L'actualité de la crise : C'EST LA BCE QUI DONNE LE TON, par François Leclerc

Billet invité.

La réunion d’hier soir mardi des ministres des affaires des finances n’a pas été conclusive, c’est le moins que l’on puisse dire. Pour faire simple, elle a fait un très gros flop.

Le gouvernement irlandais a persisté dans sa farouche résistance en refusant l’aide financière qui lui était de toutes parts proposée, voire imposée, prétendant négocier son objet et ses conditions. Les deux Brian – Cowen le premier ministre et Lenihan de celui des finances – allant finir par devenir des héros dans leur pays, ce qui n’était pas particulièrement bien engagé.

Les Britanniques sont entrés dans la négociation, ayant indirectement tout à gagner – ou moins à perdre – d’un sauvetage des Irlandais, se préparant à être mis parallèlement à contribution bien que n’appartenant pas à la zone euro. Mais les pourparlers étaient hier soir au point mort, Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et monétaires, parvenant seulement à annoncer, à la fin de la rencontre, que les discussions avaient été « intensifiées ». On a connu des réunions de travail plus productives.

La question est maintenant de savoir comment relancer la négociation avec la troïka, composée de l’Union européenne, la BCE et le FMI, qui est déjà sur l’ouvrage avec les Grecs. Le FMI a immédiatement déclaré qu’il était prêt à participer à « une consultation brève et à l’ordre du jour très précis », lisez : pas à un marathon ! Dans l’incertitude, Jean-Claude Junker, chef de file de l’Eurogroup, a finalement lancé qu’une décision était attendue « dans les prochains jours ». On apprenait depuis qu’une mission se rendrait à Dublin jeudi prochain, afin de reprendre les discussions.

Sur quoi les désaccords portent-ils ? Avant d’entrer en séance, les formulations employées par Olli Rehn évoquaient la tenue d’une discussion sur « la situation générale de l’économie irlandaise, en nous concentrant nettement sur le secteur bancaire et le système financier ». Pouvant laisser logiquement supposer que des contraintes économiques générales seraient imposées, ce qui est irrecevable pour les Irlandais qui ne veulent pas d’une mise sous tutelle à la grecque et s’en tiennent à un seul plan d’aide aux banques.

En particulier, ils se refusent à relever les taux d’imposition des entreprises, qui ont contribué à leur essor et que les Européens voudraient voir relever, au nom de la lutte contre le dumping fiscal

Que peut-il se dorénavant se passer ? Les avis divergeaient hier soir à propos de la gravité de la situation. Oui ou non, la zone euro est-elle au bord de l’éclatement ? Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, répondait fermement non, ne craignant pas de contredire Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, qui n’avait pas hésité à évoquer auparavant la survie de l’euro et de l’Europe.

Une dramatisation à laquelle Tim Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, contribuait de Washington. Où le dollar y est ballotté, à la hausse contrairement aux présages, en raison de la crise européenne d’un côté et des risques de baisse de la croissance chinoise de l’autre. Il estimait donc qu’il était « tout à fait dans les possibilités de l’Europe de gérer » mais que, dans la situation actuelle, elle devait s’y prendre « très, très vite ».

LCH Clearnet, la chambre de compensation qui avait déjà élevé il y a une semaine ses appels de marge, forçant de nombreux traders à cloturer leurs positions et faisant brutalement monter les taux obligataires irlandais, vient de renouveler l’exercice. Même cause, même effet ?

Dans l’impossibilité de prédire la suite d’un feuilleton, qui va se poursuivre de rebondissements en coups de théâtre, on ne s’aventure guère en prédisant que ce nouvel avatar de la gestion de la crise européenne va avoir les conséquences immédiates suivantes :

1. S’il est nécessaire qu’un terrain d’entente soit finalement trouvé avec les Irlandais, ce sont les Portugais et Espagnols qui vont être sans attendre les victimes toutes trouvées de cette impasse. Les Portugais sont parvenus ce mercredi matin à lever 750 millions d’euros sur les marchés, mais à un taux de 4,813%, alors qu’il était au 3 novembre dernier de 3,260%.

2. Les Grecs, pour leur part, peuvent espérer ne pas encourir les foudres de la troïka qu’ils accueillent en ce moment à Athènes, afin de ne pas en rajouter aux tensions. Cela semble se confirmer ce matin, la troisième tranche du prêt devant être débloquée, mais cela ne se fera pas sans l’adoption de nouvelles mesures d’austérité.

3. Les Allemands sont pointés du doigt, quand ils ne sont pas dénoncés publiquement, pour avoir déclenché l’orage en provoquant les marchés avec leur suggestion de faire payer aux banques la restructuration de la dette des Etats.

Mais, au-delà de ces répercussions immédiates, une autre donnée plus importante est en train d’apparaître. La BCE, qui tient sous assistance les banques européennes les plus atteintes, n’entend pas continuer à jouer éternellement ce rôle là. Elle a clairement signifié son intention d’arrêter ses mises à disposition sans compter de liquidités, ce qui implique que les Etats prennent le relais pour soutenir les banques. C’est bien ce qui se passe en Irlande, où l’on a remarqué l’insistance avec laquelle la BCE poussait le gouvernement irlandais à accepter les subsides européens afin de les renflouer.

Pour l’expliquer, certains analystes font état de l’inquiétude qui se manifesterait au sein de la BCE quant à la détérioration grandissante de son bilan, au vu de la dégradation des actifs qu’elle accepte en garantie. En réalité, c’est d’abord en application d’une stratégie générale, dont il n’a jamais été fait mystère, que la BCE entend progressivement tirer le tapis sous les pieds des Etats européens dont les banques sont interdites de séjour par leurs consœurs sur le marché interbancaire.

L’épisode irlandais augure mal de la timide tentative allemande de faire contribuer les banques au financement de la dette européenne, dont en réalité il importe peu qu’elle soit publique ou privée. De premiers pas en arrière ont déjà été accomplis sur ce dossier, d’autres devraient suivre. La BCE se confirme être le bras armé d’une stratégie dont l’objectif est de faire intégralement régler le montant de l’addition de la crise aux Etats et contribuables, fermant les vannes qu’elle avait du ouvrir pour tenir à flot le système bancaire.

Comme toutes les banques centrales depuis le début de la crise, la BCE a joué – et continue de le faire – un rôle déterminant en vue d’éviter l’effondrement du système financier. Progressivement, elle en est venue à peser de tout son poids afin de faire porter aux Etats le poids financier de la crise. Formellement hors d’atteinte et de contrôle de ses actionnaires, les mêmes, qui l’ont voulu ainsi.

Mais, si ce jeu-là devait se poursuivre, toutes les conditions d’un éclatement de la zone euro seraient en passe d’être réunies.

60 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : C'EST LA BCE QUI DONNE LE TON, par François Leclerc »

  1. Le silence de Sarkosy hier sur la situation et l’urgence financière européenne en dit long sur l’impasse ! … la consigne aux journalistes étaient l’ORDRE d’éviter le sujet, lequel pourtant et sans doute déterminera l’avenir de nos économies et de nous tous. .. Fin de l’euroou Non ? … Le calme avant la tempête ?

  2. L’europe gagne du temps. Et c’est bien compréhensible

    La construction et l’intégration de l’€ a pris du temps. Établir un plan pour en sortir de manière ordonnée demande aussi du temps et une bonne dose de préparation.

    Tôt ou tard, il faudra bien se résoudre à repenser la zone €; en attendant, la planche à billet et les dettes d’€tats peuvent être utilisées pour gagner quelques trimestres et on s’occupe en priorité des plus souffrants, à la guerre comme à la guerre !

  3. « Les Portugais sont parvenus ce mercredi matin à lever 750 milliards sur les marchés, mais à un taux de 4,813%, alors qu’il était au 3 novembre dernier de 3,260%. »

    Ne serait-ce pas 750 millions?
    Billions (anglo-saxon ou latin), Millions,Trillions, Milliards, …on s’y perd avec tous ces billets de Monopoly sortis de nulle-part!

    1. les cieux sont pour ceux qui croient
      qu’il n’existe qu’un seul paradis
      alors qu’il en fut créé plusieurs
      tellement fiscaux

  4. Mercredi 20 octobre 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 1 an. Le Portugal avait dû payer un taux d’intérêt de 2,886 %.

    Deux semaines plus tard, mercredi 3 novembre 2010, le Portugal avait de nouveau lancé un emprunt à 1 an. Le Portugal avait dû payer un taux d’intérêt de … 3,260 % !

    Deux semaines plus tard, mercredi 17 novembre, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de … 4,813 % !

    Les Echos

    Conclusion : plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux d’intérêt exorbitants.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

  5. Hum, pour que les anglais s’y collent, c’est que ça doit être beaucoup plus subtil et stratégique que cela, tant au niveau international, européen et purement britannique.

  6. A priori, il semble que les choses rentrent dans l’ordre (détente des taux). Amha, c’est uniquement car « les marchés » pensent avoir une fois de plus réussi à faire passer à la caisse les contribuables.

    Cependant, lesdits taux restent élevés : face, ils gagnent, pile, le peuple perd…c’est magnifique le capitalisme financier.

    1. Je crois aussi sm ( selon moi ) .

      Que ce soit en français ou en anglais , ces abréviations télègraphiques me hérissent un peu le poil .

      Un peu de modération ……SVP .

  7. « La BCE se confirme être le bras armé d’une stratégie dont l’objectif est de faire intégralement régler le montant de l’addition de la crise aux Etats et contribuables, fermant les vannes qu’elle avait du ouvrir pour tenir à flot le système bancaire.  »
    C’est dû, mais on s’en fout.

    Pourquoi les fermerait-elle…??
    Le libéralisme est gravé dans les tables de la Loi européenne.., non?

    Je ne comprends pas.

    Entre nous, vu les déversements de monnaies partout hors zone Euro, les gars ont intérêt à graisser les rouages des planches…
    Faut éviter la surchauffe.

    Un éclatement n’est en tout cas pas possible. En cas de tempête, on ne saute dans les barques que si le bateau coule.
    Hors, un bouchon de quelques milliards de billets de 100 euros peut boucher la voie d’eau. Pour l’instant.
    Et puis… Ce serait déjà ça de pris pour les plus riches, bien sûr.

  8. @Bernique: Les banques anglaises ont 150 mds de $, comme je l’indiquais hier, sur leurs livres.

    Par ailleurs, El Pais titrait aujoud’hui que le sauvetage proposé serait d’un montant de 100 milliads d’euros, sachant que le ‘pontage’des banues irlandaises s’élève déjà à 286 mds d’ euros, 170% du PIB irlandais.

    Donc on comprend pourquoi l Abbé Jean-Claude ‘Canadair’ merci à VB pour ‘l’apodo’ ) qui joue depuis longtemps à mettre de l’huile sur le feu- une nouvelle forme d’extrême-onction, familière des catholiques de l’Inquisition- va nous tricoter une pelote pour aider son pays-poster pour les voies étroites de l’austérité, effectivement un modèle réduit des Etats-Unis-un petit swap discret avec l’ imprimante de Bernakenstein via la B.I.S,pas le premier- son institution, la BCE, étant à ce jour ‘ techniquement’ insolvable; il faut donc,, en sus comme dirait l’Abbé, se reposer en parralèle la question de Willem Buiter:

    can central banks go broke ?

    1. l’ingénierie financiere est conçue « aux limites » toujours cherchant l’asympote et ne trouvant que l’abime fractal du vertige holographique dans la matrice macroéconomique munie de son vecteur informatique !

    2. L’engagement anglais en Irlande est pas si énorme et de plus ils ont toutes les « qualités » pour se sortir du guêpier dont la moindre n’est pas leur magnifique turbo-imprimerie monétaire furtive (à défaut de porte-avion). Leur autre qualité est leur l’art consommé de l’instrumentalisation des « principes intangibles » de l’économie libérale surtout à l’usage d’autrui. sinon je vois pas tellement le swap auquel vous faîtes allusion.

  9. …Les Français ont la mémoire courte…Souvenez-vous en 1997…D.S.K. déclarait que ceux qui n’avait su monter dans le train de technologie et autres gadgets de la crise n’avaient plus qu’a s’en prendre à eux-mêmes. Et aujourd’hui, nous en sommes où de sa politique de train d’enfer?…
    Pour moi, c’est plié depuis plusieurs années, mais voir ce D.S.K poindre le bout de son nez et jouer les sauveurs, là c’est trop. Rappelez-vous Jospin est tomber grâce à ses soins de docteur en économie. Au final Jospin au placard et D.S.K. en star. Si ça c’est pas fumeux, alors je ne m’appelle plus comme je m’appelle. C’est énorme!

    1. Sarkozy a décrété la lutte contre l’alzheimer « cause nationale » de son quinquennat.
      J’ai la mémoire qui tranche, et j’me souviens très bien de jules comme de jim .
      Les éléphants roses nous trompent énormément en agitant leurs « défences d’y voir ».
      Et en 99, avec François Pérole, vous vous souvenez de ce binôme « improbable » qui réglât très discrètement, vu que personne ne le mentionne, le sort des banques mutuelles et coopératives ?
      Caisses d’épargne, Banque populaire……. Au casino de Natixis nos noisettes !!!!
      Une révolution tranquille dans une guerre silencieuse..

  10. Les Français ont la mémoire courte…
    Je m’inscris en faux;nous avons parfaitement la mémoire d’éléphants du PS…

    1. …Désolé de vous avoir offensé dans ce commentaire…Ne prenez donc pas la mouche si vite…d’autant que ne suis qu’un moucheron comparé aux éléphants du P.S. …Mais faîtes attention quand même et souvenez vous de la fable de la Fontaine : « Le lion et Moucheron »…Allez sans rancune …aucune cher PIOTR.

  11. Lordon, lui, attend l’effondrement bancaire, de pied ferme et même avec une légère gourmandise …. et se fout du trémolo apocalyptique de la Phinance.

    Comment organiser le financement des déficits publics sans avoir à en passer par les marchés de capitaux, voilà la seule question digne d’intérêt dans la conjoncture présente – et la seule évidemment à n’être jamais posée comme telle. Seuls des esprits javellisés au néolibéralisme, et pour qui la financiarisation est devenue comme une seconde nature demeureront incapables de concevoir ce nouveau régime de financement dont une histoire assez proche leur donnerait pourtant de parlantes illustrations.

  12. Peut-être pas inutile de rappeler que d’après une étude de Natixis du 24 mars 2010, la France, par exemple détenait, au T4 2008 :

    – 140 mrds $ de dette publique allemande (9,1 % de la dette publique de marché émise)
    – 31 mrds $ de dette publique anglaise (3,4 % de la dette publique de marché émise)
    – 175 mrds $ de dette publique italienne (9,4 % de la dette publique de marché émise)
    – 57 mrds $ de dette publique espagnole (12,9 % de la dette publique de marché émise)
    – 78 mrds $ de dette publique hollandaise (19,2 % de la dette publique de marché émise)
    – 13 mrds $ de dette publique irlandaise (13,3 % de la dette publique de marché émise)
    – 55 mrds $ de dette publique grecque (16,8 % de la dette publique de marché émise)
    – 33 mrds $ de dette publique portugaise (26,6 % de la dette publique de marché émise)

    Soit (fin 2008…), 582 mrds $ de dette publique de ces 8 pays européens de la zone euro, dont 213 pour les banques et 315 pour les assurances. Deuxième créancier de la zone euro juste après l’Allemagne, 598 mrds $.

    1. @édith

      $ = 11 porte-avions catobar lourds à propulsion nucléaire.
      E = 1 porte-avions catobar lourd à propulsion nucléaire (de Gauuuulle !).

    2. Soit (fin 2008…), 582 mrds $ de dette publique de ces 8 pays européens de la zone euro

      E.U.R.O.P.E.
      Union Ordonnée (et) Ratifiée Pour les Endettements Européens
      Etats Unis (ayant) Pour Objet (de) Ratiboiser (l’)Europe

  13. Selon le Telegraph, le secteur bancaire irlandais ‘pèserait’ 400% du P.I.B, montant réduit du montant des aides diverses, un total de 286 milliad d’euros, 170% du P.I.B, soit 230% du P.I.B,
    bourré d’actifs toxiques (.i.e le ministre des Finances irlandais, pour tuer le temps en attendant
    l’arrivée des ‘chefs d’escadrille’ a commencé les négociations sur les hypothèques-sic )

    Ireland bailout: the European politicians who will decide

  14. « La BCE se confirme être le bras armé d’une stratégie dont l’objectif est de faire intégralement régler le montant de l’addition de la crise aux Etats et contribuables ».

    ‘Plus ça change, plus c’est la même chose’……….

  15. L’article 25 de la loi du 3 janvier 1973, de Pompidou et Giscard d’Estaing, « interdit au Trésor public d’être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ».

    Ce qui nous a valu (nous citoyens Français) d’engraisser les banques privées pendant 30 ans, à les faire éclater, alors que nous nous appauvrissions,
    et que grâce à la dette monumentale que les taux d’intérêts tout au long de ces 30 ans ont fait monter en flèche nous voilà aujourd’hui obligés de bazarder les biens et les services publics, avec cerise sur le gâteau, l’obligation d’une politique d’austérité pour des Français qui sont déjà bien atteint dans leur pouvoir d’achat.

    De profundis.

  16. Bonsoir
    Ce qui m »étonne c’est l’Irlande,le Portugal etc ,bref toujours les Pays et rarement les GENTS.
    Existent ‘ils?
    Les marchés,le FMI,le CAC 40,la encore les GENTS ou sont ils ?

    Sommes nous tributaires d’un ordinateur gérant nos destinées?
    Un Mr Trichet comme Mr Sarkozy ou O Bama sont ils des robots ?

    Je fait partie de ce monde virtuel oppressant et sans humanité.
    Pourtant ,ici ,grâce à ce blog (merci Mr Jorion) je m’en rend encore mieux compte
    merci

    1. Les gens n’existent plus si tant est qu’ils aient existé un jour.

      Le pire c’est que les marchés sont humanisés, il leur est prêté des sentiments humains.
      Exemples :
      – Il faut rendre confiance aux marchés…
      – les marchés redoutent que ..
      – le message transmis par les marchés…
      – les marchés attendent un signe …
      – panique sur les marchés …

      A l’opposé les gens c’est à dire les Etats doivent se réformer, etc, etc, etc,
      L’Etat doit s’imposer une cure d’austérité qui aura des conséquences négatives sur la croissance …
      On évoque très peu les conséquences sur  »les gens ».
      C’est une sémantique qui vise à effacer l’individu, le groupe au profit du marché.

    2. O Bama

      Emission mercredi 17,20h,Fr Inter, l’humeur vagabonde/ émisson tjs trés intelligente…
      « O bama s’en va-t-en guerre »
      ou l’on voit effleurer une personnalité bien dans la Norme US ….

    3. jeanpaulmichel

      merci de votre intervention ..
      En résumé,nous somme du bétail à produire ,et comme nous avons un cerveau,on nous empêche de s’en servir à travers un matraquage audio visuel (pub et TV).
      Mais ou est la jouissance de tant d’argent pour cette minorité ??
      des ET je pense.

    4. En résumé,nous somme du bétail à produire ,et comme nous avons un cerveau,on nous empêche de s’en servir à travers un matraquage audio visuel (pub et TV).

      Pile Poil !

      Avis à la population : appel d’utilité publique !
      première acte volontaire proposé : jeter sa TV …dans les produits à recycler ….

  17. Il y a tout de même deux choses à retenir de ce petit épisode qui devra se régler.

    Les Anglais veulent participer au sauvetage. Donc, cela signifie qu’ils ont beaucoup plus à perdre qu’on ne pense.
    Et ils ne sont pas à l’Euro…

    Les US doivent encore avoir un paquet d’options de chute de l’Euro depuis le coup du père grec et le fait que certains dirigeants parle d’éclatement pourrait être amusant car amplifierait les pertes de ces paris si cela ne se fait pas.

    Sinon, histoire de changer de l’Euro, j’avais lu un article sur la Tribune parlant d’une société qui allait casser le monopole de de JP Morgan sur l’argent(métal).
    Hors, l’affaire a l’air de se préciser avec une montée du cours de l’argent.
    Comme toutes les matières premières, vous me direz.
    Mais ce serait une bonne chose si nous avions un Lehman bis. Histoire de casser la monotonie.

    1. Le problème est que des banques anglaises et allemandes ont prêté des sommes colossales à l’Irlande, donc ces deux pays veulent effectivement participer à une nouvelle version d’un sauvetage des banques.
      Mais en réalité, il n’y a pas d’issue. Pour rester dans la zone euro, l’Irlande, tout comme d’autres pays ayant des problèmes, devrait emprunter sans cesse, continuer à vivre à crédit, d’autant plus qu’elle n’a pas une structure industrielle solide.

    2. Yvan.
      Pour les Anglais de mémoire, plus de 200 milliards d’engagement
      Pour info, les shorts et les calls sur MP peuvent être roulés ou annulés, exactement comme des futures, en plus ils sont systématiquement couverts. Donc ça ne peut amplifier les pertes ou les gains que si les opérateurs le souhaitent et dans le cas d’une devise comme l’euro, les volumes sont tels qu’ils peuvent se faire piéger aussi vite.dans l’autre sens En fait, l’analyse des volumes d’options sur devise est plus souvent un indicateur de sentiment qu’autre chose.
      Pour l’argent, les raisons de sa hausse 2010 tiennent plus à sa « rémonétisation » et au rattrapage sur le Gold suite aux récents développements monétaires qu’à l’affaire de JP M . Une bonne partie de sa valo tient aussi à ses applications industriels mais en cas de perspectives de croissance molle en 2011, il peut repartir dans l’autre sens tout aussi vite.
      Pour le Lehman bis… trop d’ennui peut être?

    3. Couvertures.
      Ca a un coût, ça aussi.
      N’est-ce pas par là que peut s’amplifier le mouvement..??
      Enfin…. je ne suis assez au fait pour voir le mouvement réel.

      Ce n’est pas trop d’ennui, Jef.
      C’est un effondrement sec ou une hyper-inflation. (ou les deux). Donc, autant commencer tout de suite.
      Quoique, avril serait une période plus favorable.

    4. Yvan.
      Entre une déflation majeure et une dévaluation massive, il y a tout un panel de possibilités, comme entre le blanc et le noir.
      Pour l’instant on navigue entre les écueils avec une mer relativement plate, ça passe près mais ça passe et mieux vaut éviter l’orage.
      Tout l’enjeu est de se donner suffisamment de temps pour voir les émergents découpler en se recentrant sur leur consommation intérieure. Je pensais il y a 2 ans, compte tenu de la ré-industrialisation nécessaire à ce processus que ce serait très long, au minimum une décennie. Mais après avoir constaté ce qui se passe actuellement en Inde, au brésil et en Chine, voir en Asie, je suis un peu plus optimiste, sur ce point précis en tout cas.
      Encore 3 ans minimum à haute tension car le FED et la BCE prennent des chemins opposés. Les US sacrifient leur monnaie et vont continuer à le faire, ils n’ont pas le choix. l’Europe, contrairement à ce que l’on peut penser en ce moment, a un peu plus de marge de manœuvre.

      Si l’on tombe dans l’une des deux situations extrêmes évoquées ci dessus, voir l’une puis l’autre, il vaudrait effectivement mieux que ça attendre avril, vivre dehors en hiver…

  18. Le chiffre du jour: Les banques européennes détenaient 650 mds de $ d’obligations irlandaise au 31 Mars, rapporte le Wall Street Journal via un décryptage des etats de la BiS..

  19. L’ « Europe » grabataire s’achemine à devenir un mouroir !?
    Quels sont ceux qui auront le courage et surtout la raison de franchir le Rubicon? Il faut scier les barreaux de l’euro! Il paraît qu’à peine on les toucherait, ils vous resteraient dans la main. Alors?
    De qui, ou de quoi avons la trouille? La majorité d’entre nous ne profitons pas de la rente alors que nous savons produire.

    Il faut attendre ceci? Le triomphe définitif de la Mafia?

    – Des fonds riches du malheur des autres –

    Les fonds vautours sont des fonds privés peu connus du grand public. Ils ont été créés il y a une quinzaine d’années environ, aux États-Unis tout d’abord puis ensuite en Europe. La presse les a parfois cités, par exemple lors de la renégociation de la dette d’Eurotunnel, des faillites d’Enron et de WorldCom, ou de celle de l’Argentine. On en recense une cinquantaine, dont les plus connus sont Cerberus Management, Strategic Value Partners, Oaktree Capital Management, Trafalgar Asset Managers, Donegal International, Debt Advisory International, Kensington International, et Elliot Partners. Comme beaucoup de fonds d’investissement, ils sont souvent domiciliés dans les paradis fiscaux anglo-saxons (Îles Vierges, Îles Caïmans, Bermudes, Delaware…), ce qui leur permet d’agir de façon plus discrète. On en compte aussi deux en France.

    Leur activité consiste à racheter de gré à gré et à bas prix les dettes d’entreprises en difficulté dont les banques cherchent à se dessaisir pour alléger leur bilan, puis de prendre le contrôle de ces entreprises. Cependant, au lieu de participer à la restructuration des entreprises et de les aider à survivre, ils s’invitent à la table des négociations avec les autres créanciers afin d’obtenir la revalorisation de leurs créances ou de les convertir en fonds propres de la société, avec pour seul but de réaliser un profit moyen d’au moins 15% en six mois. Ces fonds, qui portent bien leur nom, s’enrichissent donc du malheur des autres

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Economie/Les-fonds-vautours-et-la-dette-du-tiers-monde.html

    1. Les fonds vautours

      ça ressemble aux LBO , non ?

      En tout cas, ce n’est pas gentil pour les vautours, honnêtes charognards, faisant bien leur boulot,
      et, eux, n’attaquant jamais le vivant ; contrairement à ces fonds dit-vautours( bien conçus par des humains, non ?!) et qui, avant que l’entreprise soit « out »,prennent le gibier, soit les travailleurs qui la composent, dans leurs griffes …

    2. @ M,

      La différence d’avec un LBO est celle-ci : le LBO c’est une entreprise qui en phagocyte une autre, au profit exclusif des actionnaires de la première. Avec les fonds vautour : nous avons des gens, indépendants, qui ont pour « travail » de s’occuper des entreprises trop endettées (ajoutons que, souvent, les banques avaient favorisé cet endettement avant de changer d’avis : on n’est jamais très loin de l’immixtion dans la gestion). Un pas de plus est franchi car cela ne bénéficie, même si c’était indirectement et à la marge, à aucune entreprise embauchant du personnel et pratiquant une activité professionnelle socialement constructive et adossée sur une économie dite réelle. Mais le point commun entre ces deux types de fonctionnement est l’intervention, à un moment ou à un autre, du paradis qui récolte et fait fructifier l’argent cueilli.

      Cdt.,

    3. Suite :

      Ceci étant dit, les deux opérations ne sont pas si différentes car il s’agit toujours, pour des investisseurs, de prélever leur obole sur le système économique réel : de l’économique vers le financier (bénéficiaire final).

  20. 3 hypothèses :

    1- l’Europe vole au secours de l’Irlande. Mais au prix où se monte la facture, le peut-elle vraiment ? et si elle le fait, pourra-t-elle refuser son soutien au Portugal, à l’Espagne ou à l’Italie demain ? La BCE refuse d’ouvrir le guichet et les états membres répugnent à mettre la main à la poche, c’est évidemment une impasse.

    2- Le FMI vole au secours de l’Irlande. Cela signifie que l’Europe est incapable de soutenir l’un de ses membres. C’est un signal fort pour provoquer la défiance des investisseurs envers les autres pays européens en mauvaise posture. Les marchés paniquent, les taux flambent, l’Irlande flanche. A qui le tour ?

    3- l’Irlande quitte provisoirement la zone euro. La dévaluation qui s’ensuit aggrave le poids de la dette. C’est politiquement très dangereux, d’autant que la confiance ne sera pas restaurer pour autant et que le poids de la dette va peser sur plusieurs générations. L’Islandisation de l’Irlande est-elle seulement envisageable ? les irlandais en tout cas la refuseront certainement.

    Conclusion provisoire. L’euro est mort, ou dans tout les cas, sa fin est proche. La faute aux libéraux qui ont cru que la monnaie unique suffisait à faire converger les économies européennes sur un territoire donné. Ils ont oublié un peu vite qu’une monnaie sans souveraineté est une monnaie de singe. Sans pouvoir politique fort, lorsque la confiance dans la monnaie est remise en cause, plus personne ne peut rétablir la convention qui la fonde. C’est parce que la BCE est une institution non démocratique sans force politique claire, c’est à dire sans réel pouvoir de sanction ou de coercition que le sort de l’Europe est par avance scellé, c’est à dire voué à l’échec.

    Attendons quelques mois, et assistons, impuissant à ce triste spectacle.
    Préparez vos mouchoirs.

  21. si la zone euro devait éclater, ce serait sans doute pas très grave, car des restructurations des dettes en seraient la conséquence qui permettrait d’assainir la situation dans les pays ruinés comme cela a pu se faire en Argentine.
    Toutefois, les banques créancières ne résisteraient sans doute pas à un tel choc, ni le système financier mondial.
    Mais, au fond, il suffirait d’émettre des nouvelles monnaies nationales et de recommencer le petit jeu.
    Si par hasard on avait l’idée d’émettre des SMT à la palce de la monnaie actuelle si mal fichue et sytémiquement critique, la plupart des problèmes actuels se résoudraient aisément et assez rapidement.

  22. la FED fait marcher la planche à billets; Sarko, lui fait marcher la blanche habillée: Christine Lagarde erre (comme Arnaud le milliard erre) , pas comme une ni commune âme en peine vu son éternel sourire Bourjois… Le ciel la tienne en joie comme dirait P.M. Mais aussi le sel conserve l’anchois…Un peu de détente dans ce monde de brutes et de filous ne fait pas de mal.

  23. L’édition du Monde du 18/11 nous livre 3 pages éloquentes (documents de référence à mon avis) dans le cadre de sa contre-enquête Economie dont le thème est « Crise de la dette : l’Europe peut elle éviter la contagion ? »
    ==> « Après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, d’autres pays de la zone euro sont ils menacés ? »
    ==> « Comment fonctionne le mécanisme de sauvegarde ? »
    1. « Décodage » : rappel du dispositif de 750 Ma d’aide potentielle valable jusqu’en 2013.

    2. « Les banques françaises sont très exposées à la dette des pays fragiles de la zone euro ».
    Détail des sommes du « je te tiens, tu me tiens…. ». Le secteur bancaire français est champion avec 726 Ma $ de stock de créances publiques et privées (All 549, GB 361). Mais ouf, pas concentré sur les pays les plus exposés contrairement à All et GB.
    On apprend aussi que la BNP est à ce jour la plus grande banque mondiale avec 3,2 T $ d’actifs.
    Possibilité de restructuration de dette dans un process gagnant/gagnant (il vaut mieux retrouver 80% de son argent plutôt que de tout perdre).

    3. « Pas de risque d’expansion à toute la zone euro ».
    Entretien avec Peter Kennen, éminent économiste américain, ex conseiller de JFK et spécialiste de la monnaie. Remarquable.
    Sa conclusion : le renforcement de la zone euro est un objectif essentiel. Le retour d’un pays à son ancienne devise créerait une énorme onde de choc.

    4. « Victimes de la crise, les Grecs se résignent à la précarité ».
    Synthèse :
    baisse du salaire des fonctionnaires, précarité dans le privé, chômage en hausse et allocation peau de chagrin, jeunes réduits à l’aumône, récession dans le commerce, bref ça craint, heureusement restent les amortisseurs sociaux et l’économie parallèle.

    5. « Washington exhorte l’Europe à agir « très, très vite » pour sauver l’Irlande ».

    6. « Berlin n’exerce officiellement aucune pression sur Dublin ». Extraits :
    « Si l’euro échoue, l’Europe échoue » Angela Merkel
    « Or l’Europe c’est la paix, la liberté, le bien être. L’Allemagne n’a donc rien à gagner à une crise de l’euro. Bien au contraire ».
    La France et l’Allemagne semblent avancer de concert.

    7. « La BCE ne veut pas être la seule à éteindre l’incendie ».
    Solvabilité plus que liquidité, dilemme pour la BCE (couper le robinet ou continuer à arroser), l’arme finale existe mais, risques de propagation (différents Trichet Sarko), ne pas tergiverser, malgré le FESF qui est opérationnel la BCE précède encore le mouvement.
    Axel Weber (patron Bundesbank) « réclame une frontière nette entre politique monétaire et politique budgétaire »

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