L'actualité de la crise : L'INCERTITUDE EUROPÉENNE, par François Leclerc

Billet invité.

Chacun de son côté, l’OCDE et le FMI viennent de prévoir un ralentissement général du rythme de la reprise. Ce sont leurs propres termes. Le premier estime que « la reprise mondiale demeure fragile, mais est globalement sur les rails », tout en reconnaissant que ses prévisions sont entachées d’une « incertitude considérable » et que de grandes disparités existent entre pays développés et émergents, les pays résistant le mieux ayant leur croissance encore tirée par des plans de relance ou par leurs exportations.

Après avoir rituellement réaffirmé que le niveau de la dette publique était « insupportable », l’OCDE s’inquiète également des risques créés par les flux de capitaux dans les économies émergentes – création de bulles d’actifs et hausse des taux de change – concluant qu’il faudrait « parvenir à une approche commune de la manière de réduire les déséquilibres mondiaux » et que des « réformes structurelles » sont nécessaires dans ces pays. Vastes propos se concluant par la suggestion du développement de marchés financiers dans les pays émergents !

Peut-être l’OCDE avait-elle en tête le lancement dans le système financier chinois de produits dérivés (de type CDS), qui vient d’intervenir, afin de mieux gérer le risque lié à la dette, en collaboration entre mégabanques occidentales et chinoises ? Les autorités régulatrices n’ayant pas su ou pas voulu résister aux sirènes, inquiètes en raison de la bulle financière qu’elles tentent de combattre, et qui viennent de passer un pacte avec le diable.

Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, vient de faire également état d’une même tendance. Dans son « Rapport de surveillance budgétaire multinational » semestriel, le Fonds en tire comme conclusion que « la voie idéale serait d’éviter toute rigueur aujourd’hui, tout en s’engageant de manière crédible à la rigueur à l’avenir ». « Etant donné le rythme relativement lent de la reprise économique, appuyer sur les freins avec une ferveur excessive ne serait pas adéquat à moins qu’il y ait une forte pression des marchés », ajoute-t-il.

Voilà une approche nuancée qui n’est de toute évidence pas partagée par la BCE et Jean-Claude Trichet, son président. Ce dernier mène campagne et pousse les feux afin d’obtenir la plus grande « discipline fiscale » possible, et continue sa croisade contre le « laxisme budgétaire ». «Automaticité des sanctions » et « très fortes conditionnalités » à l’accès aux mécanismes d’aide financière actuellement en discussion sont ses maîtres-mots dont il ne démord pas.

De feutrés, les désaccords sont de plus en plus ouvertement exposés au grand jour. Lorsque Jean-Claude Trichet avait mis en avant les dangers résultant, selon lui, d’un mécanisme de restructuration des dettes d’un pays impliquant ses créanciers, c’est-à-dire les banques européennes, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, lui avait répliqué sans le nommer : « Je souhaite rappeler à ceux qui ont des doutes à propos d’un tel mécanisme de résolution des crises que l’Union monétaire n’a jamais été conçue comme modèle d’enrichissement pour les spéculateurs financiers ». Une pierre dans le jardin de Jean-Claude Trichet.

La chancelière Angela Merkel a été toute aussi directe, estimant de son côté que le mécanisme de crise permanent qu’elle défend « doit être conçu de telle sorte que les contribuables européens ne soient plus les seuls responsables en cas de nouvelles erreurs et de mauvais comportements sur les marchés financiers. Les investisseurs privés doivent aussi participer! ». Si les termes de banqueroute ou de faillite sont soigneusement évités, il ne s’agit pas d’anticiper autre chose.

Les intentions allemandes font toutefois question. Non seulement parce que le plan proposé ne pourra être formellement opérationnel qu’en 2013 – une échéance très lointaine – mais parce que le sort qui serait réservé aux pays faisant appel à ce dispositif n’est pas clair. S’agirait-il de les garder à tout prix au sein de la zone euro ou, au contraire, de s’en séparer ? Une question qui concerne, potentiellement, non seulement la Grèce, l’Irlande et le Portugal – déjà aux premières loges – mais aussi l’Espagne, qui pourrait facilement les rejoindre.

Le dilemme est connu : durcir les conditions d’accès à un fonds de soutien est nécessaire, afin que faire appel à lui ne soit pas une solution de facilité ; rendre cet accès douloureux revient à engager un nouveau pari impossible, ainsi que la situation actuelle de la Grèce l’illustre déjà parfaitement. On n’avance donc pas, de fonds de stabilité en dispositif de crise: cette ambiguïté devra être levée, à moins que son issue ne s’impose d’elle même.

Quoi qu’il en soit, les prévisions de l’OCDE et du FMI ne sont pas là pour encourager les calculs de ceux qui pensent que la croissance et les recettes fiscales des Etats vont alléger le fardeau mis sur les épaules des pays entrés dans la zone de tempête.

Après une période d’accalmie, le marché obligataire européen présente les signes précurseurs d’une nouvelle crise, qui pourrait vite atteindre l’Irlande et le Portugal. La Grèce restant pour l’instant protégée par le parapluie financier dont elle a été dotée par l’Union européenne et le FMI. Pour ces trois pays, les taux se tendent à nouveau fortement. Alors que les interrogations montent, des deux côtés de l’Atlantique, à propos d’une hausse possible des rendements sur le marché obligataire, contre-coup non seulement des incertitudes européennes mais également de la création monétaire opérée par la Fed.

Ces deux dernières années, les taux obligataires ont été globalement bas, en raison des incertitudes qui régnaient sur les marchés boursiers. Si ces derniers redevenaient attractifs, comme cela en prend le chemin, de fortes tensions sur le marché obligataire pourraient apparaître. Au moment même où les Etats vont devoir emprunter davantage sur les marchés – le pic prévu est en 2011 – avant de réduire leurs émissions, alors que les banques vont s’y engager afin de répondre aux nouvelles exigences réglementaires de Bâle III.

La situation propre aux pays de la zone des tempêtes accroît encore cette hypothèse. En Irlande, Brian Lenihan, le ministre des finances, a annoncé un budget 2011 incluant 6 milliards d’euros de mesures de rigueur, sans encore en donner les détails, dans le cadre d’un plan d’austérité de 15 milliards d’euros sur 4 ans. Une somme colossale pour un pays de 4,5 millions d’habitants. Mais les prévisions de croissance du PIB (et donc des recettes fiscales) semblent avoir été calculées pour les besoins de la cause et sont d’une crédibilité douteuse. Ce qui a incité Olli Rhen, le commissaire aux Affaires économiques de Bruxelles, ainsi que Jean-Claude Trichet, de saluer les plans gouvernementaux dans le but de les accréditer. L’espoir fait vivre.

Signe d’une situation également périlleuse, le Portugal vient comme l’Irlande de démentir être entré en relations avec le FMI et l’Union européenne afin de leur demander leur soutien financier. L’adoption à l’arraché par le parlement d’un budget d’austérité draconien, à la suite de longues négociations entre les deux principales formations politiques – le parti socialiste et le parti social-démocrate – n’ont pas empêché les marchés de réagir négativement et les taux obligataires de se tendre davantage. La Commission européenne pressant immédiatement les autorités portugaises d’agir sans délai, afin de réduire plus rapidement que prévu le déficit.

Que ce soit en Grèce, en Irlande ou au Portugal, le même scénario se répète. Les marchés semblent n’en avoir jamais assez et contribuent aux déficits qu’ils s’efforcent de réduire en augmentant les rendements des obligations souveraines. Précipitant ces pays dans la récession et les engageant dans une spirale descendante.

La BCE tente de stabiliser le marché obligataire, en n’utilisant ses munitions qu’avec parcimonie, ne pouvant au mieux espérer qu’éviter de finales glissades. Les autorités chinoises, après être discrètement intervenues pour l’Espagne – puis ouvertement pour la Grèce – sont lorgnées avec les yeux de Chimène dans le cas de l’Irlande, qui va devoir se rendre sur le marché début 2011.

Tirant le gigantesque boulet de son marché immobilier sinistré, et un secteur bancaire replâtré dont la santé en dépend largement, l’Espagne pourra-t-elle éviter de les rejoindre ? Si l’on en croit le verdict du marché obligataire, rien n’est moins sur. Les taux espagnols sont à nouveau en forte hausse, après une accalmie à laquelle la BCE a probablement contribué. Là aussi, un budget de grande rigueur a été adopté, mais les marchés ne sont toujours pas satisfaits. Le chômage continue de s’étendre et d’approfondir la crise économique. Selon Eurostat, il était à 20,7% en septembre dernier, dans le cadre d’une progression générale du chômage européen.

La zone euro est devenu un édifice très fragile, traversé par un débat d’orientation mené dans la confusion et sans que s’affirme de réelle vision stratégique. Devant les marchés, la défensive prévaut, de manière désordonnée. A l’instigation des Allemands et de la BCE – gardiens du temple dans leurs domaines d’élection respectifs – le choix a été fait, en dépit de leurs divergences, de prioritairement réduire la dette publique et protéger le système bancaire européen qui l’a financée.

Comment la zone euro pourra-t-elle résister aux chocs qui l’attendent et que cette politique précipite ?

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42 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L'INCERTITUDE EUROPÉENNE, par François Leclerc »

  1. LEAD 1 La Chine étend son influence au sein du FMI
    Reuters – Samedi 6 novembre 2010 à 04h54

    Dans une décision historique, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a décidé d’augmenter les droits de vote des grandes économies émergentes et de faire de la Chine sa troisième puissance.

    « Cet accord historique est le plus important changement dans l’histoire du FMI depuis 65 ans et la plus importante reconnaissance du rôle des marchés émergents dans l’économie mondiale », a commenté Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, lors d’une conférence de presse.

    Aux termes de cet accord, six pour cent des droits de vote seront transférés des Etats développés vers les pays émergents « dynamiques ».

    Cela signifie que la Chine va désormais disposer au sein du FMI d’une influence supérieure à celle de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne qui se partageaient la troisième place derrière le Japon et les Etats-Unis.

    Cette modification va accroître l’influence des puissances comme l’Inde, le Brésil et la Russie et elle traduit un bouleversement de l’ordre économique mondial par rapport à celui hérité de la Seconde guerre mondiale.

    Les Etats membres du FMI vont voter sur ce projet dans les prochaines semaines avec un taux d’approbation qui doit être supérieur à 85% et qui pour certains pays comme les Etats-Unis exige un vote législatif.

    RECUL DE L’INFLUENCE EUROPÉENNE

    L’adoption de la mesure quelques jours avant l’ouverture du sommet du G20 à Séoul possède une portée symbolique et elle traduit le recul de l’influence de l’Europe qui va devoir céder deux des huit ou neuf sièges dont elle dispose.

    Strauss-Kahn a indiqué qu’il ne pensait pas que le résultat des élections de mi-mandat cette semaine aux Etats-Unis soient de nature à modifier l’approbation de la réforme par Washington.

    Les tensions demeurent fortes entre les Etats-Unis et la Chine avant l’ouverture du sommet du G20. Washington estime que le yuan demeure sous-évalué dans les échanges commerciaux et la Fed a annoncé qu’elle allait procéder à une politique monétaire offensive pour soutenir l’économie américaine.

    Les osbervateurs estiment que l’administration Obama pourrait attendre que Pékin fasse un geste pour réévaluer le yuan avant de soumettre la réforme du FMI pour approbation au Congrès.

    « Je pense que les réformes du FMI peuvent avoir une influence sur le comportement des autorités chinoises », a commenté Strauss-Kahn. « Ils souhaitent cette position. Ils souhaitent être mieux représentés au sein du FMI, ce qui confirme qu’ils sont attentifs aux relations multilatérales. Je souhaite qu’ils aient conscience de l’importance de leur rôle et qu’ils agissent en conséquences », a-t-il ajouté.

    1. Merci pour l’info. Voilà une petite réaction de compromis de façade, pour ravaler la façade à peu de frais.

      Tant que le FMI restera un effet de Bretton Wood, à savoir un instrument de domination des riches pays capitalistes sur le reste de la planète, sa « gestion » de la planète sera conforme aux intérêts dominants via les droits de véto, et de quote-part.
      Je ne vois pas pourquoi sur une planète mondialisée, le suffrage censitaire devrait perdurer, si ce n’est pour que se reproduisent les élus du suffrage censitaire, et que ce qui reste de bourgeoisies nationales soient s’entendent entre elles au détriment des peuples de chaque nation, soient s’affrontent en entrainant les nations et leurs peuples identifiés au fait national, dans des zones risquées pour tous.

  2. La chancelière Angela Merkel a été toute aussi directe, estimant de son côté que le mécanisme de crise permanent qu’elle défend « doit être conçu de telle sorte que les contribuables européens ne soient plus les seuls responsables en cas de nouvelles erreurs et de mauvais comportements sur les marchés financiers. Les investisseurs privés doivent aussi participer! ».

    Les contribuables (oui je sais dans contribuable il y a « con ») ne doivent pas être les SEULS responsables en cas de nouvelles erreurs. Les capitalistes (investisseurs) doivent AUSSI payer.

    Mince ! Cette déclaration de la Dame Merkel vaut son pesant de politique vérité. faut-il que la situation soit désespérée pour que des chefs d’Etat se mettent à parler vrai ?

    Mine de rien, on nous informe que pour l’instant c’est le seul contribuable qui a assumé l’ensemble des erreurs passées survenues sur les marchés financiers. En soit c’est déjà un scandale, de responsabiliser et faire payer aux peuples les trous d’air de l’économie casino.

    Mais plus inquiétant encore, on nous annonce que pour la suite, on réfléchit dur à faire éventuellement cracher au bassinet LES responsables, LES investisseurs, LES capitalistes, seulement à partir du moment où il y aura un accord mondial, par exemple au G20.

    Et comme il n’y aura jamais ce type d’accord, Merkel et tous les autres annoncent au bon peuple, que rien n’est réglé, qu’il faudra de nouveau se montrer « responsable » et accepter de payer le coût des crises à venir. Comment voulez-vous dans ces conditions qu’il n’y ait pas des Révolutions ?

    Le principe est abjecte. C’est celui qui met les pieds dans un casino qui assume son acte de jeu. Pas les habitants des maisons autours.

    Les habitants des maisons autours on manifestés en octobre, à six fois trois millions (6X3M, pour ceux qui aiment les QE 1…2…..3……4……5 etc.).

    Les bureaucraties politiques et syndicales ont pour le moment fait revenir dans son lit le grand et majestueux fleuve. Sarkozy et Merkel peuvent continuer à espérer.

    Les peuples ont horreurs des injustices, surtout lorsque ces injustices transforment chacun de nous en cochon de payeur, en CONtribuables.

    Vite la suite ….

    Vive 6X3M !

    1. Outre le fait que l’Allemagne a osé conserver un secteur industriel puissant (au prix toutefois il faut toujours le rappeler de nombreuses réformes antisociales à la clé telles le plan Hartz, un déficit budgétaire catastrophique des collectivités locales, une perte substancielle de povoir d’achat des ménages pour ne pas dire un appauvrissement général, etc), l’Allemagne ne possède qu’une seule big banque la Deutsche Bank quand le Royaume Uni et la France ont ont chaune quatre et Francfort n’est que la troisième place financière en Europe derrière Londres et Paris. Ceci explique sans doute cela dans l’esprit toujours simpliste de Merkel (ainsi que l’action lamentable de notre présipaute à nous à mille lieues de son discours anticapitaliste financier).
      Simpliste parce que Merkel entre autres choses oublie les banques régionales allemandes et surtout oublie que l’Allemagne est malgré tout dépendante de la prospérité du reste de l’Europe
      et se trouve donc embarquée sur le même bateau. Implicitement les big banques sont européennes et la solidarité européenne existe bel et bien… dans la crise.

      Je ne vois pas de solution.

    2. @ Ken Avo.

      La réponse de la FED est pourtant simple : L’inflation importée aux US.

      Une bonne inflation (ou dépréciation, le résultat est le même) de 50% du $ sur quelques années qui monétise les dettes globales en cours dans ce pays exangue, qui permet de sauver la peau de l’état féderal, puis ainsi au moteur mondial de reprendre des forces et enfin de tirer à nouveau le reste du monde.
      Car n’oublions pas que si les machines outils allemandes sont vendus en Chine c’est plus grâce aux US qui importent les produits Chinois qu’à autre chose…

      Pour le reste, les CONtribuable et le « pauvre » peuple, il ne faut quand même pas exagérer et ne pas oublier que chez nous, par exemple, le peuple est plus riche que l’état. On n’est plus à l’époque de Zola, le peuple peut payer !

    3. Les syndicats ouvriers, enfin la bureaucratie trônant despotiquement en ses sommets, ne lisent pas ce blog.

      Sinon il donnerait mille fois raison à l’ami Paul-émile et sa fameuse équation gagnante: 1X18M.

    4. Réponse pour Ken Avo 6 nov. 14:02
      L’Europe devient pour l’Allemagne un boulet à cause des problèmes que l’on connaît. Ce pays a d’autres ambitions maintenant. Son échiquier est le monde, en particulier l’Asie et la Russie qui est suivie de près. On a l’impression, en discutant avec les élites allemandes, que l’Europe est invariablement un client important, mais que l’avenir économique et donc politique-géostratégique du pays se jouera ailleurs, et non pas dans des pays tels que la Grèce, le Portugal et cétera. Cette orientation politique semble très claire et bien articulée.

    5. Germanicus,

      Alors que l' »Allemagne » soit cohérente avec elle-même et quitte l’UE. Pourquoi donc n’assume-t-elle pas son néo-Sonderweg jusqu’au bout ? On y retombe toujours immanquablement.

    6. Ce que je voulais essentiellement dire est qu’à supposer par exemple qu’une des quatre big banques françaises fasse faillite, ce n’est pas que la France qui tomberait mais toute l’Europe à commencer par l’Allemagne voire toute la sphère « occidentale » voire bien au delà qui chûte avec nous.
      Merkel est bien naïve de croire que les investisseurs seraient capables seuls d’assumer un choc pareil. A moins que son petit discours pour séduisant qu’il puisse paraître cache bien autre chose. Je crains Merkel comme la peste (comme d’autres craignaient les grecs ?)

    7. Par ailleurs:
      1/ c’est bien Merkel qui exige de toute l’Europe de s’enfoncer dans l’austérité et la déflation.
      2/ dans son propre pays Merkel fait assumer aux seuls pauvres l’entireté de son plan d’économie.

      –> Où est la cohérence réelle entre ces actes et son discours ?!
      Je doute que beacoup de gens soient dupes de Sarkozy, mais Merkel semble continuer de jouir malgré son incompétence notoire, ses mensonges et ses erreurs monumentales d’une crédibilité à l’extrérieur de l’Allemagne (elle est au plus bas en Allemagne-même) qui me rend d’autant plus extrêmement méfiant de ce qu’elle peut dire et faire.

    8. Ken Avo.
      Merkel fait ce que les autres font aussi: maintenir le système, car développer et mettre en oeuvre un nouveau modèle de société nécessite dans tous les cas une remise en question du système actuel (qui est périmé et, de ce fait, ne marche plus). Cela demanderait beaucoup de courage de la part des décideurs politiques, un courage qui peut être suicidaire, car les lobbys ne dorment pas. Donc on fait du business as usual, selon les intérêts du pays; ceux de l’Allemagne sont vigoureusement centrés sur l’export, au risque de creuser encore plus le fossé entre les riches et les (beaucoup) moins riches.

  3. « Mais les prévisions de croissance du PIB (et donc des recettes fiscales) semblent avoir été calculées pour les besoins de la cause et sont d’une crédibilité douteuse. » : et plus tard, on fera semblant de découvrir que la croissance du PIB a été moins forte que prévue…

    1. Est-ce vraiment le sujet ?
      Regardez la France. Une croissance faible vs la moyenne des pays de l’OCDE depuis bien longtemps et pourtant une épargne financière des ménages record de plus de 15% des revenus depuis là aussi des années.
      Des revenus et des patrimoines qui progressent doucement mais régulièrement, des ménages peu endettés qui soutiennent un marché immobilier très solides etc etc etc
      Une croissance pourtant faible peut être génératrice de progrès social.

    2. @ Jef, bien vu, croissance faible et progrès social.

      C’est donc l’autre coté de la médaille qui est terni, la répartition des gains de productivité et de marges par l’importation de produits de consommation courant. La répartition des richesses monétaires n’est plus assurèe tant les échelles de gains sont hautes.

      Pour répartir, les recettes fiscales de Crapaud Rouge, supprimons toutes les niches fiscales et nous n’aurons plus de déficit sur nos comptes public et sociaux.

  4. il y a un moment qu’un rafiot attend les hommes qui se sont attardés dans l’alcôve de la dominance, les pieds pris dans le rideau de fer de la pensée, les yeux égarés dans les reflets du miroir, fascinés abusés par le rapt et la propriété, la tabula rasa des armes et des paroles consacrées dans le chloroforme, amollis d’hypnose et de la fatigue des avions; annonçons leur que ce rafiot est là tout plein d’odeurs de l’Amazone, tout pour eux, qu’on leur lancera même du sel, et que si tout se passe bien si les vents sont cléments les abeilles insulaires bourdonnent déjà du miel promis.
    The Plastics Revolution – Light Of Day
    http://www.youtube.com/watch?v=-GOu6pBOMLk

  5. Samedi 6 novembre 2010 :

    Aujourd’hui, il y a deux zones euros.

    1- Dans la première zone euro, nous trouvons les pays du centre de l’Europe : la France, et l’ancienne zone mark. Ces pays centraux parviennent à se financer sur les marchés, pour le moment. Ces pays centraux empruntent à des taux d’intérêt très bas, pour le moment.

    Si la France lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,852 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN10:IND

    Si l’Allemagne lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,417 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR10:IND

    2- Dans la seconde zone euro, nous trouvons les pays de la périphérie de l’Europe. Ces pays périphériques empruntent sur les marchés à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants. Ces pays périphériques ont perdu le contrôle de leur dette publique.

    Leur dette publique s’est emballée. Plus personne ne peut plus la contrôler.

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,515 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 7,623 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,458 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    Cette divergence est de plus en plus explosive.

    Les deux zones euros s’éloignent l’une de l’autre de plus en plus vite.

    Une seule monnaie ne peut subsister en Europe. Par exemple, l’économiste Christian Saint Etienne plaide pour la création de deux monnaies européennes :

    – Une monnaie pour les pays européens « rigoureux ».

    – Une seconde monnaie pour les pays européens « laxistes ».

    1. J’apprécie toujours autant vos panoramas obligataires mais je me demandais, comment faire pour accéder à ces données sur Bloomberg, faut-il être inscrit ?

    2. Non, Milou. Sur Bloomberg, les taux des obligations d’Etat sont en accès libre.

      Exemples pour les obligations d’Etat à 10 ans :

      Belgique :

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBGB10YR:IND

      Espagne :

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

      Etats-Unis : c’est la colonne PRICE/YIELD :

      http://www.bloomberg.com/markets/rates-bonds/government-bonds/us/

      Italie :

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

      Royaume-Uni :

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GUKG10:IND

      Suisse :

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSWISS10:IND

    3. @ BA, très bien mais comment faire pour accéder à ces données ; je n’y arrive pas.

      En partant de la page d’accueil, où cliquer ?

    4. Quand tu cliques sur mes liens, les chiffres et les graphiques n’apparaissent pas immédiatement ?

      Je ne comprends pas ce qui se passe : normalement, quand tu cliques sur un de mes liens, les chiffres et les graphiques doivent apparaître aussitôt.

      Sinon, tu peux partir de la page d’accueil —> dans la colonne de droite, clique sur DATA INSIGHTS —> clique sur BONDS —> clique sur MORE BONDS —> clique sur un des sept pays proposés pour avoir les derniers chiffres.

  6. On va suivre la nouvelle émission grecque de 300M€ sur 6 mois mardi. Pour un retour en 2011 sur les marchés.
    En Octobre on avait eu du 6 mois à 4.54% et encore un peu avant à 4.82%, détente…
    On verra mardi.
    Ceci dit, ce serait bien que les alarmistes habituels agitent à nouveau de spectre de l’explosion de la zone €, histoire de faire revenir l’€ vers 1.2$ sans avoir à faire tourner la planche à billet chez nous. Tout bénéf quoi !

  7. L’Europe poursuit l’encouragement de mesures d’austérité,
    cependant qu’elle ne s’interroge toujours pas d’en finir de laisser faire de ces sponsorts à la croissance, créations d’emplois …
    qui ne réalisent véritablement rien qui vaille d’être arroser d’argent publique
    sinon que le seul fait d’entretenir un pillage des subventions publiques dont certaines aboutissent sur des paradis fiscaux.
    « Voyage au pays du capitalisme sauvage »
    http://verite-lowcost.com/index.php?option=com_content&view=article&id=9&Itemid=13

  8. bonjour
    c’est quoi la croissance??
    de + en + d’inégalités entre les gens.
    Exploitation à outrance de nos réserves naturelle (alimentaires ,minérales et intellectuelles)déjà sur le non retour avec le pétrole.+ le JEU de mettre en Bourse les matières premières ainsi que notre alimentation
    Je suis CONTRE la reprise scandaleuse qui se fait à notre détriment et qui enrichit toujours les mêmes.
    Toute les découvertes innovantes qui permettent des ressource infinies par le soleil ,l’eau,le vent etc sont rachetées par ceux qui nous polluent et il est interdit d’en parler ,je pense en particulier aux inventeurs disparus dont je viens de voir sur internet qu’il est facile de consommer 1.5L d’essence au 100KM ,cela juste à titre d’exemple..
    la pollution des centrales nucléaires avec des déchets recyclés n’importe comment a fait l’objet d’une émission sur F2 il y a + ou- 1AN,sans suite car c’est encore pire que pour l’amiante..
    Merci aux enfoirés de la REPRISE..

  9. ralentissement général du rythme de la reprise

    Ah bon déjà, c’était bien la peine d’engager des fonds publics dans cette relance qui fait pfuitt.

    Big ben ayant prévu de continuer à larguer des dollars , nous devrions pouvoir passer de bonnes fêtes de fin d’année.

  10. « Les marchés » fonctionnent devant les pays de l’euro exactement comme des prédateurs autour d’un troupeau : ils cherchent l’élément faible et tentent de l’isoler. Pour la Grèce ça a presque marché mais l’UE l’a mise au centre, en relative sécurité. Depuis, les marchés cherchent d’autres victimes et ne lâcheront pas tant qu’ils ne se seront pas gavé. Puis ils passeront à la suivante.
    Le problème est qu’on ne peut pas repousser les prédateurs au loin en les attaquant, ça fait partie de la règle du jeu qu’on s’est imposée.
    L’austérité ne change rien au principe, les pays allégés de leur dette pourront courir + vite mais les prédateurs seront toujours là autour pour chercher une victime. Le jeu n’a pas de fin, sauf à quitter la partie, à plusieurs de préférence.

    L’Allemagne ne veut pas perdre des membres de l’Euro, surtout pas les + faibles, ce qui ferait monter l’EuroMark comme les monnaies de n’importe quel pays émergent et réduirait ses exportations (*). Mais l’Allemagne ne veut pas non plus aider réellement les membres de l’Euro, ce qui impliquerait pour elle une perte immédiate d’argent.
    Tant que ça marche, pourquoi ne pas continuer… Évidemment ça ne peut pas marcher indéfiniment, les écarts se creusent, quelque chose doit finir par casser, il est prudent de prévoir une solution pour éviter de devoir en inventer une en cas de panique. Je suppose que c’est ce que sont en train de mettre au point les têtes pensantes de Merkel, et surtout de définir le seuil de déclenchement, celui qui leur fera perdre le moins possible d’argent.

    (*) Ce sont les exportations par l’Allemagne de machines de production qui permettent aux chinois, avec leur faible salaire, de concurrencer à bas prix ce qu’il reste de productions occidentales. Ou comment siphonner de l’emploi chez ses amis.

  11. MERCI LES CHINOIS

    A la Une du quotidien régional La Nouvelle République
    Accords signés hier matin au siège du MEDEF
    « INDRE Le projet de création d’une zone d’activités franco-chinoise a été présenté à l’occasion de la visite u président Hu Jintao . Bénéficiant de l’infrastructure de l’ex base aérienne américaine, le site accueillera des industries de pointe chinoises et emploiera des milliers de Français …
    ….Châteauroux, tête de pont de la Chine en France… Châteauroux , plate-forme de coopération économique privilégiée entre la France et la Chine … »:

    Et où ça ?
    Par une énorme extension de l’ancienne base américaine de la Martinerie, à Châteauroux, avec sa piste d’aterrissage, tous ses entrepots . Le journal présente même une simulation du nouveau site à échéance de 5 à 6 ans . .
    La fermeture des bases de l’OTAN en France, décidée par De Gaulle, avait fait de Châteauroux une ville sinistrée. La base employait de nombreux Castelroussins, les salaires y étaient élevés dans un département défavorisé et les Américains faisaient vivre les commerces . Les écoles maternelles et primaires accueillaient les jeunes enfants illégitimes de couples de Françaises et de militaires américains qui vivaient ensemble, familles sans problèmes. Soudain, plus rien : chômage massif, commerces en faillite et des centaines d’enfants qui n’ont jamais revu leur père.

    Au moins, un bon millier de quadragénaires américains d’aujourd’hui peuvent remercier les Chinois d’offrir du travail à leurs demi-frères et demi-soeurs français inconnus abandonnés en France par leur respectable père.

    1. Merci pour votre commentaire. C’est vrai que cette nouvelle des Chinois dans le fin fond de la France est intéressante… Des Européens amenés à fabriquer des produits chinois: le monde à l’envers… Je n’étais pas du tout au courant de ce phénomène d’enfants franco-américains, vous m’avez appris quelque chose.

      Bien cordialement.

    2. Au moins, un bon millier de quadragénaires américains d’aujourd’hui peuvent remercier les Chinois d’offrir du travail à leurs demi-frères et demi-soeurs français inconnus abandonnés en France par leur respectable père

      C’est un aspect de la mondialisation que vous faites bien de remarquer avec un tact que nous pouvons qu’admirer , Il faudra dans les temps futurs que les castelrouées fassent gaffe aux petits chinois La situation risque toutefois d’être inverses, ces chinois seront eux à la recherche d’une carte de séjour..

    3. Il semble qu’en l’espèce, la Chine cherche à labelliser du « made in France ». Ces entrepôts auraient vocation à constituer une vaste zone de dédouanement. Avant de s’enthousiasmer, Il restera donc à voir quelle part de valeur ajoutée sera effectuée par les Français, et combien d’emplois vraiment créés.

  12. Bof, tout cela ne tiendra même pas le temps de l’écrire!
    Les insolvabilités et faillites en cascade amèneront la BCE à jeter par-dessus bord son refus d’intervenir à l’américaine…

    1. les villes en « transition » (en prévision du « pic-oil ») ,
      dont des initiatives de « relocalisation » (ex: des arbres fruitiers dans les jardins publiques, …)
      et pour cette « relocalisation », une monnaie locale (et quelques bribes -de ce qui s’en dit « coffre de bande dessinée » … -et ce qu’il ne devrait pas être, soit le change 1 pour 1, dans une conception en prévision de la crise ….)
      http://www.franceculture.com/emission-terre-a-terre-debat-au-latina-les-villes-en-transition-version-francaise-2010-11-06.html

  13. « Ca va aller mal » dixit Francois Le clerc .Comment on peut s’en sortir , on attend toujours l’éclair.
    Qu’on réduise la dette (version teutonne , donc suspecte depuis 1933) ou que l’on frappe monnaie (version US, donc suspecte depuis la guerre du vietnam), ca va aller mal.En allemagne, on veut réduire la dette, donc protéger le système bancaire qui l’a financée,donc protéger l’emploi de milliers de fonctionnaires.On aboutit à tout et à son contraire……Le raisonnement oui, les oukases non!

  14. Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, vient de faire également état d’une même tendance. Dans son « Rapport de surveillance budgétaire multinational » semestriel, le Fonds en tire comme conclusion que « la voie idéale serait d’éviter toute rigueur aujourd’hui, tout en s’engageant de manière crédible à la rigueur à l’avenir ». « Etant donné le rythme relativement lent de la reprise économique, appuyer sur les freins avec une ferveur excessive ne serait pas adéquat à moins qu’il y ait une forte pression des marchés », ajoute-t-il.
    Voilà une approche nuancée qui n’est de toute évidence pas partagée par la BCE et Jean-Claude Trichet, son président. Ce dernier mène campagne et pousse les feux afin d’obtenir la plus grande « discipline fiscale » possible, et continue sa croisade contre le « laxisme budgétaire ». «Automaticité des sanctions » et « très fortes conditionnalités » à l’accès aux mécanismes d’aide financière actuellement en discussion sont ses maîtres-mots dont il ne démord pas.

    Que l’on considère le « pragmatisme » d’un Blanchard -la rigueur un peu plus tard- Ou le dogmatisme de Trichet -la rigueur tout de suite-, l’ennemi à abattre, pour nos libéraux, c’est bien l’Etat, plus précisément la « main gauche » de celui ci, pour reprendre les termes de Bourdieu.

    La crise des dettes souveraines (bien mal nommées, comme le montre Lordon dans son papier paru ce jour même) apparaît comme la plus providentielle arme politique dont ces mêmes libéraux pouvaient rêver dans la poursuite de ce but. Je ne pense même pas qu’ils prêtent, pour la plupart d’entre eux, la moindre pertinence à la doctrine orthodoxe qui postule (au beau milieu d’une tendance macroéconomique récessive!) la réduction des déficits au moyen de coupes sombres dans les budgets publics.
    Sur cette vision libérale, voir par exemple les pages 31 à 33 du rapport « perspectives économiques novembre2009 » de l’OCDE.
    http://www.oecd.org/dataoecd/36/58/43117791.pdf
    Michel Husson pour un rapide décorticage.
    http://hussonet.free.fr/bourgocde.pdf

    Il faut y voir, pour le camp de la domination, l’occasion rêvée d’un parachèvement, en toute conscience. Parachèvement du mouvement historique de défiscalisation (pour les riches, est-il besoin de préciser?) entrepris au commencement des années 80, par l’ajustement des dépenses au même niveau d’érosion. Et, conséquemment, la fin du travail de démolition de ce qui reste de l’Etat social. Les années à venir en feront la démonstration concrète.

    Avec l’espoir, qu’on entretient comme on peut, que la dégradation de leurs conditions matérielles d’existence jusqu’à des niveaux difficilement supportables en entraînera de plus en plus parmi nous à sortir de leur torpeur. Et avec celui que cette prévisible colère ne sera pas récupérée par le premier démagogue venu. Ici (on croise les doigts) et ailleurs.

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