L'actualité de la crise: un manège qui tourne à vide (partie III et fin), par François Leclerc

Billet invité.

UN MANEGE QUI TOURNE A VIDE (partie III et fin)

L’édifice de la régulation financière repose sur une idée toute simple, tandis que sa mise en oeuvre ne l’est par contre pas du tout : les crises sont inévitables (certains disent même qu’elles sont nécessaires), mais il faut éviter leur débordement incontrôlé, le désormais fameux risque systémique. En d’autres termes, ne pas s’attaquer aux racines mêmes de la crise, mais s’efforcer d’en circonscrire à l’avenir les effets, saupoudrant quelques mesures préventives pour la forme, pour se concentrer sur des actions curatives. Celles-ci sont aujourd’hui l’objet de débats aussi serrés que le sont ceux qui se déroulent à propos de Bâle III.

Devant l’ampleur des dégâts et des réactions de l’opinion publique qui s’en suivirent, il a été ajouté un volet à ce concept passablement défaitiste, afin d’accréditer la promesse que les futurs naufrages du système financier n’impliqueront pas à nouveau l’utilisation des fonds publics. A cette occasion, on a découvert qu’un redoutable aléa moral planait au-dessus de nos têtes et qu’il convenait de le domestiquer pour s’en prémunir. Un danger pour lequel cette anodine expression a été préférée à celle d’appel au meurtre, lorsque celui-ci est impuni d’avance. Un nouveau gang appelé les TBTF (too big to fail – trop gros pour faire faillite) étant suspecté de se préparer à le commettre.

Le mécanisme à l’étude, qui fait l’objet d’une savante mise au point, disposerait de deux leviers en cours de réglage. L’un serait une taxation dont les modalités ne sont pas plus définies que l’assiette, le montant, le destinataire et l’objet même. L’autre, pour l’instant plus spécialement destiné aux Etats-Unis, reposerait sur des restrictions d’activités des banques (sans revenir à la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaire) et sur la possibilité d’un démantèlement de celles qui seraient « en situation d’échec », sans que l’on sache très bien comment en quoi elle consisterait, comment on la décèlerait, ni qui en déciderait.

Paul Volcker, artisan de cette seconde mécanique, conseiller de Barack Obama et ancien président de la Fed, a eu à son sujet cette formule se voulant définitive : « c’est une peine capitale, pas une hospitalisation ». Appelant à définir qui serait en charge du jugement, il a considéré que seule une telle mesure radicale pourrait éviter que les opérateurs financiers prennent dans l’avenir des risques inconsidérés, concluant ainsi : « Si on n’ébranle pas cette conviction, la conséquence naturelle est que la prise de risque sera encouragée et en fait subventionnée (…) et nous pourrions nous diriger à toute vitesse vers la prochaine crise dans quelques années ».

Qui sera donc le détenteur du bouton de mise à feu ? Le débat s’est porté en fin d’année dernière à la Chambre des représentants sur un amendement présenté par le démocrate Paul Korjanski, qui a été adopté. La Fed a été dépossédée de la responsabilité qui lui avait été initialement confiée, au profit du Financial Services Oversight Council, le futur organe suprême de surveillance financière américain, qui va regrouper la collection des régulateurs au grand complet mais au sein duquel le rôle de la Fed a été minoré.

Tout en saluant cette avancée, les observateurs américains les plus critiques de la crise financière n’ont pas manqué de remarquer qu’une disposition de l’amendement permettrait à une banque condamnée à la peine capitale d’y échapper grâce à une action en justice, qui pourrait prendre plus de temps qu’elle ne mettrait à s’écrouler. Comme l’a d’ailleurs reconnu Paul Kanjorski au cours des débats qui ont précédé l’adoption de son amendement : « Tenter d’échapper aux contrôles et aux réglementations est une attitude naturelle du capitalisme ».

La grande réforme consistant à interdire aux banque de dépôt d’exercer des activités spéculatives, avec comme idée de les protéger et de laisser jouer au casino ceux qui sont prêts à y perdre leur chemise, sans le bénéfice du parapluie de la Fed, va-t-elle de son côté aboutir ? Rien n’est moins sûr, car un sac d’embrouilles a immédiatement été déversé par les mégabanques, afin de rendre impossible de déterminer ce qu’étaient exactement les activités sur fonds propres, censées être l’interdit pour les établissements de dépôts. Arguer de l’extrême complexité des activités financières est en effet une des lignes de défense favorite de ceux dont la devise devrait être « circulez, il n’y a rien à voir ».

Dans le cadre de la préparation de sa réunion de Printemps à Washington, le FMI a pris le relais sur le même sujet. Traitant du risque systémique, il a proposé de « limiter directement la taille de certaines activités » des grands établissements financiers, ceux dont la faillite serait une menace pour la stabilité financière mondiale. Il a proposé un mode de calcul de nouvelles normes de fonds propres pour les banques, pondéré en fonction des risques pris et posés par chacune et exposé un dispositif qui augmenterait le niveau de capital des banques en fonction des actifs risqués qu’elles détiennent, ce niveau s’élevant automatiquement en période de tensions financières. En vue concourir au titre de meilleur constructeur d’usine à gaz, il a entamé une farouche compétition avec le FSB et le Comité de Bâle, car tous leurs dispositifs, aussi savants soient-ils, reposent toujours sur un calcul du risque dont l’expérience à montré qu’il était totalement illusoire de prétendre le maîtriser.

Le chapitre de la taxe, promise à être un os à ronger comme l’ont été les paradis fiscaux, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Et ce n’est pas fini, puisque c’est sa fonction. Le FMI va d’ici la fin de la semaine faire ses propositions et une fuite dont a bénéficié la BBC permet d’en connaître les grandes lignes. Comme prévu, l’idée d’une taxe sur les transactions financières est écartée, au profit de deux types différents de taxes, l’une sur les établissements financiers, l’autre sur leurs profits. La première aurait pour objectif de « couvrir le coût budgétaire net du soutien public direct aux institutions financières et contribuer à réduire la prise de risque excessive ». Une formulation qui signifie qu’elle sera d’un montant modique (le coût budgétaire net du soutien public direct) et qu’elle ne contribuera à rien du tout, sauf bien évidemment en paroles. La seconde s’appliquerait « à la somme des profits et de la rémunération », sans pour l’instant plus de précisions.

On sent dans ces approches une patte très politique, réduisant le caractère dissuasif du dispositif à peu de choses. S’agit-il de rembourser les Etats de leurs soutiens et plans de relance ? De constituer un fonds de réserve destiné à renflouer dans l’avenir des banques en péril ? Dans les deux cas, les sommes en jeu devraient être comme on l’a vu conséquentes, mais la taxe ne va accoucher que d’une souris.

Vitor Constancio, futur vice-président de la Banque centrale européenne, a été clair à ce propos lors de la réunion de Madrid du week end dernier : « Nous avons besoin d’évaluer l’impact général de tout ce qui est à l’étude actuellement en matière de régulation du secteur bancaire ». Avant, « il est prématuré » de se prononcer. Mario Draghi, président du FSB n’a pas tenu d’autre propos. Les déclarations de février dernier de la BCE, qui considérait que « la participation financière du secteur privée pour la résolution des crises serait bénéfique, également pour réduire l’aléa moral à l’avenir » semblent déjà oubliées.

Les ministres des finances européens n’ont de leur côté pas pu se mettre d’accord sur le sujet (comme sur tous les autres) nombre d’entre eux estimant que ce n’était vraiment pas le moment de taxer les banques et que cela pourrait contribuer à la récession. Gordon Brown, qui en a fait son cheval de bataille, doit se sentir bien seul. Une conférence européenne devait avoir lieu ce jour mardi à Berlin, repoussée en raison des circonstances, qui aurait pu donner un peu de couleurs au dossier, le gouvernement Allemand ayant déjà adopté une loi de taxation de ses banques. Enfin, cerise sur le gâteau, le Parlement européen a adopté une résolution demandant à la Commission et aux gouvernement d’oeuvrer à la définition d’une position européenne commune… C’est comme si cétait fait.

Pour terminer ce tour d’horizon, les Etats-Unis sont favorables à une taxe, plafonnée à un montant de 50 milliards de dollars. Un projet démocrate attaqué par les républicains qui y voient une incitation à ce que les banques prennent des risques. Sans surprise, Ben Bernanke, le président de la Fed, a pour sa part considéré que « en taxant les transactions, on réduirait grandement la liquidité sur les marchés. » Lui qui n’arrête pas de les arroser.

Poursuivant deux objectifs à la fois, les projets de taxe sont pris dans une contradiction insurmontable: s’ils lèvent beaucoup de fonds, ils garantissent les banques d’être sauvés, s’ils ne le font pas, ils n’empêcheront pas qu’elles devront l’être sur fonds publics.

Un G7 finances, puis un G20 finances vont s’enchaîner en cette fin de semaine à Washington, suivis par le réunion de Printemps du FMI et celle de la Banque Mondiale. La ronde infernale des réunions internationales se poursuit, comme un étrange manège qui tournerait à vide. Car, à propos de toutes ces mesures envisagées, qui viennent de tous les côtés et dans le désordre, à peine ébauchées et souvent encore à l’état de principes, une même question centrale se pose: la finance est mondiale, qu’en sera-t-il réellement de la régulation ?

Michel Barnier, commissaire européen en charge des services financiers, estimait dernièrement : « Je ne crois pas qu’on puisse sans précaution ou sans regarder les choses de très près transposer ou dupliquer les idées ou les projets de réforme indiquées par le président Obama au continent européen ». Il faisait référence à la réglementation Volcker de séparation des activités bancaires. A contrario, comme l’a clairement montré Tim Geithner en intervenant auprès de ses collègues européens, les velléités européennes de réformer le marché des CDS ou de réglementer les hedge funds n’ont pas l’heur de convenir aux Américains. Ces derniers n’appliqueront, ont-ils déjà fait savoir, les décisions finales du Comité de Bâle que si elles leur conviennent.

Cela sera déjà bien beau si les Européens, écartelés entre les Britanniques défendant la City et les Allemands traumatisés par la déconfiture de leurs banques, parviennent à se mettre d’accord entre eux. Rien que la mise au point de l’organe de contrôle financier de l’Union européenne a donné lieu à l’élaboration de l’un de ces savants compromis qui va inévitablement aboutir à la paralysie de l’échafaudage de structures qu’il a fallu créer pour ne mécontenter personne.

Pour conclure provisoirement cet état des lieux de la régulation financière, le rôle majeur que les deux centres mondiaux de la finance, Wall Street et La City, entendent donner à leur banque centrale dans son dispositif, avec l’accord de leurs gouvernements respectifs, est le meilleur des symboles. La Fed d’un côté et la Bank of England de l’autre (c’est tout du moins l’intention des conservateurs pour cette dernière) partagent une même opacité ainsi qu’un identique hermétisme à tout contrôle public. A l’image du reste de la finance.

Demain sera un autre jour.

59 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: un manège qui tourne à vide (partie III et fin), par François Leclerc »

  1. « En d’autres termes, ne pas s’attaquer aux racines mêmes de la crise, mais s’efforcer d’en circonscrire à l’avenir les effets, saupoudrant quelques mesures préventives pour la forme, pour se concentrer sur des actions curatives. »

    Ah, comme j’aurais aimé écrire la même chose à propos de la crise…de civilisation, que l’on va s’efforcer de circonscrire en s’attaquant aux effets, à commencer par ceux bien visibles que sont l’économie et la finance déviantes. Et les racines seront revigorées par cette coupe printanière, pour la forme donc…

    Le mal va continuer de croître, la prochaine fois les solutions curatives risquent d’être plus vigoureuses, plus radicales…parce que partis comme nous le sommes, il y a peu de chances que nous prenions conscience de l’existence -de la possibilité même- d’une crise de civilisation !

    L’enfer c’est les autres. Les erreurs ce sont les autres qui les commettent. Le travail c’est la santé. Oups, celle-ci m’a échappé. Notre avance intellectuelle, grecs à l’appui, est telle qu’il est impossible que nous nous soyons trompés, notamment en imposant cette barbarie -oups, désolé-, ce mode de vie, ce jeu de l’argent, à l’humanité ! Impossible : il suffit de se remémorer l’état du monde avant que ce système n’asservisse l’homme par le travail : ce n’était que guerres et chaos, conséquences logiques de l’inactivité, l’oisiveté étant mère de tous les vices ! Aujourd’hui, tout va mieux : les barbaries guerrières sont en forte diminution, la misère a été repoussée pour beaucoup hors de nos frontières, alors pourquoi se plaindre de quelques dysfonctionnements mineurs ? Que sont l’asservissement de l’humanité, le meurtre par la faim la soif et la maladie d’une grande partie de l’humanité, la production de viande en oubliant qu’elle est animale et donc vivante, la production de légumes, fruits et autres céréales en oubliant qu’ils sont vivants et destinés à l’homme, la destruction de notre environnement en fait par notre pollution, que sont donc ces quelques dysfonctionnements en regard de la qualité et de la stabilité du système actuel ?

    Oui, c’est sûr, demain sera un autre jour.

    1. @ Fab 21 avril 2010 à 10:06

      Difficile de vous suivre Fab. Où voulez-vous en venir ?
      J’ai fait un effort pour cheminer un peu à vos côtés et je me sens largué.

      Vous être contre ceux qui tentent de réguler la civilisation en jouant sur l’économie. Vous êtes contre le travail. Vous êtes contre le fait qu’on se nourrisse de viande. Voila maintenant que vous semblez regretter qu’on se nourrisse de végétaux qui sont aussi des organismes vivants.

      Être contre tout n’est-il pas un peu trop facile? Complètement inutile?

      Que proposez-vous ?

    2. jducac,

      « Vous être contre ceux qui tentent de réguler la civilisation en jouant sur l’économie. » : pour faire vite, oui. Tout contre…si l’objectif réel (pourquoi demeure-t-il non avoué, mystère !) est que ce que chacun « sait vaguement », ce que chacun a dit au moins une fois dans sa vie – à savoir que le système marche sur la tête – finisse par atteindre concrètement les consciences et que l’on parle d’une prise de conscience généralisée.

      « Vous êtes contre le travail. » : le travail que le système actuel utilise pour son fonctionnement et qui asservit l’homme, oui.

      « Vous êtes contre le fait qu’on se nourrisse de viande. » : si celle-ci est produite dans des conditions inhumaines, et à seule fin de répondre au besoin artificiel –à savoir créé par le système pour étendre son emprise- de surconsommation, oui.

      « Voila maintenant que vous semblez regretter qu’on se nourrisse de végétaux qui sont aussi des organismes vivants. » : même remarque qu’au-dessus, est-il nécessaire de rappeler les dégâts de telles cultures sur notre environnement et donc sur nous !

      « Être contre tout n’est-il pas un peu trop facile? », et maintenant que le « tout » est redéfini : ce n’est pas facile tous les jours en tout cas.

      « Complètement inutile? » : ce sont plutôt les choses que je dénonce que je qualifierais d' »inutiles ». D’insensées.

      « Que proposez-vous ? » : que l’on s’interroge sur une autre façon de vivre ensemble. Que l’on considère la crise de civilisation.

      Merci.

      Notes :

      « Ce n’est pas une crise économique, c’est beaucoup plus : la façon de vivre les uns avec les autres est remise en question. », Albert Jacquard.

    3. C’est l’histoire d’un pendule qui se déplace d’un pôle à l’autre. En ce moment, il atteint l’extrémité du mouvement oscillatoire qui l’a poussé en position opposée à son point de départ. Là, dans cette zone border-line de hautes turbulences, il est confronté à tout l’intolérable, tout l’inconcevable, tout l’injustifiable, tout l’inqualifiable …

      La question est effectivement de savoir si on laissera au pendule la liberté de revenir naturellement et salutairement en arrière ou si on bloquera sa course dans une position de tension maximum, invivable à plus ou moins longue échéance.

      Il n’en reste pas moins vrai que le mouvement a toujours été nécessaire pour trouver la Voie du Milieu.

      Une des clefs de l’absorption de la crise n’est-elle d’ailleurs pas actuellement entre les mains de ce qu’il était coutume d’appeler autrefois l’Empire du Milieu ? Osons gager sur sa sagesse millénaire!

      Tiré du YI KING (Le livre des transformations de Richard Wilhelm traduit par Etienne Perrot)

      Hexagramme 12 : P’i / La stagnation, l’immobilité

      LE JUGEMENT
      La stagnation. Des hommes mauvais ne favorisent pas la persévérance de l’homme noble.
      Le grand s’en va, le petit vient.

      Le ciel et la terre n’ont plus commerce l’un avec l’autre et toutes choses se figent. Le haut et le bas n’entretiennent plus de relations mutuelles ; la confusion et le désordre règnent sur la terre. Au-dedans est l’obscurité, et au-dehors la lumière. Au-dedans est la faiblesse, et au-dehors la dureté ; au-dedans est le vulgaire, et au-dehors les êtres nobles. La nature du vulgaire croît et celle des êtres nobles est en décroissance. Mais les êtres nobles ne se laissent pas détourner de leurs principes. S’ils n’ont plus la possibilité d’agir, ils n’en demeurent pas moins fidèles à ces principes et se retirent dans le secret.

      ….
      ….
      ….

      Neuf à la quatrième place signifie :
      Celui qui agit au commandement du Suprême agit sans blâme.
      Les êtres de nature semblable jouissent de la bénédiction.

      Le temps de la stagnation approche du revirement …

      ….

      Neuf à la cinquième place signifie :
      La stagnation touche à sa fin; Pour le grand homme, fortune.
      « Et si cela échouait ! Et si cela échouait ! »
      Ainsi il l’attache à une touffe de tiges de mûrier.

      Les temps changent. L’homme capable de rétablir l’ordre est arrivé. D’où « fortune ». Mais c’est précisément en de tels temps de transition que l’on doit demeurer dans la crainte et le tremblement …

      Neuf en haut signifie :
      La stagnation prend fin.
      D’abord stagnation, ensuite fortune.

      La stagnation ne dure pas éternellement. Toutefois, elle ne cesse pas d’elle-même, mais requiert l’homme capable d’y mettre un terme. Là réside la différence entre la paix et la stagnation. La consolidation de la paix demande un effort continuel. Laissée à elle-même, la paix se transformerait en stagnation et en décadence. Le temps de la décadence ne se change pas spontanément en paix et en prospérité, mais des efforts sont nécessaires pour en venir à bout. Ainsi se trouve souligné le rôle créateur de l’homme qui est indispensable pour que l’ordre règne dans le monde.

    4. Merci Marlyse pour votre message. Malheureusement, l’absence d’écho montre le chemin qu’il nous reste à parcourir. Il est vrai que nous partons de loin, pollués que nous sommes par nombre de certitudes, tant religieuses que philosophiques.

      « Le ressentiment doit pour le malade être essentiellement tabou, c’est sa maladie elle-même : c’est aussi malheureusement son penchant le plus naturel. Bouddha l’avait compris, le grand physiologiste. Sa « religion » – qu’on ferait mieux d’appeler hygiène pour ne pas la commettre avec d’aussi pitoyables choses que le christianisme faisait dépendre son efficacité de la défaite du ressentiment : libérer l’âme du ressentiment C’est le premier pas vers la guérison. « Ce n’est pas l’inimitié, mais l’amitié qui met un terme à l’inimitié » : voilà la première leçon du Bouddha ; ce n’est pas le langage de la morale, c’est celui de la physiologie. » Nietzsche F.

      Nous sommes convaincus qu’il existe une vérité, et une seule, et qu’elle n’est accessible que par la Raison, celle qui nous a été inculquée et qui nous est donc familière au point que nous la considérions comme unique. Vive la tolérance occidentale !!!

      « La tolérance mutuelle est donc la règle d’or de notre conduite.
      Il va de soi en effet que nous ne serons jamais tous du même avis
      et que la Vérité nous apparaîtra de manière fragmentaire
      selon des points de vue différents.
      La conscience ne nous parle pas à tous d’une façon identique.
      Sans doute est-elle un excellent guide pour chacun;
      mais vouloir imposer aux autres les règles de notre conduite individuelle,
      serait une entorse intolérable à la liberté de conscience. » (Gandhi)

      Au plaisir.

  2. @ F. LECLERC
    Très bonne analyse, je parle du tryptique, et d’accord sur votre conclusion.
    Cependant, ne dites vous pas en résumé, que nos démocraties, tant en interne au niveau des états qu’en externe à l’échelle des institutions internationales, ne sont pas en mesure de s’accorder sur des faits ou des conjectures ni surtout de prendre et de faire appliquer la moindre décision ?
    Comme si nos démocraties confinaient à un conservatisme « main stream » bien pensant empêchant craintivement toute réforme et comptant sur le temps que personne ne maîtrise pour aplanir toute divergence et éroder tout surgissement, tout mouvement paralysé par le saint principe de précaution.
    Que constate-t-on ? Des opinions publiques qui élisent des chambres introuvables sans possibilité de gouvernement (RFA, bientôt Royaume Uni, etc.). Des chefs d’état incapables de faire accepter leurs décisions, de promulguer et/ou de faire appliquer une loi. Des instances mondiales démultipliées en comités redondants et naturellement en conflits entre eux donc incapables de la moindre proposition qui se tienne. Une compétition généralisée entre états attisée par des systèmes électoraux nationaux.
    Alors que ce qui nous concerne se joue à l’échelle mondiale, notre citoyenneté se limite au plan national et ainsi de nos institutions, de nos lois, de nos élus, de nos dirigeants, etc. Dans ce contexte, comment imaginer que ceux qui ont une cohérence de « gouvernance » internationale (grands organismes financiers, multinationales) puissent se jouer de mécanismes divergents limités au niveau national ? Le pire est quand ce vilain jeu est soutenu voire incité par des organismes sensés être des régulateurs nationaux comme la FED ou la BOE.
    On ne peut simplement pas accepter des acteurs multinationaux hors un champ légal multinational dont on ne voit pas même aujourd’hui ce qu’il pourrait être.

    1. Sur les majorités introuvable, le travail de Serge Galam en montre l’aspect « systémique » : l’échange « d’information » dans certains systèmes, avec des hypothèses pas très sophistiquées, conduit à un résultat 50/50.

      Disons que c’est le glissement « information » –> « opinion » qui fait le boulot, du moins je le vois ainsi.

  3. Ils ne veulent et ne peuvent se mettre d’accord, car la solution, simple, ils la connaissent, mais elle ne leur convient pas.
    Il leur faut préserver la machine a profit a tout prix, alors que c’est ELLE le problème.
    Donc, ils cherchent juste comment la rendre « supportable », du moins un peu plus longtemps.

    En attendant, il y a d’autres personnes qui s’organisent autrement. Ils n’ont pas les caméra braqués sur eux. Mais ils ont du poids car, pour assurer leur marge, il leur faut de la croissance. Si un faible pourcentage de gens se détournent du capitalisme, c’est autant de points de PIB en moins, et donc autant de pyramide inversée qui s’effondre.

    Conclusion : la prochaine est inévitable. Elle est en cours de gestation. C’est juste une question de temps. Une pichenette la déclenchera.

    1. @ybabel

      Tu veux parler de ce que nos bien-aimés gouvernements dénomment « économie souterraine » ou « économie parallèle »?

      Aux USA, comme au UK, il existe déjà depuis 1 ou 2 ans des monnaies locales, ou plus exactement des bons d’échange. Ceux-ci permettent d’acheter des denrées ou des biens durables. On achète ces « billets » auprès d’organismes spécialisés ou de banques. Ils ont la même valeur que la monnaie papier, mais échappent au circuit économique classique (pas de compensation par les banques).

      On a aussi la véritable économie occulte, celle qui se pratique par échange direct de liquidités en numéraires. C’est celle que veut faire disparaître la Grèce. Et bien sûr tous les états, puisqu’elle est difficilement régulable.

      Plus récemment, on a vu apparaître l’économie de troc. Par exemple, tu me repeinds ma chambre et en échange je te donne 15 Kg de pommes de terre.
      Non seulement cet échange n’est pas contrôlable, mais il n’est même pas taxable. L’état perd alors le bénéfice de la TVA et de l’impôt.
      Cette pratique tend à se généraliser.

      Entre la baisse des revenus de l’état, dû à la crise, cette nouvelle économie de troc dont l’importance croît, et les turbulences phynancières…

      L’objectif de mon propos est de montrer que les états ont besoin des banques pour avoir des revenus. Et surtout, il devient de plus en plus nécessaire de faire disparaître l’argent liquide dont la circulation n’est pas directement contrôlable.

  4. Excellent billet, François. Toutes les parties au jeu des propositions de régulation vivent dans l’ancien monde, l’idée étant de préserver l’intérêt national à tout prix, alors que la mondialisation démontre quotidiennement la vanité de cette aspiration. On souhaiterait que quelqu’un mette enfin les pieds dans le plat et se fasse le tribun d’une réglementation mondiale stricte, quelle qu’en soit la forme exacte (si elle est efficace et musèle les TBTF). A ce jour, vous et Paul êtes quasiment les seuls à proposer en filigrane une gouvernance financière mondiale — rude pour les banques mais protégeant les Etats autant que faire se peut –, laquelle serait le stade annonciateur d’une ‘constitution’ globale pour l’économie.

    Tant que les Etats, Européens en tête, défendront avant tout leur propre bout de gras, il y a peu de chances qu’on aboutisse à cette conclusion, dont la nécessité et la logique paraissent pourtant imparables.

    La seule chose à faire est de continuer à dépiauter ce cadavre puant qu’est la finance mondiale. Nous devons à vos billets d’avoir une idée claire du match de boxe en trompe-l’oeil que se livrent les Etats et les institutions nationales et internationales. C’est déjà ça. La clairvoyance est la mère de la justice. Puissions-nous triompher un jour! Sans pour autant nous faire d’illusions.

    L’histoire ne se répétera pas. Lors des ‘accords’ de Munich, on avait Chamberlain et Daladier face à Hitler. Ils se sont fait blouser en toute candeur, comme chacun sait. Aujourd’hui, c’est comme si nous avions une quinzaine de Chamberlain discutant à l’infini pour tracer les contours de la prochaine voie radieuse. Dans ces conditions, l’échec (la fin?) est quasiment garanti(e).

    1. Chamberlain et Daladier ne se sont pas fait blouser, ils savaient : Un des deux descendant de l’avion à propos de la foule qui les aclame  » les cons si ils savaient » ( ou à peu près ça).

  5. Coincidemment, une analyse de Martin Wolf du Financial Times: « Comment arreter la machine de
    l’apocalypse financière »

    « Pouvons nous nous permettre financièrement notre système financier ? La réponse est non. Comprendre ceci est une condition nécessaire pour l’évaluation des propositions pour la réforme. Le plus conscient des risques que l’on puisse etre, le plus évident il devient que le radicalisme est l’option la plus sure.

    Les gens pretent trop d’attention au cout direct des bail-outs. Comme le note Andrew Haldane de la Banque d’Angleterre, auteur de plusieurs études sur la crise, ces couts avoisinent 1% du PIB aux
    Etats-Unis et au Royaume-Uni.. Si seulement un quart de la perte de production mondiale pendant la récession se révélait une constante, la valeur actuelle de ces pertes pourraient atteindre jusqu’à 90 % du PIB mondial. Comment cela s’est-il produit ? Simplement, le secteut financier est devenu
    plus grand et plus risqué.

    L’exemple britannique est emblématique, les actifs des banques passant de 50 % du PIB à 550 % pendant les 40 dernières années.Les ratios de capitaux propres ont diminué dramatiquement, pendant que les ROI sont devenus et plus élevés et plus volatiles. Comme l’explique Mr Haldane dans un autre papier, l’effet de levier est devenu le facteur déterminant des ROI et l’accroissement de l’effet de levier explique aussi le niveau et la volatilité des résultats bancaires, Enfin, le secteur bancaire est devenu significativement plus concentré. Comment ceci s’est-il produit ?
    Mr Haldane lamente “une croissance progressive du risque bancaire et la conséquente ampliation et approfondissement du filet de sécurité de l’Etat. Ceci est une ‘course de la Reine Rouge’, le système est en route vers son immobilisation alors que les gouvernements font la course pour rendre la finance plus sure et les banquiers créant plus de risques.Leur route: liquidité, dépots et assurance sur le capital. Mr Haldane relève que les agences de notations intègrent dans leurs analyses le support du gouvernement aux banques. Le support des pouvoirs publics doit surement etre une partie de l’explication aux bas taux sur les obligations émises par ces entreprises hautement ‘leveragées’.

    La combinaison de garanties gouvernementale ( pour protéger les clients et les créanciers ) avec
    une responsabilité limitée ( qui protège leurs actionnaires ) crée une machine d’apocalypse financière. Ce qui se passe est au mieux décrit comme une ‘irresponsabilité rationnelle’. Ses effets les plus dangereux surviennent via les extremes du cycle de crédit.Le plus dangereux de tous est la volonté compulsive de la part des autorités de crever un autre ensemble de bulles de crédit, pour contrecarrrer l’impact dévastateur des implosions provoquées par les dernières bulles. Au final, ce qui survient à la finance n’est pas ce qui importe le plus mais les effets de la finance sur l’économie réelle.

    Est ce que le système financier actuel ainsi décrit, produit les gains qui justifient ces couts ? Dans un discours récent, Adair Turner, directeur de la FSA, estime que non.Les sytèmes financiers sont des serviteurs importants de l’économie, mais de faibles maitres. Une grande partie de l’activité du secteur financier ressemble à une machine pour transférer les revenus de l’extérieur vers l’intérieur, tout en accroissant la fragilité de l’économie dans son ensemble. Au vu des distorsions induites par les gouvernements dans le système, meme l’avocat le plus féroce des marchés libres devrait accepter l’évidence.Il est difficile de voir un quelconque bénéfice sustantiel de cet effet de levier massif appliqué à l’économie, et particulièrement, le secteur de l’immobilier.Ceci créa des gains illusoires lors de la croissance de la valeur de ses actifs et une vraie douleur lors de leur déclin.

    Comme l e souligne Mr Turner les promesses de la titrisation se sont révélées en partie illusoires.Les arguments utilisés en sa faveur- ‘la réalisation du marché’ et la possibilité d’accorder des prets plus largement-paraissent hautement questionnables.Le plus frappant fut l’échec du marché des CDS à donner une indication ou un avertissement de la crise financière à venir. L’invention de produits complexes de plus exacerba les problèmes d’information et d’incentisivation inhérents aux systèmes fianciers complexes. Meme l’argument fréquemment entendu qu’une liquidité plus grande du marché est mieux qu’une moindre est loin de pouvoir etre inéluctable: cela ne fait qu’exacerber l’irresponsabilité rationnelle.

    Donc, qu’est ce qui peut etre fait ? Répondant à la question, l’on se doit de commencer avec l’admission des plus grands dangers: en premier lieu les pays aux revenus élevés, avec leur taux de croissance bas et les couts du vieillissement de leur population, ne peuvent se payer le luxe d’une autre crise; deuxièmement, le vrai problème est l’impact sur l’économie.
    Face à ces réalités, que doit-on penser des idées actuellement déployées ? Trois idées fréquentes
    doivent etre remises à leur place..Une idée, populaire dans les cercles républicains américaibn, est de dire non aux ‘bail-outs’, Ceci est une fausse illusion, Puisque les institutions financières sont hautement interconnectées, le gouvernement ne peut pas s’engager dans la position de ne pas sauver le système quand celui-ci est en péril. Une autre idée, populaire ches les libéraux américains est que le plus grand problème est “Too big too fail”.Mr Haldane montre que l’assurance implicite de ces grandes banques est plus grande que pour les plus petites.Il est aussi d’accord sur l’idée que les économies d’échelle dans le secteur sont modestes.Le défi que représente le management d’insitutions si complexes est énorme. Enfin, la diversification recherchée par ces institutions financières est illusoire; elles sont toutes exposées aux risques de l’économie réelle.

    Cependant il est important de ne pas surestimer l’importance de la seule taille. Un argument est que certains des systèmes qui ont le mieux traversé la crise-le Canda, par exemple-sont dominées par un oligopole bancaire stable. Un autre est que ce qui est survenu aux Etats-Unis dans les années 30, la faillite de petites banques trop spécialisées peut etre hautement destructive, La taille compte, Mais cela n’est certainement pas le seul facteur à tenir en compte.

    Une troisième notion est que la grande question est l’ achèvement de la régulation.Il est argumenté que si la régulation avait été implémentée réellement, le mouvement d’abus de l’effet de levier et d’insolvabilité aurait pu etre évité. Ceci aussi est peu vraisemblable.Il est difficile de réguler la finance en face des motivations de profit de ceux qui la dirigent. La résolution du problème doit inclure la modification des primes et bonus de façon simple et transparente. Pour le dire clairement, ses acteurs doivent redouter les conséquences d’erreurs sérieuses, pas seulement exiger d’eux qu’ils cessent leurs comportements.
    En conclusion, arreter la machine de l’apocalypse financière demandera des changements fondamentaux dans la politique vis à vis du système financier et sa structure.Il y a maintenant deux approches extensives en discussions.L’officielle est de rendre le système actuel beaucoup plus sur, en élevant les exigences en matière de capitaux propres et de liquidité, déplacer les dérivés vers un marché administré et le renforcement de la régulation.L’alternative est la réforme structurelle. Quelle est l’option la moins mauvaise ? A suivre “

    1. Des discours comme ça, on peut les écrire par milliers, ça ne changera pas grand chose. Je note toutefois une excellente idée: « Pour le dire clairement, ses acteurs doivent redouter les conséquences d’erreurs sérieuses, pas seulement exiger d’eux qu’ils cessent leurs comportements. » Le seul moyen d’en finir avec les mégastructures, est de foutre en tôle les dirigeants au premier petit pépin. En finir, donc, avec la « personne morale » qui fait que quelques directeurs peuvent piloter des centaines de milliers de personnes physiques sans être responsables de quoique ce soit.

    2. De façon bien plus réaliste que moi mais toute aussi radicale, F. Lordon termine ainsi son dernier billet :

      (…) s’agissant d’un élément aussi violemment anti-social que la finance, il ne serait pas déplacé de concevoir le « réprimer » à la chinoise : châtiment brutal à vocation exemplaire. Qu’on se rassure il ne s’agit pas de peine de mort pour les banquiers – plutôt pour les banques. Puisque, comme se plaît à le répéter la théorie économique, tout ce beau monde fonctionne aux « incitations », on va lui en donner. Une banque qui serait convaincue de tourner le dispositif de réglementation-prohibition, en quelque clause que ce soit, serait instantanément saisie par la puissance publique, ou bien, plus vicieux, fermée avec répartition de ses actifs, clients etc. à ses concurrents – excellent « schéma incitatif » pour encourager la délation interbancaire et la surveillance des banquiers par les banquiers. Gageons que les dirigeants, désormais efficacement « incités », se tiendront à carreau, et aussi que leurs actionnaires et leurs administrateurs, exposés au risque de tout perdre, les y encouragerons vigoureusement.

    3. Crapaud Rouge… J’ai du recul, là dessus.

      Je connais en effet trop bien la collusion possible entre « concurrents » qui s’arrangent. Il n’y a pas que la téléphonie mobile en France qui en soit un exemple flagrant, mais les sous-traitants et fournisseurs du nucléaire sont simplement plus « discrets »…

      Le seul moyen que nous ayons était de faire entrer un « chien dans le jeu de quilles ». Soit, un sous-traitant que nous homologuions, plus petit que les autres.
      Et encore…

      Lordon n’a l’air de pas connaître grand-chose sur les oligopoles..
      Alors que c’est un gars qui est intelligent.

    4. crapaud rouge,
      dans le premier cas vous détruisez le pouvoir ou le donnez directement aux imbéciles suractifs, ça pourrait détendre l’atmosphère, donner à réfléchir, dans le second avec London vous mettez en cage les bêtes gageant qu’elles deviennent un jour des fonctionnaires… combien de temps cela peut prendre?

    5. Heureusement qu’il y a ce genre d’ententes… sans quoi de nombreux fournisseurs crèveraient, laminés. C’est déjà le cas d’ailleurs, et il suffit de voir par exemple comment la grande distribution casse les « petits », ne serait ce que « parce qu’il y en a toujours un prêt à tout pour ne pas crever (c’est à dire à « trahir » ceux avec qui il s’est « entendu ») ».
      Évidemment on pousse des cries d’orfraie quand c’est le consommateur qui est la victime du rapport de force (bouh les méchants qui s’entendent entre eux). Et on voue les « ententes » aux gémonies, alors que pour nombre de salariés elles ne sont tout simplement qu’une question de… survie!!

      Les stratégies d’entente sont des stratégies parmi d’autres. Si elle n’est pas légale elle est dans les faits largement « tolérée » et même « théorisée » par les spécialistes du management, surtout dans les pays anglo-saxons d’ailleurs. La concurrence libre et non faussée n’est pas de ce monde, et si elle l’était, dans la mesure où la distribution des ressources n’est dès le départ pas homogène entre les différentes communautés, elle ne pourrait mener qu’à des guerres civiles, ou pire.
      Tant mieux si certains fournisseurs s’associent: il ne manquerait plus qu’on le leur reproche!

  6. En attendant la publication du rapport du FMI qui devrait être discuté ce week end à Washington, le Financial Times apporte des éléments d’information complémentaires à son sujet.

    L’idée est d’instaurer une taxe supportée par les établissements financiers, qui pourrait à un terme non précisé permettre la constitution d’un fonds représentant de 2 à 4% du PIB de chaque pays.

    Ultérieurement, elle pourrait être modulée afin de refléter les risques encourus (on ne sait pas encore comment).

    Une taxe optionnelle est proposé sur les bénéfices qui dépasseraient un niveau considéré comme normal, une notion qui n’est pas précisée à ce stade.

    Afin que ces fonds ne puissent être des incitations à prendre des risques inconsidérés, le FMI envisage que la taxe soit associée à un dispositif non identifié permettant de sortir du business les banques considérées comme fragiles.

    D’ores et déjà, le Japon et le Canada ont clairement exprimé leur détermination à ne pas décider de taxation de leurs banques.

  7. Hhmm..
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/04/21/la-negociation-institutionnelle-patine-en-belgique_1340485_3214.html#ens_id=1270062
    « Dans la soirée de mardi, Jean-Luc Dehaene, ancien premier ministre chargé d’une mission de commissaire aux réformes institutionnelles par le roi Albert II, a en effet annoncé qu’il renonçait à cette charge. »
    Vous me direz que le malaise remonte à avant la chute de l’argent facile, mais…

    Vu le nombre de pays dans lesquels les tensions internes du gouvernement en place sont croissantes, tout projet d’une éventuelle « régulation » passera en plus au second plan.

  8. C’est pas pour dire, mais j’ai vraiment l’impression qu’ils nous prennent pour des billes. On est dans une bagnole bonne pour la casse, mais eux, après nous avoir adressé la facture, discutent parechocs et airbags « pour éviter de nouvelles catastrophes ». C’est vraiment très aimable !

    1. des billes qu’ils ne voient pas… ou sinon c’est sur la photo de quelqu’un qui se torche dans le drapeau français (photo ou acte je m’embrouille) dont Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice dit «. Si le droit actuel se révélait être lacunaire sur ce point, alors il faudrait le faire évoluer, et Michèle Alliot-Marie le proposerait».
      c’est de ça qu’on s’occupe,
      la fâcherie du jour de cette dame et paraît Sarko dans le sécuritaire, c’est comme ça depuis un bon nombre d’années et déjà bien bien avant, ces âneries, le député et président UMP du conseil général des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti dit «Je souhaiterais que soit sanctionné celui qui a commis cet outrage, et éventuellement ceux qui l’ont publié», ça m’arrive pas souvent de mettre mon nez la dedans mais ça sent mauvais, des gens si propres…

  9. « un sac d’embrouilles a immédiatement été déversé par les mégabanques, afin de rendre impossible de déterminer ce qu’étaient exactement les activités sur fonds propres »

    Le problème ne consiste pas a se que les banques ne sachent ou elles en sont avec leurs fonds propres, mais de leur imposer de savoir se qu’elle font de ces fonds.

  10. Comment faire plus longtemps plaisir à tout le monde.

     » Devant l’ampleur des dégâts et des réactions de l’opinion publique qui s’en suivirent, il a été ajouté un volet à ce concept passablement défaitiste, afin d’accréditer la promesse que les futurs naufrages du système financier n’impliqueront pas à nouveau l’utilisation des fonds publics. »

    Croisons les doigts espérons-le. Mais Mr l’agent tant que la victime bougeote je peux encore servir à quelque chose c’est mon métier faire d’abord de l’argent en vitesse, je ne lui fait pas du tout son mal au contraire je recherche tant bien que mal à la secourir le premier.

    « Tout en saluant cette avancée, les observateurs américains les plus critiques de la crise financière n’ont pas manqué de remarquer qu’une disposition de l’amendement permettrait à une banque condamnée à la peine capitale d’y échapper grâce à une action en justice, qui pourrait prendre plus de temps qu’elle ne mettrait à s’écrouler.  »

    Plus cela trainera en longueur, plus nous les enfumeront avec nos meilleurs avocats et moins ils pourront trouver le temps de nous attraper. C’est comme pour le politique recherchant sans cesse à nous suivre comme pour mieux nous suivre en exemple quelle belle concurrence dans la malice.

    « Comme l’a d’ailleurs reconnu Paul Kanjorski au cours des débats qui ont précédé l’adoption de son amendement : « Tenter d’échapper aux contrôles et aux réglementations est une attitude naturelle du capitalisme ». »

    Tout aussi naturel pour le psychopathe que de vouloir plus longtemps échapper à la justice encore plus avec l’aide d’une plus grande bande de complices au sein du capitalisme comme au sein du socialisme à la fois.

    Plus je recherche à fuir le fonctionnaire et plus le fonctionnaire me rattrape tôt ou tard comme pour nuire à ma santé et à mon moral. Plus je recherche à fuir l’homme du marché et plus je me retrouve de nouveau face aux puissances de l’argent comme pour mieux nuire pareillement à ma santé et à mon moral allez donc savoir pourquoi l’humanité se trouve de plus en plus mal.

    C’est le grand manège enchanté j’aimerais bien parfois porter plainte contre l’Etat et les puissances du marché tant ils recherchent tant à faire le bien des personnes les premiers.

  11. De toute façon, s’il y taxes sur les banques, elles les répercuteront comme tout commerçant sur leur clientèle au travers des frais supplémentaires … on retourne à la case départ: Le citoyen paiera.

  12. Les ruses de l’actualité !

    Britain: »what is this crap you’re sending over?
    Iceland: »well, it’s what you asked for isn’t it?
    Britain  » We said CASH, not ASH, you morons! ».

  13. L’actualité de la crise vue aussi par des médecins un peu moins aveugles que d’autres et encore ils modèrent leur propos quel dommage pour la société :
    http://www.dailymotion.com/video/xcw4yl_la-crise-vue-par-les-medecins-media_news?start=161

    Bien évidemment plus le rythme du commerce mondial ( la grande meule, la grande broyeuse )
    deviendra de plus en plus pesant et infernal à faire tourner pauvres gens de Chine, et plus les gens consulteront faute de mieux, par contre les Banquiers lorsqu’ils traversent de temps en temps des petits passages à vide et bien ils s’adressent tout de suite aux Etats et aux politiciens pour les protéger d’abord du coup ils se sentent déjà beaucoup mieux.

    J’aurais du être médecin.

  14. Billet de F.Lordon ce jour.
    C’est bien !
    Mais plutôt que des textes internationaux complexes à appliquer, rien ne vaut l’adage incontournable par les avocats d’affaires rétribués par les banquiers spéculateurs;

    « pas de paris sur les fluctuations de prix »

    Sous peine comme le dit Lordon de « flicquage » , voire l’application de peines de prison ferme aux personnes physiques contrevenantes…même à travers des structures déresponsabilisantes ou des montages ad-hoc…
    On attend toujours l’invasion de la City et de Jersey par les tanks de l’ONU.

    http://blog.mondediplo.net/2010-04-21-La-regulation-financiere-entre-contresens-et

  15. La piste de la taxe est probablement la pus aisée pour les régulateurs. C’est de toute façon celle qui rencontrera le moins d’hostilités. Malheureusement, une taxe ne résout rien. Pour la prélever, il faut que la transaction ait eu lieu. Si cette dernière est nocive, elle le restera, avec ou sans taxe. Ensuite, pour taxer quelque chose, il faut valoriser l’actif taxable. Et là, malgré les nouvelles directives comptables élaborées un peu partout, le pifomètre sera l’outil le plus utilisé. Avec pour conséquence qu’aucune taxe dite régulatrice ne règlera rien à terme. Sans oublier qu’une taxe se réfère à une assiette particulière. Il suffira aux banques et autres institutions à caratère spéculatif d’opérer en dehors de cette assiette pour contourner cet obstacle financier. Un emplâtre sur une jambe de bois, en quelque sorte, digne du FMI.

    1. Le doux parfum du renoncement.
      Sur cet exemple:
      Pourquoi réprimer le crime? une expérience maintenant
      millénaire montre, autant que nécessaire, que les peines
      judiciaires ne suppriment pas le passage à l’acte par
      le criminel en puissance.
      ( il est bon d’associer, même indirectement, finance et
      déviance.)
      On pourrait montrer, j’en suis sûr, qu’une bonne taxe
      malgré quelques inévitables échappatoires et
      contournements, auraient quelque effet positif,
      bien qu’insuffisant.
      Une seule conclusion, la réglementation financière
      a besoin d’un arsenal; la taxe n’est qu’une composante.
      Des mesures coercitives plus subtiles seront nécessaires.
      Dans l’attente, nul besoin de résister à la facilité.

  16. Selon le ministre des finances grec :

     » La Grèce sera fixée sur son aide entre le 15 et le 19 mai  »

    D’ici là ….

    1. A noter que les élections en Rhénanie du Nord-Westphalie, qui pourraient faire perdre à Angela Merkel sa majorité au Bundesrat, ont lieu le 9 mai prochain.

      De là à penser que les négociateurs d’Athènes jouent aux cartes dans leur chambre en attendant cette date…

    2. @ F. Leclerc :
      Sur ces élections, bon article des Dernières nouvelles d’Alsace :
      http://www.dna.fr/monde/20100421_DNA003373.html

      Avec un SPD qui refuse une alliance avec Die Linke et une CDU qui lorgnerait vers les Grünen (comme à Berlin). Le tout avec la question de la succession d’Angela Merkel, le Bundesrät, la remise en cause de l’allaince CDU-FDP, etc.
      La Rhénanie du Nord-Westphalie est une ‘petite Allemagne puisqu’elle représente un cinquième de la population du pays (et donc de ses électeurs). Un vrai test, ‘grandeur nature’.
      Avec en arrière-plan, la question de la participation allemande au bail-out européen pour la Grèce et ce tout de suite après le 09 mai car pour le 15 mai.

      Chauds les marrons, au mois de mai en Allemagne !!

  17. En contrepoint de votre analyse lucide, lire ou écouter Willam C. Black, expert en la matière, entendu hier au Congrès dans le cadre de l’audition Lehman, dont les propos rejoignent ceux de Simon Johnson,résumés en une formule lapidaire: « la fraude est au coeur de Wall Street », Bill Black qui
    a très vivement mis en cause la responsabilité des ‘régulateurs’ dans cette affaire

    Transcript video Bill Black testimony on Lehman bankruptcy

    1. c’est régulier mais je ne me fais pas à ce que les journalistes, ceux qui informent, ne changent pas enfin de focale sur le monde car c’est bien ce monde ce même où nous vivons. combien de temps croyons-nous que se joue dure et continuera ce jeu? combien notre crédulité aussi fait peur, à croire que le monde serait une carte dont il suffirait de retirer un à un le millefeuille du problème pour que l’image complète enfin se réalise.

  18. « un sac d’embrouilles a immédiatement été déversé par les mégabanques, afin de rendre impossible de déterminer ce qu’étaient exactement les activités sur fonds propres »

    Et les cabinets d’audit ? N’est-ce pas leur rôle de vérifier les différentes activités des établissements financiers et leur légalité ?
    Nul besoin de rappeler le conflit d’intérêt entre ces différentes activités d’où une collusion évidente et  »l’impossibilité » de déterminer la nature exacte des activités sur fonds propres.

    Pourtant il serait relativement aisé de les connaître. Car, lorsque ces mégabanques gagnent de l’argent, cela se voit via les chiffres annoncés.
    Et surtout lorsqu’elles en perdent, le contribuable étant appelé à la rescousse.

    Tout est question de volonté et elle manque d’affirmation.

  19. définitions

    pétaudière (n.f.) : assemblée et groupe où règnent la confusion et le désordre, faute de discipline.

    1. @ Domini CB :
      Sophistiqué : Très recherché, étudié, qui laisse peu de place au naturel.

      Et j’ajouterais : qui laisse peu de place à la nature humaine.
      Ainsi, une usine à gaz pourrait s’entendre d’une pétaudière sophistiquée. Mais une usine à gaz moutarde alors …

  20. En clair, la prochaine crise systémique est certaine et proche!
    Tout simplement, dès que la dite « confiance » n’est qu’éreintée un tout petit peu, le signe monétaire cesse d’être disponible et cesse de circuler!
    Tout revient à ce point!
    L’argent se retire au moment où un acteur « réalise », c’est-à-dire vend!
    Et quand il y a peu d’acheteurs pour beaucoup de propositions de vente, chacun se replie sur son magot!
    C’est en substance la menace non voilée des mégabanques et autres investisseurs. « So vous taxez et régulez, tout s’arrêtera, « on » ne jouera plus ni au casino ni à investir!
    Tant que les banques centrales n’émettent pas de la monnaie SMT il en sera ainsi, et la prochaine crise systémique, nous sommes déjà à plein dedans!

  21. Les lecteurs du blog apprécieront la primeur du dernier bulletin météo du FMI: Perspectives de l’ économie mondiale

    « À plus longue échéance, il faudra convenir d’un programme de réforme de la réglementation fi nancière. L’objectif est clair — une amélioration quantitative et qualitative des fonds propres et une meilleure gestion des risques de liquidité —, mais l’ampleur des réformes à eff ectuer fait débat. De plus, à cause des incertitudes entourant les réformes visant les institutions trop importantes pour qu’on les laisse faire naufrage, ainsi que les risques systémiques, les établissements fi –
    nanciers ont du mal à planifi er. Les décideurs devront trouver le juste équilibre entre deux impératifs : assurer la sécurité du système financier et faire en sorte qu’il reste innovant et effi cace. Des propositions visant spécifi quement à rendre le système plus sûr et à en renforcer
    l’infrastructure — par exemple sur le marché des produits dérivés de gré à gré — sont présentées dans le Rapport sur la stabilité financière dans le monde…

    Il faut assainir et réformer les secteurs financiers

    En plus du rééquilibrage budgétaire, l’autre priorité absolue pour plusieurs pays avancés est de continuer d’assainir et de réformer le secteur financier pour soutenir la reprise. Les ineffi ciences des marchés financiers et les défaillances de la réglementation et du contrôle ont joué un rôle essentiel dans la crise, et il faut y remédier pour mettre en place un système financier plus solide. Pour les pays avancés, l’édition d’avril 2010 du GFSR a abaissé de 2,8 à 2,3 billions
    de dollars, pour la période 2007–10, son estimation des pertes de valeur et des provisions pour pertes sur prêts des banques, effectives et prévues, dont deux tiers avaient été comptabilisés fin 2009. Les progrès accomplis dans l’élimination de ces inefficiences et la réforme des politiques et des dispositifs prudentiels accroîtront aussi l’effi cacité de la politique monétaire et réduiront le risque que l’abondance de liquidités conduise à de nouvelles distorsions spéculatives. Par
    ailleurs, les pays émergents doivent continuer de renforcer leurs politiques et dispositifs prudentiels en prévision d’une hausse des entrées de capitaux. »

    http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/weo/2010/01/pdf/textf.pdf

  22. Правда
    Tant il est vrai que ‘nous construisons une gouvernance mondiale’ …

    Mais l’Express, Joyau de la liberté de la presse en monde occidental, s’en va questionnant la dame sur des questions aussi fondamentales que :

    « Vous avez assisté au Conseil des ministres allemand le 31 mars. Racontez-nous!
    Tout est différent. Le lieu est assez spacieux, il donne un sentiment de volume et de lumière. »

    « Accepteriez-vous de débattre avec Martine Aubry? » (ou un zèbre, une table de chevet, voir même une femme politique de gauche, bien que ce dernier élément soit, il est vrai, quelque peu incongru mais la nécessité démocratique faisant loi à l’Express, on peut admettre de ‘débattre’ avec un tel ‘phénomène’ …).

    Mais aussi avec des vrais questions qui sont vraiment sérieuses, avec des réponses qui ne le sont pas moins :

    « Mais où vont les rails? C’est vrai que sur la régulation, le travail n’est pas terminé. » (parce qu’il avait commencé ?)

    « Les Grecs devront-ils finalement recourir à ce plan? (…) Les titres grecs ont été très demandés et l’opération a été un succès. » (et un tel succès mérite d’être réédité : c’est donc pourquoi la zone euro souhaite prolonger le cirque grec de ‘La crise de dette publique’ ou ‘La crise de rire public’ de quelques semaines encore)

    « L’Allemagne a-t-elle été égoïste dans la gestion de la crise grecque?
    Non. Ce qui est important dans cette crise, c’est qu’elle a permis l’émergence d’un nouveau mode de fonctionnement des institutions européennes. C’est extraordinairement stimulant. » (un peu comme un stimulateur cardiaque, en quelque sorte)

    Et pour finir, enfin des certitudes et des sources d’inspiration, qui viendront nous rasséréner quelque peu en ces temps de décapilotade grecque en sauce à la diable :
    « Avez-vous des doutes sur l’exactitude des comptes d’autres pays?
    Non. C’est en tout cas ce qu’indiquent les informations de la BCE, d’Eurostat [l’organisme européen de statistiques] et de la Commission. »

    Car c’est ça qui est bien avec la Pravda (La Vérité) : quand on doute, toujours se tourner vers Christine. Et là, on sait ce qui nous attend …

    1. Zébu, vous avez de l’humour.

      Pour ma part, cela fait un an que je considère l’inverse de ses paroles comme info fiable. Et en règle générale, ça marche.

    2. @ Yvan :
      Arf … Un humour qui grince à force de constater cet état de fait.
      En fait, j’ai justement pensé à La Pravda car ceux qui la lisaient en venait par déduire par l’inverse des propos tenus la réalité des choses en Union Soviétique !!
      Tout à fait surprenant. Ou même de repérer dans d’autres rubriques des éléments de véracité ‘dissimulés’ aux béotiens.

      Votre propos est donc tout à fait vérifié concernant  » ‘mame christine » et un peu effrayant : nous sommes en train d’effectuer un retour vers le passé.

      Cordialement.

  23. Petite question : si la Grèce fait néanmoins un défaut de paiement (comme tant d’autres pays auparavant), soit parce que le bail-out proposé n’est assez ‘dimensionné’, soit que pour ‘x’ raisons (notamment allemandes), celui-ci ne puisse pas se mettre en place, soit un mix, qu’advient-il de la dette grecque détenue par les banques, puisqu’une bonne part de celle-ci est détenue par ces banques (en particulier étrangères) ?
    Précision : la question n’est pas de savoir s’il faut angoisser pour ces banques (et encore moins pleurer sur leur sort) mais bien de savoir si un autre bail-out, d’un autre type celui-là, de la part des états dont les banques sont ressortissantes (je pense, EVIDEMMENT, aux banques françaises) est possible.

    En clair, face au risque systémique, bancaire cette fois, est-ce ‘possible’ ?
    Dans le cas de l’Argentine, est-ce que cela a été le cas (banque US avec bail-out du trésor américain par exemple) ?

    1. @Zebu: Pure merveille, merci, à ajouter au betiisier de la crise, les impressions soleil couchant de Mme Lagourde, ne l’ oublions pas la meilleure ministre des Finances de l’Eurzone 2009. Vous y ajoutez
      dans le cas de cet hebdomadaire son bloggeur économiste-historien-philosophe et TWIST ! Et moi, naivement, vu de l’etranger, qui pensait que la Vérité sortait du petit point, bien équipé aussi

    2. Classique jeu de la patate chaude. Les privés la passent aux publics, qui vont essayer de la refiler aux privés (en faisant défaut et en restructurant leur dette)…qui vont devoir être renfloués par les publics !

  24. Une question concernant la croissance, parce que le FMI révise ses prévisions à la hausse pour 2010 :

    Peut-on parler de croissance à crédit, pour résumer ?

    N’est-il pas illégitime de parler d’une croissance si celle-ci est inférieure au déficit public, et a l’endettement privé ?

    Si la croissance est de 1% et l’endettement de 3%, la croissance n’a-t-elle pas été financée par l’endettement ? En conséquence lorsqu’on rembourse le crédit, la récession est de 2%, donc au minimum on ne devrait jamais parler de « croissance » sans lier cette variable au déficit et au crédit…

    Plus généralement je me demande si la croissance globalement est possible… Elle doit bien exister puisque la population humaine augmente, mais je ne m’explique pas son financement. merci, l

    1. Vous obliez que la croissance « négative » lagardienne a pour corollaire probable la dette « positive ».
      Lagarde n’emploie pas de guillemets.

    2. Il arrive que les sociétés annoncent des profits sans magouille de mise hors bilan, non ? (ça arrive encore quelquefois…)
      C’est bien que la valeur ajoutée a été créée et vendue.
      Qu’il faille réinvestir tout le temps et qu’on succombe (déficit) irrégulièrement à la loi des rendements décroissants, ça arrive aussi; C’est quand il y en a beaucoup (comme disait l’autre) qu’il y a un problème.

      L’actuel « liquidity trap » dont parle Krugman me semble un modèle du genre. Peu de plus-value « saine » en vue (par investissement dans la production ou R&D) pour des masses de capitaux pas encore cramés, (ou pour de l’argent disponible à loyer vraiment pas cher, en gros ca revient au même), donc refuge dans les jeux de mikado (de « Ponzikado ») de la finance et des banques.

      En simplifiant certes

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