L'actualité de la crise: la facilité pour les uns, les efforts pour les autres, par François Leclerc

Billet invité.

LA FACILITE POUR LES UNS, LES EFFORTS POUR LES AUTRES

La BCE devrait annoncer en fanfare, jeudi prochain à l’occasion de la réunion de ses gouverneurs, que sa prochaine adjudication à un an sera la dernière. Des spéculations font par ailleurs état dans la presse spécialisée d’une modification des conditions dans lesquelles certaines de ses autres adjudications, à plus courtes échéances, pourraient à nouveau être soumises à appel d’offres (et non plus, comme c’est actuellement le cas, être illimitées en volume selon un taux annoncé à l’avance). Ces ajustements signifient que la banque centrale s’efforce, en entamant un processus de modification des mesures de soutien financier aux banques, de sortir celles-ci de l’addiction dans laquelle elles semblent être tombées, dont Jean-Claude Trichet (le président de la BCE) s’était inquiété, et les engager à revenir sur le droit chemin. Tout en cherchant à contenir la croissance de la bulle financière qui continue de prospérer, ce qui pourrait être sa véritable intention.

La suite dira si ces objectifs ont des chances d’être atteints, au moins partiellement, alors que les autres grandes banques centrales ne s’engagent pas sur le même chemin, ni aux Etats-Unis, ni au Japon, ni au Royaume-Uni. Le problème de la synchronisation des politiques financières reste entier. Dans ces conditions, on peut se demander (façon de parler) s’il n’est pas illusoire de chercher ainsi à relancer le crédit, le système bancaire européen, à commencer par les banques allemandes, restant pour sa part très fragilisé. Pour considérer que les banques européennes risquent de s’adapter à cette nouvelle politique de la BCE, un peu plus restrictive, en réactivant des marchés qui étaient délaissés, pour avoir trop contribué à la crise, et qu’elles vont ainsi accroître leurs prises de risques afin de continuer à renforcer leurs marges pour de se renflouer…

Quelque soit l’angle sous lequel on observe la situation, une seule et unique constatation peut être tirée : la phase aiguë de la crise passée, nous sommes désormais dans la phase chronique de la maladie (caractérisée par une lente évolution, mais n’allant pas nécessairement vers un mieux).

La situation allemande est à cet égard assez exemplaire. Les banques pourraient avoir à déprécier encore jusqu’à 90 milliards d’euros, selon la Bundesbank. Entre 50 et 75 milliards en raison des défauts à venir sur les crédits consentis (d’ici fin 2010), et de 10 à 15 milliards sur des produits financiers titrisés (des CDO). Le gouvernement s’apprêterait par ailleurs à garantir pour 10 milliards d’euros de créances des banques, espérant qu’elles génèrent en proportion un volume de crédit de l’ordre de 100 milliards d’euros, alors que la chancelière Angela Merkel vient à nouveau de tirer la sonnette d’alarme à ce propos. Affirmant  : « Nous sommes dans une situation critique » (en ce qui concerne le financement des grandes et moyennes entreprises), tout en rappelant que les banques ont « des devoirs envers l’ensemble de la société en tant que responsables économiques », pour publiquement conclure que « nous exigeons que les institutions financières remplissent leurs devoirs ».

L’exaspération semble revenue au sein des instances gouvernementales allemandes, la première poussée ayant été occasionnée par la découverte de l’ampleur des dégâts et des risques inconsidérés pris par les banques. Car elles ne se précipitent pas pour utiliser le dispositif de « bad bank » péniblement mis au point par le gouvernement précédent, à l’exception de l’une d’entre elles, la banque régionale WestLB, qui envisage d’y déposer pas moins que la valeur de 85 milliards d’actifs à elle seule. La garantie gouvernementale qui est apportée à ces actifs, permettant d’éviter de les déprécier, ayant en effet pour contrepartie un contrôle des salaires des cadres supérieurs. L’espoir grandissant, par ailleurs, que le rétablissement des marchés financiers permette d’éviter cette contrainte.

Mais cette situation, où les banques privilégient leurs opérations financières sur les marchés au détriment du crédit, met à mal l’application des mesures envisagées par le nouveau gouvernement, notamment en matière de réduction des impôts, suscitant déjà une polémique publique avec un « comité des sages », qui considère inopportun de telles initiatives en raison du déficit des comptes publics. Alors que le gouvernement vient de décider de prolonger d’un an, jusqu’à fin décembre 2010, son dispositif de soutien au chômage partiel (pris en charge de 67% des revenus manquants), un élément essentiel de son plan social, plus d’un million de travailleurs allemands en bénéficiant.

Si l’on cherche un point de vue plus global, l’étude, dernièrement rendue publique, de Standard & Poor’s est incontournable. Elle analyse le montant des fonds propres de 45 des plus grandes banques mondiales, en application de règles propres d’évaluation de l’agence de notation, plus restrictives que le flou réglementaire qui règne actuellement. Il apparaît que la plupart des banques étudiées sont nettement en dessous du ratio de 8% minimum (rapport fonds propres/engagements), qui est actuellement la norme. Ce ratio devant être prochainement fortement élevé, en application des décisions du G20, dans le cadre des mesures de régulation antisystémiques. S&P’s considère en effet avec moins de tolérance que cela n’a été jusqu’alors le cas les fameux titres hybrides, qui ont l’étrange capacité de transmuer de dettes en actions, alors que l’on attend à ce propos les conclusions du Comité de Bâle, qui devrait énoncer la règle à appliquer pour déterminer ce qui doit être ou non considéré comme entrant dans le calcul du ratio de solvabilité.

L’enjeu est très important, car il pourra impliquer de la part des banques de très gros efforts d’accroissement de leurs fonds propres. Ce qui les incite, afin de faire pression, à mettre en garde à propos de l’adoption de normes trop drastiques… qui les empêcheraient de soutenir l’économie avec leurs crédits. Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas et président de la Fédération des banques françaises (FBF), vient ainsi de juger, à l’occasion d’une conférence organisée par The Economist, qu’il est « absurde qu’on insiste à ce point sur la question des capitaux propres ». Poursuivant « Pourquoi diable devrions-nous relever les exigences en capital à un niveau tel que cela pèsera sur le financement de l’économie ? ».

Sur un autre aspect de la prévention des risques systémiques, on apprenait aujourd’hui que le FSB (Conseil de stabilité financière) était engagé dans une concertation internationale avec une trentaine d’établissements financiers (banques et assurances). La tâche s’avérant particulièrement complexe. Car, du dire même des experts du FSB, il n’y a pas de définition de ce qu’est un établissement systémique, la distinction étant extrêmement difficile à établir entre ceux qui le sont et ceux qui ne le sont pas ! Logiquement, il a donc été précisé à propos de ce groupe de travail, que la liste de ses trente participants, par ailleurs secrète (tout en pouvant être facilement établie sur un coin de table), ne recoupait pas celle des établissements systémiques, qui n’est pas dressable… Albert Cohen n’aurait pas trouvé mieux pour un chapitre supplémentaire de « Belle du seigneur »  ! On croit pourtant savoir que la discussion porterait notamment sur l’établissement des désormais célèbres testaments, dont les dispositions permettront en cas de besoin le démantèlement d’un établissement systémique donné (voir plus haut). D’après des indiscrétions, rapportées par le Financial Times, certains de ces établissements ont fait valoir qu’il serait extrêmement difficile de les établir, étant donné que l’on ne sait pas par avance le maillon de la chaîne qui va craquer… Pour résumer les travaux approfondis du FSB, on peut donc écrire qu’il travaille à la conception de testaments, sans savoir ni comment les établir, ni qui va devoir le faire.

Alors que l’audition de Ben Bernanke par le Sénat américain, à l’occasion de la confirmation de sa nomination à la présidence de la Fed par Barack Obama, va être l’occasion de mesurer l’évolution de l’état d’esprit des sénateurs, les Européens continuent d’être embourbés dans leurs propres avancées à propos de la régulation financière. Les Britanniques continuent de bloquer l’adoption du dispositif de supervision financière européen, tandis que la réglementation future des hedge funds laisse de plus en plus de latitude aux Etats de l’Union européenne, les règles prévues se limitant à un cadre très général. En particulier à propos des hedge funds qui ne seront pas basés en Europe. C’est devenu un panier percé rempli d’exigences formelles laissant aux gestionnaires de ces trous noirs de grandes libertés pour exercer leurs talents. Les réactions satisfaites des professionnels à propos de la tournure que prennent les discussions ne trompent pas sur la direction qu’elles empruntent. On devrait mieux apprécier l’ensemble les 10 et 11 décembre prochains, à l’occasion de la prochaine réunion des dirigeants européens, précédée cette semaine d’une rencontre des ministres des finances.

Les ministres vont y être fort occupés, sommés de toute part de présenter des stratégies de réduction des déficits, en vue de les appliquer plus tard (mais d’y préparer les esprits). La tendance est désormais inversée, et ce ne sont plus les plans de relance publics qui sont aujourd’hui présentés comme indispensables au retour de la croissance, mais de plus en plus la réduction de ces déficits. Comprenne qui pourra. Joaquim Almeida, futur commissaire à la concurrence, a ainsi déclaré au Monde : « Les objectifs de croissance et d’assainissement des finances publiques sont un seul et même combat ». Cette déclaration augure de discussions serrées, les gouvernements européens ayant tendance à jouer le retour de la croissance afin d’éviter les mesures qui fâchent. L’air du temps continuant d’être favorable à la baisse la pression fiscale, selon une alchimie qui la plupart du temps favorise les revenus les plus élevés, Joaquim Almeida, socialiste Espagnol, est resté dans le vent, précisant que « l’effort devra venir essentiellement d’aménagements du côté de la dépense », laissant toutefois entrevoir que des augmentations d’impôts n’étaient pas à écarter.

Des deux côtés de l’Atlantique, les gouvernements doivent faire face aux conséquences sociales et politiques de la crise et marchent pour l’instant à reculons. Pour le moins, ils ne font pas preuve de la même détermination que celle qui les a animés quand il a fallu sauver dans l’urgence le système financier, ou bien accepter que ses représentants aient voix prépondérante dans les discussions sur la régulation future. Sauront-ils faire preuve demain, devant l’adversité, tenant les leviers des appareils institutionnels et idéologiques d’Etat, de la vigueur nécessaire  ? On peut le leur accorder, en déclinant, tous autant que nous sommes, notre responsabilité pour ce qu’il adviendra.

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22 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: la facilité pour les uns, les efforts pour les autres, par François Leclerc »

  1. Je viens de voir le film génial de Michael Moore : Capitalism, a love story.
    Il est très intelligent, drôle, émouvant (et pas pour des critiques de cinéma bornés) et son analyse démocratie vs. capitalisme très percutante. On y voit quelques congressmen (et women) prêts à réclamer un vrai contrôle…Mais on peut quand même rester pessimiste si on se réfère à ce qui s’est passé…!

    En tout cas allez voir le film et conseillez-le ! ça c’est une action à notre portée !

  2. Quelle est la différence entre les mensonges médiatiques et la réalité ?

    Aujourd’hui lundi 30 novembre, voici un exemple de mensonge médiatique :

     » Les craintes d’une propagation mondiale de la crise émiratie se sont atténuée
    s avec le rebond lundi des Bourses européennes et asiatiques, qui avaient plongé en fin de semaine dernière.  »

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=cfa6a3c566aba2d103f71521cbbd6cd3

    Le rebond des Bourses européennes !

    Quelle est la réalité du rebond des Bourses européennes ?

    En réalité, les bourses européennes ont baissé !

    Royaume-Uni : FTSE 100 : – 1,05 %.
    Allemagne : DAX : – 1,05 %.
    France : CAC 40 : – 1,11 %.
    Espagne : IBEX 35 : – 1,12 %.
    Suisse : Swiss Market Index : – 1,19 %.
    Europe : FTS Eurofirst 80 : – 1,19 %.
    Italie : FTSE MIB : -1,25 %.
    Belgique : BEL 20 : – 1,45 %.
    Norvège : OBX Total Return Index : – 1,83 %.

    1. Bonjour,

      Bizzare, si on regarde les résultats des places boursières pour la journée d’hier sur http://map.jdf.com/map.html on voit effectivement que le FTSE 100 et MIB ainsi que le DAX ont perdus les valeurs indiquées ci-dessus mais pas les autres places. Ainsi le CAC40 aurait pris 1.9% et le SMI 1,64%.

      Cordialement,

  3. @BA.
    « la différence entre le mensonge médiatique et la réalité »?
    la frontière est poreuse et non-linéaire.
    le mensonge médiatique n’est il pas le moyen pour faire émerger un consensus, dont celui de la reprise qui, sans être vigoureuse n’en est pas moins réelle.
    le rebond des indices s’est fait en séance, et les banques sont à la manoeuvre.

  4. « nous exigeons que les institutions financières remplissent leurs devoirs ». C’est une promesse d’Angela que vous citez et qui est récente. Combien de fois l’avons-nous entendue depuis le début de la crise de la bouche de nos dirigeants ?

    [ils ne font pas preuve de la même détermination que celle qui les a animés quand il a fallu sauver dans l’urgence le système financier, ou bien accepter que ses représentants aient voix prépondérante dans les discussions sur la régulation future. Sauront-ils faire preuve demain, devant l’adversité, tenant les leviers des appareils institutionnels et idéologiques d’Etat, de la vigueur nécessaire ?] Je pense que vous posez la bonne question !

    Et pour la réponse, il ne me semble pas que l’on emprunte le bon chemin ! Affaire à suivre les 10 et 11 décembre …

  5. @ Francois Leclerc

    Je trouve tres interessant et particulierement revelateur de « l’esprit de la situation » le fait que vous utilisiez l’expression d’Althusser « Appareils Ideologiques d’Etat ». Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu ce type de vocabulaire, a part dans les denonciations de routine de BHL.

    Et si, Monsieur Francois Leclerc, c’etait finalement de cela que la crise globale (dans le sens francais du terme, englobant plusieurs niveaux d’analyses et de reflexions) voudrait nous faire parler ? De cette instrumentalisation a outrance de multiples institutions (y compris symbolique comme l’argent et sa valeur sociale) au profit d’une classe particuliere de la population ?

    En vous remerciant encore une fois pour la qualite (et la rapidite) de vos bulletins (de meteo globale ?).

  6. Je ne sais pas si quelqu’un l’a signalé déjà, mais dans le dernier Télérama (nº 3124, 25-XI-2009) il y a, page 12, dans la rubrique « Le coin de l’expert » un entretien (« Propos recueillis par Aurélien Ferenczi) intitulé:

    « Paul Jorion, économiste: « Michael Moore me fait penser à Coluche »

    « Finir son film par L’Internationale, même chantée façon crooner, c’est fort, non? » […] Le commentateur enthousiaste s’appelle Paul Jorion, auteur de « L’Argent, mode d’emploi (Fayard) », qui a longtemps bourlingué dans le monde de la finance américaine et avait vu venir la crise de loin…

  7. ce matin, ce petit article dans la Tribune :

    La Seine-Saint-Denis va porter plainte contre Natixis

    Le conseil général de Seine-Saint-Denis va porter plainte ce mardi contre Natixis, a annoncé son président socialiste Claude Bartolone. Fin novembre, il avait mis en demeure cinq banques auprès desquelles son département avait contracté des emprunts « toxiques », demandant une révision des contrats et menaçant de porter l’affaire en justice. Le préjudice est déjà chiffré à 200 millions d’euros.
    « Sur cinq banques, quatre m’ont fait des propositions que je juge inacceptables mais elles ont répondu », a-t-il déclaré ce lundi soir sur France 3. « Une, Natixis, n’a pas répondu et donc demain, je déposerai plainte pour non conseil à un client non initié ».
    « Il y a eu de la part de ces banques un jeu qui n’est pas acceptable », a-t-il encore affirmé. « Il faut que le gouvernement comprenne ma détermination et celle des collectivités locales. Je déposerai s’il le faut un amendement pour que la loi puisse être améliorée sur le sujet. Pour le reste, il faut que la justice puisse dire ce qu’elle pense de ces emprunts toxiques », a-t-il conclu.

    les choses avancent doucement, trop lentement à notre goût; mais une prise de conscience de la réalité de la situation prend corps; elle aboutira, un jour, à un grand débat public; bien entendu, nous y participerons;

    1. @ Auspitz …

      donc, le conseil général de la Seine Saint Denis est un « client non initié » …

      Ah …

      Ils n’ont donc aucun financier au CG ? et ils empruntent quand même des millions ? tut, tut, manque de prévoyance caractérisé, non ?

      ou alors, ils ont des financiers, mais qui ne font pas ou mal leur boulot ?
      ou alors, ils ont des financiers qui font bien leur boulot, mais qui se font marcher dessus par les responsables politiques du CG ? hum ?

      dans les trois cas, ça ne donnent pas envie de réélire ces messieurs dames, non ?

  8. Les bourses de Dubaï et d’Abou Dhabi ont poursuivi leur chute mardi, pour le deuxième jour d’affilée, ouvrant respectivement en baisse de 6,25 % et 5,91 %.

    La baisse est intervenue malgré l’annonce dans la nuit par le conglomérat public Dubai World, en difficulté, d’une prochaine restructuration de certaines de ses compagnies, dont le géant immobilier Nakheel.

    Les deux bourses ont connu un « lundi noir » (- 7,3 % pour Dubaï et – 8,3 % pour Abou Dhabi) lors de leur réouverture pour la première fois après l’annonce par les autorités de Dubaï de leur intention de demander un moratoire de six mois sur la dette de Dubai World.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=20d25719028a9ff37caf317adbf251b9

    La faillite de Dubaï est en train de ravager toute la région du Golfe.

    Le premier domino est en train de tomber.

    Les questions qui se posent aujourd’hui sont les suivantes :

    après Dubaï, quel pays va se déclarer en défaut de paiement ?

    Après Dubaï, quel pays va faire faillite ?

    Et, surtout, quand la deuxième vague de la crise financière va-t-elle atteindre la France ?

    1. On a effectivement du mal à le croire…à suivre.

      Vu ce jour sur ContreInfo :
      Jacqueries : les cadres supérieurs de Goldman Sachs portent désormais des armes, au cas où… (Bloomberg)

  9. Le tableau que vous brossez de la situation allemande doit etre complété par la mention du fait que le Bundesfonds, fonds duquel proviennent les 10 mds mentionnés de prets bancaires garantis, et qui devait permettre additionnellment le pret direct aux entreprises ( sic ) pour un montant de 30 ou 37 mds, la mémoire me fait défaut, ceci ayant été annoncé il y a plusieurs mois, a vu sa taille passer récemment de 100 à 120 mds d’euros,ce qui laisse à penser qu’il aura d’autres utilisations pour faire face au Kreditenklemme allemand ( credit crunch) Par ailleurs le nombre d’emplois subventionnés s’élèverait en réalité à 1,5 millions. Ainsi on peut comprendre aisément la position de Mme Merkel, une situation d’urgence permanente depuis plusieurs mois, et la presse allemande n’hésite pas à parler de crise gouvernementale, tant l’accumulation de ces mesures d’urgences est antithétique à l’action politique de Mme Merkel, et à sa volonté répétée de ne pas voir la reprise allemande compromise par les difficultés de financement des pme allemandes, le Mittelstand. A suivre de très près..

    1. Merci de ces précisions complémentaires.

      Je peux à mon tour ajouter que l’un des facteurs d’inquiétude est désormais que les problèmes des banques proviennent de plus en plus des effets de la crise économique (et non plus seulement de leurs placements hasardeux précédents).

      La banque régionale HSH Nordbank, numéro un mondial du financement maritime, est en difficulté. Elle devrait, selon le Spiegel, procéder à une dépréciation d’environ 5 milliards d’euros sur son encours de crédits attribués pour la construction de porte-conteneurs, dont l’Allemagne est le troisième détenteur de la flotte mondiale.

  10. Panique au Japon : le gouvernement japonais ne sait plus quoi faire pour enrayer la chute vertigineuse des prix.

    Le gouvernement japonais ne sait plus quoi faire pour lutter contre la déflation.

    Dernière nouvelle (mardi 1er décembre) :

    le gouvernement japonais a décidé de prêter 10 000 milliards de yens aux banques à 0,1 % d’intérêt.

    Vous avez bien lu : le gouvernement japonais va prêter 10 000 milliards de yens aux banques à 0,1 % d’intérêt.

    Lisez cet article :

    La Banque du Japon lance une offensive contre la déflation et le yen fort.

    La Banque centrale du Japon a annoncé mardi de nouvelles mesures monétaires exceptionnelles pour accompagner les dispositions budgétaires de relance du gouvernement, afin d’éviter une rechute de l’économie japonaise, menacée par la déflation et la hausse du yen.

    La banque centrale (BoJ) a décidé au cours d’une réunion extraordinaire de son comité de politique monétaire de prêter « à un taux extrêmement bas de 0,1% » environ 10.000 milliards de yens (77 milliards d’euros) aux institutions financières via le rachat d’actifs divers (obligations d’Etat ou d’entreprises, traites, etc.), afin d’apaiser les marchés et de permettre aux banques de se montrer moins avares de crédits.

    Face au risque de « deuxième plongeon », le gouvernement a déjà promis lundi une rallonge budgétaire pour l’exercice en cours, d’au moins 2.700 milliards de yens (20 milliards d’euros).

    Il prévoit de proroger des mesures fiscales et autres favorisant la consommation intérieure pour réduire l’écart entre l’offre et la demande et améliorer la situation de l’emploi. Le Premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, et M. Shirakawa se rencontreront mercredi, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Hirofumi Hirano.

    Sans attendre cette entrevue, le chef du gouvernement s’est dit mardi « soulagé par le partage de vue entre l’exécutif et la Banque du Japon ».

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=a243b16cc6f43451a1cf9ea8979267a2

  11. Les Bourses de Dubaï et d’Abou Dhabi entraînent Doha et Koweit dans leur chute.

    Les Bourses de Dubaï et d’Abou Dhabi ont poursuivi leur plongée mardi, entraînant dans leur sillage le marché du Qatar malgré l’annonce d’une restructuration du conglomérat en difficulté Dubai World.

    La Bourse de Dubaï a clôturé en baisse de 5,61 %, perdant 12,5% de sa valeur depuis sa réouverture lundi.

    Pour sa part, le marché boursier d’Abou Dhabi a ouvert en baisse de 5,91 %, mais s’est relativement redressé en fin de séance, fermant sur un recul de 3,5 % et perdant ainsi 11,6% de sa valeur en deux jours.

    La Bourse du Qatar à Doha a enregistré la plus forte chute dans le Golfe avec une baisse de 8,3 %.

    Celle de Koweït a perdu 2,7 %.

    « Les portefeuilles de titres étrangers tentent de sortir du marché. Ceux qui ont essayé de se retirer lundi sans succès reviennent à la charge aujourd’hui », a résumé l’analyste Houmam al-Shamaa, de la firme al-Fajr securities.

    « Nous avons déjà perdu beaucoup d’argent en deux jours », a affirmé Imran Amjad, 31 ans, un investisseur à la Bourse de Dubaï qui ne trouvait pas acheteur mardi pour ses actions.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jHcNuobK3xPV4WoPjzV946N0qELA

  12. La banque dont vous parlez, HSH Nordbank, a bénéficié d’aides de la ville de Hambourg, du Land du Schlechwig- Holstein atteignant 13 mds d’euros, afin de sauver l’un des fleurons de la ville, Hapag Lloyd et les milliers d’emplois qui y sont liés. Si la Pologne vient d’annoncer une forte hausse de ses exportations, on ne peut pas manipuler le BDI.. La presse allemande fait état de la mise en place d’une ‘Restructuring Unit’,Abbaubank,le terme est assez joli, au sein de la banque qui n’aurait perdu que 826 millions d’euros sur les 3 premiers trimestres, ceci j’imagine pour permettre les resets de crédits concédés.
    Je voulais juste poster un article, pour les non-germanistes et pour Gloria, qui rend compte de l’ampleur du conflit en cours en Allemagne: Ackermann vs. Merkel Germany’s Battle of the Titans http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,664246,00.html#ref=rss

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