Ce qui pourrait nous attendre (partie I), par François Leclerc

Billet invité.

CE QUI POURRAIT NOUS ATTENDRE (partie I)

Ne pas faire de promesses, c’est ne pas prendre le risque qu’elles vous soient rappelées quand on ne les a pas tenues. Voilà une leçon que beaucoup de politiciens ont retenue et dont ils ont même fait un argument trop entendu, en la retournant : « faites-moi confiance, puisque je ne vous promets rien » !

En cette poursuite d’une crise qui n’en finit pas – et n’est pas prête de se terminer – est-il possible d’anticiper sur ce qui pourrait nous être réservé, que les détenteurs du pouvoir se gardent de revendiquer ? Agissant avec précaution, soucieux d’éviter les éclats et les affrontements, convaincus que le temps travaille pour eux. Sans appliquer un plan préconçu, car il leur faut en permanence s’adapter à une crise dont ils ne maîtrisent pas les rebondissements. Avec pour mission d’exercer toute leur habilité afin de faire accepter comme inévitable et nécessaire – dans la nature des choses, du monde, de l’homme… – la poursuite d’un système qui a piteusement failli. Car ils en sont les exécutants.

Il n’est pas interdit de tracer une première ébauche de la suite, une sorte de scénario, en mettant en relation tout ce que l’on peut déjà percevoir d’annonciateur. En allant à l’essentiel et sans tenir compte d’importantes variantes entre régions du monde et pays. En projetant les grandes lignes d’un avenir sur lequel pèse encore beaucoup d’incertitudes, que de nombreux incidents de parcours peuvent bouleverser. Car il n’y a pas de fatalité, il y a des logiques, parfois inattendues.

Allons-y !

L’expression sortie de crise ne faisant plus partie du vocabulaire de base, il est en premier lieu acquis que celle-ci est désormais réputée introuvable. Amenant à logiquement considérer que nous sommes engagés dans une nouvelle période dont la durée n’est pas connue. Seule référence, la précédente clairement identifiée a été qualifiée de « trente glorieuses », mais c’est chose datée (de la fin de la seconde guerre mondiale au choc pétrolier de 1973). La suivante, que nous venons donc de quitter, mais seulement officieusement, aura donc duré presque trente-cinq années. Plus tard, l’histoire lui attribuera un nom. Nous n’en sommes donc pas à en chercher un pour celle dans laquelle nous venons tout juste de pénétrer. En nous disant donc que son espérance de vie pourrait encore être d’une trentaine d’années, par simple analogie. C’est long et nous allons voir pourquoi.

Dans le monde occidental, la croissance économique – cet indice phare exprimé en pourcentage du Produit Intérieur Brut – ne va pas retrouver ses niveaux précédents. Un débat s’est même instauré sur les tendances à la récession qui se manifestent et le risque de la déflation qui pourrait survenir. En tout état de cause, il s’agira d’une croissance sans emploi. Entendez par là qu’une grande partie des emplois perdus ne seront pas retrouvés, exprimant un chômage structurel, correspondant à des activités qui ne reprendront pas. La durée effective d’insertion dans la vie active étant par ailleurs appelée à continuer de diminuer, aboutissant à ce que l’on rentre sur le marché du travail de plus en plus tardivement pour en sortir de plus en plus précocement.

Sous l’impact des préoccupations environnementales montantes, de premières interrogations ont déjà vu le jour et se sont largement développées à propos des modes de calcul de cette croissance et de son bien fondé en soi. Celle-ci va désormais faire l’objet d’interrogations complémentaires, afin de trouver de nouveaux moteurs – des activités productives – pour remplacer ceux que les pays émergents ont appris à faire fonctionner à moindre coût.

Car le monde a basculé, la mondialisation y a fortement contribué bien avant que la crise n’intervienne, précipitant les pays émergents dans une croissance économique déséquilibrée et destructrice, accentuant en leur sein les inégalités sociales, contribuant à l’accession à un mode de consommation occidental d’une marge significative de leur population. Les pays occidentaux, qui en subissaient déjà le contrecoup, le compensaient partiellement par la machine à faire des dettes et du crédit. Or celle-ci ne retrouvera pas ses rendements perdus.

Seconde caractéristique de cette nouvelle période, le double mouvement de désengagement de l’Etat et de financiarisation de nouvelles activités jusque-là publiques, déjà largement engagé, va se poursuivre, en dépit de la crise qui devrait sonner son glas. Les plans de santé privés et les fonds de pension par capitalisation vont continuer à se développer, réservés aux catégories les plus aisées. Les Etats vont multiplier les partenariats avec le privé, afin de réduire leurs investissements, pour louer des équipements et des services dont ils avaient auparavant la charge. De nouveaux systèmes d’incitation financière parés des vertus environnementales vont être mis sur pied, en lieu et place de contraintes réglementaires. Les terrains de jeux des activités financières vont être agrandis, les activités régaliennes de l’Etat vont être réduites.

Ce que l’on appelle la crise de la démocratie représentative va se poursuivre, non seulement en raison de la professionnalisation de l’activité politique et de la disparition des dernières fragiles barrières entre service public et privé, à tous les niveaux, mais également à cause de l’opacité grandissante dans laquelle les grandes décisions sont prises, hors de tout contrôle et débat ouvert. Les dispositifs institutionnels que le monde financier est en train de se donner pour assurer sa surveillance et sa régulation en sont un inquiétant exemple. C’est tout le débat sur les nouvelles oligarchies.

Enfin, cette évolution va encore accentuer les disparités sociales existantes, qui ne s’expriment pas uniquement en terme de revenus et de pouvoir d’achat, ou bien de patrimoine et de répartition de la richesse, mais se cristallisent de plus en plus en des sociétés différentes, coexistant sur des territoires séparés. Disposant de leur environnement culturel propre, de leurs codes sociaux et de leur mode de fonctionnement distincts. Les passerelles entre elles, pour ne pas parler des ascenseurs, sont peu nombreuses et de moins en moins poreuses entre ces mondes qui se côtoient.

Un univers idéologique virtuel tient lieu de lien social fictif, tandis que les éléments d’un contrôle social multiforme et étendu gère les déviances, quand elles atteignent des proportions inacceptables. L’intériorisation règne en maître. Les contingences de la démocratie et de la liberté ne sont pas revendiquées mais masquées, pour être musclées. La société était éclatée, elle est encore plus compartimentée. Les inégalités sont accrues, ceux dont le statut est d’être dans la moyenne sont à la recherche d’un équilibre de plus en précaire, faisant la connaissance d’un inconfort anxiogène permanent.

Voilà la promesse qui ne nous est pas faite mais qui pourrait être tenue. Chacun peut y reconnaître les contours de bien des événements et des situations dont il a été déjà témoin dans le monde, autour de lui et dans sa vie. Par de nombreux aspects, elle est déjà en voie de réalisation. De la même manière que se manifestent aussi, dans les batailles d’idées comme dans certaines pratiques sociales, les prémices de ce qu’une alternative pourrait être.

C’est sans compter avec la dynamique de la crise actuelle, qui n’a pas dit son dernier mot.

A suivre, partie II : CE QUI LES ATTEND.

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158 réflexions au sujet de « Ce qui pourrait nous attendre (partie I), par François Leclerc »

    1. Le grand roman feuilleton de la crise du capitalisme? Pas mal vu!

      Avec le personnage principal qui meurt à la fin. 🙂

  1. Cher Monsieur Leclerc,
    Je viens de lire le dernier rapport de Natixis ( http://bruxelles.blogs.liberation.fr/Natixis.pdf ), auquel il faut attacher une importance toute relative puisqu’il fait état de projections statistiques et d’une certaine part de fiction, mais il convient tout de même de relever la répartition des dettes des Etats (malheureusement datant de 2008 dans cette note) et je voudrais remémorer à vos lecteurs un commentaire que je fis il y a quelques jours posant cette question : qui prête quoi à qui et pour quel montant ? Il apparait clairement que les Etats souverains enrichissent les banques, les fonds de pension et les compagnies d’assurance, alors qu’ils devraient au contraire verser des intérêts aux citoyens (il y a 60 millions de livrets A – en France – avec, disons, 10000 euros de dépôt par livret, rémunérés une misère, cela représente la moitié de la dette souveraine de la France) ce qui est largement le cas au Japon. Par quel mécanisme les Etats se sont-ils rendus prisonniers des banques et à la suite de quelles décisions des gouvernements ? Où peut-on trouver un nouvel Antoine Pinay pour qui, avec son bon sens provincial, un sou était un sou ?
    Je ne suis pas économiste, mais je tente de gérer ma maigre retraite, et je connais les limites à ne pas dépasser, or les gouvernements européens ont choisi la fuite en avant, pensant que la dette pouvait se confondre avec des investissements sur l’avenir (TGV, autoroutes, centrales nucléaires, hôpitaux,…) que les générations futures finiraient par payer. Pour citer un contre exemple, le développement du réseau ferré au début du XXe siècle fit appel à des capitaux privés. Celui-çi fut nationalisé en 1946 avec le démantèlement de nombreuses voies secondaires ! Quid de cet investissement en pure perte ? Pour citer encore le Japon sur ce dernier point, il y a de milliers d’entreprises privées ferroviaires qui sont rentables et développent des extensions des lignes déjà existantes ! Je ne comprend pas que les Etats (européens) aient tout fait pour se précipiter dans une crise qui va être durable et douloureuse avec comme seule cause, la main-mise des banques sur les finances publiques… C’est pitoyable.

    1. J’ai lu dans Libé ou entendu à la TV, je ne sais plus, que la moitié des livrets A des Français avaient un solde inférieur à 150€.

    2. Selon des chiffres entendus distraitement à la radio, seuls 7% des livret A sont au maximum de l’encours autorisé soit 15000 euros environ.
      L’immense majorité soit 75 % des livrets a moins de 1000 euros …

    3. « Alors pour la p’tite dame ce sera:

      -7 % des livrets au plafond de 15 000 Euros, ça nous fera donc 4.2 millions de livrets sur 60 millions,
      -ce qui nous fait à la louche 60 milliards d’Euros,

      -soit le tiers de la collecte totale de 180 milliards pour 7 % des épargnants,

      -7 % des épargnants qui détiennent 5 fois plus que la moyenne des épargnants avec 15 000 contre 3000 Euros,

      -et 7 % des épargnants qui détiennent 100 fois plus que la moitié des épargnants ne détenant que 150 Euros!

      Et avec ça ma p’tite dame? Vous reprendrez bien un peu d’épargne populaire!
      Allez, je vous monte les taux!
      Et puis vous savez, c’est pour faire des niches pour nos sans-abris! »

      Et des abris fiscaux pour nos riches…

    4. Je ne comprend pas que les Etats (européens) aient tout fait pour se précipiter dans une crise qui va être durable et douloureuse avec comme seule cause, la main-mise des banques sur les finances publiques…

      Effectivement, pour comprendre, il faut savoir que les Etats sont confrontés à une cause autrement plus structurelle que la « main mise des banques ».Le développement des dettes privées comme publics n’est pas la cause de la crise, il est ce qui a retardé, mais amplifie la crise.

      Sur la cause, qui est une crise de plus de surproduction,voir par exemple: http://hussonet.free.fr/h11usc.pdf

  2. Ils vont faire tenir leur système déglingué aussi longtemps que possible, et ça finira sans doute par péter. Et l’on verra des gens en costard se presser dans les chancelleries, et d’autres en treillis se presser dans les rues. Ils referont un système tout beau tout propre que les médias applaudiront, mais dans le fond rien ne sera vraiment changé : on sera toujours dans le capitalisme, avec profits, accumulation, pollutions et inégalités. Après quelque temps de tourmente le calme reviendra, et les centre-villes seront « nettoyés » des clochards qui ne font pas joli.

    1. L’humanité n’est pas une espèce qui disparaitra sans conscience des nécessités.
      J’avais publié déjà un message offrant en résumé trois scénarios possibles:

      1) Scénario REGRESSION
      Les gouvernements arrivent à leurs fins aves les plans d’austérité :
      réduire les déficits publics, éviter les défauts de paiements et la fin de l’Euro.
      Ces plans combinent réduction des dépenses publiques et hausse des impôts.
      Les pays les moins compétitifs souffrent le plus,
      en accentuant la déflation salariale pour offir un « territoire attractif » ou plus attractif au capital.
      Cela suppose pour tous une régression sociale majeure.

      2) Scénario BARBARIE
      La résistance du monde du travail aux plans d’austérité croit de mois en mois.
      Les gouvernements ne peuvent pas lui faire payer la dette, privée comme publique.
      Ils recourrent au défaut de paiement ou à une inflation forte dévaluant les dettes.
      Dans les deux cas, c’est un peu ou beaucoup « l’euthanasie des rentiers ».
      L’effondrement des banques provoque vague de faillite et luttes sociales intenses.
      Selon le shéma éprouvé dans les années 30, pour maintenir sa dictature,
      le capital a recours à tous les moyens répressifs de l’Etat, jusqu’au fascisme.

      3) Scénario REVOLUTION
      Les peuples, prennent conscience pendant les luttes de l’impasse du capitalisme
      et du danger mortel que représente la bête blessée.
      Ils renforcent tous leurs instruments de résistance
      et imposent par tous les moyens nécessaires leur souveraineté,
      en commençant par exproprier le capital.
      Une révolution de civilisation.
      Le début d’une nouvelle étape de l’humanité:
      la production au service des besoins, pas de l’accumulation privée.
      Une production durable, cad respectueuse de la planète.

    2. Correct. On va appeler ça le carrefour de la patte d’oie.
      Et pas seulement pour les rides du sourire aux coins des yeux. Il y faudra aussi la ride du lion entre les deux yeux…

  3. Dans le monde de la finance ont est adepte de la philosophie du chaos, comme les dealers des quartiers. Un état qui n’est plus de droit mais de tous les droits et un état idéal pour pratiquer le business.

    1. Surtout quand nos dirigeants se comportent comme des adeptes de stupéfiants pour calmer leurs angoisses d’enfant …

  4. « La suivante, que nous venons donc de quitter, mais seulement officieusement, aura donc duré presque trente-cinq années. Plus tard, l’histoire lui attribuera un nom. »

    Les 30 piteuses.

    1. @ Moi dit : 31 juillet 2010 à 03:58

      Dans « L’argent des français » publié chez Perrin en 2009, Jacques Marseille a intitulé son chapitre 12 « Les 60 piteuses » qu’il situe entre 1900 et 1961.

      En 1900 la fortune moyenne des Français s’élevait selon lui à 21 171€ soit 9 fois le revenu annuel moyen. Il fallu attendre 1961 pour que la fortune moyenne dépasse cette valeur à 21 695€ représentant seulement 3 fois le revenu annuel moyen. Entre temps cette valeur était tombée à 13 036€ en 1934 et même à 11 514€ en 1951.
      Il n’a pas dit ce qu’était la fortune de l’Etat aux bornes de cette période, déduction faite des dettes qui ne pouvaient pas inclure, et pour cause, les dettes des régimes de protection sociale que l’on a promis d’assurer jusqu’à la fin de leurs jours à tous ceux qui cotisent et ont cotisé.

      Quel pourrait bien être le terme à adopter quand c’est pire que piteux?

    2. Piteuses , calamiteuses, aventureuses dans la mauvaise acception du terme ,en ce sens qu’on a privilégié le hic et nunc au dépens des générations futures.Tous plus ou moins coupables.

    3. @jducac: les fortunes moyennes ne m’intéressent que secondairement, par contre c’est un chiffre sur lequel se fixent souvent les idéologues libéraux (au moins depuis Bentham et sa somme totale du bonheur des individus). Si l’on prend en compte les fortunes moyennes, elles augmentent sans doute encore ces dernières décennies, qui ont pourtant vu la paupérisation de la classe moyenne. On peut de même voir une baisse des fortunes moyennes et que la classe moyenne se porte mieux.
      Je vous ressors l’exemple du hamburger?

    4. Seait-il exagéré d’évoquer
      les décennies crapuleuses ?

      … sinon, pas même dix mille Marseille
      pour un seul Orléan

    5. Effectivement, comme le fait remarquer François,
      il est rare de trouver un nom qui caractérise les 35 ans
      qui vont de la crise de 73-74 à celle en cours.
      Marquée par la hausse du taux d’exploitation,
      parallèle à la liberté accrue du capital,
      on pourrait désigner la période comme « le capitalisme triomphant ».

      Mais je préfère les expressions imagées ci-dessus.

    6. @jducac

      « Nous [ les français ] avons toujours détesté l’argent, l’entreprise, la richesse; nous avons une forte tradition catholique et une forte tradition marxiste, et les deux diabolisent l’économie de marché. La pauvreté, c’est essentiellement subjectif. C’est la psychologie individuelle qui en est largement responsable » Jacques Marseille

      Et pour ceux qui veulent rigoler un peu : http://www.leplanb.org/Jacques-Marseille-au-service-de-l.html

      Merci pour vos belles références.

  5. bonjour M Leclerc,
     » ce qui pourrait nous attendre » dites-vous ,mais à qui vous adressez vous car déjà dans beaucoup de pays les frappes chirurgicales d’austérité financière sont déjà appliquées, entrainant des taux de chômage colossaux….avec les misères qui s’ensuivent ,d’ailleurs curieusement cachées ou occultées par beaucoup de victimes que sont ces génerations d’après 68, d’après 80 .
    Les dirigeants financiers et politiques ont découvert effectivement que les capacités de protestations de ces nouvelles générations étaient extrémement limitées, ouvrant largement la porte à d’autres mesures importantes de régression sociale et financière .

  6. C’est dur à encaisser !
    Lucidité ,article de F. Leclerc éclaire les arcanes de la finance à l’heure d’aujourd’hui.Soit,comme le rappelle Paul Jorion hier : après 2 ans de promesses non tenues,de confusion ,d’autosatisfaction,et surtout de sainte trouille
    –de hauts fonctionnaires face à leur(s) chef(s)
    –de ces dits « chefs » devant les banksters
    —-
    Comme le souligne P. Jorion,cet article que vous lisez, »petit » par la « technicité » ès finance,par son fond même,sera néanmoins lu…
    A ce titre,et oeuvrant plus pour mes grands Enfants et leurs propres Enfants,je m’insurge contre cette gouvernance
    –de mensonges itératifs
    –de magouilles en « réseaux » de « frères » ou autres
    –des 225 trillardaires dont la fortune équivaut à celle des 2 millards d’Etres Humains les plus Pauvres. Je répéte : 225 !!!
    Venez ou revenez écrire pour dire TOUS : Victimes muettes d’une part, ET d’autre part, dévoyés repentis ou sur la bonne voie de la répartition Juste,donc de l’Harmonie,de la paix,c’est à dire de la sérénité possible ,vitale.
    Nous avons en urgence ,besoin des éprouvés,des ressentis de chacun avant d’envisager un mieux-vivre ensemble.
    Paul Jorion en Frsnce et francophonie, F.Leclerc nous ont ouvert leur voies.
    D’autres,nombreux ,mais minoritaires, font de fraternité sans calcul même partout dans le monde.
    Un seul rappel historique : les disciples de Jésus ,ceux là qui ont propagé leur doctrine jusqu’à atteindre les milliards d’Humains,n’étaient au départ que 12 !!!
    Alors,confiance,transparence ?
    A mon avis c’est l’un des moyens essentiels.

    Ce ne sont pas ceux qui aujourd’hui tiennent les cordons de la bourse qui nous y aideront : ‘ils » sont spécialistes de l’omerta.
    Ici oui ,on respire l’Humanisme,la Gratuité,une fraternité sans calcul.
    IL FAUT PERSEVERER ,PLUS ET MIEUX QUE NOS MAUVAIS BERGERS EN PLACE.

    1. Ne faut quand même pas oublier que Paul de Tarse (saint Paul) a bien été épaulé par l’Empereur Constantin… Faut quand même pas oublier toujours non plus que Jésus et ses apôtres c’est une invention de l’État romain… Alors oui, en effet, seulement cela n’était que fiction, et il n’y a que dans les contes pour enfants que douze hommes en colère arrivent à imposer quelque chose… Puis encore, ce temps est révolu !
      Et pour ceux et celles qui croient ce qu’on enseigne au catéchisme, lisez des livres d’Histoire*

      *avec un grand H, je ne parle pas de la pseudo-historiographie apprise à l’école.

    2. Et je rajouterai pour terminer que le sacrement de Charlemagne par Léon III a aidé aussi…

      Enfin, j’aime la naïveté intégriste — c’était ma minute de raz le bol.

    3. @ Brian jacob

      Belle démonstration de « tolérance » trop atténuée…
      Or il faut ,selon P. Jorion ,des bras,des têtes et des jambes nombreux et complémentaires pour oeuvrer dans le sens du bien commun ,du mieux-vivre ensemble.
      Alors il convient aussi de travailler sur le « connais toi toi-même » et d’éviter de lapider trop exécutoirement des « fréres » sans opinion rationaliste exclusive.
      Cela est un droit élémentaire universel,applicable dans tous les « logis ».
      Sans rancune.
      C’était ma bile noire…

    4. Sauf que Brian Jacob parle d’Histoire, et que sur ce point il a raison…
      On ne peut pas corrompre l’Histoire devant tant de gens qui vont prendre pour argent comptant les dires de certains. Jésus Christ est un personnage conceptuel, et c’est dangereux de répandre des intox, car souvent elles sont prises pour vérité…

    5. Rassemblons nous pour sauver l’humanité.
      Les croyances religieuses ne doivent en aucun cas nous diviser.
      Voici ce qu’en disait Marx, qu’on ne peut réduire à la dernière phrase:
      « La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. »
      (Critique de « La philosophie du droit » de Hegel, 1844)

    6. @Brian Jacob
      @Peter Challis

      Quand on se rencontre ici,pour tenter de comprendre.
      Pour ensuite essayer,autour de concepts qui sont largement partagés,étant entendu qu’un des éléments princeps est la liberté,comment bannir de l’échange onstructif des milliards d’Etres Humains?
      Je ne comprends pas cette attitude.
      Je connais un ancien du G.O ,de niveau 33 ; Il fait montre d’ouverture et pas du tout d’angélisme ni de violence à l’égard des courants de pensée autres que le sien aujourd’hui.
      Franchement,inutile de poursuivre ici s’il n’y avait que des sentences semblables à celles de l’historique et horrible inquisition.

    7. @ Charles.

      Vous dites et rappelez fort juste et à propos.
      Ne pas confondre cléricalisme (celui de Combes et tous ceux qui s’en rapprochent) et aspiration essentielle à la quête de Sens.
      Voilà « Ma foi’
      Pas trés jésuistique tout ça ,mais bien plus !!!

  7. L’assassinat de Jean Jaurès a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale, le 31 juillet 1914.

    « Demandez-vous belle jeunesse
    Le temps de l’ombre d’un souvenir
    Le temps de souffle d’un soupir
    Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? »
    Jacques Brel, Jaurès

    1. Pourquoi ? Quelle question. Par bêtise. Avec la capacité à aimer et à penser, c’est aussi l’une des caractéristiques de fond de notre espèce.

    2. « Nous savons très bien que la société capitaliste est la terre de l’iniquité et que nous ne sortirons de l’iniquité qu’en sortant du capitalisme »

      Jean Jaurès, extrait d’un discours prononcé en 1900

    3. Il est légitime de discuter des orientations de Lénine comme de Jaurès,
      mais le premier a lutté efficacement contre la guerre inter-impérialiste,
      et le second l’a fait, en vain, mais au prix de sa vie.

      Imaginons le XXème sièlce avec la révolution ouvrière et la paix
      triomphant, en France, en Allemagne, et donc ailleurs en Europe…

      A méditer à l’heure où la bête est blessée, et la barbarie menace à nouveau.

    1. Moins dans le ton (plus bourgeois) mais toujours de Pierre Dac :

      « Les économies, c’est l’argent qu’on met de côté, pour l’avoir devant soi, et ainsi éviter de l’avoir dans le dos ».

      Ne pas oublier que Pierre Dac est l’inventeur de l’inégalé Schmilblick, qui fait aujourd’hui l’objet de furieuses recherches du côté de la BCE, de la FED et du FMI. ll se pourrait même qu’on en fasse un prototype de Special Purpose Vehicule.

    2. bonjour
      puisqu’on travaille son P. DAC, je propose « Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires »
      Chris

  8. Je pense que malheureusement ce qui nous attend est encore pire ( ce n’est pas sur mais fortement probable) . Le plus triste est que la plupart des gens d’en bas dont le cerveau est constament lessivé par les ecrans aussi plats que les programmes ne veulent pas s’en préocuper . Ils pensent que la meilleur façon que cela n’arrive pas est de se mettre la tete sous le sable (façon autruche). Lorsque vous abordez les sujets serieux entre la poire et le fromage dans les repas de famille hebdomadaires c’est un tolé général ! ! ! Vous vous faites traiter d’eternel pessimiste par les plus sympas et de cinglé pour les autres d’ailleurs vous etes surement tombé dans une Secte.
    Personnellement, j’ai intégré dans mon petit cerveau de classe tres moyenne qu’il se préparer a ce pire que certain disent pas sur . J’ai une partie notable de mes économies en Napoléon je me suis remis a l’agriculture biologique comme je suis casi végétarien je suis en tres grande forme a 63 ans . J’envisage d’acquérir qques hectares de terre en moyenne pyrénées dans un village d’arriege . Il y règne un parfum rare de convivialité et de solidarité entre les gens et les générations ; en cas de crise ultra grave ce qui n’est pas exclu je pourrai toujours aider mes enfants et petits enfants . La pour le coup on va vraiement me traiter de pessimiste .
    Merci Monsieur François Clerc pour tout ce que vous écrivez ainsi qu’a Mr Jorion .

    1. @ ciray dit : 31 juillet 2010 à 09:18
      Je suis dans votre situation à la fin des repas. C’est un sujet que je n’aborde plus depuis plus d’un an avec les générations plus jeunes que la vôtre.

      Par contre, à 75 ans je ne me sens pas en mesure de cultiver la terre pour nourrir une famille d’autant que je sais ce que cela implique pour y avoir participé dans les années 40/50 à une époque où la population ne s’était pas encore agglutinée à 75% dans les villes.

    2. Je ne suis pas certain que les gens d’en’bas comme vous dites soient dupes de ce qui se trame.Par contre les gens d’en haut continuent de penser s’en tirer à bon compte et font tout ce qu’il faut pour.

    3. @ Ciray
      Avec vos économies en napoléons, vous supposez que l’or, « métal mou inutilisable qui ne se mange même pas », continuera a être considéré comme une valeur stable , même si les jeunes prisent de plus en plus les bijoux fantaisie, moins stéréotypés, plus colorés et plus inventifs, ne se fiancent et ne se marient plus guère , consommant moins d’anneaux et de bagues en or avec diams, sauf dans les séries télévisées américaines et dans la jet set, pas très peuplée .

      De la bonne terre cultivable, peu chère actuellement, puisque les gens n’en voient pas encore l’intérêt, à diviser en d’innombrables petits potagers-vergers pour nourrir une population majoritairement au chômage quand le gouvernement aura fini de vider les caisses de l’aide sociale , voilà ce qui pourrait être un placement raisonnable pour les années qui viennent, pendant le grand changement à opérer .

    4. @ octobre

      Pour Léo Ferré – les poètes
      Merci. Une caresse……..mmm…..lumineuse tristesse……c’est doux….c’est bon.

  9. Deux points sur lesquels vous passez trop vite je pense :
    1/ nous avons un problème de ressources et un problème environnemental. Nécessité fera loi, finance ou pas finance. Il est bien difficile de savoir comment cela va évoluer;
    2/ la distinction entre pays développés et émergents est majeure et explique, me semble t-il pour beaucoup la situation actuelle. Tant que les émergents n’auront pas atteint le niveau disons de confort des pays développés, ils continueront comme aujourd’hui et la finance en profitera. Ça veut dire que la route est longue et que si changements il doit y avoir, cela ne sera pas évident.

    1. A propos des limites attachées à nos ressources, deux ordres de solutions sont communément envisagés.

      Le premier repose sur la conviction que l’évolution scientifique et technologique apportera inévitablement la réponse. Il y a un côté fuite en avant caractérisé dans cette attitude scientiste. Exemple dans le domaine de l’énergie : la domestication de la fusion nucléaire (projet Iter).

      La seconde est moins clairement affirmée, car elle suppose un partage inégal des ressources existantes, résultant de l’usage de la force ou de l’argent (les deux ne sont pas incompatibles). Là, c’est le côté prédateur qui domine, l’expression de la loi du plus fort. A cet égard, on peut s’interroger sur la portée effective de la dernière résolution de l’ONU à propos de l’accès à l’eau potable.

      Ces deux attitudes renvoient parfaitement à ce qui anime les intervenants de haut niveau du monde financier : ils croient sans réserves dans la technicité mathématique de leurs modèles et ne sentent pas impliqués dans les effets économiquement et socialement destructeurs de leurs activités spéculatives.

      En ce qui concerne les pays émergents, la vision de sociétés qui progressivement conflueraient avec les nôtres est à mon sens trompeuse.

      Le développement économique à marché forcée qu’elles connaissent n’implique qu’une partie importante mais minoritaire de la population; l’autre, de loin majoritaire, est laissée pour compte. Vu la rapidité du processus, l’héritage sociale et culturel du passé proche imprègne fortement le processus. Au sein de ces sociétés coexistent très grossièrement trois mondes : les riches, les démunis, et les autres, que l’on appelle classes moyennes en utilisant une analogie trompeuse renvoyant aux nôtres.

      On peut au contraire décrire nos sociétés développées comme connaissant un mouvement si l’on peut dire inverse. Les classes moyennes y sont menacées de délitement par le bas, la précarité s’installe et se développe, une société des déshérités se constitue. C’est aux Etats-Unis que s’observe le mieux ce phénomène, avec notamment la fin de l’American dream.

      Point commun aux deux processus : une petite minorité profite dans les deux cas d’un mode de vie très privilégié et à tendance à s’enfermer dans des cocons de haute sécurité pour se protéger des intrusions.

    2. Les classes moyennes y sont menacées de délitement par le bas, la précarité s’installe et se développe, une société des déshérités se constitue. C’est aux Etats-Unis que s’observe le mieux ce phénomène, avec notamment la fin de l’American dream.

      C’est, si je ne m’abuse, le programme officiel de Hayeck et de ses émules du Mont- Pèlerin (Pascal Salin par ex) et d’ailleurs, partout ailleurs, explicite ou implicite. La division sociale née de l’artifice social-démocrate de l’après-guerre est pour eux une aberration économique, sociale, politique, philosophique qui doit cesser au plus vite. une monstruosité quasi ontologique. C’est officiel et nullement un effet collatéral du système. C’est presque gravé dans l’ADN de tout nouveau-né depuis 20 ans.

  10. Ps = J’ai oublié , Ce serai formidable de traduire en espagnol , nos voisins qui souffre énormément en on certainement besoin . N’y a t’il pas des volontaires bénévoles comme moi a la retraite pour participer a cette mission . Je pense que pour progresser nous devons tous réunir nous petits talents pour le bien qui cherchent a comprendre ce qui se passe. Merci .

  11. Bonjour François,

    Deux courts extraits :
     »Seconde caractéristique de cette nouvelle période, le double mouvement de désengagement de l’Etat et de financiarisation de nouvelles activités jusque-là publiques, déjà largement engagé, va se poursuivre, en dépit de la crise qui devrait sonner son glas. »

     »La durée effective d’insertion dans la vie active étant par ailleurs appelée à continuer de diminuer, aboutissant à ce que l’on rentre sur le marché du travail de plus en plus tardivement pour en sortir de plus en plus précocement.

    Toujours plus… On continue à réformer à l’envers.
    C’est un train fou lancé à pleine vitesse dans une longue descente, emporté par sa propre inertie que rien ne semble pouvoir arrêter.
    L’énergie cinétique augmente de jour en jour … jusqu’au moment où l’impact se produira.
    Quel sera la nature de cet impact qui stoppera toute cette dérive ?

  12. Quelques faits, en vrac parmi beaucoup, relevés ces derniers jours:

    – Interrogatoire de la PJ parisienne pour disculper un « grand » ministre de la République, maître d’œuvre des financements du parti et des campagnes du plus haut personnage de l’État.

    – Un préfet déplacé et remplacé par un ancien directeur de la sécurité publique de Paris à Grenoble, après la nomination d’un ancien chef du RAID préfet, aux commandes de la Seine-Saint-Denis.

    – Nouveau discours en Andorre de notre Président stigmatisant la spéculation et la fraude fiscale.

    – Réunion exceptionnelle à l’Élysée pour régler le sort des « gens du voyage » et discours ouvertement communautariste, stigmatisant, populiste.

    – Discours hier, du même, annonçant quasi explicitement la guerre civile des bons français contre les mauvais français.

    – Crise politique grave en Italie et Finni qui décide d’en finir avec le fascisme mou et affairiste de Berlusconi en faisant scission d’avec la majorité parlementaire.

    – Demande du gouvernement suédois auprès de l’Europe pour qu’elle intervienne devant les multiples signes d’ostracisme revendiqué dans de nombreux pays de l’UE contre les communautés de gens du voyage.

    Vous voyez ce que je vois? C’est les suédois qui doivent nous donner des leçons?

    1. Tout à fait d’accord.
      On pourrait ajouter, dans le domaine du visible :
      – le remplacement des Préfets par des préfets de police (cf Isère)
      – le mot « guerre » employé pour la 22 ème fois en 7 ans, pour des faits de politique intérieure.

      Dans le moins visible :
      – la disparition de l’APL (Aide Personnalisée au Logement), notamment pour les étudiants (un grand benêt de 23 ans achevant péniblement sa 2nde année de droit – on voit de qui je parle – pourra sans problèmes continuer ses études, pour mes propres enfants, bien plus brillants, c’est moins sûr…
      – diminution drastique du financement des associations diverses (y compris handicapés).

      Après cet énoncé, maintenons-nous la conclusion que tout se vaut, et que seul 1% des politiques est à sauver, toute tendances confondues? Les « hommes de bonne volonté » sont-ils en égale proportion dans l’hémicycle?

    2. En 40, 80 députés ou sénateurs sur 689 suffrages exprimés votent non aux pleins pouvoirs à Pétain. 25 députés et un sénateur sont à ce moment là sur le Massilia en partance vers Casa.
      Des 569 votants en faveur des pleins pouvoirs, 286 parlementaires avaient été élus avec une étiquette de gauche ou de centre-gauche avec le Front populaire et 283 avec une étiquette de droite, de centre-droite ou non inscrits.
      Le texte adopté, pour mémoire:

      « Article unique.

      L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie.
      Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. La présente loi constitutionnelle, délibérée et adoptée par l’Assemblée nationale, sera exécutée comme loi de l’État »

      — Fait à Vichy, le 10 juillet 1940
      Par le président de la République,
      Albert Lebrun
      Le maréchal de France, président du conseil,
      Philippe Pétain.

    3. A Vigneron et François Leclerc,

      Ce qui m’embête plus encore voyez vous, c’est quand cette même odeur désagréable est exprimée par des civils, voisins, responsables associatifs ou autres, qui se prennent chaque jour un peu plus pour des donneurs de leçons, militants de l’ordre et de la légalité, petits apotres de l’intolérance, d’ailleurs encouragés par cette invention révélatrice : Le voisin vigilant.

      Tout ceci n’émane pas seulement d’en haut, mais répond à une demande profonde qui n’a jamais vraiment quitté notre pays.

      http://www.oberdorf-spachbach.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=94:le-concept-du-voisin-vigilant&catid=35:alaune

    4. @vigneron

      Bravo pour cet inattendu point Godwin, d’une redoutable efficacité : cela fait 70 ans que vous pouvez le servir, et pourrez encore le servir pendant au moins 70 ans, comme une horloge arrêtée, à quiconque pourra s’émouvoir des lois prises par les gouvernements de droite et d’extrême droite…
      Je vous situe maintenant un peu mieux.

    5. Vous avez raison, Thomas. Je préfère de beaucoup avoir affaire à des professionnels, fussent ils policiers ou gendarmes, qu’à ces milices de la bien-pensance et de l’ordre citoyen. L’horreur citoyenne enchemisée de noir.
      Pour les pays comme les USA, la tradition du contrôle social au sein des petites communautés locales plus ou moins solidaires et sourcilleuses n’est pas nouvelle. Mais son exportation sous nos longitudes ne me dit rien qui vaille.
      Tondez bien vos pelouses à cadence et hauteur règlementaires les potes!

    6. Tout en sommant le président de la République de « tirer toutes les conséquences » de ses nouvelles annonces sur la sécurité « en rétablissant l’expulsion effective et définitive des délinquants étrangers », Marine Le Pen, a estimé samedi 31 juillet que le chef de l’Etat donnait raison aux thèses que son parti défend depuis trente ans.
      Pour la vice-présidente du FN, « les propos du président de la République qui procèdent d’une nouvelle gesticulation estivale, n’ont qu’un mérite, celui de confirmer officiellement le caractère criminogène de certaines immigrations, vérité pour laquelle le Front national est persécuté depuis trois décennies ».

      Une fois n’est pas coutume, le FN rejoint sur ce point le Mouvement contre la racisme et pour l’amitié entre les peuples, qui regrette « qu’une fois de plus, Nicolas Sarkozy s’aligne sur les thèses du Front national ».

      Le monde.fr

    7. L’inventaire dressé par vigneron n’est en aucun cas exhaustif, les attaques envers les contre-pouvoirs par exemple sont nombreux et s’opèrent parfois à coups de simples décrets, ce moyen devrait être prohibé.
      Il me semble aussi que l’on assiste actuellement à un déroulé d’un programme bleu foncé et que chaque fait divers de l’été sert de prétexte à la mise en oeuvre d’un item.

      « le mot « guerre » employé pour la 22 ème fois en 7 ans, pour des faits de politique intérieure »
      C’est ce qui me fout le plus les pétoches, on n’utilise pas ce mot inconsidérément, il est bien trop lourd de conséquences, les mots ont un sens. A ce jour la guerre se situe en Afghanistan.
      J’ai suivi récemment l’interview de McNamara qui nous révèle des faits à nous faire frémir d’effroi comme :
      « C’est un hasard que lors du problème de Cuba le feu nucléaire ne se soit pas abattu »

      Une page d’histoire contemporaine, essentielle :
      http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/histoire/Les-mercredis-de-l-histoire/2068068.html
      « L’histoire récente des États-Unis vue par l’ancien secrétaire de la Défense américaine Robert S. McNamara. Une captivante leçon de realpolitik par un acteur des conflits majeurs du XXe siècle ».
      Brume de guerre (Etats-Unis, 2003, 102mn) ARTE F Réalisateur: Errol Morris
      Rediffusions : 10.08.2010 à 10:40

      Je me souviens aussi d’un témoignage récent de M. Gorbatchev au sujet de la guerre froide lorsque les tanks US étaient face à ceux de l’URSS à Berlin :
      « nous avions la solution pour contrer une attaque nucléaire US mais le résultat en aurait été la destruction totale de l’humanité ».

    8. @papiman

      Je me méfie des hypothèses uchroniques, genre et si De Gaulle, et si pas De Gaulle, et si pas Churchill, et si Kroutchev etc.. Surtout quand c’est évoqué par des acteurs plus ou moins clairs des évènements en question. Il se trouve que ça a été ou ça n’a pas été, point barre. Mieux vaut savoir à peu près les conditions d’existence des faits avérés que partir en live sur les effets éventuels dans les mondes parallèles et dans une perspective historiograhique quasi quantique…

    9. Merci Vigneron d’avoir rappelé comment la gauche respectueuse s’est couchée devant l’ordre du capital, alors représenté par Pétain.

      Toute ma jeunesse, découvrant l’horreur des camps, j’ai ruminé cette trahison.

      Ils n’ont cessé depuis de remettre le couvert, de massacres coloniaux en trahison des luttes sociales, jusqu’au coup de force de Versailles, contre le vote majoritaire du peuple.

      En deux ans de crise: pas la moindre analyse, pas la moindre perspective pour en sortir.

      Et pire maintenant la « société du soin », inspirée du care de la droite US.

      Paul a raison. On ne peut compter sur les institutions et les partis du capital.

  13. Une force d’opposition – ou de reconstruction – se constitue quand une masse de citoyens fait passer une aspiration générale avant la sienne, se regroupant, par exemple, en parti structuré plutôt qu’en se préparant un abri pour protéger sa famille d’une probable catatrophe. Il faut un haut niveau de ras le bol pour mobiliser tout un pays et l’engager dans de vraies réformes. Nous n’en sommes pas là.
    Marcel ga

    1. Paul tout a fait d’accord avec vous et c’est bien pouquoi vu la difficulte que l’on a pour faire reflechir les gens qui vous traitent de fou . Que certain comme moi commence a se replier sur eux meme dans tous les sens du terme . On se contentera d’observer .

    2. Une force d’opposition – ou de reconstruction – se constitue quand une masse de citoyens fait passer une aspiration générale avant la sienne, se regroupant, par exemple, en parti structuré plutôt qu’en se préparant un abri pour protéger sa famille d’une probable catastrophe.

      Cela est une des difficultés dans toute société. Il faut semble-t-il que la situation devienne intenable pour que se forment des mouvements puissants de résistance ou, comme vous le dites, de reconstruction.

      Il existe pourtant des mouvements de citoyens faisant passer une aspiration générale avant la leurs : ce sont les personnes qui participent activement à des associations de défense des droits de l’homme, qu’il s’agisse de droits des personnes handicapées, des droits des enfants, des droits des personnes âgées, des droits des malades, du droit au logement, parents d’élèves, j’ajouterais même des activités moins directement liées aux droits humains mais qui y participent à leur manière : associations qui promeuvent le sport amateur, la pratique des arts, la sécurité des personnes comme par exemple les associations de secouristes ou encore des associations d’aide directe comme les restaus du cœur, le secours populaire ou sa contrepartie catholique ou le Sidaction et d’autres…

      Il ne faut pas oublier les partis politiques dont on ne montre trop souvent que la turpitude et l’arrivisme de leurs appareils. Il y a pourtant des gens sincères dans les partis. Le « tous pourris » ne profite qu’à ceux qui le sont vraiment…

      Toutefois ces organisations ont souvent du mal à attirer vers elles des citoyens faisant passer une aspiration générale avant la leur. Pour avoir participé à ce genre d’activités depuis mon adolescence d’abord comme animateur d’un ski club, puis dans le domaine du handicap au niveau local, puis national puis européen, je peux témoigner que les bonnes volontés ne se bousculent pas.

      Petit aparté personnel : Etant gravement malade et probablement pour très longtemps, je cherche désespérément des bonnes volontés pour reprendre mon activité dans le cadre de la Plate-forme Sociale européenne dans laquelle je représentais Autisme Europe. Mais personne ayant la connaissance de l’autisme et l’expérience du travail associatif en particulier au niveau international ne s’est porté volontaire pour me remplacer… C’est pourtant une activité passionnante, débouchant sur des actions réelles sur l’amendement de directives européennes dans le domaine social dans le sens d’une meilleure protection des personnes qui subissent diverses formes de discriminations.

      J’ai parlé de ces activités dans la durée car même si les « révolutions » peuvent apporter des changements profonds, l’expérience montre que « rien n’est jamais gagné » voir l’expérience de 1789, plus récemment celle des féministes dans le monde ou celle de mai 1968 en France ; on ne peut jamais estimer une cause gagnée si le mouvement de base ne continue pas son travail en profondeur…

      Il faut un haut niveau de ras le bol pour mobiliser tout un pays et l’engager dans de vraies réformes. Nous n’en sommes pas là.

      Pourquoi sommes nous condamnés à attendre le pire pour commencer à agir ?

      Par ailleurs, mobiliser tout un pays ne suffira pas. En effet à moins de revenir à un protectionnisme intégral, il est impensable d’entamer des réformes nationales ayant une vraie force, apte à produire des changements importants pour la qualité de vie des citoyens de cette nation.

      De plus cela ne ferait que reporter au niveau des états le problème évoqué auparavant au niveau des citoyens :
      Une force d’opposition – ou de reconstruction – se constitue quand une masse de citoyens fait passer une aspiration générale avant la sienne
      « Une force d’opposition – ou de reconstruction – se constitue quand un groupement d’états faisant passer une aspiration générale avant la leurs »

      Et là le problème est encore plus difficile à résoudre…

      Paul

  14. Quelles forces actuelles pour contraindre les spéculateurs à renoncer aux paris sur les changes ou les matières premières; quel groupe de citoyens « réels » pour créer une banque de dépôts et de crédits ciblés ? Comment miner puis remplacer peu à peu le système actuel ? Comment renouveler et contrôler « les élites » et les partis ?
    Envahir les media ? Multiplier les coopératives ? Créer cette fameuse banque ? Créer des monnaies locales ? Encourager les penseurs à phosphorer et à s’exprimer clairement même si le langage novateur ne peut pas être clair d’emblée – encore que Rousseau l’était, lui – ?
    Sachons vivre à ras de terre, aussi …

  15. « Il s’agira d’une croissance sans emploi. Entendez par là qu’une grande partie des emplois perdus ne seront pas retrouvés »

    C’est un point très inquiétant et, là, il ne s’agit plus de plans sur la comète.

    A mettre en perspective avec :
    – les conclusions d’une Viviane Forrester lorsqu’elle décrit l’horreur économique qui se met en place et explique (en 1996!) que le capitalisme n’est pas en crise mais qu’il mute :
    « Seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L’extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l’Histoire, l’ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l’économie et détient le pouvoir. Nous découvrons qu’au-delà de l’exploitation des hommes, il y avait pire, et que, devant le fait de n’être plus même exploitable, la foule des hommes tenus pour superflus peut trembler, et chaque homme dans cette foule. De l’exploitation à l’exclusion, de l’exclusion à l’élimination… ».

    – le leurre de la société de « services » qui ne produit pas des cols blancs mais des précaires.

    – l’erreur (la complicité?) de nos gouvernants qui ont cru aux délocalisations et à la mondialisation heureuse à laquelle nous ferions face grâce à la formation et à l’excellence de notre système éducatif (sic!).

    – La description de l’avenir de l’humanité prévue par les puissants de ce monde, rassemblés en 1995 à l’hôtel Fairmont à San Francisco, qui est hallucinante et cynique (cité par Mediapart / http://www.mediapart.fr/club/blog/roger-evano/280710/le-piege-de-la-mondialisation).
    Eux chiffrent à 1/5 le nombre de travailleurs nécessaires.

    1. Ne faut-il pas penser à sortir de cette obsession de trouver un emploi de salarié ? L’enseignement n’a pas pour but ultime de créer des salariés, mais bien de donner les armes intellectuelles pour créer une activité ! Ce manque d’initiative est clairement mis en évidence par la comparaison avec la débrouillardise de commerçants issus de l’immigration.
      Pour être salarié , il faut bien qu’il y ait un employeur, quelqu’un qui entreprenne une activité qui va créer éventuellement de l’emploi si elle prend de l’extension, une extension qui crée des bénéfices propres et non pas une entreprise subsidiée ! Le statut de salarié vient donc après celui d’entrepreneur indépendant, profession libérale ou société. On ne parle plus d’emplois fournis par un état communiste.

    2. Ah le mythe de l’économie libérale basée sur l’initiative privée!

      La crise est d’ailleurs venue, à point nommé, démontrer que, dès cela chauffe, tous se tournent vers les Etats (les banques (piliers du système) avant tous les autres).

      Sans Etats, les commandes de l’Etat (central ou décentralisé),…, il n’y aurait quasiment plus d’économie (artisans, travaux publics, services,…).

      Ne parlons pas de ces innombrables pseudo-professions libérales (ex: les professions médicales et para-médicales, entièrement financées par les comptes sociaux après des études, parfois longues, financées, elles, par la collectivité,…).

      Y aurait-il une quelconque hégémonie des USA sans les commandes de l’Etat dans le domaine militaro-industriel, le premier employeur ?

      Alors, que pèse le petit épicier du coin, qui occupe les niches horaires délaissées par la grande distribution (largement promue par les Etats) ?

    3. J’ai écris plusieurs fois que le problème principal est qu’il n’ y a pas de travail pour tous,ce qui est très contradictoire avec l’obligation de devoir travailler, plus et plus longtemps.
      Je pense que ces deux exigences inconciliables marquent la folie de l’époque.
      Comme vous citez cette réunion, et que nous ne connaissons pas tout de ce type de réunion, il faut rappeler que la conclusion des congressistes est qu’il faut distraire (amuser la galerie) un nombre sans cesse croissant des habitants de la planête et que les réunions de demain découvriront qu’il faut réduire drastiquement le nombre des surnuméraires.

      Quant à la baisse tendantielle du taux de profi qui devrait anéantir le capitalisme selon certains marxistes, il faut comprendre que ce profit s’est concentré dans les banques et que si on considère qu’une majeure partie des dettes ne seront jamais remboursées il faut bien admettre une baisse du taux de profit.

    4. Je partage cette analyse sur la disparition du travail, du moins du travail tell qu’il a été conçudepuis la révolution industrièle

      on pourrait rajouter à Viviane Forester quelques autre auteurs qui ont pourtant sonné l’alarme, en France et ailleurs. Un peu avant Viviane Forester Jeremy Rifkin avait en 1992 écrit un livre intitulé « La fin du travail » plus récemment en France Dominique Méda a aussi publié un livre intitulé « Le Travail une valeur en voie de disparition ». Pierre Larrouturou a écrit « La crise: la solution interdite » où il acuse aussi la diminution de la part du travail dans la production nationale brute et cela dans tous les pays de l’OCDE. Martin Ford aux USA a écrit le livre « Lights in the tunnel » où il dénonce les pertes d’emploi liées à l’automatisation de plus en plus poussée des processus de fabrication rendue possible par les ordinateurs. Et tout dernièrement Dominique Méda à nouveau dans « Le travail: la révolution nécessaire »

      De tout ça il faut déduire que nous devons nous motiver massivement pour contrer les lobbies industriels et financiers qui, ayant bien compris ce qui est en train d’arriver sont trop occupés à se remplir les poches tant qu’il y a encore à prendre dans les caisses…

    5. donc tant qu’à faire autant s’occuper d’essayer de changer le monde (même si ce n’est pas un travail dans le sens entendu de l’économie)

  16. Sur le Livret A :

    une discussion s’est ouverte sur ce point, qui me semble important, et j’ai eu envie d’y aller voir de plus près.

    Les chiffres (Wikipedia) :

    fin 2008, 45 millions de livrets A étaient ouverts, correspondant à 37 millions de personnes physiques (il y aussi des personnes morales, et des doublons, même si ceux-ci sont en principe interdits). Donc environ 2 français sur 3 (enfants y compris). L’encours total était de 140 milliards d’euros, tandis que 2 millions de compte étaient au plafond autorisé (15 000 €, comme signalé). C’est la caisse des dépôts qui centralise le tout, et cet argent bénéficie au logement social.

    Ces chiffres de fin 2008, période de pleine crise bancaire, et de recherche de refuge, correspondent sans doute à un maximum, et a dû baisser un peu depu,s sans affecter l’ordre de grandeur.

    Pourquoi ces données sont-elles intéressantes?

    – tout d’abord, la somme est non négligeable, et montre qu’il est bien plus productif de jouer sur les taux d’intérêt (d’une clientèle plutôt captive) que de rechercher péniblement les propriétaires d’Iles aux Seychelles (clientèle à la grande mobilité géographique). En bref, taxer un nombre considérable de pauvres est plus simple, immédiat et et productif. Au-delà de ce joyeux cynisme, penser maintenir les budgets sociaux par redistribution est nécessaire, mais pas suffisant.

    – de façon plus profonde, ils confirment l’attachement (dans le plein sens du terme) des Français (et des autres) à leurs banques, puisqu’ils doivent disposer en outre d’un compte courant. Pour beaucoup, ce sont les économies de toute une vie. Certains sur ce blog y verront une preuve d’aliénation (quelle est leur propre position financière?). Pour ma part, je ne regrette pas le temps des lessiveuses, matelas, cassettes enterrées, etc.. , qui offrait la sécurité que l’on sait. En revanche, toute analyse politique ou sociale doit en tenir compte : l’homme politique qui pourra prétendre (à tort ou à raison)avoir sauvé (au moins pour un temps) le système bancaire se verra gratifié d’un ballon d’oxygène (l’expérience a été faite en France : c’est 18 mois de sursis en terme de sondages de popularité). Que le tocsin revienne à sonner, les mêmes causes produiront les mêmes effets…

    1. « montre qu’il est bien plus productif de jouer sur les taux d’intérêt (d’une clientèle plutôt captive) que de rechercher péniblement les propriétaires d’Iles aux Seychelles (clientèle à la grande mobilité géographique) »

      Rien de nouveau. Il a toujours été plus facile de pêcher la sardine que la baleine.

    2. D’après le premier rapport sur l’épargne réglementée, publié mercredi, les livrets défiscalisés remportent toujours le même succès auprès des épargnants, depuis la généralisation de la distribution du Livret A dans tous les circuits bancaires, en janvier 2009.

      Fin 2009, le nombre de Livrets A (et bleus au Crédit Mutuel) s’est établi à 59,9 millions, et leurs encours à 183,4 milliards d’euros, en hausse de 11%, a indiqué mercredi devant la presse, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l’Observatoire de l’épargne réglementée. Sur ce montant, a-t-il ajouté, 153 milliards d’euros ont été collectés par les distributeurs historiques (Caisses d’épargne, La Banque Postale et Crédit Mutuel) et 30,3 milliards (soit 18% de la collecte) par les autres distributeurs.
      Depuis 1993, l’encours de tous les plans et livrets d’épargne populaire est en augmentation constante. Il est passé de 230 milliards d’euros en mars 1993 à 528 milliards d’euros fin 2009. Sur la seule année 2009, l’encours a augmenté de 3%. AFP 28.juillet 2010

      L’épargne a baissé? Vous plaisantez! Perso, taux maximum des livrets d’épargne: taux d’inflation. En aucun cas cas l’épargne ne devrait faire gagner 1 centime, même au plus pauvre des épargnants!

    3. « En aucun cas cas l’épargne ne devrait faire gagner 1 centime, même au plus pauvre des épargnants! »
      Je peux comprendre ce point de vue (stockage de l’argent sans risque) mais dans la mesure où, à l’heure actuelle, un désendettement du secteur privé est aussi souhaitable qu’un désendettement (progressif, d’accord) du secteur public, comment faire alors pour favoriser le financement des entreprises par les banques autrement que par l’épargne des particuliers ? ne faut-il pas justement laisser les taux d’intérêts s’apprécier librement pour permettre à la consommation de baisser et de s’ajuster aux véritables besoins des consommateurs qui, eux, épargneraient, l’épargne permettant aux entreprises de financer des projets à long terme (et plus seulement la production de biens de consommation immédiate) ? Cela entrainerait aussi inévitablement une remise en cause du dogme de l’inflation dans les économies occidentales. Ce serait une voie douloureuse, certes, mais qui permettrait de sortir de ce monde du crédit facile basé de plus en plus sur du vent.

    4. Parce que de l’épargne défiscalisée à 100 % et rémunérée 0.5 point au dessus de l’inflation, c’est pas inflationniste?
      Et quand vous voyez des millions de comptes courants à découvert au 10 du mois et 60 millions de livrets d’épargne à 3000 Euros en moyenne, ça vous parle pas?

    5. Ok, je vous suis, Vigneron, mais on pourrait imaginer une réforme fiscale au niveau de la taxation des comptes d’épargne de manière à ne pas pénaliser le petit épargnant tout en faisant contribuer un peu plus celui qui épargne de gros montants. En Belgique, par exemple, il existe une première tranche d’intérêts exonérées (environ 1700 euros). Le reste est taxable selon un système de « précompte libératoire » (taxation forfaitaire – 15 % – à la source par la banque). Ce n’est pas la panacée mais c’est une piste intéressante. En tout cas, il n’y a pas de honte à rendre l’épargne attrayante. L’investissement boursier direct du particulier deviendrait subsidiaire (une alternative parmi d’autres) et ne concernerait qu’une toute partie de ses revenus (s’il peut se le permettre). Le gros problème (et nous sommes d’accords là-dessus), c’est quand les banques jouent les épargnes de leurs clients en bourse par des moyens obscurs. Là, il faut que le législateur intervienne : rien n’empêcherait ce genre d’investissements mais le client doit pourvoir donner (ou refuser) son accord. Par ailleurs, le problème des découverts doit être gérés par les banques elles-mêmes : les banques qui autorisent les découverts à outrance doivent être pénalisées (sur le plan comptable par exemple). C’est peut-être un bon argument commercial mais en principe, un bon client doit s’inquièter quand sa banque dispense des largesses sans fin à des clients douteux (encore faut-il qu’il le sache, me direz-vous). Bref, on en revient toujours au même point : la question de la solidité financière des banques. Plus d’épargne mieux rémunérée (en Belgique, nous sommes sous l’inflation !) et une recapitalisation obligatoire des banques, ce serait déjà pas mal. Bon dimanche.

  17. Analyse impeccable de ce qui nous attend dans le contexte de la monnaie capitaliste actuelle.
    Bien sûr, tout est censé se plier à la logique de la dette et du surendettement. Le corollaire en est effectivement le durcissement des rapports sociaux.
    Si nous avons déjà, effectivement, un monde divisé entre l’économie monétaire et non monétaire, la mécanique à l’oeuvre augmentera la proportion des personnes vivant sans monnaie (moins d’un dollar par jour).
    Cette évolution, dominante dans les pays pauvres, s’étendra de plus en plus aux pays riches où les minima sociaux diminuent, et interdisent l’accès aux ressources de simple survie.
    Je le répète une fois de plus, nous avons une monnaie qui opère ce partage de plus en plus puissamment, car cette monnaie circule trop mal. L’essentiel de la masse émise est destinée à nourrir la trappe aux liquidités, cette trappe qui fait que 90% de la monnaie émise n’opère plus aucune transaction: ces sommes passent de la banque centrale directement aux vendeurs des actifs pourries (les banques) qui s’en servent pour garantir le remboursement de ceux des investisseurs (épargnants) qui le demandent. Le reste ne quitte même pas la banque centrale qui a simplement augmenté substantiellement les montants des comptes courants détenus par les banques auprès de la banque centrale, afin qu’elle puissent puiser dedans, non pas pour accorder des crédits nouveaux (les emprunteurs restent trop peu solvables) mais simplement pour ne pas être prises au dépourvu quand un investisseur (épargnant) veut retirer ses avoirs. Evénement qui se produit quand même de temps en temps, mais la garantie que les banques sont en mesure de tenir en limite sans doute quelque peu l’ampleur. Il reste que ces fonds ne sont absolument pas disponibles pour des crédits nouveaux. Pour les investisseurs (créanciers), il s’agit surtout que leur rente capitaliste reste garantie et protégée: cela est une nécessité systémique.
    A partir de là, ceux qui ont des réserves liquides importantes pourront toujours acheter ce qu’il veulent, mais ils restent largement en dessous de ce qu’ils devraient acheter pour écouler l’ensemble des biens, services et biens d’équipement. Chacun n’ayant qu’un corps, le nombre d’automobiles qu’il peut utiliser en même temps reste : 1. Même en achetant dix Rolls, il n’utilisera qu’une à la fois. Même chose pour les maisons et pour tout.
    Cette situation conduit, évidemment, à l’accentuation des phénomènes de chômage et accentue les exclusions de l’économie de l’échange monétaire, et une part significative de marchandises est menacée de rester invendue, d’où les restrictions de production, des investissements et la poussée du chômage.
    Tant que nous maintenons ainsi la prime à la liquidité (la prime de préférence pour la liquidité qui génère la « prime de renonciation à la liquidité »), autrement dit la rente du capital (l’intérêt monétaire) attachée à la monnaie elle-même telle qu’elle est, tous ces phénomènes ne peuvent que s’aggraver, car cette monnaie capitaliste est bien l’élément causal tout simplement de de cette évolution qui se réalise avec la violence d’une catastrophe naturelle.
    C’est seulement quand les économistes et les banques centrales se résolvent à émettre une monnaie différente, une monnaie qui circule et opèrerait des transactions sans pouvoir être mise au congélateur que cela changera: le signe monétaire marqué par le temps (SMT).
    Au fond, il ne s’agit pas d’empêcher qui que ce soit d’utiliser ses revenus comme il entend, à une réserve près: La monnaie thésaurisée cesse d’être monnaie, elle devient magot, un élément patrimonial. Mais ces sommes thésaurisées ne font pas demande, et leur volume conséquent représente une force déflationniste très violente. C’est pourquoi les banques centrales sont amenées, via les « monétisations » d’actifs pourries notamment, d’augmenter sans arrêt et très fortement actuellement le volume de monnaie émise, qu’elles le veuillent ou pas (et malgré les réactions offusquées et hypocrites des allemands).
    Car, en ne faisant pas ces monétisations, nous passerions d’un climat récessif instantanément dans un climat dépressif de crise systémique en raison même des insolvabilités croissantes, et la production industrielle se contracterait très violemment très vite: les actifs pourries sont des créances non recouvrables autrement qu’avec de la monnaie fraîche.
    Une telle réforme relativement simple à mettre en oeuvre se heurte surtout aux insuffisances de la comprenette de la part des économistes qui n’ont toujours pas élaboré une théorie monétaire valable et qui s’avèrent incapable d’imaginer que la monnaie elle-même, une institution pourtant entièrement créée artificiellement, doit être repensée de fond en comble.
    Je reste toujours consterné devant une telle passion de l’ignorance qui maintient le statut quo actuel.

    1. La proposition de B.FRIOT « toute personne doit se voir attribuer une qualification et un salaire irrévocables » dans son billet du 4 juillet n’aurait-elle pas le même effet, à savoir faire circuler la monnaie ?
      En effet, si je suis sûr d’être payé tous les mois, plus la peine d’économiser sauf pour un achat un peu plus important.

    2. Je ne vois pas le rapport, et votre commentaire implique que vous avez encore besoin d’une explication pour comprendre un peu.
      Pour faire un achat important, il est évident qu’il faut épargner ou même emprunter, éventuellement beaucoup.
      Faire circuler la monnaie veut simplement maintenir la monnaie disponible, tout comme l’épargne en banque maintient l’argent disponible, car la banque prête ce que l’on lui prête, rien de plus.
      Vous semblez, digne des plus mauvais économistes, confondre épargne et thésaurisation. Ceci est navrant, car ces deux notions n’ont pas grand’chose en commun.
      L’effet d’épargne de l’individu que résulte de sa thésaurisation personnelle est en effet une soustraction quant à la quantité de monnaie circulante. Par contre, l’épargne en banque est parfaitement neutre à cet égard, car l’emprunteur achète alors à la place du prêteur (épargnant) les biens et services effectivement produits. L’épargnant achète plus tard les biens et services de son choix et dès qu’il récupérer son argent placé en banque.
      En thésaurisant, par contre, la demande chute et certains biens et services ne sont pas acheminés et restent en magasin par exemple.
      Si les économistes pouvaient raisonner (rêvons), ils comprendraient ce qu’est un circuit d’argent.
      Et ils comprendraient aussi qu’il est dans la nature de la monnaie, tant qu’elle opère comme monnaie, d’être constamment disponible sur le marché. La monnaie est une sorte de « marchandise idéale », spéciale, qui se caractérise par le fait d’être indéfiniment offerte et de rester indéfiniment sur le marché.
      Cela n’est plus le cas en cas de thésaurisation. En cas d’épargne, cela est le cas.
      Ma proposition du SMT veut obtenir la présence parfaite et stable de toute la monnaie en circulation. La marque du temps implique aussi, je le rappelle, que la banque centrale rajoute périodiquement l’exact montant sorti du fait de la marque du temps. C’est la raison pourquoi j’abandonne le terme de « monnaie fondante », il s’agit plutôt d’une « monnaie vivante » ou vive qui, comme les cellules sanguines (les globules rouges par exemple) doivent être constamment renouvelées pour que la circulation du sang achemine efficacement l’oxygène aux tissus.
      Pour faire circuler la monnaie efficacement, il faut barrer la trappe aux liquidités, et cela ne peut se faire que si on intègre la notion du temps dans la monnaie. car le système a, sinon et comme c’est le cas actuellement, des « hémorragies » liées aux soustractions permanentes de liquidités importantes.
      Il faut se représenter ce que veut dire la non-théorisation du temps de la part des économistes. Un tel défaut de raisonnement est énorme, c’est la négation même du temps qui passe. Et c’est précisément ce défaut qui ne leur permettra jamais de comprendre ce qu’est la monnaie.
      Le résultat en est que la monnaie prélève l’intérêt, la rente du temps, car vous savez que l’intérêt est une fonction stricte du temps.
      Tout cela mérite une meilleure théorisation et une meilleure mise en pratique, mais il n’y a aucune raison que celui qui retient l’argent en tire un avantage de ce simple fait. Ce serait la même chose que de récompenser l’automobiliste en tête d’une file de véhicule qui s’amuserait à bloquer la circulation, acte plutôt punissable. Pour qu’il la « gentillesse » de dégager la route, on le récompenserait copieusement!…
      Pour celui qui bloque la circulation monétaire, il conviendrait de le « punir » plutôt que de le gaver d’intérêts.

    3. « Je reste consterné devant une telle passion de l’ignorance ».
      Ce n’est pas mon cas, je connais trop bien la symbiose entre l’économie et la politique. Effectivement, l’argent circule dans d’autres sphères qu’auparavant, je veux dire que les couches moyennes ont de moins en moins d’argent à leur disposition. Mais il y a une volonté derrière tout ca, une volonté appuyée par les gouvernements qui font que rien ne change. Normalement, l’économie devrait procurer à chaque citoyen des moyens pour qu’il puisse mener une existence satisfaisante selon ses possibilités, capacités et aptitudes, alors qu’aujourd’hui on demande aux individus d’être au service du capital, de la servitude même à l’égard du capital. Les structures du pouvoir, que ce soit au niveau économique, politique ou au sein de la société, ont été systématiquement betonnées au cours des dernières 40 années et il est très difficile de les faire bouger.

    4. Le salarié ou entrepreneur qui trime et ne veut pas dépenser son salaire au jour le jour en restos, vacances, ….. a parfaitement le droit d’en différer son usage, il faut juste lui garantir, autant que faire se peut, sa valeur.
      Le financier ou le détenteur d’actions qui souhaite investir, risquer son capital pour le faire fructifier doit être soumis aux mêmes aléas ou presque qu’un turfiste, gagner ou perdre, sachant que l’Etat et les sociétés de courses sont toujours gagnantes. Il n’est pas question qu’il gagne à tous les coups, surtout pas avec une rentabilité de 15 % ou plus car à la sortie ou à l’arrivée il acquiert de la consommation potentielle sans bosser au détriment d’un autre qui fera le boulot en étant sous rémunéré.

    5. merci pour vos réactions à germanicus et à papiman.
      Je ne dis pas autre chose en disant que c’est la rente de la monnaie, c’est-à-dire la rente du capital qui pose problème et qui fait que les riches vivent en se faisant gaver par les pauvres

  18. C’est dire que la grande cassure que l’on craignait, l’effondrement que l’on redoutait, ne s’est pas produit. Le choc a été absorbé (très mal absorbé mais absorbé tout de même). Ce qui se met en place est une nouvelle « normalité » et si des changements sont à espérer, ils ne prendront pas l’allure de changements révolutionnaires mais celle d’une évolution pas à pas. L’inconnue est en définitive l’attitude des sociétés européennes en prise avec cette nouvelle normalité. Ce qui les caractérise aujourd’hui est essentiellement la passivité, une incroyable passivité. Triste ingrédient pour faire bouger les choses….L’Europe a trop peur de perdre ce qu’elle a gagné et accumulé depuis quelques siècles pour oser vraiment se remettre en question (pourtant, via sa dette et ses fractures sociales devenues structurelles elle est bel et bien en train de le perdre). Il n’y a guère eu, en Europe, que la Russie, pour produire un Gorbatchev, puis un Eltsine (le destructeur), capables de faire vraiment bouger leur pays. Il n’y a pas de projet sans liberté. Et il n’y a pas de liberté sans renonciation à ce qui vous entrave.

    1. C’est dire que la grande cassure que l’on craignait, l’effondrement que l’on redoutait, ne s’est pas produit. Le choc a été absorbé (très mal absorbé mais absorbé tout de même).

      1) Apparemment vous ne venez pas assez souvent sur ce blog, pour être en telle contradiction avec les infos et avis qui y circulent.

      2) Vos assertions, malgré les larmes de crocodile que vous versez ensuite à propos de la passivité des peuples, paraissent surtout relever pour vous d’une utilité purement performative, et révéler un soulagement diffus…

    2. Le choc a t’il été véritablement et définitivement absorbé?
      Après les glorieuses ,les calamiteuses ,entamons nous les foireuses?

    3. « Apparemment vous ne venez pas assez souvent sur ce blog, pour être en telle contradiction avec les infos et avis qui y circulent ».

      Pour venir sur ce blog, soyez au diapason !

    4. Boukovski

      Oh ! non non non. Mais vous vous rendez compte de l’épaisseur de merde qui recouvre les cœurs : vous voulez voir ou vous ne voulez pas voir ? Quand on veut prendre quelqu’un par la main et l’emmener un peu plus loin vers d’autres aventures… plus personne.

    5. Être au diapason n’empêche pas de chanter sa propre mélodie… Ne pas y être fait dissonance, couac, simplement.

    6. Bonjour,
      oui des pleutres que nous sommes je suis bien d’accord, pour l’instant nos société encaisse la crise , digéré ? est ce que le décaissement va avoir lieu un jour ?

      Cordialement

  19. Tout ça c’est bien romantique, encore faudra-t-il prendre en compte (bloqué) le bovarysme dont nous souffrons comme nombre de commentaires en témoignent.

    Dont le mien, d’ailleurs (commentaire récursif).

    Animula vagula blandula
    Hospes comesque corporis
    Quæ nunc abibis in loca
    Pallidula rigida nudula
    Nec ut soles dabis iocos

    Ce qui signifie :

    « Petite âme errante, douce ,
    Hôtesse et compagne de mon corps,
    Qui bientôt partiras en des lieux
    Pâles, raides et nus,
    Tu n’y donneras plus tes reparties habituelles. »

    Hadrien

    1. Emma nous parle de bovarysme.

      Extrait wikipédia -)Le bovarysme décrit « un état d’insatisfaction, sur les plans affectifs et sociaux, qui se rencontre en particulier chez certaines jeunes femmes névrosées, et qui se traduit par des ambitions vaines et démesurées, une fuite dans l’imaginaire et le romanesque[2]. » Le bovarysme traduit surtout une identification excessive à un personnage de fiction, mais aussi une frustration sexuelle dans la vie de couple.

      Article ,un peu misogyne,n’est ce pas?

  20. Bonjour,
    C’est un pessimiste ce type là !
    Ce que vous dites parait assez vraisemblable, on serais condamner à un avenir de misère ou l’extrême droite prendrai le pouvoir… c’est un peu ce que vous décrivez… on peut toujours imaginer qu’il y au un sursaut que les gens ne subirons pas cette dégradation sans réagir…
    Par exemple la Grèce va elle réussir a réduire ses déficits sans que la population ne réagisse? Rien n’est moi sur.

    Et donc des changements importants et imprévisibles peuvent se produire.
    « Là ou est le péril est aussi ce qui sauve » Hölderlin

  21. Ce qui nous attend ? Si on s’en remet à la théorie des cycles de Kondratieff, la période des 30 glorieuses fut la phase A (ascendante) d’un cycle, les 30 piteuses la phase B (descendante) du même cycle. On devrait donc retrouver un nouveau cycle ascendant, à moins comme le pense Immanuel Wallerstein, que cette fin de cycle coïncide avec une période de transition entre 2 systèmes de longue durée et que le capitalisme soit en agonie. Ce dont je doute. Mais si nous sommes dans une période de transition vers un nouveau système, encore inconnu, nul ne peut prédire ce qui va se passer… car l’histoire n’est pas encore écrite.

    1. « Mais si nous sommes dans une période de transition vers un nouveau système, encore inconnu, nul ne peut prédire ce qui va se passer… car l’histoire n’est pas encore écrite. »

      Zut ! Personne ici n’avait pensé à ça. Merci !

  22. Je pense qu’il y a un certain manque de dynamisme dans le fait de certains intervenants. Il ne suffit de cultiver la rancoeur et le cynisme pour avancer ! Tout le monde ne peut pas exiger un emploi de haut fonctionnaire parce qu’il s’appelle comme ci ou comme ça et qu’il a fait telles études ! Ce manque de dynamisme et d’esprit de rebond est très néfaste pour une civilisation. Elle est notamment caractérisée concrètement par la dénatalité. Quoi de plus évident ? Ressasser des clichés est sans intérêt.

  23. Ce n’est pas directement lié au sujet mais ça peut intéresser. Les cours des céréales redécollent, suite à une météo mondiale bizarre (trop d’eau au printemps au canada, sécheresse en europe, el nino en australie,…) et nous n’avons pas pu investir sur nos cultures pour optimiser les rendements (diminution de 80% des engrais phospho potassique sur deux ans, c’est peut-être plus bio mais vous allez pas aimer la suite).

    Le marché du blé était autour de 100€ jusqu’au mois de juin, 120 € début juillet, 170€ aujourd’hui et il n’y aura pas de maïs récolter à grain car on a un déficit de fourrage, donc pas de report sur cette céréale (qui se récolte à l’automne, le blé est quasiment récolté) et le marché va vouloir retrouver son plafond de 2007 250€, voir plus.

    la plupart d’entre nous avons prévendu pour couvrir notre trésorerie 1/3 d’une récolte à 120€ (notre cout de production) et la récolte est diminuée (suite au manque d’eau d’1/3), donc ca sert à rien de raler contre nous, même en spéculant sur la fin de récolte on va sauver nos fermes (entre 10000 à- 80 000€ de revenu sur 2009 pour des fermes avec du lait on dit -30% sans jamais dire le chiffre de référence).

    Mais pour vous chers consommateurs, c’est (je ne l’espère pas, mais voila) 30% de hausse d’ici à l’automne sur les produits de bases (il n’y a pas de fourrage non plus pour les bovins donc le lait et la viande vont flamber, avec un euro fort la viande d’argentine vient à 2.5€/kg, aujourd’hui 3.5€, même si nos cours restent pour l’instant à 2.6€ l’import sera cher).

    Je peux me tromper, mais je crois qu’on aura les mêmes révoltes de la faim et ca sert à rien d’en vouloir aux différents acteurs du marché (excepté les paris à terme par acteurs financiers sans lien avec les filières, mais c’est toujours eux qui exploitent la valeur ajoutée des autres), car tout le monde va vouloir gonfler sa marge, pour avoir les reins quand le marché se retournera, le marché c’est l’incertitude, donc on cherche plus de sécurité, ce que l’état nous garantissait (subvention, intervention, jachère, stock), c’est votre portefeuille qui sera le nouveau régulateur et pour les pauvres votre faim.

    Si vous souhaitez aller sur le site apli-nationale.org (la grêve du lait) regarder les soutiens, cette association ne défend que le lait (mais y en d’autres associations qui pourraient apparaitre sur les autres filières agricoles) et l’idée d’un marché fermé régulé comme au canada, qui permet d’avoir un prix juste à la production et à la consommation, sans spéculation.

    1. Exact, et en plein dans le sujet! J’ai entendu ça sur France-Info hier soir, raconté par le jeune président FDSEA de la Marne qui parlait comme s’il sortait d’HEC bien sûr. Il parlait de +36 % sur le blé depuis 1 mois. Et le blé, c’est le mètre-étalon pour toute les grandes cultures, type maïs, orge, colza, tournesol etc…

      Même avec – 15 % dus à l’Euro, ça va faire mal. Il s »échange beaucoup de papier en ce moment… On le sentait venir. Un petit écart sur les récoltes, les prévisions, les emblavements ou la météo et les rapaces étaient près à piquer sur le marché. On y est. La touche finale.

  24. L’essentiel du problème est la dette.
    elle doit donc ne pas être payée , comme dans une liquidation , les préteurs perdent.
    tous les préteurs , petits et gros.
    Toutes les valeurs doivent descendre en cascade et la déspéculation doit être organisée avec remboursement en cascade.
    La spéculation est interdite.
    Les chomeurs doivent produire gratuitement contre nourriture et logement.
    Les détenteurs de liquidités voient leurs fonds saisis.
    Les fonctionnaires sont mis en usine pour produire des biens et non des services.
    Les activités de service doivent être arrétées.
    Priorité à l’exportation à n’importe quel prix.
    des charters sont organisés pour aller vendre à l’export.
    toutes les importations sont hautement taxées.
    La cession de savoir faire est interdite.
    La recherche multipliée par 10.
    Et en 3 ans la société est redressée , sinon c’est la révolution ou la misère pour 300 ans.
    Les valeurs immo sont divisées par 3 ainsi que leur rapport loyer.
    Les successions servent en totalité au paiement de préteurs étrangers.
    L’armée est mise en alerte à toutes les frontières.
    Les stocks d’or sont saisis et fondus vendus pour du produit de base à transformer.

  25. Heureusement que votre titre est rédigé au conditionnel sinon je me serais interrogé sur la validité du billet de Paul Jorion qui appelle à passer à la phase construction .

    J’aurais volontiers ajouter à votre liste de ce qui apparait comme une liste de dangers et d’écueils , la poursuite et accélération de la marchandisation des corps , de la société spectacle , de la privatisation marchande de toutes les solidarités par le biais de l’assurance et des PPP , la poursuite de la mise sous tutelle des médias libres et citoyens , la privatisation des forces armées et des rapports judiciaires …

    Reste à savoir si les lignes de plus grandes pentes que vous citez sont des évolutions historiques inéluctables ( et tout le monde va se coucher ) , ou des scories d’une histoire particulière et récente qui se termine .

    Si inflexion « de main d’homme » , il doit y avoir, elle résultera ,selon moi, de la conjonction entre des analyses et mises en perspective prophétiques « rationnelles » , telles que celles tentées sur ce blog et chez de plus en plus nombreux individus ou groupes , avec un ou des détonateurs émotionnels qui n’ont rien à voir avec l’analyse historique .

    Beaucoup de politiques l’ont appris à leur dépens ou à leur « avantage » , en réduisant malheureusement l’exercice de maîtrise ( ou de metteur en scène ) de l’émotion populaire à la recherche de réélection pour un prochain mandat sans contenu réel novateur .

     » Vivez , si m’en croyez , n’attendez à demain …. »

    France, mon cher vieux pays , comme j’aimerais que tu portes en germe la force réunie de toutes tes générations pour accoucher d’une nouvelle insolence au  » cours de l’histoire  » , et prendre le parti , le pari , le plus fou , celui de dire non à ce que les pouvoirs donnent comme inéluctable .

  26. Puisque nous sommes sur un site qui cherche d’autres systèmes économiques, avez-vous déjà entendu parler de celui-ci :
    http://www.vivant.org/
    Il fut fondé par un petit industriel belge, Roland Duchatelet, et a des ambitions au moins théoriques à défaut d’avoir réussi à remuer un nombre suffisant d’électeurs.
    Trop révolutionnaire et trop simple ! Cette idée ne pouvait venir que de gens qui travaillent dans l’industrie et le commerce et non de simples théoriciens ou de simples financiers, fussent-ils gonflés d’orgueil.
    Le système a été inspiré par le Professeur Van Parijs et est appliqué, parait-il, dans une certaine mesure dans quelques régions du monde, dont l’État de l’Alaska ! Ce système, que beaucoup de personnalités veulent voir comme totalement irréaliste ou totalement inapplicable, a quand même été officiellement étudié par le Ministère des Finances, qui a simplement trouvé que le niveau suggéré quant à l’Allocation universelle était trop optimiste.
    Personnellement, j’aurais aimé que ce système ait du succès, mais il a trop d’opposants dans le camp des pouvoirs en place qu’il s’agisse du pouvoir de Gauche ou du pouvoir de la Finance. Je pense que le système est aussi partiellement utilisé au Brésil. L’appliquer à toue l’Europe relève évidemment de la gageure ! Mais, sait-on jamais de quoi demain sera fait ?
    J’espère que vous serez intéressés. J’espère que Paul s’y intéressera et pourra ainsi ,que tous les membres éminemment compétents de ce blog, donner un avis motivé si vous le voulez bien !
    Ce blog est vraiment l’endroit rêvé pour en parler ! Non ? Merci d’avance !

    1. Le système a été inspiré par le Professeur Van Parijs et est appliqué, parait-il, dans une certaine mesure dans quelques régions du monde, dont l’État de l’Alaska !

      Ainsi qu’au Danemark et en Allemagne.

      Mais financer une allocation universelle par la TVA, c’est fortement régressif, la TVA étant payée par les plus bas revenus. Je rapelle au passage que même un ultra-libéral comme Milton Friedman était favorable à une forme d’allocation universelle a minima (impôt négatif), juste en vue d’éviter les émeutes…

      2. L’allocation universelle ne requiert pas un financement par la TVA.

      La formule d’allocation universelle qui a connu en Belgique la publicité la plus
      large est celle qu’a développée l’industriel « libéral social » Roland Duchâtelet et
      autour de laquelle il a créé en 1997 le parti « Vivant ». Elle propose un financement de
      l’allocation par une augmentation drastique de la taxe sur la valeur ajoutée, combinée
      avec une suppression des cotisations sociales et une suppression de l’impôt des
      personnes physiques sur les revenus faibles et moyens.

      Un financement des transferts sociaux par la TVA (régressive) est
      traditionnellement considéré comme moins redistributif qu’un financement par l’IPP
      (progressif) et par les cotisations sociales (proportionnelles). Mais la
      « déglobalisation » des revenus mobiliers et plus récemment de certains revenus
      « intellectuels », la sous-estimation du revenu cadastral, une législation fiscale
      complexe que des techniques d’ « optimisation fiscale » permettent d’exploiter et
      l’internationalisation de l’économie conspirent à éroder le rendement de l’IPP et à
      rendre illusoire sa prétendue progressivité.

      Le recours à la TVA à des fins de redistribution ne doit donc pas être un tabou
      s’il permet de saisir plus équitablement les revenus élevés que ne le fait aujourd’hui
      l’IPP. Dans le contexte belge, cependant, toute formule réaliste devra s’accompagner
      d’un recours au moins partiel à un impôt sur les personnes physiques étendu aux
      tranches les plus basses de revenus, l’allocation universelle se substituant à
      l’exonération de celles-ci, avec un gain net pour les ménages aux revenus les plus
      faibles.5 Par ailleurs, le remplacement de l’IPP et des cotisations sociales par la TVA
      ne signifierait évidemment pas que le travail ne serait plus taxé, mais simplement que
      son revenu ferait l’objet d’un prélèvement au moment où il est dépensé plutôt qu’au
      moment où il est gagné.

      Philippe VAN PARIJS, Allocation universelle et valeur du travail , in Espace de libertés 378, septembre 2009, 10-12

      http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/etes/documents/2009w.AU_Espace_de_libertes_.pdf

  27. A long terme nous serons tous morts, en attendant c’est le grand creux de l’été.
    Sauf sur ce blog bien sûr. Pour ce qui est de nos écrans et de nos boîtes à parole, c’est
    le calme plat: tous les grands prêtres des ondes sont en vacances, les classes moyennes
    se bronzent la pilule sur des plages surpeuplées. Le grand cirque reprendra fin Août.
    Dans la torpeur de l’été le gouvernement met la dernière main aux mesures d’austérité
    qu’il dévoilera à l’automne, une grande manifestation contre la réforme des retraites est déjà
    programmée pour le 7 septembre. Voilà la « révolution » attendra que les flacons de crème solaire
    soient vides, et les portes feuilles aussi d’ailleurs…

  28. Et si tout nouveau système ,à court ou même moyen terme, était en fait impossible , en raison de la mondialisation et des écarts actuels de richesse entre les peuples ? Car il faudrait que celui-ci convienne à la fois aux pays riches et aussi aux pays émergents ,ce qui est difficile : voir les rapports chine-USA et ses conséquences aujourd’hui ( dé-industrialisation et endettement record d’un côté et amas de devises de l’autre ) . Je pense que c’est une instabilité durable qui nous attend ,avec un possible chaos en bout de course. A moins de trouver les ressources et les hommes qu’il faut pour créer une sorte de CNR et élaborer un programme ( remettre par exemple le système financier à sa vraie place ,au fond du couloir à gauche ) ,mais cette fois- ci au niveau mondial. On peut toujours rêver…..

  29. Bonjour,

    trés franchement je trouve que votre scénario pour les 30 années suivantes représente DEJA un fait,c’est exactement ce qui se déroule en ce moment, ne voit ont pas déjà une société à deux vitesse, une poussée sécuritaire, le populisme au plus haut niveau, l’accaparement des richesse, et enfin USA, eux qui sont bien souvent en avance sur beaucoup de société : il me semble que tout ce que vous décrivez existe encore plus fort actuellement chez eux, le rapt de la démocratie par les puissances d’argent devient évident maintenant.

    Votre scenario pour un futur c’est du présent déjà bien installé par l’action des logiques capitalistiques.

    Nous en serions donc ,pour un scénario du futur, aux conséquences de ce processus de liquéfaction par l’économie-reine et du fric-roi.

    Accentuation et exacerbation des phénoménes avec in-fine des guerre civile, réveils du terrorisme autochtone (cf en Gréce) ou bien un sursaut du politique qui sache enfin faire régner le bien publique au dépend des interêts du capitalisme ( et qu’une certaine justice sociale reprenne ses droits) car il me semble que le capitalisme non régulé tel que nous le voyons dans cette crise est absolument nuisible à nos démocraties.

    Cordialement

    1. Il n’y a effectivement qu’à observer ce qui se constitue pour saisir qui ce pourra en résulter, une fois accompli.

  30. Un univers idéologique virtuel tient lieu de lien social fictif, tandis que les éléments d’un contrôle social multiforme et étendu gère les déviances, quand elles atteignent des proportions inacceptables. L’intériorisation règne en maître. Les contingences de la démocratie et de la liberté ne sont pas revendiquées mais masquées, pour être musclées. La société était éclatée, elle est encore plus compartimentée. Les inégalités sont accrues, ceux dont le statut est d’être dans la moyenne sont à la recherche d’un équilibre de plus en précaire, faisant la connaissance d’un inconfort anxiogène permanent.

    Voilà la promesse qui ne nous est pas faite mais qui pourrait être tenue.

    Voilà bien le passage le plus foudroyant!…

    Enfin, il respire encore, pauvre bête…SI…If…Conditionnel espoir…La connaissance d’un inconfort anxiogène permanent.

    1. Bonsoir,

      oui mais dîtes le clair : c’est le net à l’oeuvre n’est ce pas ?, l’action hors de la rue ça devient quoi ? une prise de conscience stade 1.0 ou stade 0.1

      Cordialement

  31. Ou bien encore… » Vivez , si m’en croyez , n’attendez à demain …. »

    France, mon cher vieux pays , comme j’aimerais que tu portes en germe la force réunie de toutes tes générations pour accoucher d’une nouvelle insolence au » cours de l’histoire » , et prendre le parti , le pari , le plus fou , celui de dire non à ce que les pouvoirs donnent comme inéluctable .

    ET alors…L’équipe de secours des fins fonds de la toile apparurent…De quoi faire frémir les propagandistes de l’internet…Cela était-il réellement comme dans le virtuellement possible?
    P. Jaurion s’obstinait à nous le faire partager sur ce blog…Du fin fond de la pensée commune réside le germe d’une pensée concrète commune…Bon pour le moment rien d’alarmant…La suite demain avec nos nouveaux nombreux ami(e)s.

  32. En ce moment, l’émission sur FR C le magazine de la rédaction concerne le chômage, c’est une rediffusion du 8 mai;

    Horrible caricature : l’on tombe dans le déclassement prolétaire, la musique prolo, le « prolo », c’est le chômeur;

    – Allez, c’est vrai qu’il y a des gens qui n’ont rien, il ne reste pas toujours quelque chose qui traine (merci pour cette charitable question monsieur le journaliste, « ce qui traine » c’est par exemple un os pour les chiens, un petit morceau de pain par terre)

    – non en effet les moins de 25 ans n’ont rien

    Suit le portrait d’un homme de 54 ans visiblement sans formation, ancien conducteur de convois, célibataire habitant dans le nord. Voilà comment l’on caricature cette population dans une émission sensée se pencher sur la caravane du chômage…

    Alors on leur propose aussi des petits jardins à cultiver, ici des poireaux, des courgettes et c’est bien parce qu’il font peur, personne ne les voit, ils sont invisibles…

    Eh bien dites donc… parler de cette façon du chômage, me donne envie de pendre haut et court toute l’équipe responsable de ce magazine.

    1. Etrange stigmatisation involontaire dans une émission certainement pas délibérément hostile, mais qui n’a fait que recycler des poncifs et tirer des équivalences entre chômage = exclusion, chômage = « prolo » vieux et sans formation, sale, célibataire…

      La réédition du cliché = homme seul, sans formation, vaguement bedonnant, du nord probablement, imbibé, fréquentant les bistros, le proche cousin du SDF.

      Voila la caricature du chômage, que j’ai aussi constaté malgré toutes les bonnes intentions, chez Mermet : Arrière fond musical de kermesse, accents bizarres et, personnes dégradées physiquement.

      Une des recommandation du médiateur de pôle emploi était aussi, d’être plus humain avec les chômeurs de leurs parler…mettre un peu d’humanité dans les contact avec ces pauvres malheureux exclus…il faut leur parler.

      Tout cela est révoltant. Beaucoup de bac + 8 sont au chomage, et beaucoup de familles. Ce sont des familles, avec des enfants.

      C’était de l’humanitaire à l’usage interne mais reproduisant le shéma eux/nous. Le chômeur fait peur etc… un peu comme les cafards mais c’est tout de même des êtres humains…

      Eh bien je vis cela autrement. Il est vrai que je me sens le plus souvent découragé et incapable d’agir, mais je ne suis pas exclu, au contraire je me sens bien, inclus, et je considère que ceux qui travaillent sont plus exclus que moi. Cette grande peur de l’exclusion est ridicule, la vie est un véhicule monospace. Le travail n’inclus pas, et cette obsession de normalité de grégarité est simplement stupide.

    2. « la vie est un véhicule monospace. »

      Et ya un support pour le gobelet de coca? Sinon j’en veux pas.
      Liszt, tu m’en bouche un coin.

    3. Lisztf – (31 juillet 2010 à 20:33)

      Remarquable et brillant.
      Avec un sourire adressé à la vie depuis son large monospace.
      Le grand véhicule.

      La banalité de l’horreur, le côté sadique de notre société avec l’obligation de devoir travailler sans pour autant offrir du travail pour tous, ce qui est très contradictoire comme le dit Marlowe. Sitôt qu’on parle chômage dans ce pays c’est toutes les portes qui se ferment : cœur, esprit, entendement, pensée, imagination : Ils se bouchent les entrées et les sorties !

      « …et je considère que ceux qui travaillent sont plus exclus que moi. »
      : Je suis arrivé à la même conclusion.

    4. Le profit est la source du chomage
      Extrait de
      http://www.npa2009.org/content/crise-septembre-noir

      Dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le chômage touche maintenant 46, 5 millions de personnes, soit 50 % de plus qu’en 2007, et il ne cesse de croître.
      Cela affecte par ricochet la demande pour les produits du commerce et de l’industrie et cela fait baisser les rentrées des États : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les impôts sur le revenu. Enfin, la baisse de la demande alimente une nouvelle vague de faillites, de chômage, de déficits publics.
      Au Royaume-Uni, une fuite du ministère des Finances révèle que le gouvernement s’attend, du fait du budget de crise dévoilé le 22 juin, à une perte de 600 000 emplois dans le secteur public et de 700 000 dans le privé jusqu’en 2015.
      Le capitalisme européen va s’enfoncer dans la dépression en cherchant la solution introuvable entre l’austérité qui déprime la demande et la relance qui fait exploser la dette des États.
      Robert Samuelson écrit dans Newsweek que les sciences économiques ont peut-être atteint leurs limites et Elie Cohen, conseiller économique de Sarkozy avoue dans son livre Penser la crise : « Comment penser la crise, comment rendre compte de la crise et de la défaillance des outils qui auraient dû permettre d’en produire le sens ? Comment rendre compte de la triple défaillance des marchés, des régulations et des théories économiques ? »
      Pour penser la crise, la seule et l’unique voie est de percer l’apparence des choses pour mettre à nu le fonctionnement réel du capitalisme découvert par Karl Marx. Le seul but de ce système est d’accroître la plus-value pour obtenir le profit maximum. Le taux de profit est le rapport entre la plus-value obtenue par le travail non payé et le capital employé composé des salaires, des matières premières et des machines.

      Le FMI vient de réviser sa prévision de croissance en Europe à 1 % en 2010. Lorsque l’économie stagne, la plus sûre méthode pour faire rebondir le taux de profit est de licencier. Partant d’un taux de profit de 10 % avec 10 de plus-value, 80 de salaires et 20 de capital constant, si on licencie 20 % des salariés, le taux de profit passe de 10  % à 11, 9 %. Soit une augmentation de 19 % du taux de profit !

  33. Un peu de poésie bernankienne pour aérer les synapses…

    L’avenir économique de l’Amérique, a récemment jugé M. Bernanke, est « inhabituellement incertain ». Soudainement, l’homme paraît glisser sur la pente elliptique qui caractérisait son illustre prédécesseur, Alan Greenspan.
    Sylvain Cypel, le Monde.fr

    1. La mauvaise nouvelle : 37 milliards de plus pour la busherie Afgirak, malgré les crimes de guerre révélés par des militaires non décervelés

      La bonne nouvelle : 114 représentants ont voté contre ce budget, soit près du double de l’année passée. Comme au Vietnam, l’agression impérialiste aura été atroce pour les peuples concernés mais la déroute approche.
      http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/07/27/ar2010072704655.html?wpisrc=nl_headline

  34. •19%, or 14.748 million of the 77.570 million US households, are in negative equity
    •30.6% of the 48.243 million of homeowners with first mortgages are in negative equity
    •21.8% of the 67.578 million in owner-occupied single family homes are in negative equity
    •4.133 million of the 14.748 million of underwater homeowners are underwater by 50%+, meaning the owe more than 50% more than their homes are worth
    ◦Of the 50%+ underwater category, the worst states are California (672K), Florida (423K), and Texas (344K)
    •Total Negative Equity in the US is currently estimated at $771.1 billion
    ◦California mortgages have $234 billion in negative equity, Florida mortgages have $79 billion in negative equity, Texas mortgages have $48 billion in negative equity

    •$2.4 trillion in total mortgage debt is impaired due to negative equity

    http://www.zerohedge.com/article/147-million-19-us-mortgages-have-770-billion-underwater-equity-24-trillion-total-debt-impair

    1. Ah j’ai compris l’« inhabituellement incertain » de Bernanke!
      Il pensait vaguement, dans un coin de son inconscient, à Freddie & Fannie. Quelque chose comme cet « habité incertain  » ou ce bientôt  » inhabité certainement »!

      Il est habité par l’angoisse du « Negative equity ». Les douleurs de l’empathie du banquier central…

  35. François Leclerc écrit:

    «  »L’expression sortie de crise ne fait plus partie du vocabulaire » ».
    Certes, elle a été tellement rabâchée depuis un an et demi qu’elle n’a plus aucune portée. Ce qu’on entend souvent maintenant, c’est que, sous-entendu, si « la crise est derrière nous », nous n’en subissons plus que les effets. En somme nous avançons à reculons dans la sortie de crise… (comprenne qui pourra!)

    N’étant pas spécialement un « fan » de Bernard Maris, mais il y a des auteurs (dont je pense qu’il fait partie) dont le prisme d’investigation permet de bien discerner les « non-dits » majeurs qui pullulent dans notre vécu et le déterminent sur de nombreux plans. Ainsi, cette remarque de lui dans la présentation de son Anti Manuel de l’Économie:

    «  »les économistes ont “naturalisé” l’économie, l’ont soumise à de pseudo-lois naturelles pour éviter les sujets-clés : qui fabrique l’argent permettant aux gens de vivre, qui crée l’opacité sur les marchés, occulte son rôle néfaste et son inefficacité » »

    Le jour où le capitalisme et les marchés seront – transparents -, ce sera sans doute une autre civilisation. Parlera-t-on encore de capitalisme sous l’acception actuelle et de marché? On peut espérer que ce ne seront plus que des vestiges. Car c’est la condition sine qua non, basique, pour que le moins de gens possible se fassent rouler comme d’habitude. La ruse et le piège, jamais annoncés, c’est l’opacité et la dissimulation, or cette dernière renvoie toujours à la culpabilité. Mettons au point un coefficient déterminant de transparence. Enfin un vrai gage de vérité.

    1. L’idée d’une transparence des marchés est une absurdité. Elle n’a de ‘sens’ que dans le délire du modèle de la concurrence pure et parfaite, c’est à dire, pour les néo-classiques, une sorte d’idéal vers lequel il faudrait tendre. A but normatif donc.
      Elle supposerait que tous les agents disposent d’une information parfaite (quantités, prix,qualité) et exclut toute forme d’incertitude.
      Elle suppose également qu’il n’y ait pas de transaction directe entre les agents puisque ceux ci sont censés passer par l’intermédiaire d’une sorte de figure imaginaire, le ‘commissaire-priseur’.
      Bien sûr, ce qui se déroule dans le réel ne se réduit pas à ce simplisme, les néo-classiques le reconnaissent eux-mêmes. Mais, pour eux tout ce qui empêche le réel de se rapprocher du modèle est considéré comme une perturbation et doit être éliminé. Ce dernier a donc une fonction normative, il agit sur le réel si on décide d’en tenir compte.

      L’incertitude est pour ainsi dire la raison d’être des marchés financiers. Un marché qui serait transparent supposerait que tous les intervenants disposent des mêmes informations correctes. Donc que personne ne peut se tromper (pour le modèle, erreur=imperfection). Dans de telles conditions, la spéculation ne pourrait exister puisque personne ne pourrait gagner contre les autres. Supposer que tous les intervenants puissent disposer de l’information est bien entendu, pour le coup, pure spéculation.

      Sur le marché du travail, un libéral vous expliquera que l’intervention de l’état, par l’intermédiaire d’allocations chômage par exemple, est un élément perturbateur qui empêche de parvenir au prix d’équilibre (le salaire) par simple jeu de l’offre et de la demande. Prix d’équilibre qui ferait magiquement disparaître le chômage.

      Sous prétexte d’apporter à chacun une satisfaction maximale par une allocation optimum des ressources, cette idéologie vise dans les fait à légitimer sous un vernis de scientificité les inégalités et la domination de classe.

      Ce n’est pas avec des injonctions à la transparence que nous mettrons à bas ce système.

    2. Coluche aurait dit que voilà qu’elle est bonne la question clef de Mr Marris,

      qui fabrique l’argent dont les gens ont besoin pour vivre…..

      dixit Coluche ah les … s’ils savaient ils bosseraient moins. D’ailleurs avaient vous déjà vu un riche travailler, aurait-il rétorqué.

      Respirons et profitons du soleil, des étoiles filantes et de dame nature, c’est offert, comme l’argent devrait être, et les marchés deviendraient transparents Souvarine.

  36. Triste monde mais tellement réaliste…je m’empresse de lire la suite.
    La France en 2020 avec ses favelas, l’abstention aux élections dépassant les 50 %, un chômage à 15 ou 20%, « les fils de » succédant aux « fils de ».
    Votre crise de la démocratie représentative me fait penser à une idée qui me paraît simple et claire : on parle souvent de mettre fin au cumul des mandats, mais il faudrait proposer de limiter le nombre de mandats que l’on peut effectuer pour chaque fonction. Ça pourrait être trois mandats pour les maires et les députés etc. et rajouter aussi une limite de nombre d’années à exercer des fonctions politiques pour ne pas avoir des gens qui restent indéfiniment en politique (20 ans de politique, hors présidentielles)
    Enfin pour les élections présidentielles, le système de parrainage serait défini par le nombre de signatures de citoyens en âge de voter pour la présidentielle suivante. On pourrait fixer le nombre à 0.25 ou 0.50% du corps électoral.
    Je ne sais pas si ça pourrait relancer l’intérêt pour la chose politique mais je crois ça sain pour le renouvellement des générations notamment.

    1. Mesures d’évidence, mais qui ne changeront rien à la dictature du capital.
      Au niveau d’avancement de la concentration/putréfaction du capital,
      la condition nécessaire de la démocratie, c’est son extension,
      pour la première fois, à la sphère économique,
      autrement dit la socialisation des moyens de production.

      Après, bien sûr, commence la vie politique démocratique avec des mesures telles que:
      – démocratie directe comme principe
      – délégation de pouvoir à des élus limitée le plus possible
      – non cumul des mandats
      – mandat limité à quelques années, non renouvelable
      – rémunération de l’élu au niveau du salaire moyen
      – droit de référendum populaire
      – droit de révocation des élus.

      Mais c’est le socialisme, nom de Dieu.
      Pire, sire, la démocratie!

  37. Bonjour à tous !

    C’est mon premier post ici après de longs mois de lecture. Je suis un modeste éducateur sportif au contact de jeunes et d’ adultes de tous ages du milieu sportif . J’ai la chance de pouvoir suivre relativement le sens général de ce blog ( sans tout comprendre loin de là ! ) mais je me demande comment faire ce lien avec eux face à une crise qui nous entraine vers des conflits inter classes inter ethniques inter générations ..inter religieux….etc !

    PS: J’ai pratiqué longtemps un sport COLLECTIF et je crois à ses vertus !

    En vous remerciant de m’avoir lu

    1. Moi aussi j’ai pratiqué longtemps un sport collectif, peut-être le plus emblématique: le rugby. Et j’ai aimé ses vertus et haï ses vices.
      Sport co, église, armée, parti…

    2. @François
      « Premier et dernier pas » se disait le suicidaire du haut des cinquante étages… 🙂

    3. sourires Vigneron !

      J’ai plus souffert pour ma part des vices de l’église ,de l’armée et des politiques et j’ai beaucoup plus profité des vertus du sport en général même si effectivement l’histoire de certains sports est liée à l’église, l’armée et aux politiques !

      Merci encore pour ce lieu d’échanges !

      Et puisque certains parlent ici de monnaie fondante,je pense que c’est un peu un des principes du sport à quelque niveau que ce soit ! Rien n’est jamais acquis définitivement !

      Mais les dérives du Sport Spectacle liées au vieux concept romain ( je crois )  » Panem et Circenses » ( Du pain et des jeux ! ) me font peur !

    4. Il y a entre l’économie et le sport , des éléments d’espoir et de désespoir comparables :

      L’apprentissage de la mesure ( au sens propre et un peu plus ) , de la connaissance de ses forces réelles , de la gestion du temps et du chronomètre , de la solidarité quand il s’agit de sports collectifs , seraient à mettre en parrallèle avec le pragmatisme , la « prudence » , le risque mesuré , l’apprentissage du monde , nécessaires en économie .

      ça se gâte quand le fameux  » esprit de compétition  » conduit à voir dans celui avec lequel on se mesure , un ennemi « à tuer » . Car alors tous les moyens sont bons : tricherie , dopage , violence , hors limites et l’argent vient mettre le carburant sur l’incendie qu’il exploite . L’équivalence en économie alimente ce blog depuis des mois .

      Il y a trois décennies j’ai présidé aux destinées d’un petit club d’athlétisme ( 80 licenciés sur l’ensemble des catégories ) . J’y ai appris la reconnaissance et la joie de vivre des gamines et gamins heureux de se découvrir . J’y ai aussi découvert la bêtise assassine de pas mal de parents qui vivent un challenge délirant au travers de leurs enfants . Je m’étais fait une règle de ne jamais aller plus vite que la musique et que la nature , et de ne jamais mettre du fric dans la balance . Mes meilleurs souvenirs entourent des minimes te des cadets .

      Pour avoir aussi tâter des jurys de concours , j’ai un amour certain pour les lanceurs de poids qui sont des gens d’un calme , d’une patience , voire d’une obéissance ahurissante , sans doute parce que leur nature leur a suffi à comprendre que la vraie force n’a pas besoin de s’exhiber et d’humilier qui que ce soit . Je n’en dirai pas autant des sprinters .J’aime bien le judo aussi , ce sport où l’on s’arrête dès que l’adversaire s’admet  » en infériorité  » , et que l’on salue alors avant de se quitter pour se retrouver un jour .

      En tant que cadre , j’ai souvent rêvé de n’avoir que des lanceurs ou lanceuses de poids dans mes équipes de travail .

  38. Pour les trente années qui nous attendent si nous ne changeons pas de SYSTEME, je propose, comme nom, « Les trente merdeuses »…
    Bon, c’est un sourire, non dépourvu de vérité cependant… mais attendons la fin. « Comme elle disait ces mots », un formidable bouleversement vint la faire mentir… et tant mieux…

  39. Je suis toujours stupéfait du nombre de gens qui pensent que nous vivons dans un système capitaliste libéral. Le fait qu’une élite réduite profite du système n’en fait pas du capitalisme. Compte tenu des paramètres monétaires où certains sont éternellement financés par les autres, je pense que l’on peut parler de socialisme conservateur pour riche …

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