L'actualité de la crise: un grandiose panorama, par François Leclerc

Billet invité.

UN GRANDIOSE PANORAMA

La crise est rythmée par un étrange et énorme balancier, attirant tour à tour plus particulièrement l’attention sur tel ou tel pays, ou région, afin de scruter une de ses nouvelles manifestations. Comme s’il n’était pas possible – ou pensable – de prendre en considération la crise pour ce qu’elle est, c’est à dire globale. Comme s’il fallait que soit préservé à tout moment un secteur où les choses vont moins mal qu’attendu, celui qui n’est pas montré du doigt – car c’est seulement sur ce mode que peuvent désormais s’annoncer les bonnes nouvelles.

Le balancier est revenu sur l’Europe, à tort, car c’est sur l’Asie que ce pendule de malheur devrait osciller. En raison du dérèglement monétaire mondial qui touche le yen et frappe durement le Japon, ainsi que des alertes qui commencent à résonner de plus en plus fort à propos de la bulle financière chinoise, venant des autorités chinoises elles-mêmes. Car si l’Asie devait à son tour faire défaut, qu’en serait-il de l’économie mondiale ? Mais ce continent est loin et mal connu, et les idées sont décidément si faibles et les vues si courtes. Admettre que cela n’y tourne pas rond non plus reviendrait à fermer la porte au dernier espoir, celui qui hier encore faisait croire à un redémarrage sous les auspices asiatiques et qui permet d’espérer aujourd’hui qu’on ne descendra pas plus bas. Cela obligerait à considérer les choses sous un autre angle et à remettre en cause des certitudes qui pourtant ne fonctionnent plus.

Mais nous sommes donc revenus en Europe, où nous apprenons que la crise n’est pas terminée. A l’occasion d’un ridiculement dénommé « discours de l’état de l’Union », qui lui a permis d’affirmer que « soit nous nageons ensemble, soit nous coulons chacun de notre côté », José Durão Barroso s’est essayé à timidement proposer des émissions obligataires européennes pour financer de grands projets, tandis qu’une discussion serrée sur le budget communautaire battait son plein et que le vieux débat du discount britannique était réanimé. Michel Barnier – le commissaire chargé des services financiers – déclarait que des stress tests réguliers des banques devraient être tenus, alors que simultanément le Wall Street Journal mettait en évidence le caractère douteux de ceux qui ont été effectués en juillet dernier. Une manière de reconnaître que les précédents ne valaient pas tripette, puisqu’ils étaient censés donner des garanties pour les années à venir. Afin de se défendre, le CEBS – l’organisme technique qui a été en charge de leur organisation – se fendait par retour d’un communiqué, au terme duquel il réaffirmait que sa méthodologie est différente de celle de la Banque des règlements internationaux et que ses données ne peuvent pas être comparées avec celles que les stress tests ont permis de divulguer. Le mystère reste entier, serait-il entretenu à dessein ?

Ce n’est pas la tenue lundi dernier de la réunion des ministres des finances de l’Union européenne qui vaut à l’Europe d’être à nouveau sous le feu des projecteurs. Car si elle a mis en évidence quelque chose, c’est que les ministres ont été incapables de s’accorder sur quoi que ce soit d’important. La taxe sur les établissements financiers suscite de très forts désaccords, plus ou moins avoués et masqués (Christine Lagarde a dit que « ce n’était pas une priorité »). Un vague dispositif d’examen préalable des budgets des États continue d’être étudié par les sherpas, qui prend progressivement toutes les apparences d’une mesure à portée exclusivement politique et symbolique. Le renforcement du Pacte de stabilité est un drapeau qui continue d’être agité en l’air, l’adoption de sanctions pour ceux qui ne le respecteraient pas est « un sujet complexe ». Wolfgang Schäuble, le ministre allemand, a reconnu « qu’il fallait être patient », pour ne pas reconnaître un blocage. Sur ces entrefaites, un sommet européen de plus se tiendra le 16 septembre prochain, que va-t-il bien pouvoir claironner ?

Le Comité de Bâle semble avoir été de son côté plus conclusif, comme disent les experts, mettant en lumière l’état déplorable du système bancaire allemand, les capitaux propres de son important secteur des Landesbanken étant apparus pour l’occasion comme singulièrement mités. Confirmant que les banques allemandes sont en réalité sévèrement sous-capitalisées, ou bien alors à la va-comme-je-te-pousse, en dépit du résultat des fameux stress tests, qui ne sortent pas grandis de ce nouvel épisode. En vue du prochain G20 de Séoul, le Comité est par contre parvenu à prendre en début de semaine des dispositions, afin qu’y soient adoptées les nouvelles normes prudentielles de renforcement des capitaux propres des établissements financiers. Sans crier victoire, car il n’y a pas de quoi.

Les préoccupations méthodologiques qui avaient jusqu’à maintenant doctement animé ses membres ont été reléguées au second plan et les techniciens se sont effacés derrière les compromis politiques. D’ailleurs, comment leurs savants calculs en vue de déterminer les ratios optimums pourraient-ils être plus fondés que les précédents (dits de Bâle II), balayés le temps d’un petit matin blême au début de la crise ? A Bâle, les ratios ont été finalement rognés par rapport à ce qui en avait transpiré, mais le calendrier selon lequel ils vont devoir être progressivement respectés n’a pas été rallongé, comme le demandaient avec insistance les Allemands. Ceux-ci se révèlent donc ne pas être les premiers de la classe dans toutes les matières.

Afin que le dispositif soit complété, la parole est désormais à l’IASB, l’organisme chargé de définir les normes comptables, dont on attend qu’il donne un peu de mou, ce qui permettra d’être plus facilement dans les clous par rapport au futur Bâle III. Il y a donc encore un discret recours…

C’est sur le front du marché obligataire que l’attention se tourne. Car s’il a été remarqué que les émissions des pays à risque de l’été se sont passées sans anicroches, et que le spectre du défaut de l’un d’entre eux est pour l’instant éloigné, les taux sont restés à des niveaux très élevés et les achats réitérés de la BCE n’ont rien pu y faire. Ceux-ci se sont progressivement éteints, pour repartir cette semaine selon de faibles volumes, semble-t-il en relation étroite avec la crise de l’Anglo Irish Bank, dont le dénouement reste en suspens et agite les autorités de Bruxelles. Comme disent les analystes, « la nervosité a refait son apparition sur les marchés », bien que l’environnement continue d’être porteur – ajoutent-ils – voulant dire que le marché obligataire reste malgré tout un refuge.

L’Irlande, le Portugal, la Grèce et l’Espagne continuent d’emprunter sur les marchés, mais à des taux très élevés, dans un contexte de forte volatilité. Ces taux sont devenus une donnée permanente de la situation financière, non sans de fortes implications dans l’immédiat, accroissant le coût de de la dette publique, rendant sa décroissance encore plus problématique. Sans compter les incertitudes que cela réserve pour l’avenir : à quand le retour du risque de défaut ?

A court terme, c’est le cas irlandais qui a pris le pas sur celui des autres pays à risque. Car même si le nouveau plan irlandais de restructuration de l’Anglo Irish Bank en perdition devait être accepté par la commission, l’essentiel de celui-ci n’a pas été divulgué. Scinder la banque en deux, l’une chargée de recueillir les dépôts et l’autre les actifs toxiques est une chose. Envisager que la seconde – une bad bank qui ne dit pas son nom – puisse longtemps dériver, étalant ainsi le coût de dévalorisations qui pourront être effectuées au compte-goutte sans que personne n’y voit trop à récriminer, c’est une autre. Mais il va falloir sans attendre capitaliser cette structure de défaisance, et l’Etat Irlandais va devoir y pourvoir. A moins que, plus ou moins discrètement, des débiteurs soient mis à contribution pour partie, une issue qui permettrait de mieux comprendre les délais qui sont annoncés pour mettre au point le dispositif. Quoiqu’il en soit, l’Etat irlandais est sur la sellette, risquant d’entraîner le marché obligataire européen dans une nouvelle et soudaine crise en proportion des nouveaux financements qu’il va devoir y rechercher. L’idée de tous côtés défendue est qu’il faut y aller précautionneusement, afin de ne pas jouer avec le feu.

« La reprise pourrait être plus lente que prévu », vient d’affirmer l’OCDE, revenant sur le rebond « dynamique » de ses précédentes prévisions. Elle se contente, cette fois-ci, de prédire en baisse une croissance globale des pays du G7, qui pourrait tomber à 1,5% au second semestre en rythme annualisé, après avoir tablé sur 2,7% pour 2010 et 2,8% en 2011. En raison de plusieurs « incertitudes considérables », notamment de l’évolution de la consommation, qui « pourrait être freinée par de nouveaux ajustements des dépenses des ménages ». Comme c’est bien dit.

« Il est encore difficile de dire si l’essoufflement de la reprise est temporaire », prévient-on, ce qui semble être une clause de style, car l’organisation considère que le « soutien monétaire [des banques centrales] pourrait se justifier… pendant une longue période », tandis que « l’assainissement budgétaire pourrait être un peu plus lent que prévu » dans les pays « où l’état des finances publiques le permet ».

Voilà le grandiose panorama proposé à la contemplation. Le mot récession n’est pas prononcé, aussi tabou que celui de rigueur, mais le sens y est

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88 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: un grandiose panorama, par François Leclerc »

  1. De toute manière il est trop tard. Il fallait agir vigoureusement il y a 2 ans. Maintenant la prochaine phase « aiguë » est inévitable.
    Et toujours rien sur le pic oil qui est pourtant arrivé en 2005 selon le président de Total (par exemple).
    Alors que le seul moyen de rembourser toutes ces dettes serait une forte croissance… mais avec quel carburant ?

    Le monde diverge. Le « diable » (au sens diviser) est a l’oeuvre partout. Entre les pays, entre les religions, entre les classes sociales. Les tensions montent. L’inquiétude et le protectionisme, ainsi que la méfiance.

    Et les zélites n’y peuvent plus rien, si elle y ont jamais pu quelque chose.

    1. entierement d’accord, on nie la realite jusqu au bout et on se bat sur la disposition des transats-reformes tandis que nous voguons sur un titanic qui n arrete pas de percuter des icebergs economique energetique et ecologique
      Pour ne pas creer de panique et preserver les canots de sauvetages pour l’elite le pouvoir et les medias mentent au monde
      Quel mediocrite et irresponsabilite!

    2. @ Patlav : ah si on pouvait creer de l’energie a partir de pas grand chose et sans limite!. Un reve seduisant mais impossible :
      si les lois de la thermodynamiques pouvaient si facilement etre contournees cela se saurait !

      Le thorium est peut etre moins dangereux que l’uranium mais ce ne peut en aucun cas etre une panacee, les lois de la physique ne le permettent pas
      Et si par miracle la fete de la surconsommation devait pouroir continuer grace a une energie miracle ( qui reste a trouver) , le pillae du monde ne ferait que s’accentuer et les catastrophes ecologiques ne seraient pas evitees.
      Alors soyons lucide reduisons la consommation pantagruelique et absurde d’energie et apprenons avivre autrement.

    3. http://www.toupie.org/Citations/Trotski.htm

      « La vie n’est pas chose facile… On ne peut pas la vivre sans tomber dans la prostration ou le cynisme, si l’on n’a pas au-dessus de soi une grande idée, qui vous soulève au-dessus de la misère personnelle, au-dessus de la faiblesse et de toutes les félonies et imbécillités… »
      Léon Trotski – 1879-1940 – Journal d’exil

      En Allemand c’est mieux :

      “Das Leben ist eine harte Nuß…will man nicht resignieren oder dem Zynismus verfallen, so läßt es sich nur meistern, wenn man von einer großen Idee beherrscht wird, die den Menschen über sein persönliches Elend, über seine Schwäche und vielerlei Treuebrüche und Gemeinheiten emporhebt.”

      Intraduisible apparemment, dans notre langue chatiée, que la vie est une noix dure, ou coriace.

      Cette citation apparaissait à la télé bavaroise (doc. sur trotski) et se terminait par une maxime que n’auraient pas reniée les « nouveaux philosophes » (cf. Deleuze,1977) : Le masque de la révolution c’est la mort, et le masque de la mort c’est la révolution (Heiner Mûller). A part cela tout va bien en Allemagne, du point de vue de la Bavière. La bourse monte. L’inquiétude qui sévit ici ne franchit pas le Rhin. Les syndicats Allemands envisagent de demander des augmentations de salaires, puisque l’économie enregistre des profits importants !

      La citation de Trotsky me semblait rejoindre une critique que j’avais faite ici concernant l’impasse de toute utopie libéral centrée sur la famille et les valeurs exclusivement individuelles, pour donner du sens à la vie (d’un point de vue athé, il est vrai).

    4. @ Loic Si on pourrait crée de l’énergie avec pas grand chose et sans limite, je crois que on se retrouverait a la fin du siécle avec une planéte complétement dévasté et pillé de ses ressources et quelques siécles plus tard avec une planéte qui resemblera a Vénus a cause du réchauffement que ça engendrerait.

      Même si pour l’homme le pic pétrolier, du charbon et du gaz vont être un malheur, je crois que pour la planéte ça sera une issue de secours!

    5. @ Loïïc
      AbLOLument, la premièère source d’éénergie restera toujours la non-éénergie-non-déépenséée,
      il faut surtout METTRE L’ACCENT làà-dessus !!!

    6. @Patlav
      pour le moment la technologie n’est pas au point. Il y a des problèmes pratique à résoudre , et, cela demanderait d’énorme investissements préalable pour lancer un programme de grande envergure.
      L’inde semble prendre le leadership pour l’instant.
      Donc en toute logique même si techno est envisageable ca ne sera pas développé avant 2050. Dans l’intervalle, ca nous laisse toujours 1 génération « perdue ». Donc ça ne change pas vraiment le problème.
      http://www.chrismartenson.com/forum/thorium-energy-solution/43994#comment-88011
      http://peakoil.com/forums/obama-could-kill-fossil-fuels-overnight-t59420-30.html?sid=ab14dc11dcdd37e7043d4b91f2481736#p1009370
      http://www.power-technology.com/features/feature1141/

  2. Course mondiale en sac à patates … de lenteur : le premier arrivé à la faillite a perdu.
    Il devra restructurer le premier. Et les suivants pourront ensuite restructurer plus tranquillement.

    « Eloge de la lenteur », réécrit par ‘les marchés’.

    1. buvons croyons aux ritournelles laiteuses et eschato de Mme Clinton;
      « Quand la terre tremble ou que les rivières débordent de leurs lits, quand les pandémies font rage ou que des tensions latentes se transforment en violences, le monde regarde vers nous » (…)
      ne dormez-vous pas maintenant? et bien crevez:
      « Les Etats-Unis demeurent « engagés à maintenir l’armée la plus puissante dans l’histoire du monde ».

  3. Une ‘petite’ chose que François Leclerc annonce déjà depuis un certain temps et que Fitch confirme dans une étude publiée aujourd’hui :
    « Mais la situation risque de se compliquer avec l’arrivée prochaine sur les marchés des banques, également en quête de financement et dont les dettes arrivent à maturité, fait remarquer Fitch. »
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/09/etats-et-banques-vont-s-affronter-pour-se-financer-sur-les-marches-selon-une-etude_1409036_3234.html#mf_sid=228027021

    A relier avec « l’amicale » pression du système bancaire irlandais sur le gouvernement à propos d’Anglo Irish Bank, afin de faire ‘place nette’.

    Extension du domaine de la lutte financière en prévision …

    1. Salut Vigneron!
      Avec le réchauffement, surtout celles de la Hollande du Bengladesh ou des Maldives, malheureusement…

  4. C’est bien d’informer , mais souvent la formulation , le ton donné ont plus de portée que les mots , en l’occurence votre ton est moqueur et laisse penser que les imbéciles , les incapables sont à la manoeuvre.
    C’est vrai que le tanker du monde tangue dans la tempête qu’il n’est dirigé que par des hommes qui n’ont que des pagaies et qui rament en pagaille de peur d’être submergés par la déferlante de la dette.
    Mais mettez vous à leur place et vous seriez attéré comme eux , ayant peur de couler .
    Alors dans la tempête il faut hurler la vérité , chacun à son poste et tous courbés dans la même direction.
    J’ai été détruit en 93 par la structure de défaisance du CL qui m’a déféqué dessus et rebelote au niveau mondial , toujours organisé par le même , mais dans la tempête je mène ma barque et je suis certain d’y arriver comme William Blight et le même verra sa potence.

    1. Bon courage, Bertrand 😉

      Défait en 93…??? vous devez être encore plus vieux que je ne l’imaginais. Tant de vécu avec aussi peu d’expérience, cela pose question…

    2. (J’ai été détruit en 93 par la structure de défaisance du CL qui m’a déféqué dessus ..) Vous etes dans le ton de Houellebecq dans son nouveau livre ( La carte et le territoire), parlant de l’artiste anglais Damien Hirst: ( Hirst était au fond facile à saisir: on pouvait le faire brutal, cynique, genre « je chie sur vous du haut de mon fric »).
      P.S. (Musique, Paul!)

    3. Le capitaine Bligh a eu encore droit à une nouvelle mutinerie après le Bounty, puis à une insurrection comme gouverneur de Nlle galles du Sud avec 2 ans de prison à la clé…
      Souquez matelots!

    4. Bertrand écrit  » chacun à son poste et tous courbés dans la même direction ».
      Il confond avec un blog UMP, à moins qu’il collectionne les points Larbin…

  5. La désertion des investisseurs individuels

    Wall Street : La SEC fait état d’un retrait continu de fonds depuis le krach-éclair du 6 mai

    le « Flash Crash » du 6 mai à Wall Street pourrait se reproduire n’importe quand

    Les techniques des professionnels de plus en plus sophisitquées sont en cause.

    PLUS/MOINS DE MOUTONS A TONDRE EN SUIVANT :

    Les investisseurs individuels désertent les marchés depuis le krach-éclair à Wall Street, a rapporté hier la présidente du régulateur boursier américain, Mary Schapiro, mettant un nouvelle fois en cause les techniques sophistiquées employées par les professionnels.

    «Les maisons de courtage nous disent que leurs clients – les investisseurs individuels – se retirent des marchés boursiers depuis le 6 mai», jour marqué par une brève chute de près de 1000 points du Dow Jones, a indiqué la président de la Securities and Exchange Commission (SEC) lors d’un discours prononcé à New York. «Selon les données fournies par les organismes de placement collectif, chaque semaine depuis le 6 mai s’est soldée par un retrait de fonds» de ces organismes, a-t-elle ajouté.

    «Je reconnais qu’il peut y avoir une grande variété d’explications pour cette diminution de leur participation aux marchés boursiers, mais la tendance est troublante, en particulier si les inquiétudes des investisseurs individuels quant à la structure du marché d’actions jouent un rôle, même modeste, dans leur prise de décision», a-t-elle dit. Elle a indiqué que les régulateurs publieraient «dans les prochaines semaines» leur rapport complet sur la brève chute, d’une ampleur jamais vue, des marchés le 6 mai. En attendant, elle a une nouvelle fois insisté sur l’opacité qui résulte de la multiplication des plate-formes d’échanges, ainsi que la nature de plus en plus sophistiquée des techniques employées par les professionnels.

    Selon Mme Schapiro, le principal opérateur de la Bourse de New York, le New York Stock Exchange (NYSE) n’exécute plus que 26% des échanges d’actions pourtant cotées sur sa plate-forme, contre près de 80% il y a cinq ans. «Le reste se répartit entre dix plate-formes d’échanges, plus de 30 dark pools» – des systèmes de négociation où les investisseurs passent des ordres dans l’anonymat et sans dévoiler le montant des opérations – et «plus de 200» maisons de courtage, a noté la présidente de la SEC.

    USA/ Dark pool : la SEC veut identifier les gros traders et leurs opérations

    Elle a aussi souligné que les techniques de courtage à grande vitesse (high frequency trading), qui voient des ordinateurs surpuissants passer des ordres selon des algorithmes complexes, représentaient actuellement la moitié des volumes d’échanges. Certaines sociétés spécialisées dans ces méthodes annulent jusqu’à 90% de leurs ordres d’achats ou de ventes, selon elle.

    moins de moutons à tondre

  6. « Prémonition » trouvée sur un blog dont je tairai le nom par discrétion envers les économico-ethnologues belgo-bretons :

    « Ce qui provoque évidemment notre hilarité, c’est le fait que dans un contexte économique catastrophique, il suffirait que les économistes soient jour après jour plus pessimistes que ne le justifient les faits, pour que la Bourse s’envole ».

    1. François78, pourrais-tu nous en dire plus sur ce blog mystérieux?

      N’est-il pas localisé à Marcinelles, planqué dans le journal de Spirou ?
      Ne serait-ce pas « les dépantouflantes histoires de l’O. P. ???

      Face aux méchants capitalistes qui peuplent le GLOB-e, gare aux nutons et korrigans qui peuplent ce BLOG-e, relisons « Ardenne, Bretagne, les soeurs lointaines » de Albert Moxhet.
      http://ardennesbretagne.unblog.fr/

  7. A propos de structure de défaisance du type Crédit Lyonnais du début des années 1990 (et qui existe toujours, je crois… ?), il serait peut-être judicieux de revoir comment cela s’est passé à l’époque pour avoir une idée de ce qui pourrait arriver maintenant.

    Quant aux banques sous-capitalisées, on peut quand même se poser la question suivante:
    – pour certaines d’entre elles, elles sont en réalité suffisament capitalisées

    – MAIS les banques ont fait tellement d’opérations sur des produits dérivés, des dérivés de dérivés, des options, des titres pour s’assurer sur les risques de défaut tant sur les devises, les obligations ou autres produits de titrisations, que le capital-propre ne suffit plus à couvrir de telles prsies de risques

    – qu’en fait nos gouvernants préfèrent parler de sous-capitalisation comme problème au lieu de dire que le problème sont les opérations totalement ubuesques faites par les banques et couvertes voire soutenues par eux

    – dès lors il est normal de voir que les G 20, G 8, G bidule, n’accouchent de rien; tous ceux qui sont à la tête ou profitent du système ne peuvent pas se déjuger eux-mêmes au risque de se faire au mieux pas réélire ou au pire de se faire lyncher.

  8. Quel est pour un chomeur l’évidence subtile entre un pays à forte croissance avec des banques sous-capitalisées et un pays à coissance faible avec des banques à capitalisation stressement correcte ? A quoi bon acheter par l’endettement, à l’heure de la mondialisation,une croissance reposant de facon imagée sur la pioche et le marteau ?

  9. Presseurop consacre une ‘revue de presse européenne’au discours de Barroso

    Barroso, the Union’s in a state , alors que Der Spiegel titre la sienne:’L’Europe a besoin d’un président élu,avec du charisme ‘

    Il serait grand temps de mettre un terme au ‘kabuki’: 8000 créations d’emploi nettes dans l’euro-zone au mois de juillet face à 15.8 millions qui les cherchent, croissance de 1% au 2 e trimestre, qui ralentit selon l’OCDE, qui dans son texte, hormis la partie que vous analysez, utlise un cryptique ‘ » En revanche, si la décélération reflète des facteurs exerçant un effet de freinage plus durable sur l’activité, un soutien monétaire supplémentaire pourrait se justifier, sous la forme d’un assouplissement quantitatif.. » Globalisation du Q.E ? Autre indice troublant: l’inflation allemande à 1% en aout, alors que la Grande-Bretagne, seule économie ‘européenne’à avoir eu recours au Q.E, à 3.1% au mois de juillet..Vers la ‘japonisation’ de l’Europe ?

    1. A cette nuance près que les banques japonaises sont surcapitalisées. Retour sur terre avec la vérole du Treponem Bal III ( les fonds propres à 6% des dettes ). Exemple : Deutsche Bank a 40 Mards d’euros de fonds propres à fin juin 2010 . D’après Bale III,on devrait etre à 120 Mards.Tu les trouve ou les 80 Mards quand tu est une banque privée, pas portugaise mais allemande ? ( ordre de grandeur : le grand emprunt de la France se mégotait entre 30 et 50 Mards , il y a peu ).

  10. Welcome, boys. And girls. (et Mouffette avec ses glandes désagréables 😉 )

    Bon, là, si tout le monde n’a pas compris que nous sommes en dictature, il y a de quoi se la prendre, se la mordre, et se jeter cette dette qui tue chaque être humain. (les possédés comme les possesseurs, c’est ça qui est marrant)

    En principe, si tout se passe mal, et il n’y a pas de raison que ça se passe bien, l’accélération du mouvement lent de 1929 devrait empêcher de voir l’élection de trop de dictateurs.
    Soit, un retour rapide aux pouvoirs locaux.
    Et un rejet massif des instances nationales ainsi que mondiales.

    Va y avoir du sport comme j’aime : reconstruction de nos valeurs.

    1. Ce qui risque d’arriver, c’est une atomisation des Etat, une féodalisation de la société et l’émergence de pouvoirs autoritaires locaux. Je ne suis pas sûr qu’on y gagnera quoi que ce soit.
      Sinon, quelles nouvelles de la Belgique ? ça scissione ou pas ?

    2. @arkao

      « atomisation des États », surement pas! Des unions fédérales ou confédérales éventuellement. Mais la centralisation et la puissance des pouvoirs coercitifs et de contrôle des États n’ont jamais été si forts.
      Par contre qu’ils se mettent au service de pouvoirs économiques se partageant les territoires, comme leur asservissement aux oligopoles financières ou multinationales le laisse présager, pourquoi pas…

  11. toujours le même scénario!
    Comme je l’ai exposé à ma façon aussi depuis longtemps, tout cela ne peut s’équilibrer, car en prêtant aux Etats déjà en état de cessation de paiement, les déséquilibres ne peuvent que s’aggraver à cause des taux obligataires élevés.
    Tant que nous n’uauron pas une monnaie nouvelle, émise pour circuler réellement et inconditionnellement, il n’y a aucune chance d’équilibrage!

  12. bonjour,

    je survole les news
    et Mr Obama sort 50 milliards et 200 milliards d’un autre cote
    on relance l’économie, tout va bien, on maitrise

    la mode est a celui qui agite le plus de milliards

    le prix du maïs, blé etc va grimper il y a des millions a se faire
    tanpis si certains meurent de faim

    on assistera et a des émeutes de la faim.

    il y a un petit pourcentage de gens qui accaparent les richesses
    le reste trime
    les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvre.
    le système est fait pour ça

    la Grèce va vers le défaut de payement, l’Espagne, le Portugal suivront.
    on le sait
    il faut avoir un œil sur la Grèce c’est le petit laboratoire
    ce qui se passera en Grèce se fera aussi en France.

    1. Etes-vous certain que la Grèce soit le laboratoire ?
      A mon sens, ce qu’il se passe en France pourrait être un bon test pour le reste de l’Europe.
      Prenez la réforme des retraites : si elle passe en l’état, nous aurons le système le plus sévère de toute l’Europe.
      On peut raisonner également ainsi pour la sécurité sociale avec les déremboursements, etc, etc.
      N’est-ce pas encourageant pour la finance de voir ce peuple de  »révolutionnaires » plier si facilement ?
      L’offensive est générale et admirablement cooordonnée.

    2. Bonjour

      Ce qui se passe en Hollande n’est pas mal du tout non plus…

      En passant, je profite pour mentionner la petite erreur faite dans Le Monde d’hier, la photo de Nout Wellink, au lieu de celle de Tjeenk Willink, « informateur »désigné par la reine, a été insérée par erreur dans le (tout petit) article consacré aux Pays-Bas sous le titre « Nouvelle tentative pour former un gouvernement ».

      Y aurait-il quelqu’un qui puisse nous éclairer sur l’affaire Fortis, dans laquelle est d’ailleurs impliqué Nout Wellink? On en parle moins en ce moment, et pourtant je suis sûre qu’elle mérite d’être suivie, notamment en ce qui concerne les relations belgo-néerlandaises.

      Enfin, ici les affaires ne sont pas encore réglées…

      Il faudra également suivre ce que va dire Geert Wilders, ce samedi à New York.

    3.  » il faut avoir un œil sur la Grèce c’est le petit laboratoire  »

      Il fallait avoir un oeil sur l’argentine de 1990 à 2000 : il était là le véritable laboratoire.

    4. « le prix du maïs, blé etc va grimper il y a des millions a se faire
      tanpis si certains meurent de faim. »

      Vite, vite, cachez-moi ça sous le tanpis ! 😉

    5. @Anne: Le ‘laxisme’ du président de la Banque centrale hollandaise, qui a donné lieu à une audition
      devant une commission parlementaire, a eu pour résultat que son mandat ne sera pas reconduit…
      Quant à Fortis, amha, les problèmes sont toujours du côte belge, la partie ‘néerlandaise’incorporée’
      aux restes d’ABN-AMRO, l’ensemble devant être ‘privatisé’ en 2012. Au vu des résultats récents,
      le gouvernement néerlandais va devoir ‘patienter’ avant de revoir la couleur des 20 mds injectés…

    6. Merci @charles de votre réponse. Quand on voit ce qui se passe ici, aux Pays-Bas, on est vraiment amené à se poser des questions… En fait, on ne souhaite qu’une chose, voir l’Europe se faire rapidement et véritablement pour nous sortir de cette impasse.

  13. Et si les banquiers se serraient un peu la ceinture ?

    « Un rapport (controversé) de la BRI…

    Le monde de la finance agite régulièrement l’épouvantail consistant à assurer que l’intensification de la régulation aurait un impact négatif sur l’activité économique et donc sur la croissance. Pourtant, une toute récente étude de la Banque des Règlements Internationaux parvient aux conclusions selon lesquelles la croissance globale gagnerait au contraire 1.9 point suite à des améliorations quantitatives et qualitatives de la surveillance financière. L’augmentation des ratios capitalistiques des Banques, constituant une assurance en bonne et due forme contre les tourmentes financières et un antidote efficace contre la panique, aurait des effets positifs à moyen et long terme via une diminution sensible des crises financières.

    En fait, la B.R.I. plaide pour des ratios en capitaux nettement plus substantiels (13%) que ceux en vigueur aujourd’hui (7%) et ce envers et contre un monde la Banque farouchement opposé à ce que ces sacro-saints ratio ne soient touchés. Et pour cause puisque l’optimisation (à la hausse selon la BRI) de ces ratios entraverait la latitude des Banques à pouvoir investir – et donc à gagner de l’argent – avec les deniers de leurs déposants. Etablissements qui, afin de préserver leurs marges, n’auraient alors d’autre solution que de taxer plus cher les crédits accordés, ce qui limiterait la croissance il est vrai…

    Poursuivant le raisonnement encore plus loin, la BRI estime que – les salaires de la finance étant en moyenne 72% plus élevés que dans d’autres secteurs d’activité du tertiaire-, un réajustement de ces revenus (en défaveur des Banquiers) permettrait de réduire de 19% les frais de fonctionnement des établissements financiers. Ce qui autoriserait ainsi ces Banques à adopter les nouveaux ratios recommandés sans avoir à augmenter les charges et autres coûts vis-à-vis de leurs clients! »

    Michel Santi

    gestionsuisse.com

  14. Dans ce billet, Attali donne les chiffres qui indiquent
    que le service de la dette publique des 27 a baissé,
    malgré une augmentation du principal.

    Mais c’est un « noeud coulant » explique-t-il,
    car les Etats empruntent moins cher, en transformant le papier long terme en court terme.

    Autrement dit, le service peut exploser très vite…et mener bien des Etats à faire défaut
    http://blogs.lexpress.fr/attali/atom.xml

    Contrairement à ce que défend Attali et autres serviteurs des banquiers,
    la situation n’est pas l’austérité sur les rémunérations et les services publics,
    mais la répudiation de dettes dont l’origine est la baisse de la fiscalité du capital
    et le bénéfice double pour celui-ci, qui vient maintenant prêter aux Etats…

    1. Non, c’est pas si simple, car il y aurait beaucoup « victimes collatérales », notamment les retraités des pays ou la retraite est principalement par capitalisation.

    2. La répudiation de la dette n’a de sens que comme une mesure d’un grande révolte
      conduisant à une révolution sociale et de civilisation.
      Bernique a raison: la répudiation entrainera la faillite du service financier
      D’où la nécessité, historique par ailleurs, d’un service public du crédit et de l’assurance
      Et pour les retraités comme pour les étudiants et les « actifs »
      d’un revenu universel tel que défendu par Bernard Friot dans un billet sur ce blog.

  15. « La crise est rythmée par un étrange et énorme balancier, attirant tour à tour … »

    L’image me fait penser à cet énorme rasoir « style d’ockham » du moyen-âge où l’on voit
    un chevalier téméraire se glisser sur un échaffaudage balayé d’énormes lames sifflantes
    et pointues qu’il doit parcourir pour survivre…
    Je n’ai pas retrouvé d’images illustrant cet instrument de torture sur youtube
    N’était-ce pas dans Bravehearth, Robin des bois, ou plutôt Richard Geere dans les Chevaliers
    de la table ronde ???
    Merci de poster ici si vous avez une piste de référence.
    Ca fait froid dans le dos.

    1. Lancelot, avec Richard gere et les plus charmants châteaux Disney en carton depuis Errol Flynn.
      Seconde piste : Chevalier avec Heath Ledger (itou).

      Ceci dit, exercice plus distrayant que la guillotine.

    2. Le balancier rasoir que vous évoquez est une invention contemporaine propre à la littérature romantico-fantastico-médiévalisante reprise par le cinéma.
      Mais rassurez-vous, il existait au Moyen Age et à l’époque Moderne d’autres formes d’épreuves et de supplices tout aussi savoureuses.

    3. E.A. Poe, une nouvelle extraordinaire …

      http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Puits_et_le_pendule

      Je levai les yeux, et j’examinai le plafond de la prison. Il était à une hauteur de trente ou quarante pieds, et, par sa construction, il ressemblait beaucoup aux murs latéraux. Dans un de ses panneaux, une figure des plus singulières fixa toute mon attention. C’était la figure peinte du Temps, comme il est représenté d’ordinaire, sauf qu’au lieu d’une faux il tenait un objet qu’au premier coup d’oeil je pris pour l’image peinte d’un énorme pendule, comme on en voit dans les horloges antiques.

    4. Robin des bois, prince des voleurs avec kevin Kosner et Morgan Freeman (+ quelques anachronismes hollywoodiens et de la bonne conscience « american style »)

    5. Le rasoir d’Ockham n’a jamais blessé personne puisque c’est un principe philosophique (dû à Guillaune d’Ockham) qui prône de ne pas faire compliqué quand on peut faire simple. Wikipedia précise plus longuement (ils ont oublié de se raser… 😉 quant à ce principe:
      « Aussi appelé « principe de simplicité », « principe de parcimonie », ou encore « principe d’économie », il exclut la multiplication des raisons et des démonstrations à l’intérieur d’une construction logique.
      Le principe du rasoir d’Ockham consiste à ne pas utiliser de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent, à utiliser autant que possible les hypothèses déjà faites, avant d’en introduire de nouvelles, ou, autrement dit, à ne pas apporter aux problèmes une réponse spécifique, ad hoc, avant d’être (pratiquement) certain que c’est indispensable. »

  16. Retraite : prétexte à répartition des biens , nous allons assister dans les semaines qui viennent à une répétition de 1789 ou les soi-disant riches devront payer pour les soi-disant pauvres et la France va se trouver à la pointe de cette évolution , espérons que celà ne va pas déclencher les guerres d’après révolution , en tous cas préparons nous à une sévère épuration si nous sommes riches…….riches fuyez si vous ne voulez pas être coupés en 2.

    1. Pôv chou! Vous êtes apeuré par bien peu!
      Vous voulez qu’on vous paye un billet 1ère classe, Bertrand? Ou vous préférez qu’on vous dépose sur un ile déserte, Captain Bligh?

      Si ça ne tenait qu’à moi, ce serait charter et confiscation des excédents. Pour la forme.

    2. Bertrand parle d' »épuration » des riches.
      Pourquoi cette culture de la violence ?
      Le fils ou la fille qui hérite d’un capital n’est aucunement responsable ou coupable.
      Et ne mérite aucune sanction.

      Les seuls coupables: ceux qui n’ont pas compris que l’accumulation privée
      était indispensable pour développer les moyens modernes de production,
      mais qu’elle est a atteint un seuil qui exige leur socialisation.

      La Grande Crise en cours, économique, sociale et écologique
      est l’occasion de cette révolution de civilisation.
      Elle appelle à une mobilisation croissante, à une révolution par le nombre
      et la force dont il faudra disposer face à l’Etat du capital.

      Elle appelle à la démocratie dans tous les domaines,
      qui n’ est que l’urgence du bon sens,
      pas à « épurer » qui que ce soit.

  17. Question disons « technique » mais surtout de logique : le marché obligataire reste un refuge (donc une sécurité) mais cela n’empêche pas « lesmarchés » de prêter à des taux qui vont étouffer les économies des Etats concernés, c’est à dire les empêcher de rembourser. Et fin du refuge. Comme dit le père d’Amélie Poulain « je ne comprends pas ! »

    1. Le marché, c’est vous Didier, ou moi! Si par exemple nous avons des assurances-vie ou autres placements à plus de 4%, où croyez-vous qu’ils soient placés, si ce n’est sur des obligations à haut rendement. Grecques, espagnoles, irlandaises, portugaises…

      Si vous voulez que les « Marchés » soient « rationnels », soyez le d’abord. Liquidez vite tous vos placements « rentables »!

  18. Précisions à propos de la situation du système bancaire :

    1/ C’est ce dimanche, à l’occasion d’une réunion plénière des banquiers centraux et des régulateurs nationaux, que les nouvelles règles relatives aux ratios de fonds propres seront finalement adoptées pour être soumises au prochain G20, en novembre. Des accommodements supplémentaires peuvent encore apparaître, en particulier en faveur des banques allemandes.

    Voici comment le Financial Times conclu son éditorial consacré au sujet :

    « De meilleures règles relatives au capital ne représentent pas la fin de l’histoire. Les régulateurs doivent s’assurer qu’elles sont appliquées rapidement, et qu’elles ne sont pas vidées de leur substance par des arbitrages à l’abri des frontières ou du système bancaire fantôme. »

    2/ Ce ne sont pas seulement les Landesbank, mais la quasi totalité des banques allemandes et l’ensemble des caisses d’épargne qui risquent d’être dans l’obligation de procéder à d’importantes recapitalisations (ou de réduire leurs activités de prêt), afin de se conformer aux nouveaux ratios capitaux propres/engagements. Cela a été souligné par Jürgen Starck, économiste en chef de la BCE.

    3/ L’agence Fitch a pour la première fois publiquement fait état de la compétition qui est instaurée entre les banques et les Etats sur les marchés financiers en vue de lever des fonds. Permettant de comprendre pourquoi il est vital pour les premiers que les seconds lui cèdent le plus vite possible la place. Les cumuls des estimations des besoin des uns et des autres effectués par l’agence, environ un millier de milliards d’euros par an en 2011 et 2012, sont particulièrement impressionnants.

    4/ Jean-Claude Trichet vient une nouvelle fois de défendre une ligne dure à propos de la réduction des déficits publics en Europe, prenant de fait partie pour les banques contre les Etats dans cette compétition. Cela pose d’une manière nouvelle et originale la question de la réalité de l’indépendance des banques centrales.

    1. Les 1000 milliards d’euros représentent plus ou moins 10% du PIB annuel de l’UE : est-ce ‘énorme’ ou pas ?

      Je crois avoir lu quelque part que les caisses d’épargne (et le secteur bancaire mutualiste français dans son ensemble) auraient aussi de grandes difficultés avec le nouveau ratio de Bâle 3.
      Qu’en est-il vraiment sur ce point ?

      Merci.

    1. Il me semble que la Grèce vend des titres à court terme, à taux élevés.
      Ce n’est pas absurde d’acheter.
      C’est seulement un pari sur la débâcle seulement d’ici quelques mois ou un an…
      François corrigera au besoin.

    1. Le WSJ a raison: le contenu de l’adresse est peu important et reçu comme tel.
      Mais ce qui est révélateur, c’est de créer un discours « State of the Union ».

      C’est de l’ignorance de la signification du terme dans l’histoire des Etats-Unis
      (présidentialisme, fédéralisme, etc)
      ou de la prétention grostesque,
      ou montre seulement que la Commission se contente désormais de la Com
      au risque de s’enfoncer dans le ridicule.

      A chacun de doser les trois ingrédients de ce breuvage vomitif…

    2. pure betise du barre au sot qui se veut l’égal d’un president des states , il en a la tete qui enfle , qu’il reste a sa place de mr 1%

  19. JAPONISATION 2 e Clap:

    D’un éditorial du Financial Times ‘L’Europe se dirige vers une absence de pertinence à la japonaise’
    aujourd’hui: « Le problème de l’ Europe est qu’elle donne l’impression d’être un spectateur.Le parralèle qui vient à l’esprit est celui de l’absence du Japon sur la scène mondiale..Si l’Europe se sent petite c’est parce que ses membres principaux sont grandement diminués.. »

  20. Punaise …
    81 milliards d’euro.
    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp_00280228-irlande-rachat-aux-banques-de-81-milliards-d-euros-de-creances-pourries-d-ici-fevrier.htm

    Même avec un ‘haircut’ de 30% appliqué par la NAMA pour le paiement des prêts reçus par les banques, on arrive à 57 milliards d’euros, soit plus d’1/3 du PIB 2009 !!
    (sources : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/irlande_192/presentation-irlande_1369/index.html)

    Sauf que la NAMA a commencé ses rachats en avril 2010 et que cette évaluation pour le programme de rachat courre jusqu’en février 2011, soit moins d’un an, sans compter les évolutions quant à la réalité du montant final des achats (des subprimes peuvent se cacher dans les comptes des banques) et sans compter non plus le coût de la recapitalisation d’Anglo Irish Bank, qui coûte déjà 23 milliards à ce jour …

    La facture totale COMMENCE donc à 80 milliards d’euros, soit 50% du PIB 2009.

    Hallucinant.

    Et si dès le début le gouvernement irlandais avait suivi les conseils du FT, en échangeant les dettes par des actions, il aurait alors pu prendre les commandes des dites banques, mettre en liquidation immédiate les parties défaillantes, repartir sur des bases saines, tout en restant propriétaire du secteur banquier, pour pouvoir ensuite relayer ses politiques de relance et de crédit (par exemple à taux très bas et à long terme pour les prêts immobiliers et les entreprises).

    Ce qui aurait coûté bien moins cher au final que ce gaspillage infini (quoique) des ressources publiques et des ressources des irlandais.

    Le gouvernement irlandais, c’est la tête d’un corps malade, rongé par la gangrène des subprimes.
    Au lieu de couper la main, la tête devra décider si elle devra ou non un jour couper un bras.
    Et tout cela parce que la main invisible ‘des marchés’ décide à la place de la tête : elle refuse de se faire amputer en lieu et place du corps !
    Il n’y a plus qu’une solution : que le corps reprenne le contrôle de la tête.

    1. Tiens, ça me fait penser à une petite question :
      une banque qui serait majoritairement détenue par l’Etat français (ou par la CDC) pourrait-elle accéder aux financements de la BCE ?

    2. La BCE ne regarde pas les couleurs: tu n’as qu`a penser à ABN-AMRO- Fortis.L’Irlande réclamait cettte semaine une extension des ‘garanties gouvernementales’ à la Commission Européenne pour que ses ‘banques zombies’ puissent continuer à avoir accès au ‘guichet’…

    3. C’est grandement l’heure maintenant , tout le monde retire son fric des banques et assurance bourse and co , on mets tout dans le jardin et on attend ……….çà va durer 30 jours…………et au bout…….les acteurs de la finance et les états vont se tordre de douleur en réclamant leur drogue…trop tard nous aurons créé nos structures de bienfaisance qu’ils gardent leurs structures de défaisance.

    1. @vigneron
      Pour les 79% restants : ils sont peut être cachés dans le château d Heidelberg et son tonneau de 228000 litres?

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