L'actualité de la crise : L’HEURE DE LA RÉCRÉATION, par François Leclerc

Billet invité.

Il vaut mieux en rire, nous risquerions d’en pleurer ! Les déclarations les plus étonnantes et les raisonnements les plus tirés par les cheveux ont ces derniers temps tendance à se multiplier. A l’occasion d’une revue de presse, comment résister au plaisir d’épingler les derniers en date  ?

On nous apprend ainsi que la liste des 20 mégabanques publiée par le Financial Times comme émanant du Conseil de stabilité financière (CSF) est un vieux document qui n’a rien à voir avec la réflexion sur de nouvelles mesures anti-systémiques. D’autant qu’une telle liste devrait de toute façon rester secrète, afin de ne pas favoriser l’aléa moral, les banques figurant sur celles-ci bénéficiant de facto d’un sauvetage garanti. On devine les directions de Goldman Sachs, Crédit Suisse, HSBC, Deutsche Bank ou BNP Paribas s’interrogeant avec anxiété pour savoir s’ils figurent ou non sur cette précieuse liste enfermée dans un coffre à Bâle, siège du CSF… Devant la force de l’argumentation opposée à la publication de la liste, le G20 a finalement décidé de demander au CSF d’en préparer une pour le milieu de l’année prochaine. Le suspens monte.

Cinq ministres des finances européens, qui se trouvaient de passage à Séoul pour un dîner de gala, partent avant le dessert pour rédiger toute affaire cessante un communiqué mettant les points sur les « i », une fois n’est pas coutume. Pas de malentendu  ! disent-ils aux marchés, « Tout nouveau mécanisme [de défaillance codifiée d’un Etat] n’entrera en vigueur qu’après la mi-2013, sans aucun impact quel qu’il soit sur les dispositions actuelles ». Pouce ! arrêtez les frais en Irlande, nous ne sommes pas prêts et d’ailleurs vous ne risquez rien… Jean-Claude Trichet, qui les avait prévenus de la réaction des marchés, qu’il ne faut pas provoquer, a savouré son dessert en silence.

Faisant face à une levée de boucliers aux côtés de Barack Obama, après avoir reçu le coup de pied de l’âne d’Alan Greenspan – pour qui il a « un énorme respect » – Tim Geithner a déclaré contre toute évidence « nous ne chercherons jamais à affaiblir notre monnaie dans le but d’obtenir un avantage compétitif en vue de d’améliorer la croissance de notre économie ». Entre dirigeants chinois et américains vient de s’engager, à défaut d’autre chose, un concours mondial de langue de bois que les 18 autres puissances représentées à Séoul sont chargées d’arbitrer. D’un dernier coup de reins, le président Barack Obama a été chercher la victoire en déclarant qu’il y avait un large consensus dans le monde sur la voie à suivre pour une reprise économique globale. Où vont-ils chercher tout cela ?

Participants au concours et décidément durement à la tâche, de hauts responsables américains ont dans la nuit (européenne) estimé que le communiqué final du G20, dont chaque virgule a été discutée âprement depuis trois jours, « va réduire quelque peu la pression et les tensions que nous avons vues », démentant ceux qui prédisaient qu’un constat de division était inévitable. Un progrès aurait même été fait par rapport au précédent communiqué, adopté par les ministres des finances fin octobre : « d’une certaine manière, le langage sera plus fort ». Ce sommet n’aura pas été inutile, allant aboutir à demander au FMI… d’écrire des rapports, qui pourront être scrupuleusement classés.

Christine Lagarde, qui s’était déjà fait remarquer par son audacieuse formule de « rilance », téléscopage de rigueur et de relance – qui n’a malheureusement pas fait florès – vient à nouveau de témoigner de son art des formules et de son sens de l’à-propos. Nous sommes entrés dans « l’après-crise » a-t-elle assuré, vu les perspectives de croissance de la France pour 2011, qu’elle établit à 2%. Incorrigible sœur Anne qui ne voit rien venir…

Cerise sur le gâteau, voici l’une des phrases sentencieuses clé du communiqué officiel : « Une croissance inégale et des déséquilibres croissants accroissent la tentation d’abandonner des solutions communes en faveur d’actions non coordonnées ». La gourmandise est un vilain défaut.

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64 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L’HEURE DE LA RÉCRÉATION, par François Leclerc »

  1. Lagarde ne disait elle pas en 2009, que la reprise est en vue en 2010 ? Sacrée madame Lagarde, en 2011, elle va nous dire que la reprise va être en 2012.

    La montagne a de nouveau accouché d’une souris. A en croire, ils viennent au G20 juste pour avoir un bon dîné et discuter de tout et de rien.. on a pas l’impression que le destin de l’économie mondiale est ent rain de y être jouer.

    1. Madame Lagarde claironnait en Août 2008 « la crise est derrière nous », j’ai donc pris l’habitude de m’attendre au pire quand elle annonce que cela va mieux.

    2. ce que personne ne relève ou presque, c’est que tous ces experts incapables de voir ce qui arrivera demain, ont été capable de nous dire précisement le déficit de la retraite par répartition dans 40 ans

      l

  2. En marge de ce ‘sommet », il y aurait lieu de relever les progrès diplomatiques de HBO,
    qui, après avoir fait office de nouveau Gandhi lors de sa visite en Inde-on penserait plutôt à une évolution de sa fonction de fakir-, et, en échange d’accords commerciaux, a accordé à l’Inde des concessions politiques qui vont certainement enchanter ses voisins chinois et pakistanais, ensuite est parti prêcher en Indonésie ( extraits: Le développement et la démocratie, non la relligion sont l’espace dans lequel des personnes de culture et de religion différentes parviennent à vivre ensemble et prospérer dans le monde actuel, le message selon El Pais. ‘Nous surmonterons le manque de confiance, nous avancerons ensemble dans la recherche constante du progrès..Je peux promettre que les E-U, quelles que soient les difficultés qui se pésentent, sont engagés sur la voie du progrès humain’, dans le texte-
    alors que les statistiques récentes font état de 1000 frappes de drones en AFPAK au mois d’octobre-rappeler ici que le coût d’un missile Hellfire est de 100 000 USD l’unité- a échoué dans ses négocations commerciales bilatérales avec la Corée du Sud. Restent au prix Nobel
    de la paix, la Chine et le Japon.Il pourra au moins ramener de son voyage un jeu de go qui lui sera utile pour les prochaines échéances.

    A l’occasion de ce sommet, je souhaiterais signaler aux lecteurs de ce blog une nouvelle
    catographie du monde, intéressante:

    http://www.ritholtz.com/blog/wp-content/uploads/2010/11/Howtooffendeverybody.png

  3. Bonjours
    J’adore l’art de la manipulation du language. Vous me direz c’est leur métier.Peut être la manipulation des peuples mais les mots on un sens je croit.

    1. La fraude des mots ( http://2ccr.unblog.fr/files/2010/10/lafraudedesmots.pdf )

      «Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdentleur liberté»………CONFUCIUS

      Si les mots ont un sens, leur mauvaise utilisation peut nuire gravement à la
      démocratie. La manipulation du langage est une constante de tous les régimes
      totalitaires. Cela leur permet de changer le monde à leur avantage. Aucun mot n’est
      anodin, surtout utilisé par des spécialistes en communication.

      Pour faire croire que dans une entreprise tout le monde est logé à la même enseigne, on ne parle plus de salariés mais de : «collaborateurs». Bien sur parfois il arrive que
      l’on soit obligé de se séparer de ses collaborateurs, lorsque par exemple les
      actionnaires demandent plus de dividendes, pardon, lorsque que l’on veut consolider
      l’entreprise pour lui permettre d’affronter la concurrence.

      On licencie moins (bien), on restructure (pas bien). Les «restructurations» sont obligatoires pour faire face aux défis de notre temps : c’est à dire une meilleure
      exploitation des salariés. On se sépare donc d’une partie de ses collaborateurs, et pour
      ceux qui restent on négocie «la flexibilité», que l’on peut traduire par la mise à la
      disposition de l’employeur, ce que l’on appelait autrefois exploitation patronale.

      Il faut aussi améliorer la «communication», c’est à dire intensifier la propagande du MEDEF via le gouvernement et les différents médias pour baisser «les charges
      patronales», autrefois dénommées cotisations sociales patronales. Faire comprendre
      aux salariés que leurs «acquis sociaux» doivent être supprimés pour faire face aux
      difficultés de l’entreprise et affronter la mondialisation. En clair pour rémunérer
      grassement les actionnaires avec des stocks options, des bonus et des parachutes dorés.

      Répéter inlassablement que les caisses sont vides que «l’état providence»ne peut pas tout. Mais peut-être devrions nous plutôt parler d’état re-distributeur, ce qui sousentend que s’il y a redistribution c’est qu’au départ il y a des inégalités. Et l’on retombe
      sur l’épineux problème du partage des richesses. Et comme la redistribution ne se fait
      que dans un sens, il faut en conclure que la providence ne se fait que pour une poignée
      de privilégiés proches du pouvoir, pour lesquels les caisses ne sont jamais vides !

      Pour faire avancer le pays N. Sarkozy nous parle constamment de «réforme de l’état» que l’on peut traduire par destruction des services publics. Ceci dans le but de
      brader la santé, l’éducation, l’énergie … aux entreprises des amis choisis par le
      pouvoir. Ces entreprises auront des collaborateurs, et pour améliorer la rentabilité on
      effectuera des restructurations. La baisse des charges et la flexibilité ne suffisant pas,
      l’Etat providence, qui fonctionne très bien pour eux, viendra à leur secours, et le
      contribuable mettra la main à la poche. Le public finance le privé !

      Il faut sortir le pays de «l’immobilisme», attention ne pas croire que l’on parle de ces familles qui sont aux affaires depuis des générations. Non, on parle de ces millions de
      travailleurs qui après de difficiles luttes ont réussi à améliorer leurs conditions. Cela
      n’a jamais plu à une droite revancharde.

      Après toutes ces réformes vous avez de grandes chances de vous retrouver au chômage, c’est à dire en «période d’inactivité». Et là vous risquez de culpabiliser car
      qui dit inactif dit un peu fainéant. Mais le bon coté de la chose, c’est que même si vous
      êtes au fond du trou, que vous devenez un déchet, sachez que maintenant avec le
      parler écologique on «valorise les déchets»,

    2. à J Gorban,

      Et puis, lorsqu’on est un déchet, on n’a plus rien à perdre et il reste beaucoup à gagner ou regagner…

  4. Les 5 ministres des finances Européens ont peut-être trouvé un moyen astucieux de faire baisser l’euro 🙂 Faut juste être sur que la situation ne va pas dégénérer mais vu qu’il n’y a pas d’appels de fonds Irlandais dans l’immédiat, le timing est peut-être pas mauvais 😉

  5. Bonjour,

    Tel que je comprends vos propos, vous semblez attribuer aux américains une volonté de baisser le cours de leur monnaie.
    Que les actes des décideurs américains aboutissent à ce résultat n’est guère discutable, mais cette volonté me surprend.
    Je ne doute pas qu’ils souhaiteraient voir augmenter le volume de leurs exportations, mais avant que cela ne se réalise, j’ai peur que la note ne soit salée pour eux, et j’imagine qu’il le savent.
    En effet, la baisse de leur monnaie a pour effet général de se traduire par une augmentation des cours des matières premières, laquelle intervient justement dans leur monnaie.
    Avec pour conséquence immédiate que leurs importations de matières premières, dont ils usent largement, augmentent.
    A titre d’exemple, ils importent environ 10 millions de barils de pétrole chaque jour. Il en résulte que la hausse d’une dizaine de dollars du baril de pétrole ces dernières semaines se traduit pour eux par un coût supplémentaire d’environ 100 millions de dollars par jour, et ce, uniquement concernant le pétrole, sachant qu’il en est plus ou moins de même pour l’ensemble des matières premières.
    Sachant que dans le même temps, si leurs exportations bénéficie de la dévaluation de leur monnaie, elles souffrent nécessairement de cette augmentation du coût des matières premières dans le secteur des coûts de production, au niveau de la part concernant les exportations par exemple, dans le surcoût du pétrole.
    Alors existe-t-il pour eux une porte de sortie vers la dévaluation de leur monnaie, j’en doute et je ne suis pas sûr qu’eux-même y croient.

    1. Quelle sera la balance entre l’augmentation recherchée des exportations américaines et le surcoût des importations de matières premières  ? Que recherchent donc les Américains, si – comme d’ailleurs ils l’affirment – la dévaluation du dollar n’est pas leur objectif ?

      A mon sens, ils restent prisonnier du seul schéma qu’ils peuvent concevoir : celui d’une relance économique s’appuyant sur l’initiative privée, puisque la voie de la relance publique est barrée. N’ayant pour la susciter que des instruments monétaires, ils les utilisent faute de mieux. Cela à un côté dernière chance, quand tout a été tenté et c’est effectivement peu crédible.

      Quelle pourrait être une politique alternative, à ce stade  ? Les républicains sont tentés de vider l’abcès, c’est le sens de leur volonté de désengager l’Etat de Fannie et Freddie, qui précipiterait une nouvelle descente aux enfers de l’immobilier et obligerait la Fed a acheter les crédits défaillants. Un argument électoral. Des économistes, comme Paul Krugman, continuent de demander une relance sur fonds publics, à laquelle le Congrès n’accédera pas et que l’administration Obama ne lui demandera pas.

      De tous côtés, il n’y a que des murs.

    2. Sauf que ces 100 millions de dollars supplémentaires par jour, il ne tient qu’à eux de les émettre, et ils vont en faire quoi les émirats de ces dollars en plus eux qui en sont déjà pleins ?
      Racheter des bons, faire des bulles dans les émergents, dites moi donc un peu ?

      Le problème n’est pas qu’il manque d’argent mais qu’il y en a trop par rapport aux actifs réels,
      évidement vu de chez nous en bas, ça ne se voit pas qu’il y a trop d’argent en circulation, mais d’en haut vous les mettez où ces milliards que vous ne voulez ni distribuer ni partager sauf dans des bulles ?

    3. Oui ; les Américains importent non seulement des matières premières, mais nombre de composants de produits industriels assemblés chez eux qui se renchériront en cas de chute du dollar…

    4. J’ai eu ce jour des informations de mon fils (qui est middle office dans une grande banque à Tokyo) que le gouvernement japonais avait décidé de faire comme les USA : racheter les bons du Trésor et donc créer de la monnaie papier pour comme seul espoir assister à une dévaluation conséquente du yen. Seulement 10 % de la dette du Japon représente déjà des sommes considérables. Et les japonais lambda semblent tout à fait d’accord, leur économie stagne, la seule parade trouvée pour soutenir les exportations est une paradoxale baisse des prix domestiques, ce que les européens appellent avec une pudeur de jeune fille la déflation, mais je crois et suis convaincu que ce peuple que j’admire saura faire face à leur crise. Chaque japonais est possesseur de bons du trésor de son pays et par patriotisme il acceptera de faire un sacrifice pour la sauvegarde de son pays ! Ma belle-fille et ses parents sont prêts à se dessaisir de leurs emprunts d’état contre des yens tout neufs ! Si le patriotisme atteignait de telles abnégations en Europe, nous serions sauvés. Mais il est permis de rêver ….

    5. Bonjour,

      A François Leclerc ;
      Je n’ai non plus la moindre idée du sens de la balance, j’estime simplement que le résultat est très contrasté, si ce n’est négatif, et qu’il faut chercher ailleurs que dans l’idée « de dévaluer la monnaie pour relancer les exportations » la motivation à créer des dollars.
      Personnellement, je crois, comme « vous pensez qu’ils croient » qu’une relance de la consommation privée serait la seule porte de sortie possible, or je crois que les conditions d’une telle relance n’existent plus aux Etats-Unis, et comme vous je ne vois que des murs.
      J’estime cependant que la création de dollars, en leur faisant repousser la date d’une cessation de paiement, leur permet de durer, en priant pour un miracle, et que c’est certainement la moins mauvaise solution pour eux (comme pour nous), je m’en explique dans ma réponse à Jef.

      A Liervol ;
      Si créer du dollar était la solution universelle, il n’y aurait pas de problème, or, il y a consensus sur le fait qu’il y a un problème.
      S’il y avait « trop d’argent par rapport aux actifs réels », on devrait constater une inflation de réajustement, qu’on ne constate pas. Cela dit, il est vrai qu’il y a des masses de « liquidités » qui ont la bougeotte, ce qui prouve que la monnaie créée ne disparaît pas complètement, mais qu’elle ne va pas là où on l’attend. C’est contrariant, l’économie ! En fait, je vois une logique là-dedans, on la trouvera dans ma réponse à Jef.

      A Jef ;
      Ma représentation du fonctionnement économique est bien éloignée de celle de l’auteur de cet article.
      Il estime que les pressions déflationnistes observées aux USA sont liées à l’insolvabilité d’une importante partie des dettes. D’accord, mais à quoi attribue-t-il cette insolvabilité des dettes ? Il ne le précise pas, je suppose qu’il l’attribue à des abus dans le système de crédit, certainement bien réels, mais si on arrête là le raisonnement, la planche à billet aurait pour effet de resolvabiliser puis relancer la machine à consommer, ce qui ne se produit pas.
      Il y a donc certainement un autre mécanisme à l’œuvre, qui a pour effet de décourager l’initiative économique, engendrant la déflation qui elle-même nourrit l’insolvabilité.
      C’est autre mécanisme, c’est certainement la montée du coût des matières premières, importante depuis le début des années 2000, qui se traduit approximativement à l’heure actuelle par un doublement, en dollar constant, du prix de ces matières, montée du prix liée à leurs difficultés d’accès. Or, ces matières, énergies et matériaux, sont le sang de l’économie, elles intègrent à des degrés parfois importants tout les produits et services qui circulent.
      Leur forte augmentation a un effet brièvement inflationniste, puis durablement déflationniste, en décourageant l’initiative économique.
      C’est certainement dans ce phénomène qu’il faut chercher la pression déflationniste à l’œuvre plutôt que dans les abus intrinsèques au système, ce que fait l’auteur.
      Il voit de la création monétaire chez les banques de second rang, il ferait bien de consulter ce blog, certains se décarcassent à ce sujet. Je crois pour ma part que les banques prêtent surtout l’argent de leurs clients, et qu’il est bon de le savoir pour anticiper l’avenir.
      Sur les conséquences, je suis davantage en accord avec l’auteur, puisque je considère que la création monétaire à le mérite de solvabiliser l’économie, et lui permet de durer, certainement longtemps car la pression déflationniste à l’œuvre vient contrer l’effet inflationniste de la mesure. Mais même si les inconvénients de cette pratique ne mettaient en péril la stabilité du système économique mondial, elle n’est pas une solution, dans le sens où elle ne pourra relancer l’économie, désormais très contrainte par l’accès aux ressources naturelles.
      Si cette analyse est correcte, il faudra nous résigner à diminuer notre niveau de «consommation» (donc notre niveau de vie) au fur et à mesure de l’accroissement de ces difficultés d’accès aux ressources naturelles.
      Je crains que cela ne se fasse pas dans le calme.

  6. C’est le genre de record dont le Portugal se serait bien passé. Lors de sa dernière émission de dette de l’année, mercredi, le pays a levé 1,24 milliard d’euros d’obligations à 6 et 10 ans à des taux jamais atteints depuis la création de la zone euro.

    L’agence de la dette portugaise a ainsi émis 686 millions d’euros d’obligations à dix ans à un taux moyen de 6,806 %, contre 6,242 % lors de la précédente émission du même genre.

    Le Portugal a surtout dû concéder un taux de 6,156 % pour placer 556 millions d’euros d’obligations à 6 ans, alors que la précédente émission similaire avait été adjugée à un taux moyen de 4,371 %.

    Le Portugal achève son programme de financement à des taux record.

    Et en France, quelles sont les nouvelles ?

    Aujourd’hui, nous avons appris le chiffre de la croissance française..

    Deuxième trimestre 2010 : + 0,7 %.
    Troisième trimestre 2010 : + 0,4 %.

    La croissance française a décéléré au troisième trimestre.

    Christine Lagarde : Nous sommes entrés dans « l’après-crise » a-t-elle assuré, vu les perspectives de croissance de la France pour 2011, qu’elle établit à 2 %.

    Tout va très bien, madame la Marquise !

    1. Le temps de la déclaration alors …
      A 14h23, 8,32%.
      C’est comme 14-18, finalement : un bon tir de barrage de la BCE juste avant le discours (ou pendant, c’est selon), puis l’offensive à la baïonnette des petits soldats de la déclaration, face aux mitrailleuses des marchés.
      Efficace, indeed …

    2. Zébu…

      Les gestionnaires de fond ont compris depuis longtemps que les politiques…
      Je te laisse deviner la suite.

      Si Roosevelt et DeGaule avaient pu nous faire des petits, soit penser au moins 5 secondes par jour à leur peuple, nous n’en serions pas là.

      Sauf que la reproduction entre hommes n’est pas encore au point, notes.

    3. Zebu…
      On pourrait aussi se dire que le tir de barrage des opérateurs sur les Pigs juste avant le G20, relayé sans fausse note par les médias anglo-saxons et par notre presse très indépendante, histoire de montrer que le $ ne semble pas si faible que ça même avec QE2, n’est pas mauvais non plus.

    4. @ Jef :
      Yes, sir.
      A chacun son artillerie.
      Et je crains (euphémisme) que celle de la BCE soit un peu courte.
      Et qu’au final, elle ne finisse par pilonner nos positions …

  7. ça y est dépoussiérage de mon abri atomique
    réserve d’eau et boites de conserves ok

    j’attends que ça pète….
    on se dirige vers le chaos ou pas ?
    c’est pour quand ?

    1. Votre abri antiatomique ? Habitez-vous donc en Suisse ? Et quand votre stock de boîtes de conserves sera épuisé …

    2. De dieu…
      Encore le genre de remarque qui me fait sortir de mes gonds.

      En effet, j’ai tellement été qualifié de « charnière » que j’ai un jour regardé la définition dans le dictionnaire :
      « espèce de gonds »

      Le renard… va voir une cartomancienne qui comme un analyste financier, te prédira où placer ton fric. Contre toute attente.

  8. Merci Monsieur Leclerc pour cette revue, certes peu gaie dans le fond, mais qui, en ce frais vendredi d’automne, m’a quand meme fait sourire.

    1. Ben oui, ça m’étonne !

      Je croyais que tous les « plans d’aide », les « plans de sauvetage », les « plans de stabilisation » avaient sauvé la Grèce !

      Si ça continue, je vais arrêter de croire ce que dit Christine Lagarde.

  9. Comme disait Coluche,

    tant qu’ils gagnent une bouteille au distributeur, pourquoi ne rejoueraient-ils pas en remettant un Euro dans la machine ?

  10. Soyons néanmoins sérieux.

    Le plus important résultat du G20 de Séoul a été un consensus qui ne peut échapper aux bas peuple que nous sommes.
    En effet, ce consensus nous met la barre très haute lorsque nous savons que la présidence française devra relever le défi de faire encore mieux pour plus de résultats probants qui montre cette volonté de progression malgré une crise économique mondiale dont la phase de guerre des monnaies aura du mal à départager les experts d’art pour juger du meilleur tableau de l’artiste du même nom.
    Ce consensus absolu, preuve d’un travail acharné, et d’un combat de tous les instants afin de lutter contre ce mal qui nous ronge chaque jour et nous empêche de donner plus d’argent à nos joyeux milliardaires, ce consensus est enfin arrivé.
    Le repas était très bon.

    Boeuf coréen et fletan.
    Reprenons :
    Le boeuf coréen n’est pas très éloigné du boeuf chinois dont je vous conseille une dégustation (récente pour ma part) au restaurant asiatique de Forges-les Eaux, une viande fondante et cuite à point et ce n’est pas pour rien que je vous en parle.

    En effet, je pense que l’un d’entre nous pourra retrouver trace d’un ministre du commerce américain, il y a quelques jours, dans un pays asiatique afin, non pas, de négocier un calmage monétaire, mais un droit d’importation sans limite de viande bovine américaine largement garnie d’hormones et OGM…

    Next one. (quand un ricain m’énerve, désolé mais ça pète)

    Le flétan..
    Race en voie de disparition et ils ont bien fait, au GFaim, d’en manger tout de suite avant qu’il disparaisse.
    Ce qui, de la part de court-termistes, suit tout à fait leur logique.

    Après moi,…

    La France devra donc relever le défi par des mets encore plus exceptionnels par leur disparition prochaine et je compte sur chacun d’entre nous pour aider notre onéreux gouvernement à faire dans l’ « exceptionnel »…

  11. g20? ou plutôt g vain (Attali). Et encore qq tonnes de CO2 émises pour satisfaire l’égo de nos chers leaders; Notre superman national aurait pu s’éviter un AR à 20000€ de l’heure pour aller dîner avec ses copains; on a de bonnes adresses chez nous : le Fouquet’s par exemple. Trêve de plaisanterie, l’homme est un incorrigible moropus; il va finir par subir le même sort, à savoir que ce mammifère de la fin du tertiaire est mort en nombre dans les sables mouvants du Niobrara (rivière du Nébraska actuel); poussé par une soif inextinguible, il n’a pas réalisé qu’il allait à une mort certaine en voulant étancher celle-ci (la taille de son cerveau y était certainement pour qq chose). Si nous voulons continuer, sur notre petite planète (ce que se plaisent à souligner les joyeux apôtres du libéralisme débridé) à consommer toujours plus, eh bien, nous risquons bien un jour de finir comme ces charmants moropus ( en français cela signifie « animal stupide »); cf les réflexions de JP Dupuy dans un livre qui n’a pas pris une ride : » pour un catastrophisme éclairé »…IL reprend une idée féconde de yvan Illich (entre autres) : le détour technologique qui, en allongeant les cycles de production, les « alourdissent », et permettent à de nombreux intermédiaires, parfois utiles mais pas toujours, de se greffer comme le gui sur un arbre, et ainsi de profiter de la sève générée par le producteur.

  12. Cette pauvre Madame Lagarde, à chaque fois qu’elle nous sort ses absurdes jeux de mots comme la ri-lance, elle provoque l’hillarité générale des « vrais économistes et malheureusement elle ne s’en aperçoit même pas. C’est triste d’être le « fou du Roi ».

    1. Mme Lagarde reste la spécialiste de « l’oxymore » par exemple quand elle nous parlait de croissance négative pour éviter de prononcer le mot qui fâche…

  13. Mais, c’est vraiment incroyable ! Pourquoi ne disent-ils donc pas la vérité ?

    Pourquoi n’expliquent-ils pas que notre système de croissance est complètement cassé ?
    Pourquoi ne détaillent-ils pas l’insolvabilité des acteurs publics et privées ?
    Pourquoi ne mettent-ils pas en garde le monde contre la faillite certaine de l’ensemble du secteur bancaire ?
    Pourquoi ne pas simplement dévoiler que les états sont devenus des états zombis ?
    Pourquoi ne pas expliquer qu’une dévaluation monétaire monstrueuse est inéluctable ?
    Pourquoi ne conseillent-ils pas à ceux qui détiennent des avoirs de tout convertir en or physique ?
    …..

    Mais pourquoi, pourquoi…

    Pourquoi ne disent-ils pas la vérité ? Qu’ils sont bêtes ces gens là !

    Heureusement que nous ne sommes pas dupes !

    1. Bjr VB,

      Dupés nous le sommes, dupés ils le sont aussi, un héritage impossible à assumer, et tout le monde le sait, chacun reste simplement dans son rôle. Comme ce prof qui doit suivre son programme et ces élèves qui s’ennuient. De temps en temps il y a des prof géniaux, de temps en temps aussi des élèves fantastiques, mais ça reste l’exception.

      Qui n’aimerait pas que les choses bougent plus rapidement ?

      « For ever  » ? Je ne le pense pas mais peut être ne le verra-t-on pas.

    2. Jef,

      Bonjour,

      Il ne s’agit en aucun cas d’héritage, les zélites en place ne font que récolter la juste mesure de ce qu’elles ont consciencieusement semé depuis 4 ou 5 décennies (les racines remontent plus loin bien sûr). Si les mots ont encore un sens (après être passés à la moulinette de la grammaticologie scolaire), ce qui reste à prouver : hériter suppose une transmission inter-générationnelle qui n’est quasiment pas en cause ici. Parler d’héritage est une façon sympathique d’éviter de parler de responsabilité.
      Entre les zélites par action et le commun des mortels : il y a les zélites par omission, lâcheté ou bêtise : un beau programme pour la classe « intermédiaire-haute », n’est-ce pas ?
      Je vous renvoie à la citation faite par J. Gorban sur le billet de François Leclerc du 12 novembre dernier intitulé « l’heure de la récréation » : «Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdentleur liberté»………CONFUCIUS => clair, net et précis : parfait.

      On se connaît ?

      Cdt.,

    3. @ Jef : suite,

      Enfin non, il y a encore une grosse catégorie de classe moyenne supérieure : celle trop occupée à travailler (peut-être un peu trop, mais pas le choix) et s’occuper des siens (dans le meilleurs des cas) pour pouvoir s’occuper de « comment va notre Société » (ça regroupe plusieurs catégories socio-professionnelles). Cette catégorie là est en train de se réveiller avec ce qu’il est convenu d’appeler une « gueule de bois » (qui vient, dans le temps, immédiatement après la langue de bois) !

      Cdt.,

    4. Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches. Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres !
       C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus !  Ceux-là !
       Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser. C’est un réservoir inépuisable. extrait du :  » Diable Rouge  » d’Antoine Rault.

    5. @ Plouf,

      Tous les gens dont nous parlons sont la vitrine et la justification du système, qui est entièrement conçu pour et par d’autres. La question n’est pas celle du niveau social, la vraie différence se situe ici : entre celui qui a accès au paradis et celui qui ne sait même pas de quoi il s’agit mais qui doit travailler, et payer des impôts (pour ceux qui s’en sont affranchis).
      Dans le système, il y a, comme toujours, les inconscients (jusqu’au jour où) et les autres : les vrais responsables-bénéficiaires, les aides techniques consentants ou abrutis (toujours contents d’eux-mêmes), les consentants inconscients et (peut-être les plus dangereux) ceux qui s’emploient et s’ingénient à justifier un système (qu’il ne perçoivent jamais agissant contre eux) en faisant montre d’intelligence : ceux qui savent tout sur rien disait F. Mitterrand.

      Cdt.,

    6. VB.

      On se connait ? Et bien je ne le pense pas, mais bon, peut être, pourquoi pas.

      Héritage, je pensais à tout ce qui a été transmis pas les générations précédentes, même celles des zélites. Oui, je persiste, c’est un héritage difficile, et ça n’enlève en rien à la part de responsabilité, peut être simplement un peu à celle de la culpabilité, et encore.
      Laissons Confucius tranquille, hors des petites pensées politiciennes.

      Mais que vous ont donc fait les zélites ?
      « Un système conçu pour et par d’autre », « les responsables-bénéficiaires », « la justification d’un système »… Certainement très dur de vivre avec tout ça dans la tête, on doit se sentir floué et opprimé en permanence.
      Vous voyez ce que je voulais vous dire la dernière fois sur le revenu relatif et absolu, cela s’exprime parfaitement à travers ces petites phrases.
      Celui qui a assez pour se loger et vivre correctement n’est peut être pas très fortuné mais pourquoi ne mesurer la richesse qu’à ça ?
      Pourquoi ne voir le paradis que par rapport à la notion de possession ou de pouvoir ?

      Comment trouver l’énergie pour entreprendre dans ces conditions, et surtout, comment accepter de prendre des risques pour créer quelque chose ?

    7. @ Jef,

      Bon, j’ai en effet de bonnes raisons d’en vouloir à certaines zélites, mais je ne vous dirai pas lesquelles (sachez simplement qu’il y en a plusieurs issues d’ordre varié) ; j’ai payé cher le droit de ne pas en parler. Mais rassurez vous, cela ne m’empêche ni d’envisager l’avenir, ni d’avancer en prenant certains risques. J’irai même jusqu’à vous avouer que lutter contre tout le poison qu’ils ont gentiment instillé dans le corps social est même devenu un moteur de premier ordre. Mon second moteur est de m’occuper des gens qui me sont chers. Il n’y a pas de troisième moteur.
      Peut-être un jour viendra où vous aurez aussi de bonnes raison, ainsi que vos enfants, de leur en vouloir aussi (même si les zélites concernées ne sont pas nommément les mêmes que les miennes). Je sens que ce jour se rapproche, pour chacun. A moins que vous n’ayiez, à votre corps défendant s’entend, aimablement participé à l’aveuglement général ? Comme nous ne nous connaissons pas, je n’ai pas plus d’information à donner sur cette question, ni aucun avis personnel ; juste que cela est théoriquement possible.
      Et enfin, la question du revenu relatif ou absolu n’a aucun rapport avec tout ça. Précisez moi où vous voulez vraiment en venir : il est naturel que des gens aient des disparités de revenus et cela ne doit choquer personne ? Il ne faut pas être envieux des revenus des autres ? Bon, lorsque j’aurai votre point de vue entier, clair et honnête, je vous donnerai ma propre position sur cette question ; jusque là, tout ce que vous pouvez raconter n’est qu’élucubrations gratuites. Qui vous dit, en particulier, que je ne mesure la richesse qu’à « celui qui a assez pour se loger et vivre correctement n’est peut être pas très fortuné mais pourquoi ne mesurer la richesse qu’à ça ? »
      Quant à votre assertion selon laquelle : « Pourquoi ne voir le paradis que par rapport à la notion de possession ou de pouvoir ? » => la réponse est simple, elle tient tout entière dans ma profonde indignation de tout ce que je sais concernant les paradis fiscaux. J’ajoute qu’il devrait en être de même de toute personne bien informée sur cette question, en faites vous partie ?

      Au plaisir de continuer cette conversation intéressante,

      Cdt.,

    8. Vous savez depuis 2008, un grand soucis fut pour les possédants informés de savoir où déplacer les avoirs avec le moins de risques possibles, grandes difficultés car des avoirs à la vraie valeur non porteur de risques majeurs dans un monde de bulle, mais que c’est difficile à trouver.
      Car ne nous trompons ce n’est rien d’autre qu’un château de cartes le capitalisme, et il ne marche que parce que la base croit que le sommet est composé de gens plus intelligents qui ne feraient pas marcher le monde sur du vent.. belle naïveté, car ce n’est rien d’autre qu’un château de carte. Le ciment c’est la naïveté l’abnégation des peuples, la paresse des peuples, la facilité à avaler tant qu’il reste quelque chose dans l’assiette.

      La vérité du système, c’est que plus tu gagnes moins tu payes.
      Que ce soit en France ou dans un paradis fiscal.

      Il y avait si je ne m’abuse, 160 milliards à Monaco mais 1600 milliards au Luxembourg dans les banques.

      Mais le Luxembourg n’est en rien un paradis fiscal, c’est vrai, il y est tellement plus facile d’y ouvrir un compte qu’à Monaco, particulièrement chez Dexia …mdr

    9. Bjr BV,

      Oui, et même à une époque, de l’intérieur. Un état sans frontières, multiforme, des enjeux financiers en T$, des castes, une pieuvre aux manières feutrées et aux moyens redoutables. Et alors, ça fait partie du cirque, s’il n’y avait que ça. Un marché mondial de la drogue globalement comparable à celui des armes, rien que là, environ le PIB Français, la 6em puissance mondiale.
      Plus de offshore, plus de drogue, plus d’armes… la liste est longue, et tout le monde à 500€ par mois avec son petit jardin ouvrier; moi ça ne gène pas, j’ai choisi depuis bien longtemps. Par contre, pas de confort « féminin », pas de réponse aux caprices des enfants, expliquer tous les jours pourquoi l’envie de posséder ce qu’à l’autre est le poison instillé par la société au cerveau de la masse pour qu’elle survive, une voiture de 15 ans d’âge, des heures passées dans les bois plutôt que dans les boutiques… Objectif atteint, 2 chefs d’entreprise aimés de leurs salariés et qui gagnent pourtant très bien leur vie.
      Mais peut être se sent-on mieux quand on dépense de l’énergie à se battre contre un système, par construction inégalitaire, et qu’on en profite, pourtant, dans le même temps.
      J’ai toujours préféré être acteur que spectateur ou critique. D’ailleurs, cette volonté dépressive, pseudo intellectuelle, de tout critiquer, nous tue à petit feu. J’ai choisi une action dans l’ombre, de l’intérieur tout en restant lucide sur le fonctionnement, compliquée car responsable par définition, mais, plus efficace, plus constructive.

      La construction européenne et le développement de son industrie cannibalisent aujourd’hui une grosse partie de mon énergie et vous ?

    10. @ Jef,

      Je vous souhaite cher monsieur tout le bonheur possible.
      Vous semblez croire que lutter contre des théories ou en proposer d’autres est une posture dépressive pseudo intellectuelle. Je vous laisse la paternité de vos idées et pensées.
      Je connais des gens pour qui la cueillette des champignons n’est pas une activité de détente mais une activité leur permettant de se nourrir, pour simplement survivre : en France, dans notre beau pays. Cette réalité là vous échappe sans doute ; de même que le risque potentiel de perte de vos économies vous tracasse légitimement.
      L’utilisation d’un véhicule de 15 ans d’âge ne présume en rien de la qualité de vos économies, j’ai plusieurs anecdotes intéressantes sur la question et concernant des gens très mais vraiment très riches. Vous faites vraisemblablement parti des gens tranquilles, qui sont à l’abri de tout, de toute critique comme des aléas liés à l’évolution de la société ; jusqu’au jour où les choses basculent, cela peut arriver et je ne le souhaite personnellement à personne mais une telle situation ne peut jamais être définitivement exclue.
      Sur mon énergie : elle est cannibalisée depuis longtemps à chercher des solutions à notre gros problème de société, mais je sais que vous trouvez cette activité inutile ; n’en parlons plus.

      Au plaisir,

    11. VB.

      Non, ne vous méprenez pas, ne soyez pas si susceptible. Vous avez un sacré caractère. Si je trouvais vos motivations et votre investissement inutiles nous ne discuterions même pas un dimanche après midi. Vous êtes, dans mon esprit en tout cas, chère madame, bien au delà des « dépressifs pseudo intellectuel » auxquels je faisait référence et qui pollue en permanence nos médias et nos enfants. Je lis avec beaucoup d’intérêt et une certaine admiration, vos interventions régulières. J’essaie simplement d’éclairer un environnement qui me semble bien sombre, visiblement je suis maladroit et j’échoue, veuillez m’en excuser.
      Sachez que le fruit de mes cueillettes et les protéines de ma « mini ferme » constitue l’essentiel de mes apports énergétiques, et que ma tranquillité d’esprit vient peut être du fait que je ne possède quasiment plus rien, du moins sur un plan matériel.
      De plus, si la vie de mes semblables et de notre société, aussi mal faite soit-elle, ne m’importaient pas, je n’y consacrerais certainement pas le peu de ce qu’il reste de la mienne.
      Vous avez raison sur un point cependant, le patrimoine de ceux qui me sont chers est effectivement globalement à l’abri soit d’une déflation majeure, soit d’une dévaluation massive, il y a des choses, en ce qui me concerne en tout cas, bien plus compliquées à organiser que celles-là.

      Bonne continuation et bon courage, sincèrement.

    12. @ Jef,

      Si vous êtes maladroit, je le suis aussi ; tout cela pour rien, juste des malentendus de part et d’autre ; comme quoi, la communication humaine est difficile. Veuillez m’excuser à mon tour si je vous ai blessé d’une quelconque façon, tel n’était vraiment pas mon objectif.

      Cordialement,

  14. A l’époque où la dérégulation battait son plein, j’imagine que politiciens et financiers s’embrassaient sur la bouche et s’arrosaient de champagne. Aujourd’hui, en dépit de tout ce que l’on raconte sur leur complicité, leurs relations sont probablement plus tendues…

  15. … crois crois
    … croissant à la margarine
    … de la phase de l’après tout, au tout ou rien

    Vivement lundi qu’on change au moins de ministres …

    Puisque visiblement il n’y a rien d’autre à faire

    « Qu’ a attendre encore deux ans »….

  16. @ liervol,

    Paradis fiscal et comptes numérotés = même combat.
    Suites aux gesticulations présidentielles au moment ou NS était aux prises avec l’affaire Clearstream, un coup de pied dans la fourmilières européennes des comptes numérotés avait été donné ; l’évasion fiscale était tout à coup, brutalement, devenue inacceptable.
    Beaucoup de discours, et des conversations de salons avec la Suisse, qui s’est positionnée de la façon suivante : je n’accepterai de renoncer au secret bancaire que lorsque je (c’est-à-dire ma législation intérieure) serai prête à jouer dans la cours des paradis fiscaux, c’est-à-dire lorsque je maîtriserai parfaitement les subtilités de l’évasion fiscale à l’anglo-saxonne, notamment via les trusts.
    Depuis ce temps : silence radio sur le secret bancaire.
    Concernant le Luxembourg, les choses sont moins claires en raison sûrement de la proximité culturelle anglo-saxonne de ce petit pays (autant par tradition historique que par construction politique). Il ne serait pas déraisonnable d’imaginer que le Luxembourg dispose à la fois du secret bancaire et du secret du paradis, mais je n’ai pas de certitude à ce propos. Cela ne devrait pas être trop difficile à vérifier (on-t-ils introduit la notion de trust dans leur législation ?).

    Bien cordialement,

  17. @ liervol,

    Suite et fin :

    Tout notre beau système financier ne tient que par l’existence de l’évasion fiscale, les Etats ne le sont plus que de nom, ils sont des pions sur l’échiquier, à manipuler, et non plus les acteurs du jeu politique. La financiarisation est dépendante de l’existence du paradis terrestre, voilà la vérité, toute simple au demeurant.

    Cdt.,

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