L'actualité de la crise : LES BANQUES CENTRALES, DERNIERS RECOURS A CONTRE-CŒUR, par François Leclerc

Billet invité.

En adoptant le principe d’une révision du traité de Lisbonne afin de pérenniser un dispositif collectif de sauvetage financier d’un Etat en difficulté, les 27 de l’Union européenne se sont engagés dans un tournant dont il ne voient pas la fin.

Ce premier coup de canif dans le contrat de mariage pourrait en effet être suivi d’autres. Reconnaître l’hypothèse que certains pays ne seraient pas en mesure de respecter le contrat d’austérité qu’il leur est exigé de suivre pourrait impliquer que, pour d’autres, du mou devrait être donné à la laisse. Mais n’anticipons pas…

Dans l’immédiat, à peine engagé, ce tournant a suscité une passe d’arme entre Jean-Claude Trichet et Nicolas Sarkozy, rapportée de plusieurs sources. « J’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation » a tonné le premier, en pure perte.

Non seulement le président de la BCE n’a pas obtenu gain de cause sur un sujet à propos duquel il s’était exprimé sans ambages – l’automaticité des sanctions pour les pays allant hors des clous – mais il n’a pu empêcher que soit adopté un mécanisme anti-crise qui pourrait selon lui susciter sans tarder une réaction des marchés, furieux devant la perspective de devoir participer demain à d’éventuelles restructurations de dette. Ou, pour le dire sans détours, craignant que les banques européennes ne causent une nouvelle hausse des taux obligataires de pays comme la Grèce et l’Irlande. Pour commencer.

La BCE a été en effet prise à contre-pied par les décisions du dernier sommet de Bruxelles et craint de devoir en assurer les conséquences. Pour la seconde fois, alors qu’elle tentait de très progressivement réduire la voilure de ses programmes de soutien financiers, elle se retrouve devant la perspective de devoir au contraire se préparer à les étendre. Renvoyant dans leurs dix-huit mètres Alex Weber et ses compagnons du camp des faucons, pour reprendre la terminologie utilisée aux Etats-Unis pour désigner ceux qui voudraient voir la Fed également lever le pied.

Précisément. cette dernière se prépare à agir, suivie par ses consœurs britanniques et japonaise. Mettant la BCE dans une autre situation d’isolement délicate. Toutes les banques centrales se réunissent cette semaine, la BCE le faisant jeudi prochain, en dernier, avec un conseil des gouverneurs qui risque d’être aussi animé que l’est depuis quelque temps le comité de politique monétaire de la Fed.

Les banques centrales sont désormais au cœur des contradictions, écartelées entre le respect de leurs traditions et de leurs dogmes et la nécessité d’agir. Plus que jamais expression d’un fragile dernier recours qui ne permet que de temporiser, mais ne règle rien. Progressivement, elles en viennent à garantir la dette des Etats, certains de ces derniers et non des moindres n’y parvenant plus. La confiance des marchés reposant de plus en plus sur leurs épaules, qu’elles risquent d’avoir trop étroites.

Mais de nouvelles émissions monétaires – pour les banques centrales libres de les effectuer – seront-elles une solution ? La BCE ne sera-t-elle pas à son tour entraînée, à son corps défendant et à celui de ses mandants allemands, dans la même nécessité  ? Céder d’un pas, c’est devoir se préparer à reculer en en faisant d’autres, doivent se dire non sans raison les tenants de la ligne intransigeante.

La restructuration de dettes désormais admise dans son principe par les Européens, d’autres ne vont-ils pas être tentés d’évaluer la possibilité d’emprunter ce même chemin ? Après tout, ne s’oriente-t-on pas, irrévocablement mais lentement, vers la remise à zéro des compteurs monétaires que représenterait une réforme du système monétaire internationale  ? Une autre mise à plat ne va-t-elle pas être nécessaire  ?

Des gouffres s’ouvrent sous les pieds de ceux qui tentent de conserver leur équilibre et de préserver leurs fondamentaux. Qu’ils veuillent bien excuser cet emprunt à leur langage ampoulé, ils ne sont plus à cela près  !

Jean-Claude Trichet vient de s’écrier «Ma cassette ! ma cassette ! » à la seule évocation d’une éventuelle restructuration des dettes d’un petit pays européen qui ne devrait dans le pire des cas – selon lui – intervenir qu’après la mi-2013, lorsque la révision light du traité de Lisbonne sera intervenue. Qu’en sera-t-il demain, si l’hérésie suprême qui consisterait à aller chercher l’argent là où il se trouve pour renflouer les Etats déséquilibrés par leur soutien au système financier privé gagnait du terrain et finissait par s’imposer ? Au lieu de produire à grands frais de nouvelles dettes pour en financer d’anciennes ?

Etouffée à l’époque par les Américains, une étude interne au FMI avait abouti il y a quelques années à une nouvelle approche de la restructuration de la dette souveraine. Elle reposait sur une transposition de la loi sur les faillites américaines et impliquait la création d’un tribunal international. Le mécanisme n’a jamais été lancé, mais il pourrait susciter des vocations, sauf qu’il ne s’agirait pas cette fois-ci de traiter des dettes d’un seul pays…

Cela serait une excellent manière de procéder, à la faveur d’une telle remise de peine, à la réduction de la gigantesque et dévastatrice bulle financière qui s’est constituée. Pour commencer.

Car, publique ou privée, il n’y a en réalité qu’une seule bulle. Ses débiteurs sont différents mais ses créanciers sont les mêmes. La machine à faire de la dette se confond avec celle à faire de l’argent et la bulle, à force, ne cesse d’enfler en dépit des accidents de parcours. Le gros accident qui est en cours est trop important et a donné un signal qu’il va falloir se résigner à entendre : cela ne peut plus repartir comme avant.

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48 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LES BANQUES CENTRALES, DERNIERS RECOURS A CONTRE-CŒUR, par François Leclerc »

  1. La restructuration de la dette d’un petit pays européen, c’est-à-dire la Grèce, interviendra bien avant 2013 mais aussi de l’Irlande et après de l’Espagne. La Grande Bretagne très endettée a la chance de n’être pas prisonnière des dogmes imbéciles de la BCE. Comme vous le savez la crise immobilière aux US couve à nouveau faute d’avoir appliqué des mesures adéquates et produira de nouveau des effets dévastateurs sur l’UE et le reste du monde.

  2. J’ai un exemple réel : je suis héritier depuis 9 mois je n’arrive pas à savoir ce que contient cet héritage , ce qui signifie que celui ci ne m’appartient pas , il appartient à l’état , qui voudra bien me rétrocéder ce qu’il lui semblera.
    Voilà comment les choses vont se passer pour réduire ou restructurer les dettes des états , en silence , au fur et à mesure des décès , les héritiers ne toucheront rien.

    1. Vous n’arrivez pas à savoir ce que contient l’héritage que vous lègue un parent…. et ce serait l’Etat qui en serait responsable ???? La bonne blague !

      En passant : pendant très longtemps aux Etats-Unis (à partir de Roosevelt, dans les années 30, jusqu’à Carter, modulo un coup de rabot de Nixon au début des années 70), les droits de succession en ligne directe était aisément de 80%. Le saviez-vous ?
      Cela a été remis en cause un peu par Nixon, puis surtout par Reagan et Bush junior, favorables à un vieux pays de rentiers. On voit tout de suite que l’économie américaine va beaucoup mieux que pendant la période précédente….

      Pour qu’un pays soit dynamique il faut que ceux qui veulent devenir riches ou aisés se fassent par eux-même, pas en héritant.

  3. Après tout, que les « créanciers » soient appelés à mettre la main au porte-monnaie ne serait pas une mauvaise chose : ne sont-ils pas les premiers « fautifs », eux qui exigent des « rendements » sans se soucier des conséquences ? C’est leur machine qui est cassée, pas celle des travailleurs dont les « rendements » ne sont pas brillants.

    1. tout a fait d’accord: le preteur fait un pari, s’il perd ce pari il perd de l’argent et s’il le gagne, il recupere sa mise plus interets. Si un creancier demande des interets pour le pret de son argent, c’est que ce pret comporte toujours par essence un certain risque (meme minime) de ne pas etre recouvre. Abolir ce risque par l’utilisation des deniers publics n’a aucun sens, induit un emballement du systeme (multiplication des prets hasardeux comme cela s’est notamment produit aux US ces 10 dernieres annees), et ne fera qu’accentuer le gouffre existant entre possedants et misereux.
      Par ailleurs, si on se trouve dans cette situation absurde ou le preteur gagne a tous les coups, on devrait egalement abolir les interets (car plus de risque). Ce serait la moindre des choses.

    2. @ Paul Jorion
      je choisis la case « repondre »: effectivement, comme vous le soulignez j’ai ete un peu simpliste. Les taux d’interets prennent egalement en compte l’inflaton ainsi que les frais de dossier (what else ?).
      Ceci dit, cela n’enleve rien a l’argumentation de mon post: rembourser un pret bancaire via l’argent publique est deja un non-sens, reclamer par-dessus les interets est une absurdite.

      A quand un G20 sur la restructuration de la dette des pays africains … heu pardon, des pays developpes ? On aurait un peu l’air con, non ?

  4. ROUBINI: l’économie US est une épave

    Le prochain programme d’assouplissement quantitatif concocté par la Réserve fédérale (Fed) aura très peu d’impact sur l’économie américaine, soutient l’économiste Nouriel Roubini dans un commentaire publié dans le Financial Times.

    C’est à travers des mesures fiscales que le gouvernement américain devrait essayer de relever son économie, explique le Dr Doom. Il s’attend d’ailleurs à ce que le programme d’assouplissement quantitatif, qui doit être annoncé mercredi prochain, n’ait qu’un léger effet sur la croissance en 2011.

    Selon Roubini, les États-Unis sont sur une « trajectoire fiscale insoutenable » et il craint que, avec les gains attendus des Républicains au Congrès, les hausses d’impôts risquent d’être repoussée dans l’agenda politique. Or, sans ces hausses, les États-Unis courent un grand risque budgétaire.

    « Le programme d’assouplissement de la Fed préviendra le pire, mais il y a un risque que le président Obama ait à régner sur une période de stagnation économique où la croissance sera anémique et où le chômage demeurera élevé », s’inquiète-t-il.

    Dans un monde idéal, le président Obama pourrait mener, jusqu’en 2012, des réformes visant à réduire les dépenses fédérales tout en relevant peu à peu certaines taxes. Il pourrait ainsi réduire le déficit public tout en assurant un environnement économique viable pour les entreprises.

    « Malheureusement, ce scénario ne se réalisera pas », conclut Nouriel Roubini.

    Professeur d’économie à la Stern School of Business de l’Université de New York, Nouriel Roubini est célèbre pour avoir été un des rares économistes à prédire la crise financière de 2008.

    Source finance-investissement Avec le Financial Post

    1. La situation est très simple : les riches sont trop riches et intouchables et les pauvres ne sont pas assez riches pour payer l’addition.

  5. Merci, belle analyse, la solution est toute trouvée. Si j’analyse bien, sont basés sur des faux, de surcroit dans la même bulle .

    Ils savent, ils doivent donc assumer le dégonflement de la bulle, à l’insu de leur plein grè déclarons les Démocratiquement faillis.

    Et s’ils rechignent, qu’ils s’en aillent sous des cieux plus clément et bon débarras.

    Calcul, tout capital qui n’est pas adossé à des biens matériels est remis au pot commun, de la monnaie garantie par l’état souverain. Par un Comité National Républicain. Je veux bien me dévouer et en faire parti pour juger en mon ame et conscience.

  6. Krugman: la semaine prochaine ayez peur..très peur

    A moins d’un énorme bouleversement, les républicains vont prendre le contrôle d’au moins une des chambres du Congrès (américain, ndt) la semaine prochaine. Cette perspective devrait-elle inquiéter les Américains ?

    Pas vraiment, selon certains experts. Après tout, la dernière fois que les républicains avaient le contrôle du Congrès pendant qu’un démocrate vivait à la Maison Blanche, c’était de début 1995 à 2000. Et les gens se souviennent de cette période comme d’une bonne époque, une époque de créations d’emplois en plein essor et de budgets responsables. Peut-on espérer une expérience similaire aujourd’hui ?

    Non, on ne peut pas. Ça va être affreux. En fait, les futurs historiens considéreront sans doute l’élection 2010 comme une catastrophe pour l’Amérique, une catastrophe qui condamna le pays à des années de chaos politique et de fragilité économique.

    Commençons par la politique.

    À la fin des années 1990, les républicains et les démocrates étaient capables de travailler ensemble sur certains problèmes. Le président Barack Obama semble croire que la même chose peut se reproduire aujourd’hui. Dans une interview récente au National Journal, il a fait entendre une note de conciliation, en disant que les démocrates devaient avoir « un sens approprié de l’humilité » et qu’il « passerait plus de temps à bâtir un consensus ». Bonne chance.

    Après tout, cette époque de coopération partielle des années 1990 n’est venue qu’après que les républicains avaient tenté la confrontation totale, allant jusqu’à suspendre les activités du gouvernement fédéral pour tenter d’obliger le président Bill Clinton à céder à leurs exigences de sévères coupes budgétaires dans Medicare.

    Or, la suspension des activités gouvernementales avait fini par nuire politiquement aux républicains, et certains observateurs semblent supposer que les souvenirs de cette expérience inciteront le GOP à se garder d’être trop va-t-en-guerre cette fois-ci. Mais la leçon que les républicains actuels semblent avoir tiré de 1995 n’est pas qu’ils étaient trop va-t-en-guerre, c’est qu’ils ne l’étaient pas assez.

    Une autre interview récente au National Journal, cette fois-ci de Mitch McConnell, le chef de l’opposition au Sénat, a reçu beaucoup d’attention grâce à une citation-titre accrocheuse : « la seule chose importante que nous souhaitons réussir est de faire en sorte que le président Obama soit un président à mandat unique ».

    Si vous lisez l’intégralité de l’interview, ce que McConnell dit, c’est qu’en 1995, les républicains se sont égarés en se concentrant trop sur leur agenda politique et pas assez sur la destruction du président : « nous souffrions d’une certaine arrogance et avons agi comme si le président était sans importance et que nous l’écraserions. Dès l’été 1995, il était déjà parti pour être ré-élu, et nous nous sommes accrochés pour survivre ». Sous-entendu, cette fois-ci, ils resteront déterminés à faire tomber Obama.

    Certes, McConnell a bien dit qu’il pourrait accepter de travailler avec Barack Obama dans certaines circonstances, notamment si ce dernier acceptait de faire un « salto arrière à la Clinton » en adoptant des positions qui trouveraient davantage de soutien parmi les républicains que dans son propre parti. Bien sûr, cela entamerait les chances de réélection d’Obama – mais c’est le but.

    On pourrait ajouter que si des républicains du Congrès se mettaient en tête d’agir de manière responsable, bipartite, ils changeraient certainement d’avis après avoir jeté un coup d’œil par-dessus leur épaule aux types du Tea Party, qui leur sauteront dessus à la moindre velléité de se montrer raisonnables. Le rôle du Tea Party est l’une des raisons pour lesquelles les observateurs intelligents s’attendent à une nouvelle suspension des activités du gouvernement, sans doute dès le printemps prochain.

    Au-delà de la politique, la différence essentielle entre les années 1990 et aujourd’hui est l’état de l’économie. Quand les républicains prirent le contrôle du Congrès en 1994, l’économie américaine avait des bases solides.

    L’endettement des ménages était bien plus faible qu’aujourd’hui. Les investissements des entreprises étaient en augmentation, en grande partie grâce à de nouvelles opportunités créées par le secteur informatique – des opportunités bien plus vastes que les folies de la bulle internet.

    Dans cet environnement favorable, la gestion économique consistait surtout à mettre des freins à la croissance, afin d’éviter la surchauffe économique et une inflation potentielle. Et c’est un boulot que la Réserve fédérale pouvait faire toute seule en augmentant les taux d’intérêt, sans aucune aide du Congrès.

    La situation est complètement différente aujourd’hui. L’économie, plombée par la dette que les ménages ont accumulée pendant la bulle de l’ère Bush, est dans un état désespéré ; la déflation, et non l’inflation, est le danger manifeste et réel. Et il n’est pas dit que la Fed possède les outils pour éviter ce danger. Pour l’instant nous avons surtout besoin de mesures actives du gouvernement fédéral pour nous sortir de ce piège économique.

    Mais nous ne les obtiendrons pas si les républicains contrôlent la Chambre. En fait, s’ils obtiennent ce qu’ils veulent, nous aurons le pire des deux mondes : ils refuseront de faire quoi que ce soit pour relancer l’économie maintenant, affirmant s’inquiéter du déficit, tout en augmentant en même temps les déficits à long terme par des réductions d’impôts irresponsables – les réductions qu’ils ont déjà annoncées n’auront pas à être compensées par des réductions de dépenses.

    Alors si les élections se déroulent comme prévu la semaine prochaine, voici mon conseil : ayez peur. Ayez très peur.

    Source rtbf

    http://www.rtbf.be/info/economie/chronique-de-paul-krugman/la-division-menera-a-lechec-270749

    1. Je vais sans doute faire de la science politique de comptoir, mais tant pis. Je pense qu’il y a eu dès le départ malentendu sur le personnage politique Obama. Après son élection, il possédait la légitimité politique et les capacités d’entreprendre des réformes structurelles d’envergure (majorité confortable dans les deux chambres). Surfant sur la vague de la débâcle financière, il eut l’intelligence de gauchir son discours au cours de sa campagne, ce qui lui valut sa large victoire face à un parti républicain à la ramasse.
      Mais il se révéla bien vite comme le centriste qu’il n’avait pas cessé d’être, nommant une administration de perpétuation du système, s’égarant dans la perpétuelle recherche d’une voie médiane, recherchant le consensus avec des républicains qui le diabolisaient. La contribution du secteur financier à la campagne démocrate, supérieure me semble t-il à ce qu’elle fut pour l’autre camp, aurait pourtant dû mettre la puce à l’oreille. Les progressistes qui attendaient un nouveau messie en sont pour leurs frais.
      Aujourd’hui, il est trop tard. Ne reste que l’enlisement.

    2. La question n’est pas de savoir si un politique est « de gauche », « du centre » ou  » de droite » c’est de comprendre une bonne fois pour toutes qu’il est « aux ordres ».

    3. @ Souvarine : J’ignore si vous faites de la « de la science politique de comptoir » mais vous ignorez un fait important : aux etats-unis, il n’y a pas de parlement godillot comme en France. Ainsi, meme si Obama disposait d’entree des deux chambres cela ne veut pas dire qu’il pouvait faire ce qu’il voulait. Et c’est peut-etre un signe de meilleure sante du systeme americain (que je me refuse a appeler democratie, je ne crois pas d’ailleurs qu’il en existe une seule dans le monde). Le mandat du president americain est de 4 ans avec a mi-mandat une possibilite de « revocation symbolique » (!). Bien qu’il gouverne le pays le plus puissant du monde, il doit etre l’un des dirigeants qui dispose – comparativement – du moins de pouvoir.

    4. @Leopard Blanc

      Je n’ai pas dit qu’Obama pouvait tous les miracles, ou bien je me suis mal exprimé. Qu’il doive agir sous contrainte ou que Chambre des représentants et Sénat ne constituent pas de simples chambres d’enregistrement de la volonté présidentielle, c’est un fait.
      Malgré tout, il était à mon avis possible de mieux faire si son action s’était avérée conforme à la ligne annoncée, possible d’obtenir un véritable soutien populaire, seule manière aux Etats-Unis de faire advenir des réformes progressistes. La légitimité de son mandat était indéniable, obtenue, rappelons le, sur un discours de rupture. Les attentes étaient immenses, les idées ultralibs disqualifiées pour beaucoup.
      Sa politique de main tendue aux républicains, totalement infructueuse, l’équipe nommée (Clinton, Geithner, Summers…), sa posture éminemment centriste, qui trouve sans doute sa raison objective dans les liens incestueux qu’entretiennent oligarchie politique et milieux d’argent, ne pouvait qu’aboutir au résultat calamiteux auquel on assiste.
      Et qu’au final, beaucoup se sont leurrés en prenant Obama pour ce qu’il n’est pas.
      Je précise que je dis tout cela comme observateur extérieur, je n’ai jamais mis les pieds aux Etats-Unis. Je ne me présente pas non plus comme un spécialiste de la vie politique américaine. C’est pourquoi je parlais de science politique de comptoir. Ca reste l’avis d’un béotien.

    5. @Souvarine : Bien compris. Je ne souhaite pas defendre Obama integralement. C’est vrai qu’il a suscite toutes sortes d’espoirs un peu decus aujourd’hui. Mais c’est lui faire un mauvais proces que par exemple critiquer la presence de Clinton dans son equipe : il n’avait pas le choix ! les primaires ont ete terribles, Hillary Clinton incarnait l’eventuelle premiere presidentE americaine.

      Si vous parlez anglais, je vous conseille de regarder le « debat » entre Obama et Jon Stewart au Daily Show (on trouve ca sur youtube). En voyant ca et malgre les critiques que je formule moi meme a l’egard d’Obama, je me suis senti jaloux des americains, jaloux de leur president (je suis francais). Il dit entre autres : « oui, le healthcare on aurait pu faire encore plus, mais pour chaque petite decision je dois me battre contre les deux chambres, et ce qu’on a deja reussi a faire, personne n’y croyait ». Alors oui, Obama n’est pas un revolutionnaire mais il faut lui reconnaitre comme a Mitterand entre 81 et 83, que s’il ne fait pas tout ce qu’on aurait souhaite, il en fait une partie. C’est deja mieux que l’immense majorite des dirigeants des autres pays…

  7. Pourquoi voulez vous créer un tribunal international pour faillite d’état?
    Seule l’euro zone est en train de faire faillite a cause d’un système de change fixe qui ne fonctionne pas et ne peut pas fonctionner.
    Trichet devrait laisser Weber en charge et laisser l’eurosysteme s’écrouler.
    Bon vent!

    1. « Seule l’euro zone est en train de faire faillite  » ça fait plaisir de lire des optimistes sur ce blog, bien qu’à notre époque l’être autant relève du prodige plus que du réalisme…

      Vous m’accorderez que les US c’est pas non plus la grande forme, vous pensiez à la Chine?

      A fait la Chine, la force de demain, comment ça va se passer pour elle au niveau des retraites?
      Si on prend en compte que les générations actives actuelles n’ayant pas de système de retraite placent en masse leur épargne sur les marchés (il y a plus de compte titre ouvert en Chine que de chinois…) dont des bulles (immobilière, action…) ne cessent de gonfler et que pour la suite la politique de l’enfant unique annonce de grands moments, il n’y a pas de quoi sauter au plafond…

  8. Bonjour,

    C’est l’automne (magnifique) et les créances mortes se ramassent à la pelle.
    Si j’ai bien compris l’UE 27 admet enfin que les restructurations de dettes de certains pays sont inévitables. Et donc ceci implique que certaines dettes ne seront pas remboursées et donc les créanciers ne vont pas en avoir pour leur argent. Le mérite de cette situation est donc de voir une certaine réalité en face.
    Toutefois si les banques sont atteintes par ces mesures, à commencer par les européennes, ne faudrait il pas militer urgemment pour leur nationalisation (cf Northern Rock entre autre)? Afin d’éviter une situation comme celle du crédit Lyonnais ou ce sont les impôts des contribuables qui ont comblé le trou, mais sans que les citoyens n’aient le contrôle (indirect et relatif de la banque)? dans un cas extrême que se passe t’il si des banques européennes font faillites du fait de ces restructurations? Merci d’avance pour les réponses ou les corrections éventuelles sur le cas du Lyonnais.

    PS:c’est bien beau l’automne!

  9. D’après Ambrose Evans-Pritchard, dans le Telegraph, un projet proposé par Berlin circule, à propos d’une procédure d »insolvabilité négociée » d’un pays de la zone euro. Elle reposerait sur une extension de la maturité des obligations (une durée plus longue de remboursement), une suspension du payement des intérêts aussi longtemps que le débiteur n’aurait pas retrouvé sa santé, ainsi qu’une suspension des droits des détenteurs d’obligations. A la manière de ce que fait le FMI.

    1. Monsieur Leclerc…

      C’est le principe du rachat de crédits…

      Soit : ça fait un peu moins mal sur BEAUCOUP plus longtemps.

  10. « Le gros accident qui est en cours est trop important et a donné un signal qu’il va falloir se résigner à entendre : cela ne peut plus repartir comme avant. »

    Et vous sanctifierez la cinquantième année, vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants : ce sera pour vous le jubilé ; chacun de vous retournera dans sa propriété, et chacun de vous retournera dans sa famille.
    La cinquantième année sera pour vous le jubilé : vous ne sèmerez point, vous ne moissonnerez point ce que les champs produiront d’eux-mêmes, et vous ne vendangerez point la vigne non taillée.
    Car c’est le jubilé : vous le regarderez comme une chose sainte. Vous mangerez le produit de vos champs.
    Dans cette année de jubilé, chacun de vous retournera dans sa propriété.
    Si vous vendez à votre prochain, ou si vous achetez de votre prochain, qu’aucun de vous ne trompe son frère.
    Tu achèteras de ton prochain, en comptant les années depuis le jubilé ; et il te vendra, en comptant les années de rapport.
    Plus il y aura d’années, plus tu élèveras le prix ; et moins il y aura d’années, plus tu le réduiras ; car c’est le nombre des récoltes qu’il te vend.
    Aucun de vous ne trompera son prochain, et tu craindras ton Dieu ; car je suis l’Éternel, votre Dieu.
    Mettez mes lois en pratique, observez mes ordonnances et mettez-les en pratique ; et vous habiterez en sécurité dans le pays.
    Le pays donnera ses fruits, vous mangerez à satiété, et vous y habiterez en sécurité.

    Les terres ne se vendront point à perpétuité ; car le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme étrangers et comme habitants.
    Dans tout le pays dont vous aurez la possession, vous établirez le droit de rachat pour les terres.
    Si ton frère devient pauvre et vend une portion de sa propriété, celui qui a le droit de rachat, son plus proche parent, viendra et rachètera ce qu’a vendu son frère.
    Si un homme n’a personne qui ait le droit de rachat, et qu’il se procure lui-même de quoi faire son rachat,
    il comptera les années depuis la vente, restituera le surplus à l’acquéreur, et retournera dans sa propriété.
    S’il ne trouve pas de quoi lui faire cette restitution, ce qu’il a vendu restera entre les mains de l’acquéreur jusqu’à l’année du jubilé ; au jubilé, il retournera dans sa propriété, et l’acquéreur en sortira.

    Lévitique 25

  11. Ce qu’il y aurat lieu de souligne, c’ est une hypothèse qui avait évoquée pendant la 1 e crise de la dette par Willem Buiter, i.e que dans l ‘hypothèse d’un efffondrement du chateau de cates,il
    y aurait une forte probabilité de devoir recapitaliser la BCE elle-même, ce qui vu l’ambiance
    actuelle, ne s’annonce pas comme une mince affaire, En essayant de retrouver cette analyse,
    je suis tombée sur celle-ci, qu n’est pas dénuée d’interêt non plus:

    Le Portugal et l’Irlande pris au piège du surendettement par Ambrose Evans-Pritchard, 07.10

    Le Portugal et l’Irlande sont désormais pris au piège d’un surendettement et d’une austérité qui se renforcent mutuellement, en une spirale menant à la dépression, écrit Evans-Pritchard.

    Pour des pays privés des mécanismes d’ajustement monétaires, les coupes budgétaires amplifient la récession et le besoin de refinancement. La sortie de crise, suggère-t-il à la suite de Simon Johnson, pourrait requérir une renégociation de la dette. En refusant d’envisager cette possibilité, le FMI et l’Union européenne les condamnent à se saigner pour payer leurs créanciers rubis sur l’ongle.

    Vus ainsi, les fonds de soutiens accordés bénéficieront in fine aux seuls créanciers, absouts de toute responsabilité, protégés contre toute perte, note-t-il. En d’autres termes, on exige de ces nations de se sacrifier pour préserver la rente. — La thèse de la restructuration (puisque la solution inflationniste semble hors de portée) commence à gagner du terrain. L’article de Martin Wolf signalé en brève ces jours derniers explique fort bien quels sont les différents paramètres du problème.

    Il préconise la poursuite des déficits publics, mais également une restructuration de la dette privée au détriment des créanciers. Cela paraît inévitable, au vu de la masse de créances fictives (au sens de capital fictif) qui se sont accumulées, et tout spécialement depuis l’emballement financier qui a débuté en 2002. Tant que ce papier surnuméraire n’aura pas été détruit d’une manière ou d’une autre, l’économie réelle restera plombée. Contre Info.

    Le Portugal s’est rapproché de la ligne fatidique vendredi, lorsque le quotidien Diario de Noticias a rapporté les propos de trois anciens ministres des Finances avertissant que le pays devrait faire appel au Fonds monétaire international (FMI).

    L’un d’entre eux a parlé d’une « imprudente dépendance à la dette extérieure », et un autre d’une « dérive des dépenses publiques ». Peu importe que tous aient été impliqués dans le processus d’adhésion du Portugal à l’euro, un choix politique qui a préparé cette crise et qui enferme aujourd’hui le Portugal dans le piège de la dépression.

    Le Portugal avait un solde créditeur net vis-à-vis de l’étranger au milieu des années 1990. L’Union Monétaire en a fait un débiteur net, à hauteur de 109 % du PIB. Voila ce qui advient lorsqu’on réduit subitement les taux d’intérêt de 16 % à 3 %.

    Quoi qu’il en soit, ces déclarations ont touché une corde sensible. Les rendements sur la dette portugaise à 10 ans ont bondi à 6,15 %, retrouvant le niveau atteint durant la crise du mois de mai, lorsque l’UE fit face à son « moment Lehman-Brother » et a lancé un plan de sauvetage de 750 milliards d’euros.

    António de Sousa, le patron du syndicat des banques portugaises, a déclaré que ses membres sont dans une situation désespérée. Les banques ne peuvent lever de fonds à l’étranger, demeurent « extrêmement fragiles », et n’auront « tout simplement » plus rien à prêter tant que les capitaux étrangers ne seront pas de retour.

    Les banques portugaises ne peuvent survivre en comptant sur l’épargne locale. Elles dépendent des financements étrangers à hauteur de 40 % de leurs actifs, selon les chiffres du FMI. C’est la raison pour laquelle une réunion d’urgence a eu lieu vendredi entre le gouverneur de la banque centrale et le président Cavaco Silva. Le gouverneur a déclaré que les flux de financement de l’étranger en direction du Portugal étaient en train de se tarir. Les marchés n’acceptent plus le rythme trop lent des mesures d’austérité budgétaire au Portugal.

    Quelques heures plus tard, les dirigeants portugais se sont accordés sur le principe d’un durcissement du nouveau budget 2011, abandonnant l’espoir qu’ils pourraient à la fois éviter des coupes budgétaires et réduire le déficit de 9,3 % du PIB en 2009 à 7,3 %. La première victime pourrait être le train à grande vitesse vers Madrid.

    Que peut on attendre de cette austérité budgétaire ? Le total de la dette publique et privée combinée équivaut à 325 % du PIB, contre 247 % pour la Grèce, de sorte que le pays risque déjà d’être entraîné dans une spirale de surendettement. Lisbonne a supprimé des emplois publics depuis plusieurs années. Cela a certainement entravé la croissance, mais pas résolu le problème. La productivité du pays reste bloquée à 64 % de la moyenne de l’UE.

    La vérité dérangeante, c’est que le Portugal a perdu une grande partie de sa compétitivité depuis son adhésion à l’Union monétaire, et n’a jamais été en mesure de la retrouver. La « convergence » n’a pas eu lieu.

    L’Irlande illustre ce qui arrive lorsqu’on recourt à la purge budgétaire, en réduisant les salaires du secteur public de 13 % – sous les applaudissements de l’élite de l’UE – sans qu’elle soit compensée par une relance des exportations et la politique monétaire. Les obligations irlandaises ont grimpé encore plus haut, à 6, 38 %, un record depuis l’entrée dans la zone Euro.

    Cet envol des taux a été déclenché par la publication de deux notes de conjoncture publiées par les banques : La Barclays prévoit que l’Irlande aura peut-être besoin de l’aide du FMI et Willem Buiter, de la Citigroup, estime que l’Irlande « pourrait ne pas être en mesure d’honorer » en même temps les créanciers de la dette souveraine et les créanciers des banques. Le Dr Buiter a également déclaré qu’un défaut de paiement de la Grèce est « un événement de forte probabilité ».

    Deux ans après sa purge, l’Irlande enregistre un déficit budgétaire atteignant près de 20 % du PIB. Mais ce chiffre est réduit à 12 % si l’on exclut le sauvetage des banques. La raison pour laquelle le volume de créances douteuses de la banque Anglo Irish continue à augmenter, c’est que l’économie continue de s’enfoncer. Les prix des logements ont chuté 35 %. Le PIB nominal s’est contracté de 19 %.

    « La dette de l’Irlande monte comme une montgolfière sans pilote, alors que sa capacité à payer s’est effondrée », avertit Simon Johnson, ex-économiste en chef au FMI. Il estime que le pays a signé un pacte faustien avec l’Union Européenne, l’autorisant à emprunter jusqu’à hauteur de 75 % du PIB auprès de la BCE, tant que les contribuables irlandais serviront de bouclier pour les créanciers européens.

    Quoi qu’il en soit, le FMI lui-même est devenu un problème, en agissant comme le bras armé de l’idéologie de l’UE sous la conduite de Dominique Strauss-Kahn. Il n’offre pas de recours car il acquiesce à l’interdiction de l’UE de restructurer la dette.

    En Grèce, il soutient une politique qui laissera le pays chargé d’une dette publique atteignant 150 % du PIB au sortir de l’épreuve – permettant ainsi aux créanciers français et allemands de transférer une grande partie du risque vers les contribuables d’Asie via le FMI, et vers les contribuables de l’UE grâce au système de soutien de la zone euro .

    M. Strauss-Kahn a engagé à hauteur de 250 milliards d’euros les fonds du FMI pour « sauver » l’Union Européenne, sans l’approbation préalable du Conseil du FMI, provoquant la fureur de ses membres asiatiques. Il a promu la doctrine spécieuse qui affirme que les défauts sur la dette souveraine sont « inutiles, indésirables, et peu probables ».

    Disons-le clairement : le Fonds Monétaire International est devenu le promoteur d’une politique incohérente et de l’aléa moral. En août, il a aboli son plafond de crédit et a créé un nouvel outil pour précipiter dans de nouvelles dettes les États qui ont autant besoin que de se tirer une balle dans le pied.

    Simon Johnson indique que la solution, pour les parents pauvres de l’Union monétaire, serait un mécanisme de réduction de la dette semblable à celui des « obligations Brady », mis en œuvre en Amérique latine dans les années 1980, qui obligeait les créanciers à partager les difficultés des débiteurs, comme c’était le cas par le passé, et donnait aux débiteurs un moyen de sortir du bourbier.

    Pour être juste envers les responsables européens, il faut cependant reconnaitre que le problème auquel ils font face est peut-être tellement énorme que, s’ils laissaient la Grèce, le Portugal et l’Irlande restructurer leur dette, ils risqueraient une contagion instantanée à l’Espagne, et de là à l’Italie. Peut-être n’ont-ils pas vraiment le choix. Si c’est le cas, l’union monétaire a créé un monstre. »

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3071

    1. Un article de fond sur le surendettement privé & public paru dans le Monde du 30/10 :
      « Comment briser le cycle infernal du surendettement privé et public »
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/29/comment-briser-le-cycle-infernal-du-surendettement-prive-et-public_1432928_3232.html
      Ce que j’ai retenu :
      Qui va récupérer la patate chaude ?
      Il faut analyser la somme : dette privée + publique = dette totale
      Faut il baisser l’épargne privée, toujours plus d’austérité ?
      L’Europe se porte mieux que les USA, la GB, le Japon.
      Les plus malades : Belgique, GB, Espagne
      Les biens malades : Irlande, Portugal, Italie
      La Grèce, l’Allemagne et la France sont atteints du même mal, kif-kif.
      Des solutions sont présentées par P. Arthus.
      Ma question : qui est et qui sera le gagnant de ce pugilat ?

      Extrait :
      « En réalité, sur le long terme, ce n’est pas tant l’endettement public qu’une croissance stagnante qui risque de décourager les investissements, aussi bien internes qu’étrangers, dans les pays européens. Alors que certains accusent l’endettement public de sacrifier les générations futures. C’est le CONTRAIRE QUI EST VRAI. C’est un pays qui stagne au lieu d’investir et de se développer qui sacrifie l’avenir. »

      Bref, tout cela s’apparente précisément à la situation de tout ménage surendetté : diminuer doucement sa dette tout en continuant à bosser efficacement et sereinement ou se mettre à la diète maxi quitte à s’asphyxier.

  12. Mauvaise idée, ce bricolage.
    Juste un éventuel léger gain de temps.
    Il faut toucher le fond.
    Le plus tôt sera le mieux.

    1. Comme disent les proverbes : « il faut se perdre pour mieux se retrouver » ou « il faut toucher le fond pour remonter à la surface ».

  13. Si l’oligarchie politique européenne admet que même les marchés doivent casquer, c’est que l’heure est grave.
    Les banques vont peut-être négocier: participation à des restructurations de dettes souveraines contre assouplissement des nouvelles règles concernant le secteur bancaire
    Ou bien les marchés vont se retirer du financement de la zone euro . A moins que les banques ne fassent payer la participation à ces restructurations par leurs clients.
    Un chat retombe toujours sur ses pattes.

  14. « J’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation » : tu l’as dis Jean-Claude !

    Je repense au livre de Philippe Jaffré « Le jour où la France a fait faillite » (ex PDG de Total et ex Major de l’ENA) : ça paraissait tellement énorme… en 2006, et tellement optimiste aujourd’hui…

    Bon, pour en revenir, notez que l’alternative est :
    1/ Sarko : on en fait le moins possible, ça ne plait pas aux marchés, et Game Over
    2/ Trichet : on fait de la rigueur, ce qui finit d’euthanasier l’économie, et Game Over

    Ca complique la « sortie de crise »…. 🙁

    Amusant, j’entendais hier Claude Goasgen qui avec un gros sourire se félicitait en tant que député UMP quel impôts n’aient pas été augmentés. Avec 150 Md€ de déficit… L’histoire du tribunal ne devrait pas s’appliquer qu’aux Etats, François…

    Article L242-6 du code du commerce
    3° Le président, les administrateurs ou les directeurs généraux d’une société anonyme de faire, de mauvaise foi, des biens ou du crédit de la société, un usage qu’ils savent contraire à l’intérêt de celle-ci, à des fins personnelles

    Article L651-2 du code du commerce
    Lorsque la liquidation judiciaire d’une personne morale fait apparaître une insuffisance d’actif, le tribunal peut, en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d’actif, décider que le montant de cette insuffisance d’actif sera supporté, en tout ou en partie, par tous les dirigeants de droit ou de fait, ou par certains d’entre eux, ayant contribué à la faute de gestion.

    Article L653-4 du code du commerce
    Le tribunal peut prononcer la faillite personnelle de tout dirigeant, de droit ou de fait, d’une personne morale, contre lequel a été relevé l’un des faits ci-après :
    3° Avoir fait des biens ou du crédit de la personne morale un usage contraire à l’intérêt de celle-ci à des fins personnelles
    4° Avoir poursuivi abusivement, dans un intérêt personnel, une exploitation déficitaire qui ne pouvait conduire qu’à la cessation des paiements de la personne morale ;

    Je me demande donc pourquoi on n’appliquerait pas aux parlementaires qui gèrent le pays les mêmes règles qu’ils ont instituées aux dirigeants des entreprises…

    Je propose même une mesure 100 % poujadiste : si le pays devait faire un défaut partiel, même sur le seul versement d’intérêts, en raison de décennies de mauvaise gestion et de laxisme des élus, dans un but personnel (car refuser des réformes pour ne pas perdre les élections, c’est bien dans son intérêt personnel), je propose de passer les salaires et les retraites des parlementaires au minimum vieillesse… (708 € par mois, puisqu’ils ont considéré que c’était un revenu décent pour nos seniors).

    Enfin, un peu de responsabilité et de sanction dans ce système, non ? 🙂

    1. permettez moi de mégoter, Philippe Jaffré: ex PDG d’Elf (c’était THierry Desmaret pour TotalFina à l’époque). Sa vision du gobage de TotalFina par Elf (le contraire advint) était: « créer de la valeur pour l’actionnaire ».

  15. Dans El País, un article ahurissant racontant comment un Équatorien vivant en Espagne avec sa femme et ses 3 enfants depuis 1996, touchant 850 € par mois et ayant épargné 36 000 € pendant 10 ans, a pu, de façon légale, obtenir en 2006, à 44 ans, un crédit de 283.000 € pour s’acheter un appartement. Aujourd’hui au chômage et recevant l’aide de 426 € payée par l’Etat aux chômeurs en fin de droits, il doit 325 000 € à sa banque, qui l’a expulsé de son appartement.

    http://www.elpais.com/articulo/reportajes/Ciudadano/subprime/elpepusocdmg/20101031elpdmgrep_10/Tes

    1. Cela augmente le bénéfice fictif de la banque et donc les bonus réellement distribués tant que la créance n’est pas déclarée irrécouvrable.

  16. Dans le même El Pais, une interview de Nouriel Roubini avec quelques perles:

    Roubini considère que tant l’Allemagne que la BCE ont recours à des politiques inadaptées:
    « ‘L’obstination de la BCE à voir les fantômes de l’inflation est ub désastre pour l’Europe, et en particulier pour les pays de la périphérie. L’euro est parti dans les nuages à cause du refus
    de la BCE de donner les pas à l’achat d’obligations souveraines comme le fait la FED.
    Si cette ligne se meintient, et l’euro atteint 1,60 face au dollar, aura disparue quelque possibilité de reprise et alors nous verrons alors d’autres pays que la Grèce demander un
    sauvetage.L’Irlande et le Portugal sont les plus mal situés,L’Espagne a réussi à se démarquer, bien qu’elle soit encore mise dans les problèmes. »

    Al paso que vamos la próxima crisis financiera será aún peor

    1. On peut critiquer mais n’empêche son discours me séduit.
      Un homme en tous cas qui a du répondant et apporte des solutions asez équitables et pragmatiques. Saurait il unir les forces vives et dévouées à l’intérêt général ? Alors Go.

  17. Depuis longtemps, nous avons un nouvelle aristocratie: les marchés financiers. On tape sur le président la République Francaise au sujet de la retraite, mais lui-même n’est qu’un domestique de l’aristocratie mondiale de l’argent, comme les autres chefs d’états européens. Il n’a plus d’autres options.
    On se trompe de cible!

  18. Les coulisses de L’actualité de la crise

    La soluzione è l’inflazione*

    (Extrait d’un entretien avec l’équipe de « Giovane e bella », dans la nuit du 25 au 30 Octobre 2010)

    *L’inflation c’est la solution

  19. La finance « ne doit plus déraper » (DSK)
    AFP
    01/11/2010 | Mise à jour : 18:10 Réactions (7)
    Le monde attend des chefs d’Etat du G20 qui se réuniront en novembre en Corée du Sud qu’ils « réparent » l’ancien modèle financier, a déclaré à Agadir (sud du Maroc) le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. « La population du monde a besoin de les entendre dire (les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 qui se réuniront, ndlr) qu’on va réparer » le secteur financier, a-t-il déclaré lors d’un panel sur le « Développement humain et redistribution des richesses » organisé dans le cadre d’un Forum international sur le développement humain.

    Le secteur financier ne doit « plus déraper comme il a dérapé », a souligné le directeur du FMI avant d’ajouter qu' »il y a encore à faire en matière de réglementation et de supervision internationale ». « Si la mise en oeuvre (de la réglementation) n’est pas contrôlée, alors cela ne servira à rien. Il faut réparer l’ancien modèle », a insisté M. Strauss-Kahn.

    Réparer l’ancien modèle, dérapé, mais de qui se moque t’on? Il faut tous les virer et nationaliser le crédit

  20. Monsieur Leclerc.
    Excellent analyse, comme d’habitude.

    Mais, ceci dit, avec tout l’argent virtuel créé, n’était-ce pas obligatoire..???

    Le déséquilibre est maintenant trop grand pour être acceptable.

    1. En principe. J’écris bien : en principe.

      L’effondrement des US provoquera deux choses distinctes liées :
      – le naufrage de l’american dream et de l’argent-roi. Surtout dans les autres pays.
      – la montée de l’extrémisme dont nous aurons le résultat d’ici peu chez eux et qui pourra mener à un conflit mondial.

      Il devrait donc y avoir un renforcement des pays opposés aux US. Ce qui est déjà en cours, notez.
      Le hamburger ne devrait pas trop nous manquer, je pense.

  21. Sans lien direct avec le présent texte de François Leclerc et pour ceux que cela intéresse, un papier instructif d’André Orléan sur la réalité de ce que recouvre « l’indépendance » des banques centrales et de leurs relations avec le pouvoir politique. L’auteur met l’accent sur l’importance des croyances collectives en matière de politique monétaire et critique l’approche orthodoxe qui s’appuie essentiellement sur le caractère juridique de cette indépendance, qualifiée « d’illusion légaliste », et qui laisse de côté le caractère éminemment social de la monnaie. Exemples historiques à l’appui.

    http://www.pse.ens.fr/orlean/depot/publi/banques0701.pdf

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