L'actualité de la crise : la jurisprudence des premiers cas-tests européens, par François Leclerc

Billet invité

LA JURISPRUDENCE DES PREMIERS CAS-TESTS EUROPEENS

Les tests de deux importants cas-types pour la suite des événements sont en cours en Europe. Après celui de la Grèce, voici venu celui de l’Islande. Dans les deux cas, les gouvernements y sont mis à l’épreuve, pris entre le marteau de leurs engagements internationaux et l’enclume de leur opinion publique. Une question centrale est posée et sa réponse testée : de quoi vont-ils être capables  ? Une autre question sous-jacente l’est également : la communauté internationale aura-t-elle, dans les deux cas, les moyens d’imposer ses vues ou devra-t-elle composer  ?

En Islande, Olafur Ragnar Grimsson, le président de la République, a finalement décidé de ne pas promulguer une loi votée au forceps et résultant d’un accord gouvernemental avec les Britanniques et les Hollandais, visant à rembourser les gouvernements de ces deux pays du renflouement de leurs 300.000 clients nationaux, lors de l’effondrement en octobre 2008 de Icesave, une filiale de la banque Islandaise Landsbanki. 3,8 milliards d’euros sont en question, soit 40% du PIB annuel du pays. Pis encore, une processus référendaire est annoncée par le président, risquant de donner en cas de réponse négative une assise souveraine à cette remise en question, considéré comme un défaut de signature, c’est à dire un crime impardonnable.

Afin de conduire les auteurs de cette profonde indélicatesse à résipiscence, les grandes orgues ont commencé à chauffer : fermes pression du FMI, dont la dernière tranche d’un montant d’un milliard de dollars de prêt à l’Islande n’a pas été encore versée, obstacles insurmontables prévus à la candidature de cette dernière à l’Union européenne… Dans l’immédiat, les consultations internationales battent leur plein afin de préparer la riposte des Britanniques et d’organiser l’isolement du pays. Sans attendre, l’agence de notation Fitch a abaissé la note de dette à long terme du pays, qui passe de BBB- à BB+, car la décision du président crée selon elle « une nouvelle vague d’incertitudes ». C’est le moins que l’on puisse dire, après la véritable déclaration de guerre effectuée par Paul Myners, le secrétaire d’Etat britannique aux Finances, devant la menace d’un non au référendum : « Le peuple islandais, s’il devait arriver à cette conclusion, dirait en réalité que l’Islande ne veut pas faire partie du système financier international, que l’Islande ne veut pas avoir accès au financement multinational, national et bilatéral et ne veux pas être considéré comme un pays sûr, avec lequel faire des affaires ».

Ogmundur Jonasson, l’ancien ministre de la santé Islandais, opposant de la première heure à la loi en question, a répliqué en déclarant à propos du lancement d’une procédure référendaire : « Il est fondamental pour une société démocratique d’être à l’écoute de la volonté populaire ». Ajoutant: « J’aurai attendu de pays comme la Hollande et la Grande-Bretagne, connus pour leur respect de la démocratie, qu’ils comprennent cela ».

Le cas de la Grèce, qui est pour le moment passé au second plan de l’actualité, est tout aussi exemplaire. Il s’agit là d’amener l’un des plus mauvais élèves de la zone euro à tailler dans le vif budgétaire, face à une opinion publique particulièrement rétive, afin d’engager la réduction de son déficit budgétaire, que nul ne sait chiffrer étant donné la qualité des statistiques économiques grecques. En réalité, c’est moins la discutable capacité du gouvernement grec nouvellement élu de faire réellement face à cette situation qui a fait question, que l’éventualité d’un sauvetage en haute mer du pays par certains pays membres de la zone euro, l’Allemagne en tout premier lieu.

Toute une mise en scène a été organisée, la cause ayant été d’abord trop vite entendue que l’on ne laisserait pas le pays sombrer, pour ensuite créer et entretenir un suspens à ce propos et à la fois pousser dans le dos et donner des biscuits au premier ministre Georges Papandréou. Car la partie qui va commencer à être jouée concerne l’avenir de la zone euro, qui pourrait être mise à mal si une crise financière majeure intervenait prochainement à propos de la Grèce, suivi demain par celle d’un second pays, aussi fragile et soumis aux mêmes pressions financières internationales.

On peut ainsi commencer à lire dans la presse internationale de premiers scénarios catastrophe prédisant pour l’Europe l’éclatement de la zone euro, ou bien la nécessité pour la BCE, afin de l’éviter, de finalement s’engager dans une politique de création monétaire génératrice d’hyperinflation, dernière issue quand tout le reste a été essayé et n’a pas réussi. Ambrose Evans-Pritchard s’en est fait une spécialité dans le Daily Telegrah. De manière plus pondérée, dans le Financial Times, Martin Wolf ne voit pas de manière beaucoup plus optimiste la suite des événements dans cette même zone. Il considère que les pays « faibles », au premier rang desquels il place la Grèce, sont désormais tombés dans une véritable « trappe », n’ayant plus la ressource d’antan de dévaluer leur monnaie pour retrouver de la compétitivité, désormais soumis aux aléas d’aides qui risquent de leur être chichement accordées. Il en tire également comme conclusion que la solidité de la zone euro va être soumise à rude épreuve dans les prochains temps.

L’évolution de ces deux situations nationale va établir une première jurisprudence. Et, dans tout cela, on n’a pas encore parlé de l’Europe de l’Est…

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110 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : la jurisprudence des premiers cas-tests européens, par François Leclerc »

  1. Sur la Grèce:

    « La Grèce est en fait un pays sous perfusion européenne depuis près de trente ans. […] Mais le pays pesant 2,5% du PIB de la zone Euro (et 1,9% de celui de l’UE), nous sommes loin d’un grave danger pesant sur la monnaie unique européenne et sur la zone Euro. A titre d’exemple, la cessation de paiement de la Californie (12% du PNB US) est infiniment plus porteuse de déstabilisation du Dollar et de l’économie américaine. »

    http://www.europe2020.org/spip.php?article627

    1. Oui mais LEAP ne sont pas objectif sur ce domaine, clairement pro Europe.
      La problème n’est pas le poids de la Grèce, mais l’effet boule de neige que cela entrainerait.

  2. « Les années 2000-2009, une décennie perdue pour l’économie et les travailleurs US », titre un article du Washington Post. « Durant la majeure partie des 70 dernières années, l’économie américaine s’est développée à une vitesse constante, générant des revenus et de la richesse en perpétuelle hausse pour les ménages américains. Mais depuis 2000, la situation est radicalement différente ». Qu’a-t-elle de différent ? « La création nette d’emplois durant la première décennie de ce nouveau millénaire a atteint le zéro, en comparaison à une croissance saine de l’emploi durant chacune des six décennies précédentes », continue l’article. « Aucune décennie, en remontant jusqu’aux années 40, n’a enregistré de croissance de l’emploi inférieure à 20% ». Combien d’emplois ont été créés depuis 2000 aux Etats-Unis ? Aucun. Pas un seul, en net.[…]

    « La première décennie du XXIe siècle a été la première à enregistrer une chute des revenus médians depuis qu’on a commencé à suivre ces chiffres dans les années 60. Et la valeur nette des ménages américains — la valeur de leurs maisons, de leur épargne-retraite et autres actifs, abstraction faite des dettes — a également décliné lorsqu’on tient compte de l’inflation, à comparer avec des gains notables durant toutes les décennies précédentes, depuis qu’on a commencé à compiler les données dans les années 50 ». Dommage.
    La décennie n’a pas été plus douce pour les investisseurs. Bloomberg rapporte que la valeur de toutes les entreprises cotées au monde dépassait légèrement les 60 000 milliards de dollars à la fin 2007. Les actions ont été divisées par deux en 2008. En 2009, après le plus bas de mars, le rebond a commencé. Elles ont repris environ la moitié de ce qu’elles avaient perdu, à la fin 2009, avec une valeur totale de 45 000 milliards de dollars environ. Dommage (bis).
    Qu’est-ce qui a mal tourné ? Selon l’article du Post, les économistes se grattent le crâne en se posant la question. Quelle bande de crétins ! […]

    Les chiffres du PIB étaient positifs durant quasiment toute la période. Mais ils étaient bidons… une fraude. Ils ne mesuraient que le rythme auquel les Américains se ruinaient — en achetant des choses dont ils n’avaient pas besoin avec de l’argent qu’ils n’avaient pas.
    Il nous semblait évident — à nous et à quiconque se donnait la peine d’y réfléchir pendant deux secondes — qu’on ne peut pas vraiment s’enrichir en dépensant de l’argent. Ce ne sont PAS les dépenses qui vous rendent riche. C’est l’épargne. Il faut épargner et investir… pour pouvoir produire plus. Tout le monde sait ça.
    Mais les économistes ne travaillent pas pour « tout le monde ». Ils travaillent pour le gouvernement. Ou pour l’industrie financière. Les deux secteurs ont grand intérêt à faire croire le contraire du principe ci-dessus. « Nous avons l’économie la meilleure, la plus flexible et la plus dynamique que le monde ait jamais vu », ont déclaré les politiciens américains. « Ouais… et ça ne fera qu’aller de mieux en mieux », a ajouté l’industrie financière.
    Mais c’était une fraude. Les choses ne sont pas allées mieux. Elles ont empiré. A présent, les Américains en paient le prix. 10 années de travail… et ils sont plus pauvres que lorsqu’ils ont commencé.

    Bill Bonner
    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100105-2393.html

  3. Avec un montant total de 529 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les ménages Américains – échaudés par la crise et donc en mal d’investissements sécuritaires – se sont révélés les plus gros consommateurs de Bons du Trésor de leur pays, raflant ainsi 45% de toutes les nouvelles émissions de papiers valeurs US et contribuant de manière décisive à maintenir les rendements sous pression. Quant à la Réserve Fédérale US, elle s’est montrée l’an dernier championne toutes catégories dans l’acquisition d’obligations émises par des instituts proches de l’Etat Fédéral (comme Fannie Mae et Freddie Mac entre autres) puisqu’elle a effectivement dépensé plus de 800 milliards de dollars à cet effet sur la même période alors que les investisseurs étrangers, eux, ont pour solde écoulé pour quelques 110 milliards de dollars de ces obligations…

    L’hyper activité de la Banque Centrale Américaine qui, prétextant les baisses de taux quantitatives, a acquis 50% des nouvelles émissions de la Trésorerie Américaine au deuxième trimestre 2009 et près de 30% de ses émissions au trimestre suivant, a été relayée – et soutenue – par le consommateur US qui s’est montré extrêmement friand vis-à-vis d’un type de placement qui s’apparente plus aujourd’hui à un gigantesque schéma de Ponzi qu’à une dette souveraine AAA!
    […]
    Par quel miracle les ménages Américains continueront-ils en 2010 à épargner (c’est-à-dire à thésauriser des obligations d’Etat) tout en consommant suffisamment pour faire progresser leur P.I.B. … le tout dans un contexte de marché immobilier toujours déprimé et de revenus stagnants? Subsidiairement, pourquoi le monde serait-il plus attiré aujourd’hui par les exportations Américaines?

    En réalité, les USA sont proches du point de rupture à moins que Bernanke et ses acolytes n’aient un plan B ou que l’Administration actuelle ne mise sur un facteur exogène – comme une guerre ? – qui doperait la relance. A mon sens, les dirigeants Américains sont saisis par le déni … pendant que leur Empire sombre.

    Michel Santi
    https://mail.google.com/mail/?shva=1#inbox/126003f6d581ca47

    1. Guerre: A mesure que la Chine passe des accords de développement avec l’Asie Centrale, les possibilités de guerres s’estompent. Les USA viennent de perdre la « guerre du gaz »… et donc d’Afganistan. Le plus amusant est que le projet Nabucco ne pourra plus guère servir que pour le gaz… iranien (!!!). D’où les récentes tentatives de « rapprochements » entre les soi-disant « contestataires » avec le courant principal.

      Ce que les américains seront toujours incapables de comprendre, c’est qu’il est tout-à-fait possible, à deux pays aussi différents que la Chine et la Russie, de passer des accords raisonnables pour le bien de tous, sans passer par la case « guerre ».

      La Chine dispose maintenant de ressources énergétiques suffisantes pour attendre la fusion nucléaire (chercher « Z-Machine » sur le Net…) et les récentes agression US contre un tout petit pays pré-médiéval comme le Yemen montre bien leur désarroi, devant l’impossibilité d’introduire des troubles entre la Chine et la Russie.

      Sans guerre, les Etats Unis sont morts.

    2. Liens:

      * Sur les modifications causées par la fin de la « guerre du gaz », en Iran:

      http://www.planetenonviolence.org/Iran,-De-La-Confrontation-A-La-Reconciliation_a2091.html

      * Sur la guerre du gaz elle-même:

      http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Asie_Centrale_Chine_Russie_Europe_energie_231209.htm

      * Sur la Z-machine:

      http://www.dailymotion.com/video/xbllp2_z-machine-conference-de-jeanpierre_tech

      Sur ce dernier point, je n’ai pas l’éducation nécessaire pour comprendre. J’interprète donc sauvagement:

      1) La fusion est à portée de main.

      2) Les lobbies énergétiques useront de tous les moyens disponibles (y compris le « confidentiel défense »).

      3) Seule la Chine peut développer l’énergie abondante et gratuite, puisqu’elle ne dispose pas de ressources internes significatives.

    3. Tenez, a propos d’énergie, une compagnie irlandaise du nom de Steorn est en train d’effectuer une démonstration à Dublin, relayée par des webcams. Cela est basé sur le magnétisme, et ils prétendent avoir découvert une énergie gratuite et inépuisable (!)

      Jetez un oeil sur http://www.steorn.com

    4. Je connais, Nico. Mais attention, tu cites une expérience liée aux recherches dites « alternatives » (genre le mouvement perpétuel, électricité de l’air et du sol, moteur à eau, etc, etc…). Tout peut en résulter, mais le plus probable est l’habituel… rien.

    5. Oui et bien on peut aller plus loin en ce qui concerne l’énergie.

      Cela fait 100 ans que Tesla a découvert l’énergie électromagnétique gratuite pour tous via l’ionosphère et la croute terrestre. Mais Il n’y avait pas de compteur donc forget it!
      Depuis il y a le moteur à eau (H2O) avec ses multiples variantes (Stanley Mayer,…).
      La z-machine capable d’initier la fusion nucléaire propre (sans neutrons: bore – hydrogène)…

      Des tas de brevets enterrés par les multinationales du pétrole ou par les forces militaires. (ce qui revient au même)

    6. @ Bétov.

      Il vaut mieux ne pas faire référence à des « choses » dans lesquelles Jean-Pierre Petit est impliqué. Ce monsieur est en effet plus amusant que chercheur. C’est une sorte de « David Vincent à l’envers » (la série « Les envahisseurs ») des laboratoires du CNRS et il a dû écœurer et déprimer nombre de ses collègues sérieux.
      Dans les années 80 (d’après mes souvenirs) il disait avoir reçu des courriers de gentils extra-terrestres (des ummiens ou ummons, un truc de ce genre) qui lui faisaient parvenir ainsi un magistral cours de physique sur les plasmas (je crois).
      Très rigolo le bougre !

      @ Nico.

      Il faut en matière d’énergie arrêter de rêver.
      Il vaut mieux essayer de comprendre ce qu’est un Joule. C’est assez dur et, hélas, cela garanti un réveil difficile.
      Mais ensuite, lorsqu’on est bien réveillé, on est très motivé pour faire des économies d’énergies et défendre la biosphère contre les agressions qu’elle subit de la part des industriels et surtout des financiers.
      En fait, c’est juste alors, une envie de survie qui vous vient !
      Betov vous dit une partie de ce que je viens de vous dire dans son commentaire de 14H38.

    7. @ Blackhole.

      Lorsque vous colporter des informations de ce type sur l’énergie, j’ai presque envie d’un black-out électrique total, afin que tous les ordinateurs s’éteignent. D’ailleurs, une petite pensée pour la Bretagne qui m’a adopté et où cela risque d’arriver dans les jour qui viennent à cause du froid (comme quoi, l’énergie est capricieuse : ça jette un froid ?).
      Si c’est votre vérité, ce que vous dites n’est pas la réalité. Ce serait trop beau que les lois de la Physique nous soient si favorables.
      M’enfin ! Je vais me faire des ennemis ; les rêveurs dans le domaine de l’énergie sont nombreux. Ils montent la garde.
      De toute façon, quand un pauvre type comme moi fait ce genre de rappel, à défaut de pisser dans un réservoir de bagnole parce qu’il sait que ça ne la fera pas avancer, il pisse dans un violon.

      L’énergie est le point faible de l’économie et de l’Humanité ! Il faut en considérer les aspects réels et surtout pas faire du virtuel avec elle. On voit déjà ce que cela donne pour avoir fait ainsi dans la finance. Ce serait pire de le faire pour l’énergie.

    8. @ Ecodouble

      « Il vaut mieux ne pas faire référence à des « choses » dans lesquelles Jean-Pierre Petit est impliqué. Ce monsieur est en effet plus amusant que chercheur.  »

      « Jean-Pierre Petit est un scientifique français, né le 5 avril 1937 à Choisy-le-Roi. Il a été directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), spécialiste en mécanique des fluides, physique des plasmas et magnétohydrodynamique (MHD). »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pierre_Petit

      Lisez sur ce site son « Parcours professionnel » et après dites-nous quel est votre CV à vous pour oser disqualifier quelqu’un publiquement au nom du « scientifiquement correct ».

  4. Je trouve toujours trés savoureux les prédictions apocalyptiques de certains grands prêtres économistes anglo-saxons sur l’état de la zone euro (attention, je ne dis pas non plus qu’elle est en pleine forme…) et sur certains de ses membres. C’est l’hôpital qui se moque de la Charité. Ces nouvelles viennent toujours au bon moment comme contre-feu médiatique de mauvaises nouvelles des économies US ou britanniques. Car on peut bien évidemment parler de la Grèce, voire même de l’Espagne ou de l’Irlande tant qu’on y est; mais alors, parlons également de la Livre Sterling, ou des comptes des Etats fédérés US, qui eux, sont cliniquement morts.

    1. J’avais oublié le sujet principal : L’islande : Je ne peux que féliciter le président islandais pour son courage politique, en espérant sincèrement qu’il résistera aux pressions d’Etats comme l’UK ou les PB, dont le cynisme n’est plus à prouver. les belges n’auront pas oublié l’affaire Fortis Nederland; quant au Royaume-Uni, ce dernier n’éprouve également aucun remord à s’affranchir des règles internationales lorsqu’il s’agit de sauver les meubles de la City.
      Je ne parle même pas des agences de notation, dont tout le bien et l’objectivité ont déja été dit ici et ailleurs. Elles ressemblent de plus en plus à une meute de molosses de casse auto, chargé d’aboyer sur tel ou tel, mais surtout pas sur leur maître au risque de prendre une raclée….

    2. @vincent
      Monsieur, je ne saurai trop vous recommander la prudence dans vos propos. N’oubliez pas la formule de Guy BEART : le premier qui dit la vérité , il doit être assassiné !
      amicalement

  5. Merci, Monsieur Leclerc, d’aborder le cas de ces pays que je suis particulièrement.
    Dans l’article sur l’Islande dont j’ai indiqué le lien, la dimension politique était aussi abordée. Et surtout le fait que les partis de droite et d’extrème-droite reprennaient le courant de l’extrème-gauche disant : « il ne faut pas payer »
    (on peut légitimement se demander si le but d’un politique n’est pas de faire passer ses intérêts avant ceux de son pays (dont le gouvernement))
    Ce référendum est pour moi une erreur. Sauf si l’Islande est persuadée de pouvoir vivre en autarcie complète…

    La solution aurait été de renogocier au mieux les dettes car vous tous savez comme moi qu’il vaut mieux récupérer 30% de son « placement » que rien du tout.

    Pour la Grèce, ce pays va donner des arguments trés forts aux anti-Européens, et cela ne va pas forcément dans le bon sens.
    Y a-t’il, en parlant de ça, des anti-Européens qui trouvent que la France n’est pas assez endettée, et qu’il vaudrait mieux pour le pays avoir une monnaie complètement sous-dévaluée…???
    Ainsi, peuvent-ils donner des chiffres concernant les éventuelles importations et exportations..??
    (style Allemagne des années 30…)(avec passage ensuite en économie de guerre)

  6. ICESAVE
    L’arrière-plan: 60 000 Islandais ont signé une pétition sur une population de 317 000, pour le remboursement d’un pret
    qui leur coute 12 600 Euros par personne ( à titre de comparaison la dette publique par habitant aux Pays-Bas: 22 000 Euros ) pour rembourser 1,3 mds d’euros aux Pays-Bas ( l’analyse de Karl Denninger: http://market-ticker.denninger.net/archives/1819-Hint-To-Other-Nations-Heres-The-Bill.html ) et 2,5 mds d’euros au Royaume-Uni ( dette publique: 178 milliards de livres ). Le remboursement conditionne l’attribution d’un pret de 2,1 mds de $ du FMI et de 2,5 mds de $ de la part des pays scandinaves

  7. Que la solidité de la zone euro soit mise à rude épreuve, il n’y a aucun doute.
    Mais que la solution vienne d’une inflation vive, j’ai des doutes…
    D’abord, des pressions déflationnistes sont à l’oeuvre avec les excédents de capacité de production et la saturation des dettes d’un certain nombre d’agents économiques. Ensuite, l’inflation par création monétaire de la part d’une institution comme la BCE, je n’y crois pas trop. Les Allemands ne voudront jamais choisir cette voie là et il faudrait une création monétaire totalement débridée. Si elle était limitée, la baisse de la vitesse de circulation de la monnaie compenserait largement la création. Sans parler du lien entre création purement monétaire et inflation qui n’est toujours pas clairement établi.
    Enfin, si l’inflation se réveille (ce qui devrait se produire dans les prochains mois avec le regain de spéculation sur les matières premières et la reprise artificielle ou non de la consommation), il y aura de fortes pressions sur les taux longs. Si ces derniers augmentent au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe, on va rapidement assister à une nouvelle vague de défaut (à tous les niveaux : ménages, entreprises et dettes souveraines) ce qui fera ressurgir très rapidement les craintes déflationniste.

    1. Je ne crois pas beaucoup non plus à cette issue dans l’hyperinflation. C’est bien pour cela que les gouvernements sont sur le fil du rasoir et qu’une situation comme celle de la Grèce est un premier cas-test. Car je ne vois pas d’avantage les gouvernements européens actuels racler les dépenses jusqu’à l’os, notamment dans les comptes sociaux, ou augmenter brutalement la pression fiscale. Alors quoi ? Des augmentations de la TVA ici, des taxes de solidarité là ? Il va bien falloir faire quelque chose et chercher des formules jouables

    2. Tout à fait.
      C’est à la fois passionnant et effrayant. Je me demande bien quelles solutions vont s’imposer pour s’extraire de cette situation qui semble inextricable.
      Le stock de dettes est trop élevé, partout (hormis certains émergents qui ont des dettes publiques raisonnables). Rien n’a été résolu et le système fonctionne comme précédemment : une véritable fuite en avant.

  8. bien vu tout cela
    au fait François, connaissiez vous ce type de « trou noir  » de la finance ?

    Subprimes, titrisation, credit default swaps…. à peine les premières leçons de la crise tirées et les banques sauvées que la planète financière, avec les « dark pools », s’invente une nouvelle machine à dérailler. « Dark pool ». A première vue, le terme aussi joli que mystérieux, appartient plus au registre de « Dark Vador » ou du « Dark Knight » de Batman que de la bourse à la papa. Et pourtant, c’est bien de bourse qu’il s’agit. A coté de la corbeille traditionnelle, où l’on tire un prix de la confrontation au vu et au su de tous d’ offres d’achats et de ventes des actions des entreprises a prospéré depuis deux ans, un nouveau genre de plate-forme électronique parallèle. L’intérêt de ces nouvelles plate formes au nom aussi limpide -Turquoise, Baikal- qu’est opaque leur mode de fonctionnement est réel pour les grands investisseurs, fonds de pensions, compagnies d’assurances. Ces derniers peuvent ainsi s’échanger entre eux dans la plus parfaite discrétion des gros blocs d’actions d’une entreprise sans risquer de provoquer la dégringolade de son titre comme cela serait le cas sur une bourse traditionnelle ouverte.
    Mais la médaille a un revers inquiètant : ces transactions se font dans la plus parfaite opacité. L’identité du vendeur et de l’acquéreur sont tues, de même que le prix de la transaction. La porte pourrait être ouverte à certains acteurs indélicats pour jouer un titre à la baisse sur les bourses réglementées et racheter un bloc de ce même titre à prix cassé sur une « dark pool ».
    Le développement de ces plate formes électroniques parallèles, dites alternatives, a été facilité depuis deux ans par l’ouverture à la concurrence de ces métiers. L’événement a marqué un véritable séisme pour les bourses traditionnelles. En créant ces nouveaux animaux, les banques d’investissement ont avant tout cherché à obliger les bourses traditionnelles à réduire les prix de leurs services et de le montant de leurs commissions pour assurer les transactions.
    Handicapées par des coûts beaucoup plus lourds, le London Stock Exchange, Nyse Euronext ou encore Deutsche Boerse n’ont eu d’autres solutions que de lancer leur propre plate formes alternatives. Sans parvenir pour autant à éviter de se faire tailler des croupières en voyant des volumes croissants d’ordres de bourse captées par Turquoise, Chi-X ou encore Bats, qui jouent sur des coûts très inférieurs et des systèmes informatique ultra performants. Chi-X s’est récemment hissée à la troisième place européenne en terme de volumes traités devant Deutsche Boerse. De son coté, Bats Exchange est aujourd’hui la troisième plate forme de marché aux Etats Unis derrnier Nasdaq OMX et Nyse Euronext.
    Face à cette menace, l’heure de la riposte a sonné. A défaut d’avoir réussi à empêcher l’émergence de ces bourses parallèles concurrentes et de les avoir tuées, l’idée est de les racheter. C’est en tout cas le choix que vient de faire la bourse de Londres (LSE) qui a pris le contrôle de la plate forme Turquoise, lancée il y a un an par une dizaine de grandes banques d’investissement. En fusionnant Turquoise avec son propre « dark pool » maison, au nom exotique de Baikal, le London Stock Exchange va contrôler 60% d’une plate forme d’échange électronique alternative de premier plan.
    La décision paraît financièrement acceptable, le prix payé pour la reprise de Turquoise, qui perd toujours de l’argent, étant limité à une vingtaine de millions de livres. Le LSE compte bien, avec ce rachat, regagner des parts de marché sur les transactions d’actions à Londres et attaquer le marché des transactions paneuropéennes d’actions où là encore la concurrence va être féroce. Enfin, le rachat de Turquoise marque pour le LSE l’occasion de se réconcilier avec les grandes banques d’investissement qui n’avaient eu de cesse de lancer dans ses jambes ce concurrent low cost pour le contraindre à à réduire ses prix.
    Londres a-t-il ouvert le chemin pour les autres grandes bourses traditionnelles, Paris, Francfort, New York, confrontées aux mêmes défis ? Rien ne l’exclut. D’autres plate formes de marché alternatives comme BATS et Chi-X sont aussi en pertes aujourd’hui. Et les banques qui les soutiennent en sont peut-être arrivées à penser qu’il vaudrait mieux leur trouver un autre actionnaire plutôt que continuer à les financer à fonds perdus.
    Reste que les dirigeants des autres grandes bourses traditionnelles sont confrontées à une délicate équation. D’un coté, le resserrement des contraintes réglementaires en cours et les accusations qui se multiplient de la part des dirigeants de grandes entreprises cotées – à l’image de Martin Bouygues qui vient de tirer à boulets rouges sur ces « trous noirs » incontrôlables au sein même des marchés boursiers- ne plaide pas pour le développement à tout va des « dark pools ». De l’autre, la perspective d’un éventuel réveil de la bourse ne peut que pousser les plate formes de marché traditionnelles à faire rapidement mouvement à moins de voir leurs concurrentes alternatives profiter du regain d’activité pour sortir du rouge, élargir leurs activités (dérivés actions, produits de taux…), les attaquer sur le marché des introductions en bourse et surtout, en devenant profitables, à s’ériger en concurrents tout aussi dangereux mais autrement plus coûteux à neutraliser.
    Difficile pour autant de ne pas penser qu’au moment même où les leçons de la crise, provoquée par le manque de contrôle et la complexité de certains produits financiers, sont loin d’avoir été toutes tirées, les impératifs de transparence et de simplicité y gagneront à voir de tels développements. Les dirigeants de la bourse de Londres affirment le contraire en expliquant que le rachat de Turquoise par le London Stock Exchange va permettre de mieux encadrer ce type de plate-formes parallèles plutôt que de les laisser prospérer sans garde fou. C’est une manière de voir les choses. Une manière moins positive consiste à se demander si, à chercher à neutraliser l’adversaire en l’absorbant, ce n’est pas surtout sa culture d’opacité qui va se propager sur les bourses traditionnelles.

    1. L’évolution du monde boursier est effectivement intéressant et significatif. J’ai déjà eu l’occasion de parler des dark pools à deux reprises :

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=3965

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=5574

      Je m’apprêtais à reparler de l’évolution des systèmes informatiques des bourses traditionnelles, en raison de ce que vient d’annoncer à ce propos la Bourse de Tokyo.

      Qu’elle est l’origine du papier que vous citez ?

    2. Excellent texte sur les ‘dark pools’: selon la revue The Banker, Chi-x représenterait 22% des trades du FTSE…
      Singapore and Chi-X sign enter dark joint venture l

    3. @grizzly
      vous faites bien de parler de F BOUYGUES ( maintenant que ce n’est plus un concourrent ne vous gênez pas ! )
      On observe effectivement tout un courant de pensée critique dans les milieux dirigeants ( et pas eulement C Bebear).
      Il est intéressant de suivre la ligne éditoriale des ECHOS
      amicalement

  9. Bonjour M. Leclerc et merci pour cet article fort intéressant,

    Un élément n’est pas tout à fait clair pour moi sur un point:

    François écrit:

    (…) avec les Britanniques et les Hollandais, visant à rembourser les gouvernements de ces deux pays du renflouement de leurs 300.000 clients nationaux, lors de l’effondrement en octobre 2008 de Icesave, une filiale de la banque Islandaise Landsbanki.

    Faut-il comprendre que Icesave avait des filières dans ces deux pays et que suite à la bancroute les gouvernements qui ont fait marcher les garanties bancaires en vigeur pour indemniser les clients et cherchent maintenant à se faire rembourser par l’Islande ?

    Et pour l’imagination, si j’étais belge, avec un compte auprès de Bank of America en Belgique et que celle-ci faisait, pure hypothèse, faillite, entraînant la perte de mes avoirs, on verrait la Belgique sommer les Etats-Unis de rembourser ? Le tout avec l’aide du FMI et consors ?

    Cordialement,

    1. C’est ce qui s’est passé lorsque Lehman Brothers a fait faillite. Les US ont versé des sommes assez importantes à l’Europe.
      Je n’ai plus les chiffres sous les yeux mais ça se comptait en milliards, je pense.

    2. Icesave agissait sur les marchés étrangers via Internet pour le compte de sa maison mère, Landsbanki, qui s’est écroulée, comme tout le système bancaire Islandais.

      A l’origine de l’affaire, selon le Wall Street Journal, les gouvernements Britannique et Hollandais auraient avancé les fonds pour rembourser les dépôts perdus par leurs nationaux au gouvernement Islandais, qui n’était pas en mesure de le faire lui-même, vu la situation de crise générale à laquelle il était confronté.

      Le Journal précise qu’il s’agissait d’une obligation en vertu de règles financières Européennes, qu’il ne précise pas. J’ai cherché et pas encore trouvé de quelles règles il s’agit. D’autant que si l’Islande fait partie de l’EEE (Espace Economique Européen), elle n’est pas membre de l’Union Européenne.

    3. François, cette histoire n’est pas claire. D’autant plus que la garantie des dépôts bancaires est une affaire nationale, que je sache. Je me demande aussi si les déposants ont été remboursés en totalité ou à hauteur d’un certain plafond comme c’est habituellement le cas.

      Je pense que les anglais et hollandais sont en train d’essayer d’arnaquer le petit poucet islandais. Au pire, si ces derniers refusent l’arnaque, ils risquent de se retrouver à vivre en semi-autarcie, comme il y a encore quelques décennies.

      Ne pas oublier aussi que les dirigeants des banques faillies ont vidé les caisses de ce qu’il restait juste avant la débâcle (en se faisant accorder des prêts de dernière minute). Comment cela se passe-t-il de ce côté-là?

    4. Bien vu Toi. Enfin… Moi. (ça me fait drôle d’écrire « moi » quand je m’adresse à toi. Pardon, à Moi. Bon, je vais t’appeler Lui, quoique… tu pourrais le prendre comme un signe de possible lueur ou pire… reflet ou pire… lumière ou pire : introversion révélatrice de possible imperfection du Moi enchâssé dans… dedieu, je délire)

      Sérieux. Un article de média de masse :

      « Faillite de la banque Icesave : l’Islande est isolée après un veto de son président »
      La suite de l’article est un boxon innommable.

      Ce que j’en constate en premier lieu est :
      1) Cet ilot de pêcheurs subit une vague volontaire de noyage de poisson.
      2) Cela doit avoir un intérêt à quelqu’un, voire des intérêts multiples MAIS divergents.

      Tout à fait entre nous. Cela ne doit pas sortir du net.
      Ils ont la géothermie en illimité et la pêche comme ressources qui peuvent les faire vivre en autarcie.
      J’enverrais pêter la dette juste après l’avoir renégocié au plus bas. Histoire de bien rouler les « investisseurs »…
      Cela doit rester entre nous, nous sommes bien d’accord.

    5. Je vais ressortir un nouveau dicton hal’acon comme je fais une fois par mois mais…
      De la diversité nait la richesse et de la différence meure le totalitarisme.

    1. Au dela du cas des PIIGS (Portugal,Islande,Irlande,Grece,Spain) va effectivement surgir le problème des investissements en Europe orientale .La remise en ordre fortemment suggérée par le FMI puis exigée par un consensus sous influence allemande de la BCE conduira à une réduction drastique des relances budgétaires et monnétaires .Traduction: déflation et chomage dans l’eurozone.Pour la Hongrie,les dettes en Francs Suisses vont faire très mal( Avoir laisser les gens emprunter en devises étrangères est aussi scandaleux que les subprimes aux USA . L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix aurait pu soulager nos amis hongrois).Pronostic sombre : Montée du nationalisme et tentation de retour au Forint ?

    2. jacques
      l’euro n’est pas la monnaie de la Hongrie; son adoption est repoussée d’année en année, à la recherche de l’impossible convergence;
      je relativise l’effet de l’emprunt en devise; les Hongrois sont propriétaires de leur logement à 90%, suite à la privatisation ; celui qui achète en a toujours un à vendre;
      il n’y a qu’une banque de nationalité hongroise : OTP; les autres sont des filiales de groupes allemands, anglais ou autrichiens; ce sont elles qui ont inventé les prêts en devises; pour se prémunir contre le risque de change les taux d’intérêts étaient de 15%, donc prohibitifs; en devises, ils tombaient à 5%; la banque hongroise a été contrainte de s’aligner; mais toutes les devises ont plongé en même temps que le Forint; l’écart ne doit pas être énorme; il n’y a qu’avec l’Euro qu’on observe un écart de 30%;

    3. Ce que je voulais préciser , c’est que le rating de la Hongrie auprès des agences de notation va se dégrader .Le renouvellement des emprunts court et moyen terme va se renchérir.La spéculation va jouer à fond contre le forint qui ne bénéficie pas du filet à moineaux de la monnaie unique.Le forint sera dévalué d’une facon ou d’une autre vis à vis des monnaies d’emprunt .Et par conséquent, les échéances d’emprunt vont s’alourdir monstrueusement.Un syndrome japonais en quelque sorte s’ils décident de payer ou un syndrome islandais s’ils décident le contraire.On ne refait pas l’histoire mais les russes auraient un bon coup à jouer en aidant la Hongrie.

  10. Les riches britanniques et les riches néerlandais avaient été attirés par les banques privées en Islande.
    Les riches britanniques et les riches néerlandais avaient déposé près de 4 milliards d’euros dans les coffres des banques privées islandaises.
    Ces naïfs croyaient que les banques privées islandaises allaient VRAIMENT leur verser 15 % d’intérêt, comme elles s’y étaient engagé dans leur pub.
    Comme d’habitude, les banques privées ont été incapables de respecter leurs engagements. En Islande, les banques privées ont fait faillite en 2008.
    Conséquence : les riches britanniques et les riches néerlandais ont perdu leurs 4 milliards d’euros. Bien fait !
    Mais ils n’ont pas accepté d’avoir perdu leurs économies en jouant à l’économie-casino : ils ont demandé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas de leur rembourser ! Et leurs gouvernements leur ont obéi !
    En 2009, l’Etat britannique et l’Etat néerlandais ont remboursé ces riches épargnants, avec l’argent des contribuables !
    Les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont indemnisé plus de 300.000 de leurs citoyens lésés par la faillite de la banque islandaise Icesave !
    Les contribuables britanniques et les contribuables néerlandais ont payé 4 milliards d’euros pour indemniser les riches épargnants de leurs mauvais placements en Islande !
    Sous la pression de la rue, le Royaume-Uni et les Pays-Bas demandent au gouvernement islandais de leur payer ces 4 milliards d’euros. Le parlement islandais et le gouvernement islandais ont cédé et ils ont répondu : « oui ».
    En revanche, le président de la République d’Islande a répondu : « non ».
    Le président de la République d’Islande, Olafur Grimsson, a décidé de consulter le peuple islandais par référendum pour lui demander son avis. En cas de « non », l’Islande ne paiera pas les 4 milliards d’euros.

    Aussitôt, les élites financières du monde entier ont crié au scandale !
    Aussitôt, les élites politiques vendues aux banques ont crié au scandale !
    Les maîtres du monde menacent le peuple islandais. En cas de « non » au référendum, ça va saigner !

    Lisez cet article :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100106trib000458844/le-president-islandais-en-vedette-dans-la-presse-anglo-saxonne.html

    1. @ Moi, BA, F. Leclerc

      Evidemment, ici aux PB, ce refus Islandais fait les gros titres, et la presse main stream tend à crier haro sur le baudet. Mais les reactions des lecteurs sont toutes autres, en tout cas sur le site du journal de qualité NRC Handelsblad [pas eu le courage de regarder celles du Telegraaf, le journal des beaufs] :
      http://weblogs.nrc.nl/discussie/2010/01/06/moet-nederland-de-ijslandse-schuld-van-13-miljard-euro-kwijtschelden/
      Les réactions sont y plutôt en faveur des Islandais, contre le moloch financier.

      Le méchanisme est le suivant : lorsque le système bancaire Islandais s’est écroulé, début octobre 2008, quelques 108 000 épargnants, dont plusieurs organismes de droit publics [communes, provinces], avaient placé +1,6 milliard d’€ chez Icesave, allechés par un taux d’intérêt de 5% [aux PB, 1,8% en moyenne]
      Le Fonds Islandais de garantie des dépôts devait, en principe, rembourser les premiers 20 887 € de chaque dépot, puisque Icesave était basé en Islande et non aux PB [ou GB], soit 1,3 milliard [et 2,5 milliard pour les déposants Britanniques]
      La garantie sur les dépots bancaires par l’Etat Néerlandais était de 38 000 €, et devait par conséquent rembourser ce qui excédait les 20 887 €, jusqu’auxdit 38 000 €. Mais le 7 octobre, sous la pression des nantis floués, ce gouvernement dépourvu de colonne vertébrale [on l’a vu constant caniche de Washington dans l’aventure Iraquienne, le JSF, etc…], releva le montant à 100 000 €. Il poussa même le vice – on ne peut appeler cela autrement – jusqu’à y inclure les intérêts escomptés, tout cela au frais du contribuable.
      Comme l’Etat Islandais était dans l’incapacité de débourser les sommes dues, c’est l’Etat Néerlandais qui, par peur des glapissements impatients de ses nantis, s’en est temporairement chargé : De Nederlandsche Bank [banque centrale] remboursait les dépots jusqu’à hauteur de 100 000 €, et le gouvernement envoyait ensuite une facture de 1,3 milliard d’euro [correspondant aux premiers 20 887 € de chaque dépot de particuliers] aux Islandais. En sachant qu’entre temps, la valeur de la couronne Islandaise s’était effondrée, ce qui alourdissait d’autant le fardeau.

      Outre que l’on fait payer à tout un peuple les errements spéculatifs de quelques banquiers [banksters, devrait-on dire] bien en cour auprès du gouvernement libéral d’alors [qui avait nota bene privatisé le système banquaire Islandais dans les années 90], on notera que, aux Pays-Bas même, on aura changé en urgence les règles et mis les citoyens de base à contribution pour consoler les quelques milliers de nantis avides de rendement qui avaient mis au frais + de 38 000 €.

    2. Merci de ces explications, car cette opération, en Grande-Bretagne comme au Pays-Bas, me semble juridiquement encore assez peu clairement établie.

    3. Merci Amsterdamois. Si je comprends bien y’a quand même eu quelques nantis qui ont perdu des plumes. Parce que 38000 euros c’est quand même pas le Pérou si on avait un dépôt de quelques millions (surtout les organismes de droit public). Cela m’étonne qu’ils se soient contentés de cela ou alors il va y avoir des budgets très difficiles à boucler en perspective.

    4. @ Moi
      Les déposants Néerlandais n’ont perdu d’argent qu’au delà de la limite de 100 000 € de dépot; cela concerne quelque 3000 personnes [sur 108 000 déposants en tout]. Ont également perdu leurs plumes les communes et provinces qui y avaient placé leurs réserves. En particulier, la province de Hollande Septentrionale peut pleurer sur quelques 30 millions d’euro [si ma mémoire est bonne]

  11. Mercredi 6 janvier 2010 :

    Banque Centrale Européenne : l’Union européenne n’aidera pas la Grèce.

    L’Union Européenne ne fournira aucune aide financière à la Grèce, a déclaré Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne, soulignant que le pays n’a pas maîtrisé ses comptes publics ni travaillé en vue d’améliorer sa compétitivité ces dernières années.

    « Quiconque pense qu’en définitive, les membres de l’Union européenne délieront leur bourse pour sauver la Grèce, en sera pour ses frais », a-t-il affirmé dans un entretien accordé au quotidien italien Il Sole 24 Ore.

  12. Bonjour

    je suis depuis plusieurs mois vos excellentes contributions et je me lance aujourd’hui dans ma première intervention face à ce sujet qui m’interpelle particulièrement.

    Je partage largement les appréhensions d’yvan quant aux répercussions sur l’Islande.

    Un vrai déluge de furie attaquera l’Islande et je ne crois pas que les islandais en ont encore conscience et qu’ils peuvent dans la composition même de leur économie, quasi totalement dépendante de ses importations, se doter rapidement d’une économie autarcique pour en limiter les effets dévastateurs.

    Ils sont face à deux possibilités, toutes les deux douloureuses, l’une certainement plus que l’autre :

    celle de l’asservissement économique et politique ou celui de la souveraineté

    Si il y a un réjouissement à avoir c’est que dans toute cette turpitude ils ont ouverts une brèche d’espoir pour la liberté et la souveraineté des peuples.

    Nos institutions financières dont la BCE ne naviguent plus à visages cachés désormais sur leurs intentions.

    Ce sont nos ennemis et il faut les combattre.

    La seule chose qui peut sauver la zone euro, c’est une révolution institutionnelle et une réappropriation de la souveraineté monétaire du peuple.

    Le tour de la France pour répudier sa dette viendra aussi…

    « The conclusion then, is, that neither the representatives of a nation, nor the whole nation itself assembled, can validly engage debts beyond what they may pay in their own time. » –Thomas Jefferson

    1. « We the people »…
      Il va sans doute y avoir un débat sur la souveraineté du Peuple..et la résurgence de l’état-nation…
      Qu’on le veuille ou non certaines Nations existent encore.
      Le balancier retourne vers protection-autarcie.
      A ce sujet l’Islande n’est pas dépourvue de ressources marines et geothermiques.

    2. Bonjour Saratoga.

      Votre première intervention le jour où les anglais prennent un retour de bâton : votre pseudo est de circonstance.

      Dans le décret de création du premier Franc en 1360 par Charles V, je crois qu’il y a écrit : « La monnaie appartient au peuple et non au souverain ».
      C’est en fait le meilleur moyen de ne pas la voir se dévaluer.
      Les allemands, lors de la création de l’euro, ont imposé un truc dans cet esprit.
      Si la révolution et la réappropriation de la monnaie par le peuple que vous semblez appeler de vos voeux, c’est dans l’esprit de ce qu’avait édicté le conseiller de Charles V, je suis d’accord.
      Mais si c’est revenir à l’époque, pour ce qui est de la France, de la quatorzaine qui a débuté en 1981 cela n’est pas très encourageant.
      Le peuple n’est pas complètement responsable de la crise financière : on peut lui laisser le bénéfice du doute. Par contre les financiers sont responsables et il est difficile de leur accorder le même bénéfice.
      Les financiers peuvent payer (personnellement j’entends ; faut juste faire une loi).
      Le peuple a déjà payé mais il ne le peut plus, sauf à dévaluer, ce qui correspondrait à laisser les riches à peine un peu moins riches et les pauvres encore plus pauvres.
      Je conviens que c’est un peu simpliste mais ça soulage de l’écrire et ça soulagerait de le faire. Isn’t it ?

      En tout cas, là serait la véritable révolution.

    3. @ecodouble
      Les allemands n’ont rien inventé, ils ont simplement le sens de l’expérience historique .
      La philosophie des institutions monétaires modernes a bien été celle que vous énoncez lors de leur création. C’est l’idée du gage de la monnaie sur l’or qui symbolise le fait que la valeur de la monnaie est fixée par les hommes et qu’un gouvernement ne peut pas tout faire. C’est à partir de Keynes que les choses vont se gâter ..
      amicalement.

  13. Je ne sais pas en vertu de quel mandat Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE, peut s’exprimer au nom de l’Union européenne ! Il faut prendre acte de ses propos…et attendre la suite.

    Faut-il par ailleurs lui rappeler que les banques Grecques utilisent largement les injections de liquidités de la BCE afin d’acheter de la dette publique de leur propre pays ?

  14. Hors sujet: les achats de logements neufs aux USA ont baissé de plus de 16% en novembre, ce qui semble avoir interloqué pas mal de monde. La baisse atteint 26% en Nouvelle-Angleterre et dans le Midwest, mais seulement 2% en Californie. C’est à nouveau le branle-bas de combat chez Fannie Mae et Freddie Mac, soit dit en passant. Source: le New York Times d’aujourd’hui. Je n’ai pas ressenti le besoin de mettre l’article en lien car il contient trop de « digressions » et de spéculations assez vaines de la part d’agents immobiliers.

  15. hors-sujet (comme souvent mais pas inintéressant)
    @ Betov
    concernant la Z-machine (je m’y intéresse beaucoup depuis que j’en ai entendu parler) :
    Que voulez-vous dire en 2) « les lobbies énergétiques useront de tous les moyens disponibles » ?

    Personellement j’ai toujours pensé que si une énergie (presque) gratuite pouvez faire son apparition on ne la proposerait aux citoyens
    que lorsqu’on aurait trouvé le moyen de continuer à leur tondre la laine sur le dos, comme d’habitude !
    Du genre : à quand la taxe sur les m² de panneaux photovoltaïques placés sur votre toit ?

    Autre chose :
    Je suis matin et soir sur mon blog préféré
    je lis les billets, tous les commentaires, vérifie tous les liens,
    Hé bien, j’arrive pas à suivre…
    et pourtant je suis retraité
    tout va trop vite…

    1. « Que voulez-vous dire en 2) « les lobbies énergétiques useront de tous les moyens disponibles »  »

      Jean-Paul Petit, dans sa vidéo, parle du problème du confidentiel défense. Qui dit fusion, dit bombe. Il faut aussi noter que les pays qui expérimentent (ceux qu’il cite) sont les USA et la Russie (accessoirement l’europe). Imagine-t-on, la Russie, dont le gouvernement se nomme Gazprom, se suicider en annulant la valeur de ses « propres » ressources ? Imagine-t-on les USA, dont la puissance repose sur la guerre, perdre sans lutter, les raisons de ses ingérences et crimes multiples contre l’humanité ?

      Dans la vidéo, il faut également noter l’objection au sujet de la température, d’un scientifique… juif ! Nul besoin d’être « conspira-sioniste » pour comprendre. Evidemment, si l’énergie gratuite est possible, Israël (au moins tel qu’il est aujourd’hui), est condamné à disparaître inéluctablement, puisque cette monstruosité n’a jamais eu d’autre objet que celui du contrôle d’une région pétrolière.

      « Autre chose :
      Je suis matin et soir sur mon blog préféré
      je lis les billets, tous les commentaires, vérifie tous les liens,
      Hé bien, j’arrive pas à suivre…
      et pourtant je suis retraité
      tout va trop vite… »

      🙂 🙂 🙂

    2. François Leclerc me semble travailler à plein temps pour ce blog. Il doit être – au moins – retraité… Et peut-être a-t’il un frère jumeau pour assurer la cadence. Ou François Leclerc est-il en réalité un Triplé, un Quadruplé, un Quintuplé? 😀

  16. François leclerc écrit « Il en tire également comme conclusion que la solidité de la zone euro va être soumise à rude épreuve dans les prochains temps. »
    Je m’en réjouis d’avance… ca, plus un petit peu de protectionnisme, ce sera quelques moyens de revoir une U.E. mal née.

  17. Pauvre Islande,

    Après leur avoir péché tout leur poisson depuis 50 années, la GB, leur demanderait en plus de leur rembourser les notes de frais des traders de la city !!!

    Ya peut être Odin et Thor Freyja et Loki qui vont rappliquer au secours de leurs fidèles !!!

    Faut l’espérer.

    Je vous l’avais bien dit que ces enfants tyrans à qui l’ont n’a su rien refuser dans les années 70 ! C’est que s’il ont ne leur donne pas la fessée, ils vont tout casser !

  18. Comme un astéroïde que l’on nous annonce pour 2036 .. Celle-ci est pour 2010 !

    « Crise : 2010, l’année de tous les périls, par Ambrose Evans-Pritchard
    6 janvier 2010
    Passée la première phase aigüe de la crise, la convalescence s’annonce pénible et douloureuse, tant étaient profonds et graves les déséquilibres de la période précédente. L’économie mondiale était tirée par l’inflation des actifs, la surconsommation américaine à crédit et le recyclage financier des déséquilibres, et elle ne repartira pas sur les mêmes bases. Certains Etats, à commencer par le Japon, plombés par le poids du sauvetage de la dette privée et le coût de la relance, sont menacés de sombrer dans un maelstrom de surendettement. Les écueils, nombreux, pourront-ils être évités ou provoqueront-ils de nouveaux naufrages ? Evans-Pritchard se livre au périlleux exercice des prévisions et dresse la carte des dangers, avec son habituel biais anti-européen.

    Par Ambrose Evans-Pritchard, Telegraph, 4 janvier 2010

    La contraction de la masse monétaire M3 aux États-Unis et en Europe au cours des six derniers mois pénalisera la reprise économique tout au long de l’année 2010, avec le déphasage habituel d’un an ou deux. Ben Bernanke sera pris au dépourvu, comme il l’a été à la mi-2008 lorsque la Fed a grillé un feu rouge en évoquant la possibilité d’une hausse imminente de son taux directeur. Ce fut l’erreur de trop qui a déclenché l’implosion de Lehman, d’AIG et du système bancaire occidental.

    Lorsque le rallye boursier de 2009 se heurtera à cette grande muraille de Chine qu’est la surcapacité mondiale, il deviendra évident que nous sommes aux prises avec la dépression du 21e siècle – qui s’apparentera davantage à celle de la « décennie perdue » du Japon plutôt qu’a celles des années 1840 ou 1930, mais ne sera en rien comparable aux cycles observés depuis la fin de guerre froide. Les pays exportateurs (Chine, Allemagne, Golfe) n’ont pas généré une demande suffisante pour compenser la réduction d’activité des pays déficitaires (monde anglo-saxon, club Méditerranée, Europe de l’est). L’immense déséquilibre commercial Est-Ouest qui a provoqué la crise du crédit n’a pas été comblé depuis un an et s’est peut-être aggravé. L’endettement des ménages relativement au PIB se situe près des niveaux record dans les deux cinquièmes de l’économie mondiale. Notre longue purge a à peine commencé. C’est l’éléphant que tout le monde feint d’ignorer, planté au beau milieu du salon planétaire.

    Nous devrons admettre que le blitz de relance budgétaire, lancé pour arrêter la spirale d’effondrement de l’an dernier, a tout au plus transféré la charge de la dette privée sur les épaules des Etats, où elle pourra provoquer encore plus de dégâts si elle est traitée avec la même insouciance que manifeste aujourd’hui la Grande Bretagne.

    Les rendements des obligations AAA de l’Allemagne, la France, les USA et le Canada vont redescendre pendant certain temps, par crainte d’une nouvelle poussée déflationniste. Les stratégies de sortie de crise vont rester au frigo. Loin de mettre fin à l’assouplissement quantitatif, la Fed va accroître ses achats d’obligations. Bernanke se convertira à une baisse des rendements des bons du Trésor de 10 ans, ciblant les 2.5%. Les fonds spéculatifs vont essayer de jouer avec la liquidité une fois de plus, empilant les positions sur les marchés du brut, de l’or, et des actions russes, mais cette fois, les gains seront bien maigres. Ils devront apprendre à considérer avec respect la tendance déflationniste.

    Les Etats faibles vont tanguer. Le choc viendra du Japon, qui est notre République de Weimar potentielle. 2010 sera l’année où Tokyo découvrira qu’il ne peut plus emprunter à 1% dans un marché d’obligations captif et devra régler la note pour toutes ces dépenses budgétaires qui paraissaient si judicieuses en leur temps. Toutes les émissions de bons japonais vont se transformer en évènement lorsque l’endettement dépassera les 225% du PIB. Hirohisa Fujii, le ministre des finances japonais, sera bientôt aussi célèbre qu’une rock star. Une fois les digues rompues, le coût du service de la dette fera exploser le budget. La Banque du Japon devra régler en urgence sa manette sur la position QE (Assouplissement Quantitatif). Le pays va basculer de la déflation à un début d’hyperinflation. Le yen va dévisser, dépassant le yuan chinois dans le sauf qui peut généralisé à la dévaluation compétitive. D’ici là, la Chine sera elle aussi en difficulté. Une croissance sauvage du crédit peut masquer la faiblesse de son modèle mercantiliste de nation exportatrice durant un certain temps, mais seulement au prix de la naissance d’une bulle d’actifs. Pékin devra appuyer sur le frein cette année, sinon la Chine s’expose à de sérieux ennuis. Le problème sera équivalent à celui qu’ont connu les banques centrales occidentales en 2007-2008.

    La Banque centrale européenne s’en tiendra à son choix crépusculaire wagnérien, restant impassible alors que les prêts en difficulté déclencheront la deuxième vague frappant le système bancaire européen. La Bundesbank mettra son veto à la solution QE jusqu’à ce qu’il soit trop tard, car elle la considère comme une caution implicite de l’Allemagne pour un renflouement du Club Med.

    De plus en plus de fonds spéculatifs vont jouer sur les forces centrifuges au sein de l’Union Monétaire européenne, en prenant le pari que le clivage Nord-Sud a dépassé le point de non retour pour une union monétaire. Ce qui rendra enragé l’Eurogroupe. Bruxelles va remuer la poussière de ses traités en y recherchant un fondement juridique pour un contrôle des capitaux. L’italien Giulio Tremonti suggèrera d’utiliser la législation européenne anti-terroriste contre les « spéculateurs ».

    La politique de réductions des salaires se révélera auto-destructrice pour le Club Med, les piégeant dans un cas d’école de déflation de la dette. Les victimes vont commencer à s’en apercevoir. La presse espagnole, grecque et portugaise va publier des articles doutant de l’Union Monétaire. Les universitaires eurosceptiques auront le droit de sortir du placard, de s’exprimer à nouveau, et les idées hétérodoxes se répandront.

    Le Premier ministre grec, M. Papandréou, se rebiffera à la perspective d’être immolé sur l’autel de l’Union Monétaire. Les socialistes grecs s’en prendront à l’Europe, et obtiendront des prêts permettant de gagner du temps sans rien résoudre. Berlin devra céder et accepter de payer, mais seulement une fois. Ensuite, qu’ils aillent au diable !

    En fin de compte, le sort de l’euro sera déterminé par les grèves, les manifestations de rue et les attentats à la voiture piégée, marquant un retour de la primauté du politique. Je doute que le dénouement ait lieu en 2010, mais l’humeur et l’ambiance générale seront suffisamment mauvaises pour ébranler l’euro.

    La hausse du dollar va s’accélérer. L’économie américaine – bien que malade – brillera au sein du club de l’OCDE, qui est encore plus mal en point. Les britanniques auront besoin du choc d’une crise de la dette souveraine pour se défaire de leurs illusions. A ce moment, l’esprit de Dunkerque soufflera à nouveau. La politique préemptive de QE de Mervyn King et une dévaluation en temps opportun porteront leurs fruits cette année, nous épargnant ainsi le pire.

    Vers le milieu ou la fin de 2010, nous aurons crevé les plus gros abcès du système économique mondial. Ce sera alors seulement, au milieu de la peur et la répulsion des investisseurs, que nous aurons touché le fond. Ce sera une occasion unique pour faire des acquisitions. »

    http://www.contreinfo.fr

  19. L’Islande envisage de faire défaut sur sa dette; immédiatement son adhésion à l’UE parait impossible. Pendant ce temps là on continue à négocier avec la Turquie qui occupe militairement l’un des états membres (Chypre).

    Comment mieux dire que l’Argent est devenue notre valeur suprême, au delà de l’honneur, du respect des nations ?

    1. Valeur suprême, en effet, Monsieur Monod-Broca.

      La décadence peut néanmoins être inversée. L’histoire nous le montre depuis longtemps.
      Par contre, il vaudrait mieux éviter d’embaucher des Chinois pour faire une révolution à notre place. Vu la qualité de leurs « produits », leurs balles en plastique louperaient systématiquement leur cible.

    2. Merci beaucoup pour ce commentaire, que je trouve très juste, tout comme ceux qui rappellent les défauts de paiement anglais dans un passé pas si lointain.

  20. @ Betov

    Vous devriez arrêtez votre symphonie sur Jean-Pierre Petit. Je vous ai dit pourquoi plus haut. Ou alors vous vous prenez pour Herbert von Karajan et en trompette, vous allez nous faire un nouveau protocole des sages … de l’énergie.
    Faire de la publicité à ce monsieur si peu sérieux revient, presque, à nuire à la réputation de ce fantastique blog qui nous accueille.

    1. @Ecodouble
      Pourquoi voulez-vous blacklister JP Petit concernant son exposé sur la Z-machine à Polytechnique pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le sujet de son exposé ?
      Désolée, mais votre velléité de censure m’agace un peu.
      Il dit avoir reçu des lettres des ummites, et alors ? Cela annule-t-il ses connaissances scientifiques sur le sujet qu’il aborde ?

    2. Je veux dire que ça vaut le coup de vérifier scientifiquement ce dont il parle, vu les implications potentielles, que de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    3. Désolé, mais, d’une part, je n’ai pas les connaissances nécessaires pour évaluer la chose, d’autre part, vous n’avancez aucun argument. Où peut-on voir monsieur Petit prendre la défense des petits hommes verts ?

      Sans vraiment savoir:

      1. Sa critique d’Iter semble validée par les faits.

      2. Si les expériences qu’il décrit sont ce qu’il en dit, il n’y a aucun doute que tout sera fait pour la dénigrer, et le fait que sa vidéo n’ai *pas* fait la une de tous les médias, alors que tout le monde a entendu parler d’Iter, en est une démonstration indiscutable.

      3. Quand un prof de physique disant avoir des relations internationales, parle, j’écoute ce qu’il a à dire.

      Je dois voir quelques profs de fac dans une dizaine de jour. Je me renseignerai…

    4. Il faut garder l’esprit ouvert sur la personne de Jean-Pierre Petit. Avec votre raisonnement il faudrait mettre à la poubelle tous les travaux des scientifiques qui ont une croyance (rationnelle ou irrationnelle) en quelque chose (par exemple en dieu).
      S’agissant des croyances de ce Monsieur, son seul tort est de les afficher publiquement, cela à fortement nui à sa carrière, car son milieu ne pardonne pas ce genre de chose.
      De là à jeter tous les travaux d’un individu parce qu’il croit en quelque chose que vous jugez inacceptable, le pas me semble dangereux à franchir.

      Soyons vigilants a propos des croyances et des convictions, d’accord, mais lorsque le discours est scientifique et argumenté, écoutons le. Ne nous privons pas d’informations en étant obtus.

      Et je ne vois pas en quoi faire preuve d’ouverture d’esprit serait dégradant ou ferait perdre de la crédibilité à ce présent blog. Se serait, à mon avis, faire preuve de couardise intellectuelle.
      Je pense au contraire, que les lecteurs de ce blog sont aptes à juger par eux-mêmes et à faire la part des choses.

      Pour être un lecteur assidu de M. Jorion et de M. Petit, je dirais que leur position dans leur milieu scientifique présente de nombreuses similitudes (pour des raisons différentes) mais cela doit nous rappeler que les voix les plus étranges ou minoritaires ne se sont pas dénués d’intérêt.

      Désolé pour la digression, bonne année aux lecteurs, à M. Leclerc pour lequel je suis toujours aussi admiratif, ainsi qu’à M. Jorion.

    5. Tout-à-fait d’accord, Kay. Mais Ecodouble a raison de souligner que, sans autre défenseur que monsieur Petit, il devient impossible de retenir cette idée de fusion contrôlée, lorsqu’on a, soi-même, aucune compétence pour juger de la chose scientifiquement. Je n’en fait pas un jugement de valeur, mais de crédibilité sociale, aux yeux du simple pékin comme moi.

      Admettons que la piste soit bonne et qu’elle soit victime d’une « conspiration ». Monsieur Petit, avec l’affaire Ummo, lui aurait offert l’argument qui tue, sur un plateau.

    6. @ Betov.

      Merci.

      Pour avoir assisté aux assises de Syntec ingénierie en octobre 2006, largement consacré à ITER, qui déclenchait alors, et sans doute toujours, l’enthousiasme d’une part de l’ingénierie française, j’en ai conclu qu’il ne fallait pas trop avoir d’espoir avec la fusion nucléaire, notamment parce que :
      1- Pour cette machine, qui est seulement un laboratoire expérimental, les crédits alloués étaient presque illimités : en est-il de même aujourd’hui ?
      2- Après ITER qui doit durer 30 à 35 ans et s’il a donné les résultats escomptés, il est prévu de construire une autre machine pour autant de temps et sans doute plus d’argent, puis si tout est validé encore, seulement se construira le pré-série avec une durée prévisionnelle pour la mise au point de 25 ans. C’est alors que pourraient venir les installation de production ; dans 100 ans environ et encore sans compter les retards de plus en plus nombreux dans notre monde industriel (Airbus A400M et A380, Boeing Dreamliner, le dernier accélérateur à particules installé du coté de Genève, …) beaucoup à cause des financiers incapables qu’ils sont désormais de financer et un peu à cause de la complexité des sujets.
      Vous voyez que je ne défens pas ITER mais pour avoir longuement parlé avec un ancien du CEA, son avis était qu’il y a pour la fusion des problèmes (ou des difficultés) d’échelle quasiment insurmontables

      Je doit être lassant. Mais comment abréger sur le sujet de l’énergie ? que je considère comme le principal problème de l’Humanité.
      Je rappellerai que :
      – l’électricité est une part modeste de la consommation mondiale d’énergie et que la part du nucléaire dans cette production d’énergie est infime,
      – réserve mondiale d’uranium : 100 ans au rythme de la consommation actuelle,
      – dans moins de 40 ans, il n’y a plus de pétrole accessible aux Humains et le pic des énergies fossiles est atteint voire dépassé (il faut lire entre les lignes des communications de l’AIE mais ça tombe bien je suis géologue) : pourrons-nous attendre 60 ans au moins la fusion et vivre les 40 prochaines années dans un monde en « décroissance » subie pour ce qui est de la consommation d’énergie et « décroissance » économique induite de ce fait ?

      Pour sauver l’économie, et par là l’Humanité, il faut :
      – économiser l’énergie, économiser encore et encore, dixit, entre autres, JM Jancovici,
      – développer toutes les techniques énergétiquement rentables (rendement) qui peuvent récupérer l’énergie solaire sous ses formes renouvelables,
      – protéger l’agriculture et la biodiversité,
      – s’inquiéter de la perte des cultures et de la meilleure façon de transmettre le savoir.
      C’est une tâche immense, dont le résultat sera de bien distribuer la richesse ; en tout cas cela ne pourra pas la concentrer.

      Quant à sauver les financiers, ON PEUT S’EN FOUTRE et s’en dispenser, vu l’urgence énergétique et la précarité dans laquelle se trouve l’Humanité.
      Bon ! Comme je saoule tout le monde, si vous voulez continuer sur le sujet, vous tapez ecodouble au clavier.

  21. attention, à trois toute les dettes des états du monde entier sont annulées; compteur à zero pour tout le monde !

    uuuuuunnn , deeeuuuuux eeeeeeeet trois !

    Hop là ,

    qui fait un scénario ?

    En tout cas les Islandais auront du poisson et de la chaleur pour l’hiver, et qu’ils sont pas trés nombreux pour s’entendre ,je crois aussi qu’ils ont même un conservatoire de l’humanité des graines (ou bien des graines de l’humanité) enfouiedans leurs glace donc l’avenir est à eux.

    Cordialement

  22. Bonsoir !

    HS: une agence de notation serait sur le point de dégrader la note de la France .
    ( Entendu par un collégue). La personne s’est exprimée ce jour!
    Intox ????

  23. Revenons à nos islandais :

    Si j’ai bien suivi l’affaire les islandais ont hérité de la dette de leur système bancaire privé au moment ou l’état islandais a nationalisé le-dit système en bloc et sans rien renégocier avec les créanciers (ce qu’il aurait été fort avisé de faire). Du coups les « politiciens » anglais et hollandais on beau jeu de sommer l’Islande de respecter ses toutes nouvelles obligations en arguant qu’ils n’étaient après tout pas obligé de se les mettre sur le dos. Des questions demeurent cependant : dans quelle mesure les « nationaliseurs » était ils au courant de la situation réelle, et est-ce qu’on les retrouvera dans quelques année à pantoufler dans quelque banque de la city ou dans un organisme quelconque ?

  24. que penser de ce qui se passe du coté de la chine entre les entreprises chinoises et les banques us :

    « We will not accept the demand by J. Aron (qui est l’émanation de Goldman sachs) for all the losses and related interests, » said Nanshan, in line with the stance it took last December.
    « We will try our best to negotiate with J. Aron and resolve the dispute peacefully…but the possibility of using a lawsuit can not be ruled out when talks fail, »

    le reste ici : http://www.reuters.com/article/idUSSGE5BS09T20091229

    1. Il s’agit de la suite d’une histoire, qui a amenée les autorités chinoises à interdire les achats de produits dérivés. Certaines entreprises s’étaient en effet laissées prendre au chant de sirènes bancaires et au piège de spéculations hasardeuses où elles ont laissé des plumes.

    1. Cet intéressant article du Times apporte un éclairage complémentaire. D’autres conséquences de la crise bancaire Islandaise sont à redouter en Grande-Bretagne que celle de Icesave. La partie s’annonce donc à rebondissements et potentiellement lourde de conséquences dans un pays déjà très atteint. Ce sont les collectivités locales qui risquent gros.

  25. Les agences de notation, jouets des mégabanques, ont décidé de faire sauter les pays qui refusent de se faire dépouiller.
    Elle ne disent pas, ces agences de notation, que la situation du royaume uni et des USA n’est guère meilleure que celle de l’Islande.

    Je voudrais apporter ici tout mon soutien au peuple Islandais, peuple courageux et qui refuse de mourir. Ils nous montrent l’exemple. Ne pas laisser la vermine continuer à tout détruire, voila le seul combat. Tout le reste, c’est du vent.

    1. Asterix Islandais?
      Comme le dit François les développements ultérieurs des situations islandaises et grecques risquent de faire jurisprudence.
      L’Europe mal née sera sans doute affaiblie et un choc politique (voire populaire) peut résulter de ces affaires et entamer gravement sa stabilité.
      De toutes façons cette Europe était construite avec un toit dans la cave, afin de ne pas trop gèner les intérêts AS.
      Lire « la faute de M.Monnet ».
      De …Chevènement.
      « Jean Monnet écrivait d’Alger, en mai 1943, à Henri Hopkins, conseiller du Président Roosevelt : « Il faut le détruire », en parlant du général de Gaulle. La reconstitution des souverainetés nationales en Europe était la hantise de Jean Monnet. Dès cette époque, il pense l’organisation future de l’Europe contre l’idée de souveraineté. Prescience géniale de la nécessité de constituer l’Europe comme un grand marché régi par une autorité supranationale unique ou complot objectif contre le souveraineté populaire, qui est au principe de la République, au bénéfice d’un capitalisme euratlantique dominé par les Etats-Unis ?
      Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de « Constitution européenne ». La « méthode Monnet », celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la « mondialisation », la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples. « 

  26. Une parenthèse à propos de J.P.Petit.
    Si l’on ne s’explique pas ce que l’on peut considérer comme une autodiscréditation ou un errement, une censure totale me paraît déraisonnable.
    Je prendrais comme exemple Yves Rocard avec son pendule et sa vraie bombe.
    Il faut aussi rappeler qu’il a travaillé pour l’armée à la propulsion des missiles nucléaires.

  27. l’Island est la nouvelle Commune de Paris;
    reste à savoir si ceux qui participent à ce blog veulent, au nom du « raisonnable », se ranger dans le camps des Versaillais;
    nous ne pouvons pas savoir si ce n’est pas l’étincelle que nous attendons, celle dont nous allons suivre l’exemple;
    il faut rembourser 13 000 E par habitant à des « investisseurs » extérieurs au pays, qui ont joué et perdu; comme au Luxembourg pour Madoff; qui va rembourser les perdants de Madoff ?
    que feraient les Français dans une telle situation ?
    sans référendum ;

    1. Ne nous emportons pas ! L’Islande n’est pas une île d’irréductibles pourfendeurs des banques et du système financier, pas plus que son président de la République n’est un saint.

      La perversité de la situation veut qu’il y a d’un côté les contribuables Islandais et de l’autre des Britanniques et des Hollandais qui ne sont pas nécessairement de richissimes spéculateurs (ce sont parfois des collectivités locales). Cela ne fait ni des uns ni des autres des héros, tout au plus des victimes.

      Ce dérapage va être suivi d’autres. Ce qui est en cause, ce n’est pas seulement ce qui en est à l’origine, mais aussi ce que cela va susciter comme réponses, comme refus, comme révoltes, comme alternatives… Et comment il va y être répondu.

  28. François
    Désolé pour le retard dasn la réponse à votre question
    L’article est de Philippe Reclus -à partir du site slate
    je l’ai trouvé dans l’actualité « orange »

  29. Justement, j’ai du mal à comprendre ce qui peut pousser d' »ordinaires » citoyens britanniques et hollandais à placer leur argent dans une banque islandaise plutôt qu’une banque de leur propre pays ?! Est-ce que ce n’est pas déjà chercher les ennuis ? Quels monts et merveilles ces banques islandaises pouvaient-elles donc leur promettre ?

    Je trouve qu’il y a beaucoup de coupables dans cette sombre histoire. Les derniers gouvernements islandais d’avoir choisi d’orienter leur pays sur une voie voie aussi dangereuse. Les électeurs islandais d’avoir choisi ces gouvernements. Les clients étrangers de ces banques.
    Sans oublier ces braves banquiers eux-mêmes évidemment.
    Alors qui doit payer pour la faute commise, j’ai du mal à me faire une opinion.

    1. Pourquoi les Britanniques et les Néerlandais ont-ils placé de l’argent dans des banques islandaises ? Je suppose qu’un conseiller financier de leur pays, bien rémunéré, leur a fait placer leur argent soit directement dans cette banque islandaise « prometteuse » qui rapportait de bons intérêts et qui, en difficulté, s’est mise, suivant le schéma de Ponzi, à payer les intérêts des uns sur le capital des nouveaux entrants jusqu’à l’effondrement final . D’autres, dont des Français, ont placé leur argent dans un fond qui le replaçait dans la banque islandaise reversant provisoirement de gros intérêts, pour un résultat identique .

  30. Est il si inconcevable d’ imaginer une arnaque aux comptes publics consistant a déclarer des pertes (non imposables) dans des « ice save et autre Madofferies » qui sont autant de gains avec effet de levier *100, dans des « assurances en sens inverse » que sont les cds et autres produits dérivés délocalisés ?
    La dernière étape de la manip est le blanchiement dont j imagine qu il se fait a coup d’ amnistie fiscale « pasque vous comprenez ma ptite dame que l état il est a sec et il a besoin d’ argent que sinon y va fuir ailleurs et patati et patata… »
    Je suppose que balancier lancé trop fort par un Betov va revenir encore plus fort poussé par un ecodouble, mais la vérité (complexe) ne se situe pas dans le plan de ce mouvement pendulaire (simpliste) comme l’ exprime très bien Flo. Dans « l arnaque », Le Faisandé, c est le spectateur.
    Cela pourrait expliquer que les prix ne baissent pas, que notre argent (taxé ) ne puisse rien acheter, en face de celui là qui peut acheter tout ce qu il veut (demantelement d’ Areva, vérolage d’ Edf…), qui peut accepter toute perte (il se refait ailleurs), alors que l actionnaire local ne le peut pas et doit se défaire de ses titres.

    Mais, ne soyons pas inquiets, nos elitent veillent a nous protéger, il serait très malpoli d’ en douter…

  31. C’est vrai qu’il faudrait sans doute être bac + 20 ou avoir énormément de temps disponible pour comparer les offres commerciales qui nous sont proposées dans tout domaine sans arrêt pour ne pas se fourvoyer dans notre système libéral . 🙂

    Mais je continue de penser qu’une banque n’est tout de même pas n’importe quelle société de services puisqu’on y place là ses petites économies ! Tout de même.
    Par ailleurs on ne peut ignorer qu’une probabilité certes minime existe toujours qu’un de ces établissements fasse faillite comme n’importe quelle boîte.
    Sachant cela, il me semble à l’évidence qu’une des seules garanties qui existe de minimiser le risque pris est de choisir une banque si ce n’est publique au moins domiciliée dans son propre pays; Avant même de comparer les tarifs pratiqués !

    Il me semble donc carrément aberrant et impardonnable dans ces conditions de choisir non seulement une banque à priori sans réputation ni notoriété particulière telle que cette « Icesave » mais en plus d’être étrangère, d’un pays aussi minuscule que l’Islande !

    J’avoue donc qu’il ne me déplairait pas en fait que les clients britanniques et hollandais aient à méditer un peu cette bonne leçon de libéralisme dont ils ont failli faire les frais. Failli seulement puisque de toute façon, ils récupéreront leur précieux pécule d’une façon ou d’une autre et s’en sortent donc à bon compte. Et c’est peut-être bien dommage.

    Cela dit, je ne peux m’empêcher de penser également que les braves citoyens islandais – les plus riches du monde tout de même par tête de pipe avant la crise comme leurs alter-égos luxembourgeois – payent de leurs propres deniers d’avoir osé oublier ce qui faisait le fondement même de leur société, l’esprit de solidarité vicking, en laissant une bande de voyous-z-et-yuppies prendre le pouvoir chez eux.

    1. Quand j’ai dit à ma banquière qui me proposait des placements en actions : « Non. C’est une question de principe. »
      Elle m’a gentiment répondu : « Je fais de même. Mais j’étais obligée de vous poser la question. »

      Nul n’est obligé de lire des centaines de prospectus pour savoir comment il va être arnaqué en réponse à son espoir d’arnaquer les autres.

  32. Va-t-on se résoudre, comme pour les emprunts russes, de finalement trouver un compromis politique qui supposerait que les créanciers y laissent des plumes pour de vrai?
    A ce moment-là, il est vrai que le système financier mopndial va chanceler, la répartition des crédit se compliquera encoer, face à des capitaux « fondants ».
    En réalité, tant que la monnaie peut toujours être retirée par ceux qui continuent d’avoir une fortune monétaire élevée, l’heure de vérité approce.
    Cette heure de vérité est celle où, de récession, on bascule, soit dans une déflation plus marquée, soit, ensuite sans doute, dans une hyperinflation qui, de toute façon, va « rincer » l’épargne de tous.
    Sans monnaie fondante, il n’y aura pas d’issue pacifique de ce dilemme!
    Car seule la monnaie fondante pourrait être une monnaie réellement « revenu », au sens où elle « revient » nécessairement à son émetteur tout en réglant l’ensemble des problèmes rencontrés sur son parcours, sauf, évidemment, le paiement de la rente du capital. Mais elle garantirait le principal du dit « capital » qui ne serait plus capital au sens d’être générateur d’une rente.
    Il n’y aurait plus jamais des défauts de paiement systémiques, et le désendettement, par le redémarrage en douceur de l’économie, s’enclencherait instantanément, stabilisant du coup le système qui ne serait, effectivement, plus capitaliste mais toujours, et même bien mieux, une économie de marché fonctionnelle et remarquablement sûre.
    Même un petit pays come l’Islande pourrait, en adoptant un tel mode d’émission monétaire, se désendetter rapidement, et sa monnaie serait assez vite le standard mondial. Sauf si cela pourrait la menacer de guerre, éventualité d’un aveu de l’échec sanglant, une fois de plus, du régime capitaliste qui s terminera ainsi si on le laisse aler au bout de sa logique.
    Car les destructions massives liées à une guerre ruineraient suffisamment un pays aussi pour le mettre ainsi dans l’incapacité de payer ni capital ni intérêts.
    Sur un plan strictement « formel financier », c’est bien le peuple américain qui a payé les guerres du vingtième siècle. Pas l’Allemagne ni le Japon, les perdants des guerres. Sur le plan humain, c’est évidemment différent.
    Pour le 21ème siècle, ce sera sans doute le peuple chinois, le plus grand créancier, qui payera!
    Avec la grande différence que la richesse chinoise n’est en rien comparable à celle des américains du 20ème siècle…

  33. Voici venu le temps des négociations.

    Hier, Jürgen Stark de la BCE tonnait à propos de la Grèce, refusant de l’aider car « ses problèmes étaient intérieurs et devraient faire l’objet des mesures économiques adéquates ». Aujourd’hui on apprenait qu’il n’avait pas choisi son moment par hasard : les experts de la BCE et de la Commission européenne étaient en effet présents à Athènes pour préparer avec les autorités Grecques le plan de réduction du déficit du pays qu’ils doivent présenter à la fin du mois à Bruxelles (inévitablement intitulé « plan national de stabilité et de croissance »). Officiellement, en mission d’information. A condition de serrer la vis, pour montrer l’exemple aux autres pays, les Grecs devraient obtenir les soutiens financiers qui leur seront de toute façon indispensables. La jurisprudence se constitue.

    Hier, Paul Myners, secrétaire d’Etat britannique aux Finances, menaçait l’Islande de devenir un « paria » de la communauté internationale; aujourd’hui, le président islandais défendait en choisissant son lieu (les colonnes du Financial Times) le veto qu’il avait opposé à la loi « Icesave », du nom de la banque en faillite : « Des référendums ont eu lieu aux Pays-Bas et dans de nombreux pays européens pour prendre des décisions sur des problèmes importants. Je ne vois pas pourquoi la voie démocratique, via un référendum, ne serait pas valable ». Puis il rajoutait, mais sur les ondes de la radio suédoise SR : « L’Islande reconnaît pleinement ses obligations et sa responsabilité à payer, mais la loi dont nous parlons et qui sera l’objet d’un référendum concerne seulement la méthode, la forme et les conditions de ce paiement ». Voilà qui donne du grain à moudre  !

    1. Quand la plupart des pays européens, et c’est en bonne voie, vont atteindre la dette publique de la Grèce, de l’Islande, comment vont-ils résoudre le remboursement ? Quels seront leurs soutiens financiers ? Seront-ils matériellement en mesure de recourir à la jurisprudence et d’utiliser  » la méthode, la forme et les conditions de paiement » que l’Islande va imposer après referendum à ses créanciers ?

  34. January 5, 2010 is a historical day for Icelanders. The Icelandic President Olafur Ragnar Grimsson had a tough decision to make, and difficult choices to make. To listen to the 23% of the nation that signed a petition calling on him to put the state guarantee for 5.4 billion dollars to be paid to the British and Dutch governments to a national referendum. Or to ignore the nation and sign the bill for the government, after the bill had been passed through the parliament with a narrow vote on December 30, 2009 after months of acrimonious debate, tainted with secrecy and dishonesty on the part of the government. Every day throughout the debate, new information would emerge and documents would leak to local media or wikileaks. Yesterday, the people of Iceland finally had a chance to have something to say about their fate, because if the state guarantee is accepted it will mean that Iceland will become like a third world country, spending its GDP largely on paying interest on foreign debt. Last summer, a bill for a state guarantee was passed that had a significant meaning not only for Iceland, but also for other nations around the world facing the same problems of private debt being forced on taxpayers. The bill included a reasonable and fair way of handling the interest and the debt: Icelanders would pay, but only a certain percentage of their GDP, and if there were to be another financial black hole, they would not pay during that time. Thus it comes as no surprise that the Dutch and British governments reacted so swiftly with a condemnation of Iceland’s citizens for having the audacity to think they have the right to exercise their democratic rights in deciding for themselves what is in the best economic interests of their nation.

    Let’s also put this debt into perspective: 320.000 people live in Iceland, each and every person on the island, including children and the elderly, the disabled and the poor, would have to pay around $30,000 under the bill. The danger if Icelanders will accept this enormous burden is that the entire welfare system would simply collapse with no money to run it. On January 5th the Icelandic president had the courage, backed up by his nation, to place the interest of the people before that of the banks.

    Of course there has been an incredible spin by the government controlled media, attacking the nation and the president for this simple and fair demand. The UK and Dutch media were also full of misleading news, saying the nation had demanded not to pay, and that we would become isolated and there were even suggestions that the British navy should flex its muscles against this nation which has no military. As if the terrorist act they imposed on us was not enough during the darkest hour of our crises to bring us further down!

    The spin is failing because people around the world are finally starting to hear our side of the story, and other suppressed nations have perhaps seen this as a sign that they can also rise up against the corpocracy in our world where those with the money have as a rule always won. Let’s hope the nation will not been coaxed into fear of isolation and let’s hope the people of the world will join in this experiment of letting the interest of the peoples rise above the interests of banks, corporations, and international bullies such as the IMF. We need your support. I will soon issue a comprehensive report on the entire Icesave saga.

    Love and rage from Iceland

    Birgitta Jónsdóttir

    Party group chairman for The Movement in the Icelandic Parliament

  35. D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB ?

    La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

    La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

    La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

    La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

    La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

    La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

    La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

    C’est à la page 30 :

    http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

  36. « Ne mettez pas l’Islande en prison pour dettes! », c’est ainsi que le Financial Times titre son éditorial de ce jour, rejoignant d’autres appels à la clémence, qui se multiplient. Ceux-ci font remarquer qu’exclure l’Islande du marché des capitaux aurait comme conséquence de retarder les remboursements.

    En réalité, une inquiétude plus profonde est à l’origine de cette mansuétude. Une victoire du « non » au référendum créerait une situation inédite et ingérable, dont il n’est pas du tout souhaité qu’elle puisse d’une manière ou d’une autre faire école.

    C’est pour exactement la même raison que le gouvernement Grec doit actuellement faire face à un puissant tir de barrage, afin que là aussi l’opinion publique (ou même les électeurs, s’agissant de l’Islande) ne puisse faire prévaloir son point de vue.

    Diego Lopez Garrido, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes du gouvernement espagnol, qui est en charge de la présidence de l’Union européenne, vient de déclarer à Madrid que si une coordination économique est nécessaire au sein de celle-ci, tout sauvetage financier d’un de ses membres dépasserait les limites de l’acceptable.

    Décidément, nous sommes bien entrés dans la phase politique de la crise !

  37. Comme l’écrit Jacques Sapir http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Sapir

    Comment en sortir ?

    Ceci étant, la dette publique pose bien le problème de son remboursement. Certes, pas dans les termes catastrophistes que l’on nous présente, de Benoît Hamon à quelques autres. Mais, il est clair que cette dette pose le problème du risque d’une déflation, et donc d’une inscription dans une dépression de longue durée.

    Il faut ici poser une question, autrement plus importante que celles qui sont posées par le porte-parole du PS : pourquoi la Banque Centrale Européenne prête-t-elle à 1% aux banques alors que le gouvernement doit emprunter à 3,51% ?

    Il y a là un scandale qui est autrement plus grave que celui du Budget prévu pour 2010.

    Pourquoi la BCE ne reconnaît-elle pas l’effort que font les gouvernements pour maintenir l’activité, et n’accorde-t-elle pas à ces derniers les mêmes faveurs qu’aux banques, qui sont quand même, il ne faudrait pas l’oublier, les responsables de la crise dans laquelle nous sommes plongés ?

    Bien entendu, nous connaissons la réponse : le statut de la BCE. Celui-ci fait obligation à cette dernière de lutter contre l’inflation.

    Sauf que, le financement d’une partie de la dette publique par la Banque Centrale ne provoque pas obligatoirement une inflation. On connaît l’histoire de l’Allemagne e 1923-24, mais on oublie que la Banque Centrale Allemande a eu à financer, outre les dettes accumulées, un déficit budgétaire dépassant les 30% et lié au financement par l’État de la grève générale dans la Ruhr pour protester contre l’occupation par les troupes Belges, Françaises et Italiennes. On pourrait multiplier les exemples et l’on s’apercevrait que les hyper-inflations ont, à chaque fois, étaient déclenchées par un choc exogène violent (occupation de la Ruhr, financement d’un chasseur dans le cas d’Israël, etc.). De plus, nous sommes actuellement beaucoup plus menacés par la déflation que par l’inflation.

    Dans ces conditions, et si nous étions dans un monde, si ce n’est parfait du moins composé de gens raisonnables, nous pourrions avoir une décision de la BCE de financer à 1%, voire à 0%, la partie du déficit qui est (a) directement lié à la crise (soit le résultat des baisses de collecte fiscale et des plans de relance) et (b) qui porte sur les efforts d’investissement que font les États. Ceci ne concernerait pas les dépenses courantes. Ces conditions seraient généralisées pour la seconde partie mentionnées ici de ces déficits, et seraient par contre restreintes à la durées de la crise pour la première partie.

    Dès lors, le financement des mesures nécessaires à la sortie de la crise pourrait avoir lieu sans exercer une contrainte sur la croissance future et mettrait fin à l’actuelle surévaluation de l’Euro qui coûte si cher à l’économie Française.

    Mais, et nous le savons bien, nous ne sommes pas dans un monde peuplé de gens raisonnables. L’expérience passée le prouve hélas ; on a sacrifié la croissance à une certaine conception de la zone Euro. Il faut alors penser comment y faire triompher la raison.

    1. Je partage totalement la remarque de Jacques Sapir, pour l’avoir déjà faite de mon côté en conclusion d’un billet précédent. (http://www.pauljorion.com/blog/?p=6323)

      J’ajouterai à celle-ci :

      1/ Que la BCE pourrait prendre en pension des obligations d’Etat, nettement moins risquées que les contre parties qu’elle accepte actuellement des banques.

      2/ Qu’il faut s’interroger sur les raisons, le statut de la BCE mis à part, qui empêchent d’envisager un tel financement que toutes les autres banques centrales opèrent.

      3/ Qu’une procédure pourrait être trouvée, qui impliquerait que les financements provenant de la BCE ne puissent être utilisés que dans le cadre d’une politique globale d’investissements destinés à créer des emplois dans des secteurs considérés comme d’avenir.

      4/ Que si une révision du statut de la BCE devait être entrepris – une procédure de longue haleine – rien n’interdirait de mettre en place d’autres formules de financement d’attente. Par exemple via un fonds européen crée pour la circonstance.

      5/ Que si la ligne de conduite actuelle devait être maintenue, sa logique risque fort d’aboutir à l’éclatement de la zone euro.

    2. François Leclerc
      Je suis heureuse de voir que de plus en plus de voix (et de voies) vont dans ce sens.
      Ce sont les allemands qui ont voulu l’article 104 de Maastricht juste parce qu’ils pensaient que la lutte contre l’inflation était « le seul but important d’une Banque Centrale ».
      Il suffit simplement de faire sauter cet article où l’amender de telle sorte que la BCE puisse monétiser des obligations d’Etat au même titre que – comme vous le dites – des obligations de banques commerciales, et au même taux que, par exemple, l’Euribor

    3. Eclairez ma lanterne.Je pensais que la BCE n’était pas une autorité compétente pour prendre des décisions sur l’opportunité ou non de renflouer un pays.Cela ne relève-t-il pas du Conseil de L’UE, càd des Etats membres?
      Par ailleurs la BCE ne pourrai-t-elle pas prendre en pension des euro-obligations communes de tous les Etats à défaut de celles d’un seul?On joue sur les mots pour contourner l’interdiction!

    4. Il est clair que c’est une question de volonté politique. Mais je ne suis pas certain qu’il faille uniquement incriminer le gouvernement Allemand de l’époque, quant à la rédaction finale de l’article 104 du traité de Maastricht !

    5. Bien d’accord avec vous François Leclerc !

      Le traité de Maastricht a été rédigé sous la direction de Jacques Delors et voté avec l’appui massif de François Mitterrand et du Parti Socialiste.

      J’ai été de ceux qui ont voté résolument contre ce traité aberrant : il mettait en place tous les ingrédients nécessaires pour une crise majeure telle que nous la vivons (suppression de la souveraineté nationale sur la monnaie au profit d’une structure qui enlève toute souveraineté dans la zone euro sur la banque centrale, la transformant en monarque de droit divin qui n’a de comptes à rendre à personne, ce qui n’est pas de l’indépendance, mais de l’absolutisme dépossédant les peuples souverains de leur souveraineté. Le traité de Lisbonne ne fait qu’amplifier le mouvement, si c’est possible !).

      Avec en prime, ce que nous n’avons pas encore vu : le renflouement direct du dollar par la zone euro… pour l’instant nous n’avons qu’un renflouement indirect par l’euro à plus de 1,40 USD.

      Car, pour ceux qui l’aurait oublié, la Commission et le Parlement européen ont voté la mise en place dès cet été du grand marché libre euro-atlantique : bonjour les dégâts !

    6. Chassez l’article 104 par la porte, il reviendra par la fenêtre.
      Le financement des états par l’intermédiaire des banques à au moins l’intérêt, si j’ose dire, de montrer de façon exemplaire, qu’il a été décidé que l’état, en étant ravalé au rang d’une entreprise, allait vers une privatisation pure et simple.
      Est-il alors nuisible de penser que la seule condition pour les peuples de regagner leur souveraineté passait par une réappropriation par les politiques de l’idée de protectionnisme ?
      Puis il sera temps de se pencher sur les critères topographiques qui nous permettent de discerner l’amont de l’aval.

  38. Des taux islandais :

    5% brut sont utiles pour les pays où les retraites sont encore moins bien assurées qu’en France. Essayez de calculer votre retraite sur la base de vos économies et d’un rendement net moyen de 2% que je tiens pour réaliste, compte tenu de la fiscalité croissante sur les « revenus du capital » et de l’inflation « réelle » (par exemple celle qui prend en compte l’effort consenti pour se loger).

    Du financement du déficit budgétaire :

    Je ne suis pas très à l’aise avec une situation « pousse au crime » ou l’emprunt d’état devient quasi-gratuit (pour l’état) : cela me semble relever de la cavalerie…De plus, pour être honnête, il faut préciser que les prêt à 1% de la BCE ne concerne pas les emprunts à moyen et long terme et qu’il ne représentent heureusement pas la majorité des en-cours d’emprunts des banques. Il semblerait également que les US ne se gênent pas pour se financer à taux très bas mais à court terme (leur « structure de dette » publique semble de plus en plus risquée : beaucoup d’argent à trouver pour rembourser les créanciers et cela à brève échéance)

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