L'actualité de la crise : en Europe aussi, les faits sont têtus, par François Leclerc

Billet invité.

EN EUROPE AUSSI, LES FAITS SONT TÊTUS

L’Irlande vient de rejoindre la Grèce dans le camp des pays européens dont il est très probablement devenu inévitable qu’ils fassent défaut sur leur dette obligataire. Le Portugal entre dans la zone des tempêtes après avoir réussi un temps à l’éviter en se faisant tout petit. Le risque monte que d’autres pays comme l’Espagne et l’Italie les rejoignent, ce qui serait pour l’Union européenne – et pas seulement la zone euro – une toute autre affaire.

Cette perspective n’a rien d’alarmiste, si l’on entre dans le détail.

Willem Buiter, chef économiste de Citigroup et observateur pointu de la scène européenne (il est d’origine britannique), considère en effet que l’Irlande n’est pas en mesure de faire face à l’addition de sa dette publique et du renflouement de son système bancaire, en premier lieu l’Anglo Irish Bank (AIB). C’est d’ailleurs ce qui explique que des tractations sont en cours, menées par le gouvernement irlandais, afin de reporter sur les créanciers de la banque une partie de ses pertes grâce à un mécanisme financier en cours d’élaboration dont il n’est pas dit qu’il soit accepté.

Les marchés vont être testés demain mardi, à l’occasion de deux émissions obligataires à quatre et huit ans. Mais, quel que soit le résultat, le véritable test va être ailleurs : l’Etat irlandais n’a en effet pas les moyens d’absorber les pertes d’AIB. Il est en train de se débattre dans l’improvisation et les autorités européennes comme le FMI ne vont pas pouvoir rester longtemps derrière le rideau, comme ils s’efforcent de le faire en faisant comme si de rien n’était.

S’agissant de la Grèce, les commentaires pleuvent et concourent : le pays n’échappera pas à une restructuration de sa dette. C’est Peter Steinbrück, ancien ministre social-démocrate allemand précédemment aux avant-postes de la crise européenne, qui l’affirme dorénavant. Ainsi que, parmi tant d’autres, Marco Annunziata, chef économiste de Unicredit (la mégabanque italienne), qui déclare « de nombreux investisseurs ne sont pas convaincus que la Grèce pourra éviter de faire défaut. Athènes doit réduire ses charges, et beaucoup considèrent que la seule manière d’y parvenir est de restructurer ses emprunts ».

Qu’importe alors que George Papaconstantinou, le ministre grec des finances, puisse déclarer afin de rassurer les investisseurs qu’il est allé solliciter dans le cadre d’une tournée éclair à Londres, Paris et Francfort, que « une restructuration [de la dette publique] n’interviendra pas. Cela aurait de trop lourdes implications pour l’eurozone, si elle devait le faire ». Ou que le FMI, par la bouche de l’un de ses hauts responsables, confirme que « personne ne bénéficierait d’un défaut de la Grèce ». Ce qui est incontestable, mais s’en inquiéter ne permettra pas d’y échapper.

La troika chargé de la surveillance de la Grèce – composée de l’Union européenne, la BCE et le FMI – n’est pas restée inactive, à l’inverse de son attitude vis à vis de l’Irlande : elle a tout simplement décidé de repousser des stress tests des banques grecques, qui devaient intervenir en raison des sourdes inquiétudes qu’elles suscitent, au prétexte d’attendre l’échéance des neuf mois d’application du plan de redressement gouvernemental. En réalité, elle n’a pas voulu qu’ils soient simultanés au road show du ministre des finances, sa tournée de propagande en faveur de la souscription aux prochaines émissions obligataires grecques…

Les stress tests des banques, c’est dorénavant bien connu, ne sont effectués que si leurs résultats sont favorables  !

Vient le cas du Portugal, qui s’annonce très difficile. Diario de Noticias, quotidien de référence du pays, publiait en fin de semaine les déclarations de trois anciens ministres des finances, qui unanimement reconnaissaient que le pays allait difficilement pouvoir éviter de faire appel au FMI. A remarquer qu’il n’est même plus question de l’Union européenne ! Antonio de Sousa, lobbyiste en chef des banques, admettait que celles-ci étaient en grande difficulté et ne parvenaient plus à lever des fonds à l’étranger. Une nécessité vu l’étroitesse du marché financier portugais. Enfin, Cavaco Silva, le président portugais, tenait dans la foulée une réunion avec le gouverneur de la banque centrale, tandis que le gouvernement annonçait de nouvelles mesures d’austérité, sous la forme d’un nouveau budget 2011 d’urgence.

Une telle situation n’est pas durable longtemps, quand bien même la BCE continuerait de tenir à bout de bras le système bancaire portugais, alors que le taux des obligations souveraines à dix ans est remonté à 6,3%, un pourcentage qui renoue avec celui des pires moments de la crise européenne.

Les autorités européennes vont-elles continuer longtemps à faire l’autruche et garder la tête dans le sable  ? La crise irlandaise devrait sonner comme un signal d’alarme, mais il n’en est rien, la loi du silence et l’attentisme continuent de s’imposer. Elles restent donc étrangement silencieuses, ou accaparées par d’autres polémiques, comme si elles n’avaient pas d’autre issue que d’activer dans l’urgence, quand cela ne pourra plus être évité, un Fonds européen de stabilité financière (EFSF) potentiellement pourvu de 440 milliards d’euros et avant tout destiné dans sa conception à rester dissuasif.

Un plan qui suppose d’emprunter sur les marchés, les sollicitant avec des conséquences imprévues, pour prêter aux Etats en difficulté à des taux élevés pour les inciter à l’effort budgétaire. Alors que ce fonds vient de bénéficier de la note AAA, attribuée par Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, augurant de taux dans la fourchette basse s’il devait emprunter. Une note maximale qui pourrait cependant être revue à la baisse, a-t-il été précisé, si celle de l’un des principaux pays garants était baissée.

Simon Johnson, ancien chef économiste du FMI dorénavant plus connu pour sa critique acérée des mégabanques et de l’oligarchie, vient une fois de plus de mettre les pieds dans le plat. Il propose aux européens d’émettre des Brady bonds (des obligations du nom de leur initiateur), en référence au mécanisme qui avait été mis en place en 1989 afin de sortir l’Amérique latine de la crise financière dans laquelle elle était alors plongée depuis le début des années 80. Pour faire bonne mesure, il a proposé de les appeler « Trichet bonds », celui-ci appréciera….

Sans entrer dans les détails, des pays en situation de défaut ont pu, selon ce mécanisme, émettre des obligations bénéficiant de garanties extérieures. A ce propos, un montage financier complexe associait des T-bonds US et des fonds provenant du FMI et de la Banque Mondiale, afin d’appuyer les nouvelles obligations sur des collatéraux présentant bien. Les intérêts des obligations émises étaient eux-mêmes garantis par le Fed de New York ! Les Brady bonds ont à l’époque permis aux banques d’échanger leurs créances sur les pays en difficulté avec ces obligations négociables sur le marché, afin d’évacuer de leurs bilans les dettes souveraines soumises à dévalorisation. Le parallèle avec la situation actuelle est évident.

Si les Européens devaient s’inspirer de ce précédent, toute la question serait celle des garanties qui devraient être offertes à l’appui du dispositif. On a vu, à l’occasion de la laborieuse mise au point de l’EFSF, que le principe même d’une mutualisation de celles-ci était inacceptable notamment par l’Allemagne. Et l’on voit mal la BCE, en raison de son statut, participer à un tel montage pour elle acrobatique. Les Brady bonds étaient nettement mieux dotés.

Un plan de ce type n’est donc pas d’actualité, laissant pendante la crise européenne avant qu’elle ne rebondisse, d’autant qu’il ne serait rien d’autre qu’une pirouette de plus, ne réglant rien comme d’habitude. On en resterait à émettre de la dette afin d’en financer d’autres…

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77 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : en Europe aussi, les faits sont têtus, par François Leclerc »

    1. « Lundi, le NBER a précisé qu’un éventuel nouveau déclin de l’économie serait une deuxième récession, et non une prolongation de la récession amorcée en décembre 2007.
      « Cette décision s’appuie sur la longueur et la vigueur de la reprise à ce jour », a-t-il ajouté. »

      Ce n’est pas gris, c’est entre le blanc et le noir.

    2. Pour ceux qui aurait loupé le lien d’Onubre sur un article précédent qui analyse l’endettement américain dans son blog criseusa, voilà de quoi recouper au niveau endettement PRIVE :
      http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9721
      « USA : un désendettement du secteur privé en trompe-l’oeil (Yves Smith) »

      Vous pourrez consolider un peu plus le bilan comptable des US dans toute sa splendeur…

      Et c’est là que tous les papiers-dette format A4 imprimés amoureusement depuis 15 ans et planqués dans les coffres vont se prendre une légère perte de « valeur »…

    3. Une classique présentation tendancieuse du désendettement des ménages consiste à analyser celui-ci comme le résultat d’une épargne supplémentaire. Devant les incertitudes de l’avenir, est-il expliqué.

      En réalité, si l’on s’intéresse par exemple aux Etats-Unis, la baisse de l’endettement constatée résulte avant tout de la diminution du revenu, des défauts enregistrés sur les emprunts (notamment hypothécaires), ainsi que des restrictions apportées par les banques aux en-cours de crédit revolving des cartes bancaires américaines.

    1. Combien de temps peuvent-ils de nouveau nous raconter les mêmes histoires, nous montrer le même genre de films, les mêmes séries télévisés, les mêmes journeaux télévisés, nous montrer demain le même genre de personnes à l’image ?

    2. Tel l’intitulé systématique de la dernière ligne de la facture d’un sous traitant : TQCMCM (avec un montant variant de 1 à 3 % du montant H.T..

      Jusqu’au moment où un acheteur de l’industrie a posé la question de la raison de cette ligne et que le sous-traitant a été obligé de l’expliquer : Tant Que Ca Marche, Ca Marche.

      Ceci est une histoire vraie qui est connue de quelques professionnels qui la passent aux jeunes du métier.

  1. A noter que les Brady bonds étaient couverts par des actifs économiques rémunérateurs des pays en question. Le paiement des intérêts était assuré par la Fed et le Trésor américain, le remboursement, lui, était ‘garanti’ par les actifs économiques du pays. En clair, si le pays ne parvenait pas à se dépêtrer de sa dette, il devait céder les actifs économiques sous-jacents aux créanciers essentiellement américains.

    Je doute fort qu’un pays européen accepte de céder les joyaux de son économie pour s’en sortir.

    1. La Grèce pourrait bien vendre quelque unes de ses iles, à Mme Betancourt par exemple, je ne vois rien d’immoral : quand un pays est acculé à la faillite, il lui faut se démunir de ses bijoux de famille, comme le fait une personne physique en pareil cas ! Et le Portugal un ilot du côté de Madère ou des Açores, et l’Espagne, même chose… Viendra un moment où la France vendra aussi quelques iles au plus offrant, elle en possède partout dans le monde.

  2. En plus des arguments de François contre la faisabilité de « Trichet Bonds »,
    j’imagine que les montants des « Brady Bonds » étaient très inférieurs
    à ce qu’exigerait le sauvetage de la dette des PIIGS, pour reprendre l’expression bankster…
    Je ne doute pas qu’un blogueur ait en ce moment une meilleure idée que moi des montants.

  3. C’est vrai les faits sont têtus, les pauvres existent toujours à la pelle, les gens peu-à-peu tapent dans leur propre épargne ou alors s’endettent un peu plus pour pouvoir payer certaines charges courantes, d’autres encore se tuent à la tâche pour pouvoir encore survivre, garder sa place, il est évident que le principal vocabulaire du monde ne pourra sauver les peuples de la panade, car c’est principalement un état d’esprit, une mentalité, une conduite qui ne montre toujours guère mieux de meilleurs résultats, si ce n’est peut-être que l’on commencera un peu à en voir les premiers effets positifs à la fin de votre vie … Faut être sacrément patient c’est tout même si d’ailleurs ça fait de plus en plus mal avec des fourches, ils paraîent même que la médecine coûte de plus en cher pour soigner et réparer les gens, hum ça sent quand même de plus en plus le roussi et le poulet grillé.

    Le blocage du monde vient sans doute d’une trop interdépendance des choses, comme une longue descente dans un lieu et dans un endroit que l’on voudrait tant éviter en premier pour le monde.

    1. Les mêmes comportements n’engendront hélas que les mêmes méfaits, quand bien même avec davange de mesures budgétaires et infernales sur autrui, tant de peuples et de nations tombant peu
      à peu dans linsalubrité la plus totale oui sommes nous bien encore des hommes ou des bêtes ?

      Oui une telle situation n’est pas durable longtemps comme pour la bonne santé publique du monde, c’est peut-être bien ça aussi qui me consterne le plus sans avoir trop d’oeillères quand même …

  4. Irlande, Espagne, Portugal, France…

    Récession, tout le beau monde n’a que ce mot là à la bouche.

    Mais combien ont répondu à l’appel Grec au soulèvement populaire relayé par une poignée de militants ?

    Personne.

    1. Une question, en passant, Lulu…

      Avez-vous suivi ce qui s’est passé en Islande…??? (4×4 peints en rouge, fuite des « riches » dans les autres pays, mise en prison de certains responsables,…)

      Bougez pas, c’est un avenir général proche.

    2. Comment pourrais-je encore répondre à l’appel de ceux qui préfèrent plutôt surtout faire taire la voix de mon oiseau en cage, surtout en période de crise …

      Révolution tout ce beau monde n’a que ce même mot aussi à la bouche, ha si seulement une autre petite révolution pouvait encore nous permettre de vivre principalement pour les seuls plaisirs terrestre.

      Personne qui ne comprend encore cela dans mon propre pays ?

    3. @ Lulu:

      Faut pas desespérer de vos compatriotes.
      Allez, pour vous remonter le moral, je vous donne RDV le 23 dans la rue!
      On va pas se retrouver ? Mais si.
      Parlez avec le(a) premier(e) qui gueule la rage au coeur. C’est moi, ou le même…

    4. Les « Trichet bonds » ! Tout un programme. Un Chabrol aurait placé ça dans un de ses films, on aurait dit qu’il exagére.

      Oui le 23 septembre, tous dans la rue … pour exiger de l’intersyndicale d’arréter de tergiverser et de jouer à cache cache avec la lutte des classes. Grève Générale jusqu’au retrait de la loi contre nos retraites. Manifestation centrale à Paris en Octobre. Les marseillais à Paris ! Il y a encore des Palais des Tuileries à prendre !

      Il faut en Grèce et partout en Europe, en France en premier lieu, la Grève Générale, et issue de ce tsunami révolutionnaire, des gouvernements qui aboliront les priviléges bourgeois, commenceront à remettre de l’ordre dans les finances publiques, construiront une vraie Europe Sociale.

      Restons en là. Ce Blog n’est pas un lieu pour ce genre d’agitation. Par contre, encore une fois félicitation pour le travail de recherches et d’informations et pour la qualité des articles qui y sont postés. bravo !

      Je vais cotisé et je vais appeller autours de moi à cotiser. Que Paul Jorion et François Leclerc continuent à nous alimenter comme il le font de vérités vraies. Ils sont entrain de se placer sous la protection du prolétariat.

    1. Evidemment, à force de dire la main sur le coeur : « In gold, we trust », ça devait mal finir !

      ah bon, c’est pas tout-à-fait ça ?!…excusez !

    2. Incroyable !

      Au pays d’Hollywood, je leur suggère de créer l’oscar du meilleur et plus gros contribuable et d’imposer l’explication du mot « impôt » dès la maternelle.

    3. Et cela cependant qu’en même temps, quelques uns de ces archi-milliardaires,
      (qui détestent l’impôt sur le revenu …. )
      donnent pour leurs bonnes oeuvres, à des fondations, des ONGs ..
      (laquelle dite-charité est même éventuellement sponsorisée d’une réduction d’impôt sur le revenu …. )

  5. Autre coup de bluff ? Le gouverneur de la Banque Centrale d’Irlande préconise d’autres coupes budgétaires.(..). Rassurer les marchés, amadouer Trichet ? Les banques centrales aiment bien les îles…A 6,48% le 10 ans..

    1. Après s’être indigné des « commentaires alarmistes », le gouverneur a déclaré qu’il était « nécessaire de reprogrammer rapidement les projections budgétaires pour les prochaines années », le gouvernement ayant clairement traduit cela par l’étude d’un nouveau plan d’économie d’au moins 3 milliards d’euros. Un porte parole de la commission de Bruxelles a réaffirmé que celle-ci avait « toute sa confiance » dans l’Irlande.

  6. Bravo !

    c’est assez similaire à ce phénomène si français qui consiste à se plaindre sans cesse du système et de nos parties politiques imposés, mais qui somme toute consiste à voter les mêmes représentants corrompus de la pensée unique gauche droite à chaque élection présidentiel. Ne nous étonnons pas si depuis 30 ans les pouvoirs alternés gauche-droite se rient de ses électeurs.

    1. Vu la montée de l’extrème-droite un peu partout, vous risquez de dire beaucoup moins « bravo » d’ici peu.

      A moins que vous croyiez à leur baratin…???

    2. cela d’autant plus qu’agiter l’épouventail de l’extrème-droite,…
      autorise aussi la « dite-gauche » (la gauche de gouvernement) de se conduire le plus possible bien sur sa droite ….

  7. ET LA DETTE TOTALE (PRIVEE + PUBLIQUE) ?

    Il est curieux de noter que l’on ne parle que du péril de dettes publiques, concernant surtout des pays européens socialisés, alors que les pays plus libéraux comme les Etats Unis et le Royaume Uni sont en tête du palmarés de l’endettement, derrière l’Islande en faillite, concernant la dette totale (privée + publique):
    plus de 300% et 250% de leur PIB, respectivement, l’Islande étant à 600%.
    Or, la dette publique n’est aprés tout qu’un substitut collectif de dette privée et, de surcroît, dotée de garanties bien supérieures aux dettes privées.
    Alors pourquoi cette différence incompréhensible, voire tendancieuse, de traitement par les autorités et les médias ?
    N’y a-t-il pas là une volonté paradoxale de décourager la protection collective au profit du chacun pour soi ?

    1. Si

      (record guiness de la réponse la plus courte du blog… 🙂 )

      Money is good for … us. Le souci est qu’il ne se rende pas compte qu’ils ont transmis l’ensemble de leurs valeurs individualistes.
      Et là, ça va faire mal.

    2.  » N’y a-t-il pas là une volonté paradoxale de décourager la protection collective au profit du chacun pour soi ?  »

      Si, mais personnellement ce n’est pas toujours ces gens là qui me découragent le plus parfois …

    3. Ca dépend des cas. En ce qui concerne l’Espagne, par exemple, chacun sait que c’est sa dette privée qui pose problème, une dette détenue en grande quantité par des banques françaises et allemandes.

    4. @ Crapaud Rouge
      Un article paru dans La Vangardia la semaine derniere faisait etat d’un rapport officiel concernant les dettes publiques des grandes aglomerations espagnoles. On y annoncait 3000 euros de dette par habitant pour les madrilenes … rien de moins !

    5. Evidemment ..
      Ce qui me semblerait intéressant c’est d’en démontrer que ça ne peut pas marcher ….
      (car du princpe de le fuite en avant, dans le cadre établi, que pouvons-nous bien attendre sinon que … => »errare humanum est, perseverare diabolicum » ….)

  8. Comme si la météo du monde pouvait être toujours bien programmé à l’avance et cela par la seule volonté de quelques personnes dans des bureaux, le planisme comme on préfère bien plus le dénoncer chez les autres qu’hanchoix, cornichons et huile de foie de morue.

    Qu’allons-nous encore manger demain ? Sans doute davantage de pierres et de gravillers un peu comme hier quoi.

  9. Les trois graphiques sont incroyables.

    Les trois graphiques sont tout simplement incroyables.

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,394 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,482 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,560 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    Que signifient ces trois graphiques hallucinants ?

    Ils signifient que les investisseurs n’ont plus du tout confiance dans la capacité de ces trois Etats de rembourser leurs dettes.

    Cette explosion des taux devient intenable pour le Portugal, pour l’Irlande, pour la Grèce.

    J’ai l’impression que ces trois Etats vont se déclarer en défaut de paiement plus tôt que prévu.

    1. @ BA :
      Vous allez finir par être à court de qualificatif, après ‘incroyable’, intenable’, ‘inexorable’ …

    2. Encore un qui croit que les dettes publiques peuvent monter jusqu’au ciel !

      C’est injustifiable, inqualifiable, inimaginable, impardonnable, etc.

  10. Bonsoir !

    Pour moi, ce qui m’inquiète le plus avec l’irlande, ce serait que tous ces évènements heureux, conduisent une modification des paramètres dans l’élaboration du whiskey BUSHMILLS.
    Personnellement, je trouverai cela scandaleux !!!
    D’autre part, je connais 2 éleveurs de moutons ( des puristes qu’on les appellent dans le métier) qui ne sont pas à la fête …
    Enfin, est ce que la guinness aura toujours la même saveur ????

    1. Juste pour l’info, la distillerie Bushmills est juste à quelques pas du Giants Causeway, cad en Irlande du nord et plus exactement au Royaume-Uni, en tout cas pour l’instant…

    2. La première est amère comme la mort, la seconde douce comme la vie, la troisième sucrée comme l’amour, et les suivantes, c’est pour prolonger l’amour toute la vie en trompant la mort.

  11. eh oui, et ainsi de suite. Tant que le refinancement reste coûteux, du fait même que la monnaie exige et obtient toujours un intérêt proportionnel aux risques de défaut, la seule parade resterait le rachat des obligations pourries par les banques centrales. Ce qui ne règle presque rien. Car, pour se protéger, tous ceux qui le peuvent vont se réfugier dans de la monnaie liquide. Celle-ci, émise massivement par la banque centrale, sera donc gelée au fur et à mesure qu’elle est émise en plus. Cela ne relancera pas l’économie, car toutes ces sommes soustraites ne seront pas disponibles pour des crédits. Elles seront utilisées en partie pour des coups spéculatifs justement dénoncés par Jorion, et le résultat de tels actes est un assèchement supplémentaire des fonds disponibles pour les crédits.
    Comment comprendre autrement que l’accroissement de l’émission monétaire ne conduit pas à une hyperinflation? En effet, malgré l’existence de sommes astronomiques liquides sans contrepartie de biens et services à acheter, la tendance est prèsque déflationniste ou franchement déflationniste comme au Japon.
    De ce fait, le poids de la dette ne peut que s’alourdir, et la valeur des liquidités augmenter d’autant -sans pour autant être utilisée pour une quelconque relance.
    Je maintiens donc: seule une monnaie non thésaurisable comme le signe monétaire marqué par le temps (ou SMT) serait en mesure de débloquer la situation.

    1. Je pensais comme vous à un avenir déflationiste (en europe, tout du moins)…maintenant je penche pour une chute de l’USD et de l’EUR!

      Ceux qui sont aux manettes font n’importe quoi et appuient sur tous les boutons!
      Perso, j’aurais laissé la grèce faire défaut : les créanciers sauraient ainsi à quoi s’en tenir s’ils mettent la pression pour l’abandon du social conquis pendant 2 siècles!

      La solution est simple : meilleure répartition des richesses, distribution des revenus aux plus pauvres pour relancer la consomation….à défaut les riches perdront tout!

    2. cher Johannes
      si déjà, l’épargne des retraites privées, des assurances privées …. (et autre fond d’institution financière du même genre) … était interdite d’être gérées par capitalisation
      est-ce que déjà, seulementcela, serait compatible de votre thèse ???

  12. Je lisais un article du Monde en ligne. Puis un lien publicitaire, a droite de l’article dans la rubrique « liens promotionnels », m’a stoppe dans ma lecture. Le voici:

    « DEVENEZ NON IMPOSABLE
    Loi scellier , pour ne plus payer d′impôt pendant 9 ans en investissant dans l′immobilier ! »

    Je recharge alors la page de l’article pour virer cette heresie et j’obtiens dans ma rubrique promotionnelle:

     » CARTE BANCAIRE GRATUITE
    MasterCard, Gold, Platinum gratuites avec XXXXXX, la banque en ligne moins chère.  »
    (j’ai masque le nom de la banque)

    Du coup, rebelote, je « re-load » derechef …. pour obtenir:

     » POURQUOI TRAVAILLER +…
    Pour gagner + , 2h/jour suffisent pour exploiter votre temps libre. Tradez le Forex maintenant!  »

    Arggg, c’est grave docteur ?

    1. c’est grave car il existe un module Adblock+ pour bloquer toutes ces pubs 😉
      ceci dit, l’analyse est intéressante…

    2. à zénon
      Avant, sur mes boites mel, je pouvais interdire toutes les adresses terminées en « .com, » « .biz » « .uk » ….
      (malheureusement, mais c’était tellement simple pour être débarrasser de tous les spams immaginables, que subitement cela n’a même plus été possible …)
      Depuis, je suis devenue plus philosophe, ..??
      donc je me dis qu’en fin de compte, finalement, cela fait que je reste au courant de la force de tous ces investissements imbéciles (et je ne sais pas, mais je proposerais bien, une unité de quelque chose à voir avec l’Irlande, pour en étalonner la mesure, histoire de pouvoir d’en anticiper la faillite …)

  13. BlaBlaBla qui financera les investisseurs ?

    N’oublions pas que ce cercle d’endettement n’était possible que parce les banques s’était dotée d’une capacité de crédit quasi illimité.

    Donc en résumé les investisseurs n’étaient en général que des surendettés espèrant se faire des plus values pour rembourser leurs emprunts.

    Plus de crédits , plus d’investisseurs .

    Dans ce cas on peut bien simuler ce qu’on veut il n’y a pas assez d’investisseurs en cash disponible
    pour satisfaire la demande d’emprunts obligataire des états.

    Et vous si vous aviez un magot à la cave, l’en sortiriez vous, non sans doute. La loterie nationale à la rigueur.

    Donc Les émissions seront couvertes pour une part par la BCE (qui a encore du crédit!!! et décide à qui l’octroyer) et pour les autres parts la mise en fonds de défaisance permettra de temporiser et de diluer la perte dans le temps.

    En fait le système va continuer de tourner à vide, et les états européens vont ramer dans tous les sens pour éviter de tomber dans les filets du fmi.

    Viva argentina…

    1. dans ma logique à moi, je reste persuadée qu’il n’y a pas de problème d’argent, la question en est de l’usage .. (donc de qui , de comment, … en bref pourqui, pourquoi … )

  14. Pendant ce temps aux états unis on entame le cycle de défauts de paiements sur les bonds émis par les collectivités locales.

    Et là on attaque dans le dur, le marché obligataire en pleine explosion et
    vos plans de retraite aussi….

    Vous vouliez un peu de concret
    tapez muni-bonds
    mais bien sûr aucun risque que celà se passe près de chez vous.

    « Goldman ouvre les portes des « muni bonds » aux particuliers »
    Alors là il faut foncer…ou fuir

  15. Toutes les pertes, que les banques subissent seront répercutées sur nous; les clients, Les gros banquiers, eux, se frottent les mains, ils empruntent a presque 0% pour prêter a 4%.
    Nos politiques ont vendus nos âmes aux banquiers.

  16. Rousseau, où l’on l’attendait le moins : chez Lord Byron :

    Title: Childe Harold’s Pilgrimage

    LXXVII.

    Here the self-torturing sophist, wild Rousseau,

    The apostle of affliction, he who threw

    Enchantment over passion, and from woe

    Wrung overwhelming eloquence, first drew

    The breath which made him wretched; yet he knew

    How to make madness beautiful, and cast

    O’er erring deeds and thoughts a heavenly hue

    Of words, like sunbeams, dazzling as they past

    The eyes, which o’er them shed tears feelingly and fast.

    (Cf. Bachelard l’air et les songes, p 223, Byron avait dit : « Pour moi les hautes montagnes sont un état d’âme,

    I live not in myself, but I become
    Portion of that around me; 6 and to me
    High mountains are a feeling, but the hum
    Of human cities torture.)

  17. @ François Leclerc :
    J’ai une petite question.
    Sachant que le temps escompté est précieux (Kapital !!) et que toute perte de ce type ne peut être remplacée en la matière, je me demande comment les gouvernements de ces pays peuvent ne pas ruer dans les brancards de la Commission EUropéenne, je veux dire, mezzo voce ?
    Que la Grèce, fausse et trompeuse, soit exposée au pilori, soit. Mais si l’on y ajoute l’Espagne, le Portugal et enfin, l’Irlande, pays préféré des commissions (EUropéennes ou non), cela commence à peser, véritablement.
    Alors quoi ? Chacun de ces pays gravit, oeillères déployées, le golgotha sans moufter, sans savoir que sur son chemin d’autres expirent aussi ?
    Aucune internationale des pays opprimés, même européenne ?
    Sont-ils muets, les bâillonne-t-on ? Ou portent-ils eux-mêmes leurs propres baillons ?
    Des moutons, avant l’abattoir ?
    Je veux dire, il est stupéfiant qu’étant donné cette course contre la montre qu’il n’y ait pas plus de ‘tressautements’ UEniens, quant à la nécessité d’agir.
    A moins que dans les profondeurs, des courants ne s’affrontent …

    Vous voyez ça comment, dans la perspective EUropéenne ? Une émergence des endettés face aux pays possédants est-elle imaginable, politiquement ?

    1. La soi-disant tricherie de la Grèce ayant été autorisée et de là donc légale, légitime en son temps, à la date t ,où elle a été commise, -même si interdite ultérieurement, à la date t+1,
      il ne m’empêche, qu’il est fort à penser quelle n’est pas la seule d’avoir légalement triché .. ???
      (L’Italie semble-t-il, serait à même d’en dire un peu, sinon beaucoup plus ….)

    2. @ Cécile :
      « Que la Grèce, fausse et trompeuse, soit exposée au pilori, soit. »
      Ma remarque se voulait ironique : cf. le rapport d’Eurostat sur les ‘erreurs’ de la Grèce, qui ne sont que les ‘erreurs’ partagées de l’Ecofin.

  18. Alors là, on est pas dans la merde! (pardon pour l’expression)

    Parce que si le système des Brady-bonds n’est pas possible aujourd’hui, faute de collatéral potable, qu’est-ce qu’il reste comme solutions:
    – un éclatement de l’euro et chacun dévalue de son côté sa monnaie pour essayer avec désepoir d’éponger la dette?
    – une dévaluation de l’euro avec une hyperinflation à la suite (cf l’Allemagne en 1923) comme purge de la dette? S’ils revivent ça, les allemands vont adorer…
    – une déflation généralisée: prix, productions, salaires?
    – …

    N’empêche, M. François Leclerc, je ne peux m’enlever l’idée que cette situation ressemble par certains aspects, certains seulement, à celle des années 1930.

    Si je me souviens bien de mes cours d’Histoire, c’était aussi une période de désordre monétaire à la suite de la première guerre mondiale du fait de l’abandon par tous de l’étalon-or.
    Nous sommes aujourd’hui dans une situation, me semble-t-il, similaire, avec un Yen qui se sur-évalue, un Yuan sous-évalué, un Euro et un Dollar qui peuvent tomber à la moindre crise obligataire. Quant au Rouble ou la Livre…

    De même, pour le cas de la France, une crise des prix agricoles en 1930 comme en 2010. On mettait par exemple vers 1937, 1938, du bleu de méthylène dans le blé ou la farine de blé pour la rendre impanifiable et ainsi essayer de soutenir les cours qui baissaient. Avec peu de succès, d’ailleurs.

    Et puis une situation de chômage de masse dans de nombreux pays en ce moment, comme dans les années trente.

    Evidemment avec l’économie dite financière, les effets et les conséquences seront exponetielles.

  19. Les pays endettés de l’Europe ne sont pas face aux « pays possédants ».
    Lire
    Dette publique dans les pays du Nord : et si on demandait des comptes ?
    par Pascal Franchet
    http://www.cadtm.org/Dette-publique-dans-les-pays-du

    Extrait:

    La fuite en avant actuelle pour un retour à une économie ultralibérale du type de celle qui a généré la crise économique, entraîne l’économie mondiale tout droit dans le mur et ne peut fonctionner, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

    La seule sortie de crise envisageable, pour sortir de cette spirale infernale, est dans le camp de la mobilisation sociale pour une transformation radicale de cette société. Faire la clarté sur les dettes publiques des pays du Nord, construire, via des audits citoyens des dettes publiques, les bases d’une autre logique économique et sociale tournée vers la satisfaction des besoins fondamentaux, sociaux et écologiques des habitants de la planète, est l’enjeu de la période noire qui s’ouvre devant nous.

    1. la dette des pays du sud c’est pareil …
      (on est bien de réagir que lorsque nous même sommes concernés, d’accord il faut y aller, mais …

  20. Un article « à mourir de rire » si ce n’était pas aussi consternant….

    « La colère des riches »
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3062

    extrait du style…
    « Les riches qui ne gagnent que 500 000 dollars par an, ne se considèrent pas riches… Ils ont de la peine à joindre les deux bouts: les impôts fonciers qu’ils doivent payer sur leurs maisons luxueuses, le prix payé pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées d’élite, etc… »

    Les pauvres !!!! Ils nous tireraient presque des larmes.
    Parfois il y a des claques qui se perdent.

    1. le gouvernement cherche à privatiser les facs, et même plus ….
      (les de chez nous quasi-pas-riches mais qui se croient riches, arrivent à voter pour ces bonnes idées de droite ou d’extrème-droite, supprimer la carte scolaire, avancer la privatisation de la fac, y aller carrément de la volonté de dégénérer l’enseignement public, comme s’ils n’en avaient aucun intérêt ..

  21. @ François Leclerc,

    Bonjour,

    N’ayant ni loi ni tribunal compétent où assigner les errements « systémiques » du complexe argent-monnaie, l’assignat nouveau cherche à éclore de façon présentable?

    Les arts financiers européens « sommés » d’accoucher d’une copie américaine, solidarité des bilans-dettes oblige, qui se tiennent par la barbichette de leur obligations, loin du vivant, loin des peuples, le dénominateur de la valeur devient soluble nécessité de la liquide confiance pétrifiée d’attentisme?

    Les nouvelle (é)normes comptables défient une fois de plus l’entendement du « pékin moyen »?

    Le mistigri et la patate chaude polymorphe jouent à chat, les soubresauts haussiers baissiers des marchés particuliers permettant à tour de rôle de faire varier la surface de présentation comptable virtuelle d’un secteur et leur durcissement réel, le compte de fée est dans sa phase péripétie?

    La convertibilité yuan-rouble est un indice sur « le front de la résistance » monétaire s’établissant face à un dollar outrepassant toutes les limites et bornes de l’attribut « normé » du signe monétaire.

    La chasse au prétexte conflictuel réel s’organise à pas feutré dans les opinions via les médias traditionnels, dits alignés, transposition des « tensions » du marché et de ses collatérales conséquences sur la stabilité sociale…

    Cette interpénétration expérimentale mondialisée de la res politica et de la finance internationale accouche d’une réalité « objective » hybride ou le contour des valeurs et concepts usuels s’estompe, le flou règne en maître absolu dans les compartiments fusionnés des idées structurelles et structurantes de nos sociétés.

    Libérés de leur lois et devoirs habituels, les nouveaux mutants directeurs épellent l’alphabet d’un nouveau langage en genèse..dur de suivre avec les vieilles méta-physiques le nouveau méta-langage dirigeant qui paraît ne plus avoir d’interlocuteur, objet ou sujet, à sa mesure, entendement et fonctionnement. L’effet papillon domino, une hypothèse de décroissance démographique « inavouée »?

  22. @ François Leclerc : étant donné que vos analyses semblent de peu d’effet sur les décisions de nos politiques, quelle sorte d’électrochoc (mais pas trop) faudrait-il selon vous pour une prise de conscience de l’urgence ?

    De deux choses l’une:
    – soit vos analyses sont trop touffues et inexploitables en l’état pour nos dirigeants
    – soit elles sont fausses

    Allez droit au but et éclairez-nous : quel événement, ou signal faible, permettrait selon vous de sonner l’alarme ?

    1. Pour dire la vérité, je ne nourris pas d’espoir considérable dans l’évolution de la pensée des politiques– et de leur action – bien que j’espère être témoin du développement chez eux de la prise de conscience de ce qu’est la crise actuelle et de ce que sont ses conséquences. Sachant que, pour les solutions, cela sera encore plus compliqué, car cela suppose une sérieuse remise à plat de certitudes qui n’ont définitivement plus lieu d’être.

      Quel est le signal me demandez-vous  ? Je le scrute  ! A la différence avec certains que je ne veux pas me résoudre à l’idée qu’il pourrait ne pas intervenir.

  23. @ François Leclerc :
    Vous parliez du Portugal.
    Ce qui fait que comme je regardais vers le Crédit Agricole (aucun rapport donc), je suis tombé sur ça :
    « – Le Crédit Agricole est l’une des banques françaises les plus exposées à la crise grecque, à travers sa filiale Emporiki, dont elle détient 86,5% du capital. Cette filiale, qui ne représente qu’environ 3% de ses revenus mais près de 15% de son coût du risque, empoisonne son image.
    – La banque est également exposée au risque de contagion de la crise grecque au Portugal, de par sa participation de 23,9% (directe et indirecte) dans Banco Espirito Santo, troisième banque portugaise. »
    http://bourse.lci.fr/bourse-en-ligne.hts?urlAction=bourse-en-ligne.hts&idnews=AOT100913_00100212&numligne=0&date=100913
    Pour Emporiki, on le savait depuis lurette (bien que ce soit la première fois que je vois chiffrée une estimation du coût du risque pour le Crédit Agricole dû à Emporiki, nonobstant évidemment les autres ‘participations’ que pourrait avoir CASA sur le risque grec, via des obligations d’état).
    Mais pour Banco Espirito Santo, c’est une nouveauté, en tout cas pour moi.
    Cette banque, le troisième du Portugal, est détenue par une holding, basée au Luxembourg, elle-même subdivisée en 3 sous-holdings, dont une, Bespar, détenue en bonne partie par le Crédit Agricole.

    1. (suite)
      http://www.esfg.com/GroupBusinesses/SubHoldingCompanies/BESPAR/tabid/129/Default.aspx
      De fait, on devrait parler de bancassurance (une sous-holding spécialisée), avec des filiales dans des pays très divers, comme le Brésil, l’Espagne mais aussi Macao, le Panama, l’Angola et les îles Caïmans (Ltd) …

      On admire ici la quinte essence de la banque : holding, sous-holdings, luxembourg, paradis fiscaux, participations croisées entre (méga)banques (européennes), etc etc etc
      Banque dont l’action est passée de 36€ en 2007 à 15€ en 2010.
      Banque qui s’est fait de multiples fois dégrader sa note par différentes agences de notation, pour raison, entre autres, de subprimes : la dette à long terme de ESFG a été dégradée de A- à BBB+ le 21 juillet 2010 pour Fitch et de A3 à Baa1 pour Moody’s le 14 juillet, avec orientations négatives, soit la passage en ‘qualité moyenne inférieur’, dernier stade avant le … ‘spéculatif’.
      http://www.esfg.com/LinkClick.aspx?link=Reports%2f2010_ES_Interim_Web.pdf&tabid=38&mid=680 (page 4)

      La même banque dont le CEBS (Committee of European Banking Supervisors) annonça le 23 juillet qu’elle avait avec succès passé les stress tests bancaires européens …

      Etonnant, non ?

      Non.

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