L'actualité de la crise, des "cost-killers" à l'européenne, par François Leclerc

Billet invité.

DES « COST-KILLERS » A L’EUROPEENNE

Dans l’attente du sommet européen qui débutera demain jeudi, et qui sera éventuellement précédé par une réunion des 16 (l’eurozone) convoquée à la toute dernière minute à la demande des Espagnols et des Français, les négociations se poursuivent dans les couloirs à propos de l’aide financière à apporter à la Grèce.

Alors que la note du Portugal vient d’être abaissée par l’agence Fitch – signe précurseur d’une extension à d’autres pays de la crise européenne, que tout le monde craint en courbant les épaules – et que le chancelier Alistair Darling vient de rendre public un projet de budget britannique repoussant à 2011 les mesures de rigueur budgétaire, qui risque d’être plus mal accueilli par les marchés que par les électeurs. Dans le contexte d’un euro qui continue de s’enfoncer par rapport au dollar et d’une livre toujours malmenée.

Le sujet officiel initial de ce sommet – les perspectives économiques de l’Europe – est déjà totalement oublié, car une seule question est désormais présente dans tous les esprits : jusqu’où est prêt à aller le gouvernement allemand en manifestant une telle intransigeance vis à vis des Grecs ? Celle-ci est-elle principalement le reflet de ses préoccupantes échéances électorales immédiates ? Ou bien exprime-t-elle une vision construite de l’avenir ? Amenant à de plus en plus prêter à l’Allemagne, en dépit de ses dénégations, l’intention de vouloir faire cavalier seul afin de tirer son épingle du jeu, en vertu d’une sombre analyse des perspectives globales de l’économie occidentale.

De la discussion sur l’opportunité d’une aide financière à la Grèce, on est donc vite passé à une autre – longtemps sous-jacente et feutrée – à propos du rééquilibrage de l’économie européenne et de la nécessité d’engager une réflexion, non seulement sur sa gouvernance économique, mais aussi sur la politique générale à suivre. Mettant en avant la crainte que les pays de l’eurozone ne s’engagent dans une récession économique, si les mesures de rigueur préconisées par les Allemands devaient être suivies sans plus de souplesse. Proposant, au contraire, que ceux-ci réorientent leur stratégie de croissance afin de l’appuyer davantage sur leur marché intérieur et de jouer ainsi l’Europe.

Devant la réaction de Berlin, on a compris que les réserves que les Allemands avaient initialement manifestées à propos d’un approfondissement de la gouvernance économique européenne masquaient en réalité un désaccord profond sur la politique à suivre. Il est progressivement apparu qu’ils étaient sans doute prêts à tailler dans le vif, en vue si nécessaire d’aboutir à une reconfiguration restreinte de la zone euro, sous leur leadership et afin d’appliquer leurs orientations. Qu’ils n’envisageaient pas d’appuyer la croissance par des mesures en faveur de la demande, en Allemagne comme en dans la zone euro, mais qu’ils voyaient leur salut dans la reprise de leurs exportations assortie de la rigueur budgétaire pour tous.

Un compromis sera peut être in fine négocié en cette fin de semaine, ou bien dans quelques jours, mais il ne fera au mieux que masquer une fêlure qui a toutes les chances de s’approfondir rapidement. Car, dès demain, il risque d’être nécessaire d’apporter à nouveau un soutien financier à d’autres pays de la zone euro, à leur tour fortement malmenés par les marchés, et la question de la mise au point d’un dispositif financier général sera à nouveau posée, avec le risque qu’il soit alors constaté que celui-ci est définitivement hors de portée. Le résultat sera alors que les gouvernements des pays les plus faibles devront se refinancer dans des conditions de plus en plus onéreuses, rendant la perspective d’un retour dans les clous – le respect des critères de Maastricht – encore plus incertaine et douloureuse socialement. Car, ainsi que l’a fait remarquer à juste titre le premier ministre Grec, ce sont les marchés qui vont dans ces conditions se servir en premier et bénéficier des plans de rigueur budgétaire destinés à résorber le déficit et la dette. Ces pays n’auront d’autre choix que de sortir de la zone euro, afin de pratiquer une dévaluation compétitive, dont les effets seront ce qu’ils seront, en retrouvant l’usage de leur monnaie dans des conditions acrobatiques.

Après avoir engagé le mécanisme de la crise grecque, en annonçant qu’elle n’accepterait plus prochainement en garantie des obligations notées en dessous de ses critères d’acceptation habituels, la BCE vient de faire machine arrière en évoquant la possibilité que cette mesure soit modulée suivant les pays. Poursuivre dans ses intentions aurait en effet inévitablement amené l’effondrement du système bancaire grec, qui n’aurait plus eu la possibilité de se financer auprès de la BCE en lui apportant des obligations d’Etat, avec des conséquences en domino pour les banques Allemandes et Françaises. Cela n’augure nécessairement rien de bon du point de vue du sauvetage de l’Etat.

L’Europe a eu le privilège d’être en première ligne par rapport à la crise de la dette publique. Mais nous ne sommes qu’au tout début de la partie. Ayant abdiqué de toute velléité de régulation financière, et se préparant à continuer de le faire, les gouvernements occidentaux ne savent plus comment se dépêtrer de la situation dans laquelle ils se sont eux-mêmes fourrés en voulant sauver un système financier qui ne leur renvoie pas l’ascenseur et se révèle incapable de redonner un moteur à la croissance qu’ils attendaient. Pour ne donner qu’un seul exemple de la situation inextricable dans laquelle se trouve la première puissance mondiale (et la plus endettée), Tim Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor américain a déclaré hier que la réforme de Fannie Mae et Freddie Mac, qui tiennent à bout de bras le marché secondaire des titres hypothécaires (ils financent les organismes prêteurs) attendrait des jours meilleurs et qu’en attendant le gouvernement continuerait de les financer sans aucune limite. Ce qui augure mal, entre autre, de la réduction future du déficit américain.

On apprenait au sujet du financement de la dette publique, cette semaine, qu’une grande réunion avait été organisée entre les banques centrales et les fonds souverains, afin d’inciter ces derniers à acheter davantage d’obligations d’Etat et de soulager d’autant la pression sur les taux que les marchés exercent. Les rendements des T-bonds américains venant en ce début de semaine de faire des bonds remarqués, passant pour les bons à dix ans à 3,829% contre 3,680% et à 30 ans à 4,721% contre 4,598%. Les résultats de cette réunion n’ont pas été rendus publics, mais ils ne peuvent être qu’un maigre pis-aller, illustrant par contre la nécessité devant laquelle sont les gouvernements occidentaux de faire feu de tout bois afin se financer sur les marchés.

Telle qu’elle est désormais assez bien engagée sur ses rails, après que le vote de la commission bancaire du Sénat est enfin intervenu, la loi de régulation financière américaine – qui va faire internationalement largement autorité – ne laisse pas des trous dans la réglementation à venir, mais de véritables gouffres. En l’occurrence à propos de ces instruments magiques, mais qui devraient être maudits, que sont les produits dérivés quant ils sont détournés de leur objectif premiers et dédiés au seul service de la spéculation. Les autres grands dossiers étant soit ignorés (les paradis fiscaux) soit laissés encore de côté, car source de discordes (les hedge funds).

Plus que jamais, les projets de régulation s’inscrivent dans une perspective curative, après avoir abandonné, de fait, l’essentiel des mesures qui auraient du s’inscrire dans une logique préventive. L’idée est, à l’instar en leur temps et avec le succès que l’on sait de la ligne Maginot et du Mur de l’Atlantique, d’élever des obstacles à la nouvelle crise que l’on accepte déjà comme inévitable, ou de prévoir des réserves pour y faire face. Une perspective d’autant plus effarante que l’on est loin d’être sorti de la crise actuelle.

Le sujet du jour, en attendant le lent accouchement des nouvelles normes de capitalisation des établissements financiers par le Comité de Bâle (à propos desquelles les mégabanques bataillent ferme en coulisse afin d’en limiter les volumes et les contraintes), c’est la taxation de ces mêmes établissements par les Etats. Suite à la commande passée au FMI par le G20, qui doit en avril prochain faire à ce sujet des propositions. Les Allemands ont tiré les premiers, ils se préparent à adopter un projet de loi qui reste encore très flou. Car l’enjeu, au-delà d’un principe dont l’impact politique est recherché, est de déterminer l’ampleur de la taxation qui va être mise en pratique. Ainsi que son destinataire. Va-t-il s’agir d’une sorte de fonds d’assurance, dont les critiques font valoir qu’il va être un véritable appel au meurtre et inciter les banques à fauter puisqu’elles seront financièrement couvertes, ou bien d’un fonds géré par le gouvernement et dont l’utilisation sera laissé à sa discrétion, pénalités pour les actionnaires des banques fautives à l’appui ? Combien d’année va-t-il falloir pour que soient réunies, une fois décidés les taux et assiettes de cette taxe, les sommes qui, demain, permettront de faire face à des défaillances majeures d’établissements financiers too big too fail? Une véritable course de vitesse va être engagée à ce propos, un fonds va être abondé d’un côté, les banques vont continuer de jouer au casino de l’autre…

Les Britanniques – travaillistes et conservateurs – ont annoncé vouloir s’engager dans la même voie, les Américains ont en suspens un projet de même nature, les Français ne disent rien de très clair à ce propos (comme d’habitude) et ne sont pas à l’initiative. Mais on peut déjà remarquer que ce projet est en soi un formidable aveu d’impuissance, l’expression d’une parfaite soumission au fatum. Il va pourtant être présenté comme le nec le plus ultra de la régulation financière, au prétexte que les banques fourniront cette fois-ci les financements et que les contribuables n’auront pas à contribuer au prochain sauvetage. Cela tombe bien, car ils n’en auraient de toute façon plus les moyens, le sauvetage en cours les laissant, et avec eux les gouvernements, exsangues. C’est cependant ne pas compter avec la réaction des mégabanques, qui ne l’entendent pas ainsi, et ne sont prêtes à accepter une taxe que si celle-ci est avant tout politique, et donc symbolique.

Deux discussions parallèles sont donc engagées par leurs représentants, à propos de leur future taxation comme des nouvelles exigences en matière de fonds propres auxquels ils vont être assujétis. Dans les deux cas, ceux-ci font valoir avec force que de trop fortes ponctions ou exigences auraient comme effet de les empêcher d’apporter leur contribution au fonctionnement de l’économie…

En attendant le sommet européen de demain jeudi va illustrer l’incapacité des gouvernements à faire face à la crise. Présageant qu’ils ne vont être capables que de se conduire que comme ces cost-killers qui se font dans les entreprises des réputations d’excellent manager en licenciant à tour de bras.

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88 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise, des "cost-killers" à l'européenne, par François Leclerc »

  1. M’enfin un baisse de l’euro c’est une amélioration des exportations. Donc si il faut une crise européene pour en arriver là. C’est pas si mal joué que cela. Ont pourrait voire cela comme un cadeau des européen aux américains ou d’une manoeuvre américaine qui s’est avéré efficace pour le dollar. Allez savoir ?

    1. J’ai tout retourné dans la cave, à la recherche d’un vieux
      « Manuel de modernisation ».

  2. M’enfin si on taxe les banques c’est à nous qu’elles vont le faire payer !
    Par n’importe quel bout qu’on le prenne c’est toujours le quidam de base qui passe à la casserole !

    1. Pour éviter cela il suffit de taxer les banques sur les abus de frais mais quel gouvernement digne de ce nom osera ?

    2. Uns solution radicale serait de les exproprier et de créer un système public unifié généré par les usagers et les employés de ces banques.

  3. Rien de nouveau en perspective, la dette est en train d’être passée progressivement dans les comptes publics, une fois cela fait pas question d’espérer un abandon de créances de la part des représentants des créanciers, pour qui la gestion de la dette est le seul moyen de subsister.

    Pour payer, il faudra vendre des iles, dévaluer la monnaie ou faire la guerre.

    Le cycle « Madoff » se termine. A chacun de déterminer s’il possède des actifs ou des cocottes en papier.

    Quand aux parités euro/dollar/yen/yuan, laissons les commentateurs de la météo sans charger. A un tel niveau de manipulation, il est vain de chercher dans l’actualité les raisons de ses fluctuations.

  4. Bonjour

    A propos de la contribution des megabanques au fonctionnement de l’économie, on peut aussi consulter le blog de michael panzner: financial armageddon: 80% du volume des transactions en bourse aux us sont effectuées par les 5 premières megabanques dont citi…Bien sur c’est du soutien pas de la manip!

    Puisque Paul nous gratifie de temps a autre d’excellents morceaux de musique d’antan, une citation extraite de Jethro Tull à propos du courant d’affaires:
     » Old Charlie stole the handle, and the train he won’t stop now , no way to slow down! »
    (nb: Old Charlie est une appellation propitiatoire du diable en anglais)
    Bonne journée à tous.

  5. En tout cas les exportations allemandes ne sont pas en si grande forme que cela un concessionnaire automobile français de voitures allemandes affiche une perte de 2.5 millions d’euros pour 2009 dans une région où pourtant il ne devrait pas.

    En tout cas force est de constater que l’Allemagne se sert de toute l’Europe pour dévaluer sa monnaie commune l’euro mais qui ressemble de plus en plus à feu le mark avec l’avantage de la sous évaluation en plus.

    Cette monnaie commune est un piège à « cons », voilà en définitive ce qu’est l’euro. Le reste la soupe qu’on nous sert que cela aurait évité des frais supplémentaires ect… ça a surtout permis à la finance de s’enrichir et aux gouvernants de ne pas compter jusqu’à aujourd’hui, ça a surtout permis de délocaliser à bas coût; comme ça a encore permis de rendre les produits hors zone euro plus compétitifs que les produits de la zone ect…
    Donc je le répète : nous nous sommes fait avoir avec l’euro.

    D’ailleurs quand j’allais dans les pays du sud avant l’euro, tout était bien moins cher qu’aujourd’hui
    dans ces derniers.
    Je me souviens d’avoir déjeuner au bord de la mer à 4 vin compris au Portugal avant l’euro pour moins de 200 francs produits frais poisson ect…et pour 100 francs le soir en plus simple.

    1. Alors expliquez-moi pourquoi tous les frontaliers coté Espagne et Allemagne vont faire leur courses hors France…???

      Arrêtez de tout mettre sur le dos de l’Euro. Si l’Euro n’existait pas, les monnaies de certains pays européens se seraient faites attaquer de façon bien plus importante par des financiers qui actuellement, ont faim.

    2. Pour les taxes pas pour les prix, en zone frontalière j’y suis et c’est plus cher qu’avant l’euro sauf pour certaines taxes comme le tabac par exemple.
      Je vais même vous dire que cet été, j’ai trouvé les soldes à Genève moins cher qu’en France, alors que 10 ans auparavant la suisse était très chère par rapport à ce qu’on pouvait acheter en France.
      C’est bien un signe que l’euro a fait augmenter les prix en zone euro pour les pays autre que l’allemagne où il a joué l’inverse, il a dévalué le mark.

  6. Hello everybody,

    Si l’Allemagne doit emporter le morceau dans les négociations en cours, ne risquons-nous pas d’entendre que nous devons nous aligner aussi sur ce genre de choses?

    http://allemagne-et-plus.a18t.net/

    Si oui, ça va être sport

    Allez, bonne journée!

    frédéric

  7. Kost-killer est une désignation socialement totalement injustifiée.

    Le plus souvent ces génies de la bonne gestion ne font que déplacer les problèmes (c’est à dire exclure
    de l »entreprise les personnels travaillant dans les secteurs les moins -immédiatement- rentables).

    Ce ne sont pas des chasseurs de coût mais des destructeurs de valeurs, la cohésion sociale étant une des plus importantes et ceci pour n’importe quel type de société.

    Pour l’heure (et nos malheurs) l’Europe est actuellement bien mal partie.

    1. Tout à fait l’intérêt collectif ne devrait pas se limiter à la somme des intérêt individuels ou même sectoriels.

  8. Je crois qu’il est intéressant de lire l’analyse de Patrick Artus: ‘Les déclarations d’Angela Merkel sont incompréhensibles Nous avons déjà analysé les tendances suicidaires de l’Allemagne : compression totalement non coopérative des coûts salariaux conduisant au recul de la demande intérieure ; croissance basée sur les gains de parts de marché vis-à-vis des autres pays européens sans remise en cause de cette stratégie alors même que les marchés intérieurs de ces pays reculent ; refus de la solidarité avec les pays en difficulté au risque d’une
    part de faire chuter leur demande de produits allemands, d’autre part de créer un problème de crédibilité de l’euro qui fasse monter les taux d’intérêt y compris en Allemagne.
    Il s’y ajoute maintenant la proposition du gouvernement allemand d’exclure de la zone euro les pays qui n’en respecteraient pas durablement les critères. La conséquence de cette proposition serait une appréciation effective réelle forte du taux de change de l’Allemagne, faisant disparaître les bienfaits de la politique de gain de compétitivité-coût.
    L’Allemagne n’est pas seulement non coopérative, elle est aussi définitivement suicidaire.’23.03

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=52277

    En Allemagne, par contre la tactique de la « gaufre »de Mme Merkel est vue comme délibérée… Elle sait que si elle lache sur la Grèce, elle devra ‘lacher du lest’ face à son partenaire de la ‘coalition
    boiteuse’ qui n’a pas le meme sens de l’orthodoxie qu’elle prétend garder comme stratégie.

    1. Eclairages complémentaires :

      1/ Structure géographique du commerce extérieur Allemand.

      L’Allemagne est le premier exportateur mondial mais réalise environ 75% de ses exportations en Europe (60% au sein de l’Union européenne et plus de 40% dans la zone euro). Le Royaume-Uni en absorbe 7% et la France 10%.

      La Chine représente environ 3%. Les Etats-Unis importent environ 10% de celles-ci, le Japon 5%.

      2/ Les exportations ont chuté de 18,4% (2009/2008).

      3/ Sont intervenues dans la baisse des coûts allemands de production des délocalisations en Europe de l’Est, notamment en Tchéquie.

    2. Et les échanges intra-communautaire doivent représentés 80%, en conséquence seul 20% des échanges se font hors communauté.

      Il suffirait de s’entendre entre nous et d’y fixer des normes sociales minimales.

      L’individualisme et la dénonciation de l’autre nous entrainent vers des jours sombres, arrêtons de suite les guerres de clocher, ou sortons de l’europe et de l’euro.

      A deux maux il faut toujours choisir le moindre.

    3. Et si les allemands résonnaient en terme de compétitivité technologique internationale : les fameux « pôles d’excellences » peu sensibles aux variations de changes et à la « moins-disance » sociale. Ne les tiennent comme indispensables à leur survie économique à long terme. C’est pour cela qu’ils soignent leur outil industriel, scientifique, technologique et de formation initiale et continue. N’oublions pas que l’histoire allemande nous montre qu’ils se sont toujours remarquablement préparé aux grand défis de l’histoire tout en pêchant par excès d’ambition…
      Quand à la taxe sur les banques on insiste fort peu sur son corolaire indispensable : un organisme EFFICACE de « saisie et démantèlement » des banques AVANT qu’elle de s’enfonce dans les ennuis (l’effet « je tente le tout pour le tout »). C’est le modèle FDIC.

    4. L’Allemagne est une nation vieillissante qui a des réflexes de vieux, i-e préservation à tout prix des rentiers; d’où leur obsession maladive de l’inflation et du déficit budgétaire (cf. l’intéressante analyse dans le blog de yann: http://lebondosage.over-blog.fr/ ).
      Ils se sont engagés depuis des années dans une impasse suicidaire et semblent vouloir persister contre vents et marées.C’est sûrement dommage pour eux, mais le plus tragique c’est qu’ils nous entrainent, si on les suit, dans une spirale de destruction sociale sans précédent sous la pression de la ,soi-disant nécessaire , rigueur budgétaire (encore un autre « TINA »!).

    5. Les allemands obtiennent le consensus syndical!
      Les salariés acceptent une baisse de pouvoir d’achat solidaire.
      Ils gèrent.
      Y faut pas être jaloux de leur rigueur, on n’avait qu’à faire comme eux.
      Je rappelle que la monnaie unique n’aurait dûe être introduite qu’après harmonisations fiscales et sociales…les « allemands », si ce Peuple a une existence ethnique, ont profité de la situation pour mener à bien leur réunification.
      Dans 10ans l’Allemagne sera peut-être à nouveau en mesure d’inquièter ses voisins plus laxistes, qui sait?

    6. dans le papier de Patrick Artus en ce qui concerne l’Allemagne:
      – compression des couts salariaux,
      – baisse de la demande intérieure (moins d’achat de cochonneries et préservation du capital),
      – hausse des taux d’intérêt
      – refus de financer des « sauvetages » (pur gaspillage de ressources)
      – accroissement de la compétitivité qui permet de gagner des parts de marché,
      – volonté d’exclure les pays qui ne suivent pas à la lettre le traité qu’elles ont signé…

      Je ne vois que des raisons d’espérer…
      Je regrette de moins en moins mon vote de diimanche (J’ai voté Angela Merkel).

    7. Sur la papier, tout cela est bel et bon, mais pour exporter, donc vendre, il faut des acheteurs solvables.

      Bref si tous les etats passent au modele allemand, et c’est ce qui est preconise et vante comme vertueux, ca ne fonctionneras plus…

      Bref, ca n’est pas si simple.

  9. Il semble que nous nous dirigions, comme pour l’Argentine jadis, vers la mise en faillite ordonnée de certains états, avant que les grands pays suivront fatalement dans le même sens!
    Visiblement, la proposition d’un SMT, seule issue élégante possible, n’est pas à l’odre du jour pour les décideurs.
    De ce fait, la grossde crise systémique est certaine dans les semnes à venir!

  10.  » Alors que la note du Portugal vient d’être abaissée par l’agence Fitch  »

    Fichtre alors ! Pourvu que la prochaine note abaissée par l’agence Fitch ne tombe sur la Mongolie et pourquoi pas Sainte Lucie ou la France demain.

    Moi par contre je mets un grand point d’interrogation sur l’agence Fitch qui sont ces gens ? D’où viennent-ils ? Pour qui travaillent-ils d’abord en agissant de préférence ainsi ? Viennent-ils d’abord de Mars ou de Pluton ? Sans doute des gens très très bien rémunérés au mérite, nous pourrions peut-être leur demander aussi et dans leur emploi du temps quel pays ils comptent prochainement abaissée la note ?

    Ils font vraiment la pluie et le beau temps sur terre comme dans les informations, en fait on recherche surtout à se sauver d’abord, à faire baisser d’abord la note et le pantalon des autres, c’est fou quand même les grands de ce monde s’en mettent de nouveau plein les poches sur les places boursières mais en fait dans la réalité ce n’est pas du tout ça.

    Enfin le principal c’est que nous puissions tous avoir un jour un meilleur banquier virtuel à qui parler en cas de coup dur ? Moi personnellement je n’achète plus grand chose en fait rien n’a vraiment changé, des chevaux sauvages refusant toujours qu’on leur mette la bride, le licol et le mors dans la bouche, surtout à partir d’un certain standing de vie, rien ni personne au dessus d’eux

     » Ton argent maudit s’est changé en scories, Ton vin a été coupé d’eau. Tes chefs sont rebelles, hypocrites et complices des voleurs, Tous aiment les présents et courent après les récompenses et le luxe; Ils ne font pas droit à l’orphelin, Et la cause de la veuve ne vient pas jusqu’à eux.  » Les Prophètes – Esaïe 1

    1. » Ton argent maudit s’est changé en scories, Ton vin a été coupé d’eau. Tes chefs sont rebelles, hypocrites et complices des voleurs, Tous aiment les présents et courent après les récompenses et le luxe; Ils ne font pas droit à l’orphelin, Et la cause de la veuve ne vient pas jusqu’à eux. » Les Prophètes – Esaïe 1

      Merci Jérémie

      J’ai déjà écrit qu’il faudrait se pencher sur les écrits de la Bible, ceux des Prophètes en particulier, et se demander qui étaient ces hommes et pourquoi délivraient-ils ce message.

      Ils annonçaient la venue d’un Messie, il est peut-être venu sous la forme que l’on a appelé Jésus, mais son message n’a pas été retenu ou plutôt il a été dévoyé pour que le système en place ne souffre pas et puisse perdurer au-delà des siècles jusquà la catastrophe que nous connaissons.
      En effet, plutôt que de mettre en pratique le « aime ton prochain comme toi-même », il a été choisi de mettre l’accent sur « mon royaume n’est pas de ce monde » phrase bien sympathique pour absoudre tous les comportements prédateurs des gens au pouvoir.

      Tant que nous n’aurons pas une relecture de cette « religion » judéo-chrétienne nous n’en sortirons pas .
      Cette « religion » divise automatiquement la population en deux : d’un côté les « élites, gens de pouvoir, d’argent, etc » qui ont le pouvoir de vie et de mort sur le commun des mortels qui, lui, a l’obligation de suer sang et eau pour « gagner » sa vie et son « salut éternel ».

      Penser autrement le message de Jésus et de ses disciples est quasiment péché mortel.

      Penser autrement càd se rendre compte que ces individus préchaient en fait le bonheur sur terre ici et maintenant!

    2. @Louise
      Il y a une relecture (anthropologique) de la religion judeo-chrétienne qui existe et qui pourrait vous intéresser: celle faire par René Girard dans (entre autres) « La Violence et le Sacré » et « Des choses cachées depuis la fondation du monde », en vente dans toutes les bonnes librairies.

    3. Remboursement de la dette ;Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. (Matthieu, XXII,21).

    4. Hhmm… Louise.
      Je n’ai pas bien compris le sens de ton message. N’étant pas vraiment au fait de la religiosité.

      Néanmoins, je ne peux que constater 2 faits :
      – les 7 péchés capitaux n’ont jamais été respectés par l’église..
      – jésus aurait chassé les marchands du temple. Et cela ressemble, pardonnez-moi, à un énorme coup de pub.

      Vaut-il vraiment le coup de relire un conte de fées et quelle pourrait en être l’utilité…???

    5. Merci Piotr.

      Grâce à toi, je viens de comprendre pourquoi on appelait les sous-chapitres de bible des « versets »…

      Mouarfff

    6. « Penser autrement le message de Jésus et de ses disciples est quasiment péché mortel. »

      Non, ce n’est plus un péché mortel, « Dieu merci », même si c’est vivement déconseillé par le Vatican ! 😉

      En fait, l’Eglise est comme toute institution humaine, elle est traversée par des courants parfois totalement opposés, et, hélas, dans la longue histoire de l’Eglise le courant conservateur a toujours prédominé, même s’il faut un peu nuancer car pendant les premiers siècles les papes étaient élus de façon plus démocratique qu’ils ne le sont aujourd’hui, de même que la doctrine de l’infaillibilité du pape est assez récente dans l’histoire de l’Eglise. Mais il est vrai, aux époques précédentes la question ne se posait pas, le dogme était le dogme. Il n’y avait pas de concurrence en Occident, la monarchie faisait alliance avec la Sainte Eglise, et la télévision n’existait pas.

      Bref, dans les années 70, on entendit beaucoup parler de la théologie de la libération qui connut son heure de gloire notamment en Amérique latine et se proposait justement d’appliquer ici-bas les principes de justice du Royaume de Dieu. Mais très vite cela déplut à la hiérarchie, qui accusa ses thuriféraires de mêler le marxisme au message des Evangiles. Pourtant il y eut quelques cardinaux pour apporter leur soutien à ce courant et qui prêchaient pour la justice sociale devant l’assemblée des fidèles, comme le cardinal don Helder Camara à Sao Paulo, ou le cardinal Romero de San Salvador, assassiné en 1980.

      Le pontificat de Jean-Paul II, élu en 1978, et qui coïncida avec le tournant libéral des années 80, fut le début d’une remise en ordre qui aboutit à l’éviction de cette théologie et de ceux qui la propagent au sein de l’Eglise, tâche poursuivie aujourd’hui par Benoît XVI. Bref, un pape des pauvres, c’est pas pour demain ! Il

  11. Ah! l’Europe Unie c’était une belle idée!
    Mais les égoïsmes nationaux ont encore pris le dessus, ce sera pour une autre fois.
    En attendant comment cela va-t-il finir ? Michel Rocard laissait entendre hier que
    si le TCE avait été adopté en 2005, la situation serait meilleure. Franchement, j’ai
    du mal à m’en convaincre. Si je me souviens bien ,dans ce traité l’accent n’était pas
    vraiment mis sur la solidarité entre les états ( pas de budget européen significatif),
    rôle du parlement très réduit (en particulier sur les questions budgétaires); dogme
    de la concurrence « libre et non faussée »; dogme de l’indépendance de la BCE; pas
    de défense européenne autonome (OTAN). Et ce matin Guy Verhofstadt ancien premier
    ministre belge, appelait à la constitution d’un empire européen, pour faire le pendant des
    empires chinois, US … Mais on a déjà essayé les empires en Europe: Napoléon, Hitler…; ça
    n’a pas marché non plus. Alors que faire ? L’Europe n’a jamais pu s’unir par la voie de la guerre,
    et visiblement elle ne peut (encore ?) le faire par la voie pacifique: nous sommes donc condamnés au déclin, et à sortir de la scène historique. Exit l’Europe, nos enfants et petits enfants seront demain des citoyens de seconde zone sur cette planète ou de toute façon ils ne représenterons qu’une partie minoritaire de la population. Je le répète tout cela est pitoyable, car l’Europe avait pour une fois l’occasion de montrer au reste du monde que l’union et la solidarité font la force, et que cette force n’avait pas pour but de créer un n ième empire dont on sait qu’ils finissent tous par s’effondrer avec grand fracas.

    1. il y a deja eu des empires en europe qui ont tres bien marche (dans le sens qu’ils ont dure plus que le temps d’une guerre :

      – l’empire romain
      – l’empire carolingien (oui je sais pas tres long)
      – le saint empire romain germanique
      – la chretiente

      il faut peut etre essayer de sortir du traumatisme de dire que les europeens ( 14 18 , hitler , union sovietique , colonialisme ) ont fait tellement de betises que de toute facon ils ne meritent plus d’exister . L’europe a le droit d’EXISTER tout autant qu’ont le droit d’exister : LA CHINE , L’INDE , Les ETATS UNIS .

      Arretons de penser en terme de ce qui va se passer ans la minute suivante et essayons de nous projeter dans le long terme et la tout devient plus simple ,parce qu’autrement on es comme un alcoolique qui se dit : Mais que me dit on corps ? c’est clair son corps lui dit une petite vodka supplementaire !

      euh quoi qu’en fait je me demande si c’est pas son esprit qui lui dit : une vodka (toute petite) supplementaire

    2. Ce sont des européens en rupture de ban avec leur mères patries qui ont fondé les Etats-Unis. Simplement ces ex-européens, qui fuyaient la répression et/ou des conditions économiques déplorables, ont donné naissance à une « nation » de colons a l’esprit libertaire, qui ont une haine génétique de l’Etat, qui croient en la divine providence, et au chacun pour soi: celui qui devient riche est béni de Dieu, celui qui reste dans le caniveau paye quelque pêché passé.
      Ce sont des patriciens issus de la vieille Europe (Washignton, Jefferson, Adams etc..), qui les ont réunis dans un état fédéral, qu’ils abhorrent, voir le dernier épisode d’Obama et des « tea parties »,
      lorsqu’il s’agit de mettre en oeuvre une couverture sociale pour les plus déshérités. Quant à l’empire américain, si empire il y a, c’est l’oligarchie washingtonienne qui l’a construit. La guerre contre le communisme, puis contre l’islamisme est une façon pour elle de maintenir la cohésion de cette nation de pourfendeurs de l’état, cohésion mise à rude épreuve par la grande crise économique actuelle, là aussi des tendances centripètes, entres les états riches et pauvres se font jour. La Chine quant à elle est sans aucun doute le plus viel empire, un empire centré sur lui même (l’empire du milieu). Sans doute ce pays ne peut être autre chose qu’un empire, vu la taille de sa population: que l’empereur soit un homme ou un politburo. L’Inde c’est une démocratie, mais où subsiste un système de castes redoutable. Alors oui la vieille Europe, lestée de son héritage historique parfois lourd à porter, devrait affirmer ce qu’elle a de meilleur, pour faire oublier ce qu’elle a eu de pire.

    3. Je rappelerais seulement que Guy Verhofstadt, longtemps sur la liste des candidats à la présidence
      de l’UE ( mais viscéralement en tant que socialiste ‘ennemi’de J.M Barroso et de ce qu’il représente ) dont l’expression de ce matin est malheureuse, publiait en janvier 2009, partant du constat 27 pays 27 plans de crise, soit avec anticipation ou prémonition, un livre traduit en francais en juin 2009, « Sortir de crise; Comment l’Europe peut sauver le monde  » ( Axes-Sud ) , où il préconisait le recours à l’émission d’euro-bonds…

  12. En gros la période nous confirme que partager de la croissance est beaucoup plus simple que partager de la récession.

    Le même phénomène s’observe à l’heure du gouter, selon que le nombre de fraise tagada est égal ou inférieur au nombre d’enfants présents…..

    1. Rappelons que TAGADA est un produit HARIBO …marque allemande créée en 1920.
      C’est avec çà qu’ils ont gagné les deux guerres…
      Bon …mais quelle persévérance hein?
      Encore un produit high tech que nos amis d’outre Rhin exportent avec succès…en n’en mangeant pas car leur pouvoir d’achat est trop faible.

    2. @ Tartar : c’est dingue quand on y pense!!! Est-ce que vous avez des informations sur ROUDOUDOU ?( c’est quand même curieux cet OURS ( berlinois?) qui se reproduit partout…

  13. Quelle peut etre l’indépendance réelle de l’agence de notation Fitch Ratings(Fimalac),
    présidée et détenue à 70% par Marc Ladreit de Lacharrière,membre du conseil consultatif
    de la banque de France et vice-président de la fondation agir contre l’exclusion(FACE) de
    la socialiste et ancien ministre Martine Aubry.
    De plus,le meme M.L de Lacharrière siège(ou a figuré,jusqu’à il y a peu)aux conseils d’une
    multitude de sociétés cotées en bourse,parmi lesquelles:canal plus,Fimalac,France télécom,
    Air France,Crédit Lyonnais,l’Oréal,Euris,Casino-Guichard,etc…
    Entre les jetons de présence et la notation,il faut choisir!..

    1. Les administrateurs n’ont pas à choisir.
      Ils siègent même souvent dans deux sociétés concurrentes ce qui pourrait soulever dans leur cerveau une tempête de conflits d’intérêts.
      Heureusement un remède existe à l’AVC par surchauffe éthique, c’est presque une pilule miracle, un jeton.

  14. Je ne devrais pas, je sais, mais je tremble de tous mes membres… Désolé, François! (Et merci quand même pour le billet…)

  15. Toute cette discussion est court-termiste je le crains.

    Un pays se gère comme une entreprise, les comptes des particuliers, en toute logique on ne peut dépenser plus que ce que l’on gagne sans s’engager à un moment dans la fuite en avant.

    S’affranchir du passé, bien évidemment la situation actuelle est absurde, pour la France, pourquoi pendant les années fastes n’a-t-on pu réduire le déficit, ce qui d’une certaine manière rendrait la situation actuelle un peu « moins pire  » et le diktat des financiers plus difficile.

    S’affranchir du futur, nous avons conscience que la reprise de la croissance ne peut se réaliser tout simplement que,dans un monde fini, quand le nombre de ceux qui veulent se partager le gâteau double, en toute logique le gâteau potentiel de chacun doit être réduit de moitié par rapport au passé.

    Bien évidemment sur ce blog et aux informations on ne parle que de finance, comme si le monde économique était réduit à cela, c’est négliger le principal, le gâteau va être divisé par deux pour ceux qui l’avait déjà, quant aux autres, Chinois par exemple, cela fait plus de 20 ans qu’ils voient les séries TV US et ils sont pressés de faire comme à la TV et donc consommer… ils sont accrocs et se jettent sur la consommation comme des affamés.

    En Europe, nous allons devoir de manière drastique réduire notre consommation, bien évidemment pour l’instant c’est le plus facile que nous réduisons, c’est aussi ce que le commerce mondial sait si bien fabriquer.

    Le commerce mondial a donc chuté de 20%, il se reprend un peu, sauf que c’est ce commerce mondial dont est issu la plus grande part de l’accroissement des richesses d’un pays, en d’autres termes nos pays voient le gâteau se réduire mais les habitants pour l’instant n’ont pas acté totalement ce revirement de l’histoire de la croissance…

    Bref les plans de relances sont l’entretien de la consommation par le crédit, et quand vous êtes déjà dans le rouge… vous devez passer par les demandes de vos prêteurs…

    Les plans de relance sont eux aussi court-termistes, si l’on avait accepté ce défit du temps que j’ai évoqué, la réduction du gâteau pour les pays du G8, les banques eurent été nationalisées dès le départ ou mises sous contrôle, l’austérité aurait dû être immédiatement imposée et les plans d’économie mis en place aussitôt, et en toile de fond la réflexion sur cette évolution prévisible du monde, comment allons nous faire pour gérer une telle évolution, pour nous comme un Grenelle du futur avec prise en compte des acquis du passé…et réflexion sur ce qui doit être conservé ou non…

    Je suis totalement en accrod avec vous sur vos réflexions présentes, juste que ce me semble, vous êtes vous aussi dans ce court-termiste, vous feignez d’ignorer que l’avènement de la Chine et des pays du Bric a déjà et aura des conséquences incommensurables sur notre capacité à consommer.

    Bien évidemment je ne fais pas référence à des économistes passés ou présents dans mes écrits, aucun économiste actuel n’envisage sérieusement cette possibilité à savoir et si nous avions atteint en Europe notre niveau maximal de développement…

    La croissance infinie est une vision de l’esprit, je suis satisfait de ce que j’ai actuellement, bien évidemment je pourrai voyager, voir de mes yeux tous ces paysages que la TV nous donne, et alors serai-je plus heureux, je vis, j’emmagazine de belles images chaque jour, évidemment je ne peux pas dire que je suis allé en Chine, alors je me contente d’écouter les autres m’en parler, et alors sont ils plus heureux que moi in finé…

    Voilà juste dire que je me prépare à cette évolution de notre environnement, je viens ici pour me convaincre que je ne me trompe pas, j’ai tellement l’impression qu’autour de moi personne n’imagine la révolution que nous allons vivre et que nous devrons assumer…

    Je suis parfois surpris de voir cette non-vision de l’avenir, comme si vous sentiez confusément que cela va changer mais vous en avez peur et que parler des financiers c’est comme un leurre, une image qui cacherait la vraie réalité… nous allons régresser dans ce qui a fait notre base de vie passée…

    Elle est belle la vie si on est raisonnable, l’homme est-il raisonnable, telle est la question..

    1. oui et alors ?

      en ce qui me concerne je ne consomme que ce qui est « nécessaire » : télé plus de 20ans d’âge, voiture de plus de 10ans, pas de portable, ……… alors que je pourrai très bien changé tout ça vu ma solvabilité mais ça marche alors pourquoi consommer ?

      j’attends de voir toutes les élites se serrer la ceinture : parce que c’est facile de faire la leçon au prolo !

      en réalité j’aimerai voir tous ces donneurs de leçons vivre avec 1000 euros par mois !

      mais il est vrai que certains imaginent sans doute la populace bouffant du topinembour OGM pendant qu’eux dégusteraient du bio : ceci a un nom et a déjà existé dans le passé : la féodalité !

  16. Donc Sarkozy s’est couché une fois de plus devant les demandes de Merkel?Faire entrer le FMI en Europe c’est la honte et un fameux aveu d’impuissance……le début d’un cercle vicieux….à qui le tour ?
    Portugal:mars 2009 Esp

  17. L’opinion publique comprend que « l’argent prêté à la finance à du 1% par les états est reprété à la Grèce à du 6,5% » Question subsidiaire, selon les cas, à quel taux les Etats avaient-ils emprunté l’argent prêté à 1% à la finance ?

    Un « STOP ça suffit » devrait monter des peuples ?

    1. Je ne pense pas que les États aient prêté de l’argent à la banque centrale pour que celle ci le prête aux banque commerciales. Les BC ont simplement émis de la monnaie (à1%) que se sont empressé d’utiliser les banques commerciales pour acheter de nouveaux titres de dette souverains. Lisez le document Natixis déjà cité http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51467

      1 – Globalement, pour l’ensemble de la Zone euro, les achats nets d’obligations
      par les banques financent en 2009 les déficits publics
      2 – Le crédit au secteur privé recule avec le besoin de
      désendettement des ménages et la faiblesse des besoins
      d’investissement des entreprises . Avec des ressources liquides
      (monétaires) abondantes et très peu chères et l’absence de demande de
      crédit, il est logique pour les banques d’investir en obligations pour profiter
      de la pente forte de la courbe des taux d’intérêt ; les achats
      d’obligations sont financés par les dépôts et par des ressources monétaires.

    2. @ jean-luce morlie

      Je me faisais exactement la même réflexion ce matin, présenté comme ça , c’est assez lapidaire mais assez parlant.

      Si j’ai bien compris:

      Les états sains (Ah, Ah Ah) (hors PIGS) empruntent à 3,5%/ 4% (à des institutions bancaires et à des particuliers).

      Ces mêmes états prêtent (via leur banques centrales) à 1% à ces mêmes institutions bancaires qui re-prêtent à un taux compris entre 3,5 % (pour les meilleurs d’entre nous) et 7 % (pour les PIGS).

      Il semble qu’il y a là matière à une certaine colère.

      A quoi sert une banque centrale ?

      Ceçi dit, si j’ai mal compris, je suis prêt à écouter.

      Cordialement

    3. @hema

      je veux juste dire que « là comme ça, dans l’instant médiatique », il y a sur l’affaire de la Grèce une compréhension immédiate possible – pour tous – de l’absurdité du système. Dans quelques semaines tout sera à nouveau embrouillé. Dans ce contexte, la responsabilité de la classe politique à nous faire céder devant la finance est totale !

    4. Bien vu.
      Moi aussi cela m’avait traversé l’esprit, merci d’avoir trouvé les mots qui m’ont manqués.

  18. Excellent article, Monsieur Leclerc.

    Et il est vrai que la situation devient complètement dingue. Car, comme vous le dites, un éventuel fond permettrait aux banques de même quasiment se mettre en « fausse » difficulté pour pouvoir en bénéficier.
    C’est bien goldman sachs qui avait pris précipitamment le statut de banque de dépôt pour bénéficier du TARP, non..???

    Une question un peu hors sujet : la Chine vient de voir sa balance commerciale s’inverser. Est-ce une accélération de dépense de ses dollars…??

  19. Il faudrait aussi insister sur la position de la BCE qui, d’un cote, se prononce contre l’intervention du FMI, et, d’un autre cote, entend éventuellement rabaisser la qualité du ‘papier’pris en pension.

    Ou peut-etre Sieur Trichet anticipe-t-il sur la dégradation à venir des notes des différents pays européens, alors que Sieur Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE menacait hier l’Allemagne d’une procédure devant la Cour Constitutionnelle Allemande si le FMI intervient en Grèce, procédure et menace agitées par un groupe d’économistes allemands la semaine passée si l’Allemagne acceptait
    d’aider la Grèce ?? En tout cas, l’orthographe ‘Kost killer’ utilisée par Eoménos, est parfaitement adéquate, incompréhensible pour Mr Darling ou Mr Brown. L’expression est bien comprise par
    les agences de notation, ceci dit

  20. Paul François, le capitalisme est mort selon vous.
    N’en est il pas tragiquement de même pour l’Europe? L’attitude Allemande ressemble beaucoup à une extrême onction.
    Une image me vient à l’Esprit, Madame Merkel, lunettes noires, brulant un billet de 500 euros lors d’une conférencede presse, un grand sourire aux lèvres.

  21. « Il va pourtant être présenté comme le nec le plus ultra de la régulation financière (le fond d’assurance), au prétexte que les banques fourniront cette fois-ci les financements et que les contribuables n’auront pas à contribuer au prochain sauvetage. »
    Sophisme. Les banques fourniront les financements en ponctionnant AU FINAL le contribuable dans tous les cas. Sous forme de hausse des coûts de leurs services directement au guichet, ou par le moyen détourné des taux d’intérêts, ou bien la spéculation, etc… mais au final, ce sera toujours NOUS qui paieront cette « assurance ». Alors qu’on paye via les impôts ou via autre chose… ca ne change strictement rien.

    « Dans les deux cas, ceux-ci font valoir avec force que de trop fortes ponctions ou exigences auraient comme effet de les empêcher d’apporter leur contribution au fonctionnement de l’économie… »
    Au contraire, il faut les empêcher d’apporter leur « contribution », non pas à l’économie, mais au mondialisme. Ce qu’il ne faudrait pas trop confondre.
    Ce qui évitera le syndrome du cochon voyageur : http://www.fsl-nancy.fr/Le-cochon-voyageur
    Nous ne sommes plus dans la symbiose, mais dans le parasitisme.

    Le rôle des banques étant de fournir du crédit pour assurer la croissance. Croissance qui n’a de sens que tant que la production de pétrole croit. Maintenant, la logique s’inverse, et le cercle vertueux devient vicieux.

  22. Je ne voudrais pas avoir l’air parano ou tenant de la thèse du complot mais de choses l’une: ou bien le Gouvernement allemand est suicidaire (et donc un peu débile) ou il y a un plan derrière son attitude actuelle. En sus de la campagne électorale qui pousse à la faute, n’oublions pas que ce Gouvernement allie conservateur et libéraux.

    En laissant enfler la phase actuelle de dramatisation, certains ne préparaient-ils pas la négociation finale ou ils présenteront à des pays au bord de la faillite leur plan jusqu’ici caché: d’accord, on aide les pays en difficulté mais aux conditions drastiques d’austérité budgétaire forte, donc de retour aux critères de Maastricht, donc de démantèlement des systèmes de sécurité sociale un peu sérieux. Cela est bien dans la ligne de ce Naomi Klein dénonce dans la stratégie du choc (le capitalisme profite ou même crée des crises pour avancer ses pions…).

    1. Ce serait de bonne….guerre!
      Unifier les fiscalités et le droit social européen sur le modèle teuton.
      Plus de rigueur et moins de démago-laxisme.
      Le modèle rhénan appliqué à l’Europe germanisée.
      Une fois l’union réalisée et l’Euro-mark institué,çà donnerait peut-être un empire de 1000 ans, réussi cette fois.
      Pas de point Godwin pour moi…

  23.  » Les autres grands dossiers étant soit ignorés (les paradis fiscaux) soit laissés encore de côté, car source de discordes (les hedge funds).  »

    Plus l’on pousse quotidiennement les mauvais États à s’occuper de leurs caisses, et plus ils nous fichent la paix dans nos paradis fiscaux c’est sans doute encore du violon que l’on joue dans les premières classes du titanic.

     » Quelle grande fortune de plus vous avez pu accumulé tout votre vie ici  »

     » Oh ça c’est rien, vous devriez voir ce que mon ami le politicien a pu lui aussi accumulé dans le même temps et à la même époque ailleurs  »

    Oui vaut mieux pas tout révéler à l’opinion publique déjà bien meurtrie, blessé et malmené par toute ces choses qui ne sentent plus très bon sur les marchés.

  24. A tous les esprits chagrins.
    Une autre manière de VOIR L’EUROPE,
    Portée par des réflexions lucides, passionnées, intelligentes, généreuses.
    Un avenir possible, dans une Europe qui soit autre chose qu’un cadre marchand : (contre cette abomination dans les têtes : c’est moi ou l’autre).
    Un coin du monde riche de cultures, d’inventions, d’imagination, d’arts.
    Pas une bande d’iconoclastes mais des individus largement conscients.
    S’il vous plaît, ne vous aplatissez à la moindre mauvaise nouvelle.
    Soyez des intellectuels engagés pour une cause juste. Merci.

    « Lorsqu’on apprend à un enfant dès l’âge de 3 à 4 ans
    que le mot SOLEIL ne se dit pas que soleil
    mais peut se dire : SONNE, ZON, SOL …
    Il y a tout un système de stéréotypes qui est freiné
    ET UNE OUVERTURE, UNE CONNAISSANCE DE L’AUTRE EST POSSIBLE. »
    – Camille de Toledo –

    1. Je vous approuve d’autant plus que l’Europe, vivant simplement une crise mondiale d’effondrement complet du capitalisme par une simple concentration de richesse pire qu’en 1929, ressemble, au niveau de ses pays, de plus en plus aux états américains.
      D’où, je ne comprends pas (ou je les comprends peut-être trop bien…) la réaction de certains qui se plaignent d’une Europe alors qu’ils souhaitent tant « garder » leur « puissance » financière…

      Ne sont-ce pas les US qui sont le « modèle » de la plus extraordinaire puissance « financière »…???

      Cruel dilemme, non? vouloir le beurre et l’argent du beurre.

      Là, en gros, l’Europe ressemble de plus en plus à la Belgique, avec ses deux zones qui, par leurs divergences, empêchent toute gouvernance.

    2. Tilt, complément :
      Lorsqu’un état des US supprime la moitié des écoles, licencie pompiers, médecins et un paquet de fonctionnaires, je ne sais pas vous, mais le modèle… vaudrait mieux faire une croix dessus.
      Au moins, ils ne font pas appel au FMI…

      Alors, certes.
      L’Europe est financièrement « attaquée » par ces joyeux financiers qui sont nous-mêmes, si nous leur avons confié le moindre centime dans des hedge funds, des assurances-vie, des portefeuilles boursiers, des placements quel qu’ils soient.
      Et, vu qu’il faut lutter contre nous-même, on semble pas sortis de l’auberge.

    3. Yvan,
      Je voudrais vous poser une question : Pensez-vous qu’il existe une lutte autre qu’une lutte contre nous-même ?
      Cordialement.

  25. la question qui se pose maintenant : quel est le choix que les peuples vont accepter ?

    – soit la dictature des marchés et la victoire des idéologues libéraux ; avec à la clé de vraies dictatures pour faire accepter la régression,

    – soit une démocratie renouvelée et l’émergence d’un nouveau système économique ( ce qui ne se fera pas sans la mise au pas des élites actuelles )

    dans les deux cas , l’avenir est sombre

    Socialisme ou barbarie

    1. Tout dépend de ce que vous appelez socialisme ou barbarie.

      Maintenant, concernant les « élites », et vu un certain 1789 en France et un certain 11 septembre dans je ne sais plus quel pays très ouvert au multilatéralisme, j’aurais tendance à dire que l’on récolte souvent ce que l’on a semé.

    1. De fait, je pense que ce serait plutôt Gazprom.
      Comme quoi, il n’y a pas que les ricains à jouer aux vilaines multinationales.
      A cette différence près : JP Morgan et GS ‘habitent’ à la maison blanche (colocataires qu’on dit je crois, non ?), alors que c’est le Kremlin qui prend sa douche à Gazprom.

    2. Je répète mon commenraire: les autorisations accordées à GS et JP Morgan vont permettre à Gazprom d’attaquer le marché, une embrouille tricotée par Spoutine lors de sa visite à Paris fin 2009

  26. @ Charles : (en réponse à http://www.pauljorion.com/blog/?p=9445#comment-67485)
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/jeanclaude-trichet-vole-au-secours-de-la-gr%C3%A8ce.html
    A priori, la réponse vient de tomber : M. Trichet continue à faire tourner le roue (de l’infortune).
    Le jeu continue donc.
    Perso, j’ai un peu de mal avec le ‘vole au secours de la Grèce’, quand même …
    Car M. Trichet a longtemps laissé planer le doute sur l’acceptation de ces obligations BBB-, et même de déclarer qu’après une certaine date, il ne les prendrait plus !
    Bref, à mon sens, il navigue comme les autres : en eaux troubles ou à vue.
    Qu’en pensez-vous ?
    Cordialement.

    PS : de même, cela me fait aussi un peu mal au fondement de devoir la ‘vie européenne sauve’ grâce à une BCE qui a toujours préférée son indépendance à la récession. Car petite question : et si le FMI n’était intervenu, que serait alors advenu ce secours ? On peut se poser des questions sur l’origine exacte de la mission du sauveur : sauver l’Europe en danger ou sauver son pouvoir et sa réputation en Europe ? Ah évidemment, vu comme ça …
    Et non élue qui plus est !!
    Mais tant il est vrai, comme l’écrit Jean Quatremer, que tout est relatif : en comparaison des niveaux européens (et même des niveaux tout court) de nos dirigeants, Trichet est un géant !!
    ça fout les jetons quand même, de dire ça (dîtes le d’abord mentalement, puis à voix basse puis ensuite à voix haute) : ‘Trichet, mon sauveur’, ‘Trichet, mon ….

    1. Trop d’institutions, parlant toute au nom de leur interet propre, surtout la BCE et la commission…

      Il n’y a d’exercice democratique que sur la base d’une opinion publique nationale, elle meme basee sur une langue commune.

      On est pas a la veille au niveau de l’UE….

      Certainement, un jour, il y auras, et c’est aussi vrai qu’a l’echelle de l’histoire la construction de l’UE avance en fait tres vite…

      Bref, on vas peut etre mourrir gueri, d’autant que j’ai lu un sondage au niveau de l’UE sur les priorites et en toute logique, dans un monde confus et instable, les peuples se croient a l’abri dans l’UE et sont pret a jter la defense avec l’eau du bain…

      On ne seras jamais une puissance car nous renoncons collectivement aux instruments de la puissance…

      Ho on m’objecteras le soft power, mais j’y crois quand il repose aussi sur le hard power.

  27. @Astrorock

    Pour exporter il faut vendre donc mettre nos cochonneries à la portée des porte monnaies chinois, indien, etc..

    En ce qui concerne Louis Vuitton, Loreal, etc…
    Y’a du boulot…
    Chaque fois que je vois les prix qu’ils pratiquent, je me demande dans quel monde ils vivent.

    1. Je reviens, encore et toujours, a cette autre crise dont personne ne parle, ou presque, la crise de l’offre.

      On recycle a l’infini des vieilles recettes, que les marketeux essayent de nous faire prendre pour des nouveautes….

      Meme Apple avec son ipad nous prend pour des cons avec son iphone geant sans fonction telephone. C’est presente comme nouveau alors que le but de la manoeuvre est de faire acheter, de maniere bloque, sur le istore.

      Pour le moment ca marche encore, bien que de moins en moins…

  28. Grèce : l’Allemagne impose son plan.

    La pilule qui s’annonce est amère pour le premier ministre Papandréou. Il attendait de l’Europe qu’elle l’aide à se refinancer à moindre coût. Athènes doit trouver 15 milliards d’euros d’ici début mai et 50 milliards avant la fin de l’année. Les conditions posées par Angela Merkel font du soutien conjoint de l’Union Européenne et du FMI un recours très dissuasif.

    La Grèce ne pourra y faire appel qu’en dernier ressort, en clair seulement si les seize pays de l’euro constatent – à l’unanimité selon Berlin – qu’elle ne peut pas se refinancer sur le marché.
    Les crédits européens se feront «sans élement de subvention» d’après Paris.

    Côté FMI, les taux paraissent plus attrayants. Mais ils relèguent la Grèce au rang de pays assisté. Ils passent aussi par une cure d’austérité supplémentaire qu’Athènes aurait du mal à faire passer face à la colère sociale.

    Sur le fond, Angela Merkel semblait hier soir sur le point de dicter sa loi au reste de l’Union Européenne. A priori isolée dans son orthodoxie, l’Allemagne a démontré que rien ne peut se faire sans elle dans une Europe en crise. Inflexible, la chancelière a imposé son prix.

    Nicolas Sarkozy, le patron de la BCE Jean-Claude Trichet, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le chef de l’exécutif européen José Manuel Barroso, tous auraient préféré une solution européenne. Tous voyaient dans le recours au FMI une atteinte à la fierté européenne. Hier soir, la menace d’une débâcle sur l’euro ne leur a pas laissé le choix.

    Le Figaro

  29. Je pense qu’il ne faut pas attendre de l’Allemagne qu’elle paye. Payer pour un pays qui s’est consciemment manoeuvré dans cette situation, avec la complicité des eurocrates et des profiteurs? La solution « FMI » est probablement la meilleure, compte tenu du contexte. Mais cela est aussi un aveu que l’idée conductrice des « états unis d’europe » n’est plus un projet, elle est dèsormais une pièce de musée. La crise mondiale a l’avantage de mettre les problèmes à nu, de corriger certaines illusions et faux raisonnements.

  30. « Mettant en avant la crainte que les pays de l’eurozone ne s’engagent dans une récession économique, si les mesures de rigueur préconisées par les Allemands devaient être suivies sans plus de souplesse »

    La rigueur, il faudra pourtant bien y venir, et le plus tôt sera le mieux.

    Vous faites un lien de cause à effet entre une éventuelle rigueur et une récession. Ce lien n’est pas automatique. On peut avoir une politique de rigueur et une forte croissance. Deux exemples : la réduction du déficit américain par Clinton et la rigueur de De Gaule qui n’a pas affecté le rythme de croissance des 30 glorieuses. Le lien entre creusement de la dette et croissance est lui non automatique, les exemples de relances budgétaires ratées ne manquant pas.

    Une rigueur basée sur des augmentation d’impôts (ou des réductions de niches fiscales) pour les ménages consommant peu ne générera pas de récession. Ces ménages en France ont de l’épargne et l’utiliseront plutôt que de se serrer la ceinture.
    Enfin repousser l’équilibrage des comptes publics, c’est augmenter considérablement l’effort qu’il faudra faire.

    1. Nous jugerons sur pièce ! Je connais une excellente manière de ne pas pénaliser la consommation et de réduire le déficit public: fiscaliser les revenus financiers au niveau de ceux du travail et surveiller à la loupe les prix de transfert des grandes entreprises.

  31. @ François Leclerc

    Merci pour votre réponse.

    D’accord pour fiscaliser les revenus de la finance non pas autant, mais plus que ceux du travail. Une question toutefois sur la faisabilité : si les avantages fiscaux sur l’assurance-vie sont supprimés, croyiez-vous que cela aura des conséquences sur l’appétit des épargnants français pour la dette française? Comment cette mesure peut-elle est mise en place sans remous sur les taux d’intérêt?

    Idem pour les niches fiscales très coûteuses (et complètement idiotes économiquement) concernant l’immobilier. Comment faire disparaître les formules Borloo et Robien sans remous excessifs sur le secteur du bâtiment? C’est qu’en France aussi le bâtiment est largement subventionné par l’Etat.

    1. Est-il impossible de se poser la question de la place du bâtiment dans l’économie française et d’envisager de partiellement substituer à la construction d’autres activités telles que les économies d’énergie et l’extension et l’amélioration de l’habitat à loyer modéré ? De suivre à la trace les transferts des compagnies multinationales qui leur permettent d’échapper à l’impôt sur les sociétés ? De plafonner les avantages fiscaux de l’assurance-vie ? Etc….Je ne suis pas un fiscaliste, mais j’ai la ferme conviction que tout cela ne serait pas un cataclysme.

    2. Bonsoir,

      @ François Leclerc :

      « Je connais une excellente manière de ne pas pénaliser la consommation et de réduire le déficit public: fiscaliser les revenus financiers au niveau de ceux du travail et surveiller à la loupe les prix de transfert des grandes entreprises. »

      J’ajoute, comme autre excellente manière de réduire les déficits : interdire les délocalisations… coûteuses en terme de politique sociale et génératrices de pertes sèches en terme de budget, sans compter les dommages collatéraux du style : délitement social.
      Les prix de transfert se traduisent certes par des pertes sèches pour l’Etat français (en l’occurence) mais, en terme de pénalisation du budget de l’Etat, ces opérations ne jouent pas dans la même cour que les délocalisations. Par contre, l’évasion fiscale vers les paradis fiscaux par le truchement de montages juridico-financiers (avec l’aide précieuse et créative de l’ingéniosité bancaire) : là on tient un gros poisson… La lutte contre les paradis fiscaux va d’ailleurs de paire avec la lutte contre le blanchiment d’argent et les activités dangereuses à l’humanité (trafic en tous genre). Le point commun à toutes ces pratiques sont : les banques, au centre et bénéficiaires de toutes ces activités « intéressantes ».

      Mais, en écrivant cela, j’ai en même temps le sentiment très net que le peuple (sans connotations péjoratives) veut maintenant passer à un autre type de « contrat social » que l’organisation résultant de la révolution industrielle ; dans ce contexte, l’interdiction des délocalisations arriverait maintenant trop tard et ne serait plus qu’une mesure très partielle et loin d’être à même de répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles attentes de la société.

      Des mesures fiscales (qui sont des mesures que j’appellerai ciblées) ne suffiront pas à la tâche…
      Il faut maintenant penser large : comment réorganiser les relations sociales, quelles sont les règles élémentaires sur lesquelles tout le monde est d’accord et qui permettront de bâtir un cadre loyal grâce auquel on pourrait à nouveau envisager un avenir.

      Cordialement,

    3. Ajout à mon précédent commentaire :

      En fait, les prix de transfert sont liés aux délocalisation car les restructurations d’entreprises à des fins d’optimisation des coûts sont des problématiques de prix de transfert et se traduisent par des délocalisations : d’où il résulte que vous avez raison de dire qu’il faut lutter contre les prix de transfert mais pour des raisons de « mentalité » (toujours plus) des actionnaires principaux des entreprises multinationales.
      Mais voyez-vous, tout se tient, et on en arrive toujours aux problèmes générés par la mondialisation à tout crin : car les très grosses boîtes (multinationales) tendent, comme les banques, à être des entités intégrées au niveau supranational, elles tendent à devenir apatrides et donc non soumises aux contingences fiscales de leur Etat d’origine. D’où il résulte qu’il faut revoir les mécanismes de fonctionnement qui relient ce que jusqu’à aujourd’hui on nommait Etat souverain avec le peuple qui vit sur un territoire donné.

      Cordialement,

  32. @François Leclerc

    Les solutions simples et de bon sens que vous proposez m’aménent à me lancer…

    Ou est le dificit « structurel » de la France ?
    Avant la crise l’endettement de l’Etat Français devait représenter +/- 1200 Mds d’€
    Si nous mettons en parralléle les réductions de charges sur les salaires accordées aux entreprises depuis 1990 soit +/- 40Mds/an , les Niches fiscales qui atteignent +/- 70 Mds/an , la fraude fiscale estimée à + de 50 Mds /an , nous arrivons à une perte de recettes pour l’état de 160 Mds d’€ , chiffre sans doute bien inférieur à la réalité compte tenu des faveurs accordées aux plus riches et moins connues du public .Sans ces faveurs accordés au patronat et aux plus riches depuis 30ans,le déficit public serait inexistant et des réserves auraient pu etre constituées pour amortir les effets de la crise actuelles et des crises à venir.
    Le déficit public n’est que la conséquence du clientélisme de nos politiques.

    Oui il faut « fiscaliser les revenus financiers au moins autant que les revenus du Travail »

    Oui il faut réorienter les avantages fiscaux destinés à soutenir le batiment afin de favoriser « les économies d’énergie et l’extension et l’amélioration de l’habitat à loyer modéré »,voir à l’accession à la propriété des Jeunes n’ayant pas les capacités de financement.Si le montant des avantages fiscaux liés à la loi Scellier avait été utilisés à financer de telles mesures,l’effet de levier pour la relance du Batiment aurait été beaucoup plus fort,bcp plus de personnes en aurait bénéficié et l’impact sur l’environnement aurait été positif.

    Oui il faut supprimer le bouclier fiscal

    Des solutions simples existent pour réduire les déficits public sans asphixier l’économie.

    Du courage, du bon sens terrien, de l’humilité …mais ce n’est pas le propre des politiques

    Un grand bravo pour votre contribution

  33. L’aléa moral n’est-il pas en fait une mystification et Lehman Brothers une exception ? Comme la faillite d’une grande banque est un danger systémique pour une économie, ces multinationales savent que l’Etat ou la banque central interviendra toujours en dernier ressort.

    Alors faire croire que faire cotiser les banques pour qu’elles paient leur prochaine crise est un appel au meurtre est hypocrite car en se plaçant à tous les carrefours de l’économie pour prélever des péages moyenâgeux en toute irresponsabilité, ces banques assassinent en fait quotidiennement.

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