L'actualité de la crise : A CHAQUE SAUVETAGE, UN ENTERREMENT, par François Leclerc

Billet invité

La question du soutien financier européen à l’Irlande suscite une grande agitation en coulisses. Les démentis plus ou moins péremptoires pleuvent – sur le thème qu’il n’est pas demandé par les Irlandais – mais des discussions ont en réalité lieu en arrière-plan et les médias s’en font écho.

Ce n’est tant pas le sort de l’Irlande qui est en jeu, car personne ne s’aventurerait aujourd’hui à parier sur sa capacité à régler ses problèmes par elle-même, et tout le monde est convaincu qu’elle devra un jour ou l’autre être soutenue. En fait, les Allemands redoutent un télescopage entre son cas et l’adoption d’un mécanisme de crise mettant dans l’avenir les créanciers des Etats à contribution. Pour l’éviter, ils poussent l’Irlande à demander sans tarder une aide financière.

Le calendrier est serré, car la prochaine réunion de l’Eurogroup (ministres des finances des 27) à lieu le 6 décembre et celle du Conseil européen les 16 et 17 du même mois. La bataille faisant entretemps rage à propos de l’adoption du plan allemand. La crainte existe que de telles dispositions ne provoquent inutilement les marchés, les uns – comme José Luis Rodrigo Zapatero – redoutent que cela n’attire les foudres sur leur pays, les autres – comme Jean-Claude Junker – s’opposant à ce que les banques soient mises à contribution.

L’évolution du contexte politique dans les pays de la zone des tempêtes est en train de compliquer la donne. Les élections locales grecques ont, en attendant les résultats du second tour de ce dimanche, mis en évidence une très forte abstention, une importante partie de l’électorat du Pasok s’y réfugiant pour ne voter ni pour celui-ci, ni pour la droite. Au Portugal, un premier appel public a été lancé en faveur de la constitution d’un gouvernement de coalition PS-PSD, afin de renforcer au nom de l’unité nationale la politique d’austérité du gouvernement socialiste de Socrates. En Espagne, les sondages sont de plus en plus défavorables au PSOE, bien que les électeurs ne souhaitent pas d’être reconvoqués devant les urnes. Le gouvernement Irlandais du Fianna Fail, quant à lui, ne tient qu’à un fil, ses opposants n’étant pourtant pas nécessairement pressés d’hériter de la situation actuelle. En Italie, enfin, la chute qui n’en finit pas de Silvio Berlusconi crée également un climat d’incertitude.

L’élargissement de la zone des tempêtes à l’Espagne, et fort probablement à l’Italie dans la foulée, n’est qu’une question de temps. En dépit de ses supposées audaces, le plan allemand n’est pas encore adopté dans son principe qu’il est déjà dépassé. Prévu pour entrer en application en 2013, il est déjà en retard sur les événements. C’est ce que les marchés ont compris et c’est pourquoi les assurances qui leur ont été données que les règles du jeu ne seraient changées qu’à cette échéance, et surtout pas avant, ne les ont pas convaincus.

Si une modeste accalmie est intervenue sur le marché obligataire, les taux des pays de la zone des tempêtes s’étant un peu détendus, ce n’est pas en raison du communiqué des 5 ministres des finances européens publié dans l’urgence depuis Séoul qui donnait ces garanties. C’est parce que circulait déjà la rumeur d’une proche intervention financière européenne en faveur de l’Irlande.

Il va falloir faire preuve d’encore plus d’imagination pour sortir de ce guêpier. Inévitablement, cela passera par des reniements.

Lorenzo Bini Smaghi – l’un des patrons de la BCE – n’en fait pas spécialement preuve lorsqu’il a exigé hier que les Grecs « se concentrent sur leurs objectifs de dette ». Abrupt lever de rideau pour la mission mixte de l’Union européenne et du FMI qui va étudier cette semaine leurs résultats à Athènes, afin de débloquer ou non une troisième tranche d’aide financière de 9 milliards d’euros sur un plan de 110 milliards !

Les objectifs de réduction du déficit n’ont pas été atteints et le premier ministre Georges Papandréou vient d’évoquer publiquement la possibilité d’un étalement du plan – initialement de trois ans – dans le cadre duquel le prêt a été accordé en contrepartie de l’accomplissement d’objectifs précis qui commencent déjà à ne pas être tenus.

Dans son interview accordée au journal grec Kathimerini, Bini Smaghi avait pourtant bien prévenu : « toute discussion concernant les changements d’objectifs aura pour conséquence une perte de crédibilité. Les gains déjà obtenus seront perdus, la confiance accordée par ceux qui vous ont soutenu sera ébranlée ».

La crise irlandaise peut être provisoirement colmatée, celle de la Grèce rebondit plus tôt qu’il n’était prévu, celle du Portugal est imminente. Une terrible vérité va se faire jour : chaque sauvetage est un enterrement. Pis, il incite les marchés à en réclamer d’autres, dans l’espoir de ne pas être mis à contribution.

Combien de temps cela va-t-il pouvoir tenir ainsi sans reconnaître que les Etats européens ne parviennent pas à éponger les dettes en dépit des mécanismes collectifs qu’ils tentent péniblement de mettre sur pied ? Pour deux raisons imparables : afin de ne pas favoriser un aléa moral, ils édictent des conditions impossibles à tenir aux gouvernements qui en bénéficient, tandis qu’ils se refinancent eux-mêmes sur des marchés dont il n’est pas garanti qu’ils leur fassent des cadeaux… La mutualisation sans l’apport du FMI n’est plus une solution. Le refinancement de la dette par la dette va-t-elle véritablement l’être ?

Combien de temps va-t-il également encore falloir attendre, avant qu’un premier responsable politique s’interroge publiquement à propos du mandat que se donne la BCE d’intervenir sur les questions fiscales ? Rappelant à Jean-Claude Trichet qu’il a souvent donné l’Irlande comme illustration de la politique d’austérité jusqu’à l’os qu’il continue de préconiser…

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44 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : A CHAQUE SAUVETAGE, UN ENTERREMENT, par François Leclerc »

  1. eh oui, votre pessimisme n’est que réalisme.
    Il me semble que la BCE finira bien par se renier et émettre de la fraîche, comme les autres banques centrales. Tout cla pourrait faire patienter les créanciers qui vont déverser tous ces milliards dans des trappes ou vont spéculer dans les pays émergents en y provoquant de fortes inflations, comme c’est déjà le cas en Chine, car ces pays devraient laisser monter leurs devises, ce qu’ils ne font pas, car ils préfèrent spolier leurs peuples et gaver les consommateurs occidentaux avec des produits trop bon marché et incorrectement payés aux ouvriers de ces pays. Mais l’inflation étant un stimulus dans ces pays qui nourrira des bulles et des surchauffes, leur chute ne sera que plus rude dans quelque temps.
    Serais-ce la « vengeance » des pays riches avec la complicité des classes dirigeantes corrompues des pays émergents?
    Il est évident ainsi que la dette sera, en réalité, réglée par les pays émergents qui avanceront toujours davantage leur camelote pour nous en gaver-sans être payés correctement.
    En tout cas, en maintenant le système actuel, avec une monnaie thésaurisable, il est absolument exclu qu’il y ait un quelconque désendettement possible. La croissance des dettes suit une loi de croissance exponentielle d’autant plus forte que l’inflation est plus élevée.
    Il faut croire que la « capacité à soffrir » des pays pauvres et émergents n’a décidément pas de limite.
    Quant à chez nous, sans doute assisterons-nous, dans les années à venier, avec ou sans austérité, à des durcissements sociaux « à l’américaine »…

  2. L’amnésie des banquiers est stupéfiante.
    Ils nous endorment aussi bien que le pavot (dont le secret bancaire est un des ingrédients).
    Ne venons nous (nous, les payeurs nationaux de taxes et contributions par l’intermédiaires de nos Etats) ne venons nous pas donc de les tirer d’une très facheuse passe en leur fournissant les fonds qui leur manquaient. Pour leur fournir ces fonds n’avons nous pas emprunté puisque nous avions la surface necessaire pour cela?
    Et maintenant, ils trouvent que nous ne sommes pas des emprenteurs assez sûrs et ils veulent qu’on les rembourse vite car onne fait pas confiance à ceux qui ne gèrent pas bien leur deniers.
    Ca commence par l’Irlande et laGrèce mais ça continuera à grimper parce que c’est leur nature d’être amoral (on me doit donc je récupère).

    Alors celui qui gagnera le gros lot ce sera le pays qui les rappelera que la réalité de la vie des gens est plus forte que les bilans financiers des banques et renégociera sa dette en disant : « messieurs les banquiers je vous rembours 25, 15, 2% de ce que je vous dois parce que vous êtes tout aussi responsables que moi. Rappelez-vous quand vous montiez des coups trodus pour favoriser les dettes. » N’est-ce pas ce qui s’est passé en Amérique du Sud quand les pays ont cessé de se faire saigner par le FMI qui est le garant des remboursements aux banquiers pour faire payer toutes les parties prenantes au désastre, banques y comprises.

    1. votre raisonnement est faible. « Les banques », cela ne veut pas dire grand’chose. Les banques ne peuvent prêter qu’à des emprunteurs sûrs. Car ce qu’elles prêtent c’est ce que les déposants prêtent déposent). Et ces déposants, s’ils ne devaient récupérer que 25% de leur capital avancé, ils ne déposeraient plus leur argent en banque, et le circuit s’arrêterait totalement. Face à la perspective que les dettes ne peuvent plus être payées, le circuit s’arrête en raison des manques de liquidités qui se constituent en raison du retrait massif (thésaurisations). Quand la banque centrale « monétise », les banques préfèrent laisser une grosse part de ces sommes à la banque centrale, peu ou faiblement rémunérées, car il n’y a plus guère d’emprunteurs sûrs. En même temps, la demande de crédits, faute de débouchés, reste faible dans l’économie marchande. Alors, aussi longtemps que la monnaie émise peut ne pas circuler (peut être thésaurisée), l’économie ne peut fonctionner bien. Les choses se passent comme si dans un corps se formaient de multiples zones d’infarctus, et la non-irrigation des organes prend le dessus.
      Si nous avions une monnaie qui circule inconditionnellement, il n’y aurait pas de telles zones nécrosées. Cette monnaie popurrait s’appeler « signe monétaire marquée par le temps » ou SMT, où la thésaurisation serait empêchée en raison des coûts qu’elle générerait pour ceux qui s’y risqueraient.
      Dans ce cas, la totalité de la monnaie émise circulerait enfin, l’argent reviendrait pour générer, à chaque transaction, des revenus, et le remboursement des dettes irait tout seul. Le désendettement de tous les états et des particuliers s’amorcerait, naturellement en réduisant ainsi substantiellement la rente du capital.
      Est-il à ce point « inconcevable » de concevoir une monnaie qui circule efficacement?
      Il me semble que le fait que la monnaie doit circuler, comme le sang dans le corps, n’est quand même pas une vision si compliquée que cela.

  3. Il est évident que le fonctionnement actuel de l’Europe ne peut pas tenir le choc face à une crise de l’ampleur de celle que nous vivons chaque jour.
    Une chose néanmoins…
    De quel coté est l’ « aléa moral »…???

    La prise en otage n’est pas encore suffisamment citée, je pense.

    1. C’est évident Monsieur finckh il faut créer une monnaie non thésaurisable vous avez entièrement raison , une monnaie qui ne sorte pas du corps actif et elle peut cohabiter avec la monnaie actuelle jusqu’à la soumettre.
      très bien vous avez mon vote mais smt çà fait un peu mst……

  4. A propos de sauvetage, de l’économie US cette fois, Warren Buffet, dans sa bio autorisée
    « L’effet boule de neige », par Alice Schroeder, au lendemain du déclenchement de la crise, déjà…
    « On pourrait facilement mettre fin au problème en inondant le système avec assez de liquidités, mais une telle tactique a des conséquences. Parmi elles, il y a l’arrivée immédiate d’une gigantesque inflation. Beaucoup de choses se passeraient alors qu’on n’apprécierait guère. L’économie est sans aucun doute en train de couler. Ce n’est pas ma partie, mais si je devais parier sur un sens ou sur un autre — tout le monde dit que la récession sera courte et légère, moi je dirais qu’elle sera longue et profonde ».
    « Dans le monde financier, il ne faut absolument pas se retrouver dans une position où, du jour au lendemain, on se retrouve à dépendre de la bonté des étrangers. J’ai passé beaucoup de temps à réfléchir à tout ça. Je ne veux pas avoir besoin d’un milliard de dollars du jour au lendemain. Enfin, un milliard, ce serait possible. Mais une somme significative, disons. Parce qu’on ne peut être sûr de rien. On doit réfléchir à des choses qui ne se sont encore jamais produites ».

  5. Attali sur le G20:

    « La métaphore que j’emploie depuis le premier G20 (des alcooliques réunis pour décider comment ne plus boire, se contentent de prendre un dernier verre) est encore applicable à la réunion de Séoul. On vient une nouvelle fois de recourir à de nouveaux expédients sans se donner les moyens de se désintoxiquer. Ne voit-on pas que rien de tout cela ne fonctionne? Ne voit-on pas que la maison brûle? Ne voit-on pas que la Chine ne peut rendre sa monnaie convertible aussi longtemps qu’elle n’est pas une démocratie? Ne voit-on pas que le Japon est paralysé? Ne voit-on pas qu’aux Etats-Unis, la victoire des républicains aux élections de la mi-mandat donne tout pouvoir aux banques pour ne pas appliquer la législation financière d’Obama et pour ne pas financer les immenses pertes qui s’annoncent?

    Ne voit-on pas que les soi-disant mécanismes européens de résorption des dettes bancaires et publiques ne fonctionnent pas? Que l’Irlande est en faillite? Que l’Espagne va très mal? Que le Portugal et d’autres vont suivre? Ne voit-on pas que personne ne sait comment éviter un rééchelonnement massif des dettes publiques et privées? Ne voit-on pas qu’il faudra bien se poser la question de savoir qui paie pour ce rééchelonnement? Les banques? Les contribuables? Les banques centrales? Ne voit-on pas qu’au bout de la route le choix au Japon, aux Etats-Unis et en Europe pourrait n’être plus qu’entre l’inflation et la nationalisation des banques? Mais non. On ne veut pas voir. D’ailleurs, tout le monde souriait sur la photo finale. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. »

    http://www.slate.fr/story/30067/g20-cauchemar-attali

    1. oui, on le voit, Monsieur ATTALI!
      Mais en dehors d’une nouvelle monnai SMT, je ne vois pas de solution. Et cette proposition ne semble de teoute évidence pas retenir l’attention de beaucoup de gens.

    2. Bonsoir Johannes.
      Je t’ai déjà parler de mon avis sur une monnaie fondante mais je pense devoir être plus explicatif. Par du vécu. Pas encore du vécu de guerre ni de dévaluation massive, mais du vécu récolté auprès de personnes ayant vécu certaines périodes dures ainsi que du pseudo-vécu par des professeurs qui en tirent des théories qui leur semblent applicables.

      En vécu, un grand-père qui a joyeusement participé à la guerre et un père, à l’arrivée du nouveau franc…
      Si l’on regarde la guerre, contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, elle n’a pas changé grand-chose. Bondissez pas, j’explique.
      Regardez les cours de bourses. +2,25% par an. Comme d’hab.
      Les vrais économistes pourront peut-être trouver l’explication dans le fait que Roosevelt avait réussit à tuer les débordements de ce qui nous tue actuellement.
      L’excuse historique dans l’inachévement de son plan par la guerre me gène un peu aux entournures dans le sens où elle sert maintenant les intérêts de la caste la plus riche.
      Cherchez l’erreur.
      Mon père a été révolté par le nouveau franc. Tout comme certains par l’Euro…
      Il a bien senti que son pouvoir d’achat avait bien été bouffé..(on est tous radins dans la famille 😉 )
      Cherchez la nouvelle erreur…
      Attends, Johannes, ne soit pas impatient. Ca arrive.

      J’ai eu deux profs d’éco assez différents.
      L’un de gauche, nous citant Machiavel pour compléter l’économie. (ça ne vous parait pas bizarre..??)
      Prof dont les enseignements nous ont bien montré que seule la pertinence humaine pouvait nous sauver de la folie de la matière qu’IL NOUS ENSEIGNAIT !!!
      Donnant des cours à des HEC, je me suis toujours demandé s’il avait le même discours face à eux 🙂

      L’autre bien de droite nous assénant un jour le slogan de Notre Président Actuel : « s’endetter est avoir confiance en l’avenir ».
      Et nous montrant que la bourse était toujours monté, plus ou moins tranquillement, d’un taux moyen annuel de 2,25%.

      J’y arrive, Johannes, j’y arrive. Tu dois d’ailleurs l’avoir déjà senti car je connais ta pertinence.
      L’usure de l’argent. De la monnaie.
      Plus ou moins forte suivant les périodes de turbulence MAIS toujours présente car toujours captée par des gens qui voudront toujours plus.

      Tu veux augmenter cette usure..??
      A ton avis : quel résultat ?

      Quand les plus riches, qui connaissent déjà cette usure veulent des 15 ou 20 ou 30 ou le MAXIMUM. (et le loto en prime)
      J’en rajoute même : Avons-nous encore besoin d’une instabilité alors que le but d’un humain est de PERENNISER son avenir et si possible laisser un minimum à ses enfants par crainte d’un avenir éventuellement moins favorable..??
      Les manifs anti-sarko ont AUSSI cette cause là.

      Alors, non.
      Au contraire.
      Je veux avoir un « truc » fiable lorsqu’il me sera impossible de pouvoir travailler et s’il en reste un peu pour mes enfants, tant mieux. Même si leur vie est déjà bien lancée.

      Je te rassure.
      L’insécurité pronée par le capitalisme ne se rend pas compte que chacun doit avoir le droit de ne PAS vouloir être un guerrier financier.

    3. ne PAS vouloir être un guerrier financier.

      Voilà, c’est exactement cela ! Nous voulons être civilisés ! Nous voulons que chacun ait de quoi subvenir à ses besoins fondamentaux, …

      Les histoires de cow-boy nous ennuient ….

  6. Le titre de la chronique me fait penser à un autre titre pour peut-être une prochaine chronique:
    « Quatre sauvetages (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne) et un enterrement (l’euro). »

    1. Vous êtes en train de faire de l’humour sur notre monnaie, mais…

      Y’a toudmaime un problème.
      Il FAUT maintenant simplement de l’argent pour vivre. Vous dire.

    2. Kerjean, pas d’accord avec toi. Il y aura bien quatre sauvetages, mais au final il y aura quand même l’enterrement de l’euro.

  7. Oui, voilà bien 3 sujets cruciaux :

    – l’impossibilité d’expliquer aux peuples de la zone que la croissance conjoncturelle doit être abandonné au profit d’une stabilité structurelle si ces derniers estiment que l’équité n’est pas au cœur des processus d’austérité budgétaire, ce qui semble, pour l’instant, malheureusement le cas.

    – La redéfinition du mandat, devenu totalement obsolète, de la BCE pour aider au maintien de l’équilibre et de la compétitivité de la zone face au reste du monde.

    – La difficulté de défendre, face aux marchés, la crédibilté de la dette européenne, tant que celle-ci ne sera pas définitivement mutualisée.

    1. La zone euro n’est pas homogène ; cela constitue une source de difficulté pour les institutions européennes. Depuis l’introduction de l’Euro, il y a 10 ans, l’Allemagne a connu une forte croissance industrielle et de ses excédents commerciaux
      L’Espagne a eu des déficits commerciaux croissant, entièrement dus à la croissance de la dette privée.
      La Grèce a connu, elle aussi des déficits commerciaux, avec pour contrepartie une croissance de la dette privée et publique.
      La France a une position intermédiaire avec des déficits commerciaux au départ limités mais qui croissent depuis 2004.
      Globalement les excédents commerciaux de l’Allemagne (les second du monde juste derrière la Chine) compensent les déficits des autres pays.
      Donc l’épargne et les capitaux dont on parle dans ces commentaires, ce sont ceux des épargnants européens….
      Quant à la compétitivité : Natixis a étudié la sensibilité des différents pays à la parité euro / $
      Les exportations allemandes sont peu sensibles à cette parité
      celle de la France, de l’Italie et de l’Espagne sont par contre très sensibles à cette parité.

      Donc l’Europe est très hétérogène, les intérêts des différents pays poussent dans des directions opposées…

    2. I.Lucas

      Vous avez bien sûr raison, les conflits d’intérêts constituent le frein majeur aux décisions de fond, raison pour laquelle, lorsque l’ensemble de l’édifice vacille, des solutions incroyables et « non conventionnelles » surgissent comme par magie en une seule journée alors que des mois de négociations ne donnent le plus souvent que fort peu de chose. Les politiques ne sont élus que pour défendre des intérêts nationaux et renâcle à perdre du pouvoir, Elie Cohen l’a très concrètement décortiqué à plusieurs reprises depuis la début l’année
      Mais l’hétérogénéité n’est pas un obstacle insurmontable. Ceux qui connaissent bien les états de l’union, savent à quel point leurs situations et leurs intérêts diffèrent. La Californie, le Texas, le Maine… autant de situations d’endettement, de spead, de foreclosure, de compétitivité, d’industrialisation…très différents les uns des autres.
      Il manque déjà à la zone euro une agence du trésor qui puisse émettre ces propres bons. Ce serait une avancée vraiment significative et permettrait d’avancer sur le 3em point que j’évoque.
      Peut être faudra-t-il que l’édifice menace à nouveau de s’écrouler pour que l’Allemagne lâche du lest sur ce point précis.
      Passionnant en tout cas.

  8. Une terrible vérité va se faire jour : chaque sauvetage est un enterrement. Pis, il incite les marchés à en réclamer d’autres, dans l’espoir de ne pas être mis à contribution.

    Un vampire pour exister, pour fonctionner, pour se sentir bien, prendra toujours un peu plus du sang d’autrui pour se régénérer, pour mieux reprendre des forces à l’insu du monde, avoir bonne mine, et bien sur tout cela ne dévampirise pas plus le monde,

    La pensée positive des gens du marché résoud souvent les problèmes, tuons d’abord l’esprit de charité et de solidarité, histoire que nous y voyons un peu plus clair ensuite pour exister.

    Je rigole face au danger de plus en plus visible du pauvre homme de plus contre la brutale bureaucratie mondiale se mettant en place, puis ensuite lorsque c’est le grand crack mondial. Je pense tout de suite à prendre l’avion à aller sur une île, à chercher même davantage un meilleur trou pour me cacher, moi et les miens d’abord, à me faire tout petit, c’est bien simple, bientôt le banquier n’aura même plus le droit de cité, pas même le droit de mieux reposer en pais, lorsque le monde apprendra bientôt la douloureuse de plus, tout cela n’aura donc servi
    à rien si ces gens là se remettent tout aussitôt à se conduire comme des fous.

  9. « L’évolution du contexte politique dans les pays de la zone des tempêtes est en train de compliquer la donne. » : autant il me semble difficile de pressentir un « effondrement financier », car un système financier même « effondré » continue d’être ce qu’il est, autant il me semble facile de prévoir des crises politiques. A cause des budgets d’austérité dont les effets vont peser de plus en plus lourd, (avec des marches arrière impossibles), et parce que les élections, aussi « pièges à cons » soient-elles, n’en sont pas moins des baromètres susceptibles de « cristalliser » le mécontentement populaire.

  10. « Rappelant à Jean-Claude Trichet qu’il a souvent donné l’Irlande comme illustration de la politique d’austérité jusqu’à l’os qu’il continue de préconiser… »

    Vous mélangez budget de l’Etat et dépenses de sauvetage financier ad-hoc. La principale raison pour laquelle la situation de l’Irlande a empiré depuis un mois, c’est la gestion désastreuse des banques irlandaises. Par comparaison, les banques grècques sont bien capitalisées et leur principal problème aujourd’hui est un accent au financement sur les marchés internationaux, principalement à cause de la mauvaise gestion des finances publiques hélléniques, préconisez des mesures d’austérité additionelles à la Grèce n’entraînerait pas le pays dans une situation similaire à celle de l’Irlande.

    1. Si vous pensez que les banques grecques sont bien capitalisées, c’est que vous oubliez que leur solidité repose sur leurs avoirs….en obligations de l’Etat grec.

      Les obligations, cela marche comme cela: plus leur taux augmente, plus leur valeur baisse.

      Devinez sur quoi les banques grecques sont assises….

    2. Et devinez dans quoi certaines banques européennes (notamment françaises et allemandes) ont mis le doigt, en achetant à tour de bras certaines banques grecques dans les années 2005-2006 … ?

    3. Vous évitez habilement de répondre à ma remarque. Les banques grècques reposent certes actuellement en grande partie sur le financement de l’Eurosystem, mais l’Etat n’a pas eu à prendre l’ensemble de leur passif sur sa « balance sheet ». Ce qui est le cas de l’Irlande. Les problèmes budgétaires de la Grèce et de l’Irlande n’ont rien à voir, et les plans d’austérité irlandais ne sont pas à l’origine de la panique actuelle.

    4. Visiblement, certains ont du mal à se faire à l’idée que le « modèle » irlandais -qui d’autre demain?- se retrouve logé à la même enseigne que les « PIGS ». Les lectures essentialistes sont tellement plus simples et rassurantes.
      Et établir un lien entre justice et « punitions » (sic) infligées par les « investisseurs » (re sic), franchement….

    5. Je vous accorde volontiers cette incontestable différence: les banques grecques sont tenues à bout de bras par la BCE tandis que c’est l’Etat irlandais qui en fait de même des banques irlandaises.

      Les deux situations sont aussi intenables.

      Les économies irlandaises et grecques sont par ailleurs fort dissemblables. Mais je ne vois pas en quoi le gouvernement de l’un devrait être exonéré de fautes qui incomberaient à l’autre, ou le contraire, même si elles ne sont pas identiques.

      Le miracle irlandais serait-il préférable à la tricherie grecque, pour reprendre les termes de la grande presse ?

    6. Les deux situations sont intenables en effet, mais je pense que le gouvernement irlandais est moins directement responsable de la situation que l’Etat grec : les banques grècques souffrent de la défiance des investisseurs envers ce pays suite à X années de mauvaise gestion des finances publiques. L’Irlande souffre de la défiance des investisseurs suite à X années de mauvaise gestion des banques irlandaises (qui méritent donc leur sort). Vous pouvez dire qu’il n’y avait qu’à mieux les réglementer, mais la législation à l’échelle européenne fait que les banques grècques auraient pu prendre tout autant de risques que leurs homologues irlandais (corrigez-moi si je me trompe). Par conséquent, la punition infligée par les investisseurs à l’Irlande est un peu injuste, et je soutiens à 100% le gouvernement irlandais quand celui-ci refuse une aide internationale. L’orage n’est que de passage, et s’il est dans l’intérêt de l’Europe entière de préparer le pays à un plan UE-FMI, il n’est pas encore temps de mettre de tels plans à exécution.

    7. Julien, à vous lire, on serez tentés d’oublier le fait que ce sont bien les gouvernements irlandais qui ont vidé leurs propres caisses par le biais d’une fiscalité « avantageuse » sur les sociétés (12,5%, ça fait peu comme rentrées fiscales, même la Slovaquie et son taux unique sont à 19%. Il faut aller en Géorgie pour trouver plus bas) et de charges sociales très basses.

    8. Ne vous en tenez pas à la vision de grecs paresseux et laxistes et d’irlandais travailleurs et méritants.

      Le miracle irlandais reposait sur une stratégie qui faisait du pays une tête de pont européenne de ce que l’on appelle le néo-libéralisme.

      Un château de carte financier a été bâti en quelques années, qui s’est écroulé après que les banques soient devenues hydrocéphales.

      Le gouvernement irlandais a tout fait pour favoriser cette politique; aujourd’hui encore, il refuse de revenir sur la taxation extrêmement faible des entreprises qui en était l’un des aspects.

    9. En fait, l’Irlande a appliqué ce que le FMI, la BM et consorts recommandent:
      baisser le taux d’imposition pour profiter de délocalisations.
      L’Irlande a ainsi été un cheval de Troie, par dumping fiscal,
      des multinationales à la conquête du marché européen.
      Le dumping fiscal, en plus, ne représente pas forcément un sacrifice fiscal.
      En attirant des activités délocalisées, il augmente l’assiette fiscale…
      jusqu’à ce que les autres pays suivent.
      Ce fut le cas avec une baisse de plus de 10% de la fiscalité des entreprises
      dans la plupart des pays depuis 25 ou 30 ans…

    10. Vous avez tous raison, mais ce que j’essaie de souligner, et sans vouloir tomber dans la caricature « Grèce = paresse et triche, Irlande = innovation et sérieux », c’est que le gouvernement irlandais est seulement coupable d’avoir suivi la doctrine dominante de ces 20 dernières années, ce qui a semblé bien fonctionner jusqu’en 2007 (y compris au niveau rentrées fiscales, la dette publique irlandaise n’est pas si élevée !!). Pendant ce temps, la Grèce perdait en compétitivité et jonglait avec ses comptes publiques. Eurostat et l’UE auraient dû tirer la sonnette d’alarme plus tôt, mais il y a tout de même une différence d’idéologie à la base…

  11. johannes finckh dit :
    14 novembre 2010 à 14:46

    votre raisonnement est faible. « Les banques », cela ne veut pas dire grand’chose. Les banques ne peuvent prêter qu’à des emprunteurs sûrs. Car ce qu’elles prêtent c’est ce que les déposants prêtent déposent)

    Vraiment!
    Vraiment sur de ce que vous avancez?
    ce serait trop simple !

    1. @ tchoo
      Pour faire simple, vous me paraissez egalement tres simple (en seulement 3 phrases):

      « Les banques ne peuvent prêter qu’à des emprunteurs sûrs »
      Faux …. ca se saurait si les banques avaient une conduite responsable. Un pret signifie, a tres court terme (leur vision), une commission et des interets. A partir de la, tout est dit.
      « Car ce qu’elles prêtent c’est ce que les déposants prêtent déposent »
      Encore faux …. si la somme des prets accorder par un banque representait la somme reellement presente dans ses coffres, on ne serait pas dans cette panade aujourd’hui. Une banque depense plus de 9 fois ce qu’elle a dans ses coffres (officiellement, cela va sans dire).

  12. Si les dirigeants de la terre veulent tant faire le bien de l’économie mondiale (le bien être du monde) ils ne devraient pas tant rechercher à mettre davantage de mesures d’austérités encore plus à l’égard des gens qui n’y sont strictement pour rien, encore plus si cela ne ramène pas mieux la confiance et plus d’éthique et de morale au monde des affaires, comment voulez-vous consommer, y croire de nouveau, relancer la croissance, lorsque vous êtes de plus en plus mal payé sur terre, ça tombe pas non plus du ciel, du marché, de la finance mondiale une meilleure douceur de vivre en société, bon je sais c’est un raisonnement très simpliste, de toutes façons les choses trop simples les gens compliqués ne veulent pas tout les entendre, ça vient pas d’eux en premier.

    Enfin s’il veulent d’abord détruire le monde,

  13. Grèce : Papandréou n’exclut pas d’étendre la durée de remboursement de la dette.

    Le Premier ministre grec Georges Papandréou n’a pas exclu dimanche « l’éventualité » d’un prolongement de la durée de remboursement du prêt de 110 milliards d’euros accordé en mai à la Grèce par l’UE-FMI, « une question qui a été déjà mise sur la table ».

    « Le fait qu’on puisse aujourd’hui évoquer la renégociation, c’est pour une seule raison : nous avons prouvé notre crédibilité, nous avons montré notre volonté de changer », a déclaré M. Papandréou dans un entretien accordé à l’hebdomadaire « Proto thema ».

    Le gouvernement socialiste de M. Papandréou, qui fait face dimanche à une échéance électorale locale, un test pour sa politique d’austérité, entame lundi 15 novembre avec les représentants de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) une difficile négociation sur la poursuite des efforts de rigueur nécessaires dans le budget 2011 pour réduire le déficit public.

    Au terme de leur visite, ces institutions doivent décider si elles accordent un feu vert au versement de la troisième tranche (9 milliards d’euros) du prêt accordé en mai au pays pour le sauver de la banqueroute et éviter un probable éclatement de la zone euro.

    Parallèlement, l’Office européen des statistiques (Eurostat) doit aussi rendre public lundi le chiffre révisé à la hausse du montant du déficit public grec en 2009, qui devrait finalement dépasser 15 % du PIB contre 13,6 % initialement annoncé.

    Cette révision alourdira d’autant les efforts à réaliser dans le budget 2011 d’Athènes pour respecter les engagements de baisse de la dépense publique pris en mai lorsque l’UE et le FMI ont débloqué leur prêt.

    « Notre lutte pour réduire le déficit commence d’une base plus haute. Nous avons commencé un marathon et nous apprenons au milieu de la route qu’il faut parcourir plus de kilomètres ; cela veut dire qu’il faut faire encore plus d’efforts », a déclaré M. Papandréou dimanche à « Proto thema ».

    Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou avait assuré vendredi que toute nouvelle mesure porterait sur des réductions de dépenses publiques.

    En échange de ces efforts nouveaux, qui passeront vraisemblablement par un programme de privatisation, M. Papandréou a admis que l’idée d’une renégociation de la durée de remboursement du prêt faisait partie des possibilités envisageables.

    Les spéculations sur une restructuration de la dette grecque agitaient les marchés financiers depuis des semaines, régulièrement démenties jusqu’à présent par le gouvernement.

    « Nous, le gouvernement et le peuple grec, avons prouvé notre volonté de changer, sinon personne ne discuterait avec nous pour une renégociation possible », a déclaré M. Papandréou à « Proto thema », en se référant aux mesures d’austérité draconiennes prises en mai en échange du prêt (réforme des retraites, baisse des salaires dans la fonction publique, etc).

    L’analyste de l’agence de notation Fitch, Chris Prais, qui se trouvait à Athènes la semaine dernière pour évaluer les comptes grecs, a indiqué au quotidien dominical Kathimérini que « la note de la Grèce était Ba1, avec des perspectives négatives ».

    Selon ce journal, « M. Chris Prais a estimé qu’une telle dégradation de la note du pays pourrait entraîner la renégociation de sa dette ».

    Toutefois, M. Prais n’a pas exclu une stabilisation de la note du pays, ce qui dépend des mesures prévues dans le budget 2011, selon Kathimérini.

    Boursorama

  14. Hors sujet mais d’importance, merci de relayer cet APPEL,
    paru le 5 Novembre dans El Pais

    LA CHARADE DEMOCATIQUE AU BURMA

    « Le 7 Novembre, à l’issue de la première élection nationale au Burma depuis presque deux décennies, un scénario,bien répété, prendra place.Les généraux au pouvoir, auront transformé ce qui est censé être un processus démocratique, où les citoyens peuvent exprimer leur volonté, en une parodie d’expression libre dans laquelles les gens votent avec la peur et sans espoir.La communauté internationale doit juger les généraux birmans à l’aune de leurs actions. pas à celle de leurs mots et promesses. Les faits au Burma expriment la vérité plus que les proclamations des généraux au sujet d’une élection démocratique et une transition démocratique,

    Plus de 2100 prisonniers politiques demeurent emprisonnés au Burma. Nombeux sont ceux qui ont été torturés, détenus dans des conditions horribles, et se sont vus refuser les soins médicaux.Les attaques contre les minorités ethniques continuent, avec pour cible délibérée les civils, y compris les enfants par l’armée et la police birmane.Les médias du pays demeurent censurés, la liberté d’expression refusée,et le parti le plus populaire du pays, qui gagna les élections en 1990, le National League for Democracy, a été contraint à se dissoudre, faisant suite à sa décision de ne pas s’inscrire pour les élections de Novembre.

    Dans de telles conditions, des élections libres et équitables sont évidemment impossibles. La dénommée transition démocratique, un processus conçu par les dictateurs et fait uniquement de contributions de loyalistes au régime, aura pour résultat une dictature continuée

    Avant que le destin du Burma ne soit scellé dans un nouveau modèle de dictature, les Nations-Unies doivent immédiatement entamer une nouvelle démarche afin de parvenir à la réconciliation nationale et la démocratie pour ce pays en difficultés.La communauté internationale doit s’unir derrière une initiative dirigée par les Nations-Unies afin de parvenir à un dialogue authentique.

    Mais pour que ce dialogue ait une légitimité réelle, il doit inclure le Prix Nobel de la Paix, Daw Aung San Suu Kyi, qui a été soumise à des décennies d’assignation et détention
    à domicile, et son parti,le NLD.Les autres groupes de l’opposition démocratique, et des représentats des minorités ethniques, doivent aussi se voir donner une voix dans ce processus

    La pression doit être utilisée afin de mener les généraux du Burma à la table de négociations où de réelles négociations doivent prendre place. Tous les moyens à la disposition de la communauté intenationale doivent être employés à cette fin.

    Mais la responsabilité d’aider le Burma n’est pas seulement celles des Nations-Unies. La pression sur les généraux doit être tant bilatérale que multi-latérale-et doit être renforcée par des mesures économiques clairement calibrées, incluant des sanctions financières et bancaires.

    L’action doit être entreprise pour mettre fin à l’impunité avec laquelle les généraux birmanss ont gouverné.La dictature est accusée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, principalement contre les minorités ethniques du pays, qui ont souffert des décennies d’oppression, d’ostracisme et de dictature militaire sous toutes ses formes. L’Assemblée générale des Nations doit suivre la recommendation du rapporteur spécial des Nations-Unies afin de mettre en place une Commission d’Investigation sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité au Burma.

    De plus, le Conseil de Sécurité doit imposer un embargo sur les armes contre le Burma, comme il l’a fait dans d’autres pays, affligés de la même façon par le conflit et des
    abus aux droits humains. Les pays vendant des armes au Burma doivent être exposés à des accusations de complicité dans les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par la dictature.

    La dictature et les abus contre les droits de l’homme continueront au Burma après le 7 Novembre.Il n’y a aucun besoin d’attendre l’issue des élections pour savoir ceci.Il n’y a aucune excuse pour une inaction continuée. Maintenant est venu le temps pour le monde de s’unir derrière le peuple du Burma, et de les aider à apporter enfin au pays la paix et la dignité. »

    Václav Havel is a former President of the Czech Republic, His Holiness the Dalai Lama is the spiritual leader of Tibetan Buddhism, HRH El Hassan Bin Talal is Chairman of the Arab Thought Forum, André Glucksmann is a French philosopher and essayist, Vartan Gregorian is President of the Carnegie Corporation, Michael Novak is a Roman Catholic philosopher and diplomat, Karel Schwarzenberg is Foreign Minister of the Czech Republic, Desmond Tutu is a Nobel Peace Prize laureate, Grigory Yavlinsky is Chairman of the Russian United Democratic Party, Yabloko.

    Texte en français

    http://www.lepost.fr/article/2010/11/09/2298504_re

    Texte en espagnol

    http://www.elpais.com/articulo/internacional/Burma

  15. En refusant de demander une aide financière et en démentant en avoir besoin, le gouvernement irlandais crée une situation inédite.

    La BCE et les autorités de Bruxelles les ont pourtant pressés de s’engager dans cette voie, en le faisant savoir, mais ils s’y refusent catégoriquement.

    Ce faisant, ils créent une situation dangereuse pour les autres pays de la zone des tempêtes ou proches d’y entrer, ce qu’il fallait éviter. A suivre dès demain.

  16. Merci d’avoir publié ce texte pour le Burma, important pour son avenir.

    François, une suggestion, devant l’effet de dominos pévisibles, pourriez voir nous redonner
    le chiffre déterré pa le WSJ au moisw juillet, après pointage à la B.I.S, du montant des obligations
    souveraines des économies de la périphérie détenues par les banques européennes, que je parviens plus à retrouver; il me semble que même si ces chiffres datent du mois de juin, ils sont le coeur du problème, ou du moins, les données de bases pou évaluer l ampleur de l’effondrement qui menace ?

  17. La Grèce évoque un rééchelonnement de sa dette.

    George Papandréou évoque la possibilité d’un rééchelonnement du remboursement du prêt consenti par l’Union Européenne et le FMI.

    « La question d’un rééchelonnement du remboursement du prêt a d’ores et déjà été évoquée », dit Papandréou dans une interview au journal grec Proto Thema.

    « Mais cela ne signifie pas que le problème sera automatiquement résolu. Le déficit est un déficit et les problèmes sont les nôtres, pas ceux d’autrui (…) », ajoute-t-il.

    Un membre de la BCE a cependant indiqué que « la Grèce doit atteindre ses objectifs pour retrouver sa crédibilité. Les autres discussions, comme la renégociation des conditions de prêt, ne font que porter atteinte à sa crédibilité ».

    Le FMI a indiqué qu’un rééchelonnement des remboursements était possible, mais en octobre l’Allemagne s’y est fortement opposée, et la Commission européenne a indiqué qu’aucune discussion n’avait lieu en ce sens.

    L’Euro est déjà confronté à la crise irlandaise et la déclaration du premier ministre grec pourrait ne pas être appréciée par les marchés.

    http://info.france2.fr/economie/la-grece-evoque-un-reechelonnement-de-sa-dette-65850859.html

  18. Lundi 15 novembre 2010 :

    Grèce : voici les chiffres révisés.

    Déficit budgétaire 2009 : 15,4 % du PIB.

    Dette publique 2009 : 126,8 % du PIB.

    Dette publique 2010 (prévisions) : 144 % du PIB.

    Source : dépêche de l’agence Reuters, reprise ici :

    Tempsreel.nouvelobs

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