L'actualité de la crise: le marché monétaire atteint, par François Leclerc

Billet invité

LE MARCHE MONÉTAIRE ATTEINT

A un rythme choisi, mais suivant des modalités qui convergent, les gouvernements européens s’engagent dans la voie d’une austérité injuste, que l’on n’appellera pas rigueur, car elle est tout sauf rigoureuse.

Laissons à l’OCDE, célèbre pour sa pantalonnade à propos de la radiation les uns après les autres des paradis fiscaux de la liste de la honte, le soin de mettre les points sur les « i ». Présentant un rapport sur l’économie Française, son secrétaire général Angel Gurria a dit aujourd’hui tout haut ce qui n’est encore exprimé que mezzo voce dans la plupart des capitales européennes. Laissant encore espérer que l’austérité salariale et les coupes dans les programmes sociaux, c’est pour les autres.

« La France est bien placée pour assurer une reprise solide à la suite de la crise économique, à condition qu’elle redresse ses finances publiques en opérant des coupes dans les dépenses et en réformant son système de retraites. (…) Des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires », ajoute-t-il pour ne pas être en reste, la principale étant à ses yeux une refonte qualifiée de « vitale » du marché du travail : »le coût du travail doit être réduit, et les taux d’emploi parmi les travailleurs âgés et les jeunes peu qualifiés doivent être accrus ».

S’inscrivant dans la plus classique des traditions, cette recette pourrait laisser sceptique tous ceux qui considèrent le rôle que joue la consommation dans l’économie des pays européens, et se demandent par quel artifice la croissance évoquée par l’OCDE pourrait intervenir. Cela n’a toutefois pas empêché les apprentis-sorciers de l’Eurogroupe d’engager à Bruxelles, pour certains à reculons, le premier round d’une discussion ouverte par la présentation d’un plan punitif allemand, destiné à ceux qui ne seraient pas dans les clous de la réduction des déficits publics. Présenté comme l’alpha et l’omega de la stratégie à suivre pour replacer l’Europe sur une trajectoire vertueuse. Le rapport des ministres sera rendu en octobre prochain, autant de temps de gagné se sont dit les hypocrites qui affichent leur accord mais n’en pensent pas moins. Les Français, comme attendu, vont jouer la montre.

Vu les auspices sous lesquelles s’engage leur réflexion, le temps semble s’être arrêté pour ces hauts responsables. ils n’ont comme seule ressource que de tenter de le remonter, comme si rien ne s’était passé, comme si tout allait repartir comme avant, un bon coup de collier donné.

Il est vrai que, les marchés boursiers venant de subir une nouvelle sérieuse bourrasque, deux bonnes nouvelles sont venues leur redonner du baume au coeur. Wall Street a salué l’adoption par le Sénat par une belle envolée des valeurs financières, ce qui vaut toute fastidieuse analyse du projet de loi de régulation. Les taux du bund Allemand et l’OAT Française – les obligations de la dette – continuent de baisser, atteignant des niveaux qu’ils n’avaient pas connu depuis 25 ans, profitant du plongeon boursier et du maintien à un niveau élevé des taux des obligations des pays européens toujours directement menacés.

La stabilisation de l’euro, y compris sa petite remontée du jour, ne fait pas réellement partie de ces motifs de satisfaction, car les marchés continuent de bruisser de rumeurs d’interventions de la BCE, selon toute vraisemblance au moins aidée par la Fed, qui ne pourront au mieux que freiner sa descente trop rapide vis-à-vis des autres grandes monnaies.

Tout n’irait donc pas si mal à la veille d’un long week-end, vu ce par quoi l’on vient de passer, si ce n’était ce qui nous attend, ce fichu déficit qu’il va falloir résorber sans pouvoir compter sur le retour de la croissance. Car si le rapport de l’OCDE démontre quelque chose, c’est qu’il en est fait son deuil dans les cercles bien informés.

Les plus hautes instances européennes semblent avoir abandonné toute perspective de relance de la croissance économique. Il n’en est pas de même dans le reste du monde occidental, qui n’a pas encore baissé les bras. La chute brutale de l’euro vis à vis des autres devises, dollar en tête, modifie cependant la donne du jeu qui s’y est engagé. On pourrait donner à celui-ci le nom de la bataille de l’export ou bien de à la recherche de la croissance perdue.

Ne se faisant pas d’illusions sur la reprise de la consommation intérieure, les Etats-Unis fondent comme on sait beaucoup d’espoir sur la réévaluation du yuan chinois, afin de diminuer leur déséquilibre commercial, développant leurs propres exportations et réduisant leurs importations. Las, la baisse de l’euro favorise désormais une concurrence dont ils se passeraient bien, tandis qu’elle pénalise les exportations japonaises vers l’Europe… comme les chinoises. Les Européens, eux, ne peuvent trop en attendre en raison de l’importance de leur activité commerciale au sein de la zone euro. L’euro est donc un trouble-fête, ce qui explique notamment la venue de Tim Geithner en route pour l’Allemagne et le Royaume-Uni à peine revenu de Chine. Signe éloquent, s’il en est besoin, de l’importance des évolutions en cours ou attendues sur le marché monétaire. Un « dialogue stratégique et économique Etats-Unis/Chine » s’ouvre à ce propos lundi à Pékin, afin de traiter tous les points de friction monétaires et commerciaux entre les deux pays.

Daniel Tarullo, l’un des gouverneurs de la Fed, vient de déclarer que la poursuite de la crise européenne avait le potentiel de « remettre en cause le redécollage de l’économie dans son ensemble », à cause de la contraction du commerce international et des pertes que les banques pourraient avoir à supporter sur leurs investissements européens.

Le commerce international étant par définition un jeu à somme nulle – les exportations et les importations s’équilibrent – une rude bataille internationale est donc prédite, à ceci près que l’offre des uns ne correspond pas nécessairement à la demande des autres. On observe que la propagation de la crise a trouvé un nouveau chemin. La crise de l’Europe a ravivé le danger d’une crise systémique du système bancaire, au sein de l’Europe mais pouvant atteindre les Etats-Unis ; la crise de l’euro annonce la venue d’un nouveau sujet de tension, l’exacerbation de la concurrence à l’export, seul facteur restant de croissance.

La volatilité qui se manifeste sur le marché monétaire – le Forex – n’est pas pour déplaire aux financiers, c’est même leur miel. Ils en ont fait une idole qu’ils vénèrent, combattant avec la plus farouche énergie ce qui pourrait la réduire (l’interdiction des CDS nus, par exemple). Mais elle n’arrange pas nécessairement les affaires des Etats. La baisse brutale de l’euro risque ainsi de retarder le geste attendu des Chinois, dont il était espéré qu’ils allaient donner un coup de pouce, même symbolique, au yuan. Car l’euro vient de perdre de la valeur vis à vis du yuan, ce qui ne fait pas non plus les affaires des Chinois.

Moins visible, une autre conséquence de la crise européenne est inquiétante pour les Etats-Unis. Il s’agit de la hausse du Libor, qui a une incidence sur les taux d’intérêt qui y sont indexés, en particulier dans le secteur des prêts hypothécaires. Une hausse de ceux-ci risque d’accroître les défauts et les pertes de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux organismes qui tiennent à bout de bras le marché et sont renfloués par le Trésor. Et dont le sort est repoussé à plus tard, faute de savoir quoi faire. La bulle immobilière américaine n’en finit pas de crever et de se rappeler au bon souvenir des propriétaires endettés d’un côté, du gouvernement de l’autre.

En attendant, la voie choisie par défaut par les gouvernements européens n’est pas tenable. Quelle va être sa dynamique reste une inconnue. Le gouvernement allemand vient d’en donner une illustration possible, quelles que soient les limites dont sont entachées les mesures de régulation qu’il préconise.

Dans un peu plus d’un mois, le G20 va se réunir à Toronto. Que va-t-il pouvoir en sortir si ce n’est de vagues déclarations ronflantes, laissant ensuite les gouvernements occidentaux affronter des problèmes qui les dépassent ? Tenter de le masquer est le seul résultat qu’ils peuvent en attendre.

La crise a désormais atteint le marché monétaire, touchant son maillon faible qu’est l’euro. Impliquant que la réflexion sur la réforme du système monétaire international progresse, autre grand sujet de discorde au sein du monde occidental.

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75 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: le marché monétaire atteint, par François Leclerc »

  1. Le PROBLEME de l’OCCIDENT dépassant tous les autres:

    Trouver des nouveaux moteurs de croissance pour les prochaines années. Et là, quand on y réfléchie, nous sommes face à une page blanche dans nos sociétés gavées .. et j’ai bien peur que ce soit pour quelques années !

    d’où ma crainte à terme, la seule qui soit : Détruire pour reconstruire … Je vous laisse imaginer.

    1. Bonjour,

      il me semble que la « croissance » ne sert en fait qu’à nourrir les appetits des financiers-actionnaire, et accessoirement cette foutue croissance maintient le citoyen besogneux sans trop d’embarras dans son quotidien et son confort à l’occidental.

      Cela dit, les masques tombent maintenant, et la finance assoifée réclame son dû, le crédit a un coût !
      Faudrait il encore faire perdurer la necessité de la croissance uniquement pour satisfaire les besoins de ce monde de parasite au frais de tout les autres ?

      C’est de nouveaux mécanismes économiques indépendant de la « croissance » comme moteur à quoi il faut penser et oublier un peu le principe de « croissance ». Celle-ci se faisant toujours au dépend de notre environnement, et de gens surexploités et en plus ses fruits sont ensuite captés par un systéme financier prédateur.

      Pourquoi et par qui/quel mecanisme serions nous condamnés à de la croissance, toujours plus de croissance ?

      Cordialement

    2. Parce que croissance veut dire l’unique manière de réelles créations de richesses nécessaire à ce qui croientt indéniablement comme la population, les flus migratoires … d’où hausses des assurances sociales et j’en passe. Donc ceux qui condamnent le modèle de croissance, qu’il n’aille pas pleurer si les prestations sociales disparaissent. Les rêves un peu trop à gauche çà suffit !

    3. Pour compléter, la gourvernance sans croissance, en réalité nous testons ce modèle en France depuis 10 ans : partager la taille d’un gâteau qui ne grossit pas en parts de plus en plus fines. Résultats – Appauvrissement général et tout le monde pleure.

    4. à Babypouf: si on n’arrive pas à sortir du dogme de la croissance, c’est parce que le mythe du Progrès est bien accroché, entendu comme progrès technique uniquement.
      Cela dit, il y aurait bien un moyen pour sortir du dilemne croissance = épuisement des ressources naturelles et humaines, et ce serait de supprimer complètement la taxation sur le travail, et de la remplacer par une taxation radicale sur les matières premières non renouvelables. Exit la production de type minier, place au développement et à la création de nouveaux types de ressources et richesses ! C’est l’économiste Jacques Wéber qui propose cette idée, partant du fait que nous avons atteint une productivité du travail qui fait qu’il n’est plus un facteur limitant, tandis que les ressources sont devenues elles, limitantes; ce qu’il faut donc, c’est inciter les entreprises à consommer moins d’energie et de matières premières. Le résultat serait une croissance sur d’autres bases non fondée sur l’épuisement et la destruction de l’environnement.

    5. Une croissance pour assurer la sécurité sociale?? Et de quelle partage du gâteau est-il question?

      Je conseille à « reveil » d’écouter l’excellente émission de « là-bas si j’y suis » sur le hold-up géant du Capital vis-à-vis du travail en France:

      « Depuis le début des années 80, la part des salaires dans le PIB de la France a baissé de 9,3%. Qui sont partis dans la poche du Capital. Ces 9,3% équivalent à plus de 150 milliards d’€ : soit une douzaine de fois le trou de la Sécu ! Un hold-up géant, renouvelé chaque année, au détriment des salariés.
      Ce chiffre, 9,3 %, suffit à contester toutes les « réformes » en cours : allongement de la durée de cotisations pour les retraites, salaires qui stagnent depuis vingt ans, mise en place de la franchise médicale… Car toutes ces mesures ont un dénominateur commun : gratter encore quelques avantages aux salariés. Tandis que la question du partage des richesses n’est jamais posée… »

      http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1506

      (Pour rappel le PIB est une valeur de bien être totalement mensongère)

      Vive la décroissance!

    6. anne-bis@:

      Vous nous parlez de taxation, de gestion des ressources qui restent annexe à la gestion du développement dans ese généralités, ok, mais où sont les nouveaux gisements de croissance, les nouveaux marché … La notion de génération de TRAVAIL qui reste incontournable pour la création de richesse reste toujours sans réponse ? Par quelle nouvelle dynamique ou système allons-nous réellement créer de l’emploi ?

    7. réveil dit:

      –ok, mais où sont les nouveaux gisements de croissance, les nouveaux marché …–

      c’est simplement un vocabulaire qui sera abandonner au profit d’un autre. votre volonté de vouloir fournir du travail a tout le monde est dépassée (et ressemble même à une volonté autoritaire d’occuper les gens). l’important c’est que tout le monde ait de quoi vivre dignement et même un peu plus pourquoi pas. ça passe peut-être par l’élaboration d’un nouveau droit…

      on parlera ‘d’épanouissement de l’individu’ ‘d’éducation’ ‘de recherches’ ‘service à la nation’ ‘développement écologiquement intélligent’ ‘de maternité’ ‘eco-bilan’… bref une société nouvelle où, par exemple, la Justice aurait beaucoup beaucoup de pouvoir.

      vous verrez à terme il n’est pas exclu qu’il y ait à nouveaux du travail pour tout le monde, l’un dans l’autre, certains robots pouvant être avantageusement remplacés par les bras humains.

      pour que tout ceci puisse se réaliser il faut que les grandes fédérations se désintègrent, que le pouvoir redevienne tributaires des opinions locales. ensuite les riches pourront toujours aller s’exiler, ils ne feront que s’appauvrir au profit des organisations démocratiques citoyennes.

      il est juste que l’exploitation d’une terre revienne à ceux qui l’habitent réellement. il n’est même pas necessaire d’interdire la finance, elle sera à ce moment automatiquement limitée.

      n’ayez pas peur

    8. réveil, je ne crois pas vraiment qu’il soit nécessaire de créer de nouveaux emplois, on travaille déjà trop, il vaudrait mieux qu’il soit mieux réparti. Cela suppose une autre vision de la croissance et des activités humaines, où l’impératif n’est pas de produire plus, mais de gérer correctement et de répartir équitablement, et d’accepter de faire prospérer nos acquis, pour un nombre plus important. Un développement plus lent, en gros. Et en faire rabattre un peu au Progrès . Là, on est dans une course qui ressemble à celle d’Alice au pays des merveilles, pour pouvoir rester à la même place; Je suis bien consciente que c’est totale utopie, désolée, j’ai pas mieux…

    9. «  »d’où ma crainte à terme, la seule qui soit : Détruire pour reconstruire … Je vous laisse imaginer. » »

      Celle là, on me la déjà fait quand j’étais ado: Vous faudrait une bonne guerre pour comprendre qu’il faut travailler.
      Une guerre est impossible, nous n’avons plus la croissance pétrolière pour la réaliser.
      De toutes façons, une croissance matérielle infinie face à un monde dont les ressources sont infinies est tout simplement impossible. C’est du basique d’école primaire.
      Combien de fois faudra t il l’écrire????
      Si vous croyez que je suis devant une page blanche face l’impasse de la croissance, vous cous trompez, et je ne suis pas le seul qui a des tas d’idées à développer.
      Il y a suffisamment de site et de blog qui parlent d’énergies renouvelables, de recyclage, d’agriculture durable, de relocalisation, de prosommation, d’autarcie, de monnaies parallèles ou complémentaires etc…
      C’est dans ces matières premières qu’il faut piocher pour construire l’avenir, elles ne sont pas matérielles (comme le pétrole) mais immatérielles et dès lors infinies.
      Le problème, et là je l’avoue, nous n’avons le financement et surtout le mode de pensée qui va avec.
      Soyez certain qu’on ne vous attendra pas alors…. réveillez vous!!!!
      En attendant, compluser toujours ceci

    10. petite correction, on dit: « une croissance matérielle infinie face à un monde dont les ressources sont FINIES est tout simplement impossible. »

      sinon, il est toujours drôle de parler d’agriculture « durable ». L’agriculture jusque dans les années 50 l’était par essence. C’est l’agriculture intensive et industrialisée (dont en premier l’emploi des pesticides et fungicides qui appauvrissent et polluent les sols), et la « piraterie du vivant » des multinationales (ogm, semences « brevetées » ou standardisées qui interdisent notamment l’emploi des semences paysannes et donc appauvrissent la bio-diversité), qu’il faut dénoncer.

    11. Nous aurons bien besoin d’une activité de service humain. Pour le moment il y a le service technique et intellectuel.
      Car pour tendre vers l’intégrité, le courage, etc…
      cela mérite quelques leçons, ne pensez-vous pas ?

  2. A ce jeu-là, sont à craindre de grandes crises politiques des états qui, sous le poids de révoltes populaires, peuvent finir par s’affronter dans ce que l’on connaît déjà, c’est-à-dire un remake de guerre mondiale » sans nouveau débouché civilisationnel que l’éternel grand recommencement des crises capitalistes.
    On sait bien comment procède le capitalisme mondialement, il monte les peuples les uns contre les autres pour faire « repartir » son marché après les tueries et dévastations qu’il a produit. Nous ne pouvons accepter cela, au nom de toute la population mondiale et pour sa défense!Pour LA PAIX.

    Il faut donc changer de système si l’on veut éviter la guerre.

    Car face aux plans d’austérité annoncés qui font partie de cette « guerre »…nous saurons, je pense, nous défendre contre la finance internationale et ses malversations.
    Plus un rond pour rembourser la dette privée!
    Les banques doivent rembourser la totalité de ce qui a été prêté aux états.
    Sinon, on confisque… comme à un gamin qui joue avec le feu!
    C’est radical, mais ça fera moins de mort, si on veut vraiment la paix, bien sûr.
    Sinon, on continue…

    1. « Il faut donc changer de système si l’on veut éviter la guerre. »
      Je suis hélas d’accord avec cette idée qui me semble l’idée centrale dont on commence à parler tout bas, dès fois que nos enfant puissent l’entendre. Mais ne nous voilons pas la fesse il y a encore de jolies choses à voir et à cacher.

  3. Nous sommes tous plongés dans un état de d’inquiétude que s’apparente au principe même des cauchemars, environné par un brouillard et cerné par des forces maléfiques et monstrueuses, car le danger peut venir de toute part, il n’y a plus de logique pour apaiser les esprits, plus de raison pour espérer se retrancher dans un lieu sûr.
    Après avoir entendu durant des mois les élites nous seriner les bienfaits de la mondialisation, nous découvrons sa face livide et c’est le désenchantement à coups de bâtons. Hier, le monde marchait en rang et au pas en consommant globalement sans se rendre compte du terrain et du précipice. Aujourd’hui c’est panique et chacun court en tout sens aux abris introuvables et chacun se marche dessus.
    Les discours emplis d’idioties des nos dirigeants, les accidents techniques majeurs de type BP, les violences médiatisées à souhait, constituent à eux seuls un climat anxiogène amplifié par la détérioration des conditions de vie en société, lié au désengagement programmé des valeurs de l’Etat Providence.
    Pour certains, l’expérience est encore juteuse.
    Dans les périodes de désordres, le marché qu’il soit noir ou blanc fonctionne aussi toujours avec la même avidité gourmande et ne fait pas de quartier. Il y a donc de quoi être inquiet à moins que vous n’aimiez l’aventure et ses dangers. Dans ce cas préparez votre armurerie et votre trousse de secours.
    Ce commentaire peut paraître exagéré. L’est-il vraiment autant que la situation à venir ? Pour l’instant le pire n’est pas exclu.

  4. Sur France Culture ce matin à l’Économie en question un intervenant annonçait que le sénat américain à voté l’interdiction faite au FMI (en vertu du véto US) d’aider des pays en déficit et notamment la Grèce. Ca semble énorme, on a des détails ?

    1. Le Sénat a adopté une mesure selon laquelle les Etats-Unis, premier contributeur du FMI, devraient s’opposer à une aide aux pays susceptibles de ne pas rembourser leurs prêts.

      Une mesure symbolique à rapprocher d’une autre : l’interdiction formulée à l’encontre du gouvernement d’aider financièrement les banques la prochaine fois !

    2. @ Didier

      Ce n’est pas un droit de veto général. Mais pour les décisions importantes, oui. La majorité qualifiée qui est alors nécessaire revient à leur donner ce droit.

  5. « Il faut prendre l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon, d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a beaucoup de pauvres. »

    Alphonse Allais

  6. Evidemment que l’expérience est encore juteuse pour les tenants du capitalisme actionnarial et international…Et l’histoire nous apprend qu’ils ne lâcheront pas une once de leur fortune et de leur pouvoir spontanément , les peuples dussent-ils s’enfoncer dans la misère…Ils n’en n’ont rien à battre , ils font partie de l’élite , celle des surhommes , indifférents à toute forme de justice , laquelle comme tous les autres leviers du pouvoir ,est à leurs bottes .

    Nous avons été endormi par tous ces politiques qui les servent , les masses critiques de capitaux spéculateurs et parasites , ont été dépassées depuis un bail…

    Ce marché donc qui a pris la main sur nos destinées .

    Et je crains que le réformisme ,aussi justifié soit-il , ne soit qu’un leurre…Toutes les énergies vont être utilisées sur de faibles objectifs, mais le rouleau compresseur de la finance gardera la main .

    Avec la destruction de toutes les solidarités institutionnelles et individuelles…

    Cette loi de la jungle , la lutte de tous contre tous , nous promettent des jours terriblement sombres . On en voit les prémisses avec la montée inouïe de la violence .

    Et je dois dire que pour l’instant , je ne vois pas d’issue.

    1. Bonjour,

      Je suis entièrement d’accord avec ce qui est dit et je rajouterai que l’on a jamais été aussi loin de la démocratie qu’à nos jours. Ce n’est malheureusement pas dans ces conditions que l’on peut se prévaloir d’une paix sociale à long terme et que le futur n’augure rien de très bon…

      Cordialement,

      Laurent

  7. François,

    Merci une fois de plus. Il faudra que vous-même (ou Paul) nous reparliez du bancor: comment est-ce qu’il fonctionnerait dans un monde multipolaire? Se pourrait-il qu’il ait (au moins) deux domaines d’application, d’abord l’Europe, ensuite le monde, avec une Chine qui donne des signes de propension à la formation de bulles, et une Afrique dont les capacités exportatrices sont limitées? Le bancor n’est-il pas un système monétaire d’abord réservé aux riches?

    1. Voilà un exposé sur le bancor, rédigé par Alfredo Suarez (Centre de Recherche sur les Institutions, l’Industrie et les Systèmes Economiques d’Amiens):

      Son analyse {celle de Keynes} du SMI découle de ses trois préoccupations majeures : une gestion monétaire rationnelle, la priorité accordée à l’équilibre interne sur la stabilité des taux de change, et l’autonomie nationale de la politique économique. Un SMI stable doit permettre d’atteindre les objectifs nationaux de plein emploi, de croissance et de stabilité des prix qui, combinés avec une répartition des revenus plus équitable, doivent garantir le bien-être nation.

      En 1941, il s’attèle à la rédaction de la première version de son projet de réforme du SMI qui devait éviter les vieux arrangements monétaires internationaux fondés sur le laissez faire, où un pays peut être mis en banqueroute parce qu’il manque d’or et non pas parce qu’il manque de biens exportables (Keynes, 1940-1944, Vol. XXV, p. 12).

      La création d’une Union internationale de compensation (UIC) était la pierre angulaire de son projet de reconstruction d’après-guerre. Dans sa vision d’ensemble, Keynes avait conçu parallèlement à l’UIC des organismes chargés de la réhabilitation et de la reconstruction, du contrôle des marchandises, de l’investissement international, et du maintien de la stabilité des prix et des échanges internationaux. Il évoqua également la possibilité de financer un organisme responsable du maintien de la paix par l’intermédiaire de l’UIC. Son idée originale de l’UIC était très différente de celle qui a inspiré la création du FMI, non seulement au niveau de sa portée mais de sa structure. L’UCI aurait créé l’ensemble des avoirs dont elle aurait eu besoin pour financer ses opérations en inscrivant simplement des découverts dans ses livres. Ses membres auraient été contraints d’accepter le passif correspondant de l’UIC en règlement des créances internationales. L’UIC prévoyait la nécessité d’empêcher des flux de capitaux spéculatifs, et elle aurait conféré à ses membres un accès plus automatique à ses ressources que le FMI ne l’a fait. Cependant, la conditionnalité de l’accès pour les débiteurs permanents était déjà prévue dans l’UIC. Si celle-ci avait été mise en place, il aurait pu y avoir des amendes pour les débiteurs et les créditeurs excessifs, et une plus grande liberté pour modifier les taux de change. Concernant l’accès élargi aux ressources, Keynes considérait la quote-part de chaque membre comme la limite de son endettement à l’égard de l’UIC.

      La vision de Keynes sur l’organisation des paiements internationaux révèle l’unité de sa conception de la monnaie. Son projet cherche à garantir la cohérence des ensembles économiques hétérogènes regroupés autour de deux monnaies : la zone sterling incluant les anciennes colonies de la Grande-Bretagne, et la zone dollar regroupant les Amériques et l’Europe continentale. Ces ensembles maintiennent pour l’essentiel des relations d’échange et non de production. Ainsi, le « véhicule » de ces relations est un moyen de règlement et non pas une « monnaie pleine » définie dans les productions nationales ou dans les ensembles de production internationaux. Ce moyen de règlement doit être en conséquence un étalon stable des valeurs et les conditions de son émission relativement souples. Ces deux propriétés sont étroitement liées (Léonard, 1987, pp. 8-11). Cet étalon stable des valeurs est nécessairement immatériel.

      Le bancor non-marchandise disposerait des élasticités de production et de substitution nulles. Il est le moyen de règlement en dernier lieu, c’est à dire inconvertible en or. Tandis que ce dernier est convertible en bancor. Le bancor est aussi affecté d’un coût deconservation et de rendement nuls car il est émis en fonction de la demande qui en est expriméeselon les besoins de paiements internationaux, et non en termes d’une offre exogène. Ces propriétés garantissent sa neutralité par rapport à l’activité d’échange international. Pour Keynes, les monnaies nationales sont « actives » car elles sont définies dans la production, tandis
      que le moyen de règlement international doit être neutre car il est défini dans l’échange pur. Par définition, une monnaie nationale ne peut assurer cette condition de neutralité absolue dès lors qu’elle devient le moyen de règlement international.

      Le projet de Keynes visait à établir une grille des taux de change absolus des monnaies nationales définies en bancor, et non l’inverse. Ce système garantit la cohérence des paiements internationaux dans un système multilatéral, et l’équilibre entre les avantages et les contraintes pesant sur les pays membres du système. Cette définition des taux de change absolus, comme base de la détermination de la grille des changes relatifs des monnaies nationales, est la condition pour assurer la cohérence entre les prix interne et externe des monnaies nationales exprimées en termes du moyen de règlement. Ainsi, la modification du taux de change absolu d’une monnaie nationale exprime la variation des prix internes. Cette définition des changes absolus garantit donc le rapport entre le niveau des prix internes et la résorption des déséquilibres de balance commerciale. La réduction des déséquilibres commerciaux garantit la croissance de l’ensemble des partenaires.

      Dans ce sens, le système de Keynes est anti-déflationniste : l’accumulation d’excédents structurels de certains pays sur le reste du monde, représentant autant de titres de créances d’une qualité douteuse, est un frein potentiel au développement des échanges et à l’expansion du système. Le bancor-actif, qui assure la fonction de crédit international, est créé dans les achats/ventes excédentaires, il est la condensation financière du bancor véhiculaire. La non-rémunération du bancor-actif, voire la taxation des encaisses en bancor-actif auprès de l’UIC, est le moyen d’éviter l’accumulation d’excédents structurels. Ce principe d’une gestion des taux de change selon les positions structurelles auprès de l’UIC -créditrices et débitrices- entraîne la réévaluation de la monnaie
      du pays qui accumule des encaisses en bancor-actif. Et, inversement, un endettement cumulatif en bancor-actif provoque la dévaluation du change absolu d’une monnaie (Léonard, 1987).

      L’objectif de Keynes était donc de préserver l’autonomie des politiques économiques nationales à travers la centralisation monétaire. Cette organisation des paiements internationaux devait résorber les disparités provoquées par des intérêts nationaux différents, car la supranationalité concilie la régulation de la liquidité internationale et la symétrie dans les ajustements. Une monnaie supranationale est une condition essentielle de l’autonomie nationale puisqu’elle permet de constituer des réserves qui ne sont ni la contrepartie d’un endettement ni d’un excédent structurel sur d’autres pays. La stabilisation de la préférence pour la liquidité permet ainsi un ajustement symétrique des pays excédentaires et déficitaires. La création d’une banque supranationale permet de résoudre le problème de la souveraineté monétaire en évitant l’assujettissement à l’or ou à une monnaie hégémonique dans un système pur de devises. La banque supranationale joue le rôle d’une institution souveraine dans les limites de ses compétences, et la source de cette souveraineté est fédéraliste, déléguée par les nations dans la nomination du Comité Directeur qui est le lieu où la conscience d’une communauté de nations est la plus élevée (Aglietta, 1985, pp. 155-157).

    2. Un texte excellent en effet – je ne le connaissais pas (je continue de travailler de mon côté à ma « Note sur le bancor » mais je prends mon temps : je veux écrire quelque chose de non-technique et qui précise bien tous les enjeux).

    3. Merci beaucoup! Malheureusement, je n’ai pas tout compris, et j’attends donc avec impatience le billet que Paul voudra bien consacrer à ce sujet, qui me paraît devoir s’imposer à la ‘communauté internationale’ dans un proche avenir.

    4. Le problème avec les systèmes internationnaus, c’est qu’il faut des règles internationals. Hors a l’heure actuel les seul régles internationnales son uniquement basé sur les droits du commerce et sur la protection des idées. Il n’y a aucune loi international financière ou social. Chacun fait se qu’il veux pour être le plus rentable et générer les plus de plus value.

      Il serait peut être interressant de réglementer la plus value, c’est a dire la portions de bénéfices lier aux commerces. Certes, beaucoup vont être scandalisdé, mais lorsqu’une paire de chaussure produit pour 1 euro en chine se retrouve a 150 euro en magasin, il y a tout de même des questions a se poser.

      Si j’étais commerçant je trouverais cela tout a fait normal mais si j’étais au chomage ou au SMIC cela serait beaucoup moins normal.

      Le problème reste que la notion de normalité et puisque c’est normalité, norme-alité et malade n’est pas internationales. Il n’y pourra pas y avoir de système internationnaux pouvant se basé sur une norme.

      loin de moi de passer a un tout normalisé, mais dans tous les domaines il y a des normes et elles sont souvent neccessaire est c’est d’ailleurs un gros enjeux de l’OMC de les rendrent internationales.

      Pourquoi en serait il autrement dans la finance et les banques ?

    5. @ François Leclerc :
      Oui, le texte de M. Alfredo Suarez est très bien, j’avais réussi à le trouver sur le net ( d’ailleurs, un de ses textes est en lien sur wikipédia, le seul d’ailleurs sur l’article concernant le Bancor). Jane D’Arista semble aussi une source post ou néo-keynésienne sur le Bancor essentielle.

      Je verrais le système ainsi défini comme un réseau de ‘silos à grains’, les réserves s’effectuant par pays et non comme l’avait bien vu Keynes CONTRE d’autres pays (en + ou en -) : le ‘vecteur’ principal étant ainsi ‘la flèche du temps’ et non la concurrence de tous au même instant. Une ‘bourse’ aux grains se chargeant par ailleurs de gérer les ‘flux’ et les ‘stocks’ de grains (l’UCI). Ainsi, si un pays avait un silo à grain trop rempli, il était ainsi fortement incité à remettre sur ‘le marché aux grains’ ses propres grains, sous peine soit de pertes (intérêt négatif), soit même de confiscation. A l’inverse, un pays sans réel ‘stock’ de grains risquait de s’exposer, en cas de coup dur, à de graves difficultés et était fortement incité à reconstituer ses stocks par une dévalorisation de la valeur de ses grains, au regard de la valeur ‘grain’ sur ‘les marchés’.
      Et le ‘pire’, c’est qu’un tel système peut fonctionner ‘en cascade’, de la même manière qu’au moyen-âge il existait dans les communautés des silos à grain et qu’à des niveaux supérieurs, des silos de taille plus grandes avec une fonction d’échange sur les marchés régionaux, etc.
      On redécouvre les vieilles notions : le flux contre le stock et le stock contre le flux. Sans compter que pour éviter la famine, les réserves en grains des uns pouvaient être sollicités, jusqu’à un certain niveau (subsistance) pour être réallouer dans les zones de disette, afin d’éviter justement les spéculations sur les prix du grain, à charge de ‘revanche’ pour ces mêmes territoires bénéficiaires en cas de surplus pour eux et de disette pour les autres.

      Je me souviens, j’étais pas très grand, en 1976, les agriculteurs de certaines régions en surplus de paille et de fourrage avaient traversé la France en convois pour les apporter aux régions touchées par cette sécheresse. Raymond Barre avait d’ailleurs pondu un impôt solidarité sécheresse en septembre suivant. Autre temps, autre époque …

  8. Coucou,

    On nous parle d’aversion au risque mais j’ai comme l’impression que c’est plutôt un appétit morbide pour les rendement à 25% net qui nous entraine dans cette course folle et incessante.
    Et pour les maintenir plutot que d’etaler la dette, l’idée est de faire cracher encore plus de plus-value au pauvres, aux gens de peu (je parle des cadres aussi), en rognant sur les minima, en grignotant sur la masse, en diminuant les « privilèges » !
    Pourquoi ne pas baisser l’age de la retraite au contraire, promouvoir les 30 heures, faciliter une activite benevole des jeunes retraités, enfin penser complétement dans l’autre sens. De toutes façon les « vieux » partent en pré-retraite à 58 ans et le temps de travail reel dans les économies occidentales est plus proche de 33 heures que de 50h. Les machines vont plus vite et iront de plus en plus vite, alors vous pouvez toujours essayer de les rattraper !
    Pour resumer , decourager par exemple les gains financiers au dessus de 5% net de rendement et prélever un impot sur le « travail » des machines (par exemple partage du gain de productivite avec l’état ou la securite sociale).
    Enfin bref, des idees vue de ma fenetre mais j’en ai tellement ras la casquette de tous ces discours de pseudo bon sens qui nous emportent violemment puis doucement puis à coup de marteau vers le bas; une régression générale .

    Bonne journée

    Stephane

    1. C’est un très bon résumé.
      Je fait un pari: Ayant compris que les infos
      « institutionnelles » sont légèrement orientées
      vous partez à la recherche d’autres sources.
      Vous avez intensément cogité et comme vous
      êtes de bonne volonté, vous commencez à vouloir
      faire partager vos idées. Peut-être même
      prévoyez-vous de mettre aux objets
      encombrants l’outil principal d’abrutissement visuel.
      Je signale que les piles du Monde -changez par le nom
      approprié- sont très bien pour caler un meuble
      ou alumer le barbecue. Ces critéres définissent un papier
      de qualité.
      Si vous êtes nouveau, jetez un oeil sur « l’interdiction
      des paris ». Il faut chercher, mais c’est facile.
      Au sujet des 25%, Lordon a proposé une chose très
      simple qui est d’ étendre la notion de taux usuraire
      ( définir un taux, ou des taux, et définir leurs domaines
      d’application, par exemple aux marges commerciales
      et bien entendu au rendement d’actions).
      En effet, les actionnaires en sont à exiger – et obtenir-
      un rendement que vous citez, ou un retour sur
      investissements -inscrit dans l’ ALENA par exemple-.
      Il y a longtemps que l’incertitude et l’espoir
      ont été remplacés par une grossière exigence ou
      une vulgaire prises au tas.
      L ‘aversion aux risques est une fable,
      elle permet de maintenir la fraîcheur de l’innocence…

      ( ici, un pari ne brasse pas de pognon
      et il n’y a pas de « victoire ».)

  9. J’avais relevé, je ne sais plus ou:

    Le communisme, c’était des magasins vides pour des clients fauchés.

    Le capitalisme, c’est des magasins pleins pour des clients fauchés. Pour y mettre c’était:

    Le ? , ce sera des magasins garnis de ce qu’il faut, pour des clients qu’y peuvent payer.

    Tout l’enjeu est là, à porter de mains, et demain serait un jour meilleur; le soleil est parmi nous, bon week end à tous.

    1. Paradoxalement, le libéral J.B. Say a parfaitement décrit la façon de considérer l’argent dans les pays communistes, – comme simple outil de transaction : Dès qu’on avait de l’argent, on courait au magasin pour acheter quelque chose de concret, avant qu’il n’y en ait plus ! Exactement ce que dit Say pour qui seules comptent les marchandises..

      Mon amie racontait qu’elle n’avait qu’une seule sorte de bonbon, ou de boisson genre fanta. On ne s’imagine plus cela; et pas de clémentines : Les clémentines étaient un bien si précieux que lorsqu’on en avait, on était le héros de la cour de récré. Mais on peut être heureux à déguster une clémentine en été…

    2. Le prosommisme, c’est des magasins achalandés d’outils et surtout de conseils nécessaires pour des citoyens créatifs ayant un pouvoir d’achat minimum, mais sachant répondre eux mêmes à leurs besoins.

      Nous n’avons pas le choix!!!!

  10. « L’intégrisme libéral menace la démocratie

    Les marchés financiers mondiaux échappent largement au contrôle des autorités nationales ou internationales. Je considère que cet état de fait est à la fois malsain et intenable. Les marchés sont instables par nature, et il y a des exigences sociales qu’on ne peut satisfaire lorsqu’on laisse aux forces du marché une liberté totale. Malheureusement, cette analyse n’est pas partagée. Au contraire, on pense généralement que les marchés se corrigent d’eux-mêmes, et qu’une économie mondiale peut prospérer sans que l’on construise en parallèle une véritable société mondiale. On affirme que l’intérêt; que les tentatives pour préserver le bien collectif ne font que perturber les mécanismes du marché. Ce courant de pensée était appelé le « laisser faire » au XIX ième siècle, je lui ai trouvé un meilleur nom : l’intégrisme du marché.

    C’est cet intégrisme qui a rendu le système capitaliste mondial malsain et intenable, et cette situation est relativement récente.

    Le capitalisme du XIXième siècle a été détruit, en dépit de sa relative stabilité, par la première guerre mondiale. Après la guerre, il y a eu une vague tentative pour le restaurer, qui a mal fini avec le krach de 1929 et la grande dépression. N’est-il pas probable que le capitalisme actuel finisse aussi mal, alors qu’il n ‘a même pas les éléments de stabilité qui existaient à l’époque ? Ma thèse est que l’extrémisme du marché constitue aujourd’hui, pour une société libre, une menace beaucoup plus importante que toutes les idéologies totalitaires.

    A propos des déficiences des marchés financiers, je peux être plus précis. Je pense que les intégristes ont une vision fondamentalement biaisée du fonctionnement des marchés.

    Ils croient qu’ils tendent vers l’équilibre. Ils reconnaissent, bien sûr, que les marchés peuvent fluctuer, mais ils l’expliquent par des influences extérieures qu’ils appellent « chocs exogènes »: les marchés oscilleraient comme un pendule, revenant à l’équilibre quelle que soit l’ampleur des mouvements. Cette vision est complètement fausse. Il y a des périodes, comme à présent, où les marchés financiers bougent non pas comme un pendule mais comme un ballon fou, heurtant les pays les uns après les autres.

    La théorie de l’équilibre est fondée sur une comparaison inappropriée avec la physique. Les objets physiques suivent leur trajectoire, indifférents à ceux qui les observent. Les marchés, au lieu de refléter la réalité de façon passive, créent eux-mêmes la vérité qu’ils reflètent. Il y a une influence réciproque entre leurs décisions et les événements futur : j’appelle cela la réflexivité. J’affirme que ce concept est mieux adapté aux marchés financiers – et à nombre d’autres phénomènes économiques et sociaux – que le concept d’équilibre, sur lequel l’économie classique est fondée.

    Les marchés financiers sont caractérisés par des hausses et des chutes violentes, et il est plutôt étonnant que la théorie économique continue à s’appuyer sur un concept d’équilibre qui exclut ces phénomènes, au mépris de l’évidence. Le déséquilibre est inhérent au système financier, ce n’est pas simplement le résultat de chocs extérieurs.

    L’insistance avec laquelle on se réfère aux chocs externes comme à un deus ex machina, pour réconcilier la théorie économique avec le fonctionnement des marchés, me rappelle les tentatives ingénieuses avec lesquelles les astronomes pré-coperniciens expliquaient le position des planètes, au lieu d’accepter que la Terre tourne autour du Soleil. Dans les faits, pourtant, on sait depuis longtemps que les marchés financiers sont instables et vulnérables aux krachs. Un cadre institutionnel a, bien sûr, été progressivement élaboré pour les superviser et les réguler. Mais ce cadre est national, l’internationalisation des institutions financières n’a pas suivi celle des marchés. Les institutions de Bretton Woods ont vaillamment essayé, et sans leur intervention le système financier se serait effondré au moins trois fois : en 1982, en 1994, et en 1997.

    Toutefois, la dernière crise, qui a débuté en Asie, a montré l’inadéquation du système actuel. Il y a un besoin urgent de l’améliorer, parce que la crise n’est pas terminée. La crise asiatique a maintenant plus d’un an, et les problèmes du système bancaire mondial n’ont toujours pas été traités. Pour l’instant les pays qui se trouvent au centre du système capitaliste n’ont pas été affectés; en fait ils ont au contraire profité d’importations moins chères. Cela a suscité une sorte de complaisance vis-à-vis de la crise, qui est déplacée. Nous sommes en effet dans une phase qui se situe très loin de l’équilibre, où les conditions sont bien trop favorables pour les pays du centre, au détriment de la périphérie. Ces conditions ne seront pas durables. J’entrevois la perspective d’une surcapacité et d’une déflation mondiale. L’intégrisme du marché est devenu si puissant que toute force politique qui ose lui résister est vilipendée comme étant sentimentale, illogique et naïve. C’est pourtant l’intégrisme lui-même qui est naïf et illogique. Pour le dire simplement les forces du marché, si on leur donne une liberté totale, même dans le seul champ économique et financier, produisent le chaos et peuvent conduire à terme à la destruction du système démocratique mondial.

    En réalité, leur relation est beaucoup plus compliquée. Le capitalisme a besoin de la démocratie comme d’un contrepoids, parce qu’il n’a pas de propension à l’équilibre. Les détenteurs de capital ne cherchent qu’à augmenter leurs profits. Qu’on les laisse suivre leur pente, et ils continuent à accumuler du capital jusqu’au déséquilibre. Karl Marx avait fait une excellente analyse du capitalisme il y a cent cinquante ans. Le remède qu’il préconisait, le communisme, était pourtant pire que le mal. Et si ses affreuses prophéties ne se sont pas réalisées, c’est grâce aux contrepoids politiques existants dans les pays démocratiques.

    Malheureusement, nous risquons une fois encore de tirer de mauvaises conclusions de l’histoire. Cette fois, le danger ne vient pas du communisme, mais de l’extrémisme libéral. Le communisme a aboli les mécanismes du marché et a imposé un contrôle de la collectivité sur toute activité économique. L’autre intégrisme cherche au contraire à abolir toute forme de décision collective et à imposer la supériorité des valeurs du marché sur les valeurs politiques et sociales. Ces deux extrêmes sont dans l’erreur.

    Ce dont nous avons besoin, c’est d’un équilibre entre le politique et le marché, entre l’intérêt de ceux qui décident de la loi et l’intérêt de ceux qui la subissent. »

    Ce texte a été écrit en 1998. Pouvez vous me dire par qui ? Ce n’est pas un marxiste …

    En tout cas je recommande à tous nos politiques de gauche et de droite de le relire : car soient
    ce sont de très grands naïfs, soient ils sont de mèche avec les intégristes des marchés. Je pense que les premiers sont plutôt à gauche et les seconds à droite. Dans tous les cas nous les simples gens on trinque: chômage, baisse des salaires, des pensions, des prises en charge par l’assurance maladie, l’assurance chômage, augmentation des taxes TVA, TIPP etc … Car le chaos est de plus en plus grand et au lieu de s ‘en prendre à ces intégristes plus dangereux que Ben Laden, les gouvernements préfèrent faire payer leurs peuples. Seul petit rayon d’espoir peut-être, les mesures prises cette semaine par les allemands contre la spéculation sur les positions à découvert. Mais en France notre Président et ses amis du Fouquet’s y sont opposés.

    1. Bravo gagné c’est Georges Soros l’homme qui en 1992 a fait plier la Banque d’Angleterre en vendant à découvert 10 milliards de livres et qui aurait empoché à cette occasion 1,1 milliard de dollars.
      A cette occasion la livre sortit du SME, et l’euro se fit sans les anglais.
      C’est un connaisseur qui a écrit ce texte, en particulier en gestion des hedge funds.

    2. On peut ajouter aussi à la longue liste de ceux qui ont tiré le signal d’alarme, sur
      la possibilité du retour d’une grande crise économique du type de celle de 29, voire pire:
      Maurice Allais notre seul prix Nobel en économie, qui a écrit en 1999 « La crise mondiale aujourd’hui », lui aussi est bien placé pour savoir de quoi il parle car il avait en 1947 participé avec les libéraux Friedrich Hayek, Ludwig von Mises et Milton Friedman à la création de la Société du Mont Pèlerin. Et il a commencé à changer son fusil d’épaule en 1994, percevant les dangers de l’intégrisme néo-libéral.
      Mais nos chers médias, ne lui ont que très rarement donné l’occasion de s’exprimer. Qu’apprend-t-on dans les écoles de journalisme à être des perroquets ? Je sais, on apprend à se taire plus tard quand l’on est payé par les gens à qui font et profitent du système. Ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de journalisme indépendant. D’une certaine façon on a recréé la Pravda, même si les canaux de communication sont multiples. C’est pourquoi aussi internet agace tant les médias officiels. Et qu’ils font tout pour discréditer ce qui s’y dit, en rangeant toute critique dans la catégorie de la théorie du complot ou de rumeurs infondées.
      Pour revenir à l’économie face au chaos annoncé par tant d’illustres signatures ( dont Paul Jorion) et ignorées avec tant de persévérance par nos médias. Sans doute que remettre sur le tapis la mise en place d’une monnaie unique internationale « le bancor » est une des pistes à suivre, ce serait une revanche posthume de John Maynard Keynes sur Harry Dexter White et le Dollar US.
      Mais que font nos politiques ? Ils sont trop occupés à leur petite tambouille politicienne, et à leurs problèmes d’écuries en vue de la prochaine élection présidentielle. C’est pourquoi on peut se faire du soucis, car l’histoire elle n’attend pas !

    3. @ joan

      Avez-vous lu cette phrase écrite par David Thesmar, professeur à HEC, dans Le Monde daté du 22 mai ? :

      Les marchés ne comprennent que les messages clairs et crédibles. On ne peut pas les duper comme on dupe les électeurs.

      Il serait intéressant que l’honorable professeur poursuive son raisonnement jusqu’au bout…

    4. « Des messages clairs et crédibles » oui, d’accord. Des messages clairs et crédibles venant des politiques….
      – Pschitt…
      – çà à fait Pschitt ?… Comme c’est drôle. J’y suis pas habitué.

    5. Juste une correction, j’ai tronqué dans le teste de G.Soros une phrase, voici la phrase complète:

      « On affirme que l’intérêt commun n’est jamais mieux servi que quand chacun veille à son propre intérêt; »

      Quant au professeur de HEC, il devrait en effet aller jusqu’au bout de son raisonnement.

  11. C »est bien beau tout ceci et bien écrit, mais refaire le monde par internet interposé ne va pas résoudre les problèmes réels, il est temps d’envisager des actions concrètes.

    J’attends également des propositions claires précises sur une alternative, un rassemblement ou fédération de tous les opposants à ce système.

    C’est maintenant qu’il faut se bouger car dans quelques mois il sera trop tard, je pense…

    1. Ne vous en faites pas, cela fait 30 ans que pour ma part je vois le système s’éffondrer, c’est juste que cela s’accélère légèrement.
      Nous avons encore des réservse et on peut encore descendre beaucoup.
      De toutes façons cette descente suivra la courbe de la déplétion pétrolière.
      La crise financière n’a que peu d’influence là dessus, elle ne fait que de l’accentuer.

    2. La crise financière n’a que peu d’influence la dessus, elle ne fait que de l’accentuer en renforçant les inégalités.
      On résout le problème de la déplétion pétrolière et on résout tout le reste.

  12. L’euro qui remonte grace aux achats chinois .Quelle démonstration ! Les Chinois ne veulent pas d’un dollar fort qui renchérit les matieres premieres et d’un euro faible qui renforce la concurrence européenne.Les americains ne vont plus à Pékin lundi, mais à Canossa.

  13. Pour donner suite à cet article de F Leclerc, un certain DSK a savamment expliqué l’autre soir à la télé que, à la fin, ce qui importe le plus c’est le taux de croissance que, au fond, nous pourrions appeler la dynamique de l’économie. Pas de croissance, pas de dynamique donc récession…au mieux…déflation. En revanche… pour ceux qui ont quelques cheveux gris et du fait que les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets depuis la nuit des temps, s’il y a croissance alors là tout est permis, hausse du niveau de vie, gros sous à foison, remise en équilibre des comptes, etc….avec le danger de l’inflation. Houuuu…vilaine inflation…va-t-en vite.

    Entre les deux, il y a l’équilibre.

    J’aime DSK pour sa capacité à expliciter. Son phrasé a quelque chose de naturel, on l’a biberonné à l’économie quand il était petit, un biberon toute les 3 heures, puis toutes les 4 heures, etc…il est le bon docteur Kahn qui va voir le bébé grec atteint soudainement de diarrhées qui lui font perdre du poids et des forces. En effet, ce bébé n’avait pas un régime équilibré et il a certainement pris un coup de froid. Il faut donc lui administrer des antibiotiques à ce bébé. Mais il ne faudrait pas que les antibiotiques tuent le bébé. Il faut donc en même temps surveiller ses selles, son poids, lui donner des forces avec de la vitamine C..ou D…ou..ou… Et voila-t-il pas que ce bon docteur DSK est appelé en même temps au chevet d’un autre petit malade, espagnol cette fois (surement la grippe…), lequel petit malade a probablement attrapé aussi des diarrhées par contamination.
    J’aime l’économie expliquée par DSK, elle a quelque chose de presque humain. DSK est gentil, et, n’en déplaise à ses contempteurs, (soyons sérieux pour une fois) je crois sincèrement qu’il peut être un rassembleur. Pour une fois que nous aurions quelqu’un qui tenterait de rassembler.

    Ce sur quoi DSK ne s’est pas exprimé, ou si mal, l’autre soir, c’est le régime auquel devraient être soumises les banques car, même si nous savons que ce sujet est très technique et donc difficile à comprendre, le bon docteur DSK ne voudrait pas non plus trop s’aliéner de futurs putatifs électeurs.

    Car le nœud de tout cela est bien contenu en filigrane de l’article de Mr Leclerc : le bonheur des uns fait le malheur des autres. En d’autres termes, La baisse de l’euro fait le bonheur….relatif….des européens et, en même temps fait le malheur des américains voir des chinois. Cela tout le monde l’a compris. Cet équilibre est précaire, surtout dans notre monde « libre et globalisé ». Même les politiciens allemands l’ont compris qui ont interdit certains types de transactions sur CDS « nus ». Mais nom de dieu, quand il ne s’agit pas de gauche ou droite mais de simple bon sens, pourquoi nos frenchies ne l’ont-ils pas compris…et surtout, pourquoi l’Europe ne parle-t-elle pas d’une seule voix.

    Même le plus basic d’entre nous a compris que l’Europe joue contre l’Amérique, la Chine et le reste du monde. Il n’y a pas besoin de sortir de St Cyr pour comprendre ça.

    Au fond, posons-nous la question : qu’est ce que la vie et de quoi ont donc besoin les gens ? d’un certain équilibre, dans leur vie d’abord et dans leur entourage et dans la (les) nations (s) ensuite. Equilibre physique, social, économique. Or nos sociétés, fonctionnant comme elles fonctionnent sont tout sauf équilibrées.

    Le bon docteur DKS va-t-il réussir là où d’autres ont échoué ? Vous le saurez en lisant le prochain épisode de : « E la nave va*.

    Amicalement

    Cincinatus

    1. On peut aimer les berceuses chopiniennes de DSK, mais ce n’est pas le moment de s’endormir Cincinnatus. Voyons ! Faut tenir la charrue.

    2. Merci. Vous m’avez fait éclater de rire dans votre façon de relater la prestation de notre DSK
      à la télévision. Ses paroles avaient un goût de miel. Vision de médecin différente de celle d’un des meilleurs sketchs qui a rendu célèbre son auteur humoriste. A écouter si ce n’est déjà fait sur France-inter.

  14. « Le commerce international étant par définition un jeu à somme nulle – les exportations et les importations s’équilibrent »
    Ces définitions semblent nécessiter une remise à plat. C’est un peu comme « l’offre et la demande s’équilibrent » qu’évoquait Paul Jorion ou encore l’idée selon laquelle l’économie de marché tirerait forcément les peuples pauvres vers le haut par la modernisation pour tous.

    C’est toujours un problème de redistribution, à l’échelle des membres d’une société ou entre les pays.
    Les mesures face à la finance que prends l’Allemagne paraissent logiques mais je ne suis pas certain que cela soit suffisant pour faire revenir des investissements dans leur pays d’origine ou résoudre des soucis d’autosuffisance (si on assiste à un replis des nations sur elles-mêmes dans un scénario possible).
    Ces décisionnaires semblent eux le croire (ou attendent de voir pendant que les risques d’une telle transition pèsent sur les peuples) avec leur mesures de rigueur, comme si le système actuel allait corriger tout cela de lui-même.

  15. Sarkozy a fait son petit effet d’annonce (le 5456ème ?)bien entendu il se rend compte que ce qu’il a annoncé n’est pas possible ..on nous prend pour des cons ..comme la remontée hier sur la fin à WS,trop rapide dans si petit volume pour être honnête(il fallait que le marché salue la pseudo réforme d’Obama qui n’en est pas une bien sûr)….finalement qu’un casino soit truqué ou manipulé ce n’est pas une ssurprise il suffit d’aller à Las Vegas ou à Monaco….

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/22/incertitudes-autour-de-la-revision-constitutionnelle-sur-les-deficits_1361417_823448.html

  16. Les commentaires sur le forum du Monde semblent aller dans mon sens ….

     »Ecrire cet article, c’est faire grand cas d’une annonce « pipeau » du nano-président qui cherche à se parer des plumes de la vertu pour cacher tous ses vices d’irresponsable patenté. On peut même lui faire crédit de ne pas croire lui-même à l’aboutissement de ce qu’il lance à grand renfort de trompe… De trompe à tromperie, juste quelques lettres de plus ! Deux mots emblématiques du régime sarkozesque.  »

    Voilà ce qu’Aimé Césaire aurait pu répondre à Nicolas Sarkozy. Un peu de sérieux M. Le Président de la France ! Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
    Pourquoi ne pas organiser un référendum? Je pense que les français sont assez matures pour comprendre que les politiciens n’ont qu’une idée: se faire (re) élire et après moi le déluge… Malheureusement, l’électeur est le complice de ce hold-up qui laisse l’ardoise aux générations suivantes.

    Quand on lit les commentaires sur le forum du Monde suite à un article on se rend compte que les journalistes sont de plus en décalage total avec la population…qui se rend chaque jour un plus compte de l’enfumage du gouvernement ….

  17. L’UE veut un mécanisme permanent de gestion des crises avant fin 2010

    Le Fonds monétaire européen est sur les rails. Sans le nommer ainsi, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a confirmé l’accord, vendredi, des grands argentiers des Vingt-Sept sur la création, peut-être d’ici à la fin de l’année, d’un «mécanisme efficace de gestion des crises».

    … Mutualisation des dettes

    …. Mais d’autres idées sont sur la table, comme celle d’une mutualisation, entre pays de l’Eurogroupe, d’une partie de leurs dettes publiques, ou l’instauration d’une procédure de mise «en défaut de paiement» d’un Etat membre. Ce qui ouvrirait la voie à la restructuration de sa dette, scénario écarté dans le cas de la Grèce: «Le plan de stabilisation actuel exclut cela, a expliqué Herman Van Rompuy.

    …. le gel des aides communautaires (défendus surtout par l’Allemagne) – n’est pas exclue: «Nous en avons parlé, a poursuivi Herman Van Rompuy. Certains pays le souhaitent. D’autres non.» Mais il existe un large consensus sur des sanctions financières et non financières.

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0352cf6e-6517-11df-bf6d-1841483df892%7C0

  18. Mais pourquoi la croissance à tout prix si ce n’est pour payer les intérêts. Car la seule justification à cette course effrénée n’est que celle ci.
    Sans croissance il n’y a plus de crédit possible dans notre système tel qu’il est organisé, car sans croissance il n’y a pas de quoi rémunérer la finance et si on pousse trop longtemps en ce sens, c’est tout le château de carte de l’endettement qui s’effondre.

  19. Le gouvernement US ne les suivra pas en enfer !

    Il y a peu, il s’est donné le droit de ne pas les suivre dans leur chute. Je parle ici des banques…

    Le gouvernement se ménage une retraite comme diraient les stratèges militaires. Si les banques doivent tomber, si l’épargne doit être détruite…il faut éviter que le gouvernement ne tombe avec elles ! Il faut se délester de ses « obligations » et se désengager de venir une fois de plus au secours des banques ! Les dernières mesures votées au Senat américain sont pour se mettre à l’abri de la faillite de la finance et de l’économie ! C’est ni plus ni moins un aveu de ce qui nous attend !!!

    Dorénavant ce sera chacun pour soi et dieu pour tous !

  20. Le retour d’une croissance à 3 ou 4% par an en Europe est possible à 3 conditions:
    -l’instauration d’un nouveau Système Monétaire International
    -une solide et saine régulation financière internationale
    -l’instauration de taxes sur les importations de pays qui ne respectent pas les normes sociales fixées par le Pacte International relatif aux Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU et les Conventions Fondamentales de l’OIT.

    Ce retour d’une croissance à 3 ou 4% par an est indispensable pour:
    -rembourser les montagnes de dettes, publiques et privées, accumulées par les pays européens
    -sauvegarder des systèmes de protection sociale suffisants (maladie,retraite,famille)
    -mais surtout en finir avec un chômage massif et chronique(23 millions de chômeurs en Europe)

    En effet pour la grande majorité des hommes et des femmes en âge de travailler, le travail revêt une importance vitale et constitue une valeur fondamentale. Il leur procure les ressources nécessaires à leur vie et à celle de leur famille et il leur donne un statut social, en échange de leur contribution à la production de biens ou de services utiles au bien-être de leurs congénères. Il leur est donc essentiel de pouvoir apporter cette contribution et que les ressources dont ils disposent en soient la contrepartie équitable et suffisante.
    Le devoir de travailler, précepte universel, moteur essentiel de l’économie, apparaît d’ailleurs dans le Préambule de la Constitution Française ( « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ») et dans la Déclaration Américaine des droits et des devoirs de l’Homme (« Toute personne a le devoir de travailler, dans la mesure de ses capacités, afin de se procurer les ressources nécessaires à sa subsistance ou pour le bénéfice de la communauté »).
    Atteinte majeure à la dignité, à l’égalité des chances, mais aussi à la liberté, le chômage est la première cause d’exclusion sociale, de pauvreté, de misère et de désespérance, en particulier pour les plus jeunes et pour les chômeurs de longue durée.
    Mais outre les drames humains qu’il provoque, le chômage ou le sous-emploi se traduit par la perte d’une partie du potentiel de production de richesses, un « gâchis économique ».

    Pour ces deux raisons, le premier devoir économique et social des pouvoirs publics, dans les pays développés comme dans les pays émergents, est de créer les conditions du plein emploi et de l’amélioration du niveau de vie de tous les citoyens. Ce devoir figure d’ailleurs explicitement dans le Pacte International relatif aux Droits Economiques Sociaux et Culturels de l’ONU(« Les mesures que chacun des Etats…prendra en vue d’assurer le plein exercice du droit d’obtenir un emploi doivent inclure l’orientation et la formation techniques et professionnelles,l’élaboration de programmes,de politiques et de techniques propres à assurer..un plein emploi productif dans des conditions qui sauvegardent aux individus la jouissance des libertés politiques et économiques fondamentales »).
    Nous constatons que les pouvoirs publics ne remplissent ce devoir fondamental,social et économique,ni dans les pays développés ni dans les pays émergents,puisque leurs politiques de libre concurrence et de libre échange, pratiquées sans garde-fous suffisants depuis deux décennies, n’ont pas permis d’y assurer le plein emploi.Ils sont entièrement responsables des délocalisations.

    Au lendemain de la deuxième guerre mondiale les américains avaient su,dans le cadre du Plan Marshall, aider les pays européens à se reconstruire et à se hisser,en quelques années, à leur niveau de développement,par un transfert massif de capitaux et de technologies,mais en maintenant des barrières douanières pour ne pas ouvrir leur pays à une concurrence inéquitable, tout en y trouvant l’opportunité de favoriser leur croissance et leur emploi et de conquérir des positions durables dans l’économie européenne.Il est regrettable que,30 ans plus tard, les pays développés ne se soient pas inspirés de cet exemple pour accompagner le décollage des pays émergents.Il est urgent de corriger le tir pour retrouver notre vitalité et offrir une espérance,notamment à notre jeunesse.

  21. Réduire les déficits très bien
    Dévaluer la monnaie très bien

    Relancer la croissance de notre économie européenne…

    Avec quoi nous allons exporter quoi ?
    – nos voitures, nos chars et nos avions

    Il faudrait peut être avoir conservé certaines capacités de productions pour envisager d’exporter autre chose que des emprunts.

    Si j’ai bien compris les conseils des administrations supra nationale en tout genre, le message est
    simple serrez vous la ceinture et l’on s’occupe du reste.

    J’ai noté aussi qu’aucune mesure n’envisage de présenter des budgets équilibrés, c’est à dire ne générant aucun déficit.

    Il est en effet confortable de discourir sur un ratio de déficit qui consiste à comparer la différence recettes/dépenses d’une entité avec la valeur globale de la production des acteurs économiques situé sur son territoire et sur lesquels la dite entité a en réalité aucune espèce d’autorité.

    faire un ratio du déficit par rapport à la surface de champ de pommes de terre produirait autant d’effet.

    http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/indicateurs_economiques_20/principaux_indicateurs_142/finances_publiques_deficit_dette_149/index.html

    j’aime bien les déficits prévisionnels en rose

    En clair il n’est pas prévu de réduire le déficit , juste d’augmenter le pib , car la croissance on sait faire et celà fait diminuer le fameux ratio inutile

    Evidemment si l’on dit en 2100 il y aura 254 Milliards de recettes et 340 Milliards de dépenses soit comme d’habitude 80 Mds de déficit et que l’on fait un ratio on 33% pour cent du budget qui n’est pas couvert par des recettes.

    3% , 33% on ne va pas chipoter , vous ne voudriez quand même pas que tout le monde panique,
    Ce qui compte c’est la tendance…

  22. Ancrer le système monétaire, 21 mai 2010 – Philippe Simonnot
    http://www.contrepoints.org/Ancrer-le-systeme-monetaire.html

    Quelques extraits pour survoler ce long article :
    On pourrait bien sûr remonter plus haut dans l’histoire (le 15 août 1971 étant le point final d’une dérive commencée en août1914 et continuée par les errements de la Conférence de Gênes de mai 1922 et de celle de Bretton-Woods en juillet 1944) pour rendre compte des vicissitudes actuelles du système monétaire international, mais pour le propos qui est le nôtre (comment ancrer le système monétaire international dans la réalité), la date du 15 août 1971 peut servir de point de départ au moins provisoirement.

    De fait, les marchés financiers dont le rôle légitime est de financer l’investissement des entreprises et d’élever le taux de croissance potentiel, ont été amenés à fournir les outils de couverture de risque de change et de taux d’intérêt, qui devraient être « gratuitement assurés » par une monnaie stable. Ils sont ainsi devenus des marchés d’assurance, coûteux pour les entreprises industrielles, de risque artificiels issus de la volatilisation du cadre monétaire, qui fonctionnent par le biais de la spéculation, une spéculation qui s’est peu à peu autonomisée et emballée pour sombrer dans l’agiotage, perdant ses vertus stabilisatrices traditionnelles. Ainsi la composante des marchés à terme des marchés financiers s’est hypertrophiée et a déstabilisé en retour les marchés financiers au « comptant » pour aboutir à ce non sens d’un système financier qui détruit de la richesse et se fait subventionner par le reste de l’économie alors qu’il est censé porter son enrichissement et lui ajouter de la valeur.

    Première étape
    La piste que nous allons essayer de suivre consiste à trouver, dans une première étape, des indices annonciateurs d’un déséquilibre entre l’offre et la demande de monnaie, dans le cas d’une monnaie sans convertibilité métallique, de manière à imposer à la banque centrale de corriger ce déséquilibre aussi promptement que possible, et du même coup supprimer le hasard moral qu’elle génère …

    Deuxième étape
    « L’établissement « d’une nouvelle monnaie de réserve largement acceptée […] pourrait prendre du temps », avait remarqué Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale de Chine à la veille du précédent G20.

    Appelons solidum cette nouvelle monnaie en référence à la monnaie romaine qui fut l’une des plus solides de l’histoire de l’humanité.

    Comment pourrait-on transformer les DTS en solidum ?
    La seule manière de solidifier les DTS est de les protéger contre la hausse des prix au niveau mondial et donc de corriger leur valeur à partir d’un indice choisi assez judicieusement pour refléter cette même hausse des prix.

    On devine que les Etats-Unis y seraient opposés. La super-puissance du moment a toujours intérêt à ne pas réformer le système monétaire. Mais, dans la conjoncture actuelle, un axe Chine-Russie-Europe-OPEP est tout à fait imaginable…

    Il ne faut pas sous estimer l’immense avantage, non seulement économique, mais proprement politique, d’une telle réforme, la stabilité de la valeur de la monnaie étant une condition-clé du « développement durable » dans ses trois dimensions économique, sociale et écologique, alors que la variabilité pousse au court-termisme, au gaspillage des ressources financières, à des inégalités de revenus injustifiables et à la révolte justifiée de leurs victimes.

    Illustrations graphiques de la relation entre politique monétaire et flambée des cours de matières premières (…)

  23. Il était fait mention hier d’une analyse de Willem Buiter dans le Financial Times Deutschland, qui
    refait l’ addition:
    Déficits budgétaires européens: 565 milliards d’euros Dettes publiques combinées:
    7 trillions, sur une maturité moyenne estimée à 7 ans, à un taux de 5%, soit 500 mds annuels au titre des interets. Donc pour lui les 860 milliards d’euros, si l’on inclut la Grèce, ne couvrent qu’un an, et il préconise donc que le montant de l’enveloppe devrait etre revu de 750 milliards à 2 trillions pour couvrir les trois ans..

    Reprise d’ une étude de fin avril où il préconisait la mise en place d’un FME doté de 2 trillions

    W.Buiter on Greece and a blueprint for a new Europe

    Y-a-t-il des nouvelles informations sur le Mécanisme de Stabilisation europeen ?

    Je (re)recommande la lecture de l’analyse de C.Wyplosz datée du 12 Mai:

    European Stabilisation Mechanism: Promises, realities and principles

  24. « Ne se faisant pas d’illusions sur la reprise de la consommation intérieure, les Etats-Unis fondent comme on sait beaucoup d’espoir sur la réévaluation du yuan chinois, afin de diminuer leur déséquilibre commercial, développant leurs propres exportations et réduisant leurs importations. Las, la baisse de l’euro favorise désormais une concurrence dont ils se passeraient bien, tandis qu’elle pénalise les exportations japonaises vers l’Europe… comme les chinoises. Les Européens, eux, ne peuvent trop en attendre en raison de l’importance de leur activité commerciale au sein de la zone euro. »

    C’est pas un peu contradictoire ? Désavantageux pour les exportations des uns mais pas avantageux pour les importations des autres ? Il s’agit bien de « concurrence » pourtant, dit le texte.

    1. La baisse de l’euro favorise les exportateurs européens hors zone euro, avivant la concurrence avec les Américains sur ces marchés.

      Par contre, elle surenchérit pour les européens le coût des importations venant de l’extérieur de la zone euro, qu’elles soient américaines, japonaises ou chinoises, ce qui peut contribuer à en diminuer le volume.

      Par ailleurs, les Américains voudraient que leur propre production devienne plus concurrentielle vis à des produits chinois, ce qui leur permettrait de diminuer leurs importations en provenance de la Chine.

  25. Quand un Trader anglais fait (une (bonne) analyse des troubles qui agitent ‘les marchés’, on y voit plus clair :
    « Here are my ten observations on the current turmoil facing markets

    1. The Eurozone architectural framework is deeply flawed and to suppose that a monetary union can survive without proper fiscal and political integration was something the architects were clearly wrong about
    2. The current austerity measures being insisted upon, primarily by Germany – which is required to pay the most in the EZ bailout – will only act to reinforce deflationary tendencies in the global economy
    3. Markets are often irrational. How else can one explain the extraordinary love affair that many asset managers have had for the Australian dollar, currencies from emerging markets and EM funds in general?
    4. A massive FX carry trade unwind is taking place that has very little do with « market fundamentals ». It has more to do with quant funds that have been synthesizing investable funds to play with in the algorithmically based equity markets
    5. Politicians should never say that they are going to take on markets – don’t bite the hand that feeds you.
    6. Uncertainty surrounding financial regulation is keeping financials under pressure
    7. France and Germany are not seeing eye to eye over the future direction of the EU and both countries are doing their best to protect the balance sheets of their own private sector banks which have huge exposure to debt from southern Europe
    8. Inter-market correlations/alignments are far more significant as causes behind the mayhem than one month’s job claims number – although yesterday’s US numbers do suggest that the notion that the global economy is on the verge of « growing » itself out of the sovereign debt crisis is highly suspect
    9. Valuation of assets based on fundamentals, P/E multiples etc. goes completely out of the window when investors behave viscerally which is why TA is so useful
    10. Central banks can only prop up a flawed currency, i.e. the euro, for so long before markets lose total confidence in its integrity. The capacity for damage to global financial confidence from a disintegration of the EMU and the euro, is enormous and still has not been factored into current asset prices. »
    http://www.stockopedia.co.uk/content/the-crunch-is-back-ten-reasons-for-the-current-market-turmoil/41418

    Surtout, selon lui, les banques centrales ne pourront pas longtemps mettre à flot l’euro quand ‘les marchés’ perdront confiance dans celui-ci.
    The Crunch is coming ?

  26. J’aimerais connaitre vos avis sur ce qui me semble être de mon point de vue d’économiste la meilleure solution. Je me demande ce que mr Jorion en pense d’ailleurs. La Grèce (tout comme l’Es­pagne, le Por­tu­gal, l’Ita­lie, l’Ir­lande, la Slo­ve­nie…) ne peut se sor­tir du ma­rasme éco­no­mique dans le­quel elle est plon­gé sans un re­for­ma­tage de la zone euro. On par­lait de faire sor­tir la Grèce de l’euro mais l’on sait que ça si­gni­fie­rai la même tra­gé­die pour les autres c’est pour­quoi il faut mettre en avant l’idée de la créa­tion d’un Eu­ro-Mark pour les pays du nord (Al­le­magne, Pays Bas, Fin­lande, qui pour­raient être re­joint par le Da­ne­mark et la Suède), les autres gardent l’euro. On au­rait donc deux poles mo­né­taires en Eu­rope l’un ayant pour mo­teur l’Al­le­magne et l’autre la France. Il faut voir cette évo­lu­tion néc­ces­saire pour mettre en va­leur les dif­fé­rents atouts de l’éco­no­mie eu­ro­péenne (Et peut être dans quelques an­nées cela per­met­tra de réunir le tout car si rien n’est fait la zone euro « va tour­ner mal  » comme le dit DSK, pro­vo­quant co­lère et in­com­pré­hen­sion des peuples contre l’euro mais éga­le­ment le pro­ces­sus de construc­tion eu­ro­péen). En gros ils peuvent prendre toute les sanctions qu’ils veulent s’ils ne réglent les problèmes de fond de l’euro ça ne marchera pas.

    1. J’ai lu un certain nombre de commentaires sur le thème: ce n’est pas à la Grèce de quitter la zone euro, mais à l’Allemagne !

      Il me semble qu’il faut s’en tenir à la ligne de conduite que les Allemands disent s’être donnés: préserver la zone euro. C’est leur intérêt commercial bien compris, vu l’importance de leurs exportations au sein de la zone. Ils craignent simplement devoir supporter un coût trop élevé pour y parvenir.

      Autre chose est le jugement que l’on peut avoir sur les moyens qu’ils prétendent voir adoptés pour y parvenir. Renvoyant au prochain épisode de la crise, un éclatement de la zone euro étant improbable mais pas impensable.

      Ce qui ne pourra être évité et n’est pas pris en compte dans leurs plans, ce sont des restructurations de dette, impliquant selon toute vraisemblance de nouveaux soutiens du système bancaire.

  27. @François Leclerc. Je pense que la zone euro telle quelle ne peut plus tourner correctement. Il faut comprendre que si la Grèce doit assumer des finances publiques aussi mal en point c’est avant tout, parce que l’euro trop fort ne lui a pas permis de sortir de la récession, la faiblesse de l’Espagne, du Portugal…et même de la France est du, en partie, a l’euro trop fort. Donc les solutions de rigueur qui reviendrait en fait a rendre encore plus difficile la sortie de crise ne sont pas adaptés.

    Ce n’est pas une question de meilleure ou de moins bon, mais de différences au niveau de la structure économique des différents pays (l’Allemagne reste très industriel, la France plutot axée sur les services).

    Pour avancer nous devons être raisonable et ne pas oublier qu’a l’origine l’euro était un pari difficile, en pleine crise structurel il est devenu insensé. S’adapter aux conditions économique en cours est en fait la seul solution pour sauver la construction européenne, n’oublions pas que la zone monétaire n’est pas l’UE.

    Réflichissez y parlez en autour de vous, débattez en. Deux zones monétaires en Europe, c’est ce dont nous avons besoin pour traverser cette crise sans détruire, réellement la cohésion européenne.

    1. Je ne crois pas qu’une solution de ce type soit en mesure de régler la crise actuelle, expression européenne d’une crise mondiale.

      La crise de l’euro n’est qu’accessoirement une crise de l’Europe.

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