L'actualité de la crise: une politique par défaut, par François Leclerc

Billet invité.

UNE POLITIQUE PAR DÉFAUT

Faute d’une alternative qui suppose des mises en cause inconcevables à ce stade de la crise, un mauvais chemin est emprunté en Europe, dont on ne sait où il mène. Les commentaires ont beau se multiplier sur le thème  : « ça ne passera pas », « les objectifs ne sont pas réalistes », « nous allons entrer dans une spirale dépressive », les gouvernements de la zone euro persistent et signent par défaut.

Ce sont les Allemands qui impriment leur marque, ne voyant leur salut que dans le maintien de leurs acquis, voulant l’imposer aux autres au nom de la préservation de leur hinterland : plus ils contribuent au financement potentiel des pays en difficultés, plus ils craignent ne pas être remboursés, creusant par leur intransigeance accrue leur propre tombe. L’absurdité voulant qu’ils accroissent eux-mêmes ainsi les chances que la situation qu’ils redoutent survienne.

Une réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe s’est tenue hier à Bruxelles, dont peu a filtré, si ce n’est des informations laissant à penser qu’elle a été plus consacrée à serrer les derniers boulons du plan de sauvetage européen (dénommé plan de stabilisation financière), de nouveaux obstacles ayant été dressés au déblocage de chaque éventuel versement d’une aide, qu’à faire face à la débandade de l’euro.

A ce propos, Jean-Claude Junker, son chef de file, a bien reconnu que si son niveau n’était pas en soi problématique – des cris de victoire retentissant même, faisant de nécessité vertu et saluant sa baisse qui favoriserait les exportations (à condition que les acheteurs se manifestent) – la rapidité de sa chute faisait par contre problème. Pour autant, rien n’a été annoncé afin de la combattre, signe que face aux marchés, la BCE faisant elle-même le gros dos, car il n’y a pas grand chose à faire sur ce terrain-là…

Une remarque assassine de David Bloom, en charge des marchés de devise d’HSBC, rapportée par le Financial Times, résumé la situation : nous pensions que l’euro allait devenir une sorte d’euromark, il est train de tourner à l’eurodrachme a-t-il constaté, sarcastique. Mohamed El-Erian, grand manitou américain du marché obligataire, faisant ce commentaire désabusé : à nouveau, on essaye de régler un problème de solvabilité par des injections de liquidités.

Les deux indicateurs du moment que sont l’euro et le Libor (overnight ou à trois mois) continuent d’être en berne, signalant qu’en dépit des démentis, la crise européenne n’est pas réglée et que la confiance n’est pas de retour. Ni au sein du système bancaire, dont les acteurs se soupçonnent les uns les autres – sachant à quoi s’en tenir pour leur propre compte ou connaissant les usages de la profession – de taire leurs gros bobos, ni sur le plus grand marché du monde, le Forex, où la loi de la jungle monétaire règne en maître.

L’excellence de la coopération franco-allemande est célébrée par Christine Lagarde, ministre française des finances, mais cette grossière pirouette ne dissimule pas que les uns ont une politique qui ne mène nulle part, les autres n’en ont même pas. Les Allemands étant par ailleurs actifs et déterminés sur le sujet de la régulation financière, leurs banques durement éprouvées, tandis que les Français continuant d’affecter que tout va pour le mieux de leur côté et traînent la patte lorsque l’on rentre dans le concret, afin de préserver leurs banques.

Wolfgang Schäuble a eu ce mot magistral, afin de marquer sa détermination: « ce sont les politiques qui font les règles, pas les marchés ». Passant de la parole aux actes, Berlin vient d’ailleurs d’annoncer son intention de taxer les transactions financières – sans plus de détails – rejoignant en cela les Autrichiens. Mais cela en dit long sur sa compréhension générale de la situation, de manière alarmante.

L’extension de la crise à toute l’Europe menace pourtant, comme le lait qui déborde sans crier gare. Au Royaume-Uni, où la trêve électorale est terminée, un projet de budget étant annoncé pour le 22 juin prochain. Dans les pays de l’Europe de l’Est, un ensemble très hétérogène, pour lesquels la BERD vient de réaliser préventivement une forte augmentation de son capital, afin de les aider à faire face à la crise qui sévit en Europe de l’Ouest et qui les atteint plus ou moins durement.

Pendant ce temps-là, les Américains sont en passe de boucler leur réforme financière, le Sénat mettant avec force amendements de dernière minute la dernière main à son projet de loi, qui va devoir encore être confronté à celui de la Chambre des représentants avant d’être promulgué par Barack Obama. Cela ne saurait tarder, comme à la fin d’une course d’obstacle, lorsque les participants donnent un dernier coup de collier.

Les Européens, qui se manifestent tardivement sur différents sujets scabreux – la réglementation des hedge funds et des CDS nus – arrivent après la bataille en dépit d’une mission à Washington de Michel Barnier, le commissaire au marché intérieur, auprès de Tim Geithner, le secrétaire au Trésor. Le prochain G20 de Toronto, les 26 et 27 juin prochains, est attendu comme pouvant être le lieu de derniers arbitrages, mais les Américains vont avoir beau jeu de dire qu’ils ont fait le travail, ne peuvent y revenir, et qu’il n’y a qu’à s’en inspirer.

Anticipant cette rebuffade, les Européens se sont déjà engagés sur la voie du compromis, c’est à dire de la dénaturation de leurs propositions. A propos des hedge funds comme des CDS nus. Il serait question, les concernant, non plus d’une interdiction, mais de la possibilité de mesures temporaires.

Il est difficile de faire le tour d’une loi qui ne demande pas moins de 1.600 pages pour être exposée. Certes, le très important sujet de la réglementation des produits dérivés va être l’objet de derniers réglages qui donnent lieu à des batailles acharnées des lobbies financiers. Mais sa tonalité d’ensemble n’a pas changé : cette loi reste une illusoire tentative de contenir les futurs errements de l’industrie financière, ses gardes-fous comme autant de murailles pleines de trous béants, contournables à la faveur d’une virgule manquante dans un alinéa, de l’omission d’un détail dans un autre. Car c’est ainsi que procèdent les financiers, soucieux de la légalité en façade et n’hésitant pas à solliciter celle-ci abusivement, voire à la bousculer, au nom du vieux principe « pas vu, pas pris ! ».

Qu’est-ce que les Européens vont finalement obtenir comme lot de consolation ? De premières constations faisant pudiquement état de l’actuelle application imparfaite de la vieille réglementation de Bâle II, issues d’un rapport du FMI portant sur l’économie américaine, en disent long à propos de la portée de la réglementation internationale lorsqu’elle dérange, alors que Bâle III continue de faire l’objet de tractations serrées dont rien ne filtre. Ce couvercle qui devrait chapeauter toute l’activité financière mondiale, aussi imparfait soit-il à l’arrivée, connaîtra-t-il donc le même sort outre-Atlantique que son prédécesseur ?

Est-ce faire preuve d’un pessimisme outrancier que de voir dans la situation actuelle la victoire de deux politiques dont chacune mène dans le mur  ? Celle du gouvernement allemand, qui dirige l’Europe tout droit dans la récession, et celle des Etats-Unis, qui laisse largement ouvert le terrain de jeu de la finance  ?

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149 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: une politique par défaut, par François Leclerc »

  1. Une question:

    Les Allemands sont-ils inconscients, ou alors préparent-ils leur sortie de l’euro?

    1. Je dois avoir le chic de poser des questions complètement idiotes car personne n’y répond. C’est idiot de se poser des questions sur la raison de l’attitude Allemande?

    2. Les commentaires de la presse Allemande de référence, comme par exemple le Frankfurter Allgemeine Zeitung, sont impressionnants. Exprimant ce que d’autres Allemands qualifient d’hystérie à propos de la menace de l’hyperinflation.

      Angela Merkel, pour sa part, vient de déclarer qu’elle considérait se situer dans la lignée de Konrad Adenauer et Helmut Kohl….

    3. Qu’ils ne préparent pas leur sortie de l’euro et se cramponnent à leur modèle de croissance actuel.

    4. Merci Monsieur Leclerc.

      Mais alors, ils sont inconscients:

      soit leur position va créer des tensions de plus plus dures avec les pays du sud, y compris non, qui avons tout à perdre à nous soumettre aux exigences des financiers Allemands, même si les nôtres en profitent pour casser le système du CNR.
      Et / ou si on se soumet à cette exigence, nous filons droit vers la déflation.

      Je me trompe?

    5. Encore une fois (Sedan, Traité de Versaille, Shoa) ce sont les traumatismes d’Hier qui sont à l’origine des phobies, des crispations et des haines d’aujourd’hui, et les grandes catastrophes de demain.

  2. « hinterland » et non interland,

    « Ventre » du pays, qui assure son inertie ou sa pérennité, en géopolitique, sa « résilience » pour prende un mot à la mode.
    Quoique dans le cas de l’Allemagne, ceci se réfère sans doute ici à son « coeur » de capacité économique à parvenir avec succès à exporter (INTERnational).
    Il y a inter et hinter.

    Sur le fond et le long terme, la notion d’une troisième voie (disons, « créative », mais pas dans la finance) me semble digne d’intérêt plus que jamais. Pas forcément trop verte, il ne s’agit pas de dégoûter tout le monde des épinards avant l’heure. Apprenons le goût des choses, avec du sel (des marais guérandais).

    1. Corrigé ! L’Allemand hinterland est dans ce contexte effectivement plus adapté que l’Anglais interland.

    2. Hinterland=arrière-pays, autrement dit, le « jardin privé » de l’Allemagne. Pays le plus peuplé d’Europe, l’Allemagne considère, selon certains historiens (allemands et non-allemands) le reste de l’Europe comme son terrain de jeu où elle peut engranger des profits.
      Cette vision est un peu absurde comme toute vision faisant de la « nation » un personnage, car les problèmes intérieurs du pays finiront bien par ramener le gouvernement allemand à la raison.
      Il n’y a pas d’issue possible à la crise, pour personne, sans un équilbrage des échanges commerciaux, qu’il s’agisse, de l’Allemagne vis-à-vis du reste de l’Europe ou de la Chine vis-à-vis des USA.
      Sinon, cela voudrait dire que l’Allemagne, tout comme la Chine, seraient les usines du monde et les autres les consommateurs.
      Bon courage, les 80 millions d’allemands et le 1,5 milliards de chinois n’ont qu’à produire davantage pour des salaires de misère!
      Autrement dit les allemands et les chinois sont esclaves et contents de l’être!

    3. Hinterland ou Europe, comme une réduction du problème mondial ramené à quelques pays regroupés…

      Cette crise est un croisement de l’économie et de la finance, économiquement l’Allemagne s’enrichit grâce à sa capacité à produire mieux que les autres pays européens, ce faisant elle affaiblit les autres pays de la zone Euro et aujourd’hui on lui propose de redonner ce qu’elle a acquis à travers son économie excédentaire.

      Dans ce marché fermé de l’Euro elle est la reine, mais comme les financiers elle veut bien gagner mais ne jamais perdre.

      Son déficit elle le doit à la Chine et aux pays émergents, elle a conscience que économiquement elle est puissante mais les différences de valorisation des monnaie, en particulier le Yuan, donc la finance la conduierait à sa perte, seule sans la protection de l’Europe.

      Bref la maison allemagne s’enrichit de son commerce et s’appauvrit de son secteur finance par son déficit budgétaire.

      Ses choix sont ambivalents, l’Euro lui permet de conserver son avantage de coût, comme le Yuan arrimé au dollar permet à la Chine de garder son avantage compétitif, mais pour conserver l’Euro il lui faut désormais payer en prêtant ce qu’elle risque de ne jamais voir remboursé…

      Un peu le choix cornélien des Chinois, englués dans la dette américaine, conscients qu’ils perdront un jour tout ou partie de ces centaines de milliards mais bien incapables d’en demander le remboursement car ils savent que ce serait faire imploser le commerce mondial.

      Bref je dirai que nous nous approchons du moment ultime où il faudra choisir, nous sommes dans une guerre économique entre les nations pour la richesse, la crise actuelle montre qu’aujourd’hui les débiteurs de tous ordres, particuliers, entreprises, états sont au bord du clash, ils ne peuvent plus rembourser, les créanciers mettent la pression, les débiteurs courbent l’échine, viendra le moment où ils diront non et alors le monde implosera.

      Que va-t-il se passer, juste regarder la Chine et les USA, les chinois évitent le dollar pour augmenter leur risque tout en continuant à exporter sur le reste de la planète, que va faire l’Allemagne, limiter son risque en Europe, mettre l’accent sur les exportations en dehors de l’Europe, en ce sens ma conviction est que tout sera fait par eux et par ses alliés européens, les pays du nord, d’entretenir un euro faible et l’arrimer au dollar et au Yuan.

      Comme pour la crise des subprimes, je ne comprenais pas que des gens aussi intelligents que les financiers aient pu se laisser prendre par cette chute, grâce à vos explications M. JORION et LECLERC, je sais maintenant qu’ils sont réellement intelligents et ont joué la chute des subprimes…

      Bref nos élites financières européennes sont intelligentes également, elles savent que le système est plus que bancal, à un moment il sautera c’est certain mais en attendant continuons à faire de la monnaie…

      Bref la crise actuelle va se calmer, l’Euro devrait continuer à chuter, reste que ce faisant les importations vont augmenter en valeur, accentuant nos charges, les pays exportateurs européens souffriront moins, en gros, les pays cigales du Sud, dont la France auront des jours de plus en plus difficiles.

      Je pense que le jeu de l’Allemagne et des financiers est de calmer le jeu pour redonner un peu de temps pour retourner jouer au Casino et à présent ils se préparent pour le prochain Rallye, mon avis que cela va se jouer sur les matières 1ères…

      Quant à la dernière question, mais attendons la suite, l’Allemagne est-elle dans le coup pour la crise actuelle, les banquiers Allemands sont les principaux prêteurs des pays européens, cela ressemble fort à l’histoire des subprimes, les financiers US en étaient les principaux organisateurs !!!!, l’idée, faire baisser l’Euro, créer un électro choc chez les pays du sud pour économiser et permettre à l’Euro de tenir encore quelques années…

      Vous avez sans doute encore raison M. JORION pour un nouveau Bretton Woods, l’important aujourd’hui dans cette future négociation mondiale est d’être dans la meilleure des positions, les USA sont en positions de faiblesse peut-être mais ils ont leurs financiers et Goldman, ils ne les laisseront jamais tomber, quant à l’Allemagne elle se prépare elle aussi, elle sait qu’elle perdra un peu de milliards dans le plan de la Zone Euro, toute son astuce sera d’en limiter le montant, merci DSK d’avoir amené le FMI, ce sera cela en moins à perdre…

      Nous sommes dans un gigantesque jeu d’échec ce me semble, en tous cas ce n’est qu’en raisonnant comme cela que j’arrive à trouver une certaine logique à ce qui se passe actuellement.

    4. Et si l’Allemagne savait très bien où elle va ? Ce qui nous semble absurde, faire courir tant de risques à l’Europe, pourrait être une stratégie « rationnelle ». Reste à savoir laquelle. On aura la réponse dans 80 ans, en fouillant les archives de l’époque actuelle…

    5. @bourdon

      Votre vision qui me semble tout a fait compatible avec les écrits de Paul et François a effectivement le mérite d’éclairer les enjeux et on peut penser qu’un grand deal se prépare. J’essaye de résumer, pour vérifier si j’ai bien compris.

      Dans la future négo sur un nouveau Bretton Wood (si négo il y a), les chinois mènent le bal; les USA ne partent pas sans biscuits, les Allemands, conscient de leur taille, protègent leur « hinterland » en continuant à produire et à vendre, la France continue à faire le coq (et pour ça, soyons tranquille, on a le meilleur) en pensant préserver SOCGEN et CASA.

      Et si il n’y a pas de négo, ça risque d’être bien pire.

      Ben,… on est bien barré

      (Ah oui, je suis Français…, il fut un temps ou je me présentais comme Européen, mais j’ai du mal en ce moment, j’ai plutôt tendance à penser région, voire village, eh oui, les repères bougent).

      Merci et à bientôt.

    6. Bretton woods, j’en ai fait le commentaire hier.

      Voyez par vous-mêmes quels étaient les forces en puissance à l’époque et, voyez maintenant…

      Keynes doit bien rigoler dans sa tombe.

    7. Qu’un Américain abandonne une once de son pouvoir financier et je me fais…
      Excusez-moi, il faut déjà du courage pour l’écrire.
      Je vais y arriver…

      curé !!!

      Mais bon. Dans une religion qui tolére le mariage des prètres. Faut pas aller trop loin non plus…

    8. Merci Hema, toujours agréable d’avoir un avis positif.

      Pour Bretton Woods, je dirai que les discussions actuelles de la zone Euro augure mal de ce que pourrait être une telle réunion, en ce sens je pense que notre Hinterland européen peut s’apparenter à la planète, nous avons eu aussi avec Copenhague un petit aperçu de discussions mondiales …

      J’ai bien l’impression que tout le monde veut tout conserver par devers lui, aucun esprit communautaire, je pense que si un jour une réunion mondiale de sortie de crise est organisée, ce sera différent de Bretton Woods.

      D’une certaine manière les discussions actuelles sur les retraites en France montre le chemin qu’il faudra parcourir, nous avons un pb évident avec notre système de retraite qui est du type de Ponzy, comme les déficits européens, comme les déséquilibres économiques mondiaux.

      C’est un pb humain, chacun veut conserver ce qu’il a mais lorgne sur ce qu’a le voisin, bref les financiers des états veulent bien des prêts à pas cher des banques centrales, veulent bien encaisser la différence en tant qu’intérêt mais refuse le risque de l’impayé…

      Pour les retraites, tout le monde veut conserver la sienne, aimerait bien avoir l’avantage qu’a le voisin, tout en sachant que cela ne peut pas continuer car tout le monde est conscient qu’une personne qui travaille ne peut à la fois faire vivre sa famille et faire vivre le retraité qu’il doit assumer, nous nous approchons d’un cotisant pour un retraité…

      Pour le système européen, l’Allemagne veut bien tirer les profits de ses ventes en Europe mais ne veut pas assumer d’une certaine manière les chômeurs qu’elle crée par la concurrence de ses entreprises dans les pays à qui elle vend…

      Je crains que nous soyons dans une fable de la fontaine, adieu veaux, vaches, cochons par exemple, bref tout le monde à conscience que cela ne peut perdurer, qu’il faudra faire quelques choses, que ce me semble on attendra d’être adossé à un mur pour se décider à réellement discuter et d’une certaine manière chacun se dit, plus je serai fort, plus j’ai des chances d’être entendu…

      Autre exemple sans doute de ce qui nous attend, Israël, ils savent qu’il leur faudra bien un jour faire une place aux Palestiniens, alors pour négocier en position de force le jour où ils seront contraints de le faire, installer des colonies un peu partout pour monnayer au mieux, tout en espérant, ce sont des hommes et donc rêveurs, que peut-être cette discussion n’aura jamais lieu alors pourquoi ne pas construire des colonies…

      Voilà tout le monde joue au chat et à la souri, les financiers finalement vivent plutôt bien, les hommes politiques ne me semble pas malheureux, à Bruxelles ils ont l’air heureux, les grecs vivaient pas si mal que cela même en étant surendettés, et donc l’idée générale est de dire surtout ne touchons pas à un système qui nous rend si heureux.

      Je crois que peu on conscience que notre monde s’approche dangereusement d’un précipice sans fin, et d’ailleurs sommes nous proche d’un précipice sans fin…

      Bref je crois que tout le monde espère que la crise n’aura jamais lieu, on trouve tous les subterfuges possibles pour reporter au plus tard cette discussion finale, et on tente par tout moyen de se mettre dans la position du plus fort pour négocier au mieux.

      Nous sommes je pense dans une guerre de tranchées, nous l’avons vu en 14/18, cela peut faire bcp de victimes, des jours on a le moral et le lendemain on l’a moins.

      D’une certaine manière je crois que pour un petit rien cela va déraper à un moment et brutalement cela va exploser de tous les côtés et tout sera posé en vrac sur la table et je ne suis pas certain que cela ressemblera à une réunion financière du type Bretton Woods.

      Ce qui sans doute diffère des crises précédentes, la complexité du monde d’aujourd’hui, nous sommes devenus civilisés, on utilise moins nos poings et plus la tête, on a peur des coups, on a peur de perdre ce que l’on a, en ce sens la crise actuelle nous semblera longue, avant Sarko aurait peut-être pris Angela par le col et lui aurait fait signer un chèque en blanc, maintenant la force ne fonctionne plus trop, car les forces sont mutiples, voilà pourquoi je tente de comprendre mais le peut-on réellement !!!

  3. Si le monde était gouverné par la raison ça se saurait…mais non : ceux qui détiennent le pouvoir , la minorité qui s’affranchit de tout , sont ceux qui agissent par la cupidité , par le meilleur gagne , par l’individualisme le plus froid et nous sentons bien que la grande majorité sera perdante …

    Il aurait fallu qu’elle se manifeste , dise non, récupère les leviers du pouvoir, la finance , la monnaie…mais il y a trop de de laisser faire , d’intérêts politiciens ou individuels divergeants…Entre celui qui n’a rien, le prolo , et celui qui possède quelque bien ( immobiliers, par exemple …) il y a incompatibilité…Le pouvoir s’est toujours maintenu par la division des peuples , interne ou externe ,…
    L’argent fait plus rêver que la vertu ou une éthique et surtout coagule plus facilement les organisations humaines…Et les religions n’ont fait que consolider le système en faisant croire à une vie au delà , une récompense d’origine transcendante…

    Les cales du titanic se remplissent , et les canots de sauvetage sont déjà attribués…

    Donc, nous allons boire la tasse , connaître l’engourdissement et la mort , pour beaucoup…

    Ensuite ? Il faudra comme d’habitude reconstruire et petit à petit l’opportunisme reprendra les commandes du nouveau paquebot…

    Pour une nouvelle croisière ?

    Mes propos sont quelque peu défaitistes ou pessimistes : n’hésitez pas à les contredire !…

  4. Vous n’avez pas encore compris ce qui nous attend. Depuis 30 ans, il y a eu seulement 9 exemples de pays qui ont réduit leur déficit de plus de 10% :
    Irlande (20%, 1978-89)
    Suède (13%, 1993-2000)
    Finlande (13%, 1993-2000)
    Suède (13%, 1980-87)
    Danemark (12%, 1982-86)
    Grèce (12%, 1989-95)
    Israël (11%, 1980-83)
    Belgique (11%, 1983-1998)
    Canada (10%, 1985-99)

    Nous faisons face à une situation d’une autre ampleur, car ce sont maintenant des « grands » pays qui vont devoir réduire leur déficit, et qui plus est tous ensemble. Du jamais vu.

    En ce qui concerne le gouvernement allemand, il aurait fallu leur décerner une médaille au lieu de leur demander de participer à l’irresponsabilité budgétaire générale. Je regrette qu’ils aient cédé à Sarkozy et Obama.

    1. Plus une loi est longue et précise plus est fragile:
      Article du WSJ
       » En Arizona toujours, un autre républicain, Brian Miller, demande que toutes les lois soient lues à voix haute avant d’être soumises au vote. Seuls les élus ayant assisté de bout en bout à la lecture seraient autorisés à voter. « Il n’y aurait plus ainsi de lois qui font 2500 pages (allusion à la réforme de l’assurance maladie, votée en mars dernier) » plaide Brian Miller. Dans l’Oregon, une candidate républicaine, Jaynee Germond, suggère que les lois soient limitées à deux pages maximum. »

      Au sujet des CDS et des Hedge funds:
      Pas de crainte pour cette industrie d’après Marc Fiorentino

      « D’ailleurs les chiffres sont parlants. Les investisseurs reviennent en force dans les hedge funds, une industrie à nouveau en plein boom.
      En plein boom et en pleine consolidation
      Les hedge funds sont les banques de trading de demain. On va assister à la naissance de nouveau géants comme l’a montré le deal annoncé hier de rachat d’un fonds emblématique GLG par un leader du secteur Man pour créer un ensemble de plus de 60 milliards de dollars. « 

    2. Pour préciser mon commentaire, il y avait au moins trois points sur lesquels la position allemande me paraissait bonne :

      1) Le gouvernement allemand était hostile à la monétisation des dettes publiques par la BCE, or monétiser les dettes pour sauver les banques nous conduit maintenant vers un scénario à la japonaise.

      2) Il ne voulait pas prêter au gouvernement grec pour reculer encore plus un défaut inéluctable. Prêter à un gouvernements totalement dysfonctionnel est le meilleur moyen d’avoir plus de gouvernements dysfonctionnels à l’avenir.

      3) Il avait (mollement) résisté à l’idée de creuser son déficit budgétaire pour un « plan de relance ». Creuser le déficit c’est asphyxier encore plus la croissance, et comme celle-ci est indispensable pour payer les dettes, c’est une course à l’abîme.

      S’abstenir de ces mesures aurait été une condition nécessaire – mais pas suffisante – pour sortir rapidement de la crise. Maintenant, c’est du passé.

    3. A Tartar : C’est evident que l’inflation de textes legislatifs dessert la Loi. C’est evident pour ceux qui votent les lois egalement. Surement que cela profite a quelques uns.

    4. @ GU Si Fang,
      Mais comment expliquer l’attitude si vertueuse des Allemands , ainsi que vous la présentez?
      Quel motifs? Laisser la Grèce sombrer signifie une grosse claque pour leurs banques qui ont abondamment puisé au Nectar Obligataire de l’Olympe?
      Ou alors provoquer la chute de toute l’Europe et donc avec un effondrement de leurs exportations?
      Une vertue bien masochiste.

    5. @ Arnaud

      C’est que le plan d’aide n’est pas destiné à « la Grèce » ni « aux Grecs » mais au gouvernement grec. La Grèce est un pays riche et magnifique, merci pour elle. Les Grecs parviennent encore à trouver un peu de liberté sur le marché noir. Le problème c’est leur gouvernement, véritable chape de plomb sur le pays. Si j’avais le choix, je ne lui prêterais rien, mais je n’ai pas le choix.

  5. @ M. Leclerc

    Excusez mon langage, mais je ne suis pas universitaire.

    Oui, je vous trouve bien pessimiste en ce qui concerne l’Europe.

    Je pense que l’Europe à bien réagie aux attaques de ses derniers jours.

    Tout n’est pas fini, loin s’en faut au niveau mondial, mais je trouve qu’en Europe on est plus fort.
    Ce qui ne veut pas dire que l’on ne va pas souffrir, ou même que l’on va s’en sortir.

    Si la régulation des marchés se fait par petites touches de « mesurettes », ou trop tard, je pense qu’il va falloir choisir son camp malheureusement d’ici quelques années « qui se comptent sur les doigts d’une main ». Qu’en pensez-vous ?

    Cordialement

    1. Européens ou Américains (ou autres encore), on est tous dans le même bateau, nous nous y tenons par la main !

    2. Une blague kabyle convient assez bien à la situation actuelle :  » A l’indépendance, le pays était au bord du gouffre, depuis, il a fait un grand pas en avant ».

    3. A gilles : on pourrait transposer aux deux capitalistes qui trouvent une bouteille de wiskey. L’un dit « on vas partager en citoyens responsables de nos grandes démocraties occidentales ». L’autre dit « pas question on fait moitié – moitié ».

  6. Au niveau de l’Europe, rien n’avancera, il suffit d’écouter Mr Barnier qui est contre l’interdiction des paris financiers en argumentant le sacro saint argument du libre et non faussé.

    C’est comme le sacro saint argument des prélévements obligatoires, qui sont amalgamés « titritisés » dans le terme générique IMPOTS/CHARGES.

    Les prestations sociales, nos retraites sont des salaires différés, pour en assurer une bonne collecte et une bonne MUTUALISATION, une gestion paritaire est de loin la moins mauvaise des solutions.

    De toutes les façons, il nous faut cotiser (obligation) ou souscrire (libre et non faussé), l’alternative est simple, demandons l’avis de nos concitoyens sur ce point essentiel.

    Cercle des épargnants!!!!!! sondage retraite: 53% des Français déclarent épargner pour financer leur retraite.

    Avant crise ils étaient 59%.

    Ceux qui n’épargent pas, seraient à 56% vouloir le faire (60% avt crise).

    Il me semble qu’au niveau de ce blog, il pourrait être fait l’analyse:

    DU LIBRE ET NON FAUSSE, la balance IMPOTS CHARGES SALAIRES DIFFERES.

    Bonne journée, et prompt rétablissement au maitre du lieu.

    1. les cotisations sociales ne sont pas un impôt, sinon pourquoi Jupé n’aurait-il pas fait un emprunt d’état à taux réduit, pour boucher le trou de la sécu ?
      sur le fait de prélèvements pbligatoires, il me semble que l’assurance responsabilité civile est obligatoire, , la compte-t-on en prélèvement obligatoire ? et l’assurance mobylette, ou celle auto qui sont obligatoire aux conducteurs ? et l’assurance logement ???

    2. Cécile, les assurances obligatoires sont du domaine privé et ne rentre pas dans les prélévements obligatoires.

      Le domaine privé se décompose également en société à but lucratif ou non lucratif, le commun des mortels s’y perd et ne peut pas se faire une idée précise de qui fait quoi avec son argent.

      C’est pour celà qu’il sera

    3. bug, je reprends

      C’est pour celà qu’il serait bon de faire un inventaire pour remettre un peu de bon sens dans l’emploi de ces termes prélévements obligatoires.

      Comme pour le PIB tout fait corps, il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes, un peu d’ordre.

    4. Jeannot, la seule puissance financière que je connaisse est la mise en commun.
      Le reste est baratin libéral du gars qui va penser qu’il sera toujours le seul à s’en sortir si tous les autres restent sur le carreau.
      Hors, Robinson crusoe serait devenu fou sans vendredi…

      Maintenant, faire un état des lieux précis est loin d’être une mauvaise idée.
      Mais si vous connaissiez le nombre de commerciaux qui ont tout fait pour que je ne trouve pas de concurrence à leur imposer, vous resteriez sur le cul. Si je puis dire et je ne me gène nullement dans ces cas-là.

      Un « détail » de l’histoire…
      Vous savez comme moi que les entreprises reçoivent des aides d’état nombreuses et variées.
      PERSONNE n’a jamais été capable de mesurer dans quelle mesure cela profitait en quoique soit à l’emploi, ce qui est, en principe, le but principal officiel de la manoeuvre.
      Privatisation de profit oblige… une entreprise n’est pas une association de bienfaisance à but non lucratif…

      Comme dit Généreux, en sortant l’argument populiste de faire payer les riches plus pour soutenir le système de retraite, on incite simplement à une privatisation du système de répartition.
      Mais bon, c’est le but du libéral, non? tuer la populace.

    5. L’AREAD est une entreprise qui aide les entreprises à pomper des subventions.
      Ce genre d’industrie « palpe » en général 25% des sommes pompées.
      Je dis pompées car il se peut que les subventions soient en pure perte.
      La politique a de ces rétropompages parfois.

  7. j ai beaucoup de plaisir a lire vos commentaire sur une situation de crise très grave alors que nos politiques font les autruches .
    je pense que la situation ira de plus en plus mal car le riche veut du fric du fric le reste aucune importance
    Que faire dans un monde ou l’on ne respecte plus la valeur de l’humain ni de la vie en général ,une révolution,impossible cela ne marche pas car on revient toujours a l’argent ,l histoire nous le prouve.

    1. et pour la TVA, le plus gros budget de l’état, une des ressources importantes du financement de l’Europe, ??? le modèle à la grecque , qui sont soient disant, très enclins du marché noir ???

  8. Bonjour François Leclerc

    Citation de François Leclerc : ni sur le plus grand marché du monde, le Forex, où la loi de la jungle monétaire règne en maître.

    Le plus grand marché du monde est celui des taux d’intérêts, 3 à 4 fois supérieur selon les sources.

    Citation de François Leclerc : nous pensions que l’euro allait devenir une sorte d’euromark, il est train de tourner à l’eurodrachme a-t-il constaté, sarcastique.

    Je ne nie pas les problèmes de la zone Euro ni la crise mondiale, d’autant que je me sens concerné comme tout à chacun, mais au-delà de ça d’un point de vue technique il n’est pas possible de parler d’euro-drame. Car l’euro/dollar a pris 95% de l’année 2000 à 2008 et qu’il ne perd « que » 24% par rapport au plus haut de 2008. A 1,2 €/$ cela deviendrait plus dangereux, à la parité il ne faudrait pas aller plus bas. En tous les cas dans un mouvement de +95% il n’est pas rare de corriger de 30%, voire de 50%.

    Je lis très régulièrement le blog et je relaie beaucoup d’informations sur mon Twitter, je salue votre travail, mais je regrette cette étalage des problèmes, dont la seule issue serait la continuation de la crise, la destruction de la zone Euro, l’interdiction de parier sur les prix ou que sais-je encore.

    Pour ma part je pense qu’il y a des solutions, ou au moins une, c’est d’intégrer au plus vite la zone euro à l’Union Européenne, qu’en pensez-vous ?

    1. Bonjour !

      Je ne voudrais pas me réfugier derrière Jean-Claude Juncker, auquel je fais référence dans ce papier, mais il a clairement expliqué que ce qui était inquiétant n’était pas le niveau atteint par l’euro vis à vis du dollar, mais la rapidité de sa chute.

      Par ailleurs, j’ai déjà fait état de ce que pouvait signifier, pour les investisseurs sur ce marché, un euro qui continuerait à descendre.

      Enfin, si je vous comprends bien, vous estimez que l’euro sortirait renforcé si le Royaume-Uni l’adoptait. C’est une manière de voir les choses, dont la probabilité de sa réalisation dans un proche avenir n’est pas élevée par ailleurs.

      Les prophéties catastrophiques ne sont pas nécessaires, j’en suis d’accord  : les faits s’en chargent, il suffit de regarder en arrière ce qui était assuré pour s’en convaincre.

    2. Un vieil argument pour inciter l’adhésion de la GB à l’€ est que la City deviendrait alors de loin la plus grande place financière du monde. Cela n’a toujours pas fait craquer nos amis british non ?

    3. François Leclerc,

      Je ne voudrais pas me réfugier derrière Jean-Claude Juncker, auquel je fais référence dans ce papier, mais il a clairement expliqué que ce qui était inquiétant n’était pas le niveau atteint par l’euro vis à vis du dollar, mais la rapidité de sa chute.

      Par ailleurs, j’ai déjà fait état de ce que pouvait signifier, pour les investisseurs sur ce marché, un euro qui continuerait à descendre.

      A bien y regarder la chute de 2008-2010 n’est pas plus rapide que la hausse de 2000-2008.

      Enfin, si je vous comprends bien, vous estimez que l’euro sortirait renforcé si le Royaume-Uni l’adoptait. C’est une manière de voir les choses, dont la probabilité de sa réalisation dans un proche avenir n’est pas élevée par ailleurs.

      Je pense que tous les pays de l’UE devrait adopter la monnaie unique Euro. Alors je réitère ma question : qu’en pensez-vous ?

      Les prophéties catastrophiques ne sont pas nécessaires, j’en suis d’accord : les faits s’en chargent, il suffit de regarder en arrière ce qui était assuré pour s’en convaincre.

      A force de regarder derrière nous finissons toujours par répéter les processus passés. D’autant quand le « regard » est linéaire. Dans ce monde devenu complexe avec toutes les interactions possibles, c’est devant qu’il faut regarder. Avoir une vision dynamique en somme.

      L’UE-zone euro me semble une vision d’avenir… Dynamique.

      Il y en a d’autres…

    4. Je pense que cela n’est pas impossible – la victoire des conservateurs britanniques repoussant cette éventualité – mais que ce n’est pas non plus une panacée.

      La question centrale reste posée: quel peut être le moteur de quelle croissance, pour l’Europe ?

    5. François Leclerc

      Je pense que cela n’est pas impossible – la victoire des conservateurs britanniques repoussant cette éventualité – mais que ce n’est pas non plus une panacée.

      La question centrale reste posée: quel peut être le moteur de quelle croissance, pour l’Europe ?

      A qui répondez-vous, à Didier ou à moi ?

    6. François Leclerc

      érico : Je pense que tous les pays de l’UE devrait adopter la monnaie unique Euro. Alors je réitère ma question : qu’en pensez-vous ?

      François Leclerc : Je pense que cela n’est pas impossible – la victoire des conservateurs britanniques repoussant cette éventualité – mais que ce n’est pas non plus une panacée.

      La question centrale reste posée: quel peut être le moteur de quelle croissance, pour l’Europe ?

      Je ne vous demande pas si c’est possible ou pas ! Je vous demande ce que vous pensez de l’adoption de la monnaie unique pour l’Union européenne et pas seulement pour la zone euro.

      Parce que des problèmes il y en a et vous ne manquez pas de les soulever, mais il y a aussi des solutions… L’UE qui adopte l’Euro comme monnaie unique me semble une solution, parmi d’autres.

      Et vous, pensez-vous que c’est une solution ?

      Wouah, je ne sais plus comment la poser cette question 🙂

    7. @Didier
      It’s a joke, I presume!
      La GB constitue un vaste casino flottant, doublée d’un magnifique havre fiscal, avec sa city hypertrophiée, dernier vertige de son glorieux empire!

      Elle est toujours une grande puissance financière, face aux US et à wall street, grâce à cette monstrueuse boursoufflure à deux brasses de Calais. Et cette tumeur financière, qui produit près de 40% des profits de l’économie anglaise, a pour fondement la Livre Sterling, plus sacrée pour son peuple que ne le fut le Mark outre-Rhin.

      Alors devoir abandonner ce dernier symbole de leur gloire passée, et rentrer dans le rang continental, ce serait perdre à nouveau l’empire, perdre le Comonwealth, le cricket, et, pour ainsi dire, la bataille d’Angleterre 70 ans plus tard…

      Sans doute devront ils y venir un jour, mais se sera contraints et forcés, après moultes résistances, et sans bénéfice à court terme.

      Cordialement.

    8. François Leclerc dit :

      J’ai du mal m’exprimer: ce n’est pas en soi une solution!

      Réponse pour le moins courte, ce n’est pas grave, je n’en poserai plus !

      Il semble qu’il soit plus aisé pour vous de faire des analyses conjoncturelles que prospectives.

      Fin de la discussion pour moi.

    9. @ érico

      Vous me semblez avoir une conception bien heurtée de la discussion. Est-ce bien nécessaire ?

    10. @érico : « Pour ma part je pense qu’il y a des solutions, ou au moins une, c’est d’intégrer au plus vite la zone euro à l’Union Européenne, qu’en pensez-vous ? » : je sais que la question ne s’adresse pas à moi, c’est pourquoi j’ai d’abord laissé faire le dialogue ci-dessus. Maintenant qu’il semble terminé, je me permets de donner mon avis : tout le monde reconnaît que la zone euro est une construction inachevée, faute de politique commune. Du coup, je ne vois pas l’intérêt d’y faire entrer l’UK avec laquelle toute politique commune serait encore plus difficile.

      @érico, suite : « mais je regrette cette étalage des problèmes, dont la seule issue serait la continuation de la crise, la destruction de la zone Euro,… » : le rôle de ce blog n’est-il pas justement d’étaler les cartes sur la table pour savoir où l’on en est ?

  9. Et au final qui fera les frais de tout ce chaos : la Démocratie !

    Dans l’UE le nouveau modèle capitaliste, c’est le capitalisme autoritaire, et plus le capitalisme libéral.
    D’ailleurs d’après Wikipédia le président de l’actuelle commission a été « président des étudiants maoïstes » du temps de sa jeunesse, reconverti plus tard aux valeurs libérales. Comme disait Deng Xiaoping : « Qu’importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape les souris ». Je crains que les souris ce ne soient nous, et elle filent dans tous les sens, en ce moment en Europe. Les Chinois ont plusieurs longueurs d’avance sur nous en matière de capitalisme non démocratique, mais les instances Bruxelloises s’emploient à rattraper ce retard.

    1. C’est toute la question de l’humain :
      – on lui laisse trop de liberté, il en abuse,
      – pas assez, il se révolte.

      Saint Justemilieu, priez pour eux..

    2. Mais José Manuel Durao Barroso doit aussi sa carrière fulgurante à sa bourse aux États-Unis d’Amérique pour parfaire sa formation à l’université de Georgetown…..
      Comme DSK à Stanford….
      Précisément, aux États-Unis Stanford est le bastion des Républicains. C’est là qu’ils ont leur propre centre de recherches, la Hoover Institution. À l’époque, le prévôt de Stanford —c’est-à-dire la personne qui négocie l’engagement de Dominique Strauss-Kahn— n’est autre que Condoleeza Rice . Sur place, Dominique Strauss-Kahn fait la connaissance de George P. Schultz et des universitaires qui formeront le vivier de l’administration Bush.

    3. Vu le nombre de maoïstes et staliniens devenus libéraux:

      – si j’étais libéral, je me poserais des questions.
      – si j’étais maoïste ou stalinien, je me poserais aussi des questions.

  10. Je ne suis pas économiste. Pas du tout.
    Mais j’ai de plus en plus l’impression d’assister à la mise en place des éléments d’une crise d’une ampleur inégalée, de dimension mondiale.
    Je dois avouer que la lecture, jour aprés jour des nouvelles et de divers blogs me passionne, surtout le votre, monsieur Jorion, pour sa force synthétique, l’élégance de son détachement, les grandes qualités pédagogiques et analytiques de ses intervenants, l’absence de ton polémique ou donneur de leçon, l’absence d’esprit partisan …. des qualités « académiques » ou « universitaires que j’apprécie beaucoup.
    Tout cela passionne du point de vue historique tout en m’inquiétant beaucoup, bien que ne disposant pas du moindre sou d’économie …. mon seul bien, du moins le seul aucquel je suis attaché, c’est ma famille et c’est pour elle que je me soucie, je l’avoue.

    1. Bienvenu au club, Dimezzano.

      Il est clair que du point de vue historique, la présente période va être riche.
      Au moins une qui ne vivra pas à crédit, notez…

      Mais il faudra que nos enfants se souviennent. Avec un peu de chance, ils seront moins bêtes que leurs parents.

    2. J’ai lu dans Science et Vie que lorsque la bourse chute, le nombre de crises cardiaques augmente. Mais lorsqu’on sait ce qui va arriver est-il encore nécessaire de s’inquiéter ? Point de surprise !

      On veut régler les problème financiers sans s’attaquer au libéralisme (délocalisations, dérégulations…) . Bonne chance ! ça ne marchera pas, car la cause n’est pas attaquée.

      Le « rationalisme » pour reprendre le titre d’un fil précédent, est partiel. Cliniquement parlant on traite l’effet, non la cause. Logiquement on est incapable de penser la globalisation économique et l’on continue a raisonner en terme de prédation nationale dans la logique de la concurrence, sans voir que nos « ennemis » sont nos amis. En les détruisant, l’on se détruit. Mais ceci est un impensé dans la logique libérale.

      Ou bien l’on arrête les délocalisations et la destruction du travail en europe, ou bien on lance une inflation avec à la clé, l’euthanasie du rentier…

      L’inflation est synonyme d’activité économique. Elle suppose une présence de liquidité, par définition. Elle suppose une hausse des salaires…. Elle représente aussi une « fonte » du capital. Personnellement je suis pour un contrôle de l’économie, avec nationalisation de tous les secteurs qui posent problème, régulation des prix par la loi, etc.

      L’activité économique n’est qu’un cache-misère destiné à nous occuper, pour éviter de gamberger sur la fin de la vie. C’est pourquoi partir à la retraite est un choc, car l’on se met à cogiter. 8h par jour, ça évite de réfléchir.

    3. dimezzano dit : « a mise en place des éléments d’une crise d’une ampleur inégalée, de dimension mondiale. »
      Monsieur Leclerc, la crise est elle vraiment mondiale ou essaie t-on de la mondialiser ? Les fameux BRIC sont-ils en crise ?
      Et merci beaucoup pour vos billets 😉

    4. Depuis le début, elle est mondiale.

      Des Etats-Unis, elle est arrivée en Europe via les produits financiers toxiques construits avec les subprimes achetés par les banques européennes .

      Nous connaissons la suite…

    5. Lisztfr, crise cardiaque, bonne nouvelle pour la sécu autant de soins en moins et de retraites non versèes, il nous faut positiver.

      Si je dois faire une crise cardiaque, ce ne sera pas à cause de mes placements mais peut être de les avoir consommés, plus rien ne va, demain sera un autre jour.

    6. Petit bémol : je pense que beaucoup de gens ici sous-estiment les possibilités politiques de reprise en main des affaires. Certes on est loin d’en être proche mais je suis persuadé que si la situation sociale se dégrade vraiment cela pourrait aller beaucoup plus vite que l’on ne pense…

    7. Jeannot14, je vous rassure, vos « placements », vous les consommerez.

      Mais sachez simplement que vous aurez contribué à la situation actuelle en versant vos économies au Ponzi dans la plus grande « confiance ».

      Magique, non..?? la « confiance »..

    8. @bernique

      A qui pensez vous en France par exemple ? j’aimerais tant que vous ayez raison , à moins que….

      Cordialement

    9. @Lisztfr : tout à fait d’accord avec votre post, malheureusement, personne ne veut de l’inflation, et surtout pas les Allemands qui voient déjà l’hyperinflation frapper à leur porte. (Cf, commentaire) L’inflation suppose de redistribuer des revenus, mais la tendance est plutôt de les tenir bien au sec, comme bébé dans les couches Machin.

    1. Les commentaires qui suivent cette nouvelle de « the Telegraph » sont assez effrayants … pour la plupart, ils se réjouissent !!!
      Mais, peut être est ce bien, aprés tout, d’accélérer la fin du patient pour abréger ses souffrances.

    2. Ca devrait se prendre un coup d’accélérateur, tout ça.
      Nous avons intérêt à nous accrocher au mât, y’a un avis de coup de vent…

      Ce qui m’étonne était la réactivation des swaps Euro/dollar…
      Ils jouent à quoi, chez les cowboys..??

    3. Peut-être que j’ai mal compris, mais visiblement l’administration peut passer outre cette remarque du congrès.

    4. décidément, à propos des plans supposés de ceux qui gouvernent (la raison dont parlait crapaud rouge produit à tout coup son effet aliénatoire, la vieille lune Nostradamus doit bercer nos lubies à sortir torse nu devant un demain déjà récalcitrant du passé mal vu mal léché mal passé – même sous éclats de feux follets)
      -Royaume-Uni : l’inflation a bondi de 3,7% en avril
      -Le Premier ministre chinois Wen Jiabao: « La crise européenne de la dette souveraine pèse sur la reprise en Europe. La gravité et la complexité de la crise financière mondiale ont dépassé ce que nous anticipions »…
      -Les permis de construire aux Etats-Unis ont plongé de 11,5% au mois d’avril, à 606.000 en rythme annualisé, alors que les économistes prévoyaient en moyenne une stabilité
      éclaircie: le secrétaire général de l’Adedy, syndicat majoritaire du secteur public: « Le gouvernement n’a pas encore pris la mesure de l’ampleur de l’explosion ».
      explosion contre implosion, au moins le choix existe.
      au cas où égayer le cœur de ce printemps; Robert Wyatt – at last i am free .

  11. Deux faits incontournables donnent la mesure de la valeur des actes de nos gouvernants UE.

    L’euro n’est jamais tombé aussi vite sur les six derniers mois que sur la semaine après l’anonce du « plan de sauvetage » pour la Grèce et autres postulants aux plaies et bosses.

    Trichet a été interviewé, le 15/05/2010, par Der Spiegel. Vers la fin il assure qu’il n’a « jamais hésité pendant une seconde à prendre les décisions nécessaire pour assurer la stabilité des prix, sans prendre en compte quelque groupe de pression que ce soit ».

    Der Spiegel le contre sur le manifeste paradoxe qu’il a fait jaillir encore plus ces derniers jours.
     » Mais les banques, aussi, sont gâtées par la BCE. Comme pour ce qui est de vos mesures prétendument non-conventionnelles, vous leur avez de nouveau permis d’emprunter d’innombrables milliards. De cette maniere, ne distribuez-vous pas [..] plus d’argent-casino aux marchés financiers ? »

    Qu’a répondu Trichet ?… »De nouveau, nous faisons ce que nous croyons que nous devons faire en toute conscience, pour pouvoir assurer la stabilité des prix sur le moyen terme. Nous ne prenons pas en compte de groupes de pression ni des lobbies. Nous fournissons la liquidité aux banques pour qu’elles puissent financer l’économie réelle et soutenir son rétablissement, elles le savent. »

    Trichet et Merkel, même combat. Mais Trichet est indépendant et non-sanctionnable par une élection…

    Sa contradiction est flagrante. La rigueur qu’il veut imposer ad vitam aeternam à tous les peuples de l’UE s’arrête à la porte des marchés financiers qui peuvent obtenir de sa part tout ce qu’ils veulent.
    Sa réponse est, de plus, complètement illogique, absolument dépourvue de la rigueur qu’il prétend avoir.

    Le crédit bancaires est étranglé, n’importe quelle PME ou entreprise artisanale peut en témoigner, sans parler des particuliers comme vous et moi, qui avaient intérêt à avoir du cash ou des parents bien aisés. Les banques consacrent leurs bénéfices retrouvés et la liquidité que Trichet leur fournit, pour un intérêt dérisoire, à spéculer à fond contre l’euro.

    Que peut-on en conclure : les actes de Trichet et l’ensemble du plan UE sont taillées en pièces par les marchés financiers, c’est un fait.

    Le maintien du serrage de vis monstrueux pour la Grèce et bientôt pour tous les pays de l’UE, sauf l’Allemagne, en miroir avec le gavage pour les banques prouvent à l’évidence que Trichet, comme Sarkozy, Merkel, Barroso et tout le staff UE qui sont mis d’accord sur ces mesures aberrantes et en échec, sont fanatiquement pour les marchés financiers, ou les banques c’est à peu près la même chose.

    Leur dogmatisme est d’abord idéologique. Une foi contredite par le réel, de plus en plus fortement et de plus en plus vite, au rythme de l’éclatement des bulles sur la soupe boursière. Au rythme de l’écroulement des économies dérégulées pour satisfaire la croyance en « la main insible du marché » et avancer dans une désindustralisation croissante partout, avec les corrolaires, pertes d’emplois, et coups de haches dans l’intérêt général pour éponger ça et là des lambeaux de social, d’indépendance, de régulation politique qui cèdent aux marchés financiers dont l’existence même en fait l’ennemi d’une planification politique et économique, sans parler du poison qu’ils versent à chaque transaction dans les démocraties.

    Pour moi les têtes de l’UE, et Trichet sur le podium, sont des fanatiques pur jus. Leur contradiction est permanente. Ils soutiennent ceux qui pratiquent sans fin la spéculation avec una stratégie consacrée toujours plus à faire du cash en piétinant le travail comme la structuration des outils économiques (entreprises, règles des affaires, du travail, des échanges commerciaux).

    La lutte contre l’inflation, le monomaniaque dada du Père Sévère de l’UE doit s’effacer devant la lutte cruciale contre la misère et l’écoulement généralisé des économies et des Etats, devant la prédation avide qui nous saigne et nous ruine. Encore faut-il avoir la perception de l’écroulement de nos sociétés et de l’étranglement de notre vie, en termes matériels et mêmes spirtituels. Trichet et le gotha où il évolue ont trop de moyens pour garder encore conscience, sans doute.

    Ce qui, sans doute également peut expliquer cette dérive de Trichet dans l’irrationel. Car on n’est plus dans le rationnel en écoutant ces ruminations perpétuelles sur l’nflation. Ce rationnel qui constate les dégats depuis de nombreuses années, dégats croissants sur tous les secteurs de la société, sous la botte de l’entité mondiale nommée « marchés financiers ».

    Quoi qu’il en soit, pour les peuples la direction est simple. Marchés financiers delenda sunt.

  12. Oui, sauf que les allemands peuvent bien vouloir même « constitutionnellement » la suppression des déficits publics, ils n’y arriveront pas mieux que qui que ce soit!
    Cela semble évident, car les recettes fiscales maintenues pour rembourser les dettes auront pour effet de déplacer les dettes du public vers les privé, et cela ne relancera aucunement l’économie, ni en Allemagne ni dans le monde, mais poussera à la faillite des pans entiers de l’économie, y compris allemande.
    Face aux risques de véritables effondrements conjoncturels ainsi programmés, il me semble que la BCE mangera encore plusieurs fois son chapeau et remettra toujours davantage de liquidités en circulation, comme font les autres banques centrales.
    Aucune réglementation ou contrainte liée aux traités n’empêchera cela!
    Autrement dit, les Allemands, sauf à affronter les dangers d’une hyperdéflation comme entre 1929 et 1933 (avec les conséquences politiques que cela a eu!) « vont capituler sans conditions », espérons-le du moins (et avant toute défaite militaire!), avant que les systèmes politiques ne basculent dans l’horreur!
    Il me semble que le fait que la monnaie est faite de papier et d’encre et n’est plus enchaînée à l’or permettra, espérons-le, de la maintenir vaille que vaille en circulation.
    Mais, évidemment, une récession et un climat déflationniste « à la japonaise » se dessinera au niveau mondial pour les cinquante ans à venir!
    D’autant que la Chine commence à montrer des signes de faiblesse liés à une énorme bulle du crédit prête à éclater à tout moment.
    Alors, sans réflexion sur l’émission d’un signe monétaire avec des effets de davantage stabilité et qui ne serait pas déflationniste, autrement le SMT, personne ne sortira plus de la crise actuelle qui est appelée à durer.
    Dans le meilleur des cas, la paix sociale resisterait à cela, mais je crains que cela n’est qu’un voeu pieux, car comme le remarquent François et Paul, les concentrations de richesses se poursuivent au même rythme endiablés que par le passé récent, et il y a manifestement de moins en moins à redistribuer.

    1. 1. prendre exemple sur les pays vertueux : Suède, Finlande, Allemagne, ….
      2. stopper les concentrations de richesses, l’accroissement des inégalités
      3. rémunérer la travail mieux que le capital, rétablir le bon équilibre
      4. se mettre au boulot dans l’allégresse et l’efficacité, TOUS, pour le bien être de chacun
      5. l’intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers, les lobbies, foin des arrivistes et égoïstes
      6. prôner l’esprit d’équipe en y intégrant les individualités généreuses, dévouées et arrêter cette course stérile à l’individualisme forcené
      6′. Solidarité & justice fiscale dans l’effort national et nos contributions, pas de nîches pour les riches
      7. interdire les taux usuraires, idéalement : plus d’enrichissement en dormant, rétablir un fonctionnement efficient de la bourse, des stocks options dans leurs objectifs basiques
      8. investir et avant tout sur l’éducation, la connaissance, la jeunesse
      9. briser les microcosmes, mettre fin aux rentes de situations, …. bref égalité des chances
      Tous ensemble dans le respect de la liberté, de la sécurité de chacun …………………………

  13. Et pourquoi pas une diminution de la dette des états européens ou d’états d’un plus large ensemble par des effets de compensations mutuelles?
    Vous connaissez la science : ne pas écarter des idées neuves d’apparence naïves.
    Pour le reste, tout n’est qu’affaire de technique et de compromis.
    Le peuple dort ou est-il lobotomisé?

    Cdlt,

  14. Vous avez raison de faire remarquer l’absurdité de la position allemande,i.e Mr Schaüble préparant
    avec son équipe un plan en douze parties pour la réunion de l’Ecofin, alors que plusieurs pays,la
    France évidemment mais aussi les Pays-Bas ont déjà exprimé leur refus d’une supervision budgétaire par l’UE et l’ensemble des propositions avancées par Ollie Rehn.

    Ceci dit il y a un arrière plan, concomitant à l’hinterland, qui divise et la coalition et jusqu’aux rangs de la CDU-CSU, i.e que l’Allemagne devait déjà, avant ces ‘surcouts’ ‘recents, réduire de 10 milliards par an les dépenses allemandes, certains membres de la CDU proposant de ‘tailler’ dans des postes ‘sensibles’ tels que l’éducation ou les mesures du système fédéral pour les enfants. Par ailleurs, il y a un autre problème sérieux en Allemagne, l’endettement ou le surendettement de certaines communes et villes,

    Enfin, il y a des ‘facteurs psychologiques’ qui ne vont pas aider non plus:

    Germany’s paranoia about the ECB and hyperinflation

    1. Le discours Allemand n’est pas uniquement destiné à l’export, en effet.

      Angela Merkel a déclaré vendredi dernier que les Allemands « ne pouvaient pas vivre indéfiniment au dessus de leurs moyens », ajoutant samedi dernier dans le Süddeutsche Zeitung, qu’ «  il y aura évidemment des choix très difficiles à faire pour savoir où nous économiserons ».

  15. Roubini me déçoit beaucoup. Non seulement il collectionne les poncifs à propos de l’Allemagne qualifiée une fois de plus de « vertueuse » (ce qui montre bien sa méconnaissance de l’europe typique d’un américain), mais il opte visbilement pour la pire non-solution possible: la déflation et le démantellement des systèmes sociaux !
    Bien, Nouriel, bien !

    « Les Etats qui sont venus au secours du secteur privé doivent à leur tour être secourus. Mais que se passera-t-il quand l’Allemagne et d’autres prêteurs disciplinés – dont beaucoup sont maintenant des pays émergeants – ne voudront plus financer ces plans de sauvetage ? Qui sauvera les Etats qui ont secouru les banques privées et les institutions financières ? Le mécanisme de la dette globale ressemble de plus en plus au système de vente pyramidale, l’escroquerie de Ponzi.

    On sait quelles sont les mesures à prendre pour éviter les désastres budgétaires, mais le principal obstacle à la consolidation et à la discipline budgétaire partout dans le monde est la faiblesse des gouvernements et leur manque de volonté politique pour imposer l’austérité. L’impasse politique à Washington et au Congrès américain montre l’absence de volonté commune aux républicains et aux démocrates pour traiter le problème budgétaire américain. Au Royaume-Uni, un Parlement sans majorité a abouti à un gouvernement de coalition qui aura des difficultés à appliquer la discipline budgétaire.

    En l’Allemagne, après le sauvetage de la Grèce la chancelière Angela Merkel a subi une défaite électorale dans un Etat clé. Au Japon, un gouvernement faible et inefficace nie la gravité du problème auquel il est confronté. En Grèce même, éclatent des émeutes et des grèves. Dans les autres pays en difficulté (le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne), l’austérité sera politiquement et socialement douloureuse. Aussi les contraintes politiques pourraient faire obstacle à la discipline budgétaire et aux réformes structurelles.

    Nous allons sans doute vivre encore longtemps dans une économie de crise. Pire encore, à l’image de médicaments toxiques, les mesures prises pour combattre la crise financière ont été en partie contre-productives. Elles ont affaibli le malade et l’ont rendu dépendant de produits dangereux et moins résistant à de nouvelles souches d’un virus qui dans certains cas peut se révéler mortel. »

    http://www.project-syndicate.org//commentary/roubini25/French

    1. Ne pas confondre rigueur et austérité.
      Une saine gestion est « rigoureuse » , autrement dit « sérieuse » et ne repose pas sur des promesses démagogiques.
      Le CNR avait construit une France en économie mixte rigoureuse.
      Cà a donné 30 glorieuses sans doute imparfaites mais viables longtemps.
      L’après DeGaulle a ouvert la France aux méthodes des banquiers à travers Pompidou et Giscard.

  16. M Leclerc et M. Jorion,
    à propos de la situation américaine, on sait que 70% des ponts et routes ne sont plus conformes aux normes, à cause de l’absence de travaux publics, et la puissance américaine se justifie par le fait que le dollar soit la monnaie de référence mondiale. On a vu en outre qu’il s’agissait dans le cadre de la dévaluation de l’euro, d’une manoeuvre américaine (voir les propos de Volcker juste avant que l’euro ne s’effondre; de la part d’un dirigeant, c’est une déclaration de guerre à mon sens). De même que les USA ont fait diversion en pointant le problème grec du doigt. LA question qui se pose est jusqu’à quand? Les USA sont insolvables…avec une dette énorme, et pas les américains ne sont pas du genre à faire jouer la solidarité nationale…
    Quelles sont vos impressions sur le sujet? à quand la spéculation sur la dette US et sur son état plus globalement?

  17. « Un palace situé dans les Emirats a Abu Dhabi aime faire plaisir à ses clients Bling Bling.
    Plutôt que de proposer un distributeur de billets comme dans tous les Centre Commerciaux, il préfère viser sa clientèle riche, fortunée (et excentrique?), il a installé un distributeur de mini lingots d’or de 10 grammes. »
    « Gold-Super-Markt envisage d’installer près de 500 distributeurs en Allemagne, en Suisse et en Autriche, dans les aéroports, les gares et les centres commerciaux. Chaque machine aura une réserve de 1500 lingots d’or.  »

    Notez bien qu’on est pas le premier Avril!
    Echange euros contre lingots sonnants et trébuchants…

    1. Des brigands lisent sans doute aussi ce blog. Avec votre info, des casses doivent déjà se préparer. 🙂

    2. Sans blague?
      C’est voué à l’échec.
      A Bouts d’habits les gens ne sont pas intéressés par 10gr d’or à 7 carats.
      La moindre Rolex fait 500gr et donne à peu près l’heure.

    3. J’ai entendu dire la même chose dans l’émission de France-Inter « Là-bas si j’y suis »…

    1. Très aimable à vous, Steve, cordiales salutations itou ! Heu… J’étais censé faire un lien entre le texte cité et vos salutations ? Si oui, c’est fort embarrassant, je suis analphabète en anglais…

  18. Pendant ce temps la banque Wachovia (fusionnée avec Wells fargo) a acceptée une amende de 160 millions de $ pour s’éviter un procès. Elles a juste participée pendant des années à un des plus gros trafic de blanchiment d’argent des mafias mexicaines => http://bit.ly/abdB7z
    Il ne faut surtout pas charger la barque des banques américaines…

  19. Vous connaissez la Psycho-histoire d’Isaac Asimov ? Cette « science du futur » ?

    Il serait intéressant, en recoupant les divers théories existantes (Paul Jorion, GEAB, Attali, Jovanovic, Jancovici, « économistes officiels ») de construire un « Arbre des possibles », représentant divers scénarii réalistes (appuyés par l’analyse des tendances anciennes et de faits concrets) afin d’imaginer les futurs possibles d’un point de vue économique, géopolitique, environnemental, voir idéologique et culturel.

    Je sais que des auteurs comme Jaques Attali aiment se livrer à ce genre d’exercice. Pourquoi ne pas le proposer au plus grand nombre ?

    Cela pourrait constituer à la fois un outil de synthèse, de prospective et de proposition participatif tout à fait intéressant. Peut être même, sur le mode Wiki, pourrait-on en faire émerger un nouvel outil de gouvernance concertée.

    On pourrait construire une interface la plus agréable possible, avec des mécanismes d’interdépendance entre propositions (si j’opte pour la rigueur je créer un risque de déflation cela peut avoir un effet négatif sur les générations montantes qui voient que le futur qu’on leur réserve est le paiement des dettes de leurs ainés conflit de génération, etc…) des groupes pourraient présenter leurs théories, d’un côté sur ce que le monde sera probablement, de l’autre sur ce qu’il pourrait être en cas de changements décisifs (interdiction des paris sur les fluctuation de prix, intégration ou désintégration politique de l’Europe, accès de l’Iran à la Bombe atomique, etc…).

    On donnerait aux utilisateurs la possibilité de critiquer des liens de cause à effet en apportant des arguments fondés sur des faits, et en établissant d’autres liens contradictoires, et les observateurs pourraient voter pour le futur qui leur semble, d’un coté le plus réaliste, de l’autre le plus souhaitable. Cela structurerait une formidable base de données factuelles et permettrait de faire débattre dans un cadre rationnel des visions politiques (entendue comme la défense des intérêts de groupe) variées.

    C’est une idée que j’ai eu en lisant des blogs comme celui de Paul ou le GEAB.
    Si cela existe déjà, merci de le signaler.

    Sinon, l’idée est à la disposition de celui qui s’en saisira. Je serais tout à fait intéresser de participer à un tel projet. Des candidats ?

    1. Je crois qu’Ari Seldon disposait de stats sur 5000ans et sur des centaines de civilisations galactiques.
      Il travaillait plutôt comme la météo actuelle…bien qu’Asimov n’ait pas imaginé les ordis massivement parallèles.
      Si c’est pour avoir des prédictions à 5 jours…

    2. Le site de Weber et vraiment très intéressant et mérite que je m’y arrête plus longuement. Mais je ne suis pas sûr que cela corresponde à la rigueur empirique (basé sur des faits si possible mesurables) que j’espère, et me semble assez orienté évolution scientifique et assez peu économie et géopolitique. Mais peut-être faut il que je l’explore mieux.
      J’ai également trouvé ce projet: http://www.generationaldynamics.com qui demanderait de fouiller un peu plus.
      Pour répondre à Tartar, ce que j’imagine a moins la forme d’un météostat que celle d’une wikipédia, où les informations sont reliées entre elles par Hyperliens, et ou chacun peut modifier le contenu des articles.
      Un peu comme un réseau de neurones, ou le flux qui se transmet de neurone à neurone dépend du « poids » des différentes connexions, et qui se modifie lui-même au passage du flux, créant des mécanismes de renforcement des chemins ayant abouti à un résultat « positif ».
      Ainsi, on pourrait imaginer un ensemble d’articles correspondant à des « donnée » établis le plus scientifiquement possible (statistiques, cartes), des « fait » établis à partir de ses « données », des articles « analyse » interprétant ces faits, des articles « prospective », imaginant les évolutions possibles à partir des analyses réalisées, des articles « propositions » proposant des actions de changement, eux même associés à des « prospective si » présentant le résultat potentiel de ses actions.
      Entre ces différents éléments de base, ces neurones en quelque sorte, on pourrait établir des liens tels que « Cette analyse repose sur ce fait », « ce fait a pour cause/conséquence cet autre fait », « Cette proposition est le fruit de cette analyse », « Cette prospective est conditionnée par la mise en place de cette proposition », « Cette analyse est cohérente avec cette autre analyse », « Cette proposition est cohérente avec cette autre proposition », etc..
      Ensuite, d’autres personnes pourraient donner leur avis sur la pertinence d’une connexion, la valeur d’une analyse, la véracité d’un fait, la probabilité de réalisation d’une perspective, la qualité d’une proposition, etc…
      Je ne sais pas ce qui en résulterait ni comment pourrait être analysé et utilisé le réseau formé. J’imagine que, comme un réseau de neurones, on verrait se renforcer les chemins les plus vraisemblables et les propositions les plus séduisantes.

      Franchement : j’écris cela un peu comme ça me vient. Ce n’est pas forcément encore bien structurée mais l’idée me semble originale et peut être porteuse de quelque chose d’utile.
      J’espère vos commentaires.

    3. « Un peu comme un réseau de neurones » : j’étais sûr que vous alliez nous la sortir, celle-là, tant il est évident que votre idée s’inspire des trucs et machins à la mode. Mais réfléchissez deux secondes ! Des modèles prédictifs tout le monde en fait tous les jours, votre idée n’a rien d’originale sinon sa dimension totalitaire : « imaginer les futurs possibles d’un point de vue économique, géopolitique, environnemental, voir idéologique et culturel ». Pendant ce temps, les médias, les politiques, les économistes et les publicistes continuent de nous bassiner, de nous endormir, de nous tromper, de nous arnaquer avec leurs discours lénifiants et ça ne vous interpelle pas ? Vous préférez y ajouter une couche de neurones ?

    4. « Pendant ce temps, les médias, les politiques, les économistes et les publicistes continuent de nous bassiner, de nous endormir, de nous tromper, de nous arnaquer avec leurs discours lénifiants et ça ne vous interpelle pas ? Vous préférez y ajouter une couche de neurones ? »

      Mais je ne me sens pas du tout arnaqué par qui que ce soit. Merci.
      Ce que j’observe c’est la Vie qui suit son cours, et je suis ravie quand je viens lire Paul et François me décrire et démonter des mécanismes qui pour moi sont de l’ordre du Biologique.

      Pour moi Internet est simplement une étape de plus dans l’évolution.

      Essayez de voir les humains et les êtres vivants en général, non comme des individus, mais commes les cellules, ou les neuronnes d’un grand corps.

      Ces cellules s’organisent autour d’Idéologies (Religions), d’institutions (Etat) ou d’Outils (Internet).

      Un réseau de neurones, un cerveau: et pourquoi pas?

      N’avez vous jamais pensé que Wikipédia est une forme de cerveau?

      Qu’Internet lui même dans son ensemble est un cerveau?

      Si ce genre d’outils nous permettent de mieux nous organiser, de nous auto réguler, de prendre de meilleurs décisions, je ne vois pas pourquoi nous en priver.

  20. Dans le N° 34 de janvier/février/mars de la revue Analyse financière que publie la Société française des analystes financiers (SFAF), sous le titre « Orthodoxie financière et régulation bancaire : les leçons du Glass-Steagall Act », Nicolas Firzl ( Président du Conseil économique Europe-Canada; ancien responsable du marketing institutionnel au sein de la société de gestion AXA Investment Managers ). souligne l’objectif essentiel de cette loi adoptée en 1933.

    Frizli s’en prend ensuite aux politiques anti-crise actuelles, radicalement opposées à la démarche de Glass-Steagall, avant de constater que « la situation est tout autre dans la Chine post-communiste qui a adopté deux grandes lois largement inspirées du Glass-Steagall Act : la loi sur la banque commerciale de 1995, complétée par la loi sur les sociétés de bourse de 1998 (entrée en application au moment même où les États-Unis s’apprêtaient à abroger la législation modèle de 1933). Soucieuses avant tout d’efficacité économique, les élites politiques chinoises ont fait le choix de la stricte séparation des activités de banque de dépôt et de banque d’affaires : de tous les pays industrialisés, la Chine est celui dont le système financier a le mieux traversé la crise. »

    Je découvre ces deux lois Chinoises!!! Les connaissiez vous?

    http://www.sfaf.com/index.php?option=com_content&view=article&id=90&Itemid=150

    1. « les élites politiques chinoises ont fait le choix de la stricte séparation des activités de banque de dépôt et de banque d’affaires » : pas folle la guêpe !

    1. Peut-être.
      (pardon de la prudence, c’est un politique)

      Y-a-t’il une menace militaire réelle face à la Grèce..??
      La Turquie a fait enfermer la moitié de ses généraux, mais c’est une « autre » histoire…

    2. A celà nous pouvons rajouter qu’aucune re-fiscalisation de la marine marchande n’a été entrepris.

    3. Pour que Cohn Bendit dise – maintenant – ceci, c’est que les autres attitudes sont grillées. Il y a quelques mois encore son petit doigt le lui aurait interdit… Certes, tout le monde a le droit de changer d’avis pour un meilleur. Ceci dit, quand on sait que le « système politico-médiatique » a soutenu ce Monsieur à bout de bras et l’a quasi « imposé », alors que d’autres que lui se seraient fait éjecter, voire plus, depuis bien longtemps quand on connaît un tant soit peu sa « carrière »…
      C’est quand même fort! Si Cohn Bendit le dit maintenant, alors on le répercute. Si d’autres le disaient bien avant lui, rien! Pas de réaction médiatique, circulez y avait rien à voir…

    4. Beau tir en rafale!
      Il est si rare d’avoir un retour sur investissement de la part de nos représentants au parlement Européen……
      Et, avec le sous-titrage en grec, j’ai l’impression de savourer devant l’écran en compagnie de Platon!

    5. Il est bien gentil, Cohn Bendit, mais il s’attache à un détail: le budget militaire grec.
      Le problème est beaucoup plus vaste que ça et c’est essentiellement l’Allemagne qui est responsable de cette situation par le véritable dumping salarial qu’elle a initiée depuis 10 ans avec Schröder. Une politique désastreuse pour ses partenaires européens et suicidaire pour l’Allemagne elle-même. Tout en êtant pourtant complêtement inefficace ! Le chômage reste élevé Outre-Rhin au même niveau qu’en France, la croissance y a été la plus faible d’Europe sur la période, la pauvreté et la précarité s’y sont considérablement développées.
      Bref Danny, aie le courage d’affronter le « Sonderweg » allemand (et use de solide pédagogie !) d’abord et on reparlera ensuite du budget militaire grec.

      Quand d’après un sondage récent, il semble que plus de la moitié des allemands veulent retrouver le Mark (et donc sortir de l’Euro), on comprend mieux comment on en est arrivé là et à quel point les Allemands ne sont même pas foutus de voir leur propre intérêt !? C’est dramatique d’être complêtement débiles à ce point-là !
      Mais qu’ils en sortent de l’Euro, qu’ils en sortent donc !!! C’est la meilleur chose qui pourrait NOUS arriver ! Le mark s’envolerait aussitôt et leur soi-disant compétitivité avec !

    6. A regarder cette vidéo, franchement, cette assemblée a des airs de « Muppets Show  » de vieillards, avec ses députés vautrés dans leur confort et leurs privilèges jusqu’à l’endormissement … çà sent le Haut Fonctionnaire qui se fout bien du peuple, pourvu qu’on ne lui supprime pas son train de vie de planqué.

      Ce n’est pas l’Europe qui meurt, mais ses députés qui lézardent à se regarder le nombril …

  21. Deux petites rectifications:
    1) Selon le Handelsblatt, faisant suite à des études de IFW de Koiehl, les coupes budgétaires allemandes seraient plus proches des 70 mds, la Chancellerie planchant sur un plan de 80 mds

    2) Le ‘Monetary Commissioner’, Ollie Rehn, commence à s’habituer à la dynamique de Bruxelles-un pas en avant-un pas en arrière, et aurait fait machine arrière sur un certain nombre de ses propositions, particulièrement la supervision budgétaire, qui recontrerait aussi l’opposition de Berlin.
    La telenova Europa continue..

  22. À l’ouverture du « Film Socialisme » la dernière broderie de Godard on entend un dialogue :

    – L’argent est un bien public
    – Comme l’eau ?
    – Exactement

    À l’avant dernière image, on lit :

    « Quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi. »

    La dernière est :

    « No comment ».

    « Une politique par défaut ? »
    Plus tôt une politique par des faux pour faucher ceux qui fauchent les déjà fauchés, dirait la faucille.

  23. Après cette intervention de D CB comment pourrais-je éviter de penser aux brûleurs de carapaces de tortues et à leur image 7 relative à la foule, l’eau (la quantité mais aussi l’argent), l’armée. Un pouvoir se respecte de multiples façons et, pour un dirigeant et son pays, la prudence commande de détenir plusieurs cartes en main, en particulier d’être à armes égales avec son adversaire. La richesse créée par le peuple fait la force d’une armée, car le peuple et l’armée doivent se confondre et ne faire plus qu’un pour emporter la victoire. Si les armes du capitalisme sont nécessaires pour obtenir ce but, que les souris dansent, le chat parait absent, mais il veille ! L’histoire jugera de la qualité des organisations et des dirigeants, de la capacité des uns et des autres à prendre les décisions de façon opportune et juste, à être des outils efficaces. Mais le temps s’écoule, il se contracte par la même occasion, et l’usure en est désormais la marque.

  24. Bonjour,

    Est ce que la stratégie de l’Allemagne pourrait être de pousser vers la sortie de l’Euro les pays les plus pauvres ?
    Est ce que les financiers allemands ou l’état allemand en serait bénéficiaire ?

    Bonne journée

    1. Parfois je suis tenté de répondre oui aux deux questions en vertu du principe que les capitalistes allemands ne sont pas des idiots. Le dernier billet de Frédéric Lordon, En route vers la grande dépression ?, me conforte dans cette optique. La citation suivante (mais faut lire la suite) :

      On n’a sans doute pas prêté suffisamment attention au rapport « opportunément » remis à la Commission le 10 mai dernier par Mario Monti (ex-commissaire à la concurrence, et pas un mou). L’excellent Mario a trouvé la solution : tous nos problèmes viennent de l’insuffisance de concurrence du Grand Marché.

      prouve, à tout le moins suggère, que ce sont des juste-au-boutistes qui espèrent tirer les marrons du feu. Au détriment du reste de l’Europe, évidemment. Il est probable qu’ils se planteront, mais cela n’implique pas qu’on puisse éliminer l’hypothèse d’un calcul délibéré d’aller vers « plus de crise » pour provoquer une restructuration à leur avantage.

  25. « Carlsberg : grimpe, soutenu par Morgan Stanley / « Extrait info « boursorama »

    Il faut savoir se faire mousser!

  26. Allez-y mollo sur l’ Allemagne.
    1)- Un salaire allemand comprimé depuis 10 ans reste, en moyenne
    supérieur à un salaire « expansé » français.
    En fait échelle et organisation ne sont pas semblables.
    ( et tout organisme allemand est organisé à 110 % .)
    Images à gros traits: l’ Allemagne est une usine peuplée de manuels,
    travaillant moyennement – effort et rendement- , bien payés et satisfaits
    de leur sort. Demandez aux frontaliers alsaciens.
    ne demandez pas aux frontaliers allemands travaillant en France:
    n ‘existe pas .
    A l’inverse, la France est un vaste bureau, où un personnel de secrétariat
    lutte pour obtenir un stylo et une feuille de papier.

    2)- resultats de 20 ans d’observation: le commerce extérieur allemand
    échappe aux lois économiques les plus sûres:
    Quand la monaie baisse, ils vendent plus et donc gagnent plus.
    Quand la monaie monte, ils ne vendent pas moins et
    donc gagnent plus.

    3)- Pas d’idéalisme, c ‘est sûr l ‘Allemagne présente des problèmes;
    Le vieillissement en particulier, comme le Japon, aide beaucoup
    pour le chomage.
    Mais je crois qu’ elle est est à même de trouver ses solutions.

    Je ne sais si l’unanimisme allemand est vrai – il a une forte
    dose d’ égoisme, d’ erreurs à base sans doute d’un racisme
    à bas bruits, contre les pays du sud de l’ Europe, dont la
    France ( la latinité ?) et de démagogie électorale.
    Mais tel qu’elle est présentée ( manipulation?- paresse ?),
    cette unité de réaction devrait nous faire poser des questions.
    Pour les connaitre un peu, je dirais que le société allemande
    est morale. Elle favorise la responsabilité individuelle et
    l’ouverture aux autres cultures.

    1. Je vous plusse.
      Pour un Allemand standard le mot « rigueur » n’est pas péjoratif.
      Pour le policorrect français ce mot provoque une diarrhée verbale étrange.

    2. Personellement, je n’ai que du respect, beaucoup de respect à l’égard de l’Allemagne.
      Nous avons de la chance de l’avoir comme notre voisine immédiate. Et l’Europe a beaucoup de chance de la compter en son sein.
      Rigueur, honnêteté, efficacité.
      Peu de gout pour les dépenses dispendieuses et inutiles non plus que pour l’apparat (il n’est que comparer le train de nos chefs d’états et de gouvernements et ministres respectifs).
      De la rigidité et des à prioris contre le Sud c’est vrai. Mais, au delà une vrai morale. Du moins chez les Allemand(e)s que j’ai la chance de connaitre.
      Et je pense qu’une vraie proximité avec l’Allemagne vaut tous les Euros du monde. C’est pourquoi j’en veut beaucoup au Président Nicolas Sarkozy de se comporter ainsi avec l’Allemagne et sa Chancelière. On ne « tort le bras » (dixit Mr Zapatero) à son ami, plus fort que soi de plus, qu’à son détriment. Les Allemands sont un peu long à la détente, mais s’ils nous quittent ce sera pour de bon et nous en resterons bien marris !!!

  27. Merci la Grèce !
    Grace à eux:
    – Nous nous enrichissons en leur prêtant de l’argent à un taux bien supérieur à ce qu’il nous coute,
    – Ils font tourner nos industries (…militaires),
    – Ils dynamisent nos exportations en faisant chuter l’euro.
    De quoi devrait-on se plaindre ?

  28. Je vous invite à lire ou relire : « le capitalisme contre la démocratie » écrit en 2008 par Noam Chomsky :

    http://www.noam-chomsky.fr/articles/20081014.html

    Vous y trouverez notamment :

    La liberté de circulation des capitaux et les libertés démocratiques sont en relation inverse. Le « droit de vote » accordé aux investisseurs, qui peuvent désormais faire tomber une économie en retirant leurs capitaux, équivaut à une interdiction de fait des politiques qui pourraient leur nuire. Keynes, qui fut le négociateur Britannique à Bretton Woods, considérait que le plus grand succès de la conférence avait été la possibilité donnée aux états de restreindre la circulation des capitaux. Le temps est sans doute venu de l’entendre à nouveau.

    1. Sur l’article de Chomsky : au début il révèle, ou plutôt rappelle, l’une de ces contradictions fondamentales du capitalisme qui a le don de me mettre en rage. D’après le dogme, l’organisation de la production/diffusion/consommation sous l’égide du privé serait la solution « optimale ». Mais les faits montrent que le privé est impuissant sans les relances continuelles de l’état. Et ces faits, on les oublie continuellement, (quand on les a sus un jour…), tout comme on oublie les révoltes populaires et leurs répressions sanglantes, ce qui laissent accroire que le peuple est toujours d’une docilité exemplaire. Refoulement du passé désagréable et contradictoire + diffusion de schémas lénifiants : les deux piliers de la névrose. Mais bon, la psychanalyse, c’est rien que des illusions « non scientifiques »…

  29. Bonsoir à tous
    Sur Zero Hedge ce soir résumé de la stratégie: invest in china, avoid USA, bye bye europe and euro!
    L’ Allemagne s’apprêterait à interdire les ventes short!

    @crapaud rouge; ce lien venait en appui de votre billet sur la prétention au rationnel du capitalisme.
    l’ampleur de l’escroquerie est inimaginable … du moins pour nous puisque eux l’ont fait!
    désolé de ne pas avoir le temps de traduire en partie. Moi je suis analphabète en économie et finance!
    A propos de Shakespeare et des ressorts du désir mimétique qui à mon sens est le vrai moteur du capitalisme il est intéressant de lire « Shakespeare ou les feux de l’envie » de René Girard.

    Dans un article récent M. Panzner cite une étude réalisée aux US dans laquelle il est établi que la sentiment d’être heureux suppose d’avoir plus que les voisins. A partir de là on comprend tout et le reste !
    Cordialement.

    1. Merci Steve. Faut-il préciser que le mimétisme est encore plus évident et violent quand il s’agit, non pas d’aimer, mais de haïr ?

      « il est établi que la sentiment d’être heureux suppose d’avoir plus que les voisins » : pas étonnant mais à relativiser. « avoir plus que ses voisins » n’est probablement, dans le cas général, qu’une impression, un vague sentiment.

  30. http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/80/Pieter_Bruegel_d._%C3%84._025.jpg
    A suivre un mauvais guide… on voit ce qu’il advient.
    Il faudrait pouvoir se débarrasser de nos gouvernants actuels, de nos élites européennes et de leurs bêtises malfaisantes.
    Sur ce blog, la chose est acquise. Dans la rue, la mauvaise propagande sévit encore et les mécanismes de barrages sont autant de freins qui repoussent à plus tard la voie vers les bonnes solutions.
    Cet étouffement risque de produire un effet thermodynamique très destructeur.

  31. Vive une politique qui écouterait ce que les grands sages de notre temps ont à nous dire !

    – Natural Regression Trailer
    http://www.youtube.com/watch?v=5cMq3LHaLX4&feature=related

    Vous trouverez aussi d’autres vidéos dans le lignée de ce Trailer sur Youtube.
    – Colin Campbell – The History of Fossil Fuel Usage
    – Colin Campbell – Calculating the Peak of Oil Production
    – Colin Campbell – The Problems Faced by Britain

  32. Plan européen : la garantie de la France portera sur 110 milliards d’euros.

    Initialement, la contribution hexagonale au plan d’aide européen (440 milliards de garanties) correspondait à la part de la France dans le capital de la BCE, une fois la Grèce mise de côté, soit 20,97 %. Mais, en pratique, quand il s’agira de porter assistance, via des émissions obligataires du fonds, à des pays tels que le Portugal ou l’Espagne, ces derniers ne pourront évidemment pas apporter leur garantie et celle des autres Etats sera mécaniquement majorée. Voilà pourquoi l’Allemagne a indiqué qu’elle relèverait sa garantie maximum de 20 %. La France a décidé de faire de même, ce qui va porter sa contribution à un peu plus de 110 milliards d’euros. L’impact pour les finances publiques est nul à court terme : la garantie n’a d’incidence ni sur le déficit ni sur la dette. L’impact ne se ferait ressentir que si un Etat secouru venait à faire défaut.

    Les Echos

    En clair :

    1- Si la Grèce, le Portugal et l’Espagne remboursent leurs dettes, tout ira bien.

    2- Mais si la Grèce, le Portugal et l’Espagne ne remboursent pas leurs dettes et font défaut, la France perdra 110 milliards d’euros.

    A genoux, les gars !
    Répétons tous ensemble :

    Notre Père, qui êtes aux cieux ;
    Que votre nom soit sanctifié ;
    Que votre règne arrive ;
    Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
    Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.
    Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
    Ne nous laissez pas succomber à la tentation.
    Mais délivrez-nous du mal.
    Ainsi soit-il.

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