L'actualité de la crise : le vif du sujet, par François Leclerc

Billet invité.

LE VIF DU SUJET

Les décisions du Comité de politique monétaire de la Fed sont aujourd’hui saluées par une chute générale des marchés boursiers. Soit, est-il expliqué par certains, parce que les mesures adoptées confirment le retour prochain de la récession, soit parce qu’elles sont considérées comme trop timorées et insuffisantes pour la prévenir, expliquent d’autres. A lire les commentaires des traders, les marchés semblent craindre tout et son contraire.

Aux Etats-Unis, l’installation d’un chômage structurel, la faiblesse de la demande qui en résulte (dont l’origine est aussi à trouver dans la pression qui s’exerce sur les salaires), ainsi que l’impossibilité de procéder à une relance budgétaire contribuent à dresser une toile de fond inquiétante, qui est maintenant installée. Les milieux d’affaires, comme le panel du Wall Street Journal vient de le mettre en évidence, en sont venus à considérer que la déflation était désormais l’ennemi public n°1, le danger du retour de l’inflation passant au second plan. C’est bien une époque, décidément, qui s’achève. D’autant que tous les commentaires reconnaissent que la déflation sera plus difficile à vaincre que l’inflation, et de s’en inquiéter.

On commence à envisager sérieusement que la Fed pourrait se trouver à court de munitions. Que la question n’est pas tant qu’elle aille prochainement, ou non, au-delà de ce qu’elle vient de décider, en se réengageant dans une politique de création monétaire à grande échelle, que tout le monde semble considérer comme une éventualité vraisemblable. Mais que l’effet de cette politique est tout simplement incertain. Les instruments monétaires ont leurs limites, qui pourraient avoir été trouvées. La relance du crédit bancaire grâce à l’injection de nouvelles liquidités pourrait-elle réellement, dans ces conditions, être en mesure d’éviter – et même de combattre – la récession qui s’annonce ? Rien n’est moins certain.

L’exemple du Japon, dans un contexte certes différent, n’est pas là pour rendre optimiste ceux qui aux Etats-Unis s’interrogent en ce sens. Car le resserrement du crédit qui est constaté en Amérique est plus à mettre sur le compte de l’insuffisante qualité de la demande, en raison de la crise économique, que sur l’absence de liquidités, car les banques ne prennent plus de risque, tout du moins dans ce domaine.

Le Département du Commerce américain vient aujourd’hui d’annoncer, pour le troisième mois consécutif, une forte hausse du déficit commercial. La raison en est une nouvelle baisse des exportations, contredisant les perspectives de relance économique et de croissance tracées par Barack Obama. Et mettant en cause tout l’échafaudage budgétaire des prochaines années. La baisse des exportations est particulièrement importante dans les biens d’équipement (-3,8%) et les fournitures industrielles (-3,0%), deux secteurs traditionnellement forts à l’exportation. Ce n’est décidément pas demain la veille que les Etats-Unis, première puissance économique et financière mondiale, tireront à nouveau l’économie mondiale.

Des Etats-Unis qui trébuchent lourdement, une Europe prise au piège de la dette publique et privée en dépit de l’accalmie actuelle, une Chine qui peine à résorber une bulle financière qui menace désormais son système bancaire : le tableau d’ensemble n’est pas rose. Chacune de ces situation a sa propre logique, très incertaine. Mais, combinées, elles laissent peu de chance à une relance prochaine globale de l’économie. Au contraire, la contagion d’une récession américaine, si elle se confirme, ne pourrait qu’accentuer les difficultés déjà rencontrées en Europe et en Chine. C’est bien pourquoi tous les regards sont braqués sur les Etats-Unis, après l’avoir été sur l’Europe.

Que l’on est loin du schéma idéal suivant lequel les pays émergents allaient tirer d’affaire les pays occidentaux et les aider à sortir de la crise ! Ainsi, si les Américains, face à la menace accrue d’une déflation, devaient faire fonctionner la planche à billets, il en résulterait une baisse du dollar qui menacerait les exportations européennes. Les plans d’austérité européens pourraient de leur côté ralentir la croissance économique et pénaliser les exportations américaines et chinoises. Dans l’immédiat, la hausse incontrôlable du yen par rapport au dollar et à l’euro menace la croissance japonaise qui repose sur les exportations. Enfin, il est désormais reconnu que les Chinois ne pourront que lentement développer leur marché intérieur et qu’ils vont continuer à inonder les pays occidentaux de leur production, ainsi qu’à dégager d’énormes surplus commerciaux, ayant comme principale préoccupation d’éviter l’explosion dévastatrice de leur gigantesque bulle financière. Le monde est global, la crise n’est pas compartimentée.

L’un des principaux intervenants sur le marché obligataire américain, PIMCO (Pacific Investment Management Co), ne fait plus preuve d’une grande originalité en annonçant une fois de plus une prochaine chute du marché des valeurs immobilières et de celui des actions, accompagné d’une remontée de celui des obligations. On constate déjà très clairement cette tendance sur les marchés, inversant la précédente. La valeur des obligations augmente à mesure que leur rendement chute, sous l’effet de l’intervention de la Fed et de la demande qui se présente. En raison de la menace d’une récession, la Fed n’a pas d’autre choix que de maintenir les taux obligataires aussi bas que possible pour une très longue période.

Dans cette nouvelle phase de la crise, un paradoxe est à relever. Plus l’économie américaine s’approche d’une nouvelle récession, plus les obligations d’un Etat aux abois sont recherchées par les investisseurs privés. Ou tout cela mènera-t-il  ? L’Etat, sa monnaie et les marchés ? Quand on s’interroge sur la forme que prendra la prochaine phase de la crise, peut-être peut-on trouver dans ce paradoxe un premier élément de réponse.

Les détenteurs chinois de la dette américaine semblent en être parfaitement conscients, mais ils sont pris au piège. De manière remarquée, ils viennent d’investir lourdement dans la dette japonaise à court terme, car ils considèrent que le risque y est moindre, ce qui est tout relatif. Le yen étant appelé à continuer de monter, contrairement au dollar, les bas taux offerts par les Japonais ne les rebutent pas. Cette décision illustre la crainte des autorités chinoises que la Fed en vienne à faire fonctionner la planche à billet, précipitant la chute du dollar et érodant la valeur des énormes investissements déjà réalisés dans la dette américaine. Nous sommes là dans la dimension monétaire de la crise, qui petit à petit prend sa place.

Comme tout investisseur dans une telle situation, les dirigeants chinois cherchent en priorité à minorer les risques avant de penser à majorer les profits. Ils diversifient autant que faire se peut leurs investissements, après avoir pris leurs distances avec les obligations émises en euro. La seule attitude est d’agir dans le court terme – ce qu’ils font – afin de pouvoir s’adapter à une situation mouvante et imprévisible. Si les Etats-Unis s’enfoncent dans la récession, ce jeu va encore se tendre.

En attendant que la Fed apporte des précisions à la politique qu’elle entend mener dans l’immédiat, une autre prochaine échéance va permettre de mieux apprécier la situation américaine. Une grande rencontre réunissant toutes les parties prenantes du marché immobilier se tiendra à Washington le 17 août prochain, en vue d’élaborer un projet de réforme du financement du logement que l’administration Obama entend déposer sur le bureau du Congrès d’ici janvier prochain.

C’est le sort de Fannie Mae et Freddie Mac qui sera au centre des discussions, alors que ces deux agences gouvernementales viennent une fois de plus de demander au Trésor de combler de nouveaux trous financiers. A l’occasion de la conférence, ce dernier a rappelé que « le secteur du logement est d’une importance vitale pour l’avenir de notre pays. C’est un secteur clef de notre économie, qui soutient des millions d’emplois dans la construction, les industries, l’immobilier, la finance et d’autres secteurs. Qui plus est, le logement est le plus gros investissement financier de nombreux Américains ».

« Le rôle joué actuellement par l’Etat dans le marché du financement du logement n’est ni viable ni acceptable » a-t-il cependant reconnu, car Fannie et Freddie garantissent 90% des nouveaux prêts immobiliers et au total plus de 5.000 milliards de dollars d’emprunts immobiliers. Ce qui revient à dire que l’ensemble du marché est sous le contrôle de l’Etat, qui ne sait comment se dépêtrer avec sa crise chronique et profonde. Toute la question va être de savoir comment celui-ci va tenter, au moins partiellement, de se désengager sans accentuer la crise du marché immobilier, qui continue de faire preuve d’une très grande fragilité. Le pilotage de ce dossier va requérir beaucoup de doigté avec peu de moyens.

Décidément, l’économie américaine exhibe une grande faiblesse, même les mégabanques ayant annoncé pour le 2éme trimestre des résultats nettement en retrait des précédents. Même pour elles, si décriées pour leurs profits flamboyants, le business n’est plus ce qu’il était.

Un autre aspect de la situation mérite d’être suivi, plus que pour l’anecdote, car des surprises ne sont pas à en exclure. La pléiade des organismes régulateurs américains doit désormais se consacrer dans l’urgence à l’immense tâche que va être la mise au point des centaines de règles et dispositions précises destinées à remplir les blancs laissés par la loi Dodd-Franck de régulation financière, maintenant qu’elle a été adoptée. Un véritable travail de Romains qui pourrait prendre des années, créant en attendant des situations ubuesques. Une très sérieuse confusion risque en effet de s’installer, faute de règles du jeu claires.

Premier épisode en date, les agences de notation – qui pourraient maintenant être tenues financièrement responsables des conséquences de leurs notations – ont refusé que celles-ci soient utilisées, comme c’est la règle, dans le cadre de transactions sur le marché obligataire. Il a fallu que la SEC intervienne pour débloquer la situation, autorisant que la transaction soit effectuée sans référence aux notes des agences…

La mesure du risque au sein des établissements bancaire pourrait également devenir un vrai casse-tête, en raison d’une proposition conjointe de 4 régulateurs, dont la Fed et la FDIC, qui ont engagé une consultation publique en vue de jeter les bases d’un nouveau système d’évaluation indépendant des agences, impliquant de ne plus utiliser leurs notations. Des milliers de banques ne disposant pas de très onéreux modèles d’évaluation du risque, et dans l’obligation de le calculer, se retrouvent dans l’immédiat assis entre deux chaises.

Promettant que tout allait être fait pour accélérer la mise au point de la réglementation, Tim Geithner, secrétaire au Trésor, n’a eu comme ressource que d’exhorter les établissements financiers à agir par eux-mêmes dans l’immédiat: « n’attendez pas que Washington ait rédigé chaque réglementation avant de changer la façon dont vous faites des affaires… » a-t-il proposé lors d’une intervention remarquée à New York University, la semaine dernière, précisant à toutes fins utiles que « nous ne prendrons pas le risque de tuer la liberté d’innover qui est nécessaire à la croissance économique ».

L’affaire ne s’annonce pas si simple que cela, et c’est là où cela devient plus intéressant. La loi Dodd-Franck adoptée, les observateurs les plus attentifs et critiques ont émis la crainte que les lobbies bancaires donnent toute la mesure de leur pouvoir de nuisance et agrandissent encore ses gigantesques trous, les projecteurs éclairant le Congrès éteints, les régulateurs à pied d’oeuvre dans leurs bureaux. Mais les batailles risquent d’être sévères, bien que feutrées, certains régulateurs ayant une revanche à prendre après avoir été sévèrement mis en cause pour n’avoir rien vu venir à l’occasion du démarrage de la crise.

La FDIC, qui a la tâche de mener à bien les liquidations ordonnées des groupes bancaires et des sociétés financières non bancaires en faillite, a ainsi annoncé la création d’un Bureau destiné à surveiller, et si nécessaire démanteler, les « institutions financières complexes ». Celui-ci effectuera « des examens et une surveillance continue des groupes bancaires ayant plus de 100 milliards de dollars d’actifs, ainsi que les sociétés financières non bancaires désignées comme d’importance systémique par le nouveau Conseil de surveillance de la stabilité financière », a-t-elle annoncé. Ce qui n’est pas sans empiéter sur les nouvelles prérogatives de la Fed elle-même, qui est sensé chapeauter ce Conseil.

Finalement, n’est-ce pas des Etats-Unis, en raison de la profondeur de la crise qui traverse la société et en dépit des difficultés qu’elle rencontre à faire face à la nouvelle donne qui se précise et bouleverse ses fondements mêmes, que peuvent provenir des surprises ? Le pire n’est pas toujours sûr.

86 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : le vif du sujet, par François Leclerc »

  1. Mercredi 11 août 2010 :

    A l’issue de sa réunion, la Fed a annoncé qu’elle réinvestirait ses liquidités issues des obligations adossées à des prêts hypothécaires et de titres de dette d’agences pour acheter des obligations d’Etat américaines, relançant ainsi sa politique d’« assouplissement quantitatif ».

    La Banque centrale du Japon avait « ouvert le bal » de la journée : dans la matinée, son comité de politique monétaire avait opté à l’unanimité pour le maintien de son taux directeur à 0,10 %. Une décision largement attendue par les marchés, compte tenu notamment de la faiblesse persistante de la demande intérieure nippone.

    Une des craintes de certains stratèges et économistes est d’ailleurs de voir les Etats-Unis suivre l’exemple du Japon : une entrée dans une « ère glaciaire », marquée par la déflation et une croissance durablement en deçà de son potentiel.

    Les Echos

    Comme le Japon.

    Les Etats-Unis sont en train d’évoluer comme le Japon.

    Les Etats-Unis sont en train d’entrer dans l’ère glaciaire.

    Mettons nos chandails en laine : il va faire froid.

    1. Les avis sont contradictoires. Certains affirment effectivement que le danger d’un processus déflationniste menace l’occident, d’autres tirent l’attention sur le fait que les prix des matières premières risquent de grimper en raison d’une consommation accrue dans les pays émergent (et n’oublions pas la spéculation), ce qui entrainerait une inflation galopante.

  2. « la hausse incontrôlable du yen par rapport au dollar et à l’euro menace la croissance japonaise ».

    Et oui, avec les nouvelles craintes sur l’état de l’économie américaine, le Yen est considéré comme une valeur refuge, alors que la dette du Japon vient de dépasser officiellement les 200% du PIB :
    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/la-dette-du-japon-attein t-200-pourcent-du-pib_237097.html?xtor=RSS-115

    Malgré tout, le dollar est lui-même considéré comme une valeur refuge par rapport à l’euro en reprenant 2,3% aujourd’hui sur la monnaie européenne.

    Lorsque les investisseurs se rendront compte que les valeurs refuge d’hier ne les mettent pas du tout à l’abri, vers quoi vont-ils se tourner ?
    L’or peut-être, ou sur les matières premières ?

    Mais si les investisseurs se détournent des monnaies et des obligations d’états, les conséquences risquent d’être catastrophiques.
    Une augmentation du prix de matières premières serait le pire, créant famines et révoltes. Et cette augmentation pourrait être brutale avec tous les ETF liés aux matières premières créés ces deux dernières années.

    1. Pour le blé, c’est probablement en cours. Pour l’or aussi : +3% en une journée en €.
      L’or augmente d’ailleurs contre toutes les monnaies, sauf … pour le dollar et pour le yen.
      Pas bon signe pour ces monnaies là …

    2. Conclusion de votre scénario: C’est à l’évidence l’explosion finale de la globalisation économique.
      Remarquez qu’un certain nombre de pays, dont la Russie, interdisent l’exportation de certaines matières premières, pour contrer une spéculation dangereuse pour le pays.
      C’est une excellente idée, à encourager et imiter, pour conter les méfaits de la globalisation financière, et l’imbécile loi des « marchés ».
      Ajoutez à ça la volonté d’échange direct Chine-Brésil, sans passer par le dollar.
      L’idée d’une hégemonie mondiale d’une monnaie, le dollar qui a conduit à cette forme de globalisation économique semble en perdition…
      Il est possible qu’il y aura une autre « globalisation », mais en tous les cas elle ne sera surement neo-libérale et dirigée par les USA…
      Probablement instituée par la Chine et les pays emmergeant.

    3. @Izarn
      Poutine vient d’interdire les exportations de blé, suite à la chute de trente % de la récolte, conséquence de la sécheresse. Très bien. Sauf que:
      – la Russie est un exportateur majeur sur le marché mondial du blé. Donc sa faision provoque, augmente et entérine la hausse des cours mondiaux pour toutes les matières premières agricoles liées au cours du blé.
      – cela n’empêchera pas la hausse des prix et la spéculation en Russie. Bien au contraire. La suite inévitable de sa mesure est la fixation autoritaire d’un prix maximum pour toutes les matières premières fluctuant avec le prix du blé. Et un contrôle strict des organismes de stockage.
      Quant au reste du monde, il n’a plus qu’à faire pareil… Et fermer en plus temporairement au moins toutes les distilleries d’éthanol ou de diester utilisant des céréales ou des oléo-protéagineux.

      Sinon, faudra pas s’étonner des famines et émeutes. Et encore moins s’en lamenter!

    4. Notez que interdire les exportations, c’est violer les règles de l’OMC.
      Notre grand « socialiste » Lamy n’aime pas.

      L’économie de marché, c’est aussi la porte ouverte du poulailler.
      Le renard entre quand bon lui semble.

      Le marché libre, c’est aussi le marché forcé.

    5. Les civilisés sont vraiment dégénérés.

      La flambée des cours des matières premières à court moyen long terme est évidente pour tous ceux qui ont un minimum de notions d’arithmétiques. Un gosse du primaire pourrait facilement le comprendre. Ce qui est par contre incompréhensible, c’est que les soi-disant adultes ne tentent même pas de nous prémunir des conséquences apocalyptiques que la future flambée des cours aura sur nos sociétés. Les émeutes de la faim n’étaient qu’un avant-goût que nous n’avons pas été capables d’apprécier à sa juste valeur et le pire est que nous continuons à croire que l’argent est ce qui compte le plus. L’occident et son humanisme c’est vraiment bidon !

      Alors que la première chose à faire serait de mettre l’info « LIMITES A LA CROISSANCE » en première page TOUS LES JOURS pour lancer un débat de civilisation à l’échelle de l’enjeu pour se préparer (il nous faudra beaucoup de bêtes de traits et d’agriculteurs … beaucoup … beaucoup … beaucoup), on continue à vouloir ressusciter les morts alors qu’il y a une guerre à mener, celle de la relocalisation des toutes les économies du monde.

    6. La miche de pain de 380 grammes a connu une hausse de 20% en quelques jours sur les marchés moscovites, passant de 15 roubles (38 centimes d’euros) à 18 roubles (45 centimes d’euros). Par ailleurs, certains magasins et échoppes de la capitale russe ont commencé à afficher à l’intention des clients des annonces sur les hausses des prix des produits à base de céréales, selon l’agence russe Ria Novosti.

      Non seulement la politique protectionniste de Poutine, en bloquant les exportations de blé, ne fait qu’exporter la pénurie et fait grimper plus vite les prix mondiaux des matières premières agricoles, mais en plus il ne peut pas éviter la spéculation en Russie même. Au contraire, il semblerait qu’elle se soit accélérée avec son annonce.
      Certes, le gvt russe a aussi annoncé fin juillet qu’il allait bloquer les prix d’une vingtaine de produits alimentaires, mais on attend la liste et surtout la décision effective…

      A noter que c’est tout de même l’équivalent de 10 millions d’Ha de cultures qui avaient été détruits par la sècheresse, essentiellement dans les terres noires européennes particulièrement fertiles. cela représente 20% de la surface cultivée en Russie, et deux fois la surface emblavée en blé en France (soit 20% de la surface totale du territoire français!
      Le prix de la farine panifiable a déja grimpé de 50% en Russie…

      C’est le monde entier qui devrait décider urgemment de bloquer le prix mondial des denrées agricoles liées au blé, par exemple à un niveau supérieur de 20% à celui de l’an dernier pour tenir compte de la baisse de récolte effective. Et fermer séance tenante les distillerie qui ne brulent que des céréales ou des oléo-ptotéagineux pour produire leurs infâmes diester ou éthanol! Demandez ce qu’il en pense à Ziegler…

      http://www.pleinchamp.com/article/detail.aspx?id=41816&menu_id=2&page=1&local=false&pub_id=2

    7. Il devrait surtout être interdit de spéculer sur les matières premières, comme ça a été le cas récemment avec le cacao :
      http://www.lefigaro.fr/matieres-premieres/2010/07/22/04012-20100722ARTFIG00590-le-speculateur-chocolate-finger-fait-flamber-le-cacao.php

      Les ETF liés aux matières premières devraient notamment être interdit. Je ne comprend même pas que personne n’en parle, leur seule existence est révoltante.

      Et pendant ce temps, le cours de l’or grimpe, notamment en Euro…

    8. @suricat
      L’or on s’en fout. Si ya des connards pour acheter de l’or et surtout de l’or papier, c’est leur problème.
      Par contre, stopper la spéculation sur les denrées agricoles, pas besoin de chercher midi à quatorze heures. En attendant une hypothétique régulation, on bloque souverainement et drastiquement les prix à la production et les prix à la consommation, la FAO est instituée comme contrôleur et régulateur supra national, on constitue des stocks d’intérêt mondial pour aider les régions fortement déficitaires et après on discute…
      Et on fout les accapareurs rétifs ou un peu trop imperméables à l’idée d’intérêt supérieur de l’humanité en stage longue durée à Guantanamo. Quand Obama se sera enfin décidé à honorer ses promesses, c’est à dire vider les lieux. Soit à la Saint Glin-Glin.

    9. @ Vigneron :
      Ou entraineur de l’équipe nationale de foot de Corée du Nord. Y a un poste qui se libère …
      Concernant l’or, on peut s’en foutre effectivement en tant que tel. Mais un des ‘avantages’ de l’or à mon sens est son rôle de canari (jaune) dans la mine : il annonce en règle générale assez bien les coups de grisou mais au lieu de mourir, il grossit comme la grenouille. Qu’il explose ou non comme la fable, c’est un autre problème.
      🙂

    10. Vigneron: « Et on fout les accapareurs rétifs ou un peu trop imperméables à l’idée d’intérêt supérieur de l’humanité en stage longue durée à Guantanamo. Quand Obama se sera enfin décidé à honorer ses promesses, c’est à dire vider les lieux. Soit à la Saint Glin-Glin. »

      En fait Obama a peur que Fidel libère tous les prisonniers politiques de Cuba,
      alors il a maintenu Guantanamo, en violant ses engagements de campagne,
      pour s’assurer qu’à Cuba on continue à embastiller et torturer…

    11. 167 prisonniers politiques(?) à Cuba (le Figaro 10.07.2010)
      176 prisonniers ? à Guantanamo le 10.08.2010.

    12. @vigneron: mais les ricains n’ont pas que guantanamo pour leurs prisonniers politiques, ils sous-traitent aussi pas mal à l’extérieur. Et le plus souvent dans des pays où la torture est facile.

  3. A lire votre conclusion, ce qui est bien, en « sciences » économiques, c’est que rien n’est jamais certain! J’ai tout de même l’impression -sans connaître de manière précise « les chiffres », hors le fait que les USA représentent environ 27% de la « richesse » créée à travers le monde (très loin devant la Chine)-, que le problème des Etats-Unis, c’est de trouver au plus vite des raisons (et non pas tellement les moyens) de faire de la « valeur ajoutée ». Grands travaux? A priori, non. Nouvelles technologies (voiture à hydrogène, nanotechnologies, tout ce que vous voulez, à partir du moment où: 1. à « valeur ajoutée » = tout le monde n’est actuellement pas capable de le faire 2. Les Etats-Unis sont aptes financièrement, scientifiquement, culturellement, que sais-je? à se lancer « dans l’aventure » 3. le « retour sur investissement » -pas uniquement financier…- est suffisemment rapide). Sinon? Une bonne guerre, comme disait ma grand-mère, mais ils en ont déjà deux sur le dos, et cela n’a pas l’air d’arranger les choses… Pour que mes propos soient compréhensibles, ce qui me fait raisonner tel que je viens de le faire, c’est votre début de phrase, à priori contradictoire:  » Ainsi, si les Américains, face à la menace accrue d’une déflation, devaient faire fonctionner la planche à billets,… ». Déflation + planche à billet = contradictoire! = absence de débouchés? Il n’est pas inpossible -pour les optimistes- que la solution à la situation de l’Amérique soit là: une sorte d’accéleration obligée du « phénomène d’obsolescence », auquel seuls les Américains pourront y répondre (et pas les Chinois, par exemple). Bref, une création destructrice (et non pas l’inverse…).

  4. Citation:
    « Finalement, n’est-ce pas des Etats-Unis, en raison de la profondeur de la crise qui traverse la société et en dépit des difficultés qu’elle rencontre à faire face à la nouvelle donne qui se précise et bouleverse ses fondements mêmes, que peuvent provenir des surprises ? Le pire n’est pas toujours sûr. »

    Super ! Du baume au coeur ! Cela ne fut qu’une petite saignée…

    P.S.: Question lancinante des profiteurs de tout poil:
    « Combien faudrait-il d’individus souscrivant un emprunt de 100 000 euros pour garder ce système sangsue à flot ? ».

  5. USA : le déficit budgétaire reste sur une pente descendante (AFP)

    « Sur les dix premiers mois de l’exercice budgétaire, qui court d’octobre à septembre aux Etats-Unis, le déficit a atteint 1.169,1 milliards de dollars. Il apparaît en baisse de 8% par rapport à la même période de l’exercice précédent.

    Etant donné qu’août et septembre sont des mois où le déficit est traditionnellement moins élevé qu’en juillet, le déficit pour la totalité de l’exercice 2010 a de bonnes chances d’être moins élevé que celui de 2009 (1.415,7 milliards de dollars).

    Cela démentirait une prévision publiée par la Maison-Blanche le 23 juillet, selon laquelle le déficit de 2010 battra le record établi en 2009. »

    Tout va bien dans le meilleur des mondes possibles…

  6. @ Suricat, votre conclusion me semble juste, la valeur refuge sera les matières premières, agricole (je suis paysan et pour moi on est pas arrivé à l’automne, cela veut dire que ça va continuer), le pétrole etc…de l’utopie au réel le choc va créer de l’entropie, on commence par en vouloir à l’oiseau, puis on écoute l’augure

  7. Juste une belle illustration de mon propos sur le fait que les marchés sont dans un système auto-manipulé:
    Le 10 Août 2010 Le Monde titre aprés une baisse de Wall Street de 0.5%:
    La Fed inquiète du « ralentissement » de l’économie américaine

    Le 11 Août 2010 Le Monde titre aprés un baisse de 2.5%:
    Aux Etats-Unis, la Fed s’alarme de l’essoufflement de la reprise

    La FED a-t-elle vraiment changer sont point de vue? Ou sont-ce les journalistes qui regardent un peu trop le cours des bourses pour écrire leurs articles… Si demain la bourse chute de 5%, que vont-ils dire à propose de ce que pensait la FED le 10 lorsqu’elle s’est exprimée ?

    1. Tout système d’analyse qui repose sur l’évolution au jour le jour du marché des actions a toutes les chances de ne rien permettre de comprendre et par contre de donner le tournis.

      C’est de l’analyse de grand papa !

  8. Bonsoir à tous,

    « Le pire n’est pas toujours sûr » dîtes vous François …
    J’aimerais vous croire.
    Un commentaire un peu hors sujet quoique à propos de la situation en Amérique du Nord et du Canada principalement dont on parle peu.

    Je reviens d’un séjour dans l’Ouest Canadien, la province de la Saskatchewan plus particulièrement.
    Alors que le Canada semble être un bon élève ayant mieux passé la crise que d’autres pays, j’ai constaté un nombre conséquent de SDF, en tout cas plus que les années précédentes.
    Habituellement c’était plutôt les  »indiens » qui faisaient la manche …
    Aujourd’hui, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de  »visages pâles » qui quémandaient quelques pièces dont plusieurs femmes. Je n’en avait pas remarqué autant les autres années.
    Quant aux emplois crées récemment, se sont des emplois à temps partiel majoritairement et donc faiblement rémunérés.

    La population rencontrée baigne dans l’illusion totale de la fin imminente de la crise.
    Que voulez-vous avec un litre d’essence à moins de un dollar, la vie peut être insouciante.
    L’Alberta voisin regorge de pétrole alors à quoi bon s’inquiéter ?

    Si les USA (re)plongent comme c’est bien parti, alors je crains que le pire ne puisse être évité.
    Le réveil sera brutal et douloureux.

    1. Bonjour,
      Vous vous êtes pas trop ennuyé ? Faire tant de kilomètres pour voir les mêmes choses qu’ici. L’illusion d’accord, NOUS nous laissons bercer par elle. Mais n’y a t-il pas un homme ou une femme qui vous aurait parlé de la déchirure que peut être l’existence ? Entre nos profondes aspirations et la médiocrité de notre quotidien… Est-ce si difficile d’en parler ? Avoir du carburant à gogo, mais encore. Ne voyez dans mon commentaire aucune ironie ou cynisme.

  9. Petite question à 1000 yens : on nous dit la FED va ré-injecter des liquidités pour desserrer le crédit mais vous nous dites, François Leclerc, que le problème ne vient pas du manque de liquidités mais de la qualité de la demande de crédit (ce que j’interprète comme un manque de solvabilité des emprunteurs). Alors, injecter des liquidités n’améliorant pas à priori la qualité de la demande de crédit, quelle est la logique derrière cette injection ? Rejoint-on la fameuse trappe ?

    1. Il faut que les banques acceptent de préter en fermant les yeux sur la solvabilité des emprunteurs.
      Je leur conseillerait alors de transformer ce type de dettes en titres et de les disperser sur le marché.
      Une autre solution consisterait à préter aux riches à taux négatif.
      Etc.

    2. Nous finirons par le savoir.

      Les acteurs politico-économiques veulent nous mener en bateau mais il n’y a personne à la barre…

    3. EHR
      il y a eu la révolution industrielle (250 ans)
      les ressources « infinies »
      les inégalitées
      le système financier virtuel
      la révolution informatique (depuis 50 ans)
      le trustkonglomération anthropoingéniérique
      c’est fini pour cette période,pas de source d’emploi,plus de pouvoir d’achat

  10. Ce qui apparaît clairement c’est que le système découvre tous les jours un peu plus l’impossibilité de se réformer.
    Tous ceux qui jugent que le capitalisme sous toutes ses formes doit disparaître, que ce soient pour des raisons morales ou parcequ’il est arrivé au bout de son chemin et que ses contradictions ne sont plus surmontables, doivent s’en réjouir mais aussi s’en inquiéter car dans le moment historique de cette agonie ceux qui tiennent encore les commandes tenteront tout pour le sauver, tout simplement parce qu’ils sont incapables d’imaginer un au-delà sur terre.

    1. Moi, j’ai compris à la lecture de ce blog que le système n’a pas la volonté de se réformer, pas l’impossibilité ! 😉

    2. Le capital résistera jusqu’à la cassure.

      La volonté de changer le « système », c’est « nous » qui ne vivont pas de l’extorsion de plus-value,
      directe (actionnaire, propriétaire du capital) ou indirecte (financiers de celui-ci).

      Le moyen, c’est les mobilisations unitaires jusqu’au soulèvement et l’abolition du capital,
      puis enfin la gestion démocratique des ressources et de la production, selon les besoins.

  11. La dette publique américaine a atteint le montant de 13.311 milliards de dollars. Plus que jamais, elle attire les investisseurs, en premier lieu américains.

    Les banques, qui se financent auprès de la Fed à un taux inférieur au rendement des obligations d’Etat qu’elles achètent; les hedge funds, qui découvrent massivement les attraits de ce placement.

    Les premières ont ces deux dernières années doublé leurs avoirs en bons du Trésor; les seconds ont augmenté le volume de leurs acquisitions de 73% entre 2009 et 2010.

    Les dernières décisions de la Fed vont encore accélérer ce processus, puisque celle-ci va reprendre ses acquisitions d’obligations auprès des banques.

    Au lieu d’inquiéter les marchés, l’explosion continue de la dette américaine ravit les investisseurs. Les taux obligataires sont très bas, mais ils font un autre calcul : la déflation fera mécaniquement augmenter la valeur des sommes dues.

    La relance économique que la politique d’assouplissement monétaire de la Fed est sensé induire ne va pas être nécessairement au rendez-vous, par contre une nouvelle bulle d’actifs qui repose sur un endettement incontrôlé continue d’irrésistiblement enfler.

    Depuis combien de temps est-il dit que cela ne sera pas éternellement tenable  ? Est-ce que parce que cela a malgré tout continué que rien ne se passera pour autant ? A quel moment et pour quelle raison l’édifice perdra-t-il son fragile équilibre ?

    La dette publique américaine, c’est les subprimes, mais en beaucoup beaucoup plus gros…

    1. François Leclerc, a t-on une idée de la limite de solvabilité de l’État américain, si cette question a un sens ?

    2. Si vous entendez par solvabilité capacité à rembourser, le point de non retour a déjà été dépassé ! Les calculs montrent que c’est devenu impensable. La question qui suit, c’est comment continuer à flotter…?

    3. François écrit
      « Au lieu d’inquiéter les marchés, l’explosion continue de la dette américaine ravit les investisseurs. Les taux obligataires sont très bas, mais ils font un autre calcul : la déflation fera mécaniquement augmenter la valeur des sommes dues. »

      Si les capitalistes parient sur la déflation, nous ne sommes pas loin de la Grande Crise (autrement dit Dépression)
      Toutes les données, une fois de plus, semblent donner raison à François.

    4. « A quel moment et pour quelle raison l’édifice perdra-t-il son fragile équilibre ?  »

      Je dis peut-être une bêtise mais paradoxalement, j’ai l’impression qu’une vraie reprise serait fatale à l’édifice. Cela créerait de l’inflation et une remontée des taux rendant inévitable un défaut de paiement à court terme. Pour les capitalistes, leur intérêt est maintenant de rester dans la déflation et de ne plus en bouger. La seule difficulté pour eux est de dompter la colère des pauvres.

      Autrement dit, l’augmentation de la dette au-dessus du point de non-retour a radicalisé les possibilités futures: soit une situation d’augmentation des inégalités (y compris sur le plan politique), soit un changement complet de système. Finie la troisième voie social-démocrate, les néo-libéraux l’ont condamnée à dessein, après l’écroulement de la voie communiste. Retour au XIXè mais sans la possibilité du réformisme ni du marxisme à l’horizon.

  12. Interloqué par cette news : l’actionnaire principal de Libération prend la nationalité israélienne ! tout ça pour pouvoir faire de l’equitation, dit-il…je pencherais plutot pour une peur d’une hausse brutale des impôts en france…bettencourt fait école. ile d’arros, israel, enfin au fond je m’en fous. c’est surtout que Libération soit considéré comme un journal de gauche qui me chagrine. la presse française est vraiment dans un état déplorable, la radio et la télé psa mieux. reste tintin jorion.

    1. Oui, c’est la limite de la propagande.

      Vaste sujet… lemonde.fr a mal tourné lorsque M Colombani s’est saisi de la rédaction, depuis c’est une longue agonie. Depuis le « Nous sommes tous américains », et que Lagardère contrôle le capital du journal. L’argent ne rend pas intelligent, et la suffisance ne tient pas lieu de réflexion.

      Ils ne font pas l’opinion, ils n’ont pas su empêcher le « Non » sur le TCE, malgré tous leurs efforts. Mais vu leur ignorance et inculture en matière économique, ils ont sabordé la campagne de 2007, avec la complicité des politiques, en posant des questions sur le nombre de sous-marins nucléaires, et en ne questionnant à aucun moment le slogan du président, travailler plus pour gagner plus. Il n’y eu aucun débat contradictoire, sauf le dernier soir, moins d’en Iran (3-4).

      La presse ici est pire qu’en Iran et nous sommes moins démocratiques que le Vénézuela. Au Vénézuela, on organise des référendum.

    2. Pas trop d’amalgame Messieurs Dames SVP ! Rotschild a clairement que ses actifs resteraient en France et qu’il y parierait ses impôts. La nouvelle formule de Libé semble donner des résultats et sa lecture quotidienne pas si mal que ça

    3. @Liszt

      Je trouve pour le moins inélégant de comparer des démocraties émergentes à nos démocratie croupissantes.
      C’est un peu comme s’épancher sur les qualités respectives de l’épiderme d’un nourrisson de huit jours et de celui d’un cadavre de vieillard trempant dans un marais depuis huit jours… 🙂

    4. Oui effectivement qu’il y parierait ses impôts!
      Sur la capacité à faire l’opinion, on pourrait être circonspect car se retrouver dans un choix Royal/Sarkozy puis produire un score de 52% a tout de même été fortement accompagné par un grand nombre de media appartenant à cette « aristocratie financière » non?
      Il n’est pas si sûr qu’ils soient si ignorants et incultes que cela; ils tiennent les manettes pour aller dans leur direction.

    5. Ah s’il l’a dit, aucune raison de s’inquiéter !! vous me faites rire 🙂 et quand il aura tout délocalisé vous trouverez le moyen de dire que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis !! socialisons les pertes ! et privatisons les profits ! avec l’aval des veaux…

    6. hm, pougnard, vous avez raison, depuis que je fréquente ce blog une des choses qui m’a frappé c’est l’incroyable naïveté de nombre d’intervenants, malgré des années de tromperies en tous genres, et malgré les niveaux d’étude et d’expertise. à ce niveau c’est du domaine de l’incantatoire: rothschild boule de cristal et libération journal subversif.

    7. @methode: « depuis que je fréquente ce blog une des choses qui m’a frappé c’est l’incroyable naïveté de nombre d’intervenants »

      Plus facile à supporter, psychologiquement parlant, d’être naïf que de voir la réalité en face. Il vaut mieux être naïf que lâche et servile. C’est un ex-naïf qui n’a pas encore pris son courage à deux mains qui vous le dit.

  13. Bjr,

    Et si après la crise US (fin d’année), Monsieur le marché se retournait vers l’économie réelle ?

    1. @ M. F. Leclerc

      De plus en plus de pays ou de régions (comme l’UE) mettent en place des procédures de contrôle, d’interdiction de certaines pratiques ou de règlementations qui leur sont propres et qui de facto brisent la nature « globale » qui a caractérisé la sphère financière et sa croissance exponentielle depuis la fin des années 1980. Son morcellement est en fait la forme la plus efficace de dégonflement de cette « bulle » puisqu’elle affecte directement le mode opératoire qui la rend possible.

      Un secteur qui perd son attractivité en termes de ressources humaines, qui voit se dissoudre la puissance de ses principaux centres, qui ne peut plus contrôler son environnement réglementaire et dont la profitabilité décroit, a son avenir derrière lui.
      C’est précisément le cas de l’économie virtuelle.

    2. Des dissonances dans la réglementation financières vont-elles morceler, ainsi que vous l’anticipez, un monde globalisé, l’obligeant à s’impliquer à nouveau dans l’économie réelle ?

      J’aurai plus tendance à observer que les Européens et les Américains se regardent actuellement en chiens de faïence – ce qui n’est pas nouveau dans le domaine financier – soucieux de ne pas pénaliser leurs secteurs financiers respectifs par des réglementations plus contraignantes que celle de leur voisin.

      La surenchère serait plutôt à la baisse ! Car l’une des conséquences redoutée est que des règles trop lourdes ici aient pour conséquence de faire fuir les opérateurs – ainsi que leur contribution au PIB et à sa croissance – vers des cieux plus cléments, là.

      Il n’est pas exclu, dans ce contexte incertain, que de nouveaux centres financiers s’affirment, notamment en Asie, où des terrains d’accueil plus favorables sont prêts à les accueillir (Singapour).

      Si l’objectif est bien de restreindre l’activité financière, pour la rediriger vers sa mission de soutien à l’économie, ce sont d’autres voies qu’il faut chercher. L’interdiction des paris sur les fluctuations des prix est une piste très sérieuse !

      Le système financier reste son pire ennemi. Les conséquences de son implosion ne sont pas encore toutes apparues, et encore moins résolues.

      Il est actuellement en survie, pas davantage. Le déroulement de la suite de l’histoire est aussi incertaine que son rythme ! Il est en tout cas en train de démontrer qu’il ne dispose pas de la capacité à se réformer.

  14. Le déficit commercial annoncé hier est tombé comme une pierre dans le jardin des Geithner, Bernanke et consorts, provoque une révision à la baisse de la croissance du PIB au 2 e trimestre, de 2,4% à 1,2%, et induit des révisions à la baisse de la part des analystes de la croissance du 2e semestre 2010, le débat idéologique et le climat social vont se tendre.

    Robert Reich pointe sur le plus important: The jobs emergency et préconise entre autres la création d’une banque fédérale

  15. Bonjour,

    Une courte promenade béotienne wiki, pour contempler les mäelstroms boursico-monéto-financiers avec un téléscope d’un autre pic, que chacun mette son midi où bon lui semble…

    Fonds souverains:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fond_souverain

    Hedges funds:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestion_alternative#Liste_non-exhaustive_des_principaux_hedge_funds

    Il semble que les fonds souverains représentent des socles-portefeuilles bigrement plus volumineux que les hedges funds, et soient gérés par des groupes restreints de financiers (au prorata des actifs gérés, c’est litote jolie)…

    Dans quelle mesure ces fonds souverains se comportent-ils en investisseurs « classiques », consacrent-ils une partie de leurs liquidités aux divers casinos en « high speed trading » avec effet de leviers et consorts, bourses, produits dérivés, matières premières?

    Les chevilles ouvrières interactives -reliées- de « nos » systèmes d’échanges se seraient-elles foulées d’une entorse en cascade sur toute la longueur de l’arbre à came?

    Incroyable conjoncture, de « simples » renâclements publics et privés additionnés?

    Où sont nos intérêts -particulièrement floués en termes d’équité-?

    On s’assassine poliment dans les coulisses de l’économie, en préparant ferme le mat politico-militaire d’autrui, agitant terrorisme et écologie sur les ombres chinoises du paravent de l’information…

    La psyché des peuples s’affronte par logiciels interposés, modèles sociaux déchirés (crucifiés pour les amateurs de symétrie apocalyptique), le besoin d’air de chacun s’agite sur le curieux paradoxe décliné partout du besoin d’air: pour la « sécurité » de ma respiration, il faudrait que je te fît trépasser, mais ton poumon m’est indispensable!

    Alors on s’agonit de poisons violents, mais discrets – relativement-, et non mortels -pas directement tout du moins- question de responsabilité, juridique future, s’entend, Monsieur, boursicotez donc.

    Diplomatie, feutre mou sur la tête fusionnée politique, financière, économique, inégalement « intégrée » ici et là, les stratèges s’épient, de thinks tanks en G8 à 20 bonne raisons de vous mener en bateau tant que cela nous arrange tous…encore?

    Follement drôle, ce roman, n’est-il pas?

    L’encre de ces lignes d’histoire se prélève sur le mauvais sang que vous -vous?- faites…amoureux désunis de l’espèce et de la vie?

    Combien de milliardaires? personnes physiques et morales confondues?

    Ces « super-êtres » devraient s’exprimer à titre individuel, pour légitimer leur taille gargantuesque, les géants sont-ils si gênants dans notre petit monde?

    Combien de morts -petites ou physiques- inutiles, subtilements et indirectements causées par nos « modèles »‘ en faillites?

    Amour simple de la joie de vivre, « je » retourne à mes résines toxiques (isophtaliques), prix présent du privilège annuel de partager le regard de mon enfant. Pourvu que le masque suffise!

    Belle journée théodore, ton père semblait heureux de partager vos êtres présence avec Paco, Etaine était là?

    Parfois un peu de prose délirante trouve son coin d’espace chez paul.

    1. @ Bertrand

      Vous êtes sérieux là ?
      Ce type est le prototype même de l’ultra libéral qui n’arrête pas à longueur de temps d’encenser Reagan, Thatcher et surtout son Dieu vivant à savoir Greenspan. Ce même Greenspan qui n’avait pas hésité, afin déjà à l’époque de sauver l’économie US, à laisser des bulles se constituer.
      Lorsque vous écoutez M. Chevallier tout va bien dans le meilleur des mondes aux USA. En fait c’est parce qu’on veut trop y réguler qu’ils se retrouvent dans la panade. On croit rêver.

      Jamais je n’aurai pensé que quelqu’un puisse faire de la pub pour le blog de ce monsieur ici. J’ose croire qu’il s’agisse de pousser les gens à constater qu’il existe encore d’indécrottables personnes qui soutiendront jusqu’à leur mort que ce système est la panacée.
      Dans le cas contraire, cela est indécent.

    2. lourdement orienté en effet…L’homme maitrise sûrement bien les chiffres, qu’il envoie en cascade sur ses lecteurs, mais c’est pour mieux te manger, mon enfant ! Son credo pathétique pour les « reaganomics » et les exploits de Miss Thatcher m’ont dégoûté de boire son blog. J’ai aujourd’hui changé de crèmerie, et je hurle aux quidams ébahis : « un jorion, sinon rien ! », sans blague, M…. aurait ajouté Coluche.

    3. « pas du blabla , des chiffres. »

      Cette phrase en elle-même est déjà du blabla néo-libéral.

  16. DE LA CROISSANCE

    La croissance (C) c’est un écart quantitatif (Q) sur un écart de temps (T). Soit C= Q /T.
    La quantité peut aussi s’exprimer en valeur (€) et en volume (V). Soit Q= € x V et donc C= € x V / T.

    Considérant cette formulation, il est donc possible de tirer la croissance par trois ficelles :
    • Augmenter la valeur unitaire (le prix) €;
    • Augmenter le volume (la production) V;
    • Diminuer le temps (le cycle ou la durée de vie) T.

    Bien évidemment, on ne peut pas tirer les ficelles n’importe comment. D’abord il y a deux types d’acteurs (simplification pour ne pas compliquer) : ceux qui tirent, les producteurs, ceux qui retiennent, les consommateurs. Ensuite, chaque acteur n’a que deux mains et deux jambes : une main pour la corde des prix, l’autre pour celle du volume et enfin des jambes… pour courir plus ou moins vite. Les producteurs ont un avantage, celui de pouvoir tirer plus fort individuellement. Les consommateurs ont deux avantages, celui de préférer résister plus à un producteur qu’à un autre (de préférer tel produit plutôt que tel autre concurrent ou non) et celui de pouvoir unir leurs efforts. Tous les jeux humains sont bien sûr possibles entre les différents acteurs.

    A un instant T chaque producteur a une vision plus ou moins précise de ce qui est pour lui l’optimum de l’écart quantitatif (Q) et surtout de sa répartition entre le prix qu’il offre (€) et la quantité qu’il produit (V) qui résulte de sa position concurrentielle de compétiteur. Il va essayer de prévoir (c’est toujours un pari) ce que pourrait être une évolution favorable de sa position au temps T+1. Plusieurs stratégies sont possibles :
    • Baisser le prix pour vendre un volume nettement supérieur (stratégie quantitative);
    • Augmenter le prix et vendre un volume légèrement inférieur (stratégie qualitative);
    • Rendre obsolète le produit actuel (et ses concurrents) pour favoriser un cycle régulier de remplacement rapide en changeant la donne (stratégie innovative) ;
    • Augmenter fortement le prix, le niveau de gamme du produit et rallonger le cycle de remplacement (stratégie sélective ou élitiste).

    Ces différentes stratégies si elles sont validées par les consommateurs, et c’est bien le cas, induisent cependant des qualités de croissance très différentes :
    • La stratégie quantitative implique une baisse des coûts de production qui peut se traduire par des délocalisations, moins de salariés, plus de machines (et donc de capital) et plus de consommations intermédiaires et, in fine, d’énergie et de ressources naturelles. C’est ce à quoi conduit la mondialisation de » l’american way of life » ;
    • La stratégie qualitative implique de pérenniser un savoir faire et une course technologique le plus souvent consommatrice de capitaux mais qui peut comprendre une amélioration écologique de la production ;
    • La stratégie innovative implique un fort investissement en recherche (emplois de haut niveau au détriment des emplois de production) et en matériel de production. Elle est donc très capitalistique mais aussi très environnementaliste pour la production en contrepartie d’une mise au rebut des générations précédentes de produits qui l’est nettement moins. Elle impose aussi un renouvellement rapide des investissements dont la durée de vie est très courte et sans rapport avec leur capacité à produire : leur rentabilité doit être très forte puisqu’impactée par une utilisation très courte;
    • La stratégie sélective est celle qui préserve l’emploi, le capital et l’environnement, malheureusement, par nature elle ne peut être que marginale puisqu’elle s’appuie avant tout sur l’élitisme économique et social.

    Aujourd’hui, nos économies sont malades de l’abus que nous faisons de nos deux stratégies préférentielles de croissance : la stratégie quantitative et la stratégie innovative dont les implications néfastes se démultiplient quand on les combine comme c’est bien souvent le cas (électronique, automobile, finances, assurances…). Quoi qu’en arguent nos politiques, la course à la recherche et à l’innovation appliquées à l’activité économique n’est peut-être pas la planche de salut que nous attendons pour sortir de « la crise » mais juste la corde pour mieux nous pendre.

  17. la crise affaiblit durablement tous les facteurs qui ont permis à l’économie virtuelle de se développer depuis quelques décennies.
    il s’agit de la sphère financière globale qui a fait émerger l’économie virtuelle d’une valeur supérieure à celle de l’économie réelle mondiale.
    depuis le début de 2008 des faillites de géants de Wall Street, le sauvetage par l’Etat fédéral, les rachats dans l’urgence des banques birtanniques par le gouvernement du Royaume Uni, on assiste à la chute des centres financiers, celui de l’empire anglo-saxon Londres, (l’ancien) et New-York,( le nouveau).
    Sans l’argent des contribuables les fleurons de la City et Wall Street auraient disparu.
    C’est progressivement la fin de l’économie virtuelle à laquelle nous assistons. (dur dur pour Londres et New-york..!!)

  18. Il est clair et il n’a y aucun doute sur ce qu’il se passe: les USA subiront une longue phase de stagnation – il n y aura pas d’évolution en « U », mais en « L ». Le problème reste l’inflation qui risque d’enfler, en raison de la consommation accrue en terme de matières premières dans les pays émergents; ces populations veulent vivre comme les occidentaux. Ce coctail pourrait être fatal pour les pays européens, car stagnation économique (« maladie japonaise ») alliée à une inflation galopante accroîtra à coup sûr paupérisation et marasme économique.

  19. Une petite remarque à propos de la Chine. On aborde trop souvent ce pays comme étant similaire à une nation occidentale et réagissant donc comme telle. Or la Chine gère de façon pragmatique ses problèmes. Certes, ils sont immenses et la crise a surpris les autorités. Remarquons cependant que la Chine a momentanément deux atouts majeurs.

    Le premier est le fait qu’elle lie sa monnaie au dollar. Comme tout ce qui se négocie dans le monde passe par le dollar, elle n’est jamais affectée par des variations de changes. Ce qui déplait fortement aux Occidentaux et favorise, bien entendu, l’augmentation continue de l’exécent sur sa balance commerciale. Il est probable que la Chine n’abandonnera pas ce lien avec le dollar aussi longtemps que le pourvoir d’achat de cette devise n’est pas mis à mal.

    Le second est que ce pays, pour ses besoins internes, préfère régler ses échanges commerciaux par le biais de contrats bilatéraux, genre troc, aux aléas des cotations des marchés. De cette façon, la Chine ‘gère’ ses dépenses bien mieux que nous, Occidentaux adeptes des marchés, et souffre moins de la spéculation.

    Le pays profite de ces deux atouts pour consolider ses assises. Et comme il est plutôt dirigiste, il peut se permettre de stopper certaines activités qu’il jugerait néfastes, sans que le pays ne s’en offusque. La Chine est donc bien mieux lotie que l’Occident pour faire face à la crise.

  20. Lorsque le peuple US composé en très grande majorité de chrétiens comprendra qu’il a été ruiné, manipulé (attentats), lessivé par des minorités religieuses et des lobbies industriels dans des pseudo « guerres de civilisations » barbares et des guerres coloniales perdues d’avance (pourtant contre un « ennemi » extrêmement faible) ainsi que par de très mobiles escrocs financier (la finance)
    On peut s’attendre a une réaction du peuple US proche de celle des allemands dans les années 20 et 30
    Le grand allié d’hier pourrait devenir le pire ennemi.

    1. If Tyranny and Oppression come to this land, it will be in the guise of fighting a foreign enemy.

      James Madison

      La question de savoir si un Empire Américain digne du IIIème Reich peut émerger (dans le cas où on suppose que celui-ci n’a pas déjà commencé à émerger) est en effet intéressante.

      Mon expérience des Etats Unis me fait dire que la conscience politique du Peuple américain est assez pauvre. Celle-ci est toutefois bizarrement compensée par un fort sentiment patriotique d’appartenance à « l’esprit de la République », et la « Liberté » qui lui est lié.

      (Liberté au passage sans cesse revendiquée, sans même la comprendre, tellement elle a été dénaturée par les libéraux anti-démocrates depuis un siècle.)

      Ce qui suppose un terreau très fertile au fascisme malgré les forts ressentiments envers les institutions fédérales.

      Il faut donc à mon sens nuancer la réalité de cet état de nature par son coté double tranchant, où le scénario propable pourrait résulter en une majorité qui suivrait un gouvernement de la Peur et une minorité de cercles non acquis à la nomenklatura qui prendrait les armes pour se rebeller.

      Un espoir quand même dans tout cela, c’est que la fin des illusions de la  » Conquête  » éternelle du citoyen dans l’abondance et la prospérité peut amener au final une issue bénéfique malgré les grandes incertitudes qui menacent…

      Que cette crise puissent ramener les américains aux racines du premier caractère américain et de leurs pères, comme ces braves, humbles, pieux et politisés hommes du Massachusetts de 1774…

    2. c’est oublié un peu vite que dans peu d’années, la « majorité » blanche ne sera plus majoritaire numériquement ( politiquement et électoralement c’est une autre chose )
      ce qui explique en partie le phénomène des Tea Party

  21. La même question est sans cesse posée : « le système libéral est-il réformable ? »
    Ceux qui posent encore et encore cette question sont ceux qui rêvent de changer le système en en conservant l’essence.
    Il leur faudra comprendre un jour que ce rêve est en fait un cauchemar qui réveille le dormeur.
    Quand le dormeur revient dans le sommeil, le cauchemar recommence.
    Faudra-t-il le GRAND SOMMEIL pour que le cauchemar cesse ?
    Il me semble aussi qu’un obscur philosophe a un jour parlé du « sommeil de la conscience ».

  22. Correction pour l’or, par rapport à hier : il augmente, dans toutes les monnaies, que celles-ci baissent ou augmentent, en dollar ou en euro.
    +2% en euro actuellement.
    Un ‘gold run’ en perspective, si le mouvement continue plusieurs jours de suite, jusqu’à casser la barre des 1050€.
    Signe du ‘sauve qui peut’ pour tous et des ‘bonnes affaires’ pour certains …

  23. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20100812.FAP6690/le-pib-grec-en-recul-de-1-5-au-deuxieme-trimestre.html

    Le Produit intérieur brut (PIB) de la Grèce s’est contracté de 1,5% au deuxième trimestre 2010 par rapport au trois premiers mois de l’année, a annoncé jeudi l’agence nationale de la statistique.

    En rythme annuel, le recul du PIB grec a atteint 3,5% au deuxième trimestre, selon les chiffres publiés jeudi.

    Le taux de chômage a, pour sa part, atteint 12% de la population active en mai, contre 11,9% en avril. Il était de 8,5% en mai 2009. Le chômage des jeunes (15 à 24 ans) a grimpé à 32,5%, contre 25% en mai 2009.

    Les chiffres dévoilés jeudi traduisent la forte récession de l’économie grecque, au moment où le gouvernement met en place un plan d’austérité drastique destiné à combler la dette abyssale du pays, actuellement à 13,6% du PIB. Le gouvernement s’est engagé à la ramener à 8,6% cette année. AP

  24. Les États-Unis sont sur le point de retourner en récession. A partir de combien de récessions peut-on parler de dépression économique ? Est-ce que ça se calcule ainsi ?

    1. Autant que je me souvienne, on considère qu’un pays ou qu’une zone économique rentre en dépression quant on observe plus de 8 trimestres, soit 2 ans de baisse continue du PIB. Les US y étaient pratiquement entre mi 2007 et mi 2009. Et y seraient toujours sans les trillions déversés par le trésor et la FED depuis 2008.
      La fin de nombreux programmes de relance était prévue pour le deuxième semestre 2010. On y est. les US replongent. Comme prévu. RAS.

    2. La récession est caractérisée par une baisse de deux trimestres consécutifs du PIB d’une économie, la dépression est, sans plus de précision, une phase prolongée de récession  !

      En sciences économiques, la magie des mots remplace souvent la rigueur de leur définition. Demandez donc à plusieurs économistes distingués leur définition de l’inflation, pour voir…

    3. Une récession c’est lorsque mon voisin perd son emploi.
      Une dépression c’est lorsque JE perds mon emploi.

  25. Et une économie mondiale qui est depuis vingt ans dans un cercle vicieux de bulles euphoriques suivies de débullages douloureux et désespérés, exaltations puis dépressions? On appelle pas ça un caractère bipolaire en psychiatrie? Ou maniaco-dépressif comme on disait dans le temps?
    En général, sans intervention thérapeutique, ça finit par la mort auto- administrée du sujet c’t’affaire!

  26. @ Vigneron,

    Bonjour,

    Force, ressources, infrastructures économiques, circuits parallèles (argent gris+noir), les points cardinaux des conflits modernes.

    Force: armée, technologie et renseignement, diplomatie (blanche, verte, noire), information (médias).

    Ressources: matières premières (dans les deux extrémités du lien d’échange production et consommation+acheminement),

    Circuits parallèles: comme la force, et moins encore, trop pudiquement effleurés par « morale », la pénétration de « l’esprit » de ces masses financières dans les organes décisionnels des « ponts » de réinjection de l’officieux dans l’officiel, le tabou sexuel de l’économie en quelque sorte..

    Infrastructures économiques: lieux des forces ou interdépendances de leurs acteurs constitutifs naturels.

    Interactions entre ces pôles bien sûr, pour peu qu’on choisisse ce type de grille de lecture pour « analyse » ou « action ». Les hommes sont volontairement sortis des variables de l’équation, c’est sûrement leur définition « propre » qui se cherche à travers leurs contingences « naturelles ».

    Les éléments schizophrénétiques de la « mondialisation », pour amateurs de cocktails corsés..

    Dans le sport de haut niveau, le dopage n’est qu’un épouvantail, alors en géopolitique…délire de la raison « des tas » d’élites au nom des peuples respectifs…

    Quand « démocraties », « oligarchies », « régimes autoritaires », discutent à table de leurs intérêts respectifs en tentant de les « partager », pour sûr qu’un psychiatre deviendrait un grand humoriste, à enfermer aussi sec, non?

    Pouvoir des éléments constitutifs de la pensée, les prémisses de la dialectique hégelienne, partie « noble » de la philosophie, suffisamment complexe pour laisser à penser à chacun qu’elle lui est plus proche qu’autrui, multi-duplicité de l’universalité d’un propos, tant propice à la sagesse qu’à la folie de tous et chacun! Du respect dialectique du concept d’intérêt/de propriété privée?

  27. La SUR-ABONDANCE des liquidités entassées dans les coffres des banques( et donc inemployées) est à l’origine du gonflement des bulles d’abord sur l’internet puis sur l’immobilier. Il aurait fallu, et dans le monde entier, investir dans les infrastructures et la recherche pour absorber ces liquidités…et créer de l’emploi… et du partage de richesses.
    Ceux qui ont bonne mémoire penseront à saluer la clairvoyance des journalistes du Monde Diplomatique qui ont su, en leur temps et fort à propos, flétrir les politiques de Reagan et Thatcher qui consistaient, notamment, à rediriger vers les coffres des plus fortunés une part non négligeable du revenu des classes les moins aisées.
    Merci cependant aux intervenants et au créateur de ce blog pour ce bel exercice de démocratie qui nous délivre l’esprit des incohérences de la langue de bois officielle.

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