L'actualité de la crise: incertitudes politiques américaines, par François Leclerc

Billet invité

INCERTITUDES POLITIQUES AMERICAINES

Avant même que le parti démocrate ne perde au début de la semaine les élections sénatoriales du Massachusetts, et par la même occasion Barack Obama la majorité empêchant au Sénat le flibustage (qui permet à la minorité de faire dérailler le processus d’adoption d’un texte de loi), de nombreux commentateurs s’interrogeaient sur ce que ce dernier était susceptible de préparer. Remarquant que sa chute de popularité, ainsi que celle des élus démocrates, prenait de l’ampleur et devenait problématique, alors que se profilent les midterms (les élections à mi-mandat). David Axelrod, conseiller de Barack Obama a d’ailleurs commenté ainsi l’élection perdue: « Ce que nous avons vu au Massachusetts, c’est la même inquiétude (que partout) de la part de la classe moyenne sur la situation de l’économie : les salaires bloqués, les emplois perdus ».

Il avait été déjà noté que l’annonce par le sénateur Christopher Dodd, président de la commission des banques, qu’il n’allait pas se représenter en vue d’être éventuellement réelu, n’était pas bon signe pour la suite des discussions sur la loi de régulation financière. Car cela le libérait de la pression des électeurs, alors qu’il est considéré comme proche des intérêts des milieux financiers (il a du s’expliquer sur les conditions préférentielles d’un prêt immobilier hypothécaire consenti par l’organisme spécialisé Countrywide). Première victime annoncée de cette situation : l’agence de protection financière des consommateurs (CFPA), défendue avec acharnement par l’administration, combattue avec virulence par les banques, finalement adoptée par la Chambre des représentants, dont il est prédit que les sénateurs pourraient ne pas retenir le principe de sa création. Elisabeth Warren, présentée comme susceptible d’en prendre sa tête, a déclaré à ce propos à Reuters qu’il sera possible de coller une étiquette avec écrit « Made in Wall Street » sur la loi de régulation financière, si les lobbyistes des banques parviennent à avoir la peau du projet d’agence des consommateurs.

Des rumeurs s’étaient ensuite répandues à propos de l’attitude que les mégabanques s’apprêtaient à adopter, pour faire suite à l’annonce du projet de taxation des banques de Barack Obama, qui doit encore être approuvé par le Congrès. Sachant que le passage devant le Sénat risque fort d’être plus périlleux que celui devant la Chambre des représentants. Allaient-elles se contenter d’entamer une vigoureuse action de lobby, comme elles l’avaient fait avec succès à propos de la taxation des bonus, qui a été abandonnée en chemin ? Ou bien s’engager dans une escalade  ? L’annonce opportune de l’engagement de Carter G. Phillips, un avocat de renom spécialisé dans les actions devant la Cour Suprême, par la Securities Industry and Financial Markets Association, au sein de laquelle sont regroupées la plupart des établissements financiers, alimentait les commentaires et laissait à penser que les mégabanques avaient plusieurs fers au feu. Et qu’elles entendaient le faire savoir, afin de montrer toute leur détermination. Une action légale était donc à l’étude. Il apparaissait cependant que le front des banques n’était pas uni, et que certains importants dirigeants de celles-ci craignaient qu’une exacerbation des réactions à leur égard puisse résulter d’une telle initiative.

Forts de toutes ces considérations, les commentateurs se demandaient alors si une logique de confrontation n’allait pas s’enclencher entre l’administration Obama, à la recherche d’un second souffle politique, et des banques toujours aussi sûres de leur fait, habituées à imposer leur quatre volontés, déterminées en la circonstance à ne pas subir une quelconque taxation. Au plan politique, ils relevaient aussi que les républicains, fort silencieux, avaient été pris à contre pied par l’annonce de la taxation, ayant des difficultés à choisir entre deux attitudes : soutenir une taxe contraire à leurs principes les plus sacrés mais leur permettant de continuer à surffer sur la vague du ressentiment contre les banques ou bien défendre celles-ci. Alors que des « libérals » profitaient de la situation pour demander que l’on n’en reste pas là et qu’une lourde taxe sur les bonus soit aussi instituée.

Cette incertitude venait s’ajouter à une situation déjà porteuse de développements inattendus, de nombreux fronts étant simultanément ouverts. Les auditions de la Commission d’enquête sur la crise financière se poursuivant, donnant à Sheila Bair, présidente du FDIC, l’occasion de prendre toutes ses distances avec la Fed et la perspective qu’un rôle central soit confiée à celle-ci en matière de régulation, en raison de ses responsabilités dans le déclenchement de la crise. La Fed, ainsi que le Trésor, recevant par ailleurs chacune une assignation de la Commission de contrôle et de réforme de l’Etat (une commission parlementaire), afin d’obtenir après les avoir demandé sans succès, et sans plus de procédure, les documents relatifs au sauvetage d’AIG. La polémique continuant d’enfler à propos des conditions dans lequel celui-ci a été opéré, au profit de certaines mégabanques, dont Goldman Sachs. Timothy Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor et président de le Fed de New York à l’époque des faits, qui était au centre de l’affaire, allant finalement être entendu le 27 janvier prochain par la Commission sur cette affaire, après avoir tenté de se défausser. La Fed tentant pour sa part de le faire, afin de ne pas communiquer les informations, en déclarant accepter d’informer la Cour des comptes, comptant sur sa réserve et sa discrétion.

Que pourrait engager Barack Obama, pour tenter de renouer avec ses électeurs perdus ? Selon certains, une nouvelle offensive pourrait être lancée, sur un terrain très sensible. A la faveur d’une enquête portant sur la nouvelle et forte concentration du pouvoir bancaire, qui pourrait déboucher sur des mesures anti-trusts dans certains domaines d’activité financière particulièrement lucratifs, où la concentration est très importante.

Relayant le débat américain, Le Financial Times publiait en ce début de semaine coup sur coup des articles de Simon Johnson du MIT Sloan School et Peter Boone de la London School of Economics, ainsi que de Mohamed El-Rian, patron de PIMCO (le plus important des acteurs du marché obligataire américain). Tous faisant en substance valoir que le projet de taxation des banques ne réglait rien et que le risque était grand qu’il soit un substitut « au besoin urgent de mesures de régulation structurelles », comme a écrit le dernier d’entre eux. Simon Johnson et Peter Boone concluaient par ailleurs un article dans le New York Times ainsi  : « Ne croyez pas que la taxation est une solution. Nous avons besoin d’une régulation simple, transparente et de banques plus petites », après avoir développé ce qui permettrait selon eux d’y parvenir (un point de vue qui rejoint celui exprimé sur ce blog).

Du côté de Barack Obama et de son administration, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’ils vont tirer les leçons de l’échec rencontré dans le Massachusetts, symbole d’une situation politique générale très préoccupante pour lui et le parti démocrate, et prendre des initiatives à l’encontre des mégabanques. Barack Obama a, dans les dernières quarante huit heures, donné des indications contradictoires sur sa volonté, ou non, de revenir sur une politique de recherche de consensus avec les républicains, qui pourtant ne fonctionne pas. A la fois pressant les membres démocrates du Sénat de ne pas tenter de passer en force, pour faire adopter la loi sur la réforme de la santé (en profitant d’astuces de procédures permettant de voter avant que le nouveau sénateur républicain du Massachusetts, qui fait basculer la majorité, ne soit en mesure de le faire) et rappelant aussi, dans un autre contexte, qu’il y avait d’autres moyens de faire avancer les choses que de passer par le Congrès, en signant des décrets présidentiels.

Rien dans la politique qu’il a jusqu’à maintenant suivie n’autorise à penser qu’il pourrait décider de croiser le fer avec Wall Street, alors qu’il s’est contenté jusqu’à maintenant de ne le faire qu’en paroles. Il y a toutefois dans la situation actuelle une dynamique qui pourrait l’amener à aller plus loin qu’il ne l’a fait jusqu’à maintenant.

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20 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: incertitudes politiques américaines, par François Leclerc »

  1. « Au plan politique, ils relevaient aussi que les républicains, fort silencieux, avaient été pris à contre pied par l’annonce de la taxation, ayant des difficultés à choisir entre deux attitudes : soutenir une taxe contraire à leurs principes les plus sacrés mais leur permettant de continuer à surffer sur la vague du ressentiment contre les banques ou bien défendre celles-ci »

    Un jour ou l’autre il faudra bien qu’ils choisissent : leurs électeurs ou les banques ?
    Cruel dilemne !

    1. Pourtant contre toute attente, aux usa, ce sont les électeurs qui se rallieront aux banques, sinon à qui faire porter le chapeau de leur propres erreurs ? Les politiques deviendront les têtes à coiffer.

  2. Bonjour.

    Jusqu’a present il est saisissant de comparer obama et sarkozy.

    Au final, il s’agit quasiment du meme type de politicien: des communicantes habiles qui se fracassent sur les realites qu’ils contournent en donnant l’ilusion de la reforme.

    Mais j’y reviendrais dans la journee.

    1. Le système est vraiment surprenant non seulement il nous permet de rêver à chaque fois mais en plus c’est toujours la même chose qui se reproduit à l’antenne, la grande illusion médiatique du changement.

      Paillettes et confettis ne suffisent pas toujours une fois la place prise par un autre de plus.

  3. Un commentaire intéressant dans un post sur l’évaluation de la politique économique de HBO, de la part d’un analyste américain:

     ».. But Obama is yet another centrist, triangulating New Democrat in the Bill Clinton mold….In reality, Leftists are absolutely outraged at his legislative agenda.. Obama is a corporatist like other New Democrats of the neo-liberal mold. The schtick – as also used by Schroeder in Germany, Koizumi in Japan and Tony Blair in the UK – is to say the things that progressives want to hear, but do the things that big business wants to be done. You have to give a sop to the base here and there like exempting unions from the healthcare bill’s Cadillac policy tax. But, the goal is to curry favor with big business, which is the paymaster of both established parties in the U.S… If I had to define corporatism, I would call it “the policy whereby government favors of incumbent and larger enterprises over other businesses or households…. »

    http://www.nakedcapitalism.com/2010/01/obama-grading-his-first-years-economic-performance.html

    1. Tiens, je connais quelqu’un qui aurait été assez d’accord avec ce monsieur, et plus clair, si c’est possible:

      « Corporatisme serait une expression plus appropriée que Fascisme, dans le sens où il s’agit d’une union de l’État et du pouvoir économique » BENITO MUSSOLINI, Encyclopedia italiana

  4. Contre toute attente, aux usa, ce sont les électeurs qui se rallieront aux banques, sinon à qui faire porter le chapeau de leur propres erreurs ? Les politiques deviendront les têtes à coiffer.

    1. @ contre toute attente ..
      Parce que qui se passe vous surprend ? .. J’ai peine à le croire.
      Il serait temps de se demander pourquoi les gens ont voté républicain ?
      Ils ne sont pas tous stupides, apparemment
      amicalement

  5. Une deuxième analyse sur le possible changement de cap face à Wall Street par Simon Johnson:

    « Paul Volcker prevails »: ‘Paul Volcker, legendary central banker turned radical reformer of our financial system, has won an important round…The spin from the White House is that the president and his advisers have been discussing this move for months. The less time spent on such nonsense tomorrow the better. The record speaks for itself, including public statements and private briefings as recently as last week – this is a major policy change and a good idea. The major question now is – will the White House have the courage of its convictions and really fight the big banks on this issue? If the White House goes into this fight half-hearted or without really understanding (or explaining) the underlying problem of unfettered banks that are too big to fail, they will not win.’

    http://www.huffingtonpost.com/simon-johnson/paul-volcker-prevails_b_430869.html

    http://www.huffingtonpost.com/simon-johnson/paul-volcker-prevails_b_430869.html

  6. Il semblerait qu’aux États-Unis (mais pas seulement) il y ait une génération « manquante » à cause des 25 dernières années initiées par l’époque Thatcher-Reagan. Époque dévergondée, vermoulue sous nos yeux. Car cette « époque » a privé toute une génération d’expériences autres que celle de la dérégulation forcenée, voire délirante, et même démente qui devait nous faire « sortir de l’histoire » et accéder à l’Olympe de la richesse suprême pour tous dont le flambeau était tenu par ce couple infernal Thatcher-Reagan et leurs alter-égos jusqu’à présent. Tous les « débatteurs » politiques et économiques actuels ont tous « profité » sans broncher ou presque des mirages mirifiques des dogmes ultra-libéraux. À présent le « brouhaha » du marigot politique et financier à la fois, est toujours à peu près inintelligible. Grand merci à François Leclerc pour ses billets qui, une ou plusieurs fois par semaines, recense et décrypte au mieux les propos, les attitudes, les expressions, les réunions presqu’ininterrompues qui ont lieu ici et là où des formules ampoulées et absconses font un rideau de fumée et d’incertitudes sur une situation qui indique en creux et par défaut que, jusqu’à plus ample informé, et surtout clairement informé, le sytème financier prédateur perdure avec le concours de l’État…

    Et nous (dans le lmonde) les imbéciles payeurs, forcés et soumis que nous sommes à la loi scélérate fiscale, formons une masse amorphe. Vraiment la lucidité à déserté ce monde.

    De même, il est sans doute de moins en moins nécéssaire et important de tourner ses regards vers les États-Unis et de plus en plus nécéssaire de balayer devant notre porte, de se remonter les manches, pour assurer – dans l’ordre des priorités vitales – le maximum de productions physiquement possibles selon nos propres ressources et se préparer acivement en tant que société civile productrice, à prendre le contrôle monétaire de ce que nous produisons.
    Il nous faut nous affranchir: 1) et d’un pouvoir politique renégat jusqu’à la forfaiture vu son attitude de prévarication en faveur du monde financier et non pas en faveur de la société productrice, 2) d’un système financier qui confisque à la société la contrepartie monétaire de ce que la société produit physiquement en biens et en services.

    Qui produit les biens nécéssaires à la vie, doit être à même de contrôler la création et l’émission monétaire correspondante et nécéssaire à se procurer ces biens. Autrement qu’on m’explique clairement à quoi sert donc l’argent?

  7. Près de 5 milliards USD de bénéfices pour Goldman Sachs ce trimestre, soit 2 milliards de plus que les estimations des analystes. Et maintenant que l’équipe Obama a, paraît-il, l’intention de limiter les activités de trading (sutout pour compte propre) dans le chef des banques commerciales, Goldman va demander à redevenir une banque d’investissement. On se rappelle qu’elle avait très opportunément choisi de se transformer en Bank Holding Company pour pouvoir bénéficier du TARP qu’elle a remboursé entretemps. Ainsi va le monde…

  8. The schtick – as also used by Schroeder in Germany, Koizumi in Japan and Tony Blair in the UK – is to say the things that progressives want to hear, but do the things that big business wants to be done.

    Bien sûr que cela s’applique à N.Sarkozy mais aussi, malheureusement, à une majorité de socialistes en France après le tournant de 1983. C’est peut-être ce qui explique la desillusion des français et des britanniques telle qu’elle s’exprime dans le sondage relaté dans un précédent billet: qu’ils se tournent vers la droite ou vers la gauche officielle, ils ne voient que la même pancarte TINA brandie inlassablement sous leurs yeux (exemple entre autres: la position de M.Aubry sur l’allongement de l’âge de départ à la retraite).
    Il y a de quoi pousser à certaines extrémités même les plus calmes…
    Il n’y a pas d’Action sans Verbe mais quand l’Action se réduit au Verbe, la violence n’est jamais loin.

  9. Si Obama, sur la suggestion de Volcker, parvient à limiter les activités de trading des grandes banques commerciales, celles-ci pourront difficilement masquer leurs résultats décevants, comme ce fut le cas ce trimestre. En effet, sans les profits tirés du trading, Citi, Bank of America et même dans une certaine mesure, JP Morgan auraient été largement dans le rouge à cause de pertes massives sur les prêts ainsi que le provisionnement contre les pertes anticipées. C’est ce qui explique sans doute le recul de Wall Street.

  10. Une information signalée par le site Contreinfo.info :

    Comment gagner facilement des milliards sur le dos du contribuable : les banques empruntent à 0,5 % à la Fed, et achètent des bons du Trésor qui rapportent de 3,75 % à 4,75 %.

    Article en langue anglaise :

    The banks receive deposits from savers (on which they pay negligible interest) and then leverage it several times by borrowing from other banks, or the central bank. LIBOR (the rate at which banks borrow from each other) as well as the Fed’s discount window are below 0.5 percent. This is the cost of money to banks. The loot is then invested in government bonds, which are yielding anywhere from 3.75 percent to 4.75 percent in the U.S. and Europe.

    Thedailybeast.com

    Un journaliste curieux demande : « Et les ménages américains ? »
    Un banquier américain répond : « Rien à foutre. »
    Le curieux : Et les entreprises américaines ?
    Le banquier : Rien à foutre.
    Le curieux : Et les chômeurs américains ?
    Le banquier : Rien à foutre.
    Le curieux : Et l’économie réelle ?
    Le banquier : Rien à foutre.

  11. Barack Obama a proposé jeudi une série de mesures pour encadrer davantage les activités à risque des établissements financiers, ce qui a eu pour conséquence de faire dégringoler les valeurs bancaires à Wall Street.

    Le président américain, soucieux de rassembler son propre camp politique, veut interdire aux banques, ou aux institutions financières contrôlant des banques, de posséder, d’investir ou de soutenir un fonds spéculatif ou un fonds de capital-investissement.

    Barack Obama souhaite également restreindre sévèrement la pratique des opérations pour compte propre, qui consistent pour les banques à jouer en Bourse leur propre argent plutôt que d’exécuter les ordres de leurs clients.

    Les actions des principaux établissements bancaires du pays ont dégringolé après ces annonces, entraînant dans leur sillage l’indice Dow Jones.

    Les Echos

    Dow Jones : chute de – 2,01 %.
    Les valeurs bancaires :
    Goldman Sachs : chute de – 4,12 %.
    Morgan Stanley : chute de – 4,21 %.
    Citigroup : chute de – 5,49 %.
    Bank of America : chute de – 6,19 %.
    JP Morgan Chase : chute de – 6,59 %.

  12. J’ai lu une citation cette semaine dans l’hebdo Marianne, citation de 1788 environ et écrite par un libraire parisien nommé Ruault :
    « La finance est devenue si puissante, si despotique, qu’elle périra infailliblement avant peu d’années. Une révolution effrayante est très proche. Tout est agio, banque, escompte, emprunt, part, virement. Toutes les têtes sont tournées vers l’argent, sont folles de spéculation »
    Plus je lis et relis cette phrase et plus j’ai l’impression que l’histoire ne fait que recommencer et ceci, grâce à l’oubli des années et des siècles.
    Je suis peut-être trop pessimiste ? Mais n’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui ? La course vers toujours plus de profits ?

  13. stéphanie dit :
    21 janvier 2010 à 23:13

    Ce libraire voyait juste.
    Mais il faut bien préciser que l’emprise financière avait déjà la primauté longtemps avant la Révolution française. Tout le 18ème siècle en France à partir de la mort de Louis XIV (1715) ne fut que la progressive et irrésistible avancée économique et financière, et tout autant dans les esprits, de l’influence continue du modèle britannique, donc influence économique ET intellectuelle. La Révolution politique française fit perdre à la France une trentaine d’années. Ne jamais oublier que la – vraie – Révolution, celle qui aura été déterminante, est la – Révolution anglaise – et non pas la Révolution française sorte de « remous » politique violent, certes important, mais non décisif; on le voit clairement aujourd’hui. Avec la Révolution anglaise, exactement un siècle avant en 1689, c’est l’émergence du crédit « moderne » durant la dernière décennie du 17ème siècle avec la Banque d’Angleterre en 1694, qui, irrésistiblement, allait devenir peu à peu le « modèle mondial ». C’est l’Angleterre, pays d’où partit la première Révolution industrielle laquelle déclencha donc ce système financier, devenant ainsi progressivement le premier pays commanditaire du monde, puis historiquement, avec les États-Unis dans son sillage. C’est là ce système financier avec lequel, en pleine actualité, nous nous débattons dans l’incertitude la plus grande. Ce système financier, déjà devenu belligène sous son habileté « séduisante » du discours démocratique, devient à présent hautement anxiogène.

    Il est plus que temps de s’en détourner franchement, c’est à dire avec franchise, et non plus par des gesticulations, des ronds manches et autres G20 qui trompent et lassent tout le monde.

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