L'actualité de la crise : LA PENTE DU SCENIC RAILWAY, par François Leclerc

Billet invité

Sans même attendre que la contagion atteigne le Portugal et l’Espagne, une issue qui se confirme de jour en jour, la crise irlandaise pourrait se révéler être la crise de trop.

La logique dans laquelle les autorités européennes, BCE en tête, essayent d’enfermer le gouvernement irlandais en le forçant a accepter une aide financière dans le but de renflouer les banques, pour le mettre sous leur tutelle, conduit l’Irlande droit dans le mur. Sous prétexte de calmer le jeu en Europe, elle ne peut que précipiter l’extension de la crise à d’autres pays, faute que cette solution soit crédible.

On sait déjà que l’Espagne va devoir se rendre sur les marchés dès le début 2011, alors que ses taux se tendent sérieusement et que la prime des CDS augmente. Que ses besoins déjà identifiés vont encore être accrus, afin de faire face aux exigences de renforcement de son réseau de caisses d’épargne, même restructuré, car la crise immobilière poursuit son travail de sape.

En pesant ces derniers jours de tout son poids afin d’obtenir satisfaction, en venant à menacer directement l’Irlande de couper les vivres à ses banques, comme vient de le faire le gouverneur luxembourgeois de la BCE, Yves Mersch, celle-ci joue la politique du pire. Aveuglément, elle exige que soit suivie la stratégie qu’elle ne cesse de préconiser de report sur les finances publiques de la charge de la crise financière. S’il cède devant cette pression maximale, non seulement le gouvernement irlandais sera politiquement discrédité et une crise politique s’en suivra, mais l’Etat ne sera jamais en mesure de faire face à la charge de remboursement qu’il devra assumer. Avec constance et acharnement, les Européens créent les conditions du rebondissement des crises qu’ils prétendent régler.

Dans un contexte différent, l’exemple de la Grèce montre qu’un rééchelonnement de la dette doit déjà être négocié, assorti de coupes budgétaires supplémentaires, rendant au final la partie encore plus difficile à emporter. En Espagne et au Portugal, pour ne pas parler de l’Irlande – l’élève studieuse de la classe, montrée à ce titre en exemple – les plans d’austérité se succèdent et s’accumulent tout autant. Il en faut toujours plus, jusqu’où et jusqu’à quand ? Les Etats, eux-aussi, peuvent à ce compte-là se révéler insolvables.

Plus tôt que prévu, cette stratégie est arrivée à une impasse. On attendait que la Grèce en donne le signal vers 2012, c’est l’Irlande qui le fait sonner aujourd’hui. Un système consanguin de financement a été mis en place en Europe, les banques finançant les déficits des Etats qui financent la crise du système financier, qui est arrivé au bout du rouleau. Dans les pays de la zone des tempêtes, les banques ont puisé dans les fonds de la BCE pour financer la dette publique de leur pays, dans des proportions jamais atteintes, imbriquant étroitement dette publique et privée.

Il est maintenant demandé aux Etats des efforts qui ne sont pas à leur portée, la BCE n’étant pas dotée de la soupape de sécurité que la planche à billet représente. Le système est pris à son propre piège, car il n’est plus non plus possible de financer la dette par de nouvelles dettes, qui ne peuvent plus être remboursées. Après avoir usé jusqu’à la corde la manne du crédit aux particuliers, avec le succès que l’on sait aux Etats-Unis, le capitalisme financier en aurait-il fait autant avec les Etats ?

La politique allemande illustre parfaitement les limites de la seule réponse apportée. Les Allemands réclament une réduction générale des déficits publics, tout en tentant à la marge de réguler le système financier, avec chez eux et à leurs pieds le boulet des banques régionales – les Landesbanken – dont ils ne savent pas comment s’en débarrasser. Devant l’ampleur de la crise, ils cherchent à faire partager son coût aux banques, en prévoyant qu’elles participent à la restructuration des dettes publiques des pays en difficulté pour l’actuelle, et en les taxant pour financer la prochaine, mais aucune de ces dispositions, même appliquées, ne seront à la mesure des problèmes qu’ils prétendent régler.

Courant après les événements, les autorités européennes attendent le dernier moment pour engager le sauvetage du pays entré dans la zone des tempêtes, alors qu’il faudrait prendre les devants et utiliser pour tous et sans attendre le fonds de stabilité financière (EFSF). Mais celui-ci n’a pas été conçu pour cet usage préventif, se voulant dissuasif, et ne peut répondre à de tels besoins. Pour autant, il n’est pas non plus possible d’attendre 2013 et le démarrage opérationnel de son successeur, pour lequel tout reste encore à discuter et à décider. Y compris la désormais redoutable question de la décote supportée par les banques créancières.

Pour y revenir, l’exemple de l’Irlande est éloquent. S’il était justifié de la part du gouvernement de protéger les déposants des banques, cela n’avait pas de sens d’en faire autant des détenteurs d’obligations. Il ne fallait pas nationaliser les banques en leur injectant des fonds, mais les laisser tomber. En choisissant de les sauver, le gouvernement Irlandais s’est pris à son propre piège, pour se retrouver aujourd’hui placé devant un choix impossible: choisir entre l’insolvabilité de l’Etat et celle des banques. Régler la seconde dans l’immédiat, c’est accroître la première. D’autant que l’addition présentée par les banques ne peut que s’alourdir. Un bank run est en cours, les entreprises ayant recommencé à retirer leurs avoirs des banques. Selon Reuters Breakingviews, un service de l’agence, les besoins des banques seraient de 100 milliards d’euros.

Le schéma des bad et good banks a été repris par le Financial Times dans un surprenant éditorial, faisant écho au billet de Paul Jorion publié ici le 11 novembre. En application de l’idée que de nouvelles banques devaient être créées en Irlande, qui récupéreraient les dépôts bancaires des mauvaises, et pourraient être capitalisées avec les fonds européens de l’EFSF, qui trouveraient là leur meilleure utilité. Le paradoxe étant qu’une telle mesure serait une application, dans un autre contexte, de la politique préconisée par les Allemands – faire payer les créanciers – alors qu’elle est montrée du doigt comme étant à l’origine de la crise actuelle.

L’effet de domino qui en résulterait dans le système bancaire serait certes redoutable, mais il purgerait une situation qui le réclame et stopperait la fuite en avant. Il impliquerait de reproduire le même schéma – la création de good banks – dans les principaux pays européens, ce qui reviendrait à nationaliser le système bancaire. Permettant d’aborder sur de nouvelles bases la réduction de la dette publique.

Au lieu de pousser les uns après les autres les pays européens dans la récession, et comme vient de le faire remarquer le FMI, de scier au final les points d’appui de la croissance allemande, il serait alors possible de restructurer celle-ci, car les bad banks ne seraient plus à cela près…

Les wagons dévalent la pente du grand Scenic Railway.

134 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LA PENTE DU SCENIC RAILWAY, par François Leclerc »

  1. @ M. Leclerc
    « Il ne fallait pas nationaliser les banques en leur injectant des fonds, mais les laisser tomber »
    « Il impliquerait de reproduire le même schéma…….., ce qui reviendrait à nationaliser le système bancaire.permettant d’aborder sur de nouvelles bases la réduction de la dette publique »
    J’ai du mal à comprendre le raisonnement , quelque chose m’échappe; pouvez vous m’éclairer sur la stratégie à appliquer , svp, merci

    1. C’est tout simple. Une fois les good banks crées et ayant repris les dépôts des particuliers, ce seraient les bad banks subsistantes qui seraient détentrices des créances sur la dette publique et devraient enregistrer leur décote.

      Ce processus pourrait s’appeler le nettoyage par le vide.

    2. Hhmm.. Vu les montants en jeu, ce ne serait plus du vide, mais carrément du trou noir.

      Et … les plus gros créanciers-actionnaires-investisseurs..???
      Leur proposer 30% plutôt que rien..??
      (soit préparer une reconstruction du même aspirateur à dollars)

    3. @ M. Leclerc

      Le mécanisme que vous suggérez (nationalisation, séparation good/bad banks) est évidemment le seul possible. Mais après, qui va payer pour les pertes, colossales, qui seront accumulées dans les bad banks?

      Car à l’arrivée, il va bien falloir que quelqu’un paye pour les excès du passé. Durant les 30 dernières années, le système financier occidental s’est gorgé de sommes astronomiques en profits, dividendes, bonus grâce à la bulle du crédit. Sommes qui ont soit été dépensées en maisons luxueuses, restaurants ***, yachts, costumes Dior ou lingeries Chanel etc…, soit se sont vu accumulées sur des comptes privés dont une grande partie se retrouvent dans des paradis fiscaux.

      Bien entendu, ces sommes ne correspondaient qu’à un « vol sur le futur », c’est à dire à aucune création réelle de richesses mais qu’une fois que la bulle du crédit exploserait (depuis 2008) à des pertes équivalentes aux profits engrangés.

      Ce qui complique la donne c’est qu’évidemment ces profits fictifs du système financier international (banques et shadow banks) ont fait des petits en dehors du système financier dont se sont gorgés toutes sortes de professions, du coiffeur de luxe au marchand de vin en passant par le chirurgien estétique.

      La justice voudrait que ce soient ceux là même qui se sont gorgés durant la période de vaches grasses de ces profits fictifs qui remboursent aujourd’hui et payent pour les pots cassés.

      Malheureusement une telle solution semble impossible à mettre en place. S’il n’y a pas de solution juste, il n’y a pas de solution.

    4. Nous sommes bien d’accord, la réflexion est à poursuivre.

      Une fois les dépôts protégés, ce sont les actionnaires et les créanciers des bad banks qui vont payer la note.

      Mais cela ne suffira pas et devrait entraîner par réaction une brutale contraction des masses financières improductives, ces capitaux issus de la spéculation et qui n’ont d’autre objet que de la poursuivre.

      D’autres protections seraient nécessaires. Je ne pense pas particulièrement aux chirurgiens esthétiques mais plutôt aux assurances-vies et aux fonds de pension.

    5. et ces bad banks que devra digérer la machine « shadow banking » et paradis fiscaux. on appèlera tout ça « samsuffit » un casino avec quelques graines à becqueter, on est pas des saints mais quand même, ça promet coupures d’électricité comme dans les contrées reculées, et puis quoi? plutôt que dévaler la pente du grand Scenic Railway broyé par grand silence du big brother?

    6. Faire payer ceux qui ont amassé de l’argent en dormant,
      c’est la moindre des justices.
      Lorsque les banques font faillite et dispaissent,
      au lieu que l’on paye leurs dettes de casino,
      il faut, comme se suggère François, et le bon sens,
      que la petite épargne doite être garantie par le nouveau sytème bancaire public,
      Et la question des fonds de pension ou assurance-vie
      se règle en assurant à tous une retraite décente.
      L’argent ne manque pas, dès qu’il ne va plus toujours dans la même direction.
      Le moment est venu de mettre fin à la tyrannie du capital.

    7. @M. Leclerc,

      vous dites que ce seront les actionnaires et les créanciers des bad bank qui devront payer la note. Mais qui seront ils une fois que ces bad bank auront été nationalisées? Nous allons droit vers la situation où ce sera l’état, les fonds de pension, les épargnants en Assurance vie qui finiront par devoir payer la note. C’est à dire la population dans son ensemble qui finira par payer pour toutes ces pertes colosales qui correspondent aux profits, dividendes, bonus encaissés par tous ceux qui en ont profité durant les 30 dernières années de vaches grasses.
      Donc, l’injustice la plus flagrante.

      Car la note va être salée, très salée. En Suède en 1992 elle ne fut que de 2% du PIB, une broutille facile a résorber. Mais cette fois ci, une fois que toutes ces mauvaises dettes auront été colatéralisées de façon acceptable aux créanciers qui auront survécu, on parle plutôt de 100% du PIB dans l’ensemble des pays de l’OCDE.

    1. Papillon,

      Mwouarf!

      Encore que je n’arrive pas à savoir si c’est si drôle que ça.
      Car, comprendre ce qu’il se passe ne nous donne aucun moyen pour l’empêcher.
      Conclusion : la démocratie a totalement disparu du tableau de commande.

  2. Si une liste de banques à risque systémique vient d’être établie c’est bien qu’il doit y avoir quelque chose de ce type en préparation. Les porteurs d’obligations et d’actions des bancaires doivent avoir des sueurs froides en ce moment.

    1. L’intention est au contraire de garder cette liste secrète (!), car elle est implicitement celle des banques qu’il faut à tout prix sauver des eaux, et il ne faudrait pas les pousser à plonger en sachant qu’elles seront repêchées.

    2. François.
      C’est bien ce que je voulais dire… Car à l’inverse il y aura les autres, celles qui ne seront sur aucunes listes, celles pour lesquelles tout devient possible.
      De ce que j’ai entendu, il y a même 2 listes.
      D’ailleurs, le modèle semble déjà bien rôdé aux US, faillites régulières et transfert des capitaux des particuliers voir indemnisation jusqu’à un certain seuil.

    3. Aux Etats-Unis, la FDIC veille au grain pour les banques régionales, qui continuent de tomber comme des mouches. Elle protège les déposants et organise les rachats des banques défaillantes.

      Rien à voir avec le monde des TBTF, pour lequel la FDIC, qui est financée par les banques elles-mêmes, n’a pas la surface…

    4. Cela me refait penser aux plus gros possédants US qui, sentant le vent mal tourner, se sont dépêchés de prévenir qu’ils n’accepteraient aucune hausse d’impôt.

      Au moins un soupçon d’honnêteté. Il en reste en ce monde, vous dire. 🙂

    5. Juste un détail, virgule de l’infini.. :
      Pour ceux qui seraient nouveaux sur le blog, je suis un enfant illégitime de F.Lordon et de Michéa.
      Michéa étant mon père car capable d’erreurs.

      Soit, un critique perturbateur de bas niveau… Mais perturbateur quand-même. 😉

    6. Un bon psychologue me rangera dans la case « enfant-révolté ».

      Cela leur permettra de moins réfléchir en collant une étiquette comme toute carte-postale qui fait nos jugements sur le non-vécu.

    7. Je viens d’écrire qu’une nana n’avait pas de testostérone et incapable de quoique soit et aucune ne réagit..
      C’est à se demander si elles ont aussi un cerveau.

      Signé : paix des ménages.

    8.  » Aux Etats-Unis, la FDIC veille au grain pour les banques régionales, qui continuent de tomber comme des mouches. Elle protège les déposants  »
      n’est ce pas une piste intéressante ? sauvegarder ce qui sera utile pour faire fonctionner ce qui subsistera comme économie une fois que la bulle financière aura disparu avec les big banques too big

    9. liste secrète surement diluée au monde financier où le secret et les ententes, liste qui peut servir de variable d’ajustement et d’opération spéculative, de too big to fail. mais n’est-ce pas trop gros pour être sauvé?

  3. Commentaire d’un billet invité « Proposition de résolution du parlement Européen, par Pervenche Béres »

    François78
    20 mai 2010 à 22:33

    Un instant j’ai pensé au 1er avril.

    Dans un deuxième temps, voir mon commentaire plus haut.

    Dans un troisième temps, je me demande s’il existe des traductions en Grec, Portugais, Espagnol, Italien, Irlandais … qui pourraient être largement diffusées.

    En marge du texte et plus étroitement, je suis depuis le début du sauvetage des banques, pour leur nationalisation, par saisie confiscatoire.

  4. Tel que ça se profile, la BCE va être obligée d’emprunter des faux dollars à la FED… Et la boucle est bouclée…

  5. Au sujet du transfert des mauvaises créances vers les mauvaises banques, on n’oublie un peu l’exemple de la Suède.

    Celle-ci a expérimenté ce transfert de créances pour sauver son système bancaire en 1992 pour les mêmes raisons que la crise actuelle, à savoir une bulle immobilière.

    Qu’a-t-on constaté in fine, que la perte était bien moins importante qu’on le pensait initialement.

    La raison en est simple et l’exemple des USA aurait dû servir d’exemple, lorsqu’il y a des impayés, doit on constater le défaut sur la totalité du prêt, où doit on enregistrer les défauts au fur et à mesure.

    J’ai l’impression que nous sommes dans le court termisme, l’argent dépensé aux USA pour compenser le défaut sur la totalité du prêt aurait dû être dépensé pour aider les débiteurs en difficulté, les aider en supportant la partie du prêt qu’il ne pouvait assumer, le résultat eut été que les américains seraient toujours dans leurs maisons, l’argent serait allé où il doit, à savoir aux créanciers, avec de multiples conséquences.

    Se donner le temps de trouver les principaux fautifs, étaler dans le temps la perte, sur un prêt de 20 ans la perte n’est réellement constatée qu’à l’issue du contrat, ne pas aider les banques pour d’autres raisons.

    Bref j’ai l’impression que pour sauver les créanciers dans leur créance initiale, on a oublié que le monde tournait à la vitesse d’une journée par jour et pas plus.

    Je crois que les pertes des banques Irlandaises ne sont pas si importantes que cela, bien évidemment nous en revenons aux faibles montants des capitaux propres des banques, dès le moment où une perte même légère apparait, avec un rapport de 30, bien évidemment cela fait des dégâts.

    Bref j’ai l’impression que l’histoire de la Suède n’a pas été bien analysée, il est vrai que la Suède est à part, elle a été capable de réduire le nombre d’hopitaux par deux, de réduire le déficit de son système de sécurité sociale tout en gardant l’un système de santé très efficace…

    Je crois donc que le gouvernement irlandais est mieux placé que la BCE pour savoir ce qu’il faut faire, qu’en mettant ce dossier bien en évidence sur la table, la BCE met l’Irlande dans une très grande difficulté.

    Pour clore, ma conviction à travers ma logique est que la BCE se comporte non pas comme un pompier mais comme un incendiaire, quel est son but, faire chuter l’Euro et ce quelqu’en soit le prix !!!

    1. la crise bancaire suédoise n’a rien, mais alors rien, à voir avec la situation dans laquelle tous les pays de l’OCDE se trouvent aujourd’hui:
      . les pertes finales furent de l’ordre de seulement 2% du PIB pour la Suède tout simplement parce que dés 1993 l’économie mondiale et européenne repartit en flèche jusqu’en 2000, les prix de l’immobilier repartirent à la hausse dés 1995, et bien entendu le taux d’endettement privé repartit à un rythme de hausse accelerée. Tout simplement, la Suède était encore loin d’être arrivée a son seuil d’endettement privé maximum et bénéficia d’un contexte international extrêmement favorable. Donc faibles pertes (a ce moment là).
      Si vous pouvez me garantir que les prix de l’immobilier, l’économie, et le niveau d’endettement des ménages va pouvoir repartir en flèche dés l’année prochaine, je peux aussi vous garantir que les pertes bancaires seront très limitées.

      Malheureusement étant arrivés à un taux d’endettement (privé+public) de l’ordre de 350% du PIB pour les pays de l’OCDE, (alors qu’on était qu’a 200% du PIB en Suède en 1991), et une bulle immobilière mesurée par rapport aux revenus des ménages presque du double qu’en Suède en 1991, je ne suis pas si optimiste.
      Ce n’est pas 2% du PIB que l’on va payer en pertes du système bancaire, mais plutôt de l’ordre de 100%.
      Et non, les pertes estimées pour l’Irlande sont loin d’être surestimées.

      C’est pas difficile à comprendre, plus haute est la bulle, plus grave sera la chute.

    2. La BCE n’a pour objectif que de garder des comptes et bilans positifs pour remplacer le dollar comme monnaie de référence mondiale, et ce, au regard de PEKIN délaissant les bons du trésor américains pour d’autres terres en avenir, voir l’Europe via l’Euro.

      La BCE, donc TRICHET, a à cet égard une vision mondialiste au détriment des nations et donc des peuples européens.

      DETESTABLE !!!!

    3. Et c’est quand même formidable d’écrire que c’est la BCE qui met l’Irlande dans une tés grande difficulté.
      Vous ne pensez pas tout de même que le fait que les investisseurs privés et le gouvernment Irlandais ont accumulés une dette extérieure de 2600 milliards d’Euros au cours des années de vaches grasses a quelque chose à y voir? Pour un pays de moins de 5 millions d’habitants, c’est pas mal quand même.

      L’Irlande a voulu attirer les capitaux étrangers en ayant le taux d’imposition sur les profits d’entreprise le plus bas d’Europe. Résultat elle s’est mise au centre de cette toile d’araignée qu’est le système financier mondialisé. Elle en a bien profité pendant les années de vaches grasses, maintenant que tout se retourne elle s’y retrouve empetrée comme un petit moucheron prêt a être dévoré vivant.

      Et bien sur, c’est la faute de la BCE ou des Allemands. Ils ont bon dos. C’est quand même pas eux qui ont décidé des taux d’imposiition Irlandais.

    4. « Et bien sur, c’est la faute de la BCE ou des Allemands. Ils ont bon dos. C’est quand même pas eux qui ont décidé des taux d’imposiition Irlandais. »

      Très bien vu, Chris.

    5. Quel que soit le niveau des pertes c’est bien sur le porteur du crédit immo qu’il faut soutenir , répartir , rallonger , déspéculer en cascade , cantonner , faire le travail quoi , le travail sérieux , et non casser la baraque , car la baraque est là , elle existe , faire payer ceux qui sont responsables du mauvais état des finances.
      Ceci est bien plus grave qu’une guerre car tout le monde est touché , dans une guerre vous n’avez qu’un obus tout les 50 kilomètres.

    6. chris06, suis suffoqué de voir comment dans notre pays, je ne connais pas les autres, on parle sans les chiffres, on juge sans les chiffres, comment nos médias, pour une raison que j’ignore ne citent jamais les chiffres réels.

      Vous me titillez alors je suis allé cherché quelques chiffres sur l’Irlande, la construction a représenté à son maximum 24% du pib en 2006 et autour de 30 milliards par an.

      En 10 ans, globalement en une quinzaine d’année, l’Irlande a mis 300 milliards dans ce secteur annoncé comme responsable de la crise, sommes loin de vos 2600 milliards n’est il pas

      La bulle irlandaise sur l’immobilier serait autour de 50%, soit une perte potentielle de 150 milliards, on commence à retrouver les chiffres annoncés actuellement.

      Comme vous le savez les banques aujourd’hui utilise un bras de levier de 30, en d’autres termes au delà de 3% de perte sur les dossiers qu’elles ont réalisés, elles n’ont plus de capitaux propres, nous sommes donc dans cette situation, donc l’état irlandais a décidé de se substituer aux actionnaires en garantissant le capital et en décidant d’emprunter, nous sommes dans la situation actuelle.

      Le budget irlandais tourne autour de 30 milliards, le PIB autour de 200, la france c’est globalement 10 fois plus, les prélèvements en irlande tournent autour de 33, en france autour de 46% voir plus, je cite de tête.

      Bref pour l’irlande il s’agit d’un investissement pour sauver les irlandais, en toute logique, mis à part ces sorties immédiates, l’irlande n’aura pas à réemprunter, de plus devenant actionnaire de ses banques elle peut espérer un retour sur investissement, son faible taux de prélèvement et d’imposition lui laisse des marges de manoeuvre.

      Comparez avec la France et vous verrez que la situation irlandaise est moins gravissime que pour notre pays, je vous ferai remarquer que la BNP représente plus que le pib de la France, sur la Grèce elle est mouillée de 50 milliards, ses capitaux propres sont virtuellement annulés par ce montant, ne suis pas certain Monsieur Cris que la situation de la Suède ne fut pas moins grave…

      Je vous l’accorde la situation actuelle n’a rien à voir avec celle de 1992 pour la Suède, je vous ferai cependant remarqué au passage que la crise du Japon date de la même période et ce me semble le Japon n’est jamais sorti de sa crise, je ne suis donc pas certain de votre théorie sur la valeur de l’exemple Suédois.

      Maintenant pendant que l’on parle de l’Irlande, on ne parle pas du joli déficit budgétaire de la France, vous avez sans doute remarqué que l’on parle de 150 milliards pour 2010 et sans doute pour 2011, nous sommes dans le même ordre de grandeur que l’Irlande, bien évidemment sommes plus nombreux, reste que pour les Irlandais, ils avaient auparavant un budget en équilibre ce qui n’est pas notre cas, de plus il faut savoir que ces 150 milliards pour la France représente 7% du PIB mais surtout 50% de notre budget, bref en 2 ans seulement notre pays aura un déficit égal à son budget annuel, ne trouvez vous pas que notre situation est bien plus grave que celle de l’Irlande…

      Mais je vous l’accorde, pendant que l’on parle de l’Irlande on ne parle plus de nous !!!!

    7. @Bourdon,

      si vous voulez voir le détail de la dette exterieure irlandaise vous trouverez ci aprés le document officiel du gouvernement irlandais:
      http://www.cso.ie/releasespublications/documents/economy/current/externaldebt.pdf
      (notez page 4 : Total foreign liabilities 2600 milliard d’euros)

      L’Irlande a fait bien pire que simplement gonfler sa propre bulle immobiliére. Comme elle avait le taux d’imposition le plus bas d’Europe, par des jeux de filliales et de transfer pricing elle a gonflé jusqu’à avoir un bilan extérieur équivallent à un pays 10 fois plus peuplé. Tant que la valeur des actifs (immobiliers et financiers de toute l’Europe) montent, cela fait une bonne manne pour le trésor Irlandais et les Irlandais eux mêmes qui peuvent se permettre de jouir d’un excedent et payer moins d’impots. Malheureusement quand les actifs baissent, le passif reste à son même niveau et cela fait des pertes monumentales.

      En bref, l’Irlande a eu les yeux plus gros que le ventre et les Irlandais ont cru aux miracles.

    8. @Bourdon,

      …et il ne faudrait pas dire n’importe quoi tout de même, que « la situation de ‘Irlande est moins gravissime que celle de la France »? Mais où avez vous rêvé cela?

      La situation financière de la France est mauvaise je vous l’accorde, mais il ne faudrait tout de même pas exagérer :

      dette extérieure (2009)
      France : 188% du PIB
      Irlande : 1004% du PIB (record du monde)

      déficit public (prév.2010)
      France : 8% du PIB
      Irlande : 32% du PIB (record d’Europe)

      Et vous savez trés bien que si la situation de l’Irlande était moins gravissime que celle de la France, les bons du trésor Irlandais ne demanderaient pas 6% d’interêts de plus que ceux de la France.

      Et vous me parlez du fait que la BNP représente plus que le PIB de la France en terme de bilan, comme si cela était absolument exceptionnel, mais mon cher Bourdon, je vient de vous en apporter la preuve, l’ensemble des institutions financières Irlandaises représentent plus que 15 FOIS le PIB de l’Irlande.

    9. Chris06, vos chiffres ne concernent que les dettes et ne prend pas en compte les actifs, bien évidemment on arrive à des chiffres monstrueux.

      Je vous réponds par 2 séries de chiffres officielles celles-ci, source IMF, besoins des gouvernements pour 2011, Irlande 37 billions $, France 570, Allemagne 430 Japon 3.285, USA 4.214

      Population irlandaise 4.5 et France 63, en d’autres termes les besoin de l’Irlande sont inférieurs à ceux de la France

      Total des créances étrangères 1er trimestre 2010 ,sur l’Irlande 844 milliards $ dont UK 220, allemagne 205 et France 85

      Juste vous dire que les chiffres que vous utilisez sont absurdes, quand bien même ma réflexion soit légèrement décalée, je persiste à dire que l’exemple de la Suède n’a pas été assez étudié, qu’il est vrai que la situation de l’Irlande n’est pas saine, mais très sincèrement celle de la France n’est pas superbe non plus.

      A travers mes mots, je ne cherche pas à tomber dans la sinistrose franco française, non juste remettre certaines choses en place, la situation des pays occidentaux est gravissime, la bataille financière actuelle est coupée de toute réalité, les états sont en faillite et les banques également, nous sommes à la veille d’une explosion et nous vivons les soubresauts d’une fin de civilisation.

      Juste cela que je veux dire, nous sommes impuissants et dans l’ignorance des chiffres réels et cela me désole de voir combien dans ce monde la vraie information est réservée à quelques élites.

      Je pensais que j’étais un adulte capable de réflexion et d’anticipation, je constate aujourd’hui que je ne suis qu’un esclave d’un système que plus personne ne contrôle et notre guéguerre est bien triste avouez le, je ne suis pas certain que quelqu’un sache aujourd’hui où nous allons réellement

      Bien le bonsoir

    10. Ceci est bien plus grave qu’une guerre car tout le monde est touché , dans une guerre vous n’avez qu’un obus tout les 50 kilomètres.

      ….ce n’est pas plus grave évidemment : les bombardés de Guernika (Bourg , un jour de marché, première population civile pratiquement exterminée en 1937 : Franco ayant fait alliance avec la légion Condor : retours en piqué jusqu’à ce que plus rien ne bouge, pour entre autre, tester ses méthodes !) de Londres, de Brest, de Dresde, du Vietnam, d’Irack, d’Afghanistan, de Palestine ….et j’en oublie , apprécieront !: ceux qui ont survécu sont mutilés, devenus fous, rendus sourds, traumatisés , enfants en pleine régression ….

      ..Mais, les « cols blancs » ayant « concocté » cette guerre économique sont responsables et coupables : les victimes « invisibles » sont déjà et seront nombreuses : à commencer par les Pays pauvres d’Afrique…
      les migrants, en nombre plus important, plus monte la misère, essayant de s’en sortir, faisant souvent le grand plongeon définitif …les gens qui meurent à la rue, dans nos riches cités
      ‘ parfois des travailleurs pauvres, + exemple, des *ouvriers indiens ayant été embauchés pour la construction des démentes tours de Dubai, avec le résultat qu’on sait : faillite bancaire : ouvriers virés du jour au lendemain, sans argent, sans aucune protection sociale …etc ,etc …
      * tiens les « nomades » chers aux neolib, mais pas chers payés, totons qu’on se refile, et qui représentants l' »autre », servent,de plus, de repoussoir, par le biais de certains politiciens répugnants…
      Vive la mondialisation, qu’ils disaient, pour la paix des peuples…et leur plus grand bonheur !!
      Ecoeurant !
      Ils vont encore nous servir leur discours de « poisson froid surgelé » !

    11. « J’ai l’impression que nous sommes dans le court termisme, l’argent dépensé aux USA pour compenser le défaut sur la totalité du prêt aurait dû être dépensé pour aider les débiteurs en difficulté, les aider en supportant la partie du prêt qu’il ne pouvait assumer, le résultat eut été que les américains seraient toujours dans leurs maisons, l’argent serait allé où il doit, à savoir aux créanciers, avec de multiples conséquences. »

      La mentalité américaine ne permet pas d’aider un « délinquant » sur ses remboursements, qui dispose de la possibilité de faillite personnelle : il rend les clés et c’est fini.
      L’idée des banques étant de récupérer la maison en partie payée dès que possible et de la revendre (plein pot bien sûr) + cher du fait de la bulle immo.
      Pour éviter une partie importante de la crise il aurait fallu comprendre dès le début que ce n’était pas seulement une crisette et qu’il fallait aider les gens, et ça personne ou presque n’y a cru. Bush a tenté une remise d’impôts mais n’a pas compris, par idéologie, que ce n’était pas le problème. Maintenant il est trop tard, le cercle vicieux est lancé.
      Les banques se retrouvent avec des millions de maisons quasi invendables quel qu’en soit le prix et autant qui arrivent (l’expulsion prend un certain temps).

      Sinon en effet aider l’emprunteur aurait été rationnel. Aux USA l’idée n’a jamais été de créer des conditions de vie stables pour la population, l’insécurité est un facteur de dynamisme, qui se paye cher mais c’est écrit dans le contrat : y a pas de voiture balai, c’est marche ou crève.
      En Europe aussi ce serait rationnel, et comme l’État est + que fauché, on pourrait imposer une diminution globale de 5% des remboursements (ou d’un mois) par exemple. Mais ce serait « voler » le capital des « pauvres » prêteurs (déjà en difficulté selon eux), pas bien, pas bien du tout…
      Ceux qui ont des maisons à vendre ne veulent surtout pas voir les prix effectifs baisser, même si leur prix sur papier est irréaliste, pour la plupart « pas vendu c’est pas perdu », surtout si leur maison sert d’actif pour autre chose.
      Pourtant je suis sûr que les prêteurs vraiment en difficulté seraient ravis d’oublier une ou deux mensualités s’ils en touchent 10 autres sur l’année plutôt que de devoir expulser un acheteur pour récupérer une maison invendable. Mais c’est « mal »…

  6. Amha, il semble que le problème soit plus gros que la solution, i.e 650 mds de $ d’obligations
    irlandaises détenues par les banques européennes, la part du lion détenue par les banques
    anglaises à 220 mds de $. On peut aussi envisager une solution qui provoquerait une crise politique de très grande ampleur, i,e le rachat des banques irlandaises par les banques nationalisées britanniques, lol

    En tous cas, sont ‘on the hook’ et virtuellement morts, et le PM irlandais, et l’Abbé Trichet, qui
    va sans doute nous inventer une solution hors la loi pour prévenir l’effondrement du système bancaire européen et de sa propre banque, et le tandem Merkel-Schäuble, qui risque fort de prendre la porte d’ci quelques mois et les élections partielles dans le Land du Bade-Würtemberg,
    ‘remeciés’par l’électeur et le contribuable allemand. Construie un château de cartes au dessus d’un autre est un exercice de haute voltige….

    1. @Chris06: votre remarque est parfaitement juste, mais vous oubliez que la Grèce, l’Espagne,
      l’Irlande, au titre des pays les plus pauvres, ont bénéficié d’une pluie d’aides et de subventions de la CEE d’alors: et que ces aides dans le cas de l’Irlande ont été ‘utilisées’ pour y favoriser l’implantation de sociétés ‘labor-intensive’, installations ‘subventionnée’ de fait Microsoft a ‘ouvert’ la voie, ensuite Dell, IBM et Google.Là c’est le socialiste Pascal Lamy qu’il faut remercier, d’ailleurs ‘remercié’il le fut , promu à la tête de l’OMC et l’homme a maintenant des étas d’âme.. Pensez-vous que sous le Commissariat de Mme N.Kroes, de telles pratiques auraient été autorisées ?

  7. Soit.
    Bon, on fait quoi , tout de suite et maintenant?
    J’ai l’impression qu’on est face à un accident grave à un carrefour et qu’on est entrain de décider de réaménager le carrefour, plutôt que de s’occuper de celui qui se vide de son sang!

  8. En attendant notre tour dans la tourmente …

    « Comment réagirait un investisseur privé à qui l’on demanderait d’investir dans une entreprise dont la dette représenterait plus de cinq années du chiffre d’affaires, dont les pertes annuelles seraient supérieures à la moitié du chiffre d’affaires, et dont les emprunts annuels dépasseraient le chiffre d’affaires ? Il fuirait. Telles sont pourtant les caractéristiques de la France d’aujourd’hui ».

    Jacques Attali, in Tous ruinés dans dix ans ? (Fayard)

    1. @bible : toujours le mot pour rire !
      Vous devez êtres une personne extrêmement riche pour défendre systématiquement le néolibéralisme !
      Et par conséquent, déconnectée de la réalité socio-économique française !

    2. Sauf que la France n’était en rien une SARL avant qu’elle ne remette sa tête sur le billot des marchés. Donc cette comparaison est impossible sauf à dire que les états ne sont plus que des PME face à la toute puissance de la finance.

    3. Stopper tout ? vous imaginez c’est remettre tous les compteurs à zéro : c’est se demander si on doit payer la baguette de pain : 0.95 cts d’euros ou 0.35 cts, cela serait retrouver le juste prix des choses, pas celui de But. Vous croyez que X ou Y est près à accepter qu’on lui dise vos prix, vos revenus, vos actifs, vos dépôts, votre épargne ne reflètent plus aucune réalité parce qu’on a mis trop de monnaie en circulation par rapport à la réalité économique et sociologique mondiale. ?

    4. Attali a aussi remarqué que, de nombreuses fois par le passé, la dette devenue insupportable a été répudiée par les princes ou rois confrontés à ce petit problème. Il leur suffisait en ces temps mouvementés de montrer leurs muscles ( leurs lansquenets) pour ramener à la raison quelques banquiers lombards par trop imprudents… Si on veut continuer à socialiser les pertes, on pourrait, on devrait à l’échelle mondiale les proportionner à la situation patrimoniale de chacun et appliquer une pénalité à tous ceux qui se livrés à ou qui ont facilité toutes sortes d’escroqueries.

  9. Dites moi toutes ces montagnes d’argent qu’on nous a soit disant preté d’ou vient il ?
    Est il réel ou virtuel . Est ce que ceci n’a été possible que parcequ »on a découplé le Dollar ou les autres monnaies de l’Or et fait fonctionner les planches à billets .
    Alors si nous sommes dans des chiffres tel que personne ne pourra jamais rien rembourser pourquoi ne pas stopper tout net et remettre le systeme monopoly à zero .
    D’accord ça va faire tres tres mal mais enfin depuis deux ans que j’essaie péniblement de vous suivre si j’ai bien compris on finira forcément au meme niveau sauf qu’entre temps on aura eu droit à des révoltes au retour du faschisme et au final de bonnes vieilles guerres très meurtrières ( vu la très haute technologie) .
    Humblement merci.

    1. Fabrication par les banques, assurances, fonds, toute l’ « industrie » financière de fabrication de papiers.

      Si vous avez une imprimante reliée à un ordinateur, vous pouvez aussi imprimer des prêts sur quelque chose que vous ne possédez pas encore, ou mieux, que vous ne posséderez jamais (le must).

      Cela repose simplement sur la croyance, soit, la crédulité.
      Essayez, vous verrez, ça fonctionne très bien.

    2. L’argent est réel puisqu’il faut le rembourser. D’ailleurs qu’est ce de l’argent non réel ? Ce serait de l’argent qui transcende les lois de l »économie, or précisément tout objet économique n’existe qu’à l’intérieur des marchés, de champs de forces économiques. Par conséquent il n’existe pas d’argent virtuel, mais à la retirer de l’échange économique. La virtualité n’a pas cours en économie. Tout ce qui est de l’ordre du marché est réel, pour paraphraser Hegel et ce qui est réel est échangeable, le reste n’est pas réel. La réalité est le marché, sauf depuis que les ordinateurs font du HFT et faussent les cours. A ce moment la, cela devient une escroquerie, – de la valeur virtuelle.

    3. Pourquoi on ne stoppe pas tout ? Je suppose que c’est un problème de dilution des responsabilités, ou plus grave, d’ennui, ou de suicide. Au fond ils veulent qu’on les débarrasse de leur charge, et de leur être. Ils suffoquent d’ennui, la crise les paralyse. Ils attendent la relève.

    4. Ils vient des bulles cet argent, les bulles c’est quand les bisousnours se mettent à croire que tout aura toujours infiniment plus de valeur demain, les requins font commerce avec les bisousnours mais savent se retirer avant Take the money and run et les bisousnours restent avec des montagnes de dettes parce que Demain n’est pas au rendez vous de l’infiniment plus de valeur, parce que les bisousnours ont encore cru au père noël, évidement dans le lot il y a bien quelques requins moins rapides que les autres qui se font prendre, mais la facture est pour le bisousnours par le simple fait qu’il est en plus grand nombre que celui des requins.
      Pourquoi les bulles parce que chez les requins de la BCE ou de la FED par exemple les actifs n’entrent pas dans le calcul de l’inflation, donc c’est une invitation permanente à la spéculation…

    5. Et de plus j’ajoute que serait le capitalisme sans les bulles et la spéculation sinon de l’artisanat et de la PME, c’est le propre du capitalisme de faire croire à son emblème: le père Noël.
      En fait, pour être riche, il ne faut pas avoir le bon produit, il suffit de faire croire que c’est l’exceptionnel produit, le seul talent à avoir c’est celui de faire prendre des vessies pour des lanternes…Le capitalisme n’est rien d’autre que du marketing.

    6. Cher Novice,

      Ici c’est le blog des pessimistes (un pessimite n’est jamais déçu!)
      Comme disait l’autre les pessimistes ont peut-être raisons mais les optimistes vivront.

      Ceci étant l’argent nest pas réél, de moins en moins… le ratio papier/matos réél s’élargit toujours plus. Il y a un sens très clair dans tout ceci. Lisez un peu ce que dit mon pote ET:

      Evolution – vers le virtuel
      Dans tous les mécanismes évolutifs, on voit apparaître, dès l’apparition des premier stades de ce que vous appelleriez conscience – mais qui ne l’est pas encore pour nous – le phénomène de virtualisation. Il s’agit, en l’occurrence, d’un terme beaucoup plus sophistiqué dans notre langue. Nous voudrions vous donnez ici quelques exemples qui concernent votre espèce.

      1 Science et recherche
      Votre approche scientifique des problèmes, malgré une pauvreté intrinsèque de conception tout à fait banale pour une espèce au sortir de l’ignorance, a effectué, depuis les années 80 un glissement préoccupant vers une très mauvaise virtualité.

      Jusqu’à récemment les améliorations de votre techno science ont été spectaculaires et le moteur des chercheurs était la simple passion pour faire progresser le bien-être de tous voir la défense d’un pays ou d’un idéal. Cette vision, très limitée, était déjà à ajuster. Mais quand, quelques dizaines d’années plus tard on peut remarquer que la motivation principale de la recherche est devenue l’argent, c’est à dire cette sempiternelle réaction pulsionnelle d’accumulation avide de biens, on peut affirmer votre recherche fondamentale a disparu.
      Il n’y a presque plus de recherche gratuite. La recherche fondamentale est toujours désintéressée.

      Comme vous êtes en plus dans une phase ou les modèles ( votre science ne fait que de présenter des modèles qui doivent correspondre une réalité x ou y 100) deviennent dictatoriaux, à l’instar des courants de pensée, votre recherche fondamentale tourne à vide depuis quelques dizaines d’années. Elle ne se fait plus que par des teams qui ont des objectifs et travaillent sur des pré-programmes et des pré-jugements. Elle a des oeillères. Il y a aujourd’hui certains chercheurs qui se sont mis la communauté scientifique à dos pour de simples raisons de pouvoir et d’appareil mais aussi, et, ce devrait être plus préoccupant pour vous, pour de vulgaires motifs psychologiques. Ce qui ne va pas sans nous étonner dans la mesure ou leurs travaux – reproductibles – paraissent, dans les balbutiements de votre science primitive, de nature à vous faire progresser. Vous devriez vous en préoccuper.

      Votre science et votre recherche, ancrées dans le réel, s’en éloignent beaucoup actuellement.

      2 Pouvoir
      Vos communautés ont traversé quatre périodes, grossièrement divisées comme suit.

      1 – Ere des tribus. Le pouvoir s’appuie principalement sur la force.
      2 – Ere des empires et des royaumes. Pouvoir héréditaire, partagé par des familles. Début de la notion d’état.
      3 – Ere des états-nations. Débutée en 1689 par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne. Le pouvoir n’est plus héréditaire, il est exercé par des dirigeants censés représenter le peuple, désignés lors d’élections ( état-nation démocratique ), ou par cooptation au sein d’une classe dirigeante unique ( état-nation totalitaire ). Début du pouvoir économique.
      4 – Ere des conglomérats économiques. Le pouvoir est transférés a des individus dont l’influence est intercontinentale principalement dans les domaines politiques, médiatiques et économiques.

      Ainsi l’espèce humaine est passée par ces ères successives ou chaque palier marque une forme de pouvoir toujours plus éloignée de la base des individus, plus diluée et abstraite. Les instances décisionnelles sont représentées par un nombre de personnes qui se réduit à chaque étape. Il y a là un grand risque de déconnexion de la source.

      3 Objets, supports externes et décors
      Vous avez commencé par confectionner des outils, des peintures rupestres.. puis des habitations, des effigies. Ensuite l’écrit, le papier, l’imprimerie, les supports magnétiques et numériques pour le stockage digital.
      Ces objets, supports concrets et effectifs de la vie de tous les jours, sont devenus, progressivement pour une partie d’entre eux, ce que nous appelons supports de communication puis, décors.
      Nous avons donc ici deux poussées parallèles vers le virtuel. Les supports et la fonction des supports ( décors ).

      4 Poids
      L’expansion de la grégarité et des méthodes techniques on conduit l’humain à être de moins en moins occupé physiquement. Dans notre terminologie c’est une diminution de poids.

      5 Guerre, mort et armée
      De tout temps les conflagrations entre ethnies ont pesé très lourd sur les populations civiles mais vous êtes aujourd’hui à un point ou, la simple mort d’un soldat est très mal supportée par les opinions publiques. Ces dernières nous paraissant comme trop canalisées par les médias-reflets de la pensées dominante. De fait, en début de ce troisième millénaire, l’armée est un des endroit ou vous risquez le moins de mourir.

      6 Argent
      L’argent – plus précisément le vecteur d’échange entre les hommes – est peut-être la démonstration la plus parlante pour votre espèce. En tout cas celui que vous comprendrez le mieux, du concret allant vers le virtuel. Vos ancêtres ont débuté par les violences, vols et autre actes primitifs non institutionnalisés… pour passer par le troc. Ensuite les valeurs d’échanges se sont installées, qu’elles soient simplement matérielles comme des animaux puis un peu plus symbolique comme certains métaux qui sont devenus, de fait, toujours plus précieux. Vinrent ensuite les papiers valeurs… billets et monnaies, chèques, cartes de crédits, Internet. Aujourd’hui vous anticipez sur les profits à venir.

      etc, etc…

    7. L’argent de la Fed vient de nulle part, il est inventé par la fed, mais il faudra lui rembourser quand même.
      Actuellement il y a une once d’or pour 54 000 dollars en circulation, mais il ne cote que 1350$, la différence tient de la confiance qu’un dollar vaudra toujours un dollar dans l’avenir.

      Ceux qui détiennent beaucoup d’argent ne veulent pas se retrouver à la rue, ce qui arriverait si on annulait tout, et comme ce sont eux qui décident via les politiques qu’ils conseillent…

      La différence entre arrêter tout de suite ou attendre que tout s’effondre plus tard c’est que plus tard ce n’est pas maintenant, ceux qui sont aux commandes ont un avantage personnel à laisser la situation telle quelle : z’ont pas envie de finir à l’ombre.
      Les troubles sociaux sont inévitables, les guerres et le fascisme le sont.

    8. @ Imhotep Obama : D’où est extrait ce que vous écrivez dans votre réponse du 18 novembre à 18:31 (intervention 13) ?

    1. Et le plus drôle au le plus triste de cette histoire, c’est que la richesse des uns ne vient que de la faillite des autres qui ont payé trop cher des choses qui ne le valaient pas.
      Et bien sûr maintenant ceux qui ont profité en le sachant ou ne le sachant pas refusent une remise arrière aux autres…SELON le bon vieux principe moi d’abord selon le non plus évident principe de la société actuelle après moi le déluge…

  10. On entend à longueur de journée: « les marchés veulent que… », « les marchés sont inquiets… », « les marchés sont nerveux… » . Qui sont les marchés, ou plutôt ce Deus ex machina qui gouverne nos destins. Des fonds de pension pour retraités américains en Floride ?, des spéculateurs internationaux comme G.Soros ou Warren Buffet? , des fonds souverains (arabes ou chinois…)?, des fonds spéculatifs (Hedges fonds)?, si j’en oublie merci de compléter. J’aimerais donner si ce n’est un visage, un peu de consistance à ce fameux Dieu des marchés.

    1. Guess What !

      Les marchés, c’est nous, c’est chaque centime qui est sur un compte bancaire ou sur une assurance, c’est nos cotisations comme nos impôts ect… C’est la CNP comme la Caisse des dépôts et consignations, c’est l’ensemble de vous moi, des institutionnels, des français comme des étrangers,c’est les riches comme les pauvres, c’est la monnaie puis la monnaie avec effet levier, les marchés c’est la nouvelle représentation des cavaliers de l’apocalypse, c’est l’enfer de Dante (http://docteurjp.free.fr/dante/enfer.htm), c’est tout cela les marchés…

    2. Ce sont surtout ce que les politiques ont voulu en faire : une pieuvre qui tient nos existences par tous les bouts. Il n’était écrit nulle part que l’UE devait se fonder sur le néo-libéralisme américain. D’autres régimes politiques s’en sortent mieux en refusant de vendre leur âme au diable.

    3. Les marchés sont parfaitement identifiables, s’ils ne sont la plupart du temps pas identifiés. Dire que nous sommes tous partie prenante du marché, c’est noyer le poisson et nous enfermer dans un raisonnement sans issue: « comment les punir, puisque c’est nous? ».

      Il n’est donc pas innocent – puisque nous en sommes à la culpabilité – d’évoquer les marchés en général.

      C’est qui, les décisionnaires des marchés? Il ne faut pas chercher bien loin, ce sont tous les gros investisseurs financiers: banques sous toutes les formes, assurances, gestionnaires de fonds de pension et d’assurance-vie, etc…

      Quand on parle du marché obligataire, ce sont aussi les banques centrales.

  11. Monsieur Leclerc.

    Il est rare et de toute façon exceptionnel que je reconnaisse des mérites car mon obsession du travail fait de moi un kamikaze exclusif à fuir impliquant de faire subir à toute personne hors meute un cassage figuré en règle. Et cruel car agressif et sans pitié.
    Je reviens ainsi sur votre réflexion d’absence d’aide.

    Dites ce qu’il vous faudrait, vous trouverez en moi et en d’autres des soutiens parfois dérisoires mais de bonne volonté.
    A plusieurs, ça marche mieux.

    1. Ce blog est déjà un travail d’équipe !

      Puisque vous proposez votre aide, vous pourriez chaque fois que vous en avez l’occasion, ou bien en cherchant à la créer, signaler par un lien les études ou articles qui vous paraissent apporter un éclairage intéressant sur le sujet d’un billet.

      Certains pratiquent très régulièrement ce journalisme de liens sur le blog, pour le bénéfice de tous. En suivant des publications ou en allant fouiner sur Internet.

    1. Il a vu tellement juste qu’il vous propose un corner sur la guerre des monnaies.
      Des conseils en or lorsque l’on sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

      La BCE va bientôt nous annoncer son QE1, histoire de suivre toutes les autres zones économiques du monde.
      Elle n’a pas trop d’autre choix, non plus.
      Groupir. Rester groupir.

      Ceci dit, à titre personnel, j’ai un jour relevé la tête et me la suis fait partiellement coupée…
      Mouton un jour…

    2. Les allemands ne veulent PAS d’inflation, donc de fabrication d’euros à partir de rien. Ce n’est pas à discuter, c’est NEIN! et c’est définitif. Les allemands accepteront peut-être un jour s’ils ont besoin d’aide mais si eux craquent, c’est qu’il ne restera personne pour les aider. Et ce n’est pas demain qu’ils apprendront à dire s’il vous plaît en chinois.

  12. Tel que c’est décrit un peu partout, tout cela a l’air bien dramatique, certes, mais pourtant j’ai du mal à mesurer la gravité de la situation… De toutes les façons, l’Irlande va accepter qu’on sauve soit ses banques, soit ses finances, non ? Alors Jouons-nous à nous faire peur ou le dernier acte de l’Europe et de l’Euro zone se joue-t’il en ce moment ? J’ai tendance à me dire que s’il y avait véritablement un risque d’effondrement de l’édifice, Jean-Claude Trichet n’en parlerait pas si ouvertement dans les journaux… ou alors tente-t’il de mettre la pression sur l’Irlande de cette façon ? Je n’en sais rien, je n’ai plus d’avis, même plus d’opinion… je trouve juste tout ce suspens un peu louche.

    1. @Joseph C

      Moi aussi je trouve çà louche.
      Pendant que l’on parle de l’Europe à tour de bras, on ne parle pas des USA (noté AAA). Tu parles Charles !
      La situation là-bas, est bien plus grave que celle de la grèce etc…(me semble-t’il).
      Les médias (je ne parle pas de ce blog que j’adore), font des copier/coller.

    2. Les agences américaines notent les USA AAA, les chinois la notent A+, ce qui paraît + correct.

      Les irlandais seraient fondés à envoyer paitre l’euro et ses saints pour dévaluer de 50% et être tranquille. Parce que là, entre les solutions habituelles du FMI, de l’UE, de la BCE y a de quoi avoir l’impression de redevenir une colonie comme du temps des anglais, et ça les irlandais n’aiment pas, ils en ont gardé un très mauvais souvenir.
      Les anglais seraient encore plusse ruinés, et pas mal de pays, dont l’Allemagne et la France seraient obligés de se sauver eux-même faute d’avoir voulu sauver un autre à moindre coût.
      Évidemment ce serait le début d’un effondrement en chaine : Portugal, Espagne, Grèce, Italie, France… ne resterait dans l’Euro que l’Allemagne et sattelites.

  13. Et maintenant ça va être le tour de l’Espagne, dont tout le monde est d’accord pour penser que si elle tombe, tout le système financier d’abord européen et après mondial, ferait faillite:

    « Ni Irlande, ni Portugal: aux hedge funds seul les préoccupe la chute de l’Espagne ».

    http://nocache.cotizalia.com/noticias/hedge-funds-temen-caida-espana-demasiado-20101118-61318.html

    L’article raconte que selon Bridgewater, le plus grand ‘hedge fund’ du monde « il y a un risque élevé que l’Espagne ne puisse plus vendre la dette dont elle a besoin pour financer son déficit ». Selon eux les CDS devraient être plus près des 650 points de base que des 260 actuels. Et selon les données du Crédit Suisse, 650 points serait le point de non retour.

    1. effectivement, le gros point nevralgique de l’europe aujourd’hui est l’espagne(/portugal).

      Si le systeme bancaire irlandais s’effondre, se sont les investisseurs anglais qui morflent (et dans une moindre mesure les allemands et les etats-uniens).
      Si le systeme bancaire espagnol s’effondre, le systeme bancaire francais s’effondre dans la foulee, puis de facto les autres systemes bancaires europeens. A partir de la, bin … faudra penser a recreer une nouvelle monnaie (si les etats sont encore debouts).
      Si on ajoute aux problemes intrinseques du systeme bancaire espagnol le fait que celui-ci est sous la menace directe d’un effondrement du systeme bancaire portugais (si le portugal tombe, l’espagne tombe, …), cela donne le vertige.

      Seules 2 solutions s’offrent a nos politiciens:
      _ financer les dettes par de nouveaux credits (instable, immoral et inefficace)
      _ effectuer de facon multi-laterale et organisee une restructuration des dettes etatiques
      La meilleur solution est sans contexte la seconde, mais etant donne l’opacite du systeme du systeme bancaire/financier, la premiere est plus facile et plus rapide a mettre en place. Comme le montre M Leclerc, s’est vers cette solution que nous nous dirigeons …

    2. Jouer contre l’Espagne serait donc un « suicide collectif » des hedge-fund. Je pense donc qu »ils » misent plutôt sur un méga « bailout » du style de la FED mais par la BCE.

    3. c’est la théorie de Marc Fiorentino (sur BFM Radio du 19/11/2010) : les Hedge Funds sont en train de préparer leur attaque sur l’Espagne! (comme Soros sur la Livre en 92?)

  14. « Les opérateurs parient sur une issue positive des discussions entamées pour résoudre les problèmes de l’Irlande. La tenue dans le vert des marchés asiatiques et l’IPO de GM alimentent par ailleurs l’optimisme ambiant. Résultat: tous les compartiments d’Europe mènent une progression comprise entre 0,50 et 3,06 %. » (http://www.lecho.be — 18 novembre 2010)

  15. « Après « Capitalism : a Love Story », le brûlot de Michael Moore, « Moi, la finance et le développement durable », de Jocelyne Lemaire-Darnoud et « Cleveland contre Wall Street », de Jean-Stéphane Bron, « Inside Job » en remet une couche.
    […]
    On attendait donc beaucoup de ce documentaire tourné dans le monde entier. Il ne déçoit pas. Efficace et corrosif, il retrace de façon spectaculaire l’effondrement du système de dérégulation voulu par le lobby bancaire, mis en place par l’administration Reagan et poursuivi par ses successeurs, y compris démocrates. Lobby qui continue à oeuvrer sous le règne d’Obama, selon Ferguson.

    Le casting de ce documentaire est éblouissant. A commencer par Nouriel Roubini, « Doctor Doom » (Docteur Catastrophe ») qui avec d’autres -Allan Sloan à « Fortune », Raghuram Rajan, alors économiste en chef du FMI, ou Charles Morris, auteur de « The Trillion Dollar Meltdown » (« La Déconfiture à mille milliards de dollars » -avait annoncé la crise. Il y a aussi les habitués des colonnes des journaux financiers dont les noms sembleront familiers aux lecteurs des « Echos » : George Soros, Paul Volcker, Martin Feldstein… Il y a des politiques de haut vol parmi lesquels Dominique Strauss-Kahn et Christine Lagarde, particulièrement percutants. Il y a des anciens dirigeants de Lehman Brothers et d’anciens responsables de l’administration Bush. Il y a même un professeur d’université, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, embarrassé, qui a écrit un rapport faisant l’éloge du secteur financier islandais, en 2006, pour lequel il a reçu 12.400 dollars de la chambre de commerce d’Islande.

    Malgré l’ampleur de la catastrophe et la cupidité irresponsable des acteurs de cette faillite collective « personne n’est allé en prison », note Charles Ferguson. Ah ! si : Kristin Davis, une entremetteuse pour banquiers d’affaires ; elle a tiré quatre mois de prison à Riker’s Island pour incitation à la prostitution. »

    http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/sorties/cinema/020931599161–personne-n-est-alle-en-prison-.htm

  16. Le décompte de Bloomberg a de quoi faire frémir. Les actifs de BNP Paribas ont augmenté de 34% sur les trois dernières années, pour atteindre 2 240 milliards d’euros… soit plus que les actifs de Bank of America (la plus grande banque américaine) et de Morgan Stanley réunis ! Et, surtout, plus que le produit intérieur brut français !
    Bloomberg affirme aussi que l’exploit de BNP Paribas a été rendu possible par la nonchalance du législateur français, qui se moque totalement de la régulation bancaire, en flagrante opposition avec les envolées lyriques de Nicolas Sarkozy…

    http://www.bloomberg.com/news/2010-11-03/bnp-grows-to-biggest-bank-as-france-says-size-doesn-t-matter.html

    http://www.lesmotsontunsens.com/les-actifs-de-bnp-paribas-depassent-le-pib-de-la-france-8423

    1. Mais oui, tout cela, avec le commentaire plus haut de Pablo, est dans l’ordre, ou plutôt le désordre, des choses : l’Etat et le contribuable à la disposition des banques et des banquiers.
      Mais, en ce bas monde, tout (sans aucune exception) a une fin, et en l’occurence cette fin approche : peut-être ne serons-nous pas matériellement gagnant mais au moins tâchons d’y trouver une nouvelle liberté.

      Cdt.,

  17. La bande-annonce de « Inside job » de Charles Ferguson

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19151934&cfilm=180398.html

    Synopsis : La dépression mondiale, dont le coût s’élève à plus de 20 000 milliards de dollars, a engendré pour des millions de personnes la perte de leur emploi et leur maison. Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l’émergence d’une industrie scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire. Narré par l’acteur oscarisé Matt Damon, le film a été tourné entre les Etats-Unis, l’Islande, l’Angleterre, la France, Singapour et la Chine.

  18. « Il ne fallait pas nationaliser les banques en leur injectant des fonds, mais les laisser tomber ». Autant dire une révolution culturelle dans la sphère financière (tout comme l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix). Cela ne se fera certainement pas volontairement. On approche peut-être du moment de vérité: l’apparition, comme par magie, des pertes cumulées du système et le choix du payeur en dernier ressort. Cela doit normalement signifier le retour du politique…

    A-t-on des détail sur les termes de la propostion de l’UE à l’Irlande (le soutien de l’EFSF conditionné à la prise en charge de la dette par le budget irlandais) ?

  19. Un autre éclairagesur les réticences du gouv. Irlandais:
    http://www.nytimes.com/roomfordebate/2010/11/17/should-ireland-accept-a-bank-bailout/an-austere-future-ahead

    « The current Irish government have to date made every effort to avoid disclosing to the citizens of Ireland the true nature of the crisis, clearly in an effort to maintain their political power and avoid the possibility of accusations of complicity in this financial meltdown.

    Further research needs to be done to peel away the layers of cover up and mendacity which have been a long time feature of the close relationships between various developers, investors, banks and banksters, with the politicians who today are still powerful figures running the Republic of Ireland; the proverbial foxes in the hen house, in spades. »

  20. Dans l’émission de France Culture à plus d’un titre de cette semaine, il y a une très intéressante interview d’ Alain Supiot à propos de son livre » l’esprit de Philadelphie » -le Seuil- on se rend compte que la crise est aussi et même avant tout morale. Croire que sa résolution pourrait venir de mesures techniques ne peut que conduire à une tragique impasse. Seule la probité gage de la confiance ( qui est le fondement de l’économie de marché et même plus généralement de la possibilité de l’ existence en société- très bonne réflexion introductive de Dominique Schapper aux rencontres de Pétrarque de cette année à ce propos) peut apporte un début de résolution à cette crise

    1. Oui et comme nous assistons à une banalisation progressive de la violence et du cynisme décomplexé, le tout répété sans cesse par tous les médias; il semble que nous ne soyons pas sur la voie de la résolution de ces crises .

    2. C’est aussi le point de vue de Bernard Stiegler, et peut être même au-delà de la morale, une victoire involontaire de la « prolétarisation » des savoir-faire, de la société pulsionnelle, de la déliaison des pulsions…

    3. Si l’expression « crise morale » est une autre façon d’écrire « douleur des remises en questions » elle est salutaire et bienvenue.

    1. Pour ma part, je trouve « amusant » de constater que le lancement du QE2 coïncide avec cette nouvelle crise de la dette des PIIGS.

      C’est comme s’il y avait manipulation des marchés afin de détourner l’attention des problèmes fédéraux US et de ceux des états US (certains en sont à un niveau pire que celui des PIIGS).

      C’est particulièrement visible sur l’EURUSD qui semble avoir été très fortement shorté, sans compter les spreads sur la dette des PIIGS.

      Quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, on a raison de penser ce qu’on pense…

    2. L’EURIBOR, quelle que soit l’échéance (1W, 1M, 3M, 6M, 12M), est en franche baisse (surtout à court terme).
      Il a (toutes proportions gardées) joué au yoyo depuis quelque temps, mais sans atteindre l’ampleur de la crise Lehman Bros.

      On dirait donc qu’en intra-européen, le problème de l’Irlande (et des PIIGS par extension) ne concerne pas directement la confiance qu’ont les banques entre elles.

      En extra-européen, c’est le contraire (spreads sur la dette).

      Comme qui dirait: « Etonnant, non? »

    3. @ Boson :
      Je voudrais pas dire mais y a des féroces soldats qui font rien qu’à mugir dans nos campagnes …
      Quand au mois de mars, je serais étonné qu’il passe l’hiver.

      😉

  21. Bon, si je comprends bien, la solution est en fait simple:

    On laisse à toute banque un choix:

    1) soit elle se met sous la protection de l’Etat
    – qui garantit les comptes courants à hauteur de 50k€
    – qui sépare les « bons » actifs privés (!!!) de la banque à hauteur de cette garantie
    – qui crée une nouvelle banque privatisée avec ces actifs et ces comptes
    – le reste, y compris les dettes publiques, est vendu aux enchères (valeur estimé à 10-20%)

    2) soit elle se démerde, mais si elle fait faillite retour au cas 1) avec la justice sur le dos

  22. A lire les commentaires, étonnant de constater que beaucoup n’ont pas compris que la défaillance des « bad bank » ne ruinerait pas que les « soi disant spéculateurs »… Ces gens qui appellent aux solutions expeditives n’ont pas encore compris dans quoi est placé leurs assurances vies. Amusant.

    1. si, on a très bien compris, sauf que 90% des gens n’ont pas d’assurance vie. Ceux qui ont des assurance-vie et assimilés sont des rentiers, qui pensent pouvoir gagner de l’argent sans travailler.

      C’est *vous* qui ne comprenez pas que pour la plupart des gens, les banques ne servent qu’à 2 choses:
      – tenir leur comptes courants
      – faire des prêts, immobiliers pour la plupart

      Les « produits financiers » sont de l’usure, interdite par la plupart des religions, la plupart des systèmes, et qui a été à l’origine de nombreuses f catastrophes sociales.

  23. Signe que le moment est grave, en Espagne les banques (poussées par le Banco de España) reconnaissent que ce qu’elles ont fait jusqu’à maintenant pour résoudre « la crisis del ladrillo » (de la brique) n’a servi à rien et qu’elles doivent adopter des mesures plus radicales et douloureuses pour éviter que la crise actuelle ne finisse en décennie perdue comme au Japon.

    Elles reconnaissent publiquement aussi que les perspectives pour 2011 et 2012 sont très mauvaises. Et quand on sait que les prêts hypothécaires représentent en Espagne 55 % des bénéfices du système financier espagnol, on comprend l’urgence qu’il y a à agir.

    Une des solutions proposées serait la création d’une bad bank avec les 181 Mds € d’actifs problématiques que possèderaient les banques, à fin d’organiser la faillite des entreprises immobilières non viables et la vente, à des prix bradés par rapport aux actuels, du million et demi d’appartements « en venta » qu’il y a en Espagne.

    http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/banca-solucion-inmobiliario-precio-20101119-61338.html

    1. Bonjour Pablo,

      Je suis allée voir le lien que vous avez fourni l’autre jour sur les prix immobiliers en Espagne.
      Je suis restée stupéfaite car dans l’ensemble les prix restent encore très hauts.
      Bien sûr, il y a évidemment pas mal d’offres à des prix relativement bas, mais dès que l’on consulte la zone géographique concernée, on s’aperçoit qu’il sont situés dans des no man’s lands où j’imagine personne ne souhaite résider.
      La grande braderie sera t’elle suffisante ? Je demande à voir ….

    2. @ Enigma

      Eh oui, la Grande Correction n’as pas eu lieu encore, loin de là… Mais pour les banques ça devient de plus en plus difficile de tenir. Les acheteurs potentiels (j’en connais) attendent tranquillement la Grande Braderie et ceux qui sont pressés obtiennent des rabais très importants très vite – ou des cadeaux, genre une voiture pour un studio acheté à Málaga il y a quelques semaines.

  24. Selon des sources proches des milieux officiels, le paquet pourrait s’élever à environ 80 milliards d’euros sur trois ans. La tranche européenne, la plus importante, serait assortie d’un taux de 5 % à 5,5 %, comme pour la Grèce. Celle du FMI s’établirait entre 2,2 % et 2,8 %.

    De ces quelque 80 milliards d’euros, environ 20 milliards seraient réservés au renflouement des cinq banques irlandaises en détresse. Le gouvernement a déjà déboursé pour elles 11 milliards d’euros en cash et pris des engagements pour 31 milliards. Il y a peu, Dublin avait chiffré à 50 milliards d’euros étalés sur plusieurs années la somme nécessaire pour sauver son système financier. Aujourd’hui, au dire de Brian Devine, analyste chez NCB, en raison notamment de l’aggravation de la crise immobilière de l’île, cette somme aurait grossi de 10 à 20 milliards d’euros, à 60-70 milliards d’euros.

    Environ 60 des 80 milliards d’euros iraient renflouer les caisses de l’Etat. Ses liquidités disponibles à ce jour seraient de l’ordre de 12 milliards d’euros, estime l’expert. Des 60 milliards d’euros destinés au gouvernement, 16 milliards seraient consacrés au remboursement des obligations d’Etat qui arriveront à maturité d’ici à la mi-avril 2013. Dans ce dispositif, la part belle, comme dans le cas de la Grèce, reviendrait au mécanisme européen de sauvetage et au FMI.

    Les Echos

  25. Le chômage et l’inflation augmenteront, prédit Warren Buffett
    lesaffaires.com . les affaires.com . 18-11-2010 (modifié le 18-11-2010 à 21:21)

    Tags : Chômage, Économie, États-Unis, Inflation, Warren Buffett

    L’économie américaine s’en tirera, mais, entre-temps, le portrait est loin d’être rose, selon l’entrevue qu’a accordée Warrent Buffett à la chaîne CNBC. Si l’on se fie au populaire gestionnaire, le taux de chômage pourrait encore augmenter et l’inflation pourrait devenir pire qu’elle l’a été dans les années 1970.
    L’économie est dans un piètre état. De tous les scénarios envisagés par M. Buffett, le pire s’est avéré. «L’économie a pris le fossé, a-t-il dit. Non seulement l’économie a ralenti, mais de nombreuses personnes ont changé leurs habitudes comme je ne l’ai jamais vu.»
    M. Buffett craint également un retour de l’inflation. Les efforts actuels pour revigorer l’économie risquent d’amener un retour de l’inflation, et d’une intensité pire que celle qui sévissait dans les années 1970.

    Malgré ce portrait pessimiste, M. Buffet a foi en l’économie de son pays. «Tout ira bien : nous avons la machine économique la plus performante créée par l’homme», affirme-t-il.

    M. Buffett a aussi appelé les Américains à mettre un terme au conflit partisan. Il a comparé la crise économique à une guerre, et il croit que ses compatriotes doivent s’unir pour venir à bout de ce contexte difficile.

  26. Inflation contrôlée ou hyper inflation
    Auj. à 08:49

    Le président de la Fed aux États-Unis tente par tous les moyens de faire monter les prix. Pour y arriver, il imprime de la monnaie, qui sert normalement à acheter de la dette américaine. Il en résulte une injection d’argent dans l’économie. Cette tactique pose certains problèmes d’interprétation chez les investisseurs. Certains confondent ‘‘dépenses du gouvernement (qui est une dépense réelle)’‘ et ‘‘impression d’argent’‘.

    Pour mieux comprendre la stratégie de Bernanke, on peut établir un parallèle avec le jeu Monopoly. Admettons que le banquier du jeu décide du montant à allouer chaque fois qu’un joueur passe ‘‘GO’‘. La version traditionnelle prévoit 200$, et le terrain le plus cher s’avère la Promenade, à 400$.

    Or, laissons le droit aux joueurs de négocier le prix des terrains. Quant au banquier, il souhaite faire augmenter le prix de ces terrains afin de créer de l’inflation, mais personne n’achète. Tous les joueurs conservent leurs liquidités. Le banquier se dit alors que peut-être que les joueurs attendent d’avoir davantage d’argent avant d’acheter. Il élève donc le montant payé à ‘‘GO’‘ à 500$. Verser plus d’argent est un jeu d’enfant pour le banquier : c’est lui-même qui fabrique ses propres billets!

    Cependant, aucune réaction : les joueurs ne veulent pas risquer leur argent en achetant des terrains, puisqu’ils sont incertains de leurs valeurs futures. Le banquier va donc plus loin en octroyant 5000$ pour tous les passages à ‘‘GO’‘. Et les joueurs encaissent de gros montants. L’argent s’accumule. Ils ont des grosses piles de monnaie devant eux.

    Que risque-t-il de se passer si les joueurs décident tout à coup d’acheter? Ils auront tellement d’argent que les enchères seront énormes. Peut-être que La Promenade sera acquise au coût de 100 000$, alors que le prix initial était fixé à 400$. Si tout le monde détient 1 million de dollars, une surenchère de tous les terrains s’avère inévitable, puisque le prix de ceux-ci doit augmenter afin d’équilibrer l’offre et la demande.

    Lorsque Bernanke décide d’acheter de la dette américaine en imprimant des billets, le pays se retrouve avec davantage de liquidités. Tant et aussi longtemps que les investisseurs détenant ces masses colossales de liquidités ne bougent point, l’effet demeure bénin. Cependant, la confiance envers les marchés reviendra tôt ou tard. Un problème tout aussi grave pourrait alors survenir : une inflation difficile à contrôler.

    C’est pourquoi le président de la fed doit demeurer prudent, en tentant de contenir la déflation en utilisant le moins de liquidités possibles. Il ne sait pas quand la tendance se renversera.

    Le jeu de Monopoly possède un avantage par rapport à la Fed : le salaire gagné au passage à ‘‘GO’‘ est fixé par le banquier (dans notre version flexible du jeu). Or, dans la réalité, les salariés demanderont toujours plus d’argent si l’inflation grimpe, ce qui pourrait créer ce que l’on appelle une ‘‘spirale inflationniste”, ou encore, une ‘‘inflation galopante’‘. C’est donc tout un défi pour M. Bernanke!

    P.S.: dans l’exemple de la Promenade, M. Bernanke souhaiterait probablement qu’elle se transige à 500$ au lieu de 400$, mais certainement pas à 100 000$. S’il existait un remède miracle pour créer de l’inflation modérée, il l’utiliserait sur-le-champ.

    Patrick Thénière et Rémy Morel
    Les Investigateurs financiers

  27. Dans les années 70, il n’y avait pas encore ces milliards de salariés low cost.
    Quid des assurances vies, aujourd’hui le chemin est l’inverse :
    ce sont les sortant qui ont les revenus, les entrants c’est mille fois moins.
    de plus elles partaient avec des rendements haut pour aller vers le bas aujourd’hui
    si l’inflation revient les taux aussi remonteront on aura donc des stocks d’obligations à la vente pour payer les sortants qui ne vaudront pas leur valeur du terme au vu des nouvelles mieux rémunérées, c’est donc le chemin inverse de 1970.

    ça va donner quoi ? sinon de la stagflation et du chômage structurel, vous aller la relancer avec quoi l’économie ?

    Je vois plutôt dans la planche billet de nouvelles bulles en formation qui finiront par exploser dans les émergents, les émergents sont tous des irlandes et des islandes en puissance dans un tel schéma même si ils ont des matières premières car il n’y a aucun équilibre qui se profil dans ce monde là

  28. Ok Monsieur Leclerc sur les marchés et le rôle des institutionnels sauf que déjà en politique avec des soit disant élus on ne décide rien en tant que citoyens il n’y a qu’à voir comment a fini le référendum, alors avec des non élus comment les contraindre à de l’étique?

  29. Le problème est beaucoup plus complexe que ceci, et je pense que ni François ni Paul ne me contrediront.
    Ce problème tient à l’imbrication du système bancaire.

    Je vais prendre un simple exemple:
    (Je suis (entre autres) architecte fonctionnel, et les deux cas évoqués ci-dessous sont bien réels)
    Fait 1: NATIXIS a externalisé son usine crédit et sa monétique (autrement dit son coeur de métier) chez CETELEM. NATIXIS=Groupe BPCE, CETELEM=Groupe BNP-P. Je trouve étonnante cette démarche, car personnellement je n’aurait pas externalisé mon coeur de métier chez un concurrent direct, mais là n’est pas le coeur du débat…
    Fait 2: Le Crédit du Nord (CDN, Groupe SocGen) diffuse des produits d’assurance-vie de BNP-PA (BNP-P Assurance, autrement dit CARDIF).

    Imaginons que BNP-P soit en en défaut. Quel impact sur SocGen (CDN) et sur BPCE (NATIXIS)?

    Mettre en oeuvre cette séparation goodbank/badbank va demander au moins un an d’audits et largement au moins autant de mise en place. Autrement dit, avec les retards inévitables, une latence prévisible de trois ans.

    D’autre part, l’écheveau interbancaire qui a été tissé est tellement complexe que si l’on s’attaque à une banque, alors on s’attaque à toutes (ou presque). Il est donc nécessaire de voir la chose globalement.

    Encore une fois, je pense qu’il est nécessaire d’avoir une décision internationale, car une nation seule n’arrivera pas à mettre ceci en place…

    1. Dans tous les cas de figure, la pelote financière est indémêlable… Parlons-en avec ceux qui gèrent la faillite de Lehman Brothers.

      Peut-être pourrait-on prendre conseil auprès des ingénieurs chargés de concevoir le démantèlement des réacteurs nucléaires, en terme de complexité équivalente des problèmes, pour lesquels l’expérience apporte peu de solution ?

      Un article de Gillian Tett, dans le Financial Times de ce matin, s’étonnait faussement de l’absence d’études sur le « shadow banking », dont la dimension et la complexité n’ont rien à envier à la finance de la lumière (par opposition à celle de l’ombre).

      Il a donc du pain sur la planche pour les économistes, la seule expérience sur laquelle il est possible de s’appuyer étant que la complexité des problèmes – réelle par ailleurs – est souvent invoquée comme synonyme d’impossibilité… Par exemple, à propos de la taxe sur les transactions financières.

    2. FAUX-FAUX-FAUX -ARCHIFAUX des contrats existent entre toutes entités.
      Pour parler des crédits hypothécaires , aller au cadastre , relever les écarts de spéculation , faire un prorata de répartition entre anciens et nouveau porteur , redéfinir le nouveau prix déspéculé par un juge.
      Marcel à vendu 100 à André qui a revendu 120 , qui à revendu 140 , qui a revendu 180 , qui a revendu 210 , écart 110 à répartir en charge de crédit ou cash entre les différents porteurs.
      Seule solution pour ne pas faire faillite aux derniers porteurs et aux préteurs.
      C’est simple ,tout est simple , il suffit de faire le travail simplement.

    3. @François
      J’avais participé (pour une faible part) il y 15 ans à une pré-étude pour le démantèlement d’une centrale nucléaire, ça m’avait effectivement paru très compliqué et le résultat de l’étude peu convaincant.
      Depuis on a prolongé de 10 ans la durée de vie des centrales et on pense aller plus loin (25 ans), d’autre part le 1° essai de démantèlement ne semble pas très concluant comme le montre le dossier ci-dessous
      http://seaus.free.fr/spip.php?article171
      Désolé, pas beaucoup d’espoir de ce coté là.

      Cordialement

    4. 1° essai de démantèlement ne semble pas très concluant comme le montre le dossier ci-dessous

      / centrale nucléaire …

      Bon, ben alors, nous calencherons, rejoindrons le boulevard des allongés, casserons notre fiole, dévisserons notre billard, poserons nos outils, cannerons, avalerons notre chique, clamserons, baiserons la camarde, lâcherons la rampe, claboterons, sauterons la pas, ferons le grand saut, partirons les pieds devant, perdrons le goût du pain, avalerons notre bulletin de naissance, prendrons un aller simple, bref passerons …
      bien avant que les freins soient mis à la phynance !
      Plus la peine de chercher !!

  30. Il suffirait de transférer les dépôts des particulier à la banque de France pour les mettre à l’abri, et de laisser les autres banques se dépatouiller dans leur tambouille nauséabonde.

  31. Sauver les branques ?

    Il y a moins d’une heure à F.C. commentant l’actualité, un journaliste parlait de ceux qui devraient mettre la main à la poche pour sauver les branques.
    Rire et correction.
    Ça m’a saisi. Les branques pas encore…

    1. BRANQUE [bRäk] n. m. et adj.
      – Fam. Sot, imbécile (avec infl. de braque* «fou»).
      Adj. être branque, se sentir branque. «Une affaire complètement branque, dit-il en soupirant» (P. Gombert, le Prix d’un taxi, p. 105.

      BRANQUIGNOL [bRäkiñól] n. m. et adj.
      – Fou, loufoque. – Braque. Les Branquignols, pièce de R. Dhéry. Il est un peu branquignol. – Dérangé, fêlé, piqué, siphonné, timbré.

      Dans les lieux du ban, ça se dit !

  32. Vous avez oublié un détail derrière les prix de l’immobilier, il y a des crédits en cours qui sont les actifs des banques, revoir les prix à la baisse implique de revoir les remboursements des crédits en cours à la baisse donc encore des pertes à venir dans ce cas pour les banques.
    Cercle vicieux

    En vérité seul l’inflation avec inflation sur les salaires aussi permettrait de rattraper le retard entre cette économie virtuelle et l’économie réelle, mais avec en face le dumping vers des milliards de salariés low cost, ce n’est pas gagné.
    C’est l’impasse.

  33. Si, effectivement, la BCE maintenait son refus de toute injection de liquidités dans des proportions énormes, il y aura une violente récession qui virera à une très violente DEFLATION! Pour toute la zone euro!
    Si, dans ce contexte, la BCE devait maintenir son attitude butée, je ne vois pas comment on pourrait même éviter des crises sociales extrêmes, allant de guerres aux famines etc.
    Il me semble que l’attitude japonaise, américaine et anglaise serait quand même un moindre mal!
    Pour ma part, je crois au reniement total des principes de la NCE, et elle fera comme « hélicoptère-Ben »!
    Car l’autre voie, celle que j’indique dpuis longtemps déjà, celle d’émettre une monnaie nouvelle version « signe monétaire marqué par le temps » ne semble décidément pas entendable.

  34. Dette publique: il n’y a pas de honte à faire défaut de paiement
    Ram Etwareea

    Athènes a choisi la solution la plus douloureuse qui épargne une faillite au pays

    Il n’y a apparemment pas d’équivalent en français pour «haircut» au sens où l’entend Angela Merkel dans le contexte de la crise irlandaise. Ce mot suggère que les investisseurs renoncent à une partie de leurs créances. Pour avoir prêté des sommes aussi faramineuses – 844 milliards d’euros, soit cinq fois le produit intérieur brut du pays – elles sont, selon la chancelière allemande, coresponsables du drame irlandais.

    Ses propos ont trouvé écho en Grèce, autre pays de la zone euro également écrasé par la dette. Le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, a déclaré vendredi qu’«une implication des investisseurs privés dans un mécanisme d’aide à des pays en difficulté aurait du sens».

    Assurer la participation des banques au règlement de la crise de la dette implique un défaut de paiement et une négociation de nouvelles conditions de remboursement ou de rééchelonnement. Ce serait une solution pour de nombreux pays européens. Notamment la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, dont les emprunts dépassent les 100% du PIB alors que les critères de Maastricht fixent la limite à 60%. Pour ces pays et pour bien d’autres, faire un défaut de paiement ne serait pas un déshonneur. S’ils continuent à faire une question de fierté leur capacité à rembourser, pour sauver au passage la confiance dans l’euro, c’est l’entrée garantie dans un cercle vicieux dont il ne sera pas facile de sortir.

    La Grèce a choisi de ne pas faire défaut. A chaque échéance, elle émet des obligations à des taux d’intérêt élevés qui font la joie des investisseurs en quête de rendement rapide. Résultat, le pays sera encore un peu plus enfoncé en 2011. Et ce n’est pas la sévère cure d’austérité (suppression d’emplois, montée du chômage, coupes sombres dans les dépenses publiques et gel des chantiers) imposée par le Fonds monétaire international (FMI) qui permettra à son économie de sortir de l’ornière. Ce n’est pas pour rien qu’une majorité d’économistes en Europe et aux Etats-Unis recommandent à la Grèce de faire défaut tant son niveau d’endettement est insoutenable. Selon eux, Athènes sera, tôt ou tard, amené à reconnaître cette réalité.

    Athènes a choisi la solution la plus douloureuse, mais qui épargne les créanciers, principalement des banques françaises et allemandes. Celles-ci ont pourtant prêté des milliards sans vergogne et financé l’achat de matériel militaire fabriqué en France et en Allemagne.

    Le cas irlandais n’est pas très différent. Ici, ce sont les banques britanniques, allemandes et françaises qui ont prêté des sommes astronomiques, faisant fi des règles élémentaires de gestion des risques. Le déficit budgétaire de l’Etat s’est déjà creusé de 12 à 32% à cause d’une aide de 50 milliards d’euros aux trois banques menacées de faillite. Puisque le problème n’est de loin pas résolu, Dublin s’apprête à emprunter encore entre 40 et 100 milliards d’euros auprès du Mécanisme européen de stabilisation et du FMI. L’opération de sauvetage sera probablement conclue ces prochains jours, avec à la clé un programme d’austérité qui sera imposé à la population.

    A moins que ce soit une déclaration à but électoral, Angela Mer­kel n’a pas tort lorsqu’elle demande que les banques assument leur part de responsabilité dans le drame irlandais.

    Si la Grèce, l’Irlande ou d’autres pays européens venaient à faire défaut, ce ne serait pas une première. Confronté à une situation identique, l’Islande s’est montré réaliste et a obtenu un rééchelonnement en décembre 2008.

    L’an dernier, le nouveau pouvoir en Equateur a institué une commission internationale pour auditer la dette du pays. Celle-ci a constaté que de nombreux prêts avaient été accordés sans respecter les règles établies. L’Etat a alors suspendu le remboursement. Après un bras de fer avec les banquiers américains, ce petit pays d’Amérique du Sud a racheté pour un milliard de dollars des titres valant 3,2 milliards.

    En 2001, c’est l’Argentine qui avait refusé de rembourser les banquiers qui avaient financé des achats d’armes. Après plusieurs années de bras de fer, ces derniers avaient fini par accepter un «haircut» de 45% de leurs créances. Sans passer par le FMI.

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/144ebaa0-f426-11df-bd7d-e113eb7d2749/Dette_publique_il_ny_a_pas_de_honte_%C3%A0_faire_d%C3%A9faut_de_paiement

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