L'actualité de la crise : les Chinois anges et démons, par François Leclerc

Billet invité.

LES CHINOIS ANGES ET DEMONS

A Athènes, les dirigeants chinois viennent de s’engager sur un chemin qui mène loin. Ils poursuivent la longue marche qu’ils ont entamée en annonçant en prélude du premier G20 de Londres que le moment était venu de progressivement réformer le système monétaire international. Selon une approche revendiquée comme gradualiste, afin de prendre en compte la fragilité du dispositif actuel, les tentatives américaines d’esquiver cette sanction qui sonnera le glas de leurs ambitions et l’ampleur des bouleversements qui va en résulter.

Certes, les projets et intentions qu’ils viennent de dévoiler ont d’autres plus modestes objectifs, dans un proche avenir. Comme d’établir une plate-forme logistique maritime pour leurs exportations en Europe. Une sorte de tête de pont, comme l’Irlande l’a en son temps été, pour d’autres acteurs et d’une autre nature.

Mais cela va plus loin, puisqu’ils ont annoncé qu’ils allaient souscrire l’année prochaine aux futures émissions obligataires à long terme grecques, écartant le risque d’un défaut de la Grèce sur sa dette publique considérée autrement inévitable. Car ses effets sur la zone euro seraient incalculables, et les Chinois seraient atteints. L’Europe, l’un de leurs meilleurs clients, diminuerait ses importations, tandis qu’une crise européenne d’ampleur aurait de fortes conséquences sur un autre des leurs, les Etats-Unis.

On voit que, petit à petit, le rôle que les Chinois pourraient jouer dans l’avenir se précise. Au lieu de thésauriser leurs surplus commerciaux en achetant des obligations – et de voir celles-ci dévalorisées par diverses biais et phénomènes, en dépit de la diversification de leurs achats en yens ou en euros – ils développent une stratégie de valorisation de ceux-ci. En se garantissant des accès aux matières premières et en se préparant à investir dans des secteurs industriels. Prenant leurs distances avec les investissements financiers, avec lesquels ils se sont brûlés les ailes. Ayant failli connaître sort bien pire, si les Américains ne les avaient pas protégés afin de préserver l’un de leurs grands argentiers.

Au vu de l’extrême lenteur avec laquelle avance au sein du FMI la montée en puissance des pays émergents, dont la Chine, les dirigeants chinois ont défini et mis en place une stratégie autonome. Qui a aussi son volet monétaire, en vue d’étendre l’usage du yuan dans les échanges commerciaux et pour certaines pratiques financières. Cela ne pourra que contribuer à accélérer le processus, dont le rythme n’est pas en phase – comme on le constate – avec les exigences de la crise économique et financière, pas plus qu’avec l’expression du nouveau rapport de force économique mondial, qui n’attend pas pour se manifester.

Cela relativise d’autres calculs et éclaire d’autres perspectives. En premier lieu ceux du FMI, qui dépend pour faire avancer ses propres pions comme il l’envisage de financements qui ne peuvent provenir que des pays ayant des excédents. Mais qui n’a pas les moyens de pratiquer un donnant-donnant, tant que le verrou que représente le droit de veto de fait des Etats-Unis n’a pas sauté en son sein.

Cela ne va pas être le cas, à la faveur des aménagements qui sont en train d’être conclus et qui vont aboutir à une nouvelle répartition des sièges au sein de son conseil d’administration, faisant de la place pour les émergents mais ne remettant pas en cause le privilège dont les Etats-Unis bénéficient.

Le schéma qui permettrait d’envisager une restructuration d’ensemble de la dette des pays développés à la faveur d’une réforme du système monétaire international – faisant jouer à la Chine le rôle de premier plan que les Américains ont joué à Bretton Woods – en utilisant leurs capacités financières pour financer la remise à plat de la dette est à ce stade très théorique et ambitieux. Voire totalement irréaliste.

Tout comme le serait la réapparition d’un projet étudié par le FMI, la mise en service d’une sorte de procédure de restructuration de la dette publique, à la manière américaine (chapitre 11 de la loi sur les faillites), arbitré par un tribunal international à constituer.

Car ce dispositif de faillite ordonnée et négociée était prévu pour le cas où un ou deux pays devraient en faire usage, mais pas pour celui où tous les pays occidentaux en seraient demandeurs à la fois. Négocier une restructuration de l’ensemble de la dette occidentale serait comme démêler une gigantesque pelote, un exercice qui est en train d’être réalisé dans un autre contexte et à une bien plus petite échelle – dans le cadre de la faillite de Lehman Brothers – et qui est de la plus grande complexité.

Enfin, toute perspective de répudiation globale de la dette, même partielle, peut être comparée dans le contexte financier contemporain à un jeu de mikado géant, qui menacerait à chaque instant de s’écrouler au fur et à mesure que des baguettes en seraient délicatement retirées. Une perspective qui n’est pas enchanteresse pour ceux dont l’objectif est au contraire de réparer le système financier.

Parmi les autres solutions miracles qui n’en sont pas figure également la relance économique par de nouveaux programmes d’achat par les banques centrales d’obligations souveraines. On connaît à ce propos les interrogations qui montent aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni, sur l’éventualité de nouvelles mesures de cet ordre, on sait moins les craintes qui s’expriment en raison du risque non négligeable que ces mesures ne produisent pas les effets escomptés.

Le système bancaire dispose déjà d’imposantes liquidités, grâce aux injections des banques centrales, mais elles sont sans effet sur la relance. Lui en procurer davantage a de fortes chances de ne servir à rien. Ce qui revient pour ceux qui tiennent ce raisonnement à prononcer l’oraison funèbre des solutions monétaires, qui ne permettent pas de résoudre une crise d’une toute autre nature. Il fallait en arriver là.

Le débat sur l’opportunité ou non d’engager de nouveaux programmes reposant sur la création monétaire est donc dans les faits largement dépassé. D’autant qu’il a un côté étroitement doctrinaire et hors de propos dans le contexte récessif actuel. Alors que la seule inflation à redouter est celle des actifs, que les banques centrales affectent de considérer comme secondaire, mais devant laquelle elles s’alarment parfois, généralement quand c’est trop tard. Au prétexte que la théorie ne leur fournit pas de ressources pour mesurer la dimension des bulles d’actifs financiers.

Mario Draghi, gouverneur de la BCE, vient de s’en alarmer, pour préconiser que les Etats prennent en charge leurs banques dépendantes des liquidités fournies par la banque centrale, une addiction dont l’effet pourrait être pernicieux. Comme s’ils en avaient les moyens, l’exemple irlandais étant là pour démontrer le contraire !

La discussion porte dorénavant sur une toute autre question : si l’initiative privée et le financement public font tous deux défaut – pour des raisons différentes – qu’entreprendre lorsque les banques centrales deviennent à leur tour impuissantes ? Quelle équation de sortie de la crise peut être posée, afin de la résoudre, si la restructuration de la dette est impossible et la relance économique avec les outils monétaires l’est tout autant ?

A ce compte-là, les Chinois n’ont pas fini d’apparaître comme à la fois des anges et des démons, des sauveurs potentiels futurs leaders du monde. Car la seule perspective qui commence à se dessiner est celle de leur confier les clés du futur système international, comme cela avait été fait en faveur des Américains grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale, en 1944 à Bretton Woods. Afin qu’au « déséquilibre global » – comme disent les américains – succède un rééquilibrage global….

Qui l’aurait dit, qui l’aurait cru  ?

Le mécanisme complexe qui permettrait de dégonfler la dette publique tout en accordant à la dette privée le temps qu’elle se résorbe par la vertu de la spéculation n’est pas encore trouvé. Une fois admis que les recettes traditionnelles que sont la répudiation de la dette et l’hyperinflation ne sont plus adaptées à la nouvelle donne de l’époque, tout reste à inventer. En empruntant un étroit chemin qui n’est pas bordé de roses, sur lequel beaucoup d’obstacles peuvent impétueusement surgir.

Le rideau va se lever sur le prochain acte, avec en ouverture la divulgation du plan d’austérité britannique puis les élections américaines. Deux actes fondateurs d’une nouvelle période qui ne prennent pas spécialement le chemin que les dirigeants chinois ont commencé à tracer…

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118 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : les Chinois anges et démons, par François Leclerc »

  1. C’est étonnant …

    Dans toutes les analyses que l’on peut entendre, il est évident que le chemin du « renouveau » passent par la Chine ou les Etats Unis, mais personne n’évoque le fait que l’Europe a toutes les billes pour elle aussi se redresser …. pour peu que ceux qui sont à la tête de ses pays le veuillent bien.

    Mais non, sujet tabou.

    Ces messieurs dames préfèrent ouvrir nos portes soit aux Américains, soit aux Chinois.

    Beau cadeau !

    1. Le monde n’est pas complexe mais délibérément compliqué !

      Votre intuition est juste. Les Européens ont un jeu gagnant-gagnant à construire avec la Chine pour garantir les réserves de change chinoises et restructurer les dettes publiques et les fonds propres des banques européennes. Il suffit de construire un marché organisé de CDS (garanties de crédit) pour coter le risque de crédit de la Chine et des pays de la zone euro ainsi que de la BCE et de la Bank of China (BoC). Le Japon et des pays émergents désireux de protéger leurs réserves de change peuvent s’associer à l’accord de restructuration bancaire, financier et monétaire.

      Un marché international de garantie de crédit consiste à remplacer la notation privée des dettes (agences de notation) par un système public, ouvert et transparent de négociation d’options (le CDS déjà utilisé massivement est une option de garantie de crédit négocié de gré à gré sans transparence du prix ni des clauses juridiques). Un marché international officiel identifiant les acheteurs et les vendeurs sur des contrats standardisés permettrait une confrontation transparente de l’offre et de la demande de risque sur une large palette d’opérateurs.

      Le marché serait ouvert le 1er janvier 2011 avec une unité de compte internationale au cours de 1 UCI pour 1 euro. Les Chinois seraient invités à vendre sur le marché UCI leurs dollars et leurs euros détenus sous forme de billets de trésorerie et obligations publiques et privées. Chaque titre vendu donne lieu à l’émission du CDS correspondant. N’importe qui peut acheter en UCI : Etat, banque, investisseur, épargnant. Il suffit de vendre ses liquidités en dollar, euro, yen, yuan, real pour acheter des UCI.

      Les banques de crédit en UCI émettent des UCI en prêtant aux banques internationales en devise et aux banques centrales. Chaque prêt en UCI donne lieu à l’émission du CDS en UCI correspondant sur le bénéficiaire du prêt. Les CDS UCI sont achetés par des banques d’investissement UCI. Les banques d’investissement UCI sont également acheteuses du capital des banques de crédit UCI. Le principe de la garantie systématique d’un crédit par sa prime de risque et de cotation séparée du risque et du crédit fonde l’équilibre général des fonds propres, du crédit et de la monnaie du système financier ainsi créé.

      La Chine se porte acheteuse avec ses réserves de change de primes de risque et de prêts (certificats de dépôt) en UCI. Si elle achète trop de primes et pas assez de CD, elle se retrouve avec une forte volatilité de ses réserves de change mais soutient les taux de change des monnaies nationales en UCI. Si elle achète trop de CD en UCI et pas assez de primes, elle fait chuter les parités des monnaies nationales en UCI. Elle assume en contrepartie la réévaluation du yuan qui maintient sa parité contre UCI grâce à l’accumulation de réserves de change. Tous les choix offerts à la Chine sont ouverts à n’importe quel autre opérateur dans les mêmes conditions selon la situation financière propre.

      Avec un simple marché international organisé de CDS, il est donc possible de trouver la parité d’équilibre à long terme de n’importe quelle monnaie nationale et de garantir n’importe quelle dette. Le principe est bien sûr qu’on veuille rembourser ses dettes pour continuer à importer à crédit et renforcer sa capacité de remboursement en exportations réelles. L’équilibre intervient parce que les prêteurs n’ont pas plus d’intérêt à produire de la réalité contre rien que les emprunteurs n’en ont à répudier leur dette pour ne plus pouvoir acheter des biens et services réels.

      Quand François Leclerc écrit que « le mécanisme complexe qui permettrait de dégonfler la dette publique tout en accordant à la dette privée le temps qu’elle se résorbe par la vertu de la spéculation n’est pas encore trouvé », il rapporte les paroles de quelques intérêts privés qui réalisent des plus-values sur la volatilité et des intérêts publics qui espèrent encore profiter d’un chaos généralisé pour répudier leur dettes en « douceur » (c’est à dire gruger les Chinois qui ne sont pas dupes mais néanmoins vulnérables). Il faudrait mettre fin à la loi de l’argent qui consiste à proportionnaliser la mesure de la complexité financière aux plus-values qu’on en tire. Il y a un petit verrou métaphysique à lever dans les cerveaux financiarisés.

    2. « Il y a un petit verrou métaphysique à lever dans les cerveaux financiarisés. » : oui, toute plus-value devrait être dûment MERITEE ! N’est-ce pas ce que l’on exige des salaires ? 🙂

    3. Comme je partage l’avis d’Edith !

      Mais comme je vois aussi que la Chine a besoin de l’Europe pour faire fonctionner son chantage avec les USA. Attention, ce que je dis n’est pas anti-chinois, c’est une observation je pense réaliste des rapports de force. Du temps de la diplomatie « traditionnelle » c’est l’URSS et la France qui jouaient ce rôle politique de possible alternative dans les relations sino-américaines. Nous n’en sommes plus là mais le principe reste le même. Le but premier des Chinois est de détrôner les USA. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je vois qu’ils s’en donnent les moyens. L’Europe reste dans son utopie sympathique (lire Hubert Védrine), les Chinois l’utilisent.

    4. @ Didier

      J’écoute et je lis Hubert Védrine dont les analyses et les propositions me semblent les seules raisonnables actuellement.

    5. Védrine n’a jamais été plus qu’un Ministre d’un gouvernement au service du capital.

      Sur le fond, il faudrait parler de l’impérialisme chinois, européen ou étatsunien.

      Que les classes bourgeoises s’appuient sur des Etats pour arriver à leurs fins de conquête,
      par tous les moyens, de la Shoa à Abu Graib en passant par la place des martyrs (Tian An Men),
      n’a rien de nouveau.

      Les Védrines d’Europe, ou d’ailleurs sont les soldats du captial et bourreaux des peuples.

  2. Passionnant!
    Les « chinois » ont-ils les moyens de cette ambition?
    Il semble exact qu’ils sont les premiers créanciers du monde comme l’avaient été les USA en 1944.
    De ce point de vue, ils peuvent effectivement racheter une bonne partie de la dette en commençant par celle de la Grèce.
    C’est comme au monopoly quand la banque saute en fin de partie. Le jeu ne peut continuer que si le plus riche fait indéfiniement crédit jusqu’à un revers de fortune qui interviendra immanquablement. La Chine deviendrait en quelque sorte la banque centrale du monde…
    En effet, que la Chine le veuille ou non, leur monnaie s’appréciera au fur et à mesure que son usage s’internationalisera.
    Or, cette appréciation pourrait sans doute rééquilibrer les échanges internationaux en faveur de la zone dollar notamment, et aussi euro.
    Mais, il y a un mais:
    Malgré la puissance financière des autorités chinoises, leur situation intérieure n’est absolument pas comparable avec la situation intérieure des USA en 1944-45. Car la majorité des chinois reste plutôt pauvre, en tout cas beaucoup plus pauvre que les américains en 1944. Et il semble compliqué, dans ce contexte, d’obtenir une consommation intérieure en Chine comparable à la consommation américaine entre 1945 et aujourd’hui.
    L’appréciation du yuan renchérira les exportations chinoises, et il faudra de la chance et du discernement pour que la transition vers le marché intérieur se fasse correctement sans trop de crises sociales.
    De plus, les bulles du crédit en Chine sont déjà considérables, et le probable ralentissement de leur croissance (du fait de l’appréciation de leur monnaie notamment) pourrait se révéler peu supportable pour les équilibres financiers chinois et la conjoncture chinoise.
    Espérons donc que ce rééquilibrage fonctionne.
    Tout cela ne change cependant pas fondamentalement le problème que le système financier ne pourra jamais fonctionner sans crises systémiques recurrentes tant que le mode de l’émission est tel qu’il est, à savopir avec une monnaie qui se retire toujours au moment où on en a le plus besoin.
    Le fait que la Chine pourrait supplanter ainsi éventuellement les USA comme émetteur de la monnaie internationale, tout comme les USA avaient supplantée la Grande Bretagne dès 1919, je ne pense pas que cela confèrerait un avantage particulier aux chinois. Et cela n’est sans doute pas très bon pour aucun pays, sauf pour son « prestige », car cela constitue, en fin de compte plutôt un désavantage quant à la compétitivité du pays de référence, comme nous avons pu l’observer pour la Grande Bretagne d’abord et pour les USA ensuite.
    Il faut en conclure que la Chine se résout à assumer ce rôle surtout parce qu’elle ne peut faire autrement pour tenter d’éviter l’effondrement du sytème financier mondial, sans être certaine d’y parvenir.

    1. Je crois que Marx pensait que le valeur était le résultat de la production, et que cette valeur, parfois appelée survaleur, obtenue par le fait que le travail est revendu beaucoup plus cher qu’il n’est payé au producteur, était le noeud de l’accumulation capitaliste.
      L’Occident ayant petit à petit abandonné la production industrielle à certains pays émergents, et aussi une part croissante de la production agricole ne créée plus de richesse et a reporté son besoin d’accumulation sur l’immobilier et la finance, les deux étant liés, s’adossant pour cela à une politique forcenée d’endettement.
      La Chine, moteur de « l’usine du monde » devra développer des productions en dehors de ses territoires pour pouvoir assurer son développement, dans le même mouvement où elle doit assurer ses approvisionnements en matières premières.
      La Chine achète maintenant les usines qu’elle trouve à la vente.
      Si elle développe des productions dans ces usines au lieu de rappatrier les machines pour produire sur son territoire, elle prendra une place que les pays qui ont seulement investi des capitaux lui ont abandonné.
      Le prix à payer pour tous sera d’avoir des patrons chinois, sauf peut être pour les Allemands qui pourront continuer à vendre leurs productions au reste du monde, sauf si leurs banques ne tiennent pas le choc.

    2. « Et il semble compliqué, dans ce contexte, d’obtenir une consommation intérieure en Chine comparable à la consommation américaine entre 1945 et aujourd’hui. »

      La Chine a un avantage majeur « la double vitesse ». Elle peut se servir d’un « vivier » pour sa consommation intérieure. De 10 à 15 % de la population Chinoise vivent correctement. Ce qui représente environ 150/200 millions de personnes. Ce qui représente la population américaine en 1945…

    3. Lorsque l’on prend en compte le développement des pays émergents, il faut tenir compte d’une caractéristique commune: il est très déséquilibré.

      Les sociétés chinoise, brésilienne ou indienne connaissent un même phénomène, la nouvelle richesse provenant du développement des exportations est très inégalement distribuée, aboutissant à la coexistence d’un pays qui s’enrichit et d’un autre qui reste pauvre, qui n’est que marginalement touché par l’essor du premier. Cela se concrétise socialement et géographiquement.

      Au Brésil, la moitié environ des brésiliens qui travaillent n’ont ni contrat, ni couverture médicale, ni retraite. Ils appartiennent au secteur informel de l’économie, expression d’une économie de survie.

      Des couches moyennes, fort différentes des nôtres, bénéficient des retombées de ce modèle de développement, tandis que l’extrême pauvreté et la malnutrition recule. Les inégalités ont tendance à s’accroître.

    4. Francois Leclerc
      Il est vrai que la richesse de la Chine se concentre sur la frange entre Shanghai et Pékin, le reste du vaste pays est pauvre, voire manifestement sous-développé.
      C’est la raison pour laquelle les autorités chinoises feront des efforts pour stimuler la consommation, car ils savent que les bulles ne sont pas une solution idéale et seront même, à terme, un danger pour le maintien de leur pouvoir. Pour le faire, il va falloir créer une protéction sociale plus élaborée, accessible à tous, afin de libérer une partie des revenus pour la consommation. C’est un processus inévitable, mais qui sera long.

    5. N’irait-on pas alors vers le scénario suivant : nos avantages sociaux, gagnés de haute lutte au cours du vingtième siècle, se réduiraient à peau de chagrin, à notre grand dam, alors que ceux des pays émergents ne feraient que s’améliorer, même un peu, pour une plus grand partie de la population. Nous aurions ainsi un « nivellement par le bas » qui représenterait une catastrophe pour les uns et une avancée inouie pour les autres. Finalement, la cause de prochains troubles sociaux ici serait ressentie comme un progrès énorme là-bas. Ce qui fait la classe moyenne, n’est-ce pas surtout cette formidable machine qu’est la sécurité sociale ? C’est grâce à elle qu’on peut travailler, consommer, dépenser, investir,… sans peur du lendemain !

    6. effectivement, cet écart des richesses très prononcé dans ces pays et de plus en plus chez nous est la raison même pourquoi la conjoncture rencontre les limites systémiques!
      Quand les richesses monétaires sont trop concentrées, les emprunteurs et débiteurs sont précisément insolvables, et il n’est plus possible de faire circuler véritablement la monnaie, car les prêteurs savent que les dettes ne seront pas payées. Tout simplement parce la rente du capital atteint et dépasse même ce que le travail peut engendrer en surplus: la véritable signification de la plus-value de Marx est bien le fait que la rente du capital empêche toute production possible dès que la rente exigée peut faire défaut au rentier.
      Seule une monnaie circulant inconditionnellement, comme le signe monétaire marqué par le temps (SMT), pourrait y remédier et faire reculer véritablement l’écart des richesses et ainsi faire repartir la circulation de la monnaie.

    7. @François Leclerc

      Bien d’accord avec votre analyse et pour relativiser un peu plus les comparaisons hâtives entre émergents et développés, rappelons simplement quelques chiffres.

      À fin 2009, le Brésil était à la centième place mondiale pour le PIB pas habitant et la Chine autour de la cent trentième…. On peut toujours arguer que le potentiel de productivité est colossal et tirer des plans sur la comète en prolongeant sur cinquante ans des courbes de croissance qui ne décollent guère que depuis dix ans, mais là on est vraiment dans la quatrième dimension de l’économie-fiction et surtout de la politique-fiction.

      Et en attendant ces juste-émergents sont loin d’avoir le profil de leaders crédibles pour l’économie mondiale et les institutions de régulation monétaires ou même commerciales. Comparer la situation de la Chine en 2010 avec le leadership incontournable et tout azimut des USA en 1945 (avec il est vrai le « petit bémol » soviétique qui aura finalement peut-être foutrement bien participé à son effondrement à peine retardé…) me paraît extrêmement hasardeux, pour ne pas dire plus.
      Le caractère dramatique de notre crise et l’observation de son déroulement au jour le jour, couplé à la constante du « grand déséquilibre » sino-américain a peut-être pour effet pervers de nous faire perdre de vue certaines évidences pourtant bien lourdes et bien visibles.
      Je ne crois pas que ce sont les 2000 milliards de dollars que la Chine détient (au demeurant guère plus que le Japon), sa place de premier exportateur mondial (guère mieux que l’Allemagne et par le biais d’investissements et d’exportations massifs issus d’entreprises occidentales. Japonaises ou autres), ou sa population pléthorique (guère plus que l’Inde et bien vieillissante), sans parler de son régime politique ou de ses énormes disparités sociales et régionales, qui risquent de nous faire passer à moyen terme de l’american-dream au sino-dream. Ni même simplement de l’american- nightmare au sino-nightmare ! N’abordons pas non plus la légitimité de puissance née de la suprématie militaire, du renseignement, de la domination spatiale et marine, là non plus ya pas photo.

      Sur le Brésil n’oublions pas que, malgré le règne de Lula da Silva, ce pays est toujours considéré comme un pays en guerre si l’on s’en tient aux critères de l’ONU avec ses 50 000 morts violentes annuelles (meurtres, assassinats etc juste pour ceux répertoriés…) pour moins de 200 millions d’âmes. Le South american-dream, maybe, mais alors époque Jesse James, Pat Garrett et Custer plutôt que Silicon-Valley, Bill Gates ou JFK !

      En disant cela, je ne remets absolument pas en cause la place grandissante qui devrait être dévolue aux pays émergents dans les institutions de coopération internationales, bien au contraire. Ils en seraient les premiers bénéficiaires et le monde entier avec car dans le cas contraire ils seraient très vite les premières victimes et le monde ensuite. Je veux juste dire que le problème n’est pas de trouver un nouveau maître du jeu qui, en l’occurrence a encore moins les moyens de l’être que le surpuissant prédécesseur, mais bien de sortir de la logique de l’unilatéralisme impérial qui nous mène à notre perte pour profiter de la « fortune » inestimable d’opportunité que peut constituer cette crise globale pour inventer et instaurer un ordre coopératif et réellement multilatéral mondial. Fantasmer sur les logiques hégémoniques ou les chocs de civilisations comme se recroqueviller sur son pré-carré national et régional en s’abritant derrière le Seigneur et Maître chancellant ne fera qu’éloigner chacun et tous de la seule solution viable et nous mènera inéluctablement au chaos.
      Et effectivement, un début de stabilisation du processus pervers et de démarrage d’un processus vertueux passerait par la fin du privilège de veto US au FMI… Ce ne serait que logique au vu du bilan Américain après 65 ans de gestion unilatérale tout azimut. La logique démocratique impliquerait de fait un non-renouvellement de mandat et le remplacement de l’empire gouvernant par un collège représentatif des réels intérêts de tous et de chacun. Mais la logique démocratique étant à la place où elle est à l’intérieur même des nations dites démocratiques, ne nous faisons pas trop d’illusions sur l’émergence de cet idéal hegelien de sage et rationnel gouvernement mondial, même réduit au strict nécessaire dont chacun voit bien pourtant à quel point il fait aujourd’hui cruellement défaut.
      Ceux qui chantaient la mort des Nations sur l’air des lampions peuvent ranger leurs pipeaux, Nations are back, back in black… 🙂

    8. @tous,

      Il y a un consensus dans cette discussion initiée par Johannes finckh. L’étalon internationnal de la monnaie n’est pas le bilan comptable du plus gros créancier du monde, les États-Unis en 1945 et la Chine aujourd’hui. C’est le système culturel, social et politique sous-jacent. La force de la démocratie étatsunienne reste incomparablement plus puissante que celle de l’empire chinois accumulateur de réserves de change. La civilisation chinoise ne peut absolument pas remplacer la civilisation étatsunienne.

      Pourtant les États-Unis sont écrasés par la disproportion matérielle de leur modèle démocratique par rapport à l’économie mondialisée. Le problème est donc bien de dissocier matériellement le modèle de la démocratie qui étalonne la monnaie d’une nation particulière. Toute banque centrale nationale qui recherche une hégémonie mondiale est désormais vouée à l’insolvabilité comme la Fed aujourd’hui. On peut espérer que les Chinois ne s’y laisseront pas piéger. Mais il faut les y aider par un marché international du risque de crédit gagé sur les démocraties.

    9. merci à François Leclerc et à Pierre Sarton du Jonchay de confirmer ce que j’ai écrit. Effectivement, disposer du soi-disant « privilège » d’avoir la monnaie de référence est du même ordre que la domination coloniale des empires coloniales britanniques, français, hollandais, portugais, et, avant eux, espagnols. Cela affaiblit, en fait, l’économie du pays concerné!
      Si l’Allemagne a pu émerger à la fin du xixème siècle comme première puissance industrielle avant d’être, évidemment largement dépassée par les USA, cela tient au fait qu’elle n’avait pas eu à financer sa « place au soleil » des colonies coûteuses! Les colonies allemandes étaient petites.
      Car tout cela enrichissait surtout les militaires et les affairistes. Pour les nations « mères », cela était une folie dispendieuse. L’Allemagne est devenue folle plus tard…
      Aujourd’hui, l’industrie allemande tire un grand profit de l’euro, car, comme je l’ai déjà écrit, compte tenu de la balance commerciale allemande (y compris visàvis de la Chine!), l’euro est trop faible; cela n’est évidemment pas le cas pour les autres pays de la zone euro.
      En clair: une monnaie faible (cf les « dévaluation compétitives » du passé) est plutôt avantageuse, car une monnaie faible circule mieux.
      Cela confirme aussi la loi dite de Gresham: « la mauvaise monnaie chasse la bonne ».
      Et ces raisonnements m’amèneront toujours à proposer une monnaie non thésaurisable, le SMT, car c’est à ces conditions que le commerce s’équiliobra et que les dettes se réduiront durablement.

    10. François fait bien de préciser la structure de classe des émergeants.

      Si l’on parle de nous, êtres humains, et non pas outils de production,
      dès qu’on s’élève un peu au dessus de l’horizon comptable et matériel des économistes,
      on comprend que la pauvreté a une dimension psychologique,
      dont rend compte la croissance des inégalités.

      De ce point de vue, la pauvreté ne fait qu’augmenter,
      autant dans les vieux que dans les nouveaux pays d’économie de marché.

      Les révoltes commencent et continueront à en rendre compte.

  3. Je crois que dans le deuxième paragraphe, vous avez utilisé « importations » au lieu de « exportations ».

    Pour le texte lui-même, je pense que les entreprises chinoises ont commencé à acheter des entreprises de productions industrielles en Europe et ailleurs tout comme l’Etat chinois recherche un peu partout dans le monde des terres cultivables pour assurer à long terme sa subsistance alimentaire.

    La question sera bien de savoir si votre erreur involontaire n’est pas une vision d’avenir tant le modèle q’un pays qui ne ferait qu’exporter parait avoir peu d’avenir.

    1. Merci !

      La Chine est en train de renverser le modèle classique des pays sous développés : exportation de matières premières et importation de produits finis.

      Les bateaux dont elle va financer l’achat par les armateurs grecs pourront parcourir le monde dans tous les sens et avec toutes sortes de marchandises. Peut-être y aura-t-il des vraquiers (qui transportent en vrac) parmi eux.

    2. pour votre information, je suis havrais, je peux vous indiquer que les principaux trafics export vers la Chine, je dis bien vers la Chine, sont du chêne fraichement coupé et toujours sous forme de bille de bois, des bouteilles plastiques, du carton qui proviennent de nos fameuses poubelles jaune…

      Qui est le pays sous développé selon vous ?????

    3. @jduCAC

      MON MAÎTRE ET VÉNÉRÉ PROFESSEUR ES RÉALITÉ ET VÉRITÉ ETERNELLES ET UNIVERSELLES « J DU CACIQUES ».

      J’enfile mon bonnet d’âne mais reviens du piquet pour répondre à vos terribles mais bien injustes accusations, réprimandes et admonestations.
      Sachez que si vous y règnez en maître, prophète et expert exclusif, votre petite, très petite, représentation du monde a l’infime inconvénient de ne pas me seoir.

      S’il vous apparaît merveilleusement ordonné et divinenent rationnel, il est, en fait, bel et bien intrinsèquement dépourvu de toute trace d’humanité.
      J’entends par là dépourvu de toute perspectives dynamiques du fait humain et donc politique ou social. Car votre petite rengaine auto-proclamée réaliste héritée de vos glorieux ancêtres, religieusement ingérée, longuement et docilement polie à l’émeri de l’expérience n’est autre que la sempiternelle antienne en manières variées et avariées du « de tout temps les hommes » encadrant régulièrement les psaumes obligés et immuables de la famille du définitif « depuis la nuit des temps » , le tout sur l’air du capitalisme indépassable car génétiquement inscrit dens le logiciel d’exploitation humain, par volonté divine démontré selon vous par l’irréfutable (hélas aurait dit Popper…) darwinisme social révisité « intelligent design ».
      L’ensemble rythmé à la cadence lénifiante et martelante des vertus cardinales de « courage », « épargne » et « tempérance » et militairement scandé par votre grosse caisse en sub-woofer de la triade magique « travailfamillepatrie ».
      Accordons vous l’insigne exploit d’avoir rajouté dans votre petite post-production personnelle le sample-couplet new-age « qui va bien » à la sauce de l’essentialisme énergétique et de l’eschatologie pétrorrifique.
      Ne parlons pas du péril jaune, ça date au moins des années trente… rien de nouveau sous le soleil des effarants et flageollants sidérés par le Milieu Impérial !

      Ai-je bien appris ma leçon grand Maître ?
      Le seul souci étant que j’en avais fait le tour aux alentours du CM2 et que je n’aime guère le réchauffé. Surtout quand les ingrédients du rata ne sont pas de la première fraîcheur et ont fait à moult reprises toutes les preuves de leur toxicité, au moins lorsque la dose administrée dépasse la norme couramment admise comme étant convenable.

      Pour ce qui est des arguments absents de mes réponses à vos élucubrations, j’ai la prétention de croire qu’ils seraient superflus vis à vis de mes petits camarades qui n’en ont guère l’utilité pour se forger leur avis sur vous et vos prétendus profonds raisonnements frappés du sceau incontestable de l’incommensurable expérience et à peine excusés par le grand âge. Je n’évoque pas même la vanité dissipatrice d’énergie chérie que serait toute tentation pour moi de vous faire sortir d’un cadre idéologique et d’une si confortable représentation du monde et de l’homme. Sortie qu’au demeurant j’ai la charité de ne vous souhaiter en aucun cas, subodorant qu’elle constituerait un choc potentiellement fatal pour votre structuration mentale supérieure et conséquemment votre état général.
      Sachez néanmoins que votre imperméabilité « waterproof made in switzerland » à l’esprit de ce blog comme aux digressions plus ou moins cohérentes de chacun comme de moi ne lasse pas de me fasciner et me convainquent de vous abandonner à votre rationalité obtuse pour me contenter de facile rhétorique. Et d’humour pour magnifier plus encore votre impeccable esprit de sérieux. Ne me remerciez pas, c’est gratuit et un plaisir de fin gourmet.

      Sur ce, et sans plus de préventions, je vais de ce pas prendre la sortie de votre salle de classe et de vos cours de morale « réaliste ». J’ai d’autres chats à fouetter, beaucoup plus incarnés, en l’occurrence des merlots à écouler, puis des clients à acceuillir et enfin des cabernets à vendanger.

    4. @ vigneron dit : 5 octobre 2010 à 13:34
      Désolé, non seulement vous ne répondez pas au bon endroit
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=16589#comment-112661 mais de plus, obnubilé par votre hargne, vous n’intervenez que pour vous en prendre à votre contradicteur, sans rien prouver, si ce n’est que vous êtes sans contrarguments à opposer aux explications qu’il donne.

      Ne voyez-vous pas qu’en intervenant ainsi, vous ne faites pas avancer le débat, bien au contraire, vous risquez de l’abaisser et de nuire au blog.

    5. @ vigneron dit : 5 octobre 2010 à 13:34
      Je me dois néanmoins de vous remercier de m’avoir aiguillé vers K. Popper que je ne connaissais pas. Il est vrai qu’à mon époque il n’était pas encore enseigné en CM2. Cela n’empêchait pas ceux qui ne faisaient pas de longues études de pouvoir raisonner.

  4. Mr Leclerc, pensez-vous que les dirigeants chinois comprennent que la machine est cassée, ou essaient-ils simplement de relancer celle-ci à leur avantage?

    1. Je me doute bien que s’interroger sur la lucidité des dirigeants chinois quant à la systémicité de la crise, c’est un peu comme lire le marc de café. Mais la question est d’importance, pour juger des stratégies que ceux-ci mettent en oeuvre.

    2. Ils s’efforcent simplement de sortir du guêpier où ils se sont fourrés  ! Et ne sont pas prêts à remettre à court terme en question leur modèle de développement.

      Pour l’avenir, on verra, car il y a des facteurs qui y font obstacle, intérieurs et extérieurs. Le régime est maintenant assis sur le modèle de développement actuel et les capitaux internationaux ont d’autres visées.

    3. Pour les chinois, ce me semble il reste encore quelques secteurs qu’ils n’ont pas totalement appréhendés, la voiture c’est en cours, l’électronique on n’en parle plus depuis déjà plusieurs années, les trains et le métro c’est parti, les centrales nucléaires c’est en cours avec EDF comme commercial et l’Afrique du Sud comme client, reste les avions et dans 3 ans peut être moins, la Chine sera définitivement l’usine du monde…

      Il lui faut gagner du temps et éviter l’explosion tout de suite…

      Car dans 3 ans peut être plus peut être moins, le problème du pétrole sera réellement posé, les prix vont monter, le Yuan sera réévalué de 100 ou 200%, toutes les usines seront définitivement en Chine et tous les moyens de transport ainsi que le pétrole sera aux mains des chinois….

      En acceptant que le yuan soit arrimé au dollar, l’europe fait le lit de la chine, la chine ne nous aide pas, elle gagne du temps car elle sait que le cadeau de la terre n’est pas extensible, elle représente 30% du monde et elle veut les 30% de la richesse mondiale, ensuite peut importe qu’elle perde les 2400 milliards de dollars, elle aura toutes les usines de la terre et donc toute sa richesse.

      Sans doute léger comme raisonnement, mais la différence entre la Chine et les pays occidentaux, ils ont le temps pour eux et nous, nous ne voyons que l’élection qui s’annonce….

      Eux raisonnent à moyen terme, c’est une force extraordinaire…

    4. @ Bourdon dit : 3 octobre 2010 à 22:47

      « mais la différence entre la Chine et les pays occidentaux, ils ont le temps pour eux et nous, nous ne voyons que l’élection qui s’annonce…. » dites-vous.

      Ne croyez-vous pas que le temps est compté pour tout le monde, à cause de l’épuisement des énergies non renouvelables.

      Quand nous aurons consommé tout ce que la nature a mis des millions d’années à transformer, nous consommerons tout ce qu’elle n’aura mis qu’un siècle à élaborer (voir votre remarque sur les exportations de chêne en partance du Havre). Puis viendra le temps où nous mangerons entre nous comme les bactéries dans une boite de Pétri. Les élections constituent des mises en bouche pour ce grand festin final. On ne peut se les offrir qu’en démocratie.

      La Chine possède un coup d’avance dans le processus de sélection naturelle, elle ne perd pas de temps avec l’illusion démocratique.

    5. @ charles dit : 4 octobre 2010 à 08:43

      Merci pour ces renvois intéressants.Ce que je vois personnellement, se résume de la façon suivante.

      Le régime communiste chinois a vu tous les avantages que l’on peut retirer de l’exploitation des phénomènes de concentration-accumulation dont le capitalisme a su tirer profit de longue date. Il a aussi vu qu’un système démocratique n’était pas le plus efficace pour la concentration de la puissance en termes de politique publique, car il est lent et engendre beaucoup de déperdition d’énergie en interne.

      Un régime totalitaire, pour peu qu’il laisse de l’espoir et un minimum de liberté à chacun des individus, est bien plus efficace qu’une démocratie pour conduire une nation conçue comme une communauté d’individus ayant comme intérêt commun d’assurer sa propre perpétuation dans un monde où les plus faibles sont voués à l’élimination. C’est la loi naturelle qui s’impose depuis toujours aux hommes comme à tous les êtres vivant sur notre terre.

      Disposant d’un dispositif de gouvernance efficace, le régime totalitaire chinois a décidé de le compléter par la prise d’une option courageuse mais efficace, en insufflant au sein de la population les conditions permettant à chaque individu d’avoir une attitude capitaliste. C’est un comble pour une « république » crée par un parti unique communiste. Cela montre combien ce régime est pragmatique et en cela bien plus fort que d’autres encore portés par des idéologies totalement dépassées.

      En faisant de chaque chinois, un capitaliste (même très petit), le PCC a créé un pays capitaliste qui a toutes les chances de s’imposer au reste du monde parce qu’il est la réunion d’individus incités à se prendre en charge individuellement pour assurer leur perpétuation et donc à économiser et à capitaliser (épargner) leurs richesses et avant tout celles tirées de leur travail très compétitif.

      La richesse de ce pays tient au fait de réunir la plus grande population du monde, en moyenne très peu dépensière et très travailleuse. Il a pris conscience avant les autres de la nécessité de limiter sa population pour mieux appréhender les difficultés futures et n’a pas de soucis à se faire en cas de stagnation ou de réduction de sa population, car lui a opté pour la capitalisation individuelle et non la répartition. Là encore c’est un comble pour un régime d’essence communiste d’autant que sa position de prêteur le prédestine à être un futur maître d’esclaves endettés.

      @ Juan Nessy http://www.pauljorion.com/blog/?p=16496#comment-112130
      C’est peut-être que « travail, famille, patrie » est la devise secrète de la Chine.

    6. @JduCAC

      La Chine possède un coup d’avance dans le processus de sélection naturelle, elle ne perd pas de temps avec l’illusion démocratique.

      Un régime totalitaire, pour peu qu’il laisse de l’espoir et un minimum de liberté à chacun des individus, est bien plus efficace qu’une démocratie pour conduire une nation conçue comme une communauté d’individus ayant comme intérêt commun d’assurer sa propre perpétuation dans un monde où les plus faibles sont voués à l’élimination. C’est la loi naturelle qui s’impose depuis toujours aux hommes comme à tous les êtres vivant sur notre terre.

      Pour ce qui est de « résumer votre pensée », c’est ce que j’appelle résumer ! Plaidoyer anti-démocratie et darwinisme social de chez La Foirfouille… c’est plus du résumé, c’est de l’huile essentielle ou de « l’esprit » de suc de moelle substantifique JduCACique…

      Je me délecte particulièrement du « minimum de liberté » et de « l’élimination » des plus faibles. Auriez-vous dit respectivement « optimum » et « disparition » ou « extinction », allez, on vous excusait (presque, parce que vous avez déjà un lourd passif…) ! Mais là, franchement, passées les bornes ya plus de limites ! Filez un mauvais coton, JduC !

      Et je vous « épargne » « travail, famille, patrie » en point d’orgue, mes limites sont depuis longtemps dépassées.

    7. @ vigneron dit : 4 octobre 2010 à 22:00

      Vous vous fourvoyez et refusez de voir froidement la marche du monde telle qu’elle se réalise.

      Comme cela ne correspond pas avec l’évolution que vous voudriez voir s’opérer, alors vous vous en prenez encore une fois à la personne qui observe, décrit, et explique les phénomènes tels qu’elle les comprend.

      Si vous étiez réellement positif, bien intentionné et sûr de vos analyses, vous donneriez votre propre interprétation des faits en argumentant et en cherchant à prouver le bien fondé de vos déductions tout en soulignant et expliquant point par point, les erreurs de votre contradicteur.

      Ça viendra peut-être. Alors, seulement, vous vous serez grandi.

  5. La recherche d’investissements à l’international de la chine indique qu’elle est +- incapable de faire évoluer sa population pauvre qui représente 90% , sinon elle se concentrerait sur l’évolution de son marché intérieur , la chine à besoin des autres surement plus que nous n’avons besoin d’elle.
    Pour mettre à niveau sa population et son marché intérieur il faudra plusieurs générations et sortir du communisme qui ne permets pas l’évolution normale des entrepreneurs locaux et étrangers.
    La Chine interdit la propriété foncière et immobilière aux étrangers ainsi que l’activité sans associé chinois et ne respecte pas les brevets , faisons la même chose aux chinois.Méfions nous des chinois qui prennent la connaissance le know how et nous rejettent ensuite pour nous faire concurrence .
    Les chinois sont de vrais prédateurs sauvages et je ne leur accorde aucune , aucune confiance.
    Il se pourrait bien qu’ils soient à l’origine d’une catastrophe financière identique à la crise US.
    Car enfin 2000 Md de réserves ce n’est rien en face du nombre de chinois et des pays ou est active la chine.

    1. Tiens, c’est une bonne idée, ça! Interdisons aux firmes multinationales d’acquérir des entreprises Européennes [souvent pour les démanteler], protégeons nos marchés. etc…

      Comment? Cela va à l’encontre des saintes prescriptions du Marché libre et non faussé?
      😀

    2. Le péril jaune et les poncifs ne sont jamais bien loin dès que l’on parle de la Chine  !

      Plutôt que de s’égarer, raisonnons en terme de système mondial, dont les composants et les pays ont leur sort étroitement liés.

      Réfléchissons à ce que serait une autre mondialisation que celle dont nous connaissons les méfaits, qui ne se limitent pas à ce dont nous avons l’expérience dans les pays développés  ?

    3. @ F Leclerc…eh bien justement je croise régulièrement sur les quais de gare à Bruxelles de gentils employés des communautés , ils étaient encore tous persuadés il y a encore peu de temps que nous vendions plus aux pays émergents que nous ne leur achetions. Maintenant ils retiennent leurs paroles.
      Bien sur globalement et avec des sociétés internationales les chiffres peuvent être favorables , mais combien de destructions de petites entreprises…..
      Une protection douanière doit éxister par objet ,pays,valeur,acteur,monnaie… etc…….surtout du know how est non délocalisable……hors tous les groupes cèdent pour vendre , c’est du suicide.
      Il faudrait instaurer des embargos sur le know how comme ce qui se pratique sur les ventes d’armes.
      Sans compter qu’une industrie détruire c’est une porte ouverte.
      La mondialisation OUI mais pas n’importe comment.

    4. @ F.LECLERC Cher Monsieur , je suis satisfait de lire que vous considérez la répudiation de la dette impossible , c’est mon avis aussi , quand à la reprise des banques indigènes en faillite , Fortis chute de valeur des actions + perte annuelle = 100 Md , tout à fait absorbable par l’actif financier des belges.
      Je m’insurge chaque fois sur ce blog contre ceux qui parlent de répudiation .
      Donc faisons reprendre nos banques par nos épargnants , sans nationalisation , avec au préalable mise au pot des actionnaires.
      J’ajouterais que la déspéculation en cascade organisée sous juge local notamment pour les hypothécaires est une très bonne solution pour dégager l’ensemble des acteurs empétrés dans l’immo à crédit, c’est même la seule solution.

    5. @ François Leclerc, Bertrand,

      bonjour,

      D’or et d’orient, un autre souffle, de « nouveaux » vents. Cette stratégie du moins pire et de modeste apparence prend comme une tournure d’OPA idéologique à moyen terme et de vaste envergure en devenir, voir le rapprochement du couple sino-russe monétairement.

      Les grandes manoeuvres maritimes sino-grecques ne sont pas sans rappeler le souvenir de cette flotte anglaise gagée aux cousins américains en garantie de leur soutien, la dernière grande étriperie avait aussi ses décomptes d’apothicaires, ses petites argenteries…

      Le soutien à l’euro, en forme d’intérêt propre, les haro des capitalistes américains et grands bretons à leur camarades chinois, montrent par l’évolution du ton le déplacement du choeur décisionnel, dirait monsieur Attali.

      Phase prudente et diplomatique, les interactions de faiblesse des partenaires pudiquement avouées se mêlent aux ergots juchés des fiertés nationales, que les républiques caressent tant que le poil des identités respectives se dressent et s’électrisent, entre crise sociale et quête d’émissaire bouc, voire d’européen commissaire à tout faire en désespoir de commune cause…

      L’Europe est un peu le gras benêt de cette confrérie de fourbes amis enfin de partenaires fourbus plutôt, engageante position, incontournable partenaire, impossible ennemi, colonie d’un futur compromis? Puisque les missiles sont financiers..tout peut arriver sur le réseau de la « réalité »?

      Quel sera pour le Japon le coût de cette chinoise prise de position politique en finance mondiale? Allégeance inconditionnelle impossible, pénitence économique probable, le capitaine chinois relâché fait comme un pied de nez avant d’aller se refaire une carrière chez les cargos grecs? Alliance « orientale » du moins pire pour fléchir plus efficacement ces orgueilleux occidentaux qui ne savent plus compter, amérique en tête?

      Quand l’empereur est déchu, il est souvent bien colère, et ses vassaux poliment l’agonisent de leurs serments de fidélité tout en concertant mezzo voce dans les couloirs du palais..

    6. Vous ne m’avez pas bien lu. Mon propos a été de dire que l’échafaudage de la dette était d’une grande fragilité et que le démonter risquait de le mettre à terre. C’est une constatation.

    7. @bertrand : « Donc faisons reprendre nos banques par nos épargnants , sans nationalisation , avec au préalable mise au pot des actionnaires. » : comment diable les épargnants, (les déposants ?) pourraient-ils « reprendre nos banques », qui plus est « sans nationalisation » ? Et comment faire « mettre au pot les actionnaires » sachant qu’ils ont pour coutume d’abandonner les entreprises qui perdent de l’argent, les « canards boiteux », pour ne pas en perdre davantage eux-mêmes ?

    8. @ crapaud rouge….La banque n’est qu’un caissier qui tiens la caisse dans laquelle vous mettez votre argent.
      Nouvelle entité juridique , sans état , sans fonctionnaires , avec des gestions transparentes.
      Lorsque vous etes actionnaire vous etes associé , vous devez donc participer aux pertes.
      Pour les montants l’actif financier des français =3300 Md = bien au delà de ce qui est nécessaire pour reprendre toutes les banques françaises puisque leur capital est de 220 Md.
      Le seule vrai problème = comment bien répartir la dette des banques de 6600 Md sur les actionnaires pour une juste répartition.

  6. -> les 3/4 des échanges commerciaux européens se font entre pays membres (belle galette pour ceux qui ont faim)

    -> en 2015 ouverture du grand marché transatlantique

    -> pénétration Chinoise de l’Europe par d’autres moyens que des accords.

    Monsieur Leclerc, où allons nous ?

  7. « Le Cygne et le cuisinier » de La Fontaine, mais aussi dit-on extrait de Fables Chinoises:

    Dans une ménagerie
    De volatiles remplies
    Vivaient le cygne et l’oison :
    Celui-là destiné pour les regards du maître;
    Celui-ci, pour son goût : l’un qui se piquait d’être
    Commensal du jardin; l’autre, de la maison.
    Des fossés du château faisant leur galeries,
    Tantôt on les eût vus côte à côte à nager,
    Tantôt courir sur l’onde, et tantôt se plonger,
    Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies.
    Un jour le cuisinier, ayant trop bu d’un coup,
    Prit pour oison le cygne; et le tenant au cou,
    Il allait l’égorger, puis le mettre en potage.
    L’oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage,
    Le cuisinier fut fort surpris,
    Et vit bien qu’il s’était mépris.
    « Quoi? Je mettrais, dit-il, un tel chanteur en soupe!
    Non, non, ne plaise aux dieux que jamais ma main coupe
    La gorge à qui s’en sert si bien! »
    Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
    Le doux parler ne nuit de rien.

    A bon entendeur SALUT!…

  8. Si l’on voit de plus en plus la Chine comme un géant, ce n’est en ce moment pas un géant serein.

    Plusieurs faits se sont déroulés dernièrement, qui sont des sujets d’interrogation:

    – le curieux incident Japon/Chine au sujet d’un bateau arraisonné par le Japon (incidents assez classiques dans la région), où la Chine a choisi l’escalade et privé quelques jours le Japon de métaux rares.

    – l’existence des manoeuvres conjointes USA/Corée, assez classiques, mais où les protestations chinoises ont aussi été plus vigoureuses qu’à l’habitude.

    – l’existence de manoeuvres conjointes USA/Vietnam, certes plus modestes, mais qui rentrent en bonne place dans la série « qui l’aurait cru il y a 20 ans… ».

    De toute évidence, les relations tendues entre la Chine et ses voisins : la Chine inquiète et s’inquiète. Les USA ont finalement conservé, voire renforcé leurs position sur ce point. Ceci constitue pour ces derniers une opportunité dans le grand bras de fer qui s’annonce.

    1. Organisation de coopération de Shanghai
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai#Articles_connexes

      SHANGHAI, 28 sept 2010 | Les relations entre Moscou et Pékin sont à leur « apogée », a estimé mardi le président russe Dmitri Medvedev, en bouclant un voyage de trois jours en Chine par une visite de l’Exposition universelle de Shanghai (est).
      http://www.tdg.ch/depeches/monde/relations-chine-russie-apogee-medvedev

  9. « François Leclerc dit :
    3 octobre 2010 à 17:27

    Le péril jaune et les poncifs ne sont jamais bien loin dès que l’on parle de la Chine !

    Plutôt que de s’égarer, raisonnons en terme de système mondial, dont les composants et les pays ont leur sort étroitement liés.

    Réfléchissons à ce que serait une autre mondialisation que celle dont nous connaissons les méfaits, qui ne se limitent pas à ce dont nous avons l’expérience dans les pays développés ? »
    —————
    a) les chinois ont payé cash un port franc en Grèce, territoire jouissant d’une extra-territorialité. C’est en puissance le symétrique de Hong-Kong et des concessions,mais en Europe. Dans cette enclave, naturellement, seul le droit chinois s’applique et les dockers sont chinois. La police sera chinoise évidemment. Le brevêt Hong-Kong & Concessions n’ayant pas été déposé, les chinois ne copient pas les pays occidentaux…..
    b) Les chinois dépensent des montants étonnants pour s’approprier la technologie occidentale. Y compris par des moyens ordinaires. J’ai eu l’expérience de la jeune chinoise étudiante en marketing bien sous tout rapport copiant tous les fichiers dans lesquels elle pouvait pénétrer sans autorisation d’accès d’une société informatique spécialisée en calculs complexes. Elle n’a pas été repérée immédiatement, mais la surprise fut énorme, y compris pour moi. Faut être très naïf pour ne pas voir le service commandé….
    Et je ne vous raconte pas la première vente d’hélicoptère à la Chine par l’Aérospatiale dans les années 70 ! ! Chaque appareil a été démonté et remonté intégralement 8 fois (chiffre clé) par 8 spécialistes à tour de rôle avec les pièces qui passaient systématiquement dans toutes les mains. Et après chaque remontage, essai en vol avec le pilote français à coté…..Supplice chinois !
    c) Les chinois (et en plus soft peut être les russes) vont exporter mondialement sauf dans quelques pays à forte culture identitaire (taxée de xénophobe/raciste):
    – une démocratie capitaliste totalitaire avec sa nomenklatura politique
    – un nivellement économique des masses
    – un ajustement mondial de la protection sociale et des acquits sociaux.

    Dernier point: Il paraît que grammaticalement, le chinois ne connaît pas le futur…. Le bouddhisme et le confucianisme (remis à l’honneur en Chine) est basé sur la réincarnation. Le Chinois endette sa descendance s’il l’estime utile…..parce que c’est lui qui va renaître !
    Nous avons tiré une traite sur nos générations futures sans avoir l’excuse de la réincarnation !

    1. Ma fois, cela ressemble bien à la notion de comptoirs …européens.

      Et, foin de Bouddhisme, de réintroduction récente, de Confucianisme, remis à l’ordre du jour, de Taoisme … =) c’est trés intéressant sur le plan culturel, mais de Sagesse, point ! : pas plus ici, là-bas qu’ailleurs ( beaucoup d’appelés et peu d’élus ) …ni anathème, ni adoration béate …[ malheureusement, la notion du temps long, et d’une certaine patience a disparu dans le déchainement du capitalisme effréné …]…

      Ne pas oublier l’imprévisible qui , plus que jamais, peut s’inviter de toute part …
      Nombreuses révoltes des Mingong – travailleurs migrants – et sur quels espaces ! – coupés de tout lien avec leurs proches, et exploités jusqu’à plus soif ! car si les neo-libéraux s’extasient sur les millions de Chinois faisant « classe moyenne »/ même cette classe moyenne, étant donné la spéculation majeure qui sévit, pire qu’ici même, ne peut se loger décemment, c’est peanuts par rapport aux milliards de paysans ayant basculé dans la misère, sans aucune aide sociale !
      Les chinois sont des gens courageux et dignes de respect : je parle de ceux qui sont « sacrifiés » au dieu-argent. Et, ils ont un grand sens de l’humour !

  10. Ainsi donc Pékin se désintérésserait ouvertement (même si cela est de manière graduelle) de la détention d’obligations d’états, principalement celles des USA, et irait se payer la Grèce, histoire de s’ouvrir une voie maritine dans la Méditerrannée et le pétrole dans le proche orient.

    Si ces informations devaient être confirmées dans la prochaine période, on peut s’attendre à un sacré remue-ménage sur le Forex, au détriment du $, et un non moins immense tsunami dans les relations politiques internationales.

    Les USA ne peuvent tout simplement pas accepter ce coup de force de la Chine. Le pétrole saoudien est a lui et à personne d’autre. Passe encore les chinois allant se ravitailler en Iran et au Vénézuela, mais le proche-orient: Jamais !

    Si pékin ne recule pas, ça va être la guerre. Pékin va composer et finalement abandonner la Grèce à son triste sort.

    Analyse de marxiste.

    1. Non les chinois effectuent une concentration verticale en essayant de maitriser la distribution de leurs produits (le prix « usine » d’un produit chinois doit représenter, en fonction de sa nature, de 5 à 30 % du prix que nous le payons). Quand à l’énergie il me semble qu’il ne s’agit là que de diversification des sources comme avec le gazoduc Chine-Russie.

  11. Peut-être serait-il nécessaire de relativiser.
    Dans les FAITS, cet ACTE est en parfaite cohérence avec une politique qui n’est devenue « évidente » que depuis le coup du père Lehman.
    Et c’est accéléré. Tout simplement.

    Bon, sinon, sur le sujet du coulage de l’Euro et de la zone Euro.
    Je viens de trouver une preuve supplémentaire de désir de nationalisme exacerbé du type extrême-droite parmi un autre intervenant ici.
    Et, malgré le fait que l’extrême-droite soit le mouvement montant à la mode, je ne peux l’accepter.

    Désolé d’aborder un aspect politique, mais j’ai toujours été opposé aux extrêmes simplement en connaissant les dégâts déjà commis.

    1. Yvan, comme vous m’avez répondu l’autre jour et que votre dernier message me laisse perplexe je me permets cette précision. On peut déplorer cette intervention chinoise par rapport aux ambitions européennes d’autrefois, dont cet évenement signe l’acte de décés.
      C’est peut être du franchouillardisme mal placé mais je pense que la Chine n’est pas un modèle de société actuellement, et j’eus préféré que l’Allemagne montre la voie que la Chine trace, puisque la république fédérale en aurait les moyens.

      Bon maintenant l’histoire n’est pas finie, il faut pratiquer le pessimisme enthousiaste et je trouve les étudiants chinois de mon immeuble forts sympathiques.

  12. Les américains s’agiteront avant que la Chine ne soit trop puissante, un port en Grèce c’est bien des bases au moyen orient c’est mieux, il faut du pétrole pour faire tourner des usines.

    1. « Les américains s’agiteront avant que la Chine ne soit trop puissante …. » hum je doute. Le résultat de l’actuel petit bras de fer entre la Chine et le Japon sur des Iles de la Mer de Chine revendiquées par les deux pays sera un signe, tout comme l’avenir des bases US en Asie.

  13. Si la Chine achete des obligations grecques aux interets dictés par le marché, je ne vois pas ou se trouve l’interet pour les grecs ou la zone euro!
    Par contre si la Chine achete hors marché des obligations à faible taux, alors oui cela aidera Grece et Irlande.
    Mais ca signe l’arret de mort politique de la BCE. Voici une banque incapable de faire la meme chose qu’une puissance étrangére. C’est l’arret de mort de la zone euro.
    En clair, la seule porte de sortie c’est de revoir les dettes, ou preter directement à taux faibles avec une dévaluation de l’euro à la clef pour éliminer la dette à long terme.
    La constitution de l’Europe actuelle empeche cela, magrés que les termes des traités soient bafoués par le traitement de la crise.
    De toutes manières les rentiers l’auront dans l’os…Pas de problémes.
    Car l’argent pour les payer…N’existe pas!
    Si: En euros dévalués. De toute façon quoiqu’on fasse ça nous pends au nez.
    Alors au lieu de se faire aider par la Chine qui bien sur y trouvera son profit car en position de dominance sur l’Europe. Vaut mieux casser les traités européens et réformer la BCE.
    Ensuite la solution de la reprise ne sera toujours pas la, mais on aura évité le pire.
    Il faudra réformer la finance et interdire titrisation, produits dérivés obligataires et CDS.

    1. Si la Chine est perçue comme achetant automatiquement le dette long terme de la Grèce les taux vont vite se détendre au grand soulagement des autorités grecques. A long terme….on verra bien.

    2. J’ajoute que les cris d’orfraie de la finance et des néolibéraux sont ridicules, et la pour faire peur:
      Restructurations= Effets incalculables?
      Allons donc! Perdre 4% d’interet sur les dettes, y a pas de quoi fouetter un chat, ou alors les banques sont vraiement au bord de la ruine, cherchant le « petit sou » pour ne pas basculer dans l’abime. Ce qui est probablement la réalité cachée.
      Comme a dit Volker « La finance est morte. »
      Alors pourquoi se préoccuper des morts ou de la Chine?
      A partir de la, le logiciel change, et le probleme des banques devient subalterne et nationalisé, on change de paradigme économique, et tout ce qui était vérité devient désormais faux…
      L’économie n’est pas une loi naturelle, c’est un contrat de civilisation, et les contrats, ça se discute…

  14. Tous ceux que ces questions intéressent devraient lire (en anglais uniquement malheureusement), l’analyse de « l’intérieur » faite par MINQI LI, spécialiste d’économie poltique, universitaire chinois, élève d’Immanuel WALLERSTEIN enseignant aux Zétazunis, dans son livre « The Rise of China and the Demise of the Capitalist-World-Economy » publié fin 2008.

    http://www.scribd.com/doc/20988850/Minqi-Li-The-Rise-of-China-the-Demise-of-the-Capitalist-World-Economy

  15. Le blog du Figaro ce soir:

    « ….
    La Chine assure sa part dans les vastes réserves pétrolières brésiliennes

    En achetant 40% des activités brésiliennes de la compagnie espagnole Repsol, le géant chinois du pétrole Sinopec vient de réaliser la deuxième acquisition, par ordre d’importance, de la Chine à l’étranger. … »

    Le Parti « communiste » chinois est entrain de jouer un jeu extrémement dangereux. Veulent-ils à terme avoir la main sur toutes les réserves de pétrole mondiales ? Croit-il que les impérialismes, et en premier lieu celui de la Maison Blanche, vont les laisser faire sans réagir ?

    A noter dans ce bras de fer gigantesque entre Washington et Pékin, le positionnement lamentable de Madrid et Athénes, qui sans même demander une réunion extraordinaire des 27, se vendent au plus offrant. L’Europe est l’Euro peuvent compter les jours avant la fin !

    1. Ah le Figaro….
      faire la vierge effarouchée devant la décision Grecque, après tant de volonté et de fulgurance stratégique européenne.

      Mr Jorion sur France info il y a deux ans:  » la Chine nous sauvera tous ».
      Il va falloir décidément s’intéresser au Go.

    2. Les Chinois font leur shopping…..les US qui aiment tellement la ‘libre concurrence’…on va pouvoir faire monter les enchères en Europe…

    3. @ eninel
      « Le Parti « communiste » chinois est entrain de jouer un jeu extrémement dangereux.  »
      Pourquoi dangereux ?
      La Chine etant actuellement le pays le plus riche, il est normal qu’elle se permette d’acheter des matieres premieres (ce qu’elle fait d’ailleurs a grande echelle depuis qqes annees). Au moins n’envoie t elle pas son armee pour « securiser » ses sources d’approvisionnement comme le font certains pays (US et France pour ne citer qu’eux).

    4. Ils sont marrants, au Fig’ ! Pour eux, les Américains n’ont jamais joué de jeu extrémement dangereux… Ils ont ruiné l’Irak, un pays jadis prospère, mais ce n’était pas « dangereux ». Les défoliants sur le Vietnam, ce n’était pas « dangereux ». Provoquer des coups d’état un peu partout dans le monde, ce n’était pas « dangereux ». Et Monsanto, leur fleuron biotechnique, il n’est pas « dangereux ». La liste est longue des preuves d’innocence et, comment dire… d’innocuité des US.

    5. où l’on voit, si l’on en doutait, que propagande n’est pas vertu !

      – Je suis aussi inquiète des deux tendances qui se dessinent :
      * il y avait les adorateurs inconditionnels de l’US way of life ( depuis une 40 aine d’années, on n’entendait plus qu’eux, ici, en france, et en UE ) =) au point d’approuver les politiques les plus détestables … (bascule brutale chez nous de la politique de non alignement, « grâce » à qui nous savons ….)
      * il y aura sous peu les zélés zélotes d’un autre bloc : d’aucun fait déjà l’éloge ici-même d’un fonctionnement privateur des libertés fondamentales, tout cela pour maintenir en l’état le divin marché ! ( bien proche du divin marquis )

      – Evidemment, pour cela il faut baisser d’un cran les désirs de puissance, et le niveau des orgueils démesurés =) et envisager un monde multipolaire, où chacun a sa place …et penser aux besoins fondamentaux pour tous, et à la dignité des populations …
      Pour cela, il faut retravailler à un échelon local …

    6. Encore le chauvinisme européen.
      Des entreprises chinoises investissent en Europe: il faut sonner le tocsin à Bruxelles!
      Si on doit faire de même pour tous les investissements étrangers en Europe,
      bonjour la symphonie.
      Décidément, la France est le paradis des franchouillards.
      Les travailleurs n’ont qu’une patrie, l’humanité en lutte contre le capital!

  16. L’Allemagne fête les 20 ans de sa réunification, dans une ambiance un peu crépusculaire de 2 points de vue :

    1) d’abord seule l’élite prend part à cette commémoration…
    2) Ensuite la propagande est aussi puissante que sous certains régimes dictatoriaux. Toute la classe politique en Allemagne passe son temps à s’auto-congratuler. Sachant que 32% des Allemands de l’Est regrettent le temps de la RDA…

    C’est un peu l’ambiance avant la prise de Berlin en 45… Ils sentent qu’ils n’ont plus aucune prise sur la population.

    1. J’ai été très étonné que ces cérémonies n’aient pas été internationalisées (en tout cas au vu des rares reportages sur le sujet….). Je crois me souvenir que les 10 ans l’avaient été davantage.

      A noter aussi les élections en Lettonie, où le parti sortant « centre-droit » a été réélu (donc plus de rigueur encore, la baisse de 30% des salaires du public passant sans difficultés). Face à lui, une opposition russophile, qualifiée ici de « gauche » qui se renforce tout de même. Un scénario à l’Ukrainienne? en tout cas, les fractures ne sont pas encore complètement réduites.

  17. En lisant la majorité des commentaires depuis plusieurs mois, il se dégage des lignes d’accord entre les participants réguliers du blog.
    La première étant que tous semblent d’accord sur la constatation que l’origine de la crise sous sa forme financière réside dans la mauvaise distribution des richesses et que, comme l’écrit régulièrement Paul Jorion, l’argent ne se trouve pas là où il devrait être.
    Cette distribution des richesses aux possédants et à ceux qui les servent a provoqué, pour que le système continue à fonctionner, un accroissement considérable, et vite devenu ingérable, des dettes privées, et publiques quand les états sont venus au secours des institutions financières.
    Nous sommes quelques uns à penser que cette voie est sans issue.
    Dans le même mouvement certains pays ou régions du monde ont prospéré en produisant des produits de consommation à bas prix, provoquant en Occident un développement définitif de la pauvreté dans des pays qui en étaient encore à croire que le bonheur réside dans la consommation des marchandises et qui en étaient arrivé à penser que le malheur réside à produire ces mêmes marchandises.
    Ce mythe de la dialectique production/consommation repose sur l’idéologie de la croissance, comme naturelle, en quelque sorte immanente à l’espèce humaine, mais ce mythe repose sur un mensonge originel : ce qui est produit et consommé, ce sont des marchandises pauvres qui n’apportent que des simulacres de satisfaction et qui demandent à être toujouurs remplacées par d’autres marchandises pauvres qui elles mêmes…
    Le fait que dans le même mouvement historique se développe la conscience de la finitude de notre univers et de l’épuisement prévisible des ressources amène certains dirigeants à anticiper les affrontements à venir et les difficultés à affronter.
    Il ne s’agit plus d’agir pour que le bilan de l’année, ou du trimestre, soit bon et apporte son lot de primes ou sa capacité de réélection, mais d’organiser sa place dans le monde à partir d’une vision sur une ou plusieurs générations, en s’appropriant les ressources essentielles et en réorganisant le rapport production/consommation.
    Les dirigeants économiques et politiques, en Occident, ont perdu tout sens stratégique et toute capacité de s’unir.
    Ailleurs, d’autres semblent avoir une meilleure perspective qui augmente leurs chances de gagner ce qui ne peut plus être nommé autrement que guerre.
    Les malheureuses défenses que l’on voit apparaître ici et là, et qui vont se développer de plus en plus : tentatives désepérées d’un retour à la situation d’avant et repliements nationalistes, ne feront que renforcer le pouvoir des pays qui ont compris que la richesse n’est pas dans les coffres des banques, mais dans la production.
    La mondialisation avait le rêve d’un monde unifié où les marchandises, et la marchandise vedette qu’est l’argent, circuleraient sans aucun frein mais ce rêve se révèle impossible quand on range dans certians pays les producteurs et dans d’autres les consommateurs.
    Ce monde ne s’unifiera pas et toutes les tentatives de l’unifier par force échoueront.
    Je suis d’accord avec François Leclerc pour dire que les dirigeants chinois, sans doute bientôt suivi d’autres, essayent de sortir du guépier dans lequel ils sont, mais je crois qu’ilsont aussi des visions à ce qui pour les Occidentaux correspond au long terme et qu’au moins les efforts accomplis pour sortir de leur situation va leur indiquer des chemins à emprunter.
    La force des gouvernants chinois est de ne pas avoir à attendre le résultat lointain d’improbables élections.

     » Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien ; c’est dans les occasions où tout est à craindre, qu’il ne faut rien craindre ; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers, qu’il n’en faut redouter aucun ; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource, qu’il faut compter sur toutes ; c’est lorsqu’on est surpris, qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même. » Sun Tse. L’Art de la guerre.

  18. cassé ou mort, le système financier l’est !
    – « ne sentez-vous pas la putréfaction ?… »
    maintenant, la mort est derrière nous, il faut passer à autre chose.

    1. autre chose de plus modeste, et de moins machiniste …
      c’est d’ailleurs étonnant qu’un système virtuel puisse « puer » autant !

      Crétin :non ! réaliste! …les « experts » se sont crus plus fort que la mort ( cf, un certain bigboss banquier, qui se prennait pour dieu : avant, ces gens là, on les mettait à l’H.P. !, et, on ne stigmatisait pas les futurs et putatifs délinquants en culotte courte …Allez comprendre !)

      … »Quant de la chair, que trop avons nourrie,
      Elle est pieça devoree et pourrie,
      Et nous, les os, devenons cendre et pouldre … »
      dans Epitaphe/ François Villon.

  19. « Car la seule perspective qui commence à se dessiner est celle de leur confier les clés du futur système international, comme cela avait été fait en faveur des Américains grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale, en 1944 à Bretton Woods.  »

    Mon Dieu, M. Leclerc !

    Ca me rappelle ce bon Daladier revenant de Berlin avec Chamberlain : « Hitler est un chic type ».

    Pauvres grecs et pauvres occidentaux s’ils s’imaginent qu’ils vont continuer à faire bombance à crédit avec l’argent des chinois.

    Pour les chinois, nous sommes avant tout ceux qui ont mis à sac et humilié leur pays au début du siècle. La Chine rêve de revanche, pas de nous maintenir la tête hors de l’eau et sauver nos retraites.

    En dépit de toutes ses imperfections (et elles sont nombreuses : premier pénitencier du monde,…) , l’hégémonie US n’a rien à voir avec celle d’un quelconque Parti Communiste totalitaire qui tient la liberté individuelle pour négligeable. Allez donc monter ce blog en Chine et vous verrez.

    Comme l’a dit un intervenant, les chinois savent que leur temps est compté avant les peaks des matières premières. Leur but est de pérenniser leurs sources d’approvisionnement à n’importe quel prix, tenir à distance les USA et soumettre leurs voisins à leur volonté.

    Là-dedans, la conscience écologique chinoise est celle d’un chimiquier. Les chinois rêvent d’hégémonie, pas de nature.

    Rien d’anti-chinois dans ces propos, un simple constat. Au demeurant, le PC chinois n’a pas l’intention d’organiser des élections pour demander aux intéressés ce qu’ils en pensent.

    Les solutions sont ici. Etre un peu moins riches, Sûrement. Avec moins de crédits, certes. En commençant à respecter la nature, faute d’autre choix. Libres, évidemment.

    Mais avec 7 milliards d’humains, de nouveaux tigres capitalistes à la table des gaspillages de ressources, il n’y a aucune raison de penser que ça ne finira pas dramatiquement.

    Un PC chinois libertaire, écologique et véritablement marxiste, pourquoi pas. Un ogre capitaliste, je ne vois pas en quoi cela nous avance.
    Leur donner les clés de quoi que ce soit, vous voulez rire !

    1. OK Jean Yves mais les clés, on ne va pas leur donner, ils vont les prendre et si votre analyse est juste, c’est là qu’il y a alors une problème.

    2. J’ai été un peu provocateur, avec mon titre et ma proposition de confier les clés du SMI aux Chinois ! Focalisant le débat sur un seul aspect de la situation, alors que l’analyser implique d’aller au-delà. Si la Chine émerge du lot des émergents, il s’agit comme on sait d’un mouvement d’ensemble.

      Mais c’est elle qui a l’initiative. Ce que va dire Wen Jiabo à Bruxelles, puis lors de la suite de sa tournée européenne, restera dans un premier temps un geste politique et symbolique, avant d’être suivi d’autres, qui sont à attendre. Il marque dès a présent la volonté de ne pas se laisser enfermer dans la problématique du G2, ce tête à tête sino-américain qui tourne au aigre. En s’appuyant sur les forces européennes qui peuvent aider à faire avancer – mais pas à débloquer – une réforme du système monétaire qui s’avère de plus en plus urgente.

      Car, si tous les yeux sont braqués sur l’évolution de la parité du yen vis à vis du dollar (et de l’euro), la poursuite de la chute de la valeur du dollar est l’élément le plus perturbant de la situation. Aboutissant à surenchérir les autres devises, yen et euro en tête mais pas uniquement, faisant obstacle aux tentatives de relance de la croissance par le développement des exportations. Au jeu de la dévaluation compétitive, il se confirme qu’il ne peut pas y avoir que des gagnants.

      Les américains entendent bien partager le coût de leur descente pour essayer de l’amortir…

    3. Excusez M. Leclerc mais je vous trouve un peu naïf sur ce coup. Pensez vous sérieusement que la Chine se « positionne » comme un émergent comme les autres ? Son problème est son face à face avec les USA. Rien ne la détournera de cet objectif car comme dit plus haut elle a soif de vengeance. On peut trouver ça pas terrible mais il y a beaucoup de vrai la-dedans. Elle a plutôt intérêt à ce que sa suprématie soit reconnue rapidement pour régler dans la foulée ses problèmes avec l’Inde et la Russie, autres émergents. L’Europe d’une part, ses colossales réserves d’autres part ne sont que des moyens. Les Chinois font de la Politique pendant que nous cherchons à préserves nos intérêts, ce n’est pas la même cour de récré.

    4. à Didier,

      Les chinois ne vont pas prendre les clés, tout simplement parce qu’ ils les ont déjà.
      Il n’était pas si difficile de les prendre, puisque les propriétaires des clés les avaient laisser trainer.

    5. Un article de 2005 ( !!!) de Eberhard Hamer ( http://www.horizons-et-debats.ch/31/31_21.htm ) analysait la politique financière des US comme un moyen d’appropriation des actifs mondiaux :
      « Une interprétation correcte des plans de la haute finance mondiale aboutit à la conclusion que la masse monétaire doit être accrue et dévalorisée jusqu’à ce que toutes les valeurs réelles importantes du monde soient achetées et monopolisées. La haute finance sait bien que son accroissement de la masse monétaire ne saurait passer inaperçu et que, à un moment donné, la confiance en un dollar inflationniste disparaîtra. L’éclatement d’une crise de confiance fera de l’inflation encore contrôlée une inflation galopante, qui aboutira forcément à une réforme monétaire. Or, il s’agit d’un avantage dont bénéficiera aussi bien la haute finance que les Etats-Unis: Préalablement, la haute finance a acheté assez de valeurs réelles avec des dollars pourris, et ces valeurs réelles ne seront pas touchées par la réforme. La haute finance aura ainsi converti à temps de l’argent pourri en patrimoine de valeur. »
      Visiblement les chinois utilisent maintenant ouvertement la méthode de l’adversaire, en investissant les dollars pourris que celui-ci leur a refilés. L’arroseur arrosé.
      Mais in fine, il n’y a que concurrence entre les deux impérialismes, au détriment des mêmes. C’est-à-dire ceux qui en sont à devoir vendre à vil prix leurs actifs, ou à obtenir du crédit.
      Ceci n’est sans doute qu’une étape un peu plus radicale du processus d’évolution géopolitique permanent résultant des rapports de force existants.
      Contingente, cette évolution géopolitique nous conduit vers de nouvelles, imprévisibles et improbables modalités de relations sociales et économiques. Mais on peut tenter de comprendre, au fil des évènements. En ce sens, merci Mr Leclerc, rendez-vous au prochain épisode.

    6. « …J’ai été un peu provocateur, avec mon titre et ma proposition de confier les clés du SMI aux Chinois ! Focalisant le débat sur un seul aspect de la situation, alors que l’analyser implique d’aller au-delà. Si la Chine émerge du lot des émergents, il s’agit comme on sait d’un mouvement d’ensemble.

      Mais c’est elle qui a l’initiative. Ce que va dire Wen Jiabo à Bruxelles, puis lors de la suite de sa tournée européenne, restera dans un premier temps un geste politique et symbolique, avant d’être suivi d’autres, qui sont à attendre. Il marque dès a présent la volonté de ne pas se laisser enfermer dans la problématique du G2, ce tête à tête sino-américain qui tourne au aigre. En s’appuyant sur les forces européennes qui peuvent aider à faire avancer – mais pas à débloquer – une réforme du système monétaire qui s’avère de plus en plus urgente… »

      Non Monsieur Leclerc, vous n’étes absolument pas provocateur, ou plutôt si, à travers vos excellent travail, vous l’étes, mais pour la bonne cause:

      Sortir du discours lénifiant ambiant, de la langue de bois, poser sur la table -courageusement- les vraies questions, voilà pourquoi ce blog a du succès.

      Je vous suis dans cette logique et derrière Spinoza, je ne veux pas rire, ne pas pleurer, mais comprendre ce qui se trame au dessus de nos têtes et les immenses dangers qui arrivent.

      Lorsque j’écris sur ce blog que la politique chinoise est extrémement dangereuse pour l’humanité, je ne me place pas dans un camp entre impérialistes (les chinois, les « communistes » chinois, sont aujourd’hui une force impérialiste comme les autres), j’entrevois les mécanismes qui ont amenés à la catastrophe de la deuxiéme guerre mondiale, pour ne pas parler de la première.

      La Chine, le Brésil, la Russie, aujourd’hui, sont le Japon, l’Allemagne d’hier. Pour survivre, ils sont obligés de venir chasser dans les eaux des impérialistes existant. Même cause, même effet, le capitalisme comme l’a dit Jaures, porte la guerre comme la nuée porte l’orage.

      Nous sommes très proche d’une troisiéme guerre mondiale. Et face à se péril absolu, ce n’est pas en anônant des bêtises absolues sur la possibilité de voir l’Europe jouer un rôle de médiateur entre Pékin et Washington dans « une réforme du FMI », que vous contribuerait au salut de tous ceux qui vont se retrouver sous un déluge de feu et d’acier.

      Connaissez-vous le seul moyen M. Leclerc d’empécher la guerre impérialiste ? C’est derrière Lénine, de faire de l’agitation autours de la nécéssité absolue de transformer ces guerres réactionnaires, en des guerres progressistes, des guerres de classe, des guerres civiles, en Chine comme en France ou en Belgique !

      Chaque chose en son temps néanmoins. Pour l’instant on marche, et j’aimerais temps que sur ce blog on on soutienne les marcheurs.

    7. Cela me rappelle ma rencontre avec de jeunes managers directement arrivés de Pékin, cherchant des bureaux pour y implanter leur société de consultance informatique. Grands, précis, anglais très correct quoique malaisé. J’avais déjà rencontré en Europe des chinois restaurateurs, des « secondes générations » dans l’habillement, et au Moyen-Orient des ouvriers/techniciens du bâtiment au temps de la splendeur de Saddam ( Ah ! la bêtise ordinaire des petits cadres et ouvriers européens faisant l’erreur de prendre les chinois pour des coolies, avant que ceux-ci ne leur jettent à la figure leur droit et leur dignité ? merci Mao, t’as au moins réussi ça)
       » Tiens, j’ai dit ( sourire, un peu naïf, curieux et toujours heureux de rencontrer des étrangers, je suis comme ça) vous êtes les premiers « native chinese » que je rencontre dans ce business.. »
      Réponse du grand maigre avec le pantalon gris, sérieux et sans aucun humour :  » Oui, et il va y en avoir de plus en plus »

  20. Comme Marlowe ,je lis enfin sur ce blog le mot SENS.
    Oui,bien entendu il s’agit du Sens que individus,puis groupes,donnent à leur Vie.
    Ce battage post krach ,meurtrier,à l’aveugle,et en cela étant aidés de seulement quelques poignées d’Hommes et de Femmes clairvoyantes et altruistes,intelligentes et humanistes tels ceux et celles qui s’expriment ici ,autour de Paul Jorion,de Leclerc…Ce battage dis je ,sans issue visible à l’heure qu’il est,sauf des « ordinateurs » à « High Fréquence Trading »,engins sans raison et dangereux ,ne serait-ce que par leurs vers –cf l’Iran– n’a de solution autre que celle du titanic, que dans la recherche intensive,à tous niveaux,du Sens de la Vie.
    D’autres ,avant le capitalisme en ont eu l’intuition,l’ont proclamé.
    Ceux là gênent les « aristos » du moment,surtout aujourd’hui quand il s’agit des banksters et affidés trilliardaires,à la morale voisine de pairs de la maffia-camora,mais versus clearstream,lichtenstein,arros,jersey…
    Nous ne perdrions pas à nous mettre tous en quête de ce Sens à donner à chacune de nos Vies.

  21. Les Chinois, n’ont pas le choix de poser des rustines à droite ou à gauche….c’est leur survie qui en
    dépend….Avec 1,3 milliards d’habitants en attente d’une vie meilleure, la marge de manoeuvre est
    étroite…..Actuellement, malgré un PIB exceptionnel….qui nous fait rêver….seul 100 Millions de
    Chinois vivent avec 25000 dollars /an……les autres, ne voient pas encore une amélioration
    quelconque de leur situation….
    La CHINE vit sur un VOLCAN SOCIAL, la moindre étincelle peut engendrer une Catastrophe.
    Les dirigeants Chinois l’ont bien compris….et s’affairent de leur mieux, pour encore et toujours
    PRODUIRE….même à perte sur leur Marché Intérieur….Il suffit de regarder le Parc Immobilier….
    …..ou des Villes entières ont été créées….peuplées de Zombies……
    Je te tiens par la Barbichette…..etc…….

  22. Les chinois sont bien impérialistes et conquérents , rappel.
    Achat de VOLVO
    Achat du plus gros fabricant de panneaux bois français.
    Elimination de nombreuses entreprises en Afrique.
    Main basse sur le pétrole brésilien.
    Unique producteur de terres rares que Rhodia à contribué à laisser seul sur ce marché.
    Achat des ports grecs.
    Alors que les USA se sont insurgés contre l’achat d’un port chez eux par les gens du golfe.
    Ils ont vampirisé nombre d’industries et engloutissent les mat prem.

  23. « La CHINE vit sur un VOLCAN SOCIAL, la moindre étincelle peut engendrer une Catastrophe.
    Les dirigeants Chinois l’ont bien compris….et s’affairent de leur mieux, pour encore et toujours… »

    Rolet, ce sont les dirigeants chinois et leur surpuissante armée, leur police tentaculaire qui vous l’ont dit ?
    Les masses chinoises ont-elles vraiment le choix ou la capacité de se rebeller ? Quelles seraient leurs chances contre l’appareil d’état ?

    A mon avis, cette rhétorique clé en main des pays totalitaires est, pour le moins, à prendre avec des pincettes. Ce qui n’interdit pas de penser que le PC chinois préfère éviter des troubles intérieurs. Privilégier l’harmonie, quoi.

    Le capitalisme, c’est la loi du plus fort. Mais le capitalisme totalitaire, c’est utiliser l’arme économique à des fins hégémoniques.
    C’est pour cela que les USA se préparent à la guerre. Guerre totale qui a déjà commencé ; ne reste que l’étincelle pour passer à l’étape militaire.
    En ce sens, une trop brutale rupture de l’équilibre actuel ne manquerait pas d’ouvrir la porte des enfers.

    1. @ jean-yves dit : 4 octobre 2010 à 14:43

      Les chinois sont de très bons observateurs du fonctionnement du monde et de la nature. Ils en ont déduit que la loi naturelle qui règne sur notre terre depuis toujours, c’est la loi des plus forts qui éliminent les plus faibles au titre d’une loi fondamentale de sélection naturelle.

      Ils ont compris que pour être le plus fort, il faut viser l’efficacité en toute chose.

      Par le communisme ils ont appris que c’est une voie efficace pour conduire au pouvoir sous couvert de démocratie. Ils ont compris que lorsqu’on est au pouvoir, le régime totalitaire est le plus efficace. Ses décisions sont les plus expéditives et la déperdition d’énergie interne est en général plus faible qu’au sein de régimes démocratiques.

      En observant le capitalisme, ils ont vu que c’est un système très efficace si l’on place la majorité des gens plus en état de devoir agir et travailler que de contester et d’attendre des aides.

      La Chine a vu qu’en faisant l’analyse de ses points forts elle n’en manquait pas et qu’elle était à la tête d’une immense richesse.
      Sa plus importante richesse repose sur une gigantesque population regroupée au sein d’un même état qui sait la galvaniser en cultivant le patriotisme. Cela soude bien plus une nation que de prêcher une utopique et impossible égalité entre les êtres et surtout, cela évite un nivellement vers le bas.
      Faute d’être très bien pourvue en énergie au niveau de son sous sol elle a mesuré la grande force que constitue la disponibilité sur son sol d’une énergie susceptible d’être libérée par une population de 1,3 milliards d’individus, en moyenne très faibles consommateurs et par ailleurs très grands travailleurs, donc aptes à atteindre de très grandes performances énergétiques.

      Alors quand on place ce géant dans un paysage de crise énergétique programmée, les pays développés ne font pas le poids devant la réunion d’autant d’atouts.

      Vous craignez une guerre totale dites-vous.
      Personnellement je redoute davantage des guerres fratricides entre classes (toutes déclassées) ce qui ne ferait qu’accélérer l’effondrement des pays dits développés et les rendrait ainsi plus faciles à digérer économiquement et pacifiquement.

    2. Nous dansons tous au bord d’un volcan, qui a été activé par des personnes addictives à un jeux dangereux : la spéculation à outrance …

      Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt de la Chine de provoquer la grande catastrophe …elle pose ses jalons, pour la suite …
      Et, par la même occasion, nous met le nez dans ce qui cloche, depuis le début, mais notre lucidité est récente, la non-construction européenne …puisque de solidarité, point !
      C’est cinglant !
      Mais, c’est aussi, en dehors du reste, mettre un pied ailleurs, et tenter, dans l’immédiat de préserver une sorte d' »équilibre »,car,le style  » je te tiens , tu me tiens par la barbichette »[ Chine-USA], avec un seul, c’est le blocage garanti …donc avancer un pied ailleurs, peut déconcerter l’adversaire (US) …sorte de technique millénaire pratiquée dans les Arts Martiaux …
      A suivre donc…sans trop d’illusion sur la Sagesse du Monde…

  24. Après avoir acheté la Grèce, la Chine va-t-elle acheter l’Irlande ?

    Trop facile, les Chinois !

    Trop facile de faire son marché en Europe quand on est riche !

    Trop facile de sortir son chéquier et d’acheter tout ce qui est à vendre !

    La Chine sauvera-t-elle l’Irlande ? Le suspens est insoutenable.

    Irlande : croissance revue en baisse, appel à des coupes budgétaires accrues.

    La banque centrale irlandaise a nettement abaissé lundi sa prévision de croissance du pays en 2010, qui ne serait que de 0,2 %, et a encouragé le gouvernement à accentuer encore les coupes budgétaires pour faire face au coût faramineux du sauvetage des banques.

    http://www.romandie.com/ats/news/101004122250.nqlartrm.asp

    1. Pour faire ses courses il vaut mieux avoir de l’argent sur son compte et le dépenser tant qu’il vaut quelques chose !

    2. Le projet Européen qu’on nous a tant vanté est entrain de finir en solde au profit du reste du monde, des vendus et des incapables voilà l’état des lieux.

    3. Oui, parce qu’il y a eu mensonge, dès le départ, de ceux que l’on croyait encore être nos élites …
      qui n’ont jamais eu l’intention de fonder une Europe unie et complémentaire, qui aurait pu exercer une **zone de Pouvoir, ayant une politique de non-alignement, et pouvant être une zone tampon, un lieu d’équilibre du Monde, ce que ne souhaitait pas les USA …
      Donc, on nous a joué du violon, et raconté des bobards ( propagande par journaux et journalistes interposés ), et non formation de nos députés nationaux à l’Europe, avant 2006 ! ( je ne parle pas des députés européens qui n’ont pas « moufté », n’ayant certainement pas la vision globale qui permet de comprendre ce qui se passe / tout étant découpé par tranche d’experts …) .
      ** d’où démantelement du tissu industriel, de l’agriculture locale [ les écologistes n’y ont vu que du feu ], bref, de tout ce qui faisait notre talent /et, propaganda sur les bienfaits de la tertiarisation du Pays !/ …sans oublier l’éducation et la santé [ là aussi, violon sur l’excellence de notre système, un des meilleurs du Monde …c’est donc pour cela qu’on l’a démantelé ! ]
      On nous y a rajouté le sytème de lobbies, en droite ligne des USA …

      La Chine, agacée, a lancé le « cochonet » en Grèce, et même la première boule de pétanque ( normal les agences de notations US l’énervait – la Chine – alors, cette histoire de PIIGS l’a inspirée ! Humour chinois )

  25. Témoignage un peu long mais intéressant …

    Pourquoi le déficit à 3% du PIB est une invention 100%… française

    Guy Abeille était chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l’ère Mitterrand. Il révèle pour La Tribune comment est né, en France et non en Allemagne, le sacro-saint ratio de 3% du PIB pour les déficits publics. A l’origine, il s’agissait d’imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis cette référence cardinale a fait école, bien qu’elle fut dépourvue du moindre sens économique.

    Par les temps qui courent, les attentions sont focalisées sur les déficits publics. Il vous intéressera peut-être de savoir quelle est la toute origine du seuil de 3% de déficit public rapporté au PIB – référence devenue cardinale, et critère retenu par le traité de Maastricht.

    Je suis un ancien chargé de mission (agent non titulaire de l’Etat : non pas fonctionnaire donc, mais mercenaire) du Ministère des Finances, où, jeune diplômé de l’ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique), je fus en fonction d’octobre 1977 à juin 1982, à la Direction du Budget, 1ère sous-direction (celle des synthèses, les autres étant spécialisées par ministères : justice, armée, etc…).

    J’y fus chargé de suivre, analyser et commenter au mois le mois l’exécution du budget de l’Etat, et de fournir tout au long de l’année, et de façon de plus en plus pressante quand approchait la fin de l’exercice budgétaire, la prévision de son solde d’exécution – en l’espèce, de son déficit. Cette mission se concrétisant par la rédaction d’une « note au ministre » mensuelle, révisée et visée par mon chef de bureau et mon sous-directeur (ainsi va l’Administration), puis signée du Directeur du Budget après entrevue avec lui, et adressée au Ministre; de là filant aux cabinets de Matignon et de l’Elysée.

    Et en fin d’exercice, nous recevions mandat, selon la météo électorale – c’est à dire explicitement selon l’horizon des plus proches élections -, de jouer des marges de liberté que pouvaient nous ménager quelques zones de flou de la comptabilité publique pour améliorer (ou dégrader si les élections étaient à deux ans) le résultat qui serait pour finir gouvernementalement publié, transbordant donc d’un exercice à l’autre l’impedimentum de telles ou telles recettes ou dépenses miraculeusement devenues migratoires. En réalité, en ces temps rivoliens (dont je n’imagine pas qu’ils ne fussent également révolus…) c’était moi, et moi seul, qui, entre décembre et février (le mastodonte budgétaire, en certains de ses organes, s’étale de deux mois sur l’année suivante), étais officieusement chargé de faire preuve d’inventivité, de sagacité, et de doigté (cela va sans dire), pour établir la liste chiffrée, et manuscrite (rien ne serait imprimé), de ce qu’il était possible de faire; ou de faire encore, car d’année en année nous finissions – moi, et ceux qui d’un goupillon cardinalice, hiérarchique et discret bénissaient mes trouvailles – par griller nos successives cartouches, ne pouvant revenir impunément sur une règle que nous avions nous même hautement, et bruyamment hélas, proclamée l’année précédente parce qu’elle arrangeait la présentation comptable voulue cette année-là par nos ministres. Cela sans autre soutien, on l’aura compris, que l’approbation – orale – donnée par mes autorités (habituellement le mistigri était lestement repassé jusqu’au cabinet du Ministre), et en prenant garde de ne pas faire trop monter le rythme des hoquets ni d’exagérer le niveau des remontrances qui ne manqueraient pas d’être, hoquets et remontrances, émis par la Cour des Comptes – mais deux années plus tard, en fait, au moment de la loi dite de règlement, à laquelle, au vrai, plus personne n’accorderait intérêt. Durant deux mois, ainsi, tout allait son train par téléphone et additions, ou soustractions, sur de petits papiers; et début mars le rutilant résultat bugétaire était porté sur les fonts médiatiques (cela, il faut bien le reconnaître, mais telle est l’incurable myopie politico-technocratique, dans l’indifférence colossale éprouvée par l’électeur de base, pour la financière édification duquel pourtant toutes ces habiletés avaient été tissées).

    L’entrée en déficits

    J’en viens au seuil magique – pour un peu, chamanique – du déficit à 3% du PIB.

    Le premier choc pétrolier se produit à l’automne 1973: quadruplement du prix – la bombe la plus nocive de la guerre du Kippour est celle qui frappe l’économie mondiale. Exit les Trente Glorieuses.

    La crainte première est celle du déséquilibre extérieur et de l’inflation: Giscard d’Estaing, tout nouveau Président, y répond par le « plan de refroidissement » Fourcade. Plan qui se traduit par un volontaire et notable excédent budgétaire. Stop and go d’anthologie: le plan de relance Chirac qui le suit en prend le contrepied (un modèle de relance keynésienne, qu’on cite encore dans les écoles). Nous sommes en 1975, les finances publiques viennent d’entrer lourdement dans le rouge. C’était il y a 35 ans. Nul ne le sait encore: la trappe s’est ouverte, elles n’en sortiront plus.

    Pourtant, s’il ne tenait qu’à lui, Raymond Barre, qui en 1976 passe aux manettes de l’économie, gèrerait les finances à l’équilibre (on sait combien il aime à se portraiturer en bon père de famille). Giscard d’Estaing, c’est à dire la nécessité électorale (la gauche passe à un cheveu de la victoire en 1978), lui en impose autrement. Même l’exquis soulagement qu’apportent les législatives de mars 1978 ne lui donne pas le loisir de ressaisir ses principes. Car le vent souffle d’ouest, Thatcher et Reagan bientôt seront élus: après l’austérité des années 76-77, l’air se fait libéral (on se souvient des barristes « bois mort » et autres « canards boîteux », comprendre textile, sidérurgie…). Ainsi après un premier tour de piste en début de septennat, arrive pour la fin du mandat la seconde figure du tango économique qu’aura conduit Giscard, accordéoniste télégénique mais de faible renom: un pas sur l’inflation (refroidissement Fourcade, austérité des premières années Barre), un pas sur le chômage (relance Chirac, libéralisation Barre). Le déficit, tenu en 1976 et 1977 en lisière des 25 milliards, bondit en 1978 à un, libéral faut-il croire, 41 milliards de francs. Et voilà que fin 1979 débute le second choc pétrolier. Ainsi, tous les budgets de Giscard (sauf le premier), et de Barre, auront été en déficit. Pour des montants (hormis la relance Chirac, plus massive) légèrement supérieurs à 1% du PIB. Mais en ce temps, nul n’use de cette référence. Ce ratio est absent des esprits; il n’a pas d’existence.

    Les dernières années, budgétairement Giscard d’Estaing n’a qu’un point de fixation: ne plus laisser au déficit franchir la ligne des 30 milliards de francs; elle aurait à ses yeux une portée politique. Les deux budgets d’avant la gauche s’y tiennent vaillamment (-31 milliards de francs chacune des années 1979 et 1980); au prix, s’il m’en souvient, d’un art de l’évitement dans la confrontation avec l’écueil comptable, qu’après trois années de pratique à la Direction du Budget, je commence à assez posséder.

    Arrive 1981

    Le budget a été présenté avec un déficit de 29 milliards de francs (on reconnaît là la limite fétiche, et un sens du marketing d’étiquette que nous aurons souvent vu à l’oeuvre chez Giscard d’Estaing, dès lors qu’il s’agissait de publier des chiffres – prière d’annoncer, par exemple, que les prix augmenteront de 9,9% et non de 10%). Cependant, dans les quelques mois qui précèdent le vote, la compétition électorale est gagnée par de vives ardeurs, on a des inquiétudes, et tout Barre qu’on soit, il faut bien en accepter les contingences financières collatérales: on n’aurait garde de ne pas s’attacher ceux qui pourraient pencher pour soi, ou bien seraient possiblement tentés de regarder ailleurs; ces saisons ne sont guère propices à une gestion retenue des finances publiques. Et quand, au terme du combat, la gauche tient sa victoire, on n’en est plus à résister sur la ligne des 30 milliards de francs. Sans que rien n’en eût filtré en dehors de nos murs (d’ordinaire le fonctionnaire est loyal), les élections ont fait sauter, sinon la banque – après tout, on n’en est encore qu’à sept années de dette -, du moins le seuil. Je me revois ainsi, au surlendemain de l’élection, enfiler un des longs couloirs du Louvre, dans l’aile Richelieu où depuis cent dix ans comme un coucou nichait le Ministère des Finances (aujourd’hui le marbre ailé d’Apollon poursuivant Daphné a remplacé l’airain terrible du Budgétaire traquant la Dépense stérile), pour donc informer le rond, le gai et l’affablement zézayant Jean-Paul Huchon, chef du bureau Agriculture et Communautés européennes (lier les deux c’est déjà toute une époque), lequel est au sein du Budget un des représentants connus de l’état-major socialiste (adjoint de Rocard à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine, il sera dès le 22 mai, et pour dix ans, son directeur de cabinet), l’informer que le déficit sur lequel il faut tabler, avant même tout geste du nouveau pouvoir, n’est pas en deçà des 30 milliards de francs jusqu’ici proclamés, mais maintenant au delà des 50 milliards: dans les chaleurs pré-électorales, le libéralisme de Giscard et de Barre s’est dénudé en libéralité. Deux mois plus tard, la première loi de finances rectificative socialiste en prendra acte, actualisant le déficit à 55 milliards; et dès le début juin, sans attendre, Laurent Fabius va rendre ce chiffre public.

    Car le ministre qui nous est dévolu s’appelle Laurent Fabius (un jour, se rappelle-t-on, par souveraine onction présidentielle il en sera fait don, comme Premier Ministre, à la France). Laurent Fabius a obtenu d’inaugurer le titre, jusque là inconnu au bataillon, de Ministre délégué – derechef bruisse dans les couloirs la rumeur, attendrie, qu’il aurait trépigné pour qu’on le distinguât de cette innovation (on ne connaissait jusque là que des Secrétaires d’Etat, le premier des Ministre du Budget dans l’histoire de tous les gouvernements ayant été le prédécesseur de Fabius, Maurice Papon, grand commis de l’Etat – n’importe quel Etat), cela à la seule fin, courte vanité, d’avoir rang de ministre à un âge inférieur à celui de Giscard: Fabius donc sera ministre, délégué hélas! mais ministre tout de même à 36 ans moins trois mois, quand Giscard misérablement ne le fut qu’à 36 ans moins quinze jours… Ce qui lui donne, tout de même, droit de présence aux conseils des ministres, et, car il l’a obtenu, signature des lois de finances sans le ternissant voisinage de Jacques Delors, son ministre de prétendue tutelle.

    Nous arrivons fin juin, et s’il y a urgence pour adapter l’action budgétaire à la nouvelle donne, plus grande elle est encore pour préparer le budget de l’année 1982, qui sera la première de plein exercice pour la gauche au pouvoir. Las! malgré l’autorité toute neuve due au Ministre délégué, et à son rang, il nous revient assez vite que, dans l’effervescence de cette aube nouvelle, camarade! et l’inaccoutumance des néo-ministres aux règles de gouvernement, ces derniers multiplient à qui mieux mieux les visites du soir auprès du Président pour plaider in vivo leurs besoins en crédits (or, l’expérience séculaire du Budget montre qu’en réalité il n’existe pas de demandes de crédit qui ne soient authentiquement justifiées – le gouvernement, du moins le budgétaire, commence avec l’art de faire tomber l’oukase du refus). Et, au vu des données qui s’agglomèrent peu à peu sur mon bureau, il apparaît assez vite qu’on se dirige bon train vers un déficit du budget initial pour 1982 qui franchira le seuil, jusque là hors de portée mentale, des 100 milliards de francs, chiffre que les plus intrépides d’entre nous n’auraient même en secret pas osé murmurer.

    Une commande, un soir

    C’est dans ces circonstances qu’un soir, tard, nous appelle Pierre Bilger (qui à quelque temps de là s’envolera vers Alcatel pour y faire la carrière que l’on sait), devenu le tout récent n°2 de la Direction du Budget à son retour du poste de directeur de cabinet de Maurice Papon (qui Ministre du Budget donc, mais aussi considérablement septuagénaire, s’est acquis dans nos couloirs une manière de fan-club pour ses assoupissements parfaits lors des débats techniques à l’Assemblée Nationale, et ses brusques réveils au profond des séances de nuit, que les plus avertis d’entre nous, ou les mieux pourvus en ancêtres vivants, ont eu tôt fait de diagnostiquer comme la, bien documentée, insomnie du vieillard).

    Donc nous voici convoqués, c’est à dire moi-même, et Roland de Villepin, cousin de Dominique, mon camarade de promotion et récent chef de bureau (ce poste est réservé en apanage à ceux qui, comme lui, sont fonctionnaires: il est Administrateur de l’INSEE). Formés à l’ENSAE, nous sommes considérés dans la faune locale comme appartenant à l’espèce, rare au Budget, des économistes (les autres sont des énarques, ces grands albatros de l’administration généraliste), et plus spécialement, car passablement mâtinés de mathématiques (nous sommes des ingénieurs de l’économie, en quelque sorte), de la sous-espèce des économistes manieurs de chiffres – sachant faire des additions, nous plaisante-t-on, en référence, évidemment, aux agrégés-sachant-écrire.

    Bilger nous informe en quelques mots du ballet budgétaire élyséen en cours, et il nous fait savoir que le Président a urgemment et personnellement demandé à disposer d’une règle, simple, utilitaire, mais marquée du chrême de l’expert, et par là sans appel, vitrifiante, qu’il aura beau jeu de brandir à la face des plus coriaces de ses visiteurs budgétivores.

    Il s’agit de faire vite. Villepin et moi nous n’avons guère d’idée, et à vrai dire nulle théorie économique n’est là pour nous apporter le soutien de ses constructions, ou pour même orienter notre réflexion. Mais commande est tombée du plus haut. Nous posons donc, d’un neurone perplexe, l’animal budgétaire sur la table de dissection.

    Nous palpons du côté des dépenses, leur volume, leur structure, avec dette, sans dette, tel regroupement, tel autre, ou leur taux d’accroissement comparé à celui de l’économie. Il y aurait bien moyen de détailler à la main quelques ratios consommables, mais tout cela est lourd et fleure son labeur: norme flasque, sans impact, aucune n’est frappante comme une arme de jet, propre à marquer l’arrêt aux meutes dépensières. Nous retournons la bête du côté des recettes: impôts d’Etat sur revenu national? mais les impôts fluctuent avec la conjoncture, plusieurs sont décalés d’un an… Surtout, nous ne pouvons échapper à l’attraction des prélèvements obligatoires, dont la fiscalité d’Etat n’est guère qu’une part : peut-on valablement se cantonner à elle? le débat ne manquera pas de naître, à juste titre, et prendra vite le tour d’un brouhaha technique. Tout ça sera confus et sans force probante, au rebours du principe-étendard que nous avons reçu commande de faire surgir pour ostension publique. La route des recettes est coupée. Une seule voie nous reste: le déficit.

    Le déficit, d’abord, du citoyen lambda au Président de format courant, ça parle à tout le monde: être en déficit, c’est être à court d’argent; ou, si l’on préfère, tirer aujourd’hui un chèque sur demain, qui devra rembourser. Ensuite, le déficit a depuis Keynes acquis ses lettres de noblesse économique: il figure vaillamment dans les théories, il est une des plus visiblement opératoires variables des modèles. Lui seul, c’est évident, a la carrure et la netteté pour nous tirer d’affaire. Le déficit ! mais qu’en faire ? à quelle contrainte le plier pour en extraire une norme?

    Le coup est vite joué. La bouée tous usages pour sauvetage du macro-économiste en mal de référence, c’est le PIB: tout commence et tout s’achève avec le PIB, tout ce qui est un peu gros semble pouvoir lui être raisonnablement rapporté. Donc ce sera le ratio déficit sur PIB. Simple; élémentaire même, confirmerait un détective fameux. Avec du déficit sur PIB, on croit tout de suite voir quelque chose de clair.

    Un critère douteux

    Arrivé à ce point, un peu de réflexion s’impose.

    On commencera par noter que le déficit est un solde; c’est à dire non pas une grandeur économique première, mais le résultat d’une opération entre deux grandeurs. Ce simple fait, trivial, emporte deux remarques. La première, c’est qu’un même déficit peut être obtenu par différence entre des masses dont l’ampleur est sans comparaison: 20 milliards sont aussi bien la différence entre 50 et 70 milliards qu’entre 150 et 170. Or, et c’est la deuxième remarque, on conviendra qu’il ne peut être tout à fait indifférent à la marche de l’économie que la masse des dépenses et recettes publiques soit d’une certaine ampleur (moins de 35% du PIB, comme aux USA ou au Japon) plutôt que d’une autre, bien plus grande (nettemment plus de 50% comme en France ou dans les pays scandinaves); sans même parler du contenu de chacune des masses: ce n’est pas la même chose d’aspirer un certain volume de recettes avec une TVA à 10% et un impôt sur le revenu montant jusqu’à 80%, qu’avec une TVA à 20% et un impôt sur le revenu de 30% au pire; ou bien encore d’aligner un même volume de dépenses, mais avec 5% de subventions d’investissement dans un cas ou 20% dans l’autre. On voit donc que s’intéresser au déficit en soi, à son montant seul, n’a qu’un sens relatif. Première observation.

    La deuxième observation touche à la pertinence du ratio lui-même: ne divise-ton pas des choux par des carottes? Car un déficit n’est rien d’autre qu’une dette: il est le chiffre exact de ce qu’il faut, tout de suite, emprunter, c’est à dire, cigale, aller demander à d’autres; et donc de ce qu’il faudra épargner – au fil des années suivantes – pour rembourser ceux qui auront prêté. Autrement dit, afficher un pourcentage de déficit par rapport au PIB, c’est mettre en rapport le flux partitionné, échelonné des échéances à honorer dans les années futures avec la seule richesse produite en l’année origine. Il y a discordance des temps. Où l’on saisit que le seul critère pertinent est celui de la capacité de remboursement à horizon donné (qui est celui de l’emprunt); laquelle est elle-même fonction, non pas tant du déficit consenti une année donnée, que de la dette globale accumulée – cette année-là, mais aussi celles qui ont précédé et peut-être celles qui suivront – et de la prévision qu’en regard on peut faire des ressources futures, c’est à dire du couple croissance et rendement fiscal. Le reste n’est qu’affichage.

    Dernière observation enfin, plus générale: on conçoit bien qu’un déficit n’a pas le même sens économique selon qu’il est purement ponctuel, rupture dans une série d’années à l’équilibre, laquelle sera réabsorbée en une à trois années par la réactivation même de l’économie que ce choc aura provoquée (keynésianisme pur); ou selon qu’à l’inverse il n’est que le morne jalon d’une longue chronique de déficits, courant les décennies, installés, devenus entière partie prenante, mode de fonctionnement même de l’économie, si usuels, si métabolisés, à elle si consubstantiels que c’est le retour à l’équilibre, la désaccoutumance, qui a un effet de choc (du keynésianisme à rebours en somme). Je rappelle qu’en 2010, la France en est à sa… 36ème année de déficit ininterrompu, et donc de dette couche à couche empilée, cumulée – 36 années, bien plus qu’un tiers de siècle -, et dont elle ne pourra mécaniquement se délester d’un coup: à vue humaine il est probable qu’au point où nous en sommes et où en sont les perspectives longues de notre économie, nous finirons par avoir stocké, dans la meilleure des hypothèses, de la dette pendant pas loin d’un demi-siècle, continûment, tenacement, c’est à dire sans avoir jamais commencé de seulement la rogner; laquelle, pour finir, soit sera remboursée (perspective vertueuse, ou bien enchanteresse), soit détruite (par inflation, ou restructuration comme on dit pudiquement), soit plus vraisemblablement aura été traitée par un mixte empirique des deux, c’est à dire fonction des rapports de force dans la partie à trois entre gouvernements, Banque Centrale et marchés.

    Où l’on aura compris que fixer le projecteur sur le déficit d’une année donnée n’a guère de sens; et que le rapporter au PIB de cette même année lui en fait perdre un peu plus. Le ratio déficit sur PIB peut au mieux servir d’indication, de jauge: il situe un ordre de grandeur, il soupèse une ampleur, et fournit une idée – mais guère plus – immédiate, intuitive de la dérive. Mais en aucun cas il n’a titre à servir de boussole; il ne mesure rien: il n’est pas un critère. Seule a valeur une analyse raisonnée de la capacité de remboursement, c’est à dire une analyse de solvabilité: n’importe quel banquier (ou n’importe quel marché, ce qui revient au même) vous le dira.

    Certes; mais la question politique – politique, et non économique – demeure: comment transmuter le plomb d’une analyse raisonnée de solvabilité en l’or apparent d’une règle sonore, frappante, qui puisse être un mot d’ordre? C’est, dans son prosaïsme, la question qui se pose à nous, et l’impossible auquel nous nous heurtons, en ce soir de juin 81.

    Fabriquer une norme

    Pressés, en mal d’idée, mais conscients du garant de sérieux qu’apporte l’exhibition du PIB et de l’emprise que sur tout esprit un peu, mais pas trop, frotté d’économie exerce sa présence, nous fabriquons donc le ratio élémentaire déficit sur PIB, objet bien rond, jolie chimère (au sens premier du mot), conscients tout de même de faire, assez couverts par le statut que nous confèrent nos études, un peu joujou avec notre boîte à outil. Mais nous n’avons pas mieux. Ce sera ce ratio. Reste à le flanquer d’un taux. C’est affaire d’une seconde. Nous regardons quelle est la plus récente prévision de PIB projetée par l’INSEE pour 1982. Nous faisons entrer dans notre calculette le spectre des 100 milliards de déficit qui bouge sur notre bureau pour le budget en préparation. Le rapport des deux n’est pas loin de donner 3%.

    C’est bien, 3% ; ça n’a pas d’autre fondement que celui des circonstances, mais c’est bien. 1% serait maigre, et de toute façon insoutenable: on sait qu’on est déjà largement au delà, et qu’en éclats a volé magistralement ce seuil. 2% serait, en ces heures ardentes, inacceptablement contraignant, et donc vain; et puis, comment dire, on sent que ce chiffre, 2% du PIB, aurait quelque chose de plat, et presque de fabriqué. Tandis que trois est un chiffre solide; il a derrière lui d’illustres précédents (dont certains quon vénère). Surtout, sur la route des 100 milliards de francs de déficit, il marque la dernière frontière que nous sommes capables de concevoir (autre qu’en temps de guerre) à l’aune des déficits d’où nous venons et qui ont forgé notre horizon.

    Nous remontons chez Bilger avec notre 3% du PIB, dont nous sommes heureux, sans aller jusqu’à en être fiers. Et lui faisant valoir que, vu l’heure (ça, on ne le lui dit pas) et foi d’économistes, c’est ce qu’actuellement nous avons de plus sérieux, de plus fondé en magasin. En tout cas de plus présentable. Puis nous rentrons chez nous, vaquer. On sait ce qu’il en est advenu.

    L’envol du 3%

    Le Franc très vite plonge. Il faut écoper le vaisseau. Mitterrand déleste le budget 1982, en cours de finition (on le présente en septembre), du déficit de 120 milliards où il se propulsait jusqu’à celui de 95 milliards qui sera annoncé, soit bien visiblement moins que le seuil symbolique – chiffon… rouge pour marchés en émoi – des 100 milliards de francs (nos 3% du PIB). Et c’est en août que Fabius, prince soyeux du verbe, pour la première fois dans toute l’histoire de la langue publique universelle (car nul encore nulle part, serait-ce à l’étranger, n’a jamais avancé ce ratio), réfère le déficit au PIB – pour le rendre bénin sans doute, et couvrir sa rudesse d’une gaze savante: car enfin, ces 2,6% du PIB qu’il cite aux journalistes sans s’y appesantir, presque comme en passant, comme une chose qui serait dans les moeurs, et du moins ne saurait inquiéter qui a fait des études et sait de quoi il parle, ces 2,6%, que pèsent-ils au fond, sinon le poids d’une pincée de PIB? – et non la centaine de milliards de francs que rajoutés aux autres il faudra un jour, avant la fin des temps, ou avant la faillite, par l’impôt rembourser.

    Mais l’automne déjà, ses bourrasques; et le Franc balayé avec les premières feuilles: il faut dévaluer (dans la govlangue on dit « réajuster »), non sans avoir âprement négocié, négocié et plaidé, comme de juste, comme chaque fois, avec l’Allemagne – l’Allemagne au mark toujours trop fort, à l’inflation trop faible, à l’industrie trop fiable, l’Allemagne, ce modèle irritant et exténuant voisin qui construit sa confiance, interne et externe, comme ses machines-outils et comme ses berlines, sur le long terme, et sans désemparer, sans versatilité, unanime à ne pas tolérer que quiconque jamais y porte une ébréchure, tandis que nous changeons de pied, désunis, impatients et fragiles, plus inquiets d’affirmer une autorité que de faire autorité, plus sensibles à l’effet produit sur le théâtre de l’intelligence qu’à l’effort soutenu dans l’avancée commune.

    Dans le combat des influences qui se joue cet automne, Delors reprend la main. Il ose parler de pause (un spectre hante la gauche, celui de Blum en février 37 demandant « une pause nécessaire dans la montée des finances publiques… »). Et il est le premier à faire expressément savoir que le déficit ne doit plus franchir les 3% du PIB, et cela pour l’ensemble des comptes publics (il sera bien le seul à être aussi strict, et précis, et complet). Fabius ne saurait lui abandonner cette paternité, qui est un empiètement et une dépossession. Et d’affirmer hautement, trois semaines plus tard: « Pour le budget, j’ai toujours posé comme règle que le déficit n’était acceptable qu’à condition de ne pas dépasser un montant raisonnable, de l’ordre de 3% du PIB ».

    Ici, une station s’impose: ainsi viennent de naître, et, pire, d’infiltrer les esprits comme un contaminant, les notions de « déficit acceptable » et de « montant raisonnable »: tomber en très lourd déficit, cela ne s’analyse qu’en référence à l’année dont on parle et non au parcours d’endettement sur lequel on s’inscrit, et, ainsi myopement circonscrit, ce n’est plus un défaut de ressources qu’il faudra, au plus vite, remonter, c’est un acte par nature conforme à la raison, aux Lumières pour un peu, mais à la condition, bien entendu, car on est aussi l’ennemi pondéré de tout ce qui est excès, qu’on ne rajoute guère à tout ce qu’on doit déjà que, bah, bon an mal an, une centaine de milliards – acceptable, raisonnable… superbes déplacements du sens: ou ce que la langue assouplie à l’ENA fait de la rhétorique d’Ulm.

    Dès lors dans les déclarations – Fabius, Delors, Mauroy – le 3% du PIB revient comme une antienne. Il est le phare qui balise la route (quand il n’est guère que le quinquet qui suit la descente à la dette). Tandis que les attaques contre le Franc reprennent de plus belle, et que la préparation du budget 83, sous la pression énervée des ministres, livre des premiers scénarios assez époustouflants (à son plus haut le décompte produit un déficit de 210 milliards de francs), le 3% du PIB, désormais bien en selle, devient le marqueur proclamé, martelé, d’une « politique maîtrisée des finances publiques » – en somme, on peut dévaler la pente de l’endettement sur un cheval qu’on cravache, mais à la condition, raisonnable, qu’il ne s’emballe pas. Le petit calcul discutable, mais malin, et tout de circonstance que nous avons commis un soir d’il y a quelques mois est maintenant devenu une norme publique, qui vaut principe, affiché, assumé, presque revendiqué, pour la conduite du gouvernement. Assurément, un succès assez rare.

    Ce calcul, ce principe, il lui reste à recevoir encore, par les voies les plus solennelles, l’onction du Président. C’est chose faite le 9 juin 1982 (après qu’on a durant tout le printemps, venus de l’Elysée, trouvé dans les journaux les mots « directive donnée de 3% du PIB », « consigne impérative de 3% du PIB »); lors de sa seconde conférence de presse du septennat, le Président dans son intervention liminaire déclare: « Le déficit est d’environ 3% et il ne faut pas qu’il dépasse ce pourcentage appliqué au produit intérieur brut. J’attends du gouvernement qu’il respecte – je n’ai pas lieu d’en douter sachant l’engagement du gouvernement tout entier – ce plafond de 3% et pas davantage. » (… sachant l’engagement du gouvernement tout entier : on imagine qu’un ange – armé d’un coupe-coupe budgétaire -, fors Delors, sur les ministres passe).

    Le processus d’acculturation est maintenant achevé; on a réussi à déporter le curseur: ce qui est raisonnable, ce n’est pas de voir dans le déficit un accident, peut-être nécessaire, mais qu’il faut corriger sans délai comme on soigne une blessure; non, ce qui est décrété raisonnable c’est d’ajouter chaque année à la dette seulement une centaine de milliards (en francs 1982). C’est cela, désormais, qu’on appelle « maîtrise »: en dessous de 3% du PIB, dors tranquille citoyen, la dette se dilate, mais il ne se passe rien – quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt, dit le proverbe chinois; quand le sage montre l’endettement, l’incompétent diplômé regarde le 3% du PIB.

    Extension du domaine du ratio

    Puis un jour le traité de Maastricht parut sur le métier. Ce 3%, on l’avait sous la main, c’est une commodité; en France on en usait, pensez! chiffre d’expert ! Il passe donc à l’Europe; et de là, pour un peu, il s’étendrait au monde.

    Sans aucun contenu, et fruit des circonstances, d’un calcul à la demande monté faute de mieux un soir dans un bureau, le voilà paradigme: sur lui on ne s’interroge plus, il tombe sous le sens (à vrai dire très en dessous), c’est un critère vrai. Construction contingente du discours, autorité de la parole savante, l’évidence comme leurre ou le bocal de verre (celui dans lequel on s’agite, et parade, sans en voir les parois): Michel Foucault aurait adoré.

    Parfois lorsque j’entends, repris comme un mantra, le 3% du PIB, je m’amuse de ce trois que nous avons choisi. Me revient le souvenir du numero deus impare gaudet – le nombre impair plaît à la divinité – qu’on trouve dans Virgile. Et la traduction qu’en donne Gide dans Paludes: le nombre deux se réjouit d’être impair. Et il a bien raison, ajoute Gide.

    Le 3% du PIB se réjouit d’être critère… Et il a bien raison.

    1. Voici donc toute la signification du titre « l’Abeille et l’architecte ».

      La France était donc encore semble-t-il exportatrice nette de formules mathématiques (et reste, même aujourd’hui, bien placée pour la médaille Field), tandis que de plus rustres fabriquent encore et toujours la même voiture. Quel ennui….

    2. Merci pour votre témoignage qui démontre une fois de plus qu’il ne suffit pas de faire des choses absurdes et inutiles

      Encore faut il le faire en se prenant au sérieux.

      J’espère que vous avez terminé votre carrière au ministère des marées.

    3. Merci Liervol, tant pour la prose bien tournée que pour le fond.

      D’un autre côté, on a vu des pays émergents rembourser le FMI en un nombre d’années modeste.

      Alors pourquoi notre addiction, notre « abonnement illimité » à 3%, contracté en juin 1981, perdure-t-elle ?
      Outre les calculs électoraux évidents, je note plus globalement la coïncidence globale du déficit avec la désindustrialisation.

      Qu’en pensez vous ? et Qu’en pense un allemand aujourd’hui ?

    4. Guy Abeille ne dit pas tout, normal c’est du bavardage patronal libéral et anti socialiste. Ca sents bon (Mauvais?) le cigare du MEDEF et la synarchie UIMM.
      D’abors il fait exprés de confondre déficit courant et déficit total. Je ne connais pas, n’étant pas économiste, les mots justes, mais on comprends mieux.
      En effet prendre la dette totale divisée par le PIB pour obtenir un ratio de 3% est assez abitraire. Cela dépends largement de la rentrée des recettes fiscales venant de ce fameux PIB.
      Elémentaire, mon cher Watson.
      Les Etats son confrontés à un bouclage de leur budget courant, dans lequel se trouve le budget de la dette c’est à dire les interets de la dette. Et non pas le remboursement de la dette elle meme. Nuance.
      Comme un économiste du budget n’est pas un financier, il se refuse à expliquer qu’il existe 3 manieres en simplifiant de se financer:
      1: Les actions qui sont des titres de propriétés a durée illimitée et qui donnent droit chaque année à des dividendes.
      2:Les obligations, celles de l’Etat sont nommée bon du Trésor. Ce sont des titres de dette, ou l’on promet de rembourser l’emprunt au bout d’une durée préfixée; 4,10,30 ans etc…L’emprunteur ne verse que les interets (coupons) chaque année.
      3: Le crédit individuel ou l’on rembourse tous les mois la dette ET ses interets.

      Les Etats bien entendu, utilisent les obligations.De plus ils s’en tirent en faisant « rouler » la dette: On emet d’autres obligations pour rembourser celles qui viennent à terme.
      Si le buget est équilibré, la dette n’enfle pas, et le buget de la dette reste identique, si par contre on emprunte pour équilibrer le budget, la dette augmente, mais surtout le budget de la dette enfle. C’est ainsi que passer de 3% à 8% d’interets coute trés cher aux budgets des Etats dans la déche.

      Le ratio de 3% vient du fait que si le PIB croit on estime que les rentrées fiscales vont croitre permettant d’emprunter plus.
      Ainsi on estime que si un pays s’enrichit il peut continuer à augmenter sa dette, à condition que cela ne dépasse pas les 3% du PIB…
      Quand à rembourser la dette totale, je crois que meme les banquiers s’en moquent car eux meme utilisent le meme procédé!
      Mais si ces dettes ne produisent pas de richesses réelles, elles devraient conduire à l’inflation et meme à l’hyperinflation…
      Mais c’est une autre histoire..
      En passant, ou pourrait dire que les chinois ont raison: Ce n’est pas le yuan qui est sous-évalué, mais dollar, euro et yen qui sont surévalué. Pourquoi?
      La je sèche…

    5. Merci pour le récit des aventures du critère de Maastricht. J’avais toujours eu l’idée de quelque chose comme ça. Si le critère avait été de 3,14116 % j’aurais alors imaginé de plus savantes élaborations. Je m’étonnais du style ciselé de votre intervention pour découvrir après lecture son origine. Le lecteur est invité telle la petite souris à s’introduire dans des murs ordinairement protégés d’autres regards.
      C’est le fil de ma question : votre témoignage était-il possible publiquement avant cet article qui a son coté « révélation », au moins pour un public non averti, comme s’exprime la censure. J’ai l’habitude de penser les relations dans l’entreprise comme des liens féodaux. P. Jorion à ce sujet, usait récemment du terme tyrannie pour l’opposer à notre fabuleuse démocratie. Le fait est que les contrats de travail engagent avec des formules de soumission à garder secret tout ce qui est entendu et vu au sein de l’établissement. Cette règle de silence imposé est très parlante sur les limites de la liberté d’expression.

  26. S’il est probable que la Chine avance ses pions vers un remaniement du système monétaire international, l’annonce fait ce week-end à Athènes est d’une portée plus large et immédiate qu’il n’y paraît.

    Il est significatif que des pays comme la Chine ou la Russie agissent toujours suite à quelques événements qu’ils considèrent défavorables ou préjudiciables pour eux. Lors de la dernière assemblée de l’ONU, la Chine a été longuement assaillie par le monde occidental pour libérer son yuan. Les pays européens, Allemagne en tête, s’alignaient dernière les USA. Cette semaine, la Chine est invitée à Bruxelles avec d’autres partenaires asiatiques pour parler de débouchés économiques entre l’Europe et les pays émergents d’Asie. Elle sait qu’on abordera le soi-disant problème du yuan.

    Elle prend donc les devants et sape d’emblée toute entente entre les pays européens. Car en s’engageant à souscrire aux emprunts d’état de la Grèce, elle fait un immense pied de nez aux instances européennes et à l’Allemagne en particulier qui sont incapables de faire preuve de solidarité en cette matière avec les pays membres de l’Union. Elle scinde politiquement l’Europe puisqu’à partir d’aujourd’hui, plusieurs pays pourront toujours se tourner vers elle en cas de besoin, sans passer par la Commission et son fonds abscons, ni le FMI.

    Ensuite, en participant directement aux souscriptions, la Chine officialise une partie de ses réserves de change : le monde entier saura qu’elle détiendra des titres grecs libellés en euros. Des titres qu’elle pourra négocier quand bon lui semble. En fait, la Chine opère exactement comme elle le fait avec les USA et leur dollar.

    A partir d’aujourd’hui, ni la BCE, ni les pays européens et leur Commission déficiente, ne pourront agir en toute liberté ni avec l’euro, ni avec leur dette souveraine. Tout comme les USA ne peuvent pas laisser filer leur dollar ou perturber la valorisation de leurs bons du trésor ou de Fannie Mae ou Freddie Mac sans l’assentiment de la Chine.

    Le coup de maître de ce week-end est que la Chine vient de s’inviter dans les affaires européennes en tant qu’arbitre incontestable.

    Une politique à petits pas qui paie et qui démontre l’inefficacité de nos gouvernants occidentaux dans les affaires du monde.

  27. Journée du Lundi 4 Octobre 2010:
    Echec négociations belges.
    Opel Anvers crée 2500 chomeurs
    Alsthom crée 4000 chomeurs
    Les chinois font une OPA sur la grêce , début d’un affrontement.
    Taux crédits immo + bas depuis la guerre
    Fin des dommages de guerre 14 = presque 100 ans pour arriver à payer
    1 millions de saisies immo aux Usa , 2 millions prévues en 2011
    Grèves générales et insurrections latentes.
    Dettes partout , gains nulle part.
    Budgets de rigueur partout.
    Pourquoi ne pas s’entretuer qu’on en finisse. Allez moi je pars à la campagne cultiver mon jardin et pécher du poisson , il n’y a plus rien à faire d’autre.

  28. @ Charles

    Parmi tous les « ministres du capital » que la France a connu (car elle n’a connu que cela), je pense, après avoir lu ses livres et l’avoir écouté, qu’il est celui qui a la meilleure vision du rôle que la France et l’Europe peuvent jouer dans la mondialisation.

    Partant, bien sûr, du principe que l’on fait avec ce que l’on a, et non pas ce que l’on souhaite 😉

  29. L’on se souvient qu’en 2005 le gouvernement fédéral étasunien avait empêché l’acquisition d’UNICAL société pétrolière par la société chinois CNOOC (protectionniste quand je veux, ultra-libéral si j’en décide pour les autres), pourtant la Chine avait été intégrée à l’OMC en septembre 2001.
    Aujourd’hui, un tel scénario est-il possible?

    Les fonds souverains arabes ont été drainés pour le sauvetage de plusieurs banques étasuniennes contre offre très alléchante des taux en 2007-2008 alors que Dubai Ports World avait été éconduit par les USA comme candidat à l’achat de la partie gestion des ports de P&O, entreprise britannique.
    Les Chinois se sont orientés depuis vers l’acquisition de valeurs non financières et deviennent les arbitres du développement en Afrique, toute l’histoire du Soudan est liée à ses exportations énergétiques assurées par la Chine vers à
    la Chine.

    Rappelons que cette histoire récente de quelques mois de la « dette » grecque a démarré par le refus poli des Chinois d’en acheter sur proposition de Goldman Sachs.
    Puis par effet de balancier après les interventions grossières des artefactuelles agences de notation, en passant par une tension euro-dollar-yen, mise en évidence de la vacuité du projet européen, de nouveau,se déclare l’arbitrage chinois par leur captation de l’essence de l’activité grecque, la marine marchande prélude de toutes les Odyssées et des guerres de Troie.
    L’Empire du Milieu s’implique dans la Mare Nostrum, qui en sera l’Homère?

  30. Hmm tout cet argent en excédent que détiennent les autorités chinoises, ça représente quoi au juste ? Trois bonnes années du budget militaire US. Waow, impressionnant, tout ce travail de centaines de millions de travailleurs, cette croissance à deux chiffres, tout ce tintamarre pour se payer ça, 3 ans. Nan, y a pas à dire le système américain est franchement plus performant, en plus basé sur du vent, mais un vent qui peut avoir le souffle chaud d’une bonne onde de choc. Je sais c’est basic, virtual basic, pourtant ça cogne dur ! Arf arf, et certains croient sérieusement qu’on peut se garantir un approvisionnement en matières premières de toutes sortes avec des morceaux de papiers numérotés ? Alors là pour le coup c’est un vrai divertissement qu’on nous sert pour s’amuser de la galerie. Pourvu que ça dure…

  31. L’intervention de la Chine dans la dette grecque n’est pas du tout un bon signe pour la suite.
    Premièrement cela met en évidence l’incapacité de la zone euro en s’en sortir seule, son incapacité à réformer quoique ce soit. Réformer la finance s’entends, pas les retraites!
    Les marchés ne sont pas totalement idiots, malgrés leur stratégie de vases communicants, leur loi d’airain qu’ils essayent à tout prix depuis l’origine de capitalisme de contourner, de fausser.

    Les marchés vont donc constater que la zone euro est dangereuse et incapable de se réguler, et mieux: constater que l’introduction des « PIG » était du grand n’importe quoi à trés haut risque.
    Au total donc les marchés, trés peu rassurés par l’intervention de la Chine, vont continuer à augmenter le « spread » des dettes de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne.
    L’intervention stupide, ou agressivement géniale de la Chine, qui visiblement cherche à mettre par terre la zone euro, et ainsi tenir tete aux USA.

    Il n’y guère que les idiots qui peuvent se réjouir de cette intervention, comme ceux qui se sont réjouis de l’intervention du FMI dans la dette grecque.
    La zone euro touche le fond désormais, c’est un fait, et on dirait que la Chine à signé son arret de mort.
    Qu’ l’euro doive sa survie à la Chine, était pure fiction meme pour ceux qui ont voté « non » au TCE il y a 5 ans.
    Mauvais signe aussi sur les bourses, qui curieusement au lieu de se réjouir avec les crétins sont en train de plonger….

  32. Bonjour,
    Actuellement, ils sont à Bruxelles.
    Invités pour une réunion Europe-Asie.
    « Opel Anvers », c’est fini.
    Alors, peut-être quelques milliards de yuans vont peut-être servir.
    😉

  33. Après une digestion percolative :

    Sous la cloche (de l’OTAN.?), la Grèce dresse du cheval de Troie non alignée.
    La Chine grignotte le FMI en choisissant de restructurer l’Europe et pas les US.
    Elle troque, à bon compte, son Jian Zhi contre du précuisiné encore fumant et une partie de la brigade.
    Ca maintient aussi la valeur de son stock de papier européen.
    Derrière le piano, le FMI écrit la recette du sabordage.
    Il faut bien liquider le fond tout sec de mikado ou de noodles.
    Mangez plutôt du papier.
    Mais c’est pas bon pour la santé.
    Alors qui va payer les usines à papier? En papier?
    Et qu’est ce qu’on mange alors?
    Changement de propriétaire, l’oligarchie tourne.
    Du hamburger en papier. Sauce chinoise à volonté.
    N’ayez pas peur.

  34. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé mercredi à Bruxelles l’Union européenne (UE) à reconnaître à la Chine le statut d’économie de marché et à lever l’embargo européen sur les armes à destination de la Chine.

    Dans son discours prononcé lors du sommet Chine-UE tenu à Bruxelles, en Belgique, M. Wen a indiqué que ce sommet, qui constitue la plateforme la plus importante pour les pourparlers politiques bilatéraux, devrait être l’occasion d’agir pour mettre fin à deux difficultés majeures.

    Le sommet devrait renforcer son rôle comme émetteur de directives stratégiques, et ouvrir la voie pour la nouvelle progression des relations Chine-UE, a déclaré M. Wen lors du sommet, qu’il a co-présidé avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

    La Chine oeuvrera de concert avec l’UE pour parvenir à un développement équilibré et durable du commerce bilatéral, pour améliorer l’environnement de l’investissement et renforcer la coopération pour la mise en place de mesures financières et fiscales, a-t-il ajouté.

    Par ailleurs, a continué M. Wen, les deux pays doivent concerter leurs efforts pour élargir la coopération dans les domaines des hautes technologies et des échanges entre les peuples, pour faire avancer la réforme du système financier international et pour maintenir la coordination sur le changement climatique, la sécurité énergétique et les dossiers régionaux difficiles.

    Tous les pays responsables doivent s’abstenir de déclencher des guerres commerciales ou monétaires, a indiqué le Premier ministre chinois, en exprimant le souhait de voir la partie européenne prendre une position objective et juste concernant le taux de change du RMB (monnaie chinoise).

    La Chine a exprimé son soutien et sa confiance au bloc des 27 pays-membres qui constituent l’UE, et est sûre qu’une UE forte et stable est un soutien pour le monde ainsi que pour la Chine, a-t-il souligné.

    La Chine est ravie de voir que l’UE a résisté à la période la plus difficile de la dernière crise financière mondiale, qu’elle a stabilisé son secteur financier et qu’elle a réalisé d’importants progrès dans son processus d’intégration, et le gouvernement chinois est confiant sur le fait que l’UE est promise à un avenir radieux, a déclaré le PM chinois.

    Il a également exprimé l’espoir que l’UE traite le développement de la Chine de manière objective et juste, qu’elle respecte les préoccupations majeures et les intérêts fondamentaux de la Chine et qu’elle formule des politiques plus positives et plus visionnaires envers la Chine, afin de mieux développer le partenariat stratégique global entre les deux parties, a souligné M. Wen.

    De leur côté, les dirigeants de l’UE ont remercié le soutien ferme de la Chine dans leur lutte contre la crise financière, en soulignant que les deux parties avaient de nombreux intérêts communs et que le renforcement des relations avec la Chine était une priorité de la politique extérieure de l’UE.

    Les deux parties doivent profiter du sommet et d’autres instances pour définir les grandes lignes du développement futur des relations bilatérales, pour promouvoir les échanges et la compréhension mutuelle, pour s’efforcer de trouver de meilleures solutions aux différends et aux frictions, afin de rendre plus efficace la coopération bilatérale, ont ajouté les dirigeants européens.

    La partie européenne s’oppose aux guerres commerciales et monétaires ainsi qu’aux autres formes de protectionnisme, et est disposée à oeuvrer de concert avec la Chine pour élargir le commerce bilatéral et les investissements mutuels, promouvoir la coordination sur les affaires internationales, s’attaquer aux problèmes du changement climatique et de la crise financière internationale et relever les autres défis mondiaux, ont-ils ajouté.

    A l’issue du sommet, la Chine et l’UE ont publié un communiqué de presse conjoint, dans lequel ils s’engagent à ouvrir une nouvelle phase dans leurs relations.

    « Ils ont convenu d’intensifier les discussions sur les moyens de promouvoir le commerce et les investissements bilatéraux, en levant les barrières commerciales et en assurant un climat commercial favorable au nouveau développement du commerce et des investissements », déclare le communiqué.

    Les deux parties ont réitéré que davantages d’efforts communs étaient nécessaires pour mettre en oeuvre des politiques fiscales plus fermes qui assureraient la durabilité des finances publiques tout en permettant une croissance saine, ajoute le communiqué, qui met aussi l’accent sur la nécessité d’intensifier l’ajustement structurel visant à rendre la croissance plus durable et plus équilibrée.

    Il reste un défi mondial d’urgence pour assurer la stabilité financière et un environnement ouvert pour le commerce et les investissements, et le sommet du G20, prévu en novembre à Séoul, en Corée du Sud, devrait lancer une action synchronisée pour la mise en place de bases solides visant une croissance économique robuste, durable et équilibrée, souligne le communiqué.

    Les deux parties s’engagent également à approfondir la coopération dans le domaine de l’énergie renouvelable, à poursuivre les négociations sur le changement climatique et chercher des résultats globaux et équilibrés lors de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique prévue en décembre au Mexico, selon le document.

    La Chine et l’UE soutiennent l’initiative visant à achever la réforme des quotas du Fonds monétaire international (répartition du capital du Fonds), d’ici le sommet du G20, ajoute le communiqué.

    Les deux parties ont également exprimé leur soutien total à une série de programmes d’échanges destinés à créer des ponts entre les différentes civilisations et à promouvoir la compréhension mutuelle et l’amitié entre les jeunes chinois et européens.

    1. L’Europe se doit d’être plus proche de la Chine. Et c’est un bon point à mon sens. Pourvu que ça dure !

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