L'actualité de la crise: le dernier verrou à faire sauter, par François Leclerc

Billet invité.

LE DERNIER VERROU A FAIRE SAUTER

Une opération de relations publiques vient d’être engagée aux Etats-Unis, à la mesure de ce que va susciter dans l’opinion publique le démarrage de la saison des bonus, qui s’annonce particulièrement favorable pour ceux qui vont en bénéficier. Les lumières et les caméras ont été réglées, les micros ouverts, on va pouvoir tourner.

C’est la FDIC, l’agence gouvernementale dirigée par Sheila Bair, en charge de la garantie des dépôts bancaires et de la gestion des faillites en cascade des banques régionales américaines, qui a ouvert le bal, en annonçant qu’elle étudiait une augmentation de ses primes d’assurances – payées par les banques – pour celles d’entre elles qui pratiqueraient des politiques de rémunération « à risque » (incitant à des prises de risques exagérées, tels d’importants bonus). Plus grosse affaire, des rumeurs concordantes ont immédiatement suivi, faisant état de l’intention de l’administration Obama de prélever auprès de banques une taxe afin que l’Etat soit remboursé de ses pertes sur le programme de sauvetage dénommé TARP, estimées à 120 milliards de dollars. Les deux démarches ne se confondant pas.

Ces annonces interviennent dans un contexte déjà chargé. Aujourd’hui mercredi vont commencer les auditions de la commission d’enquête sur la crise financière (Financial Crisis Inquiry Commission – FCIC), dont les membres ont été choisis par les leaders démocrates et républicains du Congrès. L’initiative rappelant le précédent de la commission Pecora, qui a siégé en 1933 et 1934, à la suite de la précédente grande crise. Jamie Dimon (JP Morgan Chase), Lloyd Blankfein (Goldman Sachs), Brian Moynihan (Bank of America) et John Mack (Morgan Stanley) vont comparaître en ouverture. Tous les grands acteurs de la crise, notamment Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, une nouvelle fois sur la sellette à propos du mystère qui entoure le sauvetage d’AIG, déposeront ensuite devant la commission. Celle-ci devrait siéger pendant toute l’année, avant de rendre son rapport à Barack Obama pour Noël prochain.

Sur un autre dossier chaud, on apprenait que la Fed avait fait appel de la décision d’un juge fédéral, en août dernier et à la demande de l’agence de presse Bloomberg, lui ordonnant de rendre publics les bénéficiaires de son programme de prêts d’un montant de deux mille milliards de dollars, lancé au plus fort de la crise financière, à la suite de l’effondrement de Lehman Brothers. Les procédures à la disposition de la Fed lui offrant de nombreuses possibilités de faire traîner éternellement en longueur cette épineuse question, le voile du secret ne sera probablement pas levé par ce biais-là.

Les projecteurs vont également être braqués sur le Sénat, à l’occasion de sa rentrée et du début de l’examen du projet de loi de régulation des finances patronné par le Sénateur Christopher Dodd, président de la commission des banques. Dans le contexte politique actuel, les commentateurs n’excluent pas que des surprises puissent intervenir. Bien qu’il soit souligné que l’annonce, par Christopher Dodd, qu’il ne se représenterait pas à l’occasion des prochaines élections sénatoriales, le libère de ce point de vue de toute pression de ses électeurs. Ce qui a été salué par les lobbies bancaires comme une victoire de leur camp. Toutefois, la proposition de loi des sénateurs John McCain (R) et Maria Cantwell (D), qui vise à réinstituer une barrière entre banques de dépôt et banques d’affaires, est toujours en attente d’être discutée, l’affaire n’est pas bouclée.

Dans l’immédiat, la publication des résultats annuels des mégabanques va dominer dans l’actualité, ainsi que l’annonce des bonus qu’elles vont distribuer en leur sein, avec une très grande prodigalité. C’est ce qui explique la réaction de l’administration Obama, qui cherche ainsi, une nouvelle fois, à prendre ses distances avec Wall Street aux yeux de l’opinion publique, bien que cette tentative ait de fortes chances d’être illusoire.

Cependant, la mise en place d’un nouveau rideau de fumée est révélatrice de la manière dont elle agit, à l’instar des gouvernements européens. Tous, ils s’efforcent de désamorcer le vent d’indignation et de critique qui s’est levé à propos des banques, les représentants les plus facilement identifiables du système financier. Cela témoigne d’une conception de la politique qui s’appuie de plus en plus exclusivement sur des stratégies de communication, et cela aboutit à une perversion du fonctionnement de la vie politique démocratique, puisque l’objectif devient de masquer au mieux la politique qu’ils suivent réellement au lieu de l’affirmer et la revendiquer. Il n’est pas certain que cela joue, en fin de compte, en faveur des artisans de ce type de stratégie, mais il est à craindre, par contre, que cela puisse susciter des réactions supplémentaires de défiance, voire de rejet, de ce que l’on appelle désormais la classe politique. Toute la question étant au profit de quoi et de qui. Le problème se pose d’évidence aux Etats-Unis, comment se manifestera-t-il en Europe ?

Que se passe-t-il donc alors, derrière le rideau ? Ce qui est actuellement en jeu, après que les représentants du système financier ont pu globalement faire prévaloir leur point de vue sur la quasi totalité des questions relatives à la future réglementation financière, réduisant celle-ci à bien peu de choses, c’est de faire sauter le dernier verrou qui est devant eux. Celui que propose de mettre en place le Comité de Bâle, décrit dans son document de décembre dernier, qui repose pour l’essentiel sur le renforcement des capitaux propres des établissements financiers.

La réunion de la Banque des règlements internationaux du week-end dernier, à laquelle étaient invités les représentants des mégabanques, a marqué le coup d’envoi de discussions prévues pour durer toute l’année, qui vont être déterminantes. En effet, la clé de voûte de la régulation financière, qui a été proposée sous les auspices des autorités américaines, est de mettre mondialement en place des mesures de renforcement des fonds propres des établissements financiers, ainsi que d’autres dispositions annexes, toutes destinées à absorber le choc de futures éventuelles crises financières. Ce qui a permis de justifier une grande liberté de jeu par ailleurs, grâce à des mesures très souples et accommodantes.

Or, alors que le moment est venu de mettre en place ce dernier verrou, les représentants de la finance, forts des victoires déjà obtenues, ne l’entendent plus de cette oreille. Ils se sont donnés pour mission de poursuivre sur ce dossier le travail de sape accompli sur les autres, et d’édulcorer autant que faire se peut les propositions du Comité de Bâle. De premières études du Crédit Suisse montrent en effet que si l’on appliquait les dispositions envisagées au capital actuel des banques européennes et japonaises, le ratio de celles-ci chuterait considérablement et serait même proche de zéro dans certains cas. Ce qui impliquerait des besoins de recapitalisation extrêmement élevés, ou bien de fortes restrictions d’activité, au choix.

L’un des arguments mis en avant par les banques pour demander des assouplissements des règles prévues est que leur application ferait obstacle au développement de leurs investissements dans les pays émergents. La question soulevée est essentielle, car ceux-ci représentent leurs marchés d’avenir, puisqu’elles considèrent dorénavant que le terrain de jeu des pays développés, dont elles se sont abondamment servies, n’est plus susceptible de leur apporter les satisfactions qu’elles en ont tirées. C’est toute une vision du monde qu’elles expriment ainsi. Celle-ci n’est pas en soi nouvelle, mais elle est va désormais avoir des conséquences qui n’étaient pas encore apparues dans toute leur dimension.

Dans les pays émergents, leur implication accrue va renforcer le profond déséquilibre des sociétés, déjà bien engagé, l’expression à deux vitesses y trouvant son illustration la plus massive et achevée. Dans les pays développés, cela va justifier un désengagement du maintien à bout de bras de la consommation des particuliers par le crédit, là où il avait pris une place prédominante, avec pour conséquence, combiné à la mise en oeuvre de mesures de restrictions budgétaires par les gouvernements, d’accentuer également les polarisations sociales. Malgré leurs profondes dissemblances, les sociétés des pays émergents et des pays développés vont avoir cette caractéristique en commun. En ce sens, nous pouvons observer dans les premiers des phénomènes qui ne sont encore qu’embryonnaires dans les seconds. Aussi inhabituelle et dérangeante qu’elle soit, cette approche se révèle quand on la pratique extrêmement productive dans l’analyse.

44 réponses sur “L'actualité de la crise: le dernier verrou à faire sauter, par François Leclerc”

  1. « à une perversion du fonctionnement de la vie politique démocratique »
    Eeet.. vous aviez vu une réelle démocratie quelque sur terre où, précisément…???

    J’ai néanmoins une pensée émue pour tous les acteurs qui essaient désespérément de maintenir le rideau en place… ne se rendant pas compte que l’on voit les traces de leurs mains tenir le rideau…

    Pour l’instant, le public se moque avec un certain dégout. Mais quand les conséquences seront perceptibles…

  2. AFP le 13/01/2010 à 15:13

    Obama va taxer les banques pour rembourser l’aide publique :

    Le président américain Barack Obama va annoncer jeudi qu’il impose des taxes aux grandes banques américaines afin de récupérer les milliards de dollars versés par les contribuables pour sauver le système financier pendant la crise, a annoncé mercredi un haut responsable.

    M. Obama va annoncer cette décision alors que de nombreux groupes financiers ayant reçu des fonds publics s’apprêtent à annoncer des bonus importants pour leurs principaux dirigeants, au grand dam de la population américaine qui fait face à un taux de chômage élevé.

    […]

  3. Pour moi, qui ai fait une étude sur « la psychopathologie de la crise » à un colloque de la Ligue fr. pour la Santé Mentale, et qui ai utilisé largement le livre de Mr. Jorion, le grand problème de la régulation est la prétention des financiers à la faire eux-mêmes est injustifiable comme le montre l’histoire des crises.
    De plus la recherche permanente de la vitesse dans les transactions aboutit au bruit plutôt qu’au sens
    Enfin, il est absolument inadmissible de laisser les financiers pomper comme des Shadoks l’argent des pauvres, sur le modèle des pompes à chaleur, pour les prêts à la consommation ou l’immobilier.
    cf. sur le site la rubrique « colloque des 7 et 8 décembre 2009 ».
    Dr. Claude Leroy

    1. Extrèmement intéressant.
      Mais beaucoup de gens ont compris que la finance avec toutes ses théories mathématiques s’est mis le doigt dans l’oeil jusqu’au coude et même plus loin, ils ont également compris que cette même finance s’est livré à des opérations frauduleuses à leur encontre, que même les états sont mouillés dans cette histoire.
      Comme M. Jorion je pense que le seul argent qui nous appartienne est celui qui est dans notre porte monnaie, du moins pour le peu de temps qu’il y reste.
      Et là fort peu de gens en ont conscience.
      En témoigne la réflexion d’un Rmiste venu récupérer sa carte bancaire au guichet : « Je préfère qu’il soit là, (son argent), parce que autrement, si on me le vole….! »
      Le pauvre! S’il savait!
      De ce point de vue la France est particulièrement en avance sur les autres pays.
      La pression administrative et lègislative pour nous faire renoncer à percevoir la moindre somme « en liquide » est énorme.
      Or, dans les pays émergents, il y a énormément de personnes qui ont encore directement accès aux pièces et aux billets, parce qu’ils sont payés à la tache, à la journée, à la semaine.
      Evidemment leur salaire est très faible, mais ils sont très (trop?) nombreux.
      Et toutes ces pièces, tous ces billets qui s’échangent hors du circuit bancaire, ça fait saliver les banksters!
      Je dois avouer que je ne suis pas pour le microcrédit, du moins dans la période actuelle, après avoir visionné un documentaire (sur la 5 ou arte, je ne me rappelle malheureusement plus) sur le sujet, cela m’a conforté dans mon rejet de cette formule.
      Maintenant la question est : comment arrêter la machine infernale qui a été mise en route ?
      Au fur et à mesure que l’on décortique l’écheveau emmélé des opérations financières, que jour après jour les fraudes, les malversations, les mensonges apparaissent, que l’on se rend compte que cette « économie » ressemble à une moissonneuse emballée, faisant eau et huile de toutes parts, perdant ses boulons, les compteurs dans le rouge, rafistolée à la va comme je te pousse pour ramasser encore et encore le moindre petit épi, le moindre grain sur un champ ravagé.

  4. Pour Noel prochain ? Et pourquoi pas aux calendes grecques de toutes façons ils font ce qu’ils veulent maintenant.

    Le meilleur moyen pour un vendeur de montre travaillant au sentier, ce n’est bien sur pas de vous dire toute la vérité, rien que la vérité Mr le juge ou alors à un autre pigeon de plus, donnant bien évidemment plus de temps et de manœuvre à ses ami(e)s en coulisses de pouvoir encore mieux se débarrasser de leur camelote les premiers .

    Et en plus si jamais ils perdent, ils récupèrent toute la sur-mise, malin les types quand même c’est pas comme nous qui se tuons de plus en plus à la tache. Tout le monde bien sur n’est pas né pour être aussi avide que le banquier moderne.

  5. Mercredi 13 janvier 2010 :

    Commercial banks have lent nearly 600 billion yuan in the first week of 2010, the Economic Information Daily reported on Monday.

    http://www.cs.com.cn/english/finance/201001/t20100113_2317012.htm

    Traduction : les banques commerciales chinoises ont prêté 600 milliards de yuans la première semaine de 2010.

    Vous avez bien lu : 600 milliards de yuans de crédits bancaires en une seule semaine !

    La bulle des crédits bancaires chinois gonfle à une vitese folle.

    Vous avez aimé l’éclatement de la bulle bancaire américaine ?

    Vous adorerez l’éclatement de la bulle bancaire chinoise.

    Ou pour mieux dire : vous adorerez l’éclatement de la montgolfière chinoise.

    1. Je doute, BA. Croire à un éclatement de bulle en Chine (ce que Fiorentino fait depuis… au moins une année…), supposerait qu’on ignore que ce pays est *dirigé*. Les règles sont différentes au jeu de go et au jeu d’échec. J’ai plutôt l’impression qu’il « tirent la trappe », non ?

    2. « The central bank yesterday raised the reserve requirement ratio – the proportion of deposits that banks must hold in reserve – in a clear sign that it was determined to drain excessive liquidity in the market and curb lending » (la source est celle que vous mentionnez en lien).

      Rien que cette phrase aurait dû vous mettre la puce à l’oreille. Le PCC n’a nullement l’intention de voir la Chine sombrer corps et biens sous les coups de boutoir répétés de la crise, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’en empêcher. On voudrait que nos propres princes fassent preuve de la même rationalité (clairvoyance?), qui devra toutefois être confirmée dans l’avenir.

    3. Si les chinois essayent de vendre leurs 2000 milliards de dollars, le dollar risque de se prendre une tel claque qu’au bout du compte, ils ne récupéreront pas grand chose. Si maintenant, au lieu de dépenser trop de dollars trop rapidement, ils se mettent à emprunter à fond pour acheter le maximum de matières premières, de terres cultivables et de machines outils, alors leur réserve de dollars résiste mieux, et c’est le yuan qui baisse lorsque le monde se rend compte qu’ils ont clairement exagérés. Ils peuvent alors changer leurs dollars en yuans sans perdre d’argent, voire en en gagnant, et si entretemps ils ont fait le plein de ce dont ils avaient besoin, la baisse du yuan n’est pas un problème pour l’importation, ils n’ont plus de besoin, et devient un avantage à l’exportation.

      N’est ce pas ce genre de raisonnement que tiennent les autorités chinoises ?

  6. Tout ce côté du roman (M Bovary) est amorcé par le bal de la Vauhyessart. Emma avait des souliers de satin « dont la semelle s’était jaunie à la cire glissante du parquet. Son cœur était comme eux ; au frottement de la richesse, il s’était placé dessus quelque chose qui ne s’effacerait pas »

    Flaubert, fin observateur et pourtant tout ce qu’il décrit, je le savais et sans doute chacun le sait, pour l’avoir vécu. Concernant l’étui à cigarette par exemple, l’amour qui filtre à travers les mailles… et la description des hommes riches qui s’adonnent aux chevaux et aux femmes vénales, activités demi-faciles, vies satisfaites… On peut imaginer cela. Malgré tout, ce roman enveloppe et tient chaud, c’est la magie de flaubert.

    Au frottement de la richesse…

    Avant, le clergé mentait sur Dieu, puis les économistes libéraux ont tissés d’autres mensonges sur le monde, homothétiques aux précédents, jouant un rôle identique concernant la justification de l’état du monde. La théorie et le langage comme grand outil de contrôle social, héritières du religieux, sans culte il est vrai.

    Voir toutes les tentatives d’explication du mal, de justification du mal, dans le catholicisme, dans le but de faire tenir les gens en place, de leur faire accepter leur état peu enviable. Et qu’en est-il de la théorie libérale des cycles, il faut patienter jusqu’au prochain cycle, l’arrivée de la « reprise », comme précédemment, patienter pour arriver au paradis.

    A l’aune de ce qu’on observe actuellement dans la finance, on ne peut qu’être sûr que la religion n’a été qu’un mensonge « de plus », malheureusement pourrait-on dire, pour ceux qui avaient encore des doutes.

    1. « A l’aune de ce qu’on observe actuellement dans la finance, on ne peut qu’être sûr que la religion n’a été qu’un mensonge « de plus », malheureusement pourrait-on dire, pour ceux qui avaient encore des doutes. »

      Ben voyons,

      Pour reprendre votre même forme de raisonnement comment pourrions nous dire encore davantage de mal sur la religion qui d’ailleurs n’a jamais rien apporté de bon à l’homme alors vrai ou faux ? Votre « vérité « de plus apporté à ce sujet on ne peut qu’être totalement sur à 100° que l’argument continuellement antireligieux est systématiquement comment dire source de meilleure objectivité humaine, n’est ce pas ? Vous arrive-t-il parfois quand même de « revenir » sur ce que vous dites, je l’espère en tous cas pour la société.

      Bien évidemment un athé n’ira jamais vous dire le premier surtout en période de crise qu’il aurait peut-être bien aussi sa petite part de responsabilité enfin le principal c’est que l’on puisse toujours casser du sucre en plus sur le religion, comme sur l’esprit religieux, et si cela vous enchante tellement et bien continuez donc ainsi si seulement cela pouvait permettre aussi à davantage de personnes de moins se remettre en cause.

      Malheureusement pourrait-on dire aussi,

    2. « Avant, le clergé mentait sur Dieu, puis les économistes libéraux ont tissés d’autres mensonges sur le monde, homothétiques aux précédents, jouant un rôle identique concernant la justification de l’état du monde.  »

      Si seulement on pouvait toujours montrer les mêmes personnes du doigt, dire par exemple que le seul mal moral d’une société ne vient principalement des gens qu’on aime toujours pas mieux voir et entendre chez nous.

      L’enfer est tellement bien pavé des meilleures intentions humaines car après les financiers libéraux il faudra sans doute s’en prendre encore au religieux responsable de tout.

      C’est tellement plus facile en effet le progrès de l’homme et des masses nos jours…

  7. Avant l’éclatement de la bulle chinoise, on assistera sans doute à l’effondrement du second grand empire, celui qui n’a pas tiré de leçons de l’effondrement de son concurrent il y a 20 ans et qui, au lieu de cela, en est devenu encore plus arrogant .
    Merci à notre ami De BRESSY de m’avoir remis en mémoire le parallèle plein d’humour que faisait Dmitry Orlov en 2006 entre Les USA et l’ URSS, parallèle qui m’avait intéressée à l’époque.

    http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/combler_le_retard_d_effondrement.html

    http://cluborlov.blogspot.com/

    Sur le second lien, les prédictions d’Orlov pour la décennie qui commence, pleines d’humour et pourtant frappées à l’aune du bon sens , sont à lire .

  8. Mercredi 13 janvier 2010 :  » des doutes subsistent sur la capacité des autorités chinoises à empêcher la constitution d’une bulle des actifs après la frénésie du crédit de 2009, année au cours de laquelle les banques ont probablement doublé le niveau de prêts accordés, à quelque 10.000 milliards de yuans (1.010 milliards d’euros).

    « Le gouvernement chinois tente d’utiliser des mesures administratives pour contenir la situation », indiquent Vincent Chan et Peggy Chan dans une note de Crédit Suisse. « Mais notre expérience ces dernières années nous apprend que, même si de telles mesures peuvent endiguer la situation pendant un moment, elles n’ont jamais été capables de la résoudre fondamentalement. »

    http://www.lesechos.fr/info/inter/reuters_00221283-la-chine-veut-surveiller-le-marche-immobilier-et-le-credit.htm

  9.  » à une perversion du fonctionnement de la vie politique démocratique »
    Eeet.. vous aviez vu une réelle démocratie quelque sur terre où, précisément…??? » Leclerc & Yvan…
    Même type de raisonnement néo-platonicien : d’une part la perversion de la démocratie, le dévoiement-, de l’autre sa non-réalisation: la démocratie est pervertie (malade), ou irréelle, seulement idéale.
    La démocratie ici et maintenant est la vraie démocratie réelle, ni pervertie, ni idéale, elle est LA démocratie.
    Effectivement pas de perversion, pas même financière, c’est le même raisonnement avec la même limite, sa limite idéaliste.
    La réponse est réformiste et ne peut que l’être.
    Le capitalisme distributif, selon certains, est perverti par la « logique financière », etc.., la démocratie est encore à réaliser, genre danaïdes, etc : réponse il faut réformer ce qui va pas, refonder la démocratie, fortifier le capitalisme distributif,etc…ou vice-versa.
    Les »choses » n’évolueront pas avec leurs « mots ».

    1. Ne nous emballons pas, vous instruisez trop vite le procès !

      La souveraineté du peuple (la démocratie) reste une référence, même si elle a beaucoup servi. J’aurai pu dire démocratie formelle, pour signifier qu’elle n’en avait que l’apparence. Ce qui renvoie à ce que pourrait ou devrait être celle-ci, afin de mieux répondre aux exigences d’un dépassement.

      Si je peux être sensible à la radicalité apparente de votre formulation, les « choses » n’évolueront pas avec leurs « mots », vous me rappelez une discussion enflammée (c’était inévitablement en Mai 68 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne ) où il était question de modifier les règles du foot, car tel que pratiqué le jeu était réactionnaire.

  10. « Aussi inhabituelle et dérangeante qu’elle soit, cette approche se révèle quand on la pratique extrêmement productive dans l’analyse. »

    Cette remarque me semble étonnement pertinente: elle semble suggérer que l’existence de structures invariantes nous permettra d’accéder à plus de déterminisme.
    Serait-ce un retour du structuralisme ?
    Ainsi cette définition donnée par Claude Lévi-Strauss:
    « Si l’activité inconsciente de l’esprit consiste à imposer des formes à un contenu, et si ces formes sont fondamentalement les mêmes pour tous les esprits, anciens et modernes, primitifs et civilisés, comme l’étude de la fonction symbolique, il faut et il suffit d’atteindre la structure inconsciente, sous-jacente à chaque institution et à chaque coutume, pour obtenir un principe d’interprétation valide pour d’autres institutions et d’autres coutumes. »

    1. Salut François,

      Aussi dérangeante qu’elle soit, cette évolution n’était-elle pas de facto inscrite dans le processus ultra-libéral ? La crise n’est-elle pas sur ce point précis un « simple » accélerateur ?

      J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2010 !

      Noubliez pas François que « la lucidité est la blessure la plus proche du soleil « , mais peut-être, n’êtes-vous pas adepte de Ray-Bans ?

      take care.

  11. la commission Pécora a joué un rôle essentiel dans le règlement de la crise de 1929; elle a révélé au public les agissements malfaisants des banques, et ses conclusions ont servi de base à la nouvelle législation limitant l’activité financière; les détracteurs du New Deal ont probablement en arrière pensée cette législation;
    souhaitons donc bonne chance à cette nouvelle commission, et souhaitons que son travail soit aussi fructueux que celui de son ainée;

    1. En effet, Georges, souhaitons-lui une sacrée chance…

      Sachant que le délai d’un an est très court pour analyser un bordel pareil, et, en même temps suffisamment long pour laisser aux lobbies le temps de pourrir toute bonne initiative en achetant les politiques.

      Comme a dit le liquidateur de Lehman Brothers : « l’autopsie prendra plusieurs années »… (et c’est tout bénéf car permet de reculer d’autant à la fois les remboursements et de cacher un secret de polichinel.)

  12. « une conception de la politique qui s’appuie de plus en plus exclusivement sur des stratégies de communication, et cela aboutit à une perversion du fonctionnement de la vie politique démocratique, puisque l’objectif devient de masquer au mieux la politique qu’ils suivent réellement au lieu de l’affirmer et la revendiquer. Il n’est pas certain que cela joue, en fin de compte, en faveur des artisans de ce type de stratégie, mais il est à craindre, par contre, que cela puisse susciter des réactions supplémentaires de défiance, voire de rejet, de ce que l’on appelle désormais la classe politique. Toute la question étant au profit de quoi et de qui. Le problème se pose d’évidence aux Etats-Unis, comment se manifestera-t-il en Europe ?  »

    … Obama au vu de ce que vous décrivez des rapports de force en présence quelle action peut-il mener? constituer une équipe offensive pour donner une réponse à la crise systémique qui nous frappe, ainsi qu’à la crise des valeurs qui ne sont jamais plus belles que dans un packaging qui en constitue le discours, la pression mise sur la chaîne à l’effectuer. Reza rapportant ces propos d’un des conseillers de Sarkozy, Laurent Solly : « (…), la réalité n’a aucune importance. Il n’y a que la perception qui compte. Falsifiant la nature questionnante la résistance du réel, et ce depuis quand depuis où? Que faire ? parfois à jeter un œil sur l’actualité boursière et l’environnement informationnel qui dit-on conditionne leurs motifs. j’enrage parfois à lire les chroniques financières combien est folle l’appréhension que les opérateurs ont du temps, de la durée d’une chaîne causale, si peu de sens de la nécessité d’accorder la vie en ordres d’importances, comme disait Deleuze. Ces opérateurs ne penseraient-ils plus, ne seraient-ils pas les exécutants de la machine argent. Que peut Obama maintenant que son aura est tombée? La Financial Crisis Inquiry Commission – FCIC – « ne rendra pas son rapport à Barack Obama avant Noël prochain » écrivez-vous. il est sûr que là la figure communicante d’Obama , d’entertainment, qui donnait l’impression d’avoir toujours un coup d’avance, que cette image se retourne et froisse. Peser sur le cours du jeu lors des différentes parties d’échec ou de poker menteur intercontinentale demanderait un superman… que peut-il venir de l’opinion publique américaine maintenant que le roi a perdu son trône ? quelles nouvelles alliances peut-il se créer et à partir de quoi? avec quoi chacun peut-il se mettre à travailler de là où il en est ? sans doute naïf de ma part… mais à part ça le coup de force avant pendant que tout pète? accélérer la décomposition, en s’opposant partout où c’est possible (trouver son style aussi ) ? ha! si quelqu’un avait la réponse !

    votre approche rendant compte d’une accélération d’un monde qui se sépare en 2 classes distinctes, qui irait accentuant la précarisation des classes moyennes, devrait je crois évaluer les logiques d’unité d’une classe bénéficiaire de ce monde tel qu’il est. ainsi que les risques de conflits armés pour s’approprier les matières premières (on ne va pas faire tout de même des savons avec les esclaves, le coût serait à perte).

  13. des fonds propres, ils peuvent en obtenir généreusement auprès des banques centrales !

    la chasse aux rentiers n’a pas commencé…

    Mr Leclerc, à votre avis, l’euro peut-il tenir ?
    merci

  14. Oui, le capitalisme obéit à une logique parfaitement perverse;
    Il est vrai que les fonds propres, compte tene la taille des banques, on s’en fout un peu, car les banques prêtent ce que l’on leur prête (les épargnants), rien d’autre.
    Comme elles sont TBTF, elles ne peuvent plus guère se bouffer entre elles, alors, le capital propre, pour quoi faire?
    Ceci dit, la fin du texte de Leclerc est très convaincante, il est vrai que l’aristocratie de la Finance inclura celle des pays émergeants et va même la bouffer sans problème.
    A la fin, il reste une aristocratie mondiale qui se partagera les richesses.
    Les autres? des mietes et la misère.
    Telle est la logique implacable du capitalisme.

    1. « A la fin, il reste une aristocratie mondiale qui se partagera les richesses. »

      En France c’est le cas déjà:

      « Le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé.
      […]
      Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22 % des administrateurs, détient 43 % des droits de vote des sociétés du CAC 40, selon le cabinet Ernst & Young.  »

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/11/cac-40-la-consanguinite-des-conseils-d-administration-perdure_1290089_3234.html

      Mais on sait comment ils ont fini les aristocrates français en 1789…

  15. Tout est dit:

    AFP le 13/01/2010 à 23:30
    La remontée de Wall Street a suivi la direction du secteur financier, en vedette alors que les dirigeants de quatre des plus grandes banques du pays étaient entendus par une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière. Ils ont admis une part de responsabilité, mais ont assuré avoir pris les mesures nécessaires pour éviter la répétition d’une telle crise.

    « Les auditions se sont bien déroulées », a jugé M. Cardillo.

    Les banques concernées ont vu leurs actions progresser: Bank of America a gagné 1,59% à 16,62 dollars, JPMorgan Chase 1,75% à 44,25 dollars, Morgan Stanley 0,42% à 31,26 dollars et Goldman Sachs 0,74% à 169,07 dollars.

    1. « Les auditions se sont bien déroulées », a jugé M. Cardillo.

      Comme ils en ont bien de la chance de ne pas être plus souvent auditionnés et contrôlés comme tout le reste de leur monde faute d’emploi, de travail, ils ont quand même admis histoire de faire bonne figure une petite part de responsabilité devant la plupart des membres de la commission ( combien de parlementaires achetés ? )

      C’est vraiment pas croyable quand même de lire ce genre de dépêches.

  16. Heureusement que l’Etat est intervenu pour sauver les banques, les entreprises d’assurance, les constructeurs automobiles, …. avec l’argent des contribuables.

    Heureusement que l’Etat est intervenu pour distribuer des primes pour l’achat de logements écologiques, des primes à la casse, des primes pour l’achat de fournitures scolaires, des primes de Noël, des primes à la cuve, …. avec l’argent des contribuables.

    Et que se passe-t-il quand l’Etat arrête de distribuer des primes aux consommateurs ?

    Réponse :

    Jeudi 14 janvier 2010 :

    Renault déclare s’attendre à une baisse de 8 % à 10 % du marché automobile européen en 2010, le contexte du secteur risquant de rester tendu avec la fin progressive des primes à la casse.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=73870767caf41056a237f690845affb7

    Conclusion : aujourd’hui, c’est l’Etat qui tient à bout de bras toute l’économie.

  17. Comme prévu, Barack Obama va annoncer aujourd’hui qu’il va proposer au Congrès d’adopter une « taxe sur la responsabilité de la crise financière ». Celle-ci va avoir pour objet, au fil des dix prochaines années, de récupérer les quelques 90 milliards de dollars manquant à l’appel, sur les 700 milliards du plan de sauvetage des établissements financiers (TARP). Une cinquantaine d’établissements financiers, américains et étrangers installés aux Etats-Unis, seraient concernés.

    De manière contradictoire, cette annonce reflète à la fois l’intensité de la pression qui s’exerce sur le gouvernement américain et une tentative de faire accepter et entériner un solde de tout compte à peu de frais des responsables de la crise.

    Elle intervient par anticipation à l’annonce par les mégabanques de leurs résultats et de la distribution de faramineux bonus, afin de tenter de désamorcer les réactions. Le nom de cette taxe, incluant le terme responsabilité, est la parfaite illustration de cette intention.

    1. C’est très révélateur en effet, et pourquoi par le centième et le millième de la somme pendant qu’on y est oui avec une telle « redistribution » de bonus faramineux les choses ne sont pas prêt de s’arranger de sitôt.

      Cela démontre bien que le politique actuel virtuel se couche de plus en plus médiatiquement devant le « Dictat » des plus grands établissements financiers de la planète comme quoi Obama n’est qu’une autre marionnette de plus.

      Tout cela n’est que du virtuel comme tout le reste que du pipo et des joueurs de flute ça c’est sur ils savent très bien passer à l’antenne.

      Bien évidemment tout ce cirque, toute cette mascarade de plus ne restaurera aucunement la confiance.

    2. http://jessescrossroadscafe.blogspot.com/2010/01/us-government-is-eyeing-your-401ks-and.html

      Le gouvernement d’Obama louche sur l’épargne des américains pour la retraite. Comment ? En récupérant l’argent placer dans leur plan épargne retraite 401 K et en le convertissant en bons du Trésor.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/401(k)

      Le gouvernement veut mettre la main sur l’argent des fonds de pensions. Il arrive vraiment plus à se financer ?

      Et la FED , que fait elle ?

    3. « Pauvre M. Obama. Il avait l’air plutôt sympathique. Mais de plus en plus de gens semblent être furieux après lui.
      Qu’est-ce qui a mal tourné ? Il nous semble qu’il a été entièrement pris au piège par les deux intérêts les plus particuliers des Etats-Unis — Wall Street et le Pentagone. Peut-être était-il à leur botte dès le départ ; nous n’en savons rien.

      Il a annoncé cette semaine qu’il extorquerait 120 milliards de dollars aux banques au cours des 10 prochaines années. Ne vous faites pas de souci pour les financiers, cher lecteur ; c’est purement une façade. Les autorités font semblant de punir les banquiers et les banquiers font semblant de souffrir. Ils gémiront et grinceront des dents… tout le long du chemin qui mène au tiroir-caisse !  »

      Bill Bonner
      http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100114-2419.html

  18. La Jamaïque en défaut de paiement (Standard & Poor’s).

    L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s a abaissé jeudi 14 janvier les notes de dette de la Jamaïque à des niveaux correspondant à un défaut de paiement, après une offre de restructuration faite par le pays à ses créanciers.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/14/01011-20100114FILWWW00802-la-jamaique-en-defaut-de-paiement-sp.php

    Dette : les Etats plus risqués que les entreprises.

    Hier courtisés par les marchés pour sauver des pans entiers de l’économie, les Etats sont aujourd’hui décriés par les investisseurs à cause de l’explosion de leur dette. A en croire le marché, le risque de défaut sur la dette des Etats européens est devenu supérieur à celui des grandes entreprises.

    En début de semaine, et selon les indices Markit, les investisseurs devaient payer 63.000 dollars pour assurer l’achat de 10 millions de dollars de titres de dette d’une entreprise avec une échéance 5 ans. A comparer avec les 71.500 dollars à débourser pour un investissement de même somme en obligations d’Etat, rapporte le Financial Times. Normalement, l’inverse prévaut. La crise a tout changé.

  19. Quel arnaque cet Obama tout de même. Les américains sont très doués pour nous vendre des produits. Je dois vous avouez que comme tout le monde j’ai cru au produit  » Obama » que l’on me présentait comme le farouche opposant au système financier. Mais hélas je n’avais pas lu les contres-indications : campagne financée par Goldmans Sach, admirateur de Timothy Geithner, politique en faveur de Wall street, etc …

    On m’a escroqué ! Je demande à être remboursé !

    1. « Nous essayons d’imaginer des membres du Congrès US travaillant dur pour comprendre les complications de la finance et des prêts hypothécaires… pour accorder à ce sujet l’attention solennelle et les délibérations équitables qu’il mérite. Après tout, des centaines de milliards de dollars étaient en jeu. Mais nous avons eu beau essayer, nous n’arrivons tout simplement pas à l’imaginer.

      Les politiques n’ont pas vraiment essayé de comprendre. Ils n’en avaient pas besoin.

      « Vous n’avez pas idée », a déclaré une source que nous ne divulguerons pas, « du contrôle que les banquiers — en particulier Goldman Sachs — exercent sur le gouvernement. Ils ont des hommes à tous les postes clé. Chaque politicien, chaque bureaucrate sait que s’il suit les règles du jeu, il pourrait un jour obtenir un poste chez Goldman et gagner des millions. Je ne parle pas là uniquement des Etats-Unis. C’est vrai dans de nombreux autres pays. Goldman est international. Et ils ont des hommes à des postes décisifs dans de nombreux pays ».

      Bill Bonner
      http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100114-2419.html

  20. Les Français dans l’ère de la défiance

    Neuf Français sur dix se déclarent heureux, mais ne font pas vraiment confiance aux partis et aux hommes politiques, aux médias, aux scientifiques, aux banques, aux églises…

    […]

    Le monde politique et les médias ne sont pas les seuls avec lesquels se manifeste un divorce. Les entreprises sont toujours aussi mal aimées des Français, suspectées par 3 personnes sur 4 de s’entendre pour maintenir leurs prix à un niveau anormalement élevé, et accusées de ne rechercher que le profit sans améliorer la qualité des produits et le service aux consommateurs. Et plus d’une personne interrogée (55%) souhaiterait que l’Etat les réglemente plus étroitement. On retrouve la remise en cause d’un libéralisme non régulé sanctionné par la crise.

    Mais si deux Français sur trois déclarent qu’il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres, une grosse moitié pense que le système capitaliste ne doit être réformé que sur quelques points. Ce qui laisse tout de même 40% des personnes interrogées pour souhaiter une réforme en profondeur du système.

    Malgré la perception de la dégradation de la situation économique en France l’an dernier pour 80% des interviewés, «seulement» 50% considèrent que leur propre situation s’est aussi détériorée, ce qui semble révéler que les Français pris isolément ont le sentiment d’avoir un peu mieux traversé la crise que la collectivité.

    Mais pour tous, l’avenir n’est guère encourageant: seulement 19% estiment que leur situation financière va s’améliorer alors que 28% craignent une nouvelle dégradation et que la moitié espère seulement une stagnation. Si la moitié ne méconnait pas le risque de se retrouver au chômage, deux Français sur trois restent optimistes sur l’avenir.

    http://www.slate.fr/story/15699/sondage-francais-barometre-politique-police-justice-medias-defiance

  21. A propos des auditions de la FCIC, la déposition écrite de Sheila Bair de la FDIC: http://www.fcic.gov/hearings/pdfs/2010-0114-Bair.pdf , très critique ensuite sur le role de la FED comme le rapporte le
    Financial Times: « In the wake of the financial crisis, the Federal Reserve has made much of the dangers of using interest rates to “lean against” asset bubbles, such as the one in the housing market whose collapse brought the US economy to the brink. Fed governors have implied that this was their only practical tool. (There have been quieter on the influence they may have wielded by warning of the bubble). The problem, several Fed governors have said recently, lied in a failure of regulation.

    At today’s Financial Crisis Inquiry Commission hearings, Sheila Bair, chairman of the FDIC, had a response: the Fed, she said, should have regulated.

    “Many of [the toxic products which lead to the subprime crisis] could have been regulated and restricted under another provision of HOEPA that requires the FRB to prohibit acts or practices in connection with any mortgage loan that it finds to be unfair or deceptive, or acts and practices associated with refinancing of mortgage loans that it finds abusive or not otherwise in the interest of the borrower.”

    The Fed instituted a broad reform of the Home Ownership and Equity Protection Act in 2008, a change which Ms Bair said could have prevented “much of the crisis” had they been implemented earlier.

    Still, Ms Bair says the changes don’t go far enough: the Fed should institute a requirement for an ability to repay standard for all mortgages. »

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