L'actualité de la crise, Εμπρός (en avant !), par François Leclerc

Billet invité.

Εμπρός (en avant !)

Le gouvernement grec fait preuve d’un incontestable sang-froid et d’une impressionnante maîtrise de la situation. Après avoir refusé de céder à l’affolement – et de continuer à le faire dans l’adversité – il continue de jouer la montre afin de négocier au mieux les aides dont il a besoin.

Dans un premier temps, il a considéré qu’il fallait calmer le jeu avec le gouvernement Allemand et lui laisser le temps de se retourner. Ce qui l’a amené à procéder à de modestes émissions à court terme, afin de joindre les deux bouts, quitte à payer le prix fort dans l’immédiat. Aujourd’hui, alors qu’il vient de renouveler avec succès ce type d’opération – et que son taux obligataire à 10 ans a atteint 7,8% – il déclare pouvoir faire face à ses prochaines obligations de refinancement de sa dette, d’ici à la fin mai, quitte à utiliser des bouts de ficelle.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le temps joue sans doute en faveur des grecs. Non seulement parce que cela lui laisse le temps de négocier avec ses partenaires européens, dont l’Allemagne qui renâcle toujours à intervenir et bloque tout le dispositif, ainsi qu’avec le FMI dont on comprend que pour de multiples raisons (dont de prochaines échéances électorales françaises) il ne va pas faire le difficile, mais aussi parce qu’il a dans ses mains une arme redoutable : après moi le chaos  ! La Grèce est actuellement, à son corps défendant, le rempart de l’Europe contre l’extension à d’autres de ses pays de la crise. Ce qui risquerait d’être explosif dans le contexte actuel.

Tandis que Axel Weber, le président de la Bundesbank, agite sous les yeux de l’opinion allemande le repoussoir d’une aide à la Grèce dont le montant ne cesserait d’augmenter (ce que rien ne fonde à ce jour, le montant de 80 milliards d’euros au total ayant été rendu public par les Grecs dès le départ), Olivier Blanchard, le chef économiste du FMI, tient un tout autre discours, expliquant que prêter à la Grèce à des taux trop élevés rendrait son redressement impossible. « La détérioration budgétaire due à la crise a changé la nature du risque. Il est du côté de la dette publique et d’un cercle vicieux entre explosion de la dette et augmentation des primes de risque et des taux d’intérêt », a-t-il expliqué dans Le Monde.

Où est le faucon, où est la colombe  ?

La coalition allemande au pouvoir continue d’engager toute l’Europe dans une impasse.

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57 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise, Εμπρός (en avant !), par François Leclerc »

  1. Mais n’oubliez pas cette déclaration-recueillie allors qu’il état hospitalisé en début de semaine dernière ces propos de W. Schauble, le ministre des Finances allemand ( l’interview est parue dans Der Spiegel papier hier )

    We cannot allow Greece to turn into a second Lehman Brothers , position qui contrate avec le silence-radio auto-imposé au gouvernement allemand avant l’échéance des élections sénatoriales en Nordrhein-Westfalen

    Par ailleurs, autre imbroglio, la plainte du groupe d’économistes emmené par Joachim Starbatty sur l’inconstitutionnalité de toute aide allemande à un autre pays membre a été déposée devant la
    Cour Constitutionnelle Allemande de Karlsruhe…

    1. Je ne suis pas de près la situation politique allemande, mais pense que l’on peut s’interroger sur la viabilité de la coalition gouvernementale actuelle, dont les contradictions ne semblent refléter des failles plus profondes dans le pays.

    2. L’actualité confirme votre jugement: les Conservateurs et les Libéraux s’opposent aux intentions
      de Herr Schaüble; le débat se déplace vers le Bundestag demain. Après l’affaire de l’EMU, les
      relations entre le ministre des Finances et la chancellière continuent à se tendre.
      Les autres ministres de la coalition, Westerwelle aux Affaires Etrangères, et Guttenberg à la Défense sont aussi vivement critiqués. Une coalition qui boite bas..

  2. « La Grèce est actuellement, à son corps défendant, le rempart de l’Europe contre l’extension à d’autres de ses pays de la crise. » : je n’y crois pas trop, cf. le « fil rouge » de Paul. Si les spéculateurs ne gagnent pas sur la Grèce, ils vont se tourner vers d’autres cibles sans attendre une éternité. Aussi difficile de retenir la spéculation qu’une fuite d’eau : les liquides, ça s’infiltrent partout.

    1. Les accalmies précédent parfois des tempêtes. Ce n’est, j’en suis bien d’accord, qu’une rémission.

      Le FMI, dans son rapport semestriel, écrit : « La reprise économique ayant gagné en vigueur, les menaces pesant sur la stabilité financière mondiale se sont atténuées, mais les craintes que suscitent les risques souverains des pays avancés pourraient compromettre les progrès enregistrés sur le plan de la stabilité et prolonger le marasme du crédit ».

      Il poursuit ainsi: «  »La montée en flèche des besoins de financement souverain risque de se heurter à une offre de crédit limité, de pousser les taux d’intérêt à la hausse et d’aggraver les tensions de financement pour les banques »

    2. Avec un chômage qui ne décroit pas et un crédit toujours restricfif, où est la reprise ? Serait- ce plutôt la méthode coué des officiels pour soutenir la consommation, seul moteur encore en vigueur à ce jour ?

  3. Une importante réunion sur la situation financière de l’Europe devait se tenir en Grèce, avec l’ensemble. des responsables Européens.

    En fonction des conditions atmosphériques (nuage de cendres), et pour des raisons pratiques il a été décidé leur acheminement en un seul vol à partir de Bruxelles.

    Compte tenu de l’importance et de l’urgence de la réunion, la chancelière Allemande a insisté pour que l’on tente une quatrième approche afin de se poser sur l’aéroport d’Athènes, malgré le brouillard et la panne de L’ILS.

    1. Par ailleurs, les compagnies d’aviation, les aéroports et les tour opérateurs viennent de décider de présenter à l’Islande leur petite addition, majorée de 500 millions d’euros par jour (coût estimé par la banque RBS de l’absentéisme au travail, en raison du blocage des salariés hors de leurs pays).

      « Les pollueurs sont les payeurs » proclame dans toutes les langues de l’Union européenne une banderole fixée sur la tour de contrôle des principales plate-formes européennes, à l’initiative un peu tardive de la Commission de Bruxelles.

    2. Le « défaut » icelandais à sauver les banques par l’état etait en faits le début prémonitoire d’une longue litanie. C’est d’ailleurs amusant car les icelandais sont, parait-il les inventeurs de la saga. On peut lire à ce sujet les aventures de Njalls le brulé qui est très édifiante au regard de ce qui se passe (c’est une suite de vandetta et donne un éclairage sur la démocatie icelandaise).

    3. Ha .. !
      Un nouveau CDS vient d’être créé sur la baisse de l’activité du volcan.

      Un banquier de wall street découvrant le nuage aurait déclaré, effondré : « Mais pourquoi brûlent-ils autant d’actifs toxiques en même temps..?? »

  4. A prix fort :
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/04/20/04016-20100420ARTFIG00558-la-grece-leve-195-milliard-d-euros-a-prix-fort-.php

    3,65% contre 1,67% en janvier dernier …

    C’est clair que les soldes pour les ‘investisseurs’, c’est pas tous les jours !!
    « En mai, fait ce qu’il te plait » (offre de dicton uniquement valable pour investisseurs).

    Et après le volcan islandais d’enfumer en avril, ce sera le tour de la NBG d’exploser en mai.

  5. Manuel Barroso, président de la Commission européenne, vient de reconnaître que le taux de 5% prévu pour les prêts bilatéraux du plan de sauvetage était trop élevé, mais qu’il n’y a avait pas eu d’autre solution.

    D’Athènes, on apprend que les négociations avec l’équipe FMI-Union européenne, qui vont débuter demain mercredi, sont prévues pour durer deux semaines et pourraient aboutir à définir… un cadre général.

    10 milliards d’euros restent à trouver, d’après le ministre grec des finances, d’ici à la fin mai.

  6. Quand les banques ont failli craquer, on nous a dit il faut absolument les aider sinon c’est le crack général – chantage ! Aujourd’hui que la Grèce est en difficulté, on nous dit il faut sauver le soldat grec sinon c’est l’€ qui trinque – chantage ! Va t-on en sortir ?

    Par ailleurs, à qui reproche t-on d’être un mauvais coucheur ? A ceux qui ont fait des efforts, à ceux qui essaient d’être sérieux, les Allemands. C’est injuste. Ne faut il pas balayer devant notre porte ? Je ne comprends pas que l’on montre nos amis allemands du doigt comme cela, c’est insupportable. Je ne dis pas qu’ils sont parfaits, je dis : regardons la poutre qui est dans nos yeux ……

    1. Attendez, Didier. Arrêtez-vous 5 minutes pour réfléchir. Et je ne dis pas par là que vous manquez de réflexion.

      NOUS sommes TOUS pris en otage par l’argent. Et donc, son prêteur !!!!!

      Essayez donc de ne plus gagner d’argent. (d’ailleurs, avec la montée du chômage, ça devient une mode tendance prime time freedom… )

      Avez-vous déjà essayé de vivre (soit boire, manger et se trouver un abri chauffé) sans AUCUNE rentrée d’argent…??
      En Afrique, les gars font ça tous les jours sans avoir besoin de chauffage. (quoique.. les nuits sont TRES fraiches)

      Vous verrez que les bonnes vieilles habitudes s’en trouvent « légèrement » bousculées.

      Bien (matériellement) votre.

    2. Je saisis votre point de vue Yann mais ce n’est pas tant l’argent que je visais dans mon commentaire que les situations créées par les banques, par exemple, et qui font qu’un rapport de force assimilable au chantage est en place. A certains égards, l’Allemagne est aussi dans le piège puisqu’on lui dit : si tu n’aides pas la Grèce, c’est l »édifice européen qui est en cause !

  7. Mon interprétation est la suivante à propos de la Grèce :

    1- la dette publique grecque s’est emballée ;

    2- à Athènes, plus personne ne contrôle quoi que ce soit.

    Plus les jours passent, plus la Grèce doit emprunter sur les marchés internationaux à des taux d’intérêt de plus en plus élevés.

    Plus les jours passent, plus la Grèce se surendette.

    – Emprunt à 3 mois :

    En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,67 %. Mardi 20 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 3,65 % !

    – Emprunt à 6 mois :

    En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,38 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,55 % !

    – Emprunt à 12 mois :

    En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 12 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 2,20 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,85 % !

    – Emprunt à 10 ans :

    Mardi 20 avril, le taux de l’obligation à 10 ans a battu tous les records : il est à 7,851 % !

    Romandie

  8. L’Allemagne rechigne. Pourtant la KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau), institution d’état, a émis dans diverses devises rien que pour cette première quinzaine d’avril pour quelque 3.500 milliards d’euros sur le marché international. Pourquoi ?

    1. Arrêtez de lire de la propagande officielle, vous aurez moins de surprises. Depuis des semaines on dit sur ce blog que ça va péter pour la Grèce. Paul Jorion le disait il y a déjà des mois.

    2. Mais oui, « rien ne va plus, les jeux sont faits » !
      Le casino est ouvert depuis plus de 40 siècles, et vraisemblablement depuis beaucoup plus longtemps.
      Avez-vous entendu parler d’une fermeture administrative de l’établissement pour bientôt ? Moi pas.
      Suffit d’attendre un peu que le tapis soit clair et vous assisterez aux prochaines mises. D’ailleurs des nouveaux joueurs aux yeux bridés viennent juste d’entrer …….pas moyen pour le physionomiste de s’y retrouver.
      Et à supposer une règlementation contraignante demain, ces nouveaux joueurs ont la pratique des tripots d’Asie……..

  9. que veut dire « la coalition allemande conduit l’Europe dans une impasse »?
    Faut-il néglier le fait que les fortunés grecs sont tous fraudeurs et ne payent pas d’impôts, encore moins que les fortunés des autres pays d’Europe?
    Faut-il que ce soient les contribuables européens autres que grecs qui se substituent à l’insuffisance de recettes du gouvernement grec à cause d’une corruption générale?
    Faut-il sauver l’Euro en l’état et pour quoi faire?
    Au fond, l’Euro est une monnaie inadaptée à la situation grècque, moins productive que le nord de l’Europe. l’Euro est une monnaie trop forte pour la Grèce et trop « faible » pour l’Allemagne.
    Il me semble qu’un divorce monétaire ne serait absolument pas grave et coûterait moins cher à tout le monde, il suffirait juste de déchirer les contrats d’union monétaire, c’est tout!

    1. « Il me semble qu’un divorce monétaire ne serait absolument pas grave et coûterait moins cher à tout le monde, il suffirait juste de déchirer les contrats d’union monétaire, c’est tout! »

      Cela est bien vu et bien dit. Cela est frappé du coin « du bon sens ».

      Mais voyez vous, mon bon monsieur, votre remarque ignore un fait capital: Ce n’est plus le bon sens, le sens des « réalités vraies » qui dirige nos politiciens depuis des lustres. C’est l’idéologie !
      Le peuple ne demande plus du pain et du cirque: Il veut du rêve, encore du rêve, toujours plus de rêve idéologique. Et pour faire rêver « les masses », ils faut les pousser à croire en une idéologie, quitte à en changer en cas de besoin.
      Surtout pas les inciter à vérifier les faits.
      La crédulité des peuples, mon bon monsieur, est proprement insondable, c’est leur raison de vivre.
      Voulez-vous enlever « aux masses » leur folles espérances ?
      Personne me semble t-il n’a questionné Cassandre sur les remparts de Troie concernant les raisons de l’espérance folle des peuples !

    2. Johannes

      Pourquoi nous dites-vous « Faut-il que ce soient les contribuables européens autres que grecs qui se substituent à l’insuffisance de recettes du gouvernement grec à cause d’une corruption générale? »?

      Les Etats européens « sages », eux, empruntent à du 3% et vont reprêter à la Grèce à du 5%. Ce n’est pas un don mais une bonne affaire à moyen terme. Evidement, ce n’est pas aussi juteux que pour les banques privées qui empruntent à du 0,5% à leur Banque centrale et reprêtent à la Grèce à du 7%. Mais c’est plutôt une preuve de sagesse et de solidarité win/win des Etats, non?

    1. Puisque vous désirez qu’on vous dise ce que vous devez penser, je vais me dévouer.

      1) ca vaut la peine de regarder zerohedge, on peut y trouver des données et des idées que l’on ne trouvera pas ailleurs

      2 quant à leurs analyses, elles sont souvent d’une consternante imbécilité

  10. .. et depuis, dans quel états sont les banques grecs, la confiance s’envolant avec les coffres se vidant à vitesse grand V. Je ne serais pas étonné d’apprendre un de ces quatre matins la faillite d’une de ces banques grecs sans le sou ..

    1. croyez pas si bien dire …

      En prenant comme référence les cotations de la NBG (National Bank of Greece), entre le 05/03/10 et aujourd’hui, on obtient -17,8%.
      Mais ce n’est rien en comparaison avec le 01/01/10 : -29,83% !
      NBG a pratiquement perdu tout ce qu’elle avait retracé depuis fin 2008/début 2009, où la cotation était tombée à moins de 10€, pour remonter à plus de 25€.
      Avant la crise, courant 2007, l’action s’étalonnait aux environs de 45€. Une valeur sûre alors …

      Tout ça pour dire que si ça continue (et hors un bail-out, what else), on se rapproche des pires niveaux de la crise fin 2008.

      Or NBG représente 36% des cotations bancaires de la bourse d’Athènes et 13,4% de l’indice (première valeur, devant Coca-Cola Grèce). Quid de la bourse d’Athènes si la valeur continue ainsi sa chute ? Et quid des autres bourses en Europe ?

      Cotation NBG

  11. L’Allemagne fait cavalier seul sur l’échiquier européen (et même au-delà), il s’agit pour elle de faire des affaires, d’agir « dans l’intérêt du peuple allemand ». Je pleins les euro-romantiques en France et ailleurs, leurs sentiments ne correspondent plus au goût du jour. C’est aussi le cas de la Grèce. Il parait que l’Allemagne aurait donné son accord pour une aide éventuelle en échange d’un achat de plusieurs sous-marins par la Grèce (alors qu’elle est endetté jusqu’au cou), pour lequel le gouv. grec aurait donné son accord. Afin de se débarasser de cette affaire, la Grèce serait ouverte à une proposition du gouv.pakistanais qui aurait manifesté son désir de les reprendre.

  12. Jean Quatremer écrit à propos du plan d’aide à la Grèce :

    Le problème est que Berlin ne semble pas vraiment décidé à activer ce plan, face à l’hostilité de son opinion publique et par crainte du tribunal constitutionnel de Karlsruhe. Ce dernier pourrait le juger contraire au traité de Maastricht, qui interdit qu’un Etat membre assume la responsabilité des dettes de l’un de ses partenaires (clause de non-sauvetage). Un professeur d’économie, opposant de longue date à l’euro, a d’ailleurs annoncé qu’il allait saisir le tribunal. Or, les arrêts récents des juges constitutionnels allemands ont marqué une évolution souverainiste pour le moins inquiétante, ce que savent les marchés, d’où leur certitude que la Grèce fera bien faillite…

    Pour ne rien arranger, selon la presse anglo-saxonne, Axel Weber, le patron de la Bundesbank, aurait affirmé, lors d’une réunion à huis clos avec des parlementaires allemands, que les besoins de la Grèce n’étaient pas de 40 ou 45 milliards, mais de 80 milliards d’euros, car sa « situation empire et les chiffres changent tout le temps ».

    Liberation

    1. Quatremer serait bien avisé de ne pas dire tout et exactement son contraire à quelques jours d’intervalle. Sa crédibilité serait également plus assise s’il ne sortait pas des énormités comme récemment où il imputait à Kaczinsky l’engagement de la Pologne dans l’aventure US en Irak(2003 pour mémoire) , l’accord sur les vols de la CIA(2002) et la fracture consécutive de l’UE alors que feu le président n’est aux affaires que depuis….2005!!!! Pas très sérieux.

      Quant aux 80mds € ? Les Grecs ont annoncé ce chiffre depuis le début. F. Leclerc explique ça bien mieux que moi dans un des posts plus haut.

    2. +1.
      Pour certains blog, c’est l’écume des jours. Pour d’autres, c’est Voyage au centre de la terre.

  13. Je reprends l’article de Liberation concernant la plainte de l’économiste allemand contre le plan d’aide à la Grèce.

    Cette plainte émane de l’économiste allemand Joachim Starbatty. Cette plainte rappelle qu’un Etat membre de l’Union Européenne ne peut pas se porter garant d’un emprunt d’un autre Etat.

    Autrement dit : les 15 pays de la zone euro NE peuvent PAS garantir un prêt à la Grèce, puisque c’est interdit par le traité de Lisbonne.

    Je recopie l’article 125 du traité de Lisbonne :

    « Un État membre ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un autre État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique. »

    Je parie une choucroute que la cour constitutionnelle allemande va interdire à l’Etat allemand de garantir un prêt à la Grèce.

    1. Choucroute tenue. Mais à la Taverne Paillette au Havre.
      Et je choisis celle-là car je viens d’aller comparer avec celles d’Alsace…

      La Grèce ne peut pas changer de monnaie en 5 minutes, et..
      L’Allemagne ne peut pas se permettre de laisser couler l’Euro.

      Les jeux sont faits. Rien ne va plus.

    1. Ce plan d’aide à la Grèce est complètement pipeau.

      Concrètement, qui devra prêter combien ?

      Prenons par exemple les quatre pays qui devront prêter le plus.

      1- L’Allemagne devra prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.
      Si le prêt est de 80 milliards d’euros, l’Allemagne devra prêter 22,336 milliards d’euros à la Grèce.

      2- La France devra prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.
      Si le prêt est de 80 milliards d’euros, la France devra prêter 16,776 milliards d’euros à la Grèce.
      Vous avez bien lu : la France devra prêter 16,776 milliards d’euros à la Grèce.

      3- L’Italie devra prêter 18,42 % du prêt total.
      Si le prêt est de 80 milliards d’euros, l’Italie devra prêter 14,736 milliards d’euros à la Grèce.

      4- L’Espagne devra prêter 12,24 % du prêt total.
      Si le prêt est de 80 milliards d’euros, l’Espagne devra prêter 9,792 milliards d’euros à la Grèce.

      Avec quel argent les Etats européens prêteront-ils à la Grèce ces 80 milliards d’euros ?

      Avec quel argent ?

      Conclusion : les dirigeants européens sont en train de nous jouer du pipeau. Les Etats européens ne prêteront pas 80 milliards d’euros à la Grèce car ils sont eux-mêmes surendettés.

  14. Les taux longs grecs (10 ans) ont atteint ce mercredi matin 8,262%.

    Ceux des Portugais ont grimpé à 4,792%.

    Les cours du blé, du soja, du maïs et du pétrole ont baissé hier à Chicago, en raison des poursuites engagées contre Goldman Sachs (gros opérateur sur ces marchés).

    Les actions des banques françaises ont dévissé ce matin à la Bourse de Paris, suite à l’annonce de projets de taxation des banques.

    Ces financiers sont de grands émotifs.

    1. Tout à fait.
      Alors qu’il leur suffirait de prendre un grand bol de blé, de soja et de maïs dès le matin, suivi d’une lampée de pétrole, pour que ceux-ci retrouvent paix et sérénité (Maître Dong !).
      🙂

  15. Mercredi 21 avril 2010 :

    A 18H00, le rendement des obligations grecques était à 8,086 %, contre 7,851% mardi soir. Il a atteint en séance 8,3 % alors qu’il évoluait autour de 6,3 % il y a à peine un mois.

    Le différentiel (« spread ») avec l’emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s’élevait à 501 points de base en fin de journée contre près de 520 en séance. Il était à 476 points mardi soir.

    Sur le reste du marché obligataire en Europe, les pays périphériques, dont le Portugal, ont souffert dans le sillage de la Grèce.

    Les taux longs portugais ont grimpé à 4,711 %, contre 4,616 % mardi soir, faisant craindre une contagion de la problématique de dettes souveraines à d’autres pays de la zone euro.

    Romandie

    Lundi 12 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
    Mardi 13 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
    Mercredi 14 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.
    Jeudi 15 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,123 %.
    Vendredi 16 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,366 %.
    Lundi 19 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,618 %.
    Mardi 20 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,851 %.
    Mercredi 21 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 8,086 %.

    La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

    D’autres Etats européens la suivront.

    1. C’est normal. Les « crédits » ne seront jamais remboursés, ils seront comptabilisés dans la rubrique « cadeaux », la Grèce est un tonneau sans fond. D’autant plus que la Grèce est un pays à faible structure industrielle. Rembourser les dettes plus intérêts en exportant des raisins secs et des olives? En euro? 🙂

    2. Seules solutions pour la Grèce (et les pays qui vont suivre…):
      1 – Quitter la zone euro et rembourser sa dette en drachmes (au taux auquel le drachme a été arrimé à l’euro)
      2 – Faire monétiser, sans intérêt, tous les titres de dette présentés lors de leur arrivée à échéance, par la BCE ou de BNG (banque nationale Grecque)

      Ahhh, j’oubliais une autre solution: diviser tous les revenus grecs par 2

    3. @ Vincent Wallon
      Si vous mettez « second degré » en rapport avec l’ironie, vous tombez juste. La meilleure solution, la plus logique et la plus saine pour la Grèce serait l’abandon de l’euro. Ca viendra peut-être, mais certaines puissances européennes donnent (encore) la préférence aux refléxions géostrategiques. Pour l’administration bruxelloise, ce serait un vrai désastre, une déclaration de faillite concernant leur politique et même leurs institutions.

    4. @germanicus

      Merci pour la réponse. Oui, je parlais bien d’ironie en employant de manière imprécise second degré. Je vérifiais juste car certains ont ce genre de discours sérieusement. 😉
      Amicalement.

  16. Il y a un parallèle du « couple » greco-allemand marié par l’euro, et depuis des lustres :
    c’est l’Italie, dont le Nord et le sud se comportent grosso modo comme Allemagne et Grèce.

    Avec des taux de corruption gigantesques au sud de l’Italie.

    Mais le pays tient assez bien (pas super bien, soit) structurellement, ce n’est pas une ligne de fracture, malgré les menaces des « padaniens ».

    En faisant de la géopolitique à six sous, on voit quand même là que l’isolement de la Grèce derrière les Balkans n’est pas un cadeau. Dès que les troubles dans les balkans s’étaient envenimés (1992-1995), je m’étais dit qu’on construisais là un « pot-au-noir » économique, pour trente ans, qui ne se comblerait pas comme ça.

    Si la Grèce ne trouve pas sa « Padanie » à qui s’atteler, c’est en quelque sorte aussi parce que « nos » guerres des Balkans l’ont isolée. Trop loin de l’Allemagne ou des centres susceptibles de tisser des formes d’exploitation (un tant soit peu réciproques quand même).
    C’aurait été un vague mérite de l’UPM (Union pour la Méditerranée) de renforcer les ancrages de pays comme la Grèce avec tous leurs voisins (Turquie, Afrique du Nord,…), mais l’élan visionnaire se caractérisant surtout par le besoin de douches sur mesure au Grand Palais, on devine que l’initiative a eu tout l’effet d’un zéphyr sur la dérive des continents.

    Drole de drachme (on l’a déjà faite, certes)

  17. Les estimations de déficit de la Grèce pour 2009 ont été revues à la hausse jeudi par Eurostat, qui prévoit désormais qu’il s’établira à 13,6 %, contre 12,7 % prévus jusqu’à maintenant.

    L’organisme de statistiques européen prévient par ailleurs que ce chiffre pourrait encore se creuser en raison des incertitudes liées aux données communiquées par Athènes et en fonction notamment de l’évolution des comptes de la sécurité sociale grecque.

    Cette révision des estimations de comptes publics grecs risque de tendre un peu plus les marchés, alors que le gouvernement grec s’est engagé en février à réduire son déficit de 4 % dès 2010 pour le porter à 8,7 %.

    Sa dette devrait quant à elle s’établir à 115,1 % du produit intérieur brut.

    « Eurostat exprime des réserves sur la qualité des données communiquées par la Grèce. Lorsque l’enquête qu’Eurostat a engagée en coopération avec les autorités de la statistique grecques sera terminée, cela pourrait conduire à une révision pour 2009 comprise entre 0,3 et 0,5 % du PIB pour le déficit, et de 5 à 7 % pour la dette », est-il indiqué dans un communiqué.

    Reuters

    Qui croit encore que le déficit grec sera ramené à 8,7 % du PIB en 2010 ?

    Qui croit encore que le déficit grec sera ramené à 2,8 % du PIB en 2012 ?

    Qui croit encore à tout ce que nous ont raconté les dirigeants européens, les ministres des Finances européens, les gouverneurs de la Banque Centrale Européenne, les membres de la Commission Européenne, lorsque tous ces beaux messieurs nous ont expliqué que le déficit grec sera ramené à 2,8 % du PIB en 2012 ?

    Qui croit encore à tout ce que nous ont raconté les dirigeants européens, les ministres des Finances européens, les gouverneurs de la Banque Centrale Européenne, les membres de la Commission Européenne, lorsque tous ces beaux messieurs nous ont expliqué que le plan de réduction du déficit grec était crédible et réalisable ?

    Qui les croit encore ?

    Il n’y a que trois possibilités :

    1- Est-ce qu’ils croyaient eux-mêmes à toutes ces foutaises ?

    2- Ou alors est-ce qu’ils faisaient semblant d’y croire ?

    3- Ou alors est-ce qu’ils nous prennent pour des cons ?

    1. Je dirais que les autorités cachet au public une grande partie de la vérité. L’une de l’ensemble des vérités: il s’agit (une fois de plus) de sauver les banques, francaises et surtout allemandes, ou plus précisement leurs options en Grèce.

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