état incompétent ( suivant la doctrine libérale)
    une faillite bancaire ordinaire comme le crédit lyonnais coutait 120 milliards de francs.

    A l’heure actuelle ou les banques sont « gérés » par des experts indépendants une faillite ordinaire comme l’anglo irish bank coute 8 milliards en juillet, 30 milliards en septembre et 85 milliards en novembre. (En euros s’il vous plait)

    Et qui doit gérer la suite, les états incompétents …

    Pourquoi ne pas aller chercher un expert dans le bush australien, il parait qu’il sont bons en rugby.

  39. Donc rendez-vous mi 2011 pour constater l’avancée de cette mort de l’euro qui vous paraît maintenant inéluctable, dont acte.

    Je livre à votre réflexion certaines pistes de travail de membres du CAE :

     » … Transformons les dettes privées excessives en fonds propres et restructurons intelligemment les dettes publiques excessives, afin de sortir vite et bien de la crise qui mine la zone euro, plombe notre croissance et menace nos Démocraties.
    L’Europe sort de la plus grande bulle de crédit de l’Histoire. Trop de dette partout. Vouloir tout rembourser nous condamne à la déflation par la dette, à la stagnation et aux risques d’extrémisme politique. Dans les pays périphériques (Espagne, Grèce, Irlande, Portugal), ce désendettement massif devrait se réaliser alors même que les coûts et salaires doivent baisser de 15 à 30% pour restaurer la compétitivité : économiquement impossible et démocratiquement suicidaire ! Ensuite, la zone euro n’allègera pas ses dettes excessives par l’inflation : le Traité de Maastricht l’interdit et les Allemands n’en voudront jamais (ils ont raison, car la taxe d’inflation est à très injuste et très inefficace).
    La seule solution est la restructuration des dettes excessives. Le fardeau doit être porté par ceux qui ont pris les risques, tout en permettant à ces pays de renouer vite avec la croissance. C’est la logique des procédures de faillite aux États-Unis (Chapter 11) : transformer les anciennes créances en fonds propres (debt equity swap), en écrasant les actionnaires historiques (qui ont pris les mauvaises décisions), puis donner une séniorité forte aux nouveaux créanciers. Appliquons cela aux banques des pays périphériques : à leur passif, les fonds propres actuels seraient écrasés jusqu’à absorber les pertes des actifs toxiques. Si c’est insuffisant, les pertes devraient être absorbées par la dette subordonnée, voire (cf. Irlande) par une partie de la dette senior des banques, l’État ne garantissant que les dépôts à vue. En pratique, on ne mesure pas aujourd’hui l’ampleur des pertes des banques. La solution : le régulateur doit imposer de couper les banques en difficulté en deux.
    1) La mauvaise banque, avec les actifs les plus pourris et, au passif, les fonds propres (actions), la dette subordonnée et une partie de la dette senior de l’ancienne banque.
    2) La bonne banque, avec les actifs les moins risqués et, au passif, les dépôts à vue et le reste de la dette senior de l’ancienne banque, dont une partie serait transformée en fonds propres et dette subordonnée de la nouvelle banque. Au besoin, l’État injecterait des fonds dans la bonne banque. L’État éviterait ainsi la crise systémique bancaire, créerait de bonnes banques finançant l’économie, sans assumer les pertes des banques. C’est le seul moyen efficace et démocratiquement acceptable de régler la crise bancaire. Pour éviter les réactions en chaîne dans le reste de l’Europe, utilisons des airbags en chaîne : les banques créancières trop affaiblies par ces debt equity swaps devraient se voir imposer elles-mêmes des debt equity swaps. Pour les autres, les régulateurs bancaires devraient imposer l’émission de fonds propres supplémentaires.
    Pour la dette souveraine des États périphériques, la restructuration va venir vite. D’abord, ces dettes sont insoutenables (et les marchés le savent), sauf à ce que l’Allemagne paye (ce qu’elle refuse -à raison). Ensuite, les pays européens ont annoncé au G20 de Séoul une participation des créanciers à la restructuration des dettes souveraines émises à partir de mi-2013. Mais les investisseurs, sachant que les pays périphériques ne pourront plus accéder aux marchés de dette après 2013 (trop grand risque de restructuration alors), ne vont évidemment pas aujourd’hui prêter à ces mêmes États sur des maturités postérieures à mi-2013. L’annonce de Séoul rend donc impossible dès aujourd’hui l’accès des États périphériques au marché de dette. Certes, ces États pourront, en 2011-13, recourir au FMI et au Fonds Européen, mais ceci ne règlera pas la question de leur stock de dette.
    2011 sera donc l’année de la restructuration des dettes souveraines périphériques en Europe. Chaque État diviserait sa dette en une dette senior jusqu’à 60% du PIB et une dette junior au-delà. Les dettes séniors seraient fusionnées avec une garantie conjointe et solidaire de tous et des conditions drastiques sur les finances publiques, créant une dette super-sûre. Pour les États périphériques, la dette excessive actuelle serait transformée en dette juniors, avec un taux proche de zéro, remboursable dans 10 ou 20 ans, une fois que les réformes structurelles auront porté leurs fruits.
    Certains croient encore que les restructurations de dettes bancaires et publiques doivent être évitées à tout prix. C’est oublier la séquence des années 1930, dernière bulle de crédit comparable : la déflation par la dette engendra la Dépression, puis un chômage vertigineux, suivis des crises des Démocraties, du fascisme et enfin de la Guerre.

    C’est oublier aussi qu’après 1945, nombre de pays Européens (à commencer par l’Allemagne et la France) ont de facto fait défaut sur leur dette souveraine en la réduisant par l’inflation. L’argument que les grands pays européens n’ont jamais fait défaut depuis la Guerre est économiquement faux. À partir du moment où nous avons (avec raison) renoncé à l’inflation au sein de la zone euro, le seul mode crédible de régulation des dettes excessives est la restructuration ordonnée, surtout au sortir de la plus grande crise de dette de l’Histoire de l’humanité…  »

    Extraits Delpla 25/11/2010.

    1. Vous avez raison Marlowe…Lorsque tout est imprévisible…Alors seulement…tout devient possible…Nombreux sont ceux qui se sont résolument positionnés sur cette vision…

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