L'actualité de la crise: Adair Turner persiste et signe, par François Leclerc

Billet invité.

ADAIR TURNER PERSISTE ET SIGNE

Sous le titre « La colère du peuple contre les banquiers est légitime », qui reprend ses propos, Adair Turner, patron de la FSA qui régule l’activité financière au Royaume Uni, vient de persévérer et signer. A l’occasion d’une interview accordée hier lundi à La Tribune, le quotidien économique français, il appelle à la rescousse Stephen Green, le patron de la banque HSBC, pour réaffirmer qu’ « une partie de leurs activités (financières) n’avaient aucune utilité pour l’ humanité », ce que ce dernier aurait admis, avec « d’autres financiers éminents ».

Allant cette fois-ci plus loin, poursuivant ainsi  : «…c’est vrai qu’il y a parmi eux des responsables qui n’ont toujours pas compris combien légitime est la colère du peuple. Pendant des années, on a répété des fables sur l’innovation financière et le dynamisme du secteur bancaire, réputés favorables à l’économie dans son ensemble, et on a justifié ainsi les rémunérations considérables dans la finance. Après la crise, ces rémunérations un peu étranges sont devenues scandaleuses, à cause du tort que la finance a porté à l’économie. Et il y a aujourd’hui une demande populaire très légitime pour que les régulateurs et le gouvernement mettent de l’ordre. »

Adair Turner réitère la proposition qu’il a formulée au dernier Forum économique mondial de Davos, en préconisant la mise en oeuvre d’un contrôle du crédit, une mesure qui lui semble pouvoir « prévenir une autre catastrophe ». Ajoutant  : « Nous pourrions nous pardonner de ne pas comprendre des crises nouvelles, mais ce qui pose problème, c’est notre incapacité à tirer les leçons de phénomènes qui se sont déjà produits ! ».

Voilà comment il voit les choses  : « Il faudrait faire la différence entre les crédits selon leur finalité. Il y a ainsi des crédits qui financent l’activité réelle, de nouveaux actifs ou des investissements, qui débouchent sur de la croissance ; le remboursement s’effectue au moyen du cash-flow créé par l’activité nouvelle. Et d’autres financent le rachat d’actifs existants – les crédits pour l’immobilier, pour les LBO ou rachats d’entreprise – avec un endettement élevé, où ce sont les plus-values qui financent le coût du crédit. Ce sont deux formes de prêts très différentes, il n’y a pas de raison de limiter les premiers, alors que les autres n’ont pas toujours d’utilité sociale, ils peuvent même être dangereux. Et lorsqu’on relève les taux d’intérêt, on pénalise indifféremment les deux, on frappe même davantage l’activité réelle, alors que l’on récompense les spéculateurs : le resserrement de la politique monétaire se traduit souvent par une montée du taux de change, qui augmente la plus-value. On n’a pas assez réfléchi à cela, notamment au Royaume-Uni, à cause de l’idéologie ambiante qui était contre une telle distinction. Nous étions aveuglés par la crainte de voir resurgir l’interventionnisme et ses travers. » (*)

Le projet de réforme des activités bancaires de Barack Obama s’inspirait des idées de Paul Volcker, un ancien président de la Fed. Aujourd’hui, le sort qui va lui être réservé par le Sénat américain est pour le moins incertain. Ce qui va advenir de cette nouvelle proposition d’Adair Turner l’est tout autant. Dans les deux cas, ces réformes peuvent être considérées comme n’allant pas au fond des choses et ne pouvant empêcher le déclenchement ultérieur d’une nouvelle crise. Mais ces réserves ne sont-elles pas secondaires, si l’on considère la personnalité et la position de ceux qui sont à l’origine de ces tentatives de prévenir une nouvelle catastrophe, et sont conscient que si rien n’est fait elle sera inévitable  ? Pouvant laisser penser que nous ne sommes qu’au début de la réflexion, et que la poursuite de la crise, sans attendre la prochaine, va faire mûrir la réflexion  ?

————-
(*) Note PJ : J’ai souvent insisté sur la nécessité d’une telle distinction. Par exemple en octobre 2008 dans Un Bretton Woods dont l’espèce se souvienne et en janvier 2009 dans À propos de « Pour un système socialisé du crédit » par Frédéric Lordon.

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66 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: Adair Turner persiste et signe, par François Leclerc »

  1. Si je ne m’abuse, la city est responsable de plus de 20 % du « PIB » anglais…
    Et, les banques doivent avoir, comme aux US, pris en otage l’état… qui a peut-être aussi une banque centrale qui sert de bad-bank.

    Vous voyez ce que je veux dire.

  2. Peut-etre qu’il devrait expliquer cela aux tetes couronnées qui écument encore les cours européennes… Ou bien est-ce que cela n’a rien à voir ? Qu’en pensent les lecteurs de ce blog ?

  3. Finallement on dirait que cela commence à bouger. Il y en a quelques uns de ces financiers qui clairement sortent du lot, Ader Turner en premier. Ils ne ont pas nombreux à n’être pas des moutons. J’espère qu’on se souviendra d’eux pour assumer les plus hautes responsabilités.
    Merci encore M. Leclerc pour votre importante contribution à l’information et à la réflexion.

  4. Bonjour François,
    Vous avez raison : la sortie de crise ne peut passer que par une rupture au sein des classes dirigeantes, une « sécession » d’une fraction d’entre elles qui, pour des raisons diverses, décide de mettre en place un autre type de politique économique.
    Dans la lutte qui s’engage, la « colère du peuple » est évidemment un poncif rhétorique qui signifie que, in fine, cette lutte interne devra être tranchée par le suffrage universel via des élections, une fois que certains partis politiques (nouveaux ou anciens) auront fait siennes les propositions de changement.
    Tout le travail intellectuel aujourd’hui – comme celui qui se fait sur ce blog (et qui est une forme d’engagement militant) – consiste à définir, articuler, etc., ces propositions de changement.
    (Si le « peuple » – à supposer qu’existe encore une entité de ce nom – voulait réellement prendre les choses en main, il lui faudrait bien autre que de la « colère », et notamment du courage et des capacités de contestation, de mobilisation et d’organisation dont on ne sait plus aujourd’hui s’il en est capable. L’exemple du Royaume-Uni, un pays où a été gagnée la lutte des classes – par les riches –, n’invite pas à l’optimisme.)

  5. Paul

    Si le taux de l’intérêt est uniquement déterminé par le rapport de force entre emprunteur et prêteur, il est inutile de distinguer l’utilité « sociale » des types de crédits. Par contre, si l’Etat retrouve (ou plutôt acquiert) la capacité de déterminer le taux d’intérêt en fonction de la destination de l’argent prêté, on peut commencer à réfléchir.

    Je constate quand même, qu’aujourd’hui les banques commerciales empruntent à la banque centrale à 1% (Europe) ou 0,25% (USA). Que les dépôts à vues (DAV) du vulgus pecus sont rémunérés à 0% mais que les banques exigent entre 5%, 6% ou 10% pour les prêts hypothécaires ou à la consommation et vont jusqu’à 20% pour les découverts sur les comptes à vue.

    Pourquoi le rapport de force est-il si déséquilibré entre banques et particuliers ? Parce que les gens ont trop peu d’argent (salaires en berne)? Ou parce que l’impatience consumériste (bien alimentée par la pub) pousse les ménages à se suicider financièrement par les dettes en raison de la logique « Tout (enfin beaucoup) et tout de suite »…?

  6. François, vous oubliez de parler des efforts de régulation du gouvernement français.
    Un préfet va pouvoir instaurer un couvre-feu pour les traders de moins de 13 ans, qui devront être renvoyés chez eux avant la clôture de Wall-Street…

  7. Les intentions sont bonnes, n’en doutons pas, et ceux qui les formulent sont compétents et comprennent qu’il vaut mieux essayer d’agir par petits pas, de préférence dans la bonne direction. Malheureusement, le lobby bancaire prépare déjà la parade. Les CDS (Credit-Default-Swap), bien qu’ils aient amplifié la crise dès son avènement, ne sont toujours pas interdits. Leur utilisation est aujourd’hui souvent décriée – à juste raison. Jusqu’à présent, il fallait convenir le risque couvert par le contrat. Le CDS est donc un instrument pointu qui, parfois, enclenche et/ou alimente la crise. On l’a vu et différents billets sur ce blog l’ont expliqué.

    Alors, à l’initiative de la Citibank, on prépare le lancement d’un nouveau produit dérivé assurant son porteur contre le risque d’une crise financière. S’il voit le jour, il servira à couvrir un ensmble de CDS et autres positions spéculatives. Officiellement – il faut toujours donner un justificatif avant l’introduction d’un nouveau produit dérivé négociable sur une Bourse – ce produit permettra à leurs porteurs de préserver leurs fonds propres. Il reposera sur un indice connu dans le milieu sous l’appellation CLX. Comme toujours, en matière d’économie financière, les modèles reposent sur des statistiques farfelues.

    Le CLX est dérivé du rapport entre les moyennes et leur volatilité de différents facteurs économiques parmi lesquels on retrouve le taux d’intérêt sans risque (Bons du Trésor), les marges pratiquées sur le marché des swaps, la volatilité des cotations boursières, celle des ‘swaptions’ (option sur un swap concernant des obligations industrielles), et autres facteurs du même acabit. Mais contrairement à ce qui est fait pour les références utulisées en matière de produits dérivés, le CLX repose sur des données historiques fixes. Il ne faut pas recalculer des séries de données à tout bout de champ.

    La City prévoit un très bel avenir pour ce nouveau produit. Et quand on lui demande : mais qui assumera l’émission et, donc, la charge de ce produit ? Qui sera assez fou pour assurer autrui contre une crise financière future qu’il ne pourra en aucun cas maîtriser ? La réponse est limpide : une institution « too big to fail » !

    Non franchement, nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Et ceux que nous avons ‘sauvés’ par les largesses de nos gouvernements, veulent nous enfoncer davantage pour prémunir leurs activités indemnes !

    1. CDS spreads should be handled with care: There are only 401 contracts on California’s debt registered in the Depositary Trust & Clearing Corp.’s data warehouse. Greece has 3136.
      … there is no easy European fix.

      Et voilà : ne pas oublier qui est derrière les CDS … c’est Goldman Sachs qui conseille la Grèce, et c’est différent de la Californie! Qui a conseillé les Grecs dans la manipulation des comptes ces dix dernières années? Qui crée des CDS pariant contre la Grèce? (Ils disent « se couvrir » !)

      L’oligarchie Grecque aussi bien conseillée par GS parie autant contre la Grèce, cette oligarchie sort d’ailleurs massivement ses capitaux … il s’agit d’accroitre la panique !

      GS et la CITY en « bons banquiers » veulent casser l’euro, revenir au feu d’artifice des monnaies nationales sinon pire avec toutes les occasions de spéculation: ils ont démontré leur expertise jusqu’à l’écoeurement … la dernière idiotie est de jouer leur jeu dans la panique de Nations isolées et aussi impuissantes qu’une dinde au Nouvel An des banksters.

      Ainsi Berlusconi s’est engagé à quitter l’euro lors des élections: voici ce qu’est un oligarque. Berlusconi est enchanté de ce qui se passe, GS lui a préparé autant de paris contre l’euro … et retour à la lire, les drachmes etc… manipulables à merci.

      La police Grecque doit arrêter la collusion de leurs oligarques avec les banksters internationaux. Et que les Grecs changent enfin de conseillers !

  8. Incroyable une telle parole au sein du sérail, on en viendrait à l’espérer au secours d’une politique moribonde, voir à espérer en politique mais dont la culture ressemble à s’y méprendre à celles du pouvoir financier – sans conscience aucune ni attention à leur pratique; d’analyses vouées à des stratégies d’élection, de prise du savoir ou de pouvoir. Nul retour sur le passé sinon pour y puiser légitimité, façon d’effacer la mémoire et le rapport à la mort. Ce qui inquiète c’est le parvenu, l’imbécile mal dégrossi, l’impatient qui ramasse le flambeau providentiel.

  9. Comment allons-nous nous organiser pour faire pression sur le gouvernement et les régulateurs pour qu’ils mettent fin au fonctonnement malsain de la ‘Finance’ ??

    Concrètement, comment allons-nous o r g a n i s e r cette pression ??

    Merci à tous ceux et celles qui auraient des idées de les partager…

    1. @ Laurence,

      vous posez:

      « Concrètement, comment allons-nous o r g a n i s e r cette pression »

      C’est une grande erreur de croire que la finance comme vous le dites est un monde « isolable ». Ce n’est pas du tout un territoire délimité.

      D’abord il y a l’amour des paris et de l’argent facile dans toute notre société. C’est culturel.

      Et c’est cette illusion que l’argent représente une richesse réelle qui est à l’origine de notre errance actuelle. C’est la confusion entre le représentant (l’argent) et le représenté (richesse réelle) qui est à l’origine de cela.

      Cela fait maintenant 30 années que j’ai commencé ma vie professionnelle, et j’ai eu le temps de voir évoluer les mentalités. Idem ici, la confusion entre emploi et travail.

      Les « personnes » qui agissent dans la finance c’est en France 200 à 300 mille emplois !!! Ce sont vos frères sœurs cousins, parents, enfants, voisins …

      Comment voulez vous que ces gens là arrêtent leur activités, car c’est leur gagne pain. (qui ne rapporte aucune richesse réelle, soit)

      Les « riches investisseurs » qui tirent profit de tout cela, cela représente (avec leurs familles) des dizaines de milliers de personnes.

      Tous ces gens ils faudrait leur donner un travail productif et donc les reconvertir (sous réserve qu’ils acceptent et en aient la capacité).

      Dans les toutes les entreprises ou administrations ou j’ai travaillé, en trente ans, j’ai constaté une chose. Un nombre de personnes non négligeable n’a pour seul but que d’encaisser son salaire en fin de mois et ne se sent pas impliqué dans la rentabilité de leur entreprise.

      Disons qu’au au total que 4 millions de français ne produisent pas de richesse réelle.
      4 millions de chômeurs.
      4 millions de retraités.

      Cela fait 12 millions de personnes improductives à rémunérer. Ils ne sont pas fautifs, bien sûr, ce n’est pas leur choix, mais c’est ainsi !

      Alors comment voulez vous qu’un tel système ne génère pas de la dette en permanence ?

      Il faudrait dès aujourd’hui sans juger ni dévaloriser qui que ce soit, poser les vrais problèmes de la France en terme d’efficacité économique, afin d’en chercher les solutions, vous ne croyez pas ?

    2. @ Paul

      Drôle de décompte. Mais confondre « ceux qui travaillent dans la finance » (est-ce que ça va jusqu’au guichetier?) avec les stratèges de la finance, qui eux, existent, je peux vous le certifier, est pour le moins curieux.

      Comparaison n’est pas raison, mais cela constitue le même biais que de considérer que le militant X du parti socialiste ou de l’UMP qui fait les marchés ou colle des affiches, joue le même rôle stratégique que Martine Aubry ou Xavier Bertrand

      @ Laurence

      Agissez autour de vous au quotidien, changez votre mode de vie s’il n’est pas conforme à vos valeurs, prenez des risques, apprenez à vivre avec la plus grande sobriété, débarrassez-vous tout de suite de vos habitudes de consommation, allez servir des repas aux restos du coeur, inventez vous une nouvelle vie, et vous verrez apparaître une nouvelle réalité.

      Elle sera d’autant moins angoissante, qu’elle sera très maîtrisable si les apprentis sorciers avaient décidés dans leur folie de nous faire boire la tasse. Non on n’est pas plus heureux avec une belle bagnole ou avec du beau mobilier ou avec des sports d’hiver. En occident, on nous dresse à être satisfait lorsque notre vanité est flattée, et c’est là la chaîne de notre esclavage. Or, On n’est vraiment heureux qu’avec les amis, (éventuellement avec la famille quand on a de la chance), et c’est gratuit. Mais les vrais amis, (ceux qui ne vous laisseront jamais dormir dans la rue) ça se mérite, c’est une démarche!

      L’ennemi, c’est la peur du changement, la peur de casser la routine, la peur du regard des autres. De plus, le changement collectif procèdera quelque part du changement individuel Le mouvement aura lieu quand tout le monde sera prêt.

    3. « L’ennemi, c’est la peur du changement, la peur de casser la routine, la peur du regard des autres. De plus, le changement collectif procèdera quelque part du changement individuel Le mouvement aura lieu quand tout le monde sera prêt. »

      Ou tout au moins une majorite. Mais je te rejoins, il faut deja etre pret et/ou changer individuellement.

  10. « Nous pourrions nous pardonner de ne pas comprendre des crises nouvelles, mais ce qui pose problème, c’est notre incapacité à tirer les leçons de phénomènes qui se sont déjà produits ! ».

    Quand nous nous mettons souvent en frais de libérer et marchander le monde de vitesse par dessus toutes choses de plus, de dicter aux autres et médiatiquement les mêmes valeurs de vie, de cupidité, d’avidité, de mercantilisme, de commerce, de marchandises, possible que nous en perdons alors davantage dans le même temps notre propre capacité humaine à en retirer les premiers des leçons surtout en période de crise.

    Il est peut-être plus sage de garder intacte sa propre capacité à tirer des leçons dans la vie, à grandir, à être heureux et libre avec peu de choses et modestement devant des enfants, pour soi même comme pour les autres en société, que de perdre peu à peu sa vie, dans le fait de vouloir souvent accumuler et gagner toujours plus de grosses d’argent en bourse, par attachement, par mimétisme, par singerie, par pure produit de proportionnalité aggravé.

    Posséder et travailler plus n’est peut-être pas se montrer toujours plus capable de changer courageusement les choses, de rendre le monde plus apte à changer de valeurs de vie, surtout si à travers notre propre position de réussite matérielle, la crise ne nous pas encore frappé douloureusement les premiers, comment véritablement alors tirer des leçons pour les autres, pourquoi nos élites n’écoutent-elles toujours pas les premières personnes touchées par la crise et les prophètes comme autrefois.

    Bien évidemment depuis le fâcheux épisode dans le temple avec un modeste charpentier, ces gens là n’aiment plus beaucoup entendre depuis les sévères mises en gardes. Les gens n’aimant pas vraiment aller au fond des choses ne pourront bien évidemment pas éviter que les choses se reproduisent de nouveau et de manière plus grave et douloureuse pour les peuples.

  11. Mais à quoi bon penser, réfléchir, méditer, témoigner, parler, partager, donner, grandir, aimer, courir, souffrir, marcher, crier de toutes façons ces gens là ne veulent pas du tout que les gens en finissent par voir la vie autrement sans eux.

  12. L’iniquité du système capitaliste (déjà mort) n’a toujours pas souffert d’une critique radicale officielle.

    À bas les banquiers, les footballeurs, les double ou triple patrons… les burkas, les fraudeurs à l’assurance maladie…
    À bas la colère du peuple, qui confond souvent légitime et avantageux…

    « La colère du peuple contre les banquiers est légitime », drôle d’ineptie, mais qui a le mérite de maintenir debout un peu plus longtemps notre décor en carton-pâte.

    « Il faudrait faire la différence entre les crédits selon leur finalité. Il y a ainsi des crédits qui financent l’activité réelle, de nouveaux actifs ou des investissements, qui débouchent sur de la croissance ; le remboursement s’effectue au moyen du cash-flow créé par l’activité nouvelle. Et d’autres financent le rachat d’actifs existants – les crédits pour l’immobilier, pour les LBO ou rachats d’entreprise – avec un endettement élevé, où ce sont les plus-values qui financent le coût du crédit. Ce sont deux formes de prêts très différentes, il n’y a pas de raison de limiter les premiers, alors que les autres n’ont pas toujours d’utilité sociale, ils peuvent même être dangereux. »

    Ah bon! moi qui croyait que le secteur automobile (par exemple) était subventionné et que la sécurité routière était un conte pour faire peur aux enfants.

    Ne vous en faites pas, elle va revenir, la croissance. À contre courant du flux fossile d’énergie globalisée. Rien que ça.

  13. Bonsoir à tous
    M. Jorion, nombreux ici sont ceux qui se demandent ce que nous pourrions faire pour tenter de faire » bouger les lignes »
    Un manifeste comportant vos propositions concrètes immédiates – à reprendre plus tard dans une constitution pour l’économie, que nous imprimerions tous pour l’envoyer signée:
    aux pouvoirs nationaux et européens en ce qui nous concerne; à savoir M. Le président de la République, Mme la Ministre des Finances, M Le Président de la BCE ( JC Trichet) + les 5!!!???? Présidents Européens en titre sinon en activité.
    Si ce manifeste comporte en tête quelques signatures réputées et expertes ce serait d’autant mieux. De Plus ce serait bien de pouvoir la soumettre, avant les élections européennes, aux différents partis politiques avec accompagnement de cette démarche dans la presse….
    Voilà un des avantages du web: vite et nombreux….

    Cordialement et merci encore.

    1. … Un manifeste comportant vos propositions concrètes immédiates – à reprendre plus tard dans une constitution pour l’économie, que nous imprimerions tous pour l’envoyer signée

      Pourquoi ceci ne fait-il pas l’affaire ?

      Les mesures que je préconise.

      … Si ce manifeste comporte en tête quelques signatures réputées et expertes ce serait d’autant mieux.

      Cette partie-là est beaucoup plus difficile à réaliser : si vous m’avez déjà vu dire que j’étais d’accord avec tel ou tel ayant des positions proches des miennes, vous n’avez encore jamais vu aucun de ceux-là faire de même. Vous avez dû même voir certains d’entre eux marcher sur mes traces en reprenant certains de mes thèmes, dans des termes quasi-identiques aux miens, mais sans jamais mentionner ni ma personne ni mes travaux. La différence est due selon moi à l’expérience psychanalytique qui vous permet sans difficulté, lorsqu’elle a abouti, de vous dissoudre dans un projet collectif sans avoir le sentiment que votre personne disparaît du même coup. Celui qui n’a pas connu cette expérience analytique s’attache à une image de soi-même à laquelle ses idées appartiennent de manière constitutive : le fait qu’elles lui soient propres lui paraît essentiel, si elles devaient être partagées, il aurait le sentiment que sa personne est dévalorisée.

    2. « le fait qu’elles lui soient propres lui paraît essentiel, si elles devaient être partagées, il aurait le sentiment que sa personne est dévalorisée. » : je pense que vous songez aux « idées neuves », celles par lesquelles on s’efforce de se singulariser, car votre assertion ne colle pas du tout avec les idées religieuses. C’est au contraire parce qu’on les sait partagées qu’on se sent soi-même valorisé.

      A propos, je signale une brève amusante: Dieu pense comme moi !

    3. @ Paul Jorion

      « Celui qui n’a pas connu cette expérience analytique s’attache à une image de soi-même à laquelle ses idées appartiennent de manière constitutive : le fait qu’elles lui soient propres lui paraît essentiel, si elles devaient être partagées, il aurait le sentiment que sa personne est dévalorisée »

      La psychanalyse rejoint là certaine positions du bouddhisme tibétain. Nous ne somme pas propriétaires de nos idées, celles-ci nous traversent (parfois nous habitent) parce telle est notre nature. Elles procèdent des 5 sens qui nous renseignent et qui comparent ces stimuli avec notre expérience . C’est pour cette raison qu’à certains moments des « leaders » émettent des idées, car chez eux, les « évidences » sont plus rapidement perçues que chez d’autres. Elles ne sont ensuite partagées par les autres que parce que le moment est venu (et que l’évidence est devenue plus évidente).

      Rien ne sert donc d’agir, si la conscience de l’inéluctabilité du changement n’est pas partagée par une majorité de gens, et cela le plus largement possible.On ne fait pas une révolution réussie avec la populace et on ne fait pas non plus de réforme isolé dans les ors de la république. Il faut que chacun, à son niveau, soit convaincu de la nécessité de la coopération (quasi désintéressée) qu’il peut apporter à l’ensemble du groupe et qu’il soit prêt à mouiller sa chemise et supporter l’inconfort momentané du changement. Corrélativement, il faut donc que les dirigeants soient persuadés que les démarches altruistes sont plus payantes pour eux et pour tout le monde que les démarches narcissiques et cyniques.

      d’où la nécessité un travail d’information important (que vous menez). Pensons à cet instant à la démarche d’hommes comme Gandhi ou Mandela dont l’action s’est déroulée sur des années avant que les thèse à priori évidentes qu’ils défendaient (l’indépendance de l’Inde et l’appartheid) ne deviennent à la fin évidentes aux yeux du plus grand nombre..

      Faire appel à des leaders actuels ou des partis politiques pour défendre vos idées ne me semble effectivement pas une stratégie payante. Sans vouloir dévaloriser qui que ce soit, il est manifeste qu’aujourd’hui, dans la plupart des milieux politiques ou intellectuels, on pratique la science sans conscience. Quand on ne fait pas que colporter des lieux communs élégants, ou non, (tel des chiens qui aboient dans un village en répondant sans raison à d’autres aboiements), sans jamais s’interroger sur le réel fondement des choses.

    4. @ Canard boiteux

      Un jour certains scientifiques en finiront bien un jour par localiser la zone du cœur et de l’amour dans un petit coin du cerveau comme tout le reste de l’homme d’ailleurs, comme ça un plus grand nombre de gens n’auront même plus à faire la démarche et l’effort de le chercher, de le trouver, de le cultiver et de le guérir autrement, ne te connais plus toi-même, mais connais-toi d’abord à travers la propre expérience d’un autre.

      Mes performances ( collectives ou pas ) ont finalement rattrapé mon ego. [Ato Boldon]

      Le travail sur l’ego va être une des premières épreuves capitales de la traversée. [Anonyme]

      Il y a toujours une petite part d’égo additionés qui se cache bien dans une foule quand bien même
      je n’aimerai plus du tout voir le capitalisme ou le capitaliste en moi même comme en l’autre.

    5. « Celui qui n’a pas connu cette expérience analytique s’attache à une image de soi-même à laquelle ses idées appartiennent de manière constitutive : le fait qu’elles lui soient propres lui paraît essentiel, si elles devaient être partagées, il aurait le sentiment que sa personne est dévalorisée. »

      C’est excessif, fort heureusement on peut se passer de psychanalyse et neanmoins se « dissoudre dans un projet collectif sans avoir le sentiment que votre personne disparaît du même coup. »

    6. Le malin me chuchote à l’oreille tu as souvent trop donné pour les autres mais en retour que dalle, regarde même mme Lepage n’a même pas daigné te répondre et te donner une petite pièce l’autre jour, à quoi bon partager, t’user davantage, te dissoudre dans la masse, dans la foule pour servir qui et quelle cause exactement, beaucoup lisent mais bien peu donnent en vérité faute de moyens, dans tout ce flot continuel de commentaires, de billets, de sujets, demain tout ce que tu auras écrit sera déjà bien oublié et dans 50 ans plus personne même ne se souviendra même pas de ta propre démarche collective ou pas, et en ce temps là avant le jour d’après, quelle importance de continuer, de partager des choses, des réflexions, des ressentis douloureux ou pas sur la crise, car beaucoup préfèrent encore se tirer dans les pattes soit en matière de ceci ou de cela. Oui il me faut d’abord penser à moi maintenant, si je veux vraiment m’en sortir matériellement, ça c’est du concret, car de toutes façons les dés sont bien pipés partout, quand bien même je lancerais mon propre blog cela n’y changera rien non pas par découragement mais par lucidité, je ne peux à la fois donner, partager, participer et dans le même temps faire face à conditionnel d’existence se mettant peu à peu partout en place sinon couic, c’est le chantage à la vie.

      Le prophète est surtout fatigué de crier dans le désert, il n’a plus de voie qui lui offrira un petit menthos. Je passe le relais que puis-je faire de plus à mon niveau, en plus je ne suis pas du tout économiste, j’aurais pourtant tout essayé je ne peux faire plus, ce n’est peut-être pas aussi le bon moment pour leur parler d’autre chose, je retourne donc alors dans le troupeau me fondre de nouveau dans la masse comme un inconnu.

      Chut n’en dites surtout rien à nos méchants Maitres.

  14. qui en france parmi les responsables politiques et/ou financiers partage le point de vue de Mr Turner ?
    et aux US ?
    la grogne qui monte dans le peuple n’est effectivement pas synonyme d’action ou de réflexion.
    quoiqu’il en soit les faits sont têtus et on peut toujours se cacher la tête dans le sable quand l’heure est venue il faut payer
    mais bravo à ceux qui s’expriment ainsi
    je continue à penser que l’europe échappe en ce moment à l’occasion de proposer qqchose de nouveau.

    1.  » Je continue à penser que l’europe échappe en ce moment à l’occasion de proposer qqchose de nouveau.  »

      Vous voulez dire certainement plus courageux car tout ce qui est proposé de nouveau n’est pas forcément plus différent à suivre, pour le progrès facile peu dérangeant dans les corps comme dans les esprits les gens rechercheront toujours à en faire le moins possible.

  15. Il me semble que le seul moyen de faire pression à l’heure actuelle est d’organiser des boycotts de la consommation. De telles initiatives existent au Canada.

  16. Cela ressemble davantage à un sauve qui peut, il faut à tout prix qu’on sauve ce merveilleux système à faire du cash (en exploitant au passage 80% de l’humanité) qu’à un plaidoyer pour améliorer le sort l’humanité.

    La citation des LBO comme instrument utile me laisse songeur et doit laisser songeur bon nombre de personnes ayant connu ces activités sur leur entreprise.

    1. Bonjour Vincent,

      Tout est loin d’être clair pour moi, mais j’ai plutôt compris que les LBO ainsi sur les prêts immobiliers accordés uniquement sur la base d’un future valorisation du bien (cas des subprimes aux USA) étaient à « limiter » (encadre / supprimer ???) selon Mr Turner.

      Cordialement

    2. @Hema

      Merci pour votre réponse. J’ai relu à tête plus reposée et effectivement, vous avez raison, il semble bien qu’il place les LBO dans la catégorie nuisible.

      Ma réaction était donc trop rapide et avec trop peu de recul.

  17. Les politiciens et dirigeants en France sont hors système et font parti de la caste des privilégiés: Les députés et ministres s’octroyant des retraites dorées et à vie sont les représentants d’une monarchie néo-libérale dont ils sont les chiens de gardes. Donc, ne comptez pas sur eux, le système financier les arrosant à tout va, ils ne vont pas s’en plaindre ni l’abroger .. Le syndicats en prennent d’ailleurs le chemin.

    Seul la classe moyenne majoritaire, si elle en a encore les moyens, devra se prendre en main … C’est pas gagné.

    Idem pour tous les pays riches du G7.

  18. La proposition de Steve me va très bien : « le manifeste »,
    ainsi que le boycott à la consommation d’Henri.

  19. De toutes facons, quel que soit le destin de la FSA à l’ issue des prochaines élections ( les Conservateurs souhaitant
    l’enchasser au sein de la Banque of England ), les derniers chiffres publiés par la BOE parlent d’eux-memes: -7,6%
    pour le crédit aux entreprises, +0,9% sur les crédits hypothécaires, +0,5 % crédit aux particuliers, sur les douze derniers mois, vs 200 mds de livres de QE, pour cinq trimestres de récession, une sortie de récession qui n’est meme pas encore confirmée de +0,1% au dernier trimestre, une devaluation de facto de la livre, le retour de l’inflation et une prévision de croissance 2010 de 1,1%…

    Par contre, sur le cote positif, les trois parties du tripode de la régulation anglaise semblent etre sur la meme longueur d’ondes, Lord Turner en serait quelque sorte le porte-parole, ou porte-voix puisqu’il dirige le groupe du Financial Stability Board, dont les progrès dans la réfléxion restent encore inconnus, et qui doit / devait remettre sa copie au mois de mars.

    Reste la question de savoir si les ‘régulateurs’ britanniques parviendront à une nouvelle législation votée avant l’échéance électorale de Juin, qui aurait le mérite de créer et un modèle et un précédent ‘politique’ face aux incertitudes et obstacles corporatistes et politiques que rencontre le projet de réforme aux Etats-Unis.

    Le président de la BIS dans sa déclaration de Sydney, appelle à un renforcement des ratios de capitaux et de liquidité, faisant remarquer que ‘what proved costly was cross-border investments in securitized assets’, ce qui a du plaire à Bernanke , et semble appuyer les principes de la « Volcker Rule ». Restent le ‘shadow banking’, et les ‘chinese walls’ nécessaires, et la régulation des ‘derivatives’, 604 mds de $ selon leur dernière compilation de juin 2009, les deux monstres à mettre en cage…

  20. « J’entends beaucoup de gens réclamer des changements.
    Je ne comprend pas.
    Les choses ne vont-elles pas suffisamment mal comme cela? »

    Victoria Reine d’Angleterre.

    1. Lorsque je ne souffre pas encore de la crise, de mes idées, de mon monde, de ces pratiques, de mon propre fonctionnement, de mon trop plein de savoir, de mes richesses pourquoi devrais-je réellement commencer à changer et à me repentir, si surtout l’autre me permet encore ……….

  21. Cher François,

    Exprimons nous clairement. J’apprécie la modération, pas la censure.

    Je ne crois pas dépasser les bornes de quoique ce soit en écrivant : Le sieur Adair Turner tient des propos particulièrement stupides et indignes de sa fonction lorsqu’en sa qualité de régulateur financier en GB il affirme : il faudrait faire la différence entre les crédits selon leur finalité (pour le reste voir 4ème paragraphe de votre intervention ci-dessus).

    Le citoyen lambda sait parfaitement, lui, que son banquier ne concède pas les mêmes taux pour un prêt personnel, un prêt auto ou un prêt immobilier.

    Je déplore que vous en soyez réduit à mettre en valeur des propos aussi intelligemment pauvres que ceux tenus dernièrement par
    Adait Turner. Il est vrai que dans le créneau de la finance , l’intelligence ordinaire et l’honnêteté quotidienne sont rares.

    1. C’est l’actualité qui me dicte le choix des sujets ! Les propos d’Adair Turner étant très détonants au sein de l’establishment auquel il appartient.

      Remarque: il ne préconise pas de différencier les taux des crédits suivant leur usage, ce qui serait effectivement trivial. Il déclare dans son interview : …il n’y a pas de raison de limiter les premiers (crédits), alors que les autres n’ont pas toujours d’utilité sociale, ils peuvent même être dangereux..

      En d’autre terme, il propose donc de limiter parmi les seconds, sans plus de précision. Je ne sais pas comment il s’est exprimé en Anglais, mais dans le contexte je comprends supprimer.

  22. Excellenete réfléxion de se Ms Adair Turner,

    Le problème me semble beaucoup plus simple, est ce que les conglomérats militaires ont envie de paix, se qui nuirait obligatoirement a leur activité et a leur revenu. Mettre le désordre et le maintenir voire l’améliorer reste pour cette petite minorité leur unique moyen de gagner de l’argent.

    Donc le problème de état unis me semble plutot simple, il ont virer l’industrie de consommation et de confort en chine, chez leur ennemi politique. Il ne leur reste donc que l’industrie de déstructions, de guerre militaire et financière, bien que le second viens de se prendre une sacré claque.

    Donc comment faire pour maintenir un PIB avec se qu’il leur reste de productivité local ?

    Il n’y a a mon avis pas 50 000 milles choix, 3 tout aux plus.

    1) une grande guerre
    2) une grande victoire financière, m’enfin là, il ne controler plus vraiment les choses, ils improvisent. certes il improvisent bien pour le momment mais, est ce que cela durera ?
    3) il accepte avoir fait des conneries et propose une remise en ordres de leur systèmes de destruction massive financière, système qu’il ont malheureusement testé chez eux, sans le savoir et qui risque de NOUS couter trés cher, eux y compris.

    Article 4 ou 6 des Droits de l’homme, cher aux amméricains, résumé a ma manière, la nuisance n’est en aucun cas une activité utile, surtout lorsqu’elle est appliqué a son propres peuple et a sa propres civilisation. Je ne dis pas que ce n’est pas valable pour les autres peuples et civilisations, mais comme il n’ont pas choisi ses loi, je ne m’autorie pas a la leur imposé, tu comme je ne leur autorise de m’imposer les leurs.

    bonnes soirée et espéront, car il ne nous reste malheureusement que cela. Que ces gros cons de banquiers, soit foutu au trou manu militarie. Et avec confiscations de tout leurs biens. Ensuite les choses devrait pouvoir s’arranger assez vite.

    1. @logique

      « Que ces gros cons de banquiers, soit foutu au trou manu militari ».

      Ce n’est pas une bonne idée. On a coupé la tête à pas mal de nobles, pendant la révolution, et pourtant, ils sont encore là, justement très présents dans la finance-banque-assurance.

      La solution est de fustiger leur attitude comme inhumaine, anti-sociale, inefficace (socialement), égoïste, cynique, dépravée et par dessus tout stupide.

      Divulgons auprès d’eux cette information, vérifiée chez certains que j’ai pu connaître: la fin est très dure pour les financiers inhumains: délaissés par leur entourage, aigris, dépossédés de leur pouvoir, perdant la mémoire, faisant sous eux, implorant pitié auprès de leurs enfants pourris jusqu’à la moelle et aussi inhumains qu’eux (cf Bettancourt mère et fille) etc.

      Souvenons nous de la fin du banquier Edouard Stern en Suisse, en tenue bizarre et en bizarre compagnie, lui qui avait réussi à faire pleurer Joan Baez (qui n’est pas une petite fille) en la ridiculisant, en la traitant de baba, dans un château en Normandie où celle-ci avait trouvé refuge, chez un mécène de ses relations.

  23. Si on ne met que des intentions sans un peu de vie, de toute façon c’est rapé. Et pour mettre de la vie chez les gens, il faut leur donner l’impression d’être autre chose que des torchons sur lesquels ont s’essuie la pensée, la politique, l’économie ou les idéologies. Les êtres humains doivent être considérés comme autre chose que des éponges d’un côté, des rebus d’un autre, d’outil de travail, de machine à faire voter des machines, de courroies de transmission à répéter l’opinion du jour, de remplisseurs inertes de déclaration d’impôts, d’autorisés très conditionnellement à manifester ou exercer une activité non rentable… Bravo lord Turner qui persiste, enfin un honnête hommes au milieu de cannibales professionnels, mais pour seulement situer des solutions au niveau de la circulation des flux et non pas sur ce qu’ils doivent irriguer, comment on irrigue, comment on intègre l’économie dans la démocratie sur la base d’une reconnaissance du travail, des populations, des vieux, des jeunes, sur base d’une conception égalitaire et donc d’un transfert de richesse des riches vers les pauvres, de l’économie privée vers le public, des générations présentes vers les générations futures, du nord vers le sud, de l’industrie vers l’agriculture et des nouvelles nouvelles sources d’énergie, du global aliéné vers le local réapproprié, du temps insouciant et long des classes possédantes vers celui trop raccourcis des classe populaires… Toujours à creuser

  24. Imaginez si les intérêts étaient au service des Etats et ceux qui les gouvernent des Sages.
    Qu’il est doux de rêver.

    1. Les révolutionnaires n’ont pas passé leurs temps à discuter, ils ont agi.
      Pour l’instant tout le monde discute, blablabla : Oh, ah, c’est affreux, scandale, faut faire çi, faut faire ça…
      Que se passe t-il? Rien, le rouleau compresseur de la crise continue, les spéculateurs agissent en toute impunité, les élites palabres, le peuple compte les points.

    2. Toutes les révolutions française ont au moins un point commun : Le niveau d’imposition délirant qui pousse le peuple à se révolter contre les puissants. C’est parce que la monarchie était déjà ruinée en 1789 qu’elle impose d’avantage les paysans et le négoce via l’octroi. Alors :

      – Cesser de payer ceux qui ont légalisé et légitimé le système en place, ça s’appelle la grève de l’impôt.
      – Cesser de voter pour ceux qui ont légalisé et légitimé le hold-up de la finance en octobre 2008, ça s’appelle exercer son droit de retrait vis à vis d’un système « démocratique » qui n’a de démocratique que son nom.

      Tant que les citoyens ne prendront pas conscience que le capitalisme moderne a été juridiquement légalisé par des politiques qui en ont fait leur métier, vous attendrez longtemps une « constitution pour l’économie ». Si vous faites confiance aux partis en place avec leurs historiques et leurs businessman, une telle constitution sera rédigée au poil pour leurs intérêts, ils en feront même un copyright à leur nom. Mieux qu’une constitution : les commandements à l’économie, le premier « pas de paris sur la fluctuation des prix », le reste en découle logiquement : Soit mettre à notre botte l’économie pour notre bien, et ne pas en faire une nouvelle religion « constituée » pour politicien de métier.

    3. @ José

      J’aime ton côté boy scout. On lève une armée, on marche sur Paris, on prend la Bastoche etc.

      « Les révolutionnaires n’ont pas passé leurs temps à discuter, ils ont agi. »

      A bien réfléchir, c’est justement ça le problème. Ils auraient du plus discuter et moins agir! Les manipulateurs à l’origine de ces mouvements ont profité de la tendance naturelle à l’action des foules exaspérées pour assoir leur pouvoir. Et elles ont donc toutes abouties soit à une répression sanglante, soit à une dictature (parfois les deux).

      Quand je suis passé devant un sans-logis couché sur ses cartons, ou lorsque j’ai parcouru l’été dernier les pays d’Europe de l’Est à vélo, je n’ai pas eu l’impression que les révolutions, française ou communiste avaient changé quoique ce soit au sort ultime des populations.

      J’avais envoyé un billet à Laurence en termes un peu outrés, donc il n’est pas passé. Mais il décrivait en termes assez durs comment la virée en car vers Paris et Rennes des pêcheurs du Guilvinec, lors d’une des nombreuses crise de la pêche, avait abouti à l’incendie du Parlement de Bretagne, un point, c’est tout. Il décrivait également comment les outrances des révoltes des agriculteurs, il y a une dizaine d’années avait abouti à la défenestration (heureusement sans gravité) du fils du concierge de la Préfecture de Quimper.

      L’action, c’est sympa, ça flatte l’égo, ça nous donne de l’importance, on a l’impression d’être dans le mouvement, dans l’Histoire. Mais la seule chose qui tienne, c’est de convaincre l’adversaire, ou au moins le forcer à renoncer en le désignant d’une façon irréfutable comme un ennemi personnel de l’humanité toute entière.

    4. Et bien je pari que dans un an vous serez encore à discuter du pourquoi et du comment.
      Vos idées n’auront pas avancées d’un pouce. Vos « adversaires » ne seront pas plus convaincus.
      Vous serez toujours impuissant face aux évènements.
      Pourquoi? Parce que ceux qui sont responsables de cette situation ne passent pas leur temps à parler. Ils ont les moyens d’agir et personne ne les en empêche.
      Il serait peut-être temps de faire du forcing pour mettre toutes les propositions et les idées développées ici en pratique.
      Parce que au train où ça va, la crise vous retira peut-être la capacité de payer votre abonnement internet ce que je vous souhaite pas.

  25. Cher Paul,

    N’avez-vous pas remarqué que dans mes questions je reprends s y s t é m a t i q u e m e n t les termes employés dans l’article ou le billet auxquels ils font référence ?

    Cela pour souligner le caractère flou de ces mots ou de ces concepts.

    Et aussi pour mettre en évidence l’abscence de propositions d’ a c t i o n s c o n c r è t e s
    au-delà des analyses pointues et intéressantes .

    Décentraliser les Banques? ok. Comment arriver à ce résultat ? Moi je ne sais pas.
    (cfr Madame Lepage)

    Et ainsi pour chaque allusion un peu évasive… et sans suite !

    « Que peut-on faire ? »
    « Qui peut le faire ? »
    « Comment ? »

  26. @logique dit
    Il ne faut pas oublier les munitions de type critère « Qualité » pour remettre un peu de protectionnisme sur une activité importante dans la guerre économique . L’automobile japonaise est entrain de connaître une des batailles de communication qui peut en annoncer d’autres , mais qui est assez conséquente . Rappeler ou rapatrier , le mouvement de « repli stratégique » n’est-il pas suffisamment clair ? En plus , tout bénéfice , message technique principal subliminal , il s’agit de mieux freiner … les voitures japonaises…
    C’est minime par rapport au « bourbier » strictement militaire bien entendu , mais un signal aussi fort n’est pas négligeable .

  27. Hello!

    Et si on imprimait déjà tous ‘les mesures que je préconise’ de Monsieur Jorion (9 février, 21h53),

    et on se refile ici toutes les adresses auxquelles il serait bon de faire parvenir ce document ?

    Il y a déjà bcp de monde ici et en en parlant autour de nous……

    Qu’en pensez-vous ?? Ce serait un début…

    1. Vous avez parfaitement raison. Si les gens se font tondre c’est parce que règne un certain l’aquabonisme, autre nom de l’impuissance.
      Si les gens ne bougent pas c’est surtout par ignorance. Chacun sait qu’il y a des bons et des méchants, des riches et des pauvres, et les premiers dans le rôle de ceux qui vivent aux dépend des seconds, mais cela ne dépasse guère ce stade de la réflexion.

      Il manque au plus grand nombre une explication globale et compréhensible des mécanismes qui sont à l’oeuvre dans le système.
      Paul fournit ces clés, les premières clés, car son travail n’est pas achevé. Il ne peut non plus être au four et au moulin, ses journées n’ont que 24 heures, c’est donc à nous ses lecteurs de partager ce que nous avons pu apprendre ici et dans ses livres, notammment, « L’argent mode d’emploi ».

    2. Les associations d’ aides aux personnes âgées sont en asphyxie financière. La réponse de l élu (augmenter les impôts) est des plus classiques et s inscrit dans la droite trajectoire déclinante du modèle de l homo economicus (l argent , rien que l argent…).
      La personne âgée n éprouvera guère de reconnaissance envers un politicien, elle se souviendra en revanche de celles et ceux qui lui donnent de son temps de façon réellement désintéressée, sans vendre de la politique ou de lbideologie.

      Un exemple d’ une telle personne est Cathy Saraï .

      « Comme beaucoup, je n’ai connu Cathy qu’à travers mon écran de télévision et pourtant, j’ai l’impression d’avoir perdu quelqu’un de proche…Son décès brutal me touche et me boulverse.
      Cathy était une femme bien.Un personne humble, humaine qui savait donner de son temps pour les autres et faire le bien autour d’elle…des personnes comme il y en a peu aujourd’hui. »

      A Laurence , a l ami de Saint Naz , a Jeremie:
      C est de cette manière que les choses changeront vraiment et durablement. Car quand nous agissons comme cette personne, nous changeons en bien a nos propres yeux, et retrouvons l espoir que d’ autres suivent le même chemin, pour ensuite changer l humanité entière.
      Lorsqu une famille entière est réunie autour d’ un vrai repas, et que chacun prend le temps de se parler, plutôt que de grignoter dans son coin des produits multi  emballés avec chacun des écouteurs pour mieux s’ isoler des autres, on crée une brèche dans le blindage de la finance, car c est autant de temps qu elle ne vous a pas volé.

    1. Vous touchez là un point sensible : un revenu permettant d’assurer les besoins fondamentaux devrait être dans l’avenir, selon moi et pas mal d’autres, garanti de la naissance à la mort à chacun !

      Il y a une réflexion internationale sur ce thème, qui me semble s’élargir, en dépit du caractère profondément utopique d’une telle mesure, plus réaliste que l’on ne croit.

      Réalisation partielle et imparfaite de celle-ci, le programme Bolsa Familia (la bourse de la famille) concerne environ 50 millions de brésiliens, sur une population globale estimée à 180 millions. Lancé par Fernando Henrique (Cardoso), il a été ensuite développé par Lula.

    2. Merci de votre réponse

      Parmi la classe politique actuelle, y a-t-il quelques personnes qui en sont également convaincus ?

      J’aimerais beaucoup avoir l’avis de Madame Corinne Lepage qui fréquente ce blog.

      Beaucoup on crié à l’utopie irréaliste lors de l’instauration des congés payés…

      Il me semble en effet que l’instauration d’un tel revenu pourrait sensiblement diminuer la dominance sociale (je suis en parfait accord avec Betov sur ce point: la clé d’une société plus juste, plus apaisée devra passer par la diminution de la dominance sociale).

      D’une plus grande liberté quant aux choix de vie de chacun résulterait moins de crispations, de frustrations diverses…

      Une part de revenu de base, une part de salaire en échange, ça doit pourtant être possible à réaliser.

      V., François, Paul et les autres 🙂 , tentons de faire comprendre que, comme le dit une intervenante dans la vidéo en question: « Ca fait cent ans qu’on trime pour faire diminuer le travail! »

      Merci!

  28. @ Philippe de

    mon métier : accompagner des personnes handicapées mentales au quotidien : joies,angoisses,soins des corps et des âmes avec toute l’humilité et l’empathie que cela suppose.

    Mon quotidien : avec ce que ce métier me rapporte : frugalité dans TOUS les domaines et conscience aïgue de la fragilité potentielle des gens et de leur ‘croyances’.

    Excusez-moi mais la teneur de votre réponse m’échappe un peu.

    1. C’est marrant, ma femme fait le même boulot. Oui, je vois bien ce que ça représente, Bravo. Ca ça fait vraiment changer les choses, surtout pour ceux dont vous vous occupez. Ca explique probablement également votre sensibilité à fleur de peau, et excusez-moi si j’ai pu être offensant avec mes commentaires.

  29. @ Bertrand 10 février 2010 à 16:22

    « Toutes les révolutions française ont au moins un point commun : Le niveau d’imposition
    délirant qui pousse le peuple à se révolter… ».
    C’est inexact pour 1789. En moyenne, le taux d’imposition n’était pas « délirant ».
    Je dis ‘ en moyenne’, parce que les régimes d’imposition ‘direct’ et ‘indirect’ variaient
    selon les provinces; en fait, c’était l’anarchie et le particularisme poussé
    à l’extrême, injustes l’un et l’autre. Par comparaison , le parlement anglais extrayait des impôts
    plus élevés…mais sur l’ensemble des actifs. ( Le fisc anglais, hérité des Normands,
    a toujours été de haut rendement.)
    Le pays était riche et en pleine expansion; la France concentrait
    le tiers du numéraire en Europe; les ports, Atlantique et Méditerranée, étaient
    très actifs. L’ industrie commençait à être touchée par la révolution industrielle.
    soutenue par des chercheurs et scientifiques de très haut niveau.
    Certains des intendants avaient une idée dynamique de leur rôle…
    Le pays avait un solde des échanges toujours positif, à part
    les périodes de guerre.
    Bref, un pays globalement florissant, mais pas cependant à l’abri de crise alimentaire.
    La révolution est devenue ‘obligatoire’ quand la Noblesse a préferrée défendre
    ses ‘droits’ plutôt que les intérêts du pays. Elle refusait de prendre sa part
    dans les impôts, extrayait du système des pensions une part croissante
    de la richesse nationale et se fermait à l’esprit du temps : maintien des privilèges,
    refus de l’ouverture à l’accession aux fonctions dans l’ Etat, et refus de travailler.
    Il me semble que sa condamnation vient autant du refus d’ être productif
    que du refus des impôts.

    En gros, en 1789 la révolution a éclatée dans un pays riche avec un Etat
    aux finances exsangues. Les parallèles avec la situation actuelle sont évidents.

  30. Bonjour,

    @ Daniel,

    Oui, une petite leçon d’histoire ne fait de mal à personne ; surtout lorsqu’elle n’est pas tronquée. Tout cela est vrai.
    J’ajoute que « la noblesse » manquait elle-même de cohésion dans la mesure où certains nobles, hobereaux de provinces, étaient désargentés et aimés du peuple (notamment en Vendée : 🙂 : quelqu’un connaît-il François Athanase de Charette de la Contrie ?) tandis que d’autres, plus en cours, ne connaissaient à l’évidence aucun problèmes financiers mais étaient détestés du peuple en raison, notamment, de leur morgue à l’égard des difficultés générales de la population (le Tiers Etat).
    Par ailleurs, la bourgeoisie naissante n’avait pas accès aux postes clefs de l’administration territoriale générale, ce qui développait une rancoeur d’autant plus aiguë que cette bourgeoisie avait de plus en plus de moyens financiers (développement commercial et début de la société industrielle) et que ses droits ne suivaient pas.

    Cordialement,

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