L'actualité de la crise: L'invraisemblable désinvolture, par François Leclerc

Billet invité.

L’INVRAISEMBLABLE DESINVOLTURE

Le capitalisme, déjà mis en cause pour sa logique financière dont le bilan des conséquences reste à faire, ainsi que pour sa contribution à l’utilisation irraisonnée des ressources de la planète, pour ne pas parler de celle au réchauffement de son atmosphère aux effets imprévisibles, est-il ou non en premier lieu responsable de l’impressionnante addition de ces méfaits, dont la liste s’allonge ? Si la réponse devait être affirmative – poser la question n’est pas y répondre pour les autres – il serait alors vraiment urgent de changer de modèle de société, sans attendre qu’il ne s’effondre de lui-même, sur nous, ou bien qu’il se réforme et s’amende, ce dont il ne donne pas de signal extrêmement convaincant.

S’il était décidé de lui donner une dernière chance, dans un accès d’insouciance ou bien d’inconscience, pourrait-il lui être proposé de régler un autre petit problème, dont on va parler à l’occasion de la Conférence de la FAO qui débute demain à Rome ? Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO, vient d’effectuer une grève de la faim symbolique de 24 heures, rejoint a-t-il été annoncé par Ban-Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU. Il a estimé que la production agricole devait augmenter de 70% d’ici 2050 et demandé aux Chefs d’Etats des engagements et du concret (ceux du G8 devraient briller par leur absence). « Les pauvres ne peuvent pas se nourrir de promesses », a répondu Francisco Sarmento, de l’ONG ActionAid. Car, pour la première fois, nous avons dépassé le cap du milliard d’êtres humains officiellement frappés de malnutrition. Les discours sur le recul de la pauvreté et de famine ne sont plus de circonstance et ne sont d’ailleurs même plus prononcés. Nous sommes également placés devant la perspective d’alimenter en 2050 (dans une génération et demie) les 9 milliards d’habitants que la terre devrait alors compter. Au regard de ce que nous constatons déjà, de la pitoyable comédie de la régulation financière qui nous est jouée, ainsi que de l’échec annoncé du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, que l’on tente de camoufler au dernier moment, est-ce qu’un tel pari de notre part serait très responsable ? Et pourtant…

L’orientation donnée depuis des décennies à la production agricole mondiale est un fiasco. Organisée sous les auspices des organisations internationales, au premier rang desquelles la Banque Mondiale, elle a bénéficié l’agro-business moderne, pas à ceux qui devaient en profiter. Un agro-business de plus en plus tourné ces temps-ci, pour faire encore plus mauvaise mesure, vers la satisfaction des besoins énergétiques et non pas ceux de l’alimentation. Que n’a-t-il pas été écrit et dénoncé, à juste titre mais en vain, ne rendant pas nécessaire de pourfendre une fois de plus le modèle du capitalisme agricole, dont l’activité en matière de biotechnologies végétales de Monsanto, ainsi que l’achat des terres agricoles de par le monde (pour se constituer les réserves alimentaires de demain), sont les symboles de l’éclatante impasse – et non pas réussite – dans laquelle nous continuons résolument de progresser. Cela aussi a déjà été dit et redit.

Devant des promesses gouvernementales de soutien financier qui souvent ne se concrétisent même pas, les projecteurs des conférences éteints et les micros fermés, et dont l’utilisation procède plus de l’assistance dans l’urgence que du soutien à long terme, la FAO et les ONG recherchent en désespoir de cause auprès des investisseurs privés des interlocuteurs, leur faisant valoir que ce milliard d’affamés pourrait demain devenir autant de consommateurs, utilisant ce qu’ils espèrent être un mot magique. Craignant en même temps que s’intensifie sous leur influence le développement d’une agriculture intensive, utilisant les technologies les plus avancées, ne fournissant que peu de travail et ne nourrissant pas directement ceux qui la produiraient. Une agriculture orientée vers l’exportation, vers la satisfaction d’autres besoins que ceux des populations vivant sur les terres la permettant, alors que l’on parle de la nécessité de développer les marchés intérieurs des pays émergents ! A la considérer simplement sous ce jour, c’est la pire des exploitations.

Le soja, le riz, le mais, le blé, sont devenus des matières premières au même titre que le fer, l’étain, le cuivre ou le pétrole. C’est à dire les vecteurs et les leviers de la spéculation financière. La crise financière, elle, atteint indirectement les populations les plus démunies, qui voient les transferts des émigrés et de leurs diasporas diminuer sous les effets du sous-emploi, accentuant localement la famine. La production de mais et de canne à sucre est de plus consacrée aux bio-carburants. L’impact environnemental et social de l’agro-business, là où il a le plus prospéré, est énorme et souvent irréversible. Faut-il en rajouter  ? Il n’y a que dans le domaine de la santé publique que l’on peut trouver un tel gâchis, une telle invraisemblable désinvolture à l’égard des êtres humains, les deux se rejoignant pour contribuer à ce qu’enfle, non pas une nouvelle bulle financière cette fois-ci, mais des sociétés de déshérités qui ne connaissent de la vie que les pénuries et qui n’ont d’autre perspective que d’être de plus en plus nombreux.

L’affirmation d’une alternative, d’une agriculture que l’on qualifie de familiale, se heurte en réalité aux structures sociales et de propriété des pays où il faudrait qu’elle trouve son essor. Qui n’a pas entendu parler, par exemple, du Mouvement des sans terres au Brésil ainsi que des grands latifundiaires, parti des colonels hier et chasse gardée des champions de la déforestation à grande échelle aujourd’hui ? Faute que cette agriculture à taille humaine soit possible, ce sont les mégapoles qui se multiplient, créant l’univers urbain dominant terrifiant de demain, dont aujourd’hui n’existent encore que les prémices, déjà peu fréquentables. Encore un autre sujet.

Mais à chaque fois, c’est bien du même capitalisme, arrivé à maturité, que l’on parle.

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142 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: L'invraisemblable désinvolture, par François Leclerc »

  1. Salut François,

    merci de mettre l’agriculture sur la table ! enfin comme vous le dites, plutôt l’agro-business. effectivement il est temps de changer de modèle. On pourrait mal vous comprendre et penser qu’il nous faut produire plus de nourriture à cause de la démographie, or ce n’est absolument pas le cas.

    Nous produisons actuellement assez pour nourrir toutes les populations, or encore une fois il faut ce pencher sur…les inégalités…le film « we feed the world » est de ce point de vue assez parlant.

    les politiques de l’OMC : jeux de dupes s’ils s’en faut, pile les pays du sud ouvrent leurs frontières, face on inonde leurs marchés avec nos denrées subventionnées (quand ce n’est pas avec les invendus de poulets surgelés périmés, Merci LeGaulois !).

    Bilan des opés, les producteurs locaux se font b…et les populations crèvent…

    va expliquer ça à gars qui sort d’une école d’agriculture où on lui a bourré le mou avec un modèle productiviste, qui le rend dépendant aux produits phytosanitaires qui vont bousiller sa terre, à tel point que bien que nous vivions une période relativement sèche, les champs sont plus foutus d’absorber la moindre goutte de flotte et plus rien ne pousse sans ajouter du soufre par ci, des engrais par là, un petit coup de pesticides pour couronner le tout !

    En France, chaque habitant se tape ses 5kg de pesticide/an en se nourrissant…Le nombre de cancer explose, les gens deviennent obèses (comme les plantes qu’ils bouffent), bref, comme réussite on repassera…

    bilan : au sud tu crèves littéralement de faim/ au nord, si tu manges pas bio, tu te tapes un cancer arrivé à la cinquantaine…

    c’est pas formidable le capitalisme !

    1. Bonsoir,
      avez-vous lu à ce sujet ‘Toxic’ de William Reymond ?
      Après ça on n’a plus de doute, ni sur les causes de l’obésité, ni d’ailleurs sur l’origine des épidémies…

    2. Merci Gost dog pour ce commentaire, je n’aurais pas fait mieux pour traduire mon opinion personnelle.
      Je côtoie le monde agricole de longue date et force est de constater qu’on en a fait soit des esclaves des financiers et des groupes agrochimiques soit, pour les plus gros propriétaires, des chasseurs de primes (PAC) qui représentent l’essentiel de leurs revenus. 80% de la PAC va à 20% des agriculteurs. Cela montre bien la volonté de pousser une agriculture productiviste exportatrice, source de revenu national et non de protéger une ressource locale stratégique.
      Partisan initialement de la PAC pour la protection de notre agriculture locale (ressource stratégique) elle a été rapidement captée par les grandes industries qui pompent la manne sur le dos des agriculteurs.

      J’ajouterai que cherchant à investir dans une terre agricole pour installer de jeunes agriculteurs en production biologique, on constate que la SAFER, qui gère la répartition des terres et a le droit de préemption sur les ventes de terres) est pilotée par les syndicats d’agriculteurs, en particulier la Fédération Paysanne très majoritaire, qui attribue l’essentiel des terres aux plus gros propriétaires, les plus riches et les plus subventionnés. Les contacts que j’ai pu prendre localement, expriment les raz le bol de cette situation, bio ou pas.

      Quand nous avons acheté le terrain ou nous habitons aujourd’hui, en 1978, il y avait une vigne mal en point et pas d’herbe. Une terre stérile. Il nous a fallut plus de 10 ans pour faire revivre cette terre et en faire un petit paradis avec des oiseaux partout, peu de maladies des plantes.
      A cette époque les paysans obéissaient aux vendeurs de produits chimiques attirés par la perspective de meilleurs rendements, moins de travail…..Ils ont perdu leur culture et leur âme.
      Quel gâchis. L’agriculture dite raisonnée prétend être plus acceptable (en opposition à la situation précédente, irraisonnée). La terre est une réserve de vie biologique qu’il faut comprendre et utiliser au mieux de nos intérêts dans le respect de cette vie biologique. On a voulu y substituer une chimie humaine avec un assortiment de produits, engrais, pesticides, pour le bonheur des industries chimiques.

      Comme le dit PJ dans l’évaluation du PIB, faire et défaire est finalement comptabilisé en faire. Polluer, dépolluer, soigner les maladie, c’est toujours faire.

    3. Bonjour Ghost,
      Oui, merci François de parler enfin de l’agriculture: je connais bien, je suis salariée agricole.
      L’agriculture intensive qui a été initiée après la guerre 39/45 pour nourrir l’Europe a fait le lit des firmes agroalimentaires et pharmaceutiques.
      Je côtoie ces commerciaux de multinationales qui « prescrivent » à tour de bras engrais et pesticides à des agriculteurs uniquement intéressés par les primes de l’Europe et les rendements. Mais j’observe que c’est une génération qui est en train de partir à la retraite et que les plus jeunes se sentent beaucoup plus concernés par les problèmes environnementaux. Ils n’hésitent pas à s’informer et à se former, ce qui est impensable pour leurs ainés: ils sont paysans depuis toujours, donc ils savent tout.
      Chez moi, en Provence, beaucoup de techniciens de terrain sont en train de faire changer très lentement les choses. Ils rabâchent sans cesse les bienfaits du respect des sols, les risques d’utilisation des produits phytos. J’avoue que j’admire leur courage et leur ténacité face à des interlocuteurs souvent bornés.
      Beaucoup d’exploitations suivent le concept Nutrition Méditerranéenne en Provence qui est une forme d’agriculture raisonnée adaptée à notre région. Mais le message a du mal à passer chez les consommateurs.

      « De tes aliments, tu feras une médecine »
      Hippocrate

      http://www.nutritionprovence.com/accueil.html

      Je suis bien consciente que ce n’est qu’un petit pas vers « le mieux produire ».

      Quant au Bio, je suis sceptique: j’en connais 2 sortes.
      -les vrais, les purs, les durs qui prennent le risque économique de perdre une récolte en cas de météo défavorable; à ceux la, chapeau bas.
      -les Bio-marketing qui, il est SOUVENT vrai, respectent les exigences de leur cahier des charges (AB), mais qui n’hésitent pas à rouler en 4X4, ne comptent pas la pollution engendrée par leurs tracteurs, ne se posent pas de question sur leurs pratiques commerciales etc…

      Quand on sait que le bio ne peut pas satisfaire nos propres besoins alimentaires en France ( on importe déjà )….

    4. Effectivement, Mireille.
      Les deux aspects du « bio » méritent qu’on en parle. Et que la vague de succés de cette mode oblige à importer.
      Comme de mon ami Francis, cultivateur entre autre de tabac, qui me fait de temps en temps cadeau de légumes de son potager personnel.
      Tomates diformes, parfois tachées. Légumes dans lesquels il faut retirer une partie attaquée par les bestioles ou la maladie.
      Mais avec tellement de goût. Vous avez l’impression de manger une part de soleil qui aurait trouvé un accord parfait avec la terre.
      Lui, faire du bio… jamais. Son potager naturel lui suffit.

      Il faudra, la prochaine fois que je le vois, que je lui demande si sa culture du tabac lui rapporte beaucoup. Lui qui ne fume pas.

    5. Bonjour Mireille, nous aussi on est en Provence. Nous ne ferons pas de compromis quant au bio. Ceux que je connais qui le pratiquent avec une grande connaissance (c’est bien le plus difficile), n’ont guère de problème de maladies et de rendements Seulement beaucoup d’agriculteurs ne veulent ou ne peuvent faire l’effort des connaissances et du temps de conversion. Culture presse bouton. On ne sais pas comment cela marche, mais en appuyant sur le bouton cela marche. Sauf que les terres s’appauvrissent, que les rendements chutent et que ces vieux paysans vont laisser un désert aux successeurs. Attila à l’échelle industrielle.
      Il faut du temps pour reconstituer la vie biologique du sol, remettre à niveau ce que l’on a détruit.

  2. De toute façon le monde est presque entièrement corrompu par l’argent (le veau d’or). J’admire ceux qui espèrent encore un sursaut de ceux là même qui ont contribué à façonner ce monde aveugle, égoïste et violent (hypocrite en plus !).

    Les textes bibliques racontent que Dieu épargna Babylone car quelques justes s’y trouvaient logés. Jusqu’au jour ou plus un seul n’y résida ; la ville maudite fut donc détruite.

    Je ne crois pas à la capacité des élites à se rénover sans qu’un coup terrible leur soit porté. Je ne sais pas d’où viendra ce coup ni même s’il sera porté un jour. Mais une chose est absolument certaine : chacun d’entre nous devons faire l’effort de changer et d’abandonner petit à petit toutes nos conceptions, pensées et conditionnements vis à vis de cette monstruosité matérialiste que nous avons engendré. Pas à pas… changeons.

  3. Bonsoir,
    allez, une petite pensée rafraîchissante : et si les prévisions de réchauffement étaient fausses ? Et si en fait les trente prochaines années allaient être froides, voire très froides ? La lecture « autrement » de l’étude qui suit peut faire douter :
    http://www.pensee-unique.fr/froid.html
    Mais faute de pouvoir augmenter les productions, faute donc de pouvoir alimenter correctement un sixième de la population, celle-ci va-t-elle continuer à augmenter ? Pourquoi toujours suivre des courbes « extrapolées » et ne pas tenir compte de l’ensemble des facteurs ?
    Aujourd’hui la Chine a atteint ses limites de production alimentaire et doit importer de plus en plus de céréales. Ses terres sont dévastées par une gestion calamiteuse des surfaces cultivables et des ressources en eau. Les récoltes de maïs et de soja en Dakota du Nord ont été handicapées voire perdues par l’arrivée précoce du froid. Ne sont-ce pas également des facteurs de fragilisation du système spéculatif ?
    Je crois comme vous le faîtes qu’il nous faut regarder cette crise systémique sous un angle très large, qui englobe les paramètres de l’exploitation des ressources et des capacités de production.
    L’atteinte de leurs limites a également été un déclencheur du retournement de la conjoncture.

    1. je suis tout à fait « accroché » par ce lien et les développements retenus qui semble, sous les réserves d’usage, cohérents.

      si j’étais suspicieux et adepte de la théorie du complot, dans le cas bien sur où les faits avancés sont justes, je mettrai bien en parallèle les conclusions du GIEC avec l’inévitable raréfaction des énergies fossiles (pétrole notamment) dans un futur beaucoup plus proche que qu’il semblerait (à consulter : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2884 et http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2888 notamment).

      ainsi, je me dirai que la connaissance des réserves réelles de pétrole oblige :
      1. à palier à l’inévitable hausse des cours de l’énergie qui ne saurait tarder
      2. pour cela, on tente de réduire la consommation par tous moyens notamment fiscaux
      3. en agitant le spectre écologique du réchauffement confirmé par des scientifiques sérieux (le GIEC)
      4. préservant de fait la stabilité du modèle économique actuel et la stabilité sociale

      mais ce n’est pas mon cas !

      je reste persuadé qu’il convient de modifier les données de l’activité humaine qui détruit son environnement, affame sa population et obère l’avenir de nos enfants mais je dois reconnaître être troublé par ce site et le conclusions qui en découlent !

      @P.JORION et F.LECLERC : quel est votre avis sur ce lien et ceux du site « contreinfo » insérés ci dessus ?

    2. Parfaitement d’accord avec vous sur le principe qu’il nous faut réduire au minimum notre empreinte sur l’environnement ; que les thèses alarmistes doivent servir à sensibiliser les populations et à les encourager à faire des efforts. Mais à se tromper de cible on trompe le public.
      En effet les climatologues et les géologues savent qu’en période chaude la terre est plus humide et plus hospitalière. Nous n’avons pas encore retrouvé les données climatiques du 14° siècle où il faisait beaucoup plus chaud qu’aujourd’hui, et il ne semble pas que la vie fut plus difficile sur terre à cette époque. A contrario en période froide la végétation se raréfie, l’humidité est piégée dans les glaces et les eaux froides des océans, les sécheresses et les déserts sont nombreux.
      Donc si le climat se réchauffe comme on nous le dit il faut nous attendre à…vivre mieux !
      Le problème, comme on le voit dans cette étude, est que le politique regarde tout à l’échelle de son existence (politique), c’est à dire à très court terme, ce qui la fait s’écrier : « ça chauffe ! il faut se préparer au climat chaud »
      Alors qu’un réchauffement tel qu’on le vit entraînera forcément un refroidissement, en général brutal quand on considère les données historiques. Les décisions prises seront alors catastrophiques.
      C’ets un peu comme ça dans la crise financière : on prend une partie de la courbe et on dit : « ça remonte ! » sans se demander quelle est la forme de la courbe.
      Merci pour votre attention, et à bientôt pour le débat !

  4. A propos du réchauffement climatique :

    Péninsule Antarctique : la fonte actuelle est sans précédent depuis 14 000 ans.

    The seriousness of current global warming is underlined by a reconstruction of climate at Maxwell Bay in the South Shetland Islands of the Antarctic Peninsula over approximately the last 14,000 years, which appears to show that the current warming and widespread loss of glacial ice are unprecedented.

    http://www.sciencedaily.com/releases/2009/11/091106095636.htm

  5. Celà fait des années que le Dr. Rima Laibow dénonce ce qu’elle appelle un nutricide, i.e. la criminilisation de tout aliment et de toute médecine naturels. Sur le banc des accusés
    l’OMC et la FAO, travaillant sous l’égide de l’ONU.
    Le pire est encore à venir si la réglementation sur le commerce international entre en vigueur, comme prévu, à partir du 31 décembre 2009

    http://video.google.com/videoplay?docid=-5266884912495233634&hl=en#

    http://www.dailymotion.com/video/x66xu9_le-codex-alimentarius_news

  6. L’obligation du choc pour réagir, la faculté de gérer les situations de crise.

    Autant des solutions simples, quoique radicales, auraient pu être prises aussi tard que l’automne dernier, pour atténuer cette crise économique en cours, autant on ne fera rien de conséquent, au niveau administration, pour amortir celle plus dévastatrice de l’agriculture mondialisée. Pas avant qu’on ne soit dedans bien au dessus des genoux.

    Pourtant, sa proue est déjà visible. Au niveau local, je ne rencontre que des gens qui en sont conscients, mais je dois avoir des fréquentations baroques, qui ont ce privilège de ne pas être coincées dans les villes, avec pour seule lucarne à observer au delà de leurs murs, une télévision.

    Le job consiste à répéter sans relâche, qu’une crise agricole fera bien plus de victimes qu’une grosse guerre. Et vous pouvez le rabâcher, parce que c’est vrai.

    Entre temps, on devrait voir se pointer celle de l’énergie. Bonne nouvelle ! Celle-là pourrait atténuer, celle-ci des campagnes sans le faire exprès, puisqu’une agriculture pompant moins de pétrole, implique un retour au local suivant un calendrier possible à tenir.

    Eeeet, plus de gens autour des champs en est l’implication. Est-ce envisageable dans les pays du nord ????
    Faudrait bien, mais c’est seulement le délai, et l’amortissement à la prise de conscience généralisée ( pas bourrage de crâne de type propagande ) qui le permettrait. On ne connaît pas ce délai.

    1. Très bien vu.
      Toute l’agriculture productiviste était axée sur le pétrole aussi bien pour l’énergie que les intrants.
      Celui-ci se renchérissant il faudra à l’agriculture inventer un nouveau modèle,
      sans énergie fossile et basé sur la connaissance des éco-systèmes ce qui implique une approche beaucoup plus sensible de l’agriculture.
      Les savoir-faire existent et la science offre une foule de connaissances qui ne demandent qu’à être utilisées.
      Comme le dit JFF les jeunes sont beaucoup plus concernés et les « anciens » eux-mêmes ne sont pas dupes.
      Le monde paysan est déjà en route pour la transition.

      Là où le bât blesse c’est au niveau politique.
      Lorsqu’il s’agit d’évoquer les agriculteurs c’est toujours pour les subventions. A écouter les responsables des principaux partis l’agriculture n’a pas à leurs yeux d’existence propre, elle seulement une source de devises, et l’auxiliaire docile des firmes de l’agro-business et de la grande distribution. Un peu de bio pour faire bonne mesure mais point trop n’en faut ! L’agriculture n’est pas pensée pour elle-même et en lien avec une politique de santé et de développement local.

      Bref, c’est la grande absente des discours politiques, même les Verts en parlent finalement peu, préférant mettre l’accent sur conséquences négatives du productivisme alors qu’il y aurait tant à dire sur le rapport entre agriculture à taille et pratique humaine et santé, art de vivre.
      Ils ont tord, car mettre la question agricole au premier plan permettrait de situer les enjeux économiques et sociaux de la crise de façon plus pertinente, sinon la plus pertinente. AInsi le thème stratégique de l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix pourrait être introduit à bon escient, c’est à dire au niveau transversal qui est le sien.

      D’aucuns nous disent que nous serions post-modernes. C’est une erreur fondamentale. Agriculture et industrie demeurent les socles sur lesquels toute civilisation s’établit. L’agriculture ne fait pas que nourrir les estomacs affamés, elle est ce qui fait de nous des humains, c’est le lieu où nature et culture montrent de façon la plus évidente des liens d’ appartenance réciproque. Agriculture et art de vivre à travers l’éducation du goût sont inséparables. Quel éducation du goût quand les produits n’ont plus de goût ?

      L’agriculture productiviste en violentant la nature violente aussi l’humain. L’agriculture en s’alignant sur les standards techniques, commerciaux, calendaires, du capitalisme a perdu son âme et sa spécificité.

      Sarkozy à propos de l’identité nationale nous a fait de grands discours sur l’attachement à la terre, aux terroirs. Mais ce discours, outre le fait qu’il a des relents conservateurs aux accents d’un autre age, sonne creux car il n’amorce aucune réflexion de fond à propos du rôle de l’agriculture et du monde paysan dans notre monde contemporain. Et surtout n’y est défini aucune politique agricole au sens de politique comprise comme politique de civilisation, même si le mot est brandi à toutes les sauces pour donner un vernis humaniste à une politique mortifère.

      C’est tout de même rageant de voir à quel point nos politiques se désintéressent du monde agricole.
      Cela montre finalement la superficialité de leur approche de la crise actuelle.

    2. Pas sûr que les gens des villes soient les moins informés…au contraire, j’imagine que le niveau d’éducation est bien meilleur en ville qu’en campagne (il faudrait déterminer le % de possesseurs du diplôme du Bac à la cambrousse).

      Quant au fait qu’en ville les gens soient scotchés à leurs télés…c’est marrant, mais moi j’imaginais plutôt les gens de la campagne scotchés devant TF1, parce que franchement… qu’est-ce qu’il y’a d’autre à faire ?

      Je connais pas beaucoup de villages en France ou ailleurs, où il y’a toutes les semaines : des concerts, de films, des conférences, des clubs (nightclubbing), des restaux, des bars etc…

      Mais si c’est le cas, c’est que la campagne a bien changé….

      Plus de gens autour des champs…pfff vous êtes fou l’ami, vous voulez nous enterrer vivant !

      (* qu’est-ce qu’une ville : c’est un endroit où le nombre d’habitants dépasse le million

    3. @Miss Ghost dog

      Un paysan bosseur a moins de temps pour regarder la télé. Tous ceux que je connais c’est certain. Un peu plus l’hivers quand les jours sont plus courts.
      Quant au Bac indispensable pour savoir comment fonctionne la nature, on en reparlera. Encore que bac et BTS agro existent, ressemblant parfois à ce que vous en dîtes plus haut

      Bien sûr qu’on a entendu dire en ville, à propos de légumes bios. Savoir à quoi cela ressemble, c’est plus facile avec l’étiquette dessus. Mais c’est vrai qu’on sait lire dans les citées.

      C’est aussi vrai que depuis cinquante ans, approximativement, lorsqu’un gamin, fût-il celui d’un paysan, montrait quelques dons à l’école, sa carrière risquait de s’orienter vers le tertiaire, ce qui fait d’autant moins « d’intelligence » dans les campagnes, où beaucoup ne sont devenus que d’obscures petits exécutants de tâches confiées par les conseillers pointant pour l’industrie, afin, soi-disant, d’augmenter la production, à moindre effort.

      Je vous fais grâce de commenter à propos de la taille des villes où se trouvent les activités culturelles aptes à ouvrir l’esprit, mais j’ai l’impression que vous vivez avec un cliché quand vous pensez paysan. Reste que la campagne est plus éloignée des centres ville que les banlieues elles-même. Tiens donc ?!! Et je ne vous fais pas de discours à propos de la situation dans les pays du sud, que vous aimez tant. Mais plutôt de loin, non ? Ou seulement l’aéroport ?

      Paysans paysans, ceux qui savent si la terre est bonne en la goûtant de leur langue, je ne dois pas fréquenter les plus fanés des choux. Ils ont tous le haut débit ceux qui acceptent de partager un repas avec moi, parfois. Et j’y mange toujours mieux qu’en ville, allez y comprendre quelque chose à ces incultes.

    4. Trés juste, Dog Ghost.
      Déjà, habiter en cambrousse est un signe de bêtise qui trompe rarement.

      Et ne pas avoir le bac.. vous imaginez. Alors qu’on le donne à tout le monde. La preuve, je l’ai même eu.
      Ca, c’est le signe que l’on ne peut absolument pas progresser dans la vie.

      Sauf, qu’il y a encore peu, la majorité des VRAIS patrons n’avaient même pas le BEPC. (à l’époque où cela avait une vraie signification, bien sûr)

      Heureusement qu’il y a des gens intelligents comme vous. (qui me font regretter d’être devenu bac+5. mais sans être hautain. Pourquoi l’être, par ailleurs)

    5. Art de vivre, goût de vivre, savoir vivre…le savoir a toujours quelque chose à voir avec la saveur, et que ce soit
      à la ville ou à la campagne, la potion n’en est pas moins amère et la facture d’autant plus salée.

    6. @les gars (barbe-toute-bleue et Yvan)

      Euh, ce post c’était un peu de provoc’ à 2 cents….

      En même temps je ne fais ici que partager mon expérience de la campagne…Désolée mais l’éducation me semble essentielle pour pouvoir s’opposer à l’ordre établit, se remettre en cause, faire preuve d’imagination ou d’anticonformisme.

      Or jusqu’à preuve du contraire c’est en terminal que l’on s’initie à la philo, matière qui me semble déterminante dans la capacité à acquérir des outils permettant la construction d’une pensée…. le fait d’apprendre à disserter, faire un plan, articuler des arguments etc…tout cela ne me semble absolument pas relever de l’anecdotique.

      Par contre cela n’a rien à voir avec l’intelligence….hein Yvan 🙂

      Or, lorsque je constate l’état des campagnes françaises, les champs bousillés, la production agricoles qui se résument à faire pousser des plantes malades, la disparition des coquelicots, des oiseaux qui nichaient dans les champs, bref, face à ce que l’on ne peut dénommer qu’un immense gâchis, et bien je doute effectivement du bon sens paysan….

      C’est vrai que je n’aime pas la campagne et le mode de vie qui lui est associé, je ne possède pas le permis, donc pas de transport en commun signifie pour moi être enterrée….faire 10 bornes en bagnoles pour acheter un paquet de clope ou trouver une baguette, très peu pour moi…

      C’est une question de tempérement, j’aime la ville, le bruit, la foule et toutes les possibilités que cela offre, j’aime l’anonymat ! Le côté on vit les uns sur les autres, tout le monde se connaît, tout le monde sait tout sur tout le monde…

      Je me rends régulièrement dans un petit village belge, j’y ai même vécu quelques mois entre deux déménagements et j’y ai constaté:

      il n’ya rien, juste rien…trouver une bonne baguette pas du pain de supermarché relève de l’exploit, les magasins sont concentrés dans un zoning en dehors du village au milieu des champs, c’est d’une laideur sans nom…Il faut faire des km pour aller voir un film et là je parle de divertissement pas d’art et d’essai. Je n’ai pas vraiment l’impression d’exagérer en disant que d’un point de vue culturel c’est un peu hum…limité.

      Actuellement je vis à Bruxelles, en 15 mn en tram, je peux flâner sur la grand place que je trouve vraiment très belle, en traversant la galerie de la reine (sublime), je peux aller voir un film à l’Arenberg (festival genre d’à côté ou ATTAC). Bien que vivant en Belgique, à côté de chez moi se trouve une boulangerie qui fait d’excellentes baguette (et ouais en tant que française, la baguette c’est sacré ! Faut dire que je me nourris facilement de pain et de fromage !). Dans ma rue y’a un petit pakistanais qui tient un magasin qui vend des clopes jusqu’à 21h00, c’est pratique. Pas très loin de chez moi, il y’a l’ULB, il s’y passe plein de trucs vraiment intéressant, des conférences. Il faut aussi mentionner la librairie libertaire ADEN où je peux aller à pied, et grâce à laquelle j’ai découvert les ouvrages d’André Gorz.

      Et puis désolée mais il me semble que la curiosité est une qualité, et ce que j’ai vu de la campagne c’est une méfiance un peu rude de ce qui est étranger ou différent, bref, le contraire de la curiosité…l’entre-soi est fort répandu on habite pas loin de sa famille, l’horizon me semble très très limité…

      (une anecdote : mon beauf vit au milieu des champs, de la fenêtre de sa chambre on peut voir des vaches si, si, si ! Il a décidé de faire un potager en permaculture. Le truc c’est que son voisin, plutôt que de trier ses déchets préfère les brûler, c’est plus économiques que d’acheter les sacs prévus à cet effet. Donc le gars brûlent tout, bouteilles en plastiques etc…Mon beauf lui a expliqué que c’était pas bon pour son potager, polllution blablabla. Le gars lui rétorque, ben dans ma famille on a tjrs fait ça, 1 fois ! Finalement face à l’entêtement du gars, il a dû faire intervenir les flics ! AAAAAAAAh la campagne !).

      Bien entendu c’est une opinion et en rien je ne prétends détenir la vérité…seulement la vision idyllique de la campagne comme paradis retrouvé en comparaison aux villes….il va falloir me convaincre….

    7. ghost dog.
      Vous devriez essayer.
      Il est évident que j’ai l’avantage de connaître la ville et la campagne depuis mon plus jeune age, mais chacun a des avantages ET des inconvénients.

      L’éducation…
      Vous abordez un sujet délicat car, pour moi, complétement autant subjectif que de déterminer ce qu’est l’intelligence.
      Et si nous commençons à y méler, de plus, les notions d’acquisition et de restitution, nous augmenterions d’un degré encore le niveau de complexité.
      Déjà, en ces temps de tsun’ami informationnel qu’il est plus utile de gérer l’information que de la retenir…
      Il n’était pourtant pas si idiot que cela d’apprendre une récitation, il y a peu…

    8. Mais Ghost Dog,

      Vous faites comme vous le voulez, si vous le pouvez, je ne suis pas une sorte de vioque chargé de vous rééduquer. Malgré le parfum de second degré de votre post, vous distinguiez mal le tableau il me semble. Pourtant, une alter-mondialiste…

      Ne perdez pas de vue que s’il n’y a plus de campagnes, il n’y a plus rien à bouffer, donc plus de villes, donc il faut bien qu’on y envoie quelqu’un. Alors ne blâmez pas les sacrifiés !

      … Et que dans la plupart des pays du monde, on ne trouve pas de Bruxelles. La ville grandissante, c’est d’abord synonyme de bidon-ville.

      L’Europe est très privilégiée, malgré le nombre de bourriques errant dans ses champs En ville les bestiaux ne portent pas le même nom, mais je crois pas que ça caractérise le comportement par rapport aux sacs en plastique

    9. @le gars ( Yvan et barbe-toute-bleu)

      Alors les nouveaux copains, en fait oui ce commentaire n’était pas à prendre très au sérieux (contrairement à la joute m’opposant à la Sardine, tss,tss,tss).

      heureuse de constater que nous nous sommes compris Yvan ! 🙂

      Barbe,

      effectivement c’est une drôle de chance d’être du côté du fouet, mais les temps changent…et je profite chaque minute de l’immense privilège d’une douche chaude, de pain sur ma table etc…

      Tout à fait d’accord avec vous quant à l’horreur des mégalopoles des pays du Sud. (euh, c’était pas gentil le coup de l’aéroport….mais suffisamment pertinent pour que je ne m’offusque pas ! Vous avez raison je ne vis pas dans un pays du sud).

      bonne soirée à tous les deux !

    10. Je crois qu’il ne faut pas inciter les gens des villes à venir à la campagne. Ce n’est pas le même contexte. A la campagne on est tout le temps occupé. A la ville on cherche à s’occuper. Alors pas de ciné, pas de musée, pas de théâtre, la culture quoi, qui ne gène pas le campagnard, n’est pas vivable pour les citadins.

      A barbe-toute-bleue, vous pointez un sujet très important de mon point de vue concernant le retour à la terre.
      Quel avenir nous attend ? Compte tenu des problèmes graves décrits dans ce blog, les états de veulent pas se mettre d’accord sur des mesures consistantes de correction du système financier, de réduction des pollutions, de répartition des richesses? La crise financière, la crise énergétique et la crise industrielle vont nous y contraindre à « coup de pied au cul ». Nous avons poussé la machine à consommer bien au-delà de nos besoins élémentaires ou de conforts. Consommer pour exister, pour le superflu, terminer, il va falloir survivre. La nécessité de décroître va nous mener dans la douleur à modifier nos modes de vies. Le coût de l’énergie va monter au point que d’autres sources vont devenir rentables et réparties (solaire, éolien individuels…) mais circuler en voiture coûtera trop cher, produire une agriculture industriellement sera coûteux, subventionner les agriculteur ne sera plus possible (dettes des états à rembourser). La boucle des entreprises qui ferment et des consommateurs qui économisent et ne consomment plus (prudence naturelle) tourne à plein. Que faire de ces populations ?
      Le retour à la terre pour une agriculture respectueuse de l’environnement, source d’emploi, d’alimentation saine, protectrice de l’environnement serait une sacrée bonne solution. Plus besoin de longs trajets pour travailler et consommer, on est sur place, à la source. Baisse de la consommation d’énergie, de la pollution. Moins de stress, de malade et soins de santé.

    11. @ JFF

      Sans trop chercher à spéculer sur ce que sera l’avenir, s’écarter des villes où l’humanité se perd parfois, n’est pas un retour vers les campagnes d’autrefois. Ce retour ne serait pas forcement contraint par la souffrance. Peut-être que oui. On constatera bien.

      Domestiquer l’énergie, c’est tout ce qu’a fait l’humain dans son évolution, et elle est à mon sens l’exacte indication de ce qu’est la richesse. Comptez pas trop sur un retour à la dynamo actionnée au dromadaire, puisque quand on en finira bien avec la finance inutile, on embrayera de nouveau sur les choses sérieuses, de quoi meubler les campagnes de manière acceptable.

      Eh non, je n’ai pas de délai pour mettre en place de telles chimères, mais le futur de l’homme se conjugue avec la terre organisée dans la pérennité, par une main très … « humaine ».
      Est-ce une bonne nouvelle ? On aurait pu la laisser peuplée de bactéries jusqu’à ce qu’Andromède fusionne avec la voie Lactée. Y-aura suffisamment de sport à ce moment là pour ne plus parler de pollution à la Dioxine.

  7. JFF

    Je confirme, concernant la safer (qui doit officiellement aider les agriculteurs à s’installer), qu’elle est en fait au service des gros et les aide à devenir plus gros encore.

    Les chambres d’agricultures continuent aussi de promouvoir un système production-production en poussant tout le monde vers les banques et le matériel. Le Bio est leur nouveau joujou.

    Mais Barbe toute bleue a raison aussi, un mouvement se dessine pour revenir au champ. Une génération de jeune arrive avec des souhaits raisonnables et un vrai envie de travailler avec des méthodes douces (brf) des petites surfaces, et des circuits courts (amap). Ils sont cependant peu nombreux encore.

    Le délai ? Au moins une génération à mon avis.

  8. Effectivement, 9 milliards d’individus sur Terre, ça mènera au fiasco. Nous savons que les ressources de la planète permettent de faire vivre 3 milliards d’habitants maximum dans des conditons de vie normale. Nous sommes déjà 3 milliards de trop !!! Alors, doit-on penser (avec humour noir), comme le disent beaucoup, qu’il faudrait éliminer 3 miliiards d’individus… Alors, soit nous faisons péter quelques bombes atomiques, soit nous laissons mourrir de faim les plus pauvres… C’est horrible mais c’est ainsi…. En tout cas, ne soyez pas des utopistes stupides, nous allons droit au chaos (et dans tous les domaines)… Bonne semaine 🙂

  9. @Paulo,

    Tu parles du rachat massif de terres agricoles de pays « riches », dont la Chine, en Indonésie, Brésil, Afrique. Il est exact que ces achats sont des jeux de dupes pour les pays vendeurs, car elles aliènent d’autant leur capacité d’auto-suffisance, ne font pas travailler la main d’oeuvre locale, ne tiennent aucun compte de l’environnement et de la biodiversité en imposant une culture biologiquement parasitaire.
    Mais à moyen terme, c’est également une impasse pour les pays acquéreurs pour plusieurs raisons : en investissant ainsi, ces derniers repoussent à plus tard les changements de leurs propres politiques agricoles nationales, indispensables à la préservation de leurs propres surfaces agricoles, en leur donnant une illusoire sécurité alimentaire.
    Ces projections de terres agricoles dépendent objectivement de facteurs logistiques et politiques absolument pas gravés dans le marbre : Les pays peuvent nationaliser quand ça leur chante les terres, sur le principe inaliénable de la souveraineté et de la sécurité alimentaire de leurs propres populations, et la logistique inérante à ces investissements (sécurité des travailleurs « émigrés », transport maritime, coût de l’énergie du transport, sécurité des routes maritimes etc…) est fragile. Il faut avoir les moyens de projection de puissance pour protéger ces investissements. Actuellement, la Chine n’a aucun moyen autre que ces montagnes de dollars, pour corrompre et sécuriser ses paysans/ouvriers importés massivement en Afrique. Connaissant un peu ce continent, lorsque cet afflus d’asiatiques commencera à « gaver » sérieusement les populations locales, il suffira d’un populiste et d’un radio mille-collines pour que sortent les machettes. La Chine n’aura alors que ses yeux pour pleurer.

  10. Merci pour ce billet!
    Il est toujours utile de penser agricole, et de garder à l’esprit le rapport population/capacité de production.

    « Le soja, le riz, le mais, le blé, sont devenus des matières premières au même titre que le fer, l’étain, le cuivre ou le pétrole. C’est à dire les vecteurs et les leviers de la spéculation financière. »
    J’ajouterai l’eau et même l’air à cette liste presque exhaustive; depuis l’instauration du principe payeur=pollueur. J’insiste, c’est bien payeur=pollueur, et non pollueur=payeur (la différence s’exprime sur la flèche du temps).

    @Thomas
    Sur Grenoble, beaucoup de trentenaires ont du mal à s’installer en bio, faute d’une vraie politique agricole: la spéculation foncière vit ici ses dernières heures de gloire… Mais il faudra moins d’une génération. Grenoble est la première ville de France en nombre d’AMAP/habitant, les listes d’attentes pour pouvoir s’y inscrire sont de plus d’un an. Vous connaissez beaucoup de secteurs de l’économie réelle qui ont des commandes un an à l’avance (bon, d’accord, c’est le temps de faire la récolte, mais quand même, il y a un monde fou)?
    Sans compter qu’à l’allure où le monde va, tel le poulet sans tête qui court encore, il peut s’en passer, des choses, en une génération! 8)

  11. Jacques Diouf pourrait s’immoler par le feu s’il le voulait, ça ne changerait rien. Tout le monde s’en tape du Sud. Les partis politiques, les médias et la plupart des citoyens.

    Comme vous pouvez le devinez, je suis pessimiste. Tant que les esprits et les ventres seront alimentés par de la merde, il y a peu d’espoirs. Il n’ y a que quand le système capitaliste se cassera la gueule, entraînant dans son sillon ce qu’il reste de classe moyenne, que le quidam se posera des questions. Pour le moment, les esprits sont abreuvés par l’instrument dont les Etats totalitaires rêvaient : une industrie médiatique mainstream qui véhicule les illusions sur le progrès technologique et le caractère indépassable de la mondialisation.

    On est dans un monde barbare et le pire reste à venir. On tous les moyens pour le savoir mais on ne veut pas le croire.

    Bonne journée néanmoins

  12. Membre des amis de la Confédération Paysanne depuis pas mal d’années , j’ai bien sûr des affinités particulières avec le sujet traité , qui l’a aussi assez souvent été dans des billets de Jacques Attali sur son blog .

    Le capitalisme , les monopoles assassins et plus largement les tentatives de privatisation (brevetage)des génomes ,les règles internationales ( dont il s’agit de savoir au bénéfice de qui elles sont établies et par qui ), la démocratie et les relations sociales historiques dans les différents états , les utilisations des énergies diversifiées , le mode de gestion des sols et des terres …sont entre autres au rendez vous de ce formidable enjeu .

    Ce dont je suis sûr :

    – le système actuel est injuste , prédateur et partisan .

    -en l’état actuel des terres disponibles et des techniques douces et conventionnelles , le monde est capable de nourrir assez les 12 millions de personnes annoncées pour bientôt .

    – 30 % de l’humanité dont nous sommes consomment trop de tout : de l’énergie , de la nourriture , de l’espace ….

    – Les ingénieurs agronomes français sont souvent autre chose que des têtes d’oeuf comme certains les accusent d’être . Faut il rappeler que René Dumont est l’un d’entre eux .

    – l’amélioration des inégalités de la faim par le monde ,passe par une refonte des rapports politiques mondiaux et une remise au pas populaire des grandes organisations mondiales . L’Europe a un rôle important dans cette avancée attendue .

    – les « circuits courts  » participent des solutions .

    J’aimerais bien que Joseph Bové tombe sur ce blog et nous exprime sa vision , maintenant qu’il est député européen d’Europe Ecologie .

    1. José Bové n’est pas devenu politique. Sa démarche a toujours été politique. Quand il s’engage dans le mouvement des paysans sans terres c’est politique. Quand il se bat pour une agriculture plus respectueuse des terres et des hommes, c’est politique. Quand il lutte contres les OGM c’est politique.
      Maintenant au parlement européen il fait la même chose, mais en utilisant un levier institutionnel, législatif. Et là c’est la règle majoritaire et non plus celles du syndicalisme qui s’applique. Je préfère cent fois que cela soit des personnes comme José Bové qui aillent débattre et participer à des votes concernant la politique agricole que des élus proches ou impliqués dans l’agro business.

      Etre un élu européen n’a rien de méprisable. Ne pas au Parlement c’est encore aggraver la situation car les lobbies de l’agro-business ont leurs bureaux à Bruxelles !

      Je pense que vous le savez, mais il faut y insister car peu de gens le savent : les agriculteurs n’ont pas le droit d’échanger, d’acheter, de vendre les semences dites paysannes — c’est à dire non standardisées, pas ou peu hybridées — qu’ils cultivent à la ferme. Les plantes cultivées dont ils achètent les semences doivent être inscrites au Catalogue moyennant un droit d’entrée pour chaque plante, et chaque année des royalties pour le droit de reproduction des semences. Ces plantes paysannes, qui par définition ne sont pas inscrites au catalogue, sont peu stables mais c’est précisément en vertu de leur non stabilité qu’elles peuvent s’adapter le mieux aux terres et climats. Bref, l’avenir est aux semences paysannes, les seules à même de préserver la biodiversité, à plus forte raison quand le climat se modifie.

      Pour des raisons purement commerciales le monopole de la vente des semences est réservée à des sociétés privés qui brevètent leurs semences hybrides, et rendent une grande partie d’entre elles stériles ce qui achève de prendre les agriculteurs en otage.
      Bref le système productiviste est verouillé …. enfin pas tout à fait : Semences paysannes, une association qui vise à promouvoir l’utilisation des semences paysanne a organisé un réseau …

    2. ouais Pierre-Yves !

      Alors là, 100% à fond d’accord avec vous, ce n’est peut-être pas suffisant mais voir des gens comme Bové ou Joly au parlement c’est vrai que cela fait plaisir !

      Sinon pour ceux qui ont la chance d’avoir un potager, il existe aussi une association qui préserve les semences, on peut adopter des graines, faire pousser de variétés oubliées.

      Pour le wallons : http://www.kokopelli-be.com/

      pour les Sarkolandais : http://www.kokopelli.asso.fr/

      Malheureusement rien pour contrer les limaces…éh,éh

  13. L’invraisemblable désinvolture dénoncée dans le titre du billet de François n’est pas nouvelle: elle ne fait que continuer un mouvement amorcé dès la proclamation d’indépendance des pays d’Afrique précédemment colonisés. L’introduction de l’agriculture productiviste est certes un fait nouveau par sa taille, mais on en voyait déjà les premiers signes dans l’exploitation intensive de l’arachide sénégalaise ou des fruits tropicaux nigérians en 1960! Sous la IIIème République française, on se souciait encore du développement de l’agriculture vivrière, mais cette politique essentiellement paternaliste a été balayée par la « modernité » du capitalisme productiviste. Au Congo ex-belge, ça a été pire. Au Kenya, ancienne colonie britannique où il y a pas mal de terres riches, le modèle productiviste a fait des ravages.

    Les choses changeraient peut-être si les pays d’Afrique se dotaient d’exécutifs politiques responsables, mais on sait qu’ils sont globalement absents (à l’exception notable du Botswana, pays peu peuplé), et que tout a été fait en Occident pour en étouffer la menace potentielle. A la place, on a fait mousser l’exemple de Nelson Mandela et la fin présumée de l’apartheid. La promotion de l’exemple sud-africain a servi à masquer les turpitudes coutumières dans les autres pays d’Afrique.

    Sur le fond, rien n’a changé: les Africains sont « nés » pour être les esclaves du système. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas, mais leur exemple est le plus criant.

    1. Je confirme . Ce type d’action est en marche (positive) dans mon secteur géographique . L’accès au foncier est l’incontournable d’une évolution du rapport producteurs/consommateurs .En particuler pour garantir la stabilité de la propriété dans le cas d’une vraie agriculture biologique.

      D’où l’importance des PLU et des schéma directeurs . Il est prudent de savoir pour qui et pour quoi l’on vote lors des municipales principalement.

  14. « Le capitalisme (…) est-il ou non en premier lieu responsable…? ».

    Le capitalisme? Mais que veut-on dire en disant « le capitalisme »? Désigne-t-on des personnes? Désigne-t-on une chose? Je pense désormais qu’il faut être plus clair, plus concret. Voici ce que dit Luc Boltanski dans une interview, je crois qu’il y a là une justesse qui nous place au centre de la cible:
    « Le but d’une entreprise, c’est de faire du profit, or le profit, c’est un fait essentiellement comptable. Ainsi une des premières choses qu’il faudrait apprendre à des militants, c’est la comptabilité: le capitalisme c’est un jeu de compte; la base du capitalisme c’est la comptabilité ».
    Il me semble que là on tient tout: on aperçoit enfin le rôle que la monnaie joue là-dedans (pour évoquer un thème tellement capital sur ce blog), on comprend comment ce mode abstrait d’appréhension du monde décapite le réel de sa substance même (et aboutit logiquement aux catastrophes que l’on sait), on se trouve placé dans une perspective qui permet d’observer le phénomène dans sa durée longue.
    On comprend aussi pourquoi le champ de bataille pertinent, aujourd’hui, est celui de la comptabilité: les normes comptables ne sont-elles pas la définition même du réel dans la sphère de l’économie?
    Dans la même optique (capital ici, l’optique) ne peut-on pas interpréter les insolubles querelles autour des « fonds propres » comme ayant pour enjeu la place qui sera faite à la contrainte exercée dans la sphère économique par un principe de réalité extérieur à elle?
    En durée longue (et en résumé): « capitalisme » ou « vision du monde par les lunettes du bilan comptable ». N’y voit-on pas plus clair?

    1. Salut petit coton,

      Bien que votre analyse se révèle tout à fait juste, il me semble qu’elle évacue sans le vouloir une dimension essentielle, c’est-à-dire le rapport de force entre les acteurs.

      C’est ce que souligne M.Jorion quand il parle du capital comme « quelquechose que l’on a pas », plutôt que comme « quelquechose que l’on a et que l’on souhaite voir fructifier ».

    2. La comptabilité, c’est un moyen ordonné de servir une fin: l’accumulation du capital sur les comptes d’une classe d’individus, réunis ou non au sein d’une institution financière (rentiers, actionnaires réels ou potentiels, ces derniers étant « potentiels » parce qu’ils détiennent des stock options et ne peuvent les lever qu’à des moments précis). La comptabilité permet de décrire les flux de capitaux, elle ne se substitue pas à eux. Ghost Dog a raison d’attirer votre attention sur les rapports de force, abondamment décrits depuis presque deux siècles. Les capitalistes sont ceux qui exercent la plus grande force au sein d’une ou des société(s) dans le temps, et le capitalisme est le terme utilisé pour décrire ce processus, dont la comptabilité ne donne qu’une indication partielle (il existe aussi des fluw considérables qui ne sont pas comptabilisés: ceux de la mafia et des trafiquants, ainsi que des utilisateurs des paradis fiscaux).

    3. Pour répondre à Ghost Dog:

      Il faut entendre dans cette intervention « comptabilité » dans le sens de mode d’appréhension, je dirais presque “de préhension” du réel. En ce sens elle est une opération de conversion commandant une conception bien définie du réel. Ce qui semble urgent, c’est de reparcourir à l’envers ses circuits de conversion: établir et suivre pas à pas le lien continu entre le bilan terminal (numérique) DES comptabilités, les catégories utilisées et le Réel: une illustration, à très grande échelle, en serait ce passage du billet de F.Leclerc:
      « Le soja, le riz, le mais, le blé, sont devenus des matières premières au même titre que le fer, l’étain, le cuivre ou le pétrole. C’est à dire les vecteurs et les leviers de la spéculation financière ».

      C’est le mot « devenus » qui est intéressant ici: on aperçoit bien ici qu’il y a une conversion à l’oeuvre, qu’on l’appelle équivalence générale ou autre, pilotée par les besoins de cette appréhension du réel.
      Voilà pourquoi, Ghost Dog, je pense que si l’on suit pas à pas les logiques impliquées par le port de nos lunettes, les lunettes du bilan comptable, nous retrouverons d’une part les poulets surgelés périmés de Legaulois, les 5 kg de pesticides dont nous nous gavons chaque année et bien sûr l’espèce de chaîne de commandement (que le capitalisme souhaiterait invisible) qui gouverne les rapports de force. Je pense que quelque soit l’échelle et le lieu où ceux-ci s’opèrent, il faut s’efforcer de les replacer dans ce cadre car cela les pourvoit d’une meilleure lisibilité. Je pense d’autre part que ces lunettes, comme tout objet, ont une histoire, qu’elles sont apparues pour résoudre des problèmes bien précis, qu’elles ont été modifiées, qu’elles le seront encore puis, qu’enfin, devenues obsolètes, elles finiront dans la vitrine d’un musée, amusant les enfants qui, vraiment, ne parviendront jamais à comprendre comment on a pu tant attendre d’un instrument si évidemment nuisible et grossier.

      Pour répondre à Jaycib:
      Le cas des mafias est un exemple encore plus éclairant: elles sont branchées sur des flux non comptabilisés, la belle affaire!: non comptabilisés par qui? par les comptabilités nationales? peut-être, mais ce n’est même pas sûr. Mon cher Jaycib, croyez-vous vraiment que ces organisations ne comptabilisent pas les flux qu’elles font circuler? Bien-sûr que si! Il importe de comprendre pourquoi il faut parler à la fois de violence et de mode d’appréhension du monde et je pense qu’il faut inverser les termes de votre proposition: la comptabilité c’est une fin qui ordonne des moyens et le cas des mafias en est probablement l’une des illustrations les plus crues: le caractère atroce de ces organisations vient justement de la violence de la conversion qu’elles opèrent autrement dit, de la manière dont elles « comptabilisent » et de ce dont elles nourrissent leurs comptabilités.

      Bien à vous.

    4. Justement pas, la comptabilité ne montre rien, elle ne permet de rien comprendre.

      Il importe de comprendre ce qu’est l’argent, et que c’est une donnée structurale pour rester avec CLS, qui ne vaut que par différences, comme les mots ne valent que par la différence de leur phonèmes. Ce sont des unités de sens, l’argent a un sens binaire, et l’économie n’est PAS de la comptabilité mais de la psychologie, de la sociologie et de la biologie. Les hommes sont des être vivants, et non des calculettes !

      Le problème de l’argent tourne autour des concepts d’inflations… L’argent est une marchandise, un placement, il a une valeur d’usage, qui est sa valeur d’échange. L’inflation faible implique sa rareté, sa rareté implique la pauvreté. Tout cela est hors du domaine comptable.

      L

    5. À Liszt:
      La comptabilité montre tout, elle permet de tout comprendre.
      L’économie n’est pas le capitalisme.
      Le capitalisme n’est pas “de” la psychologie, “de” la sociologie, ni “de” la biologie.
      L’argent n’a pas “une” valeur d’usage indexée sur “sa” valeur d’échange.
      L’inflation est au coeur du domaine comptable.
      Le problème étant: “les hommes sont des êtres vivants” convertis par “des calculettes”.

    6. @petitcoton

      La comptabilité répond à la question du « combien », elle ne répond pas à la question de ce qu’on compte. Un électricien peut très bien exceller dans son domaine sans savoir ce qu’est un électron, et que sa masse est 1,6 EXP XX coulomb, 2000 fois plus faible que celle du proton. et pourtant il peut mesurer le courant.

      La comptabilité peut exister dans un Etat communiste où les prix sont fixes, elle ne renseigne donc pas sur ce qu’est le capital. Elle peut prendre en compte l’inflation sans en comprendre les conséquences. Elle n’explique pas d’où provient la valeur de ce qu’elle additionne. Elle additionne des unités sans les comprendre ontologiquement, économiquement, socialement. Sinon pourquoi la comptabilité ne remplacerait-elle pas la politique ?

      La valeur, c’est posséder ce que l’autre n’a pas. Les prix libres reflètent un manque psychologique, ressenti comme tel en dehors de toutes les comparaisons de niveau de vie avec les époques précédentes. La valeur de l’argent reflète également son manque et même uniquement son manque. Avoir une monnaie sans inflation implique sa rareté et donc la pauvreté, réelle ou vécu, de larges parts de la population. Car la seule façon d’adoucir cette situation serait de laisser courir l’inflation, signe probant et unique que la population peut consommer. Lorsqu’on se flatte d’une inflation basse, on se flatte non d’une cause de prospérité mais d’un effet de l’absence de consommation générale.

      Ceci sont des considération rédhibitoires sur le capitalisme, qui seront d’actualité même après la crise; s’il y avait un après.

      L

    7. à Lisztfr:

      « Elle additionne des unités sans les comprendre ontologiquement, économiquement, socialement. Sinon pourquoi la comptabilité ne remplacerait-elle pas la politique ? »

      Entièrement d’accord avec cela: « Elle additionne des unités sans les comprendre ontologiquement ».

      Pas avec ceci: « Sinon pourquoi la comptabilité ne remplacerait-elle pas la politique ? ». En effet, c’est exactement ce qui se passe: la comptabilité, depuis une quarantaine d’années, tend -et c’est bien son projet- à remplacer la politique. Si l’on observe au sein des entreprises les méthodes d’organisation du travail mises en place depuis ce que Christophe Dejours (cf son dernier livre « Le travail vivant ») appelle « le tournant gestionnaire » on assiste exactement à cela: évacuation du réel, focalisation exclusive sur le numéral.
      D’autre part qui ne voit pas que les paradigmes de « gouvernance » de la chose publique qui règnent désormais dans les cervelles de nos dirigeants, sont directement importés de la sphère de la comptabilité, c’est à dire de ce qui constitue le réel propre à l’entreprise capitaliste: c’est dans son bilan comptable qu’une entreprise mesure sa persévérance dans son être, c’est à partir de ce bilan qu’elle perçoit le réel et c’est bien le drame. Illustré de manière parfois directe (je me souviens de la campagne électorale du président du conseil italien dont le slogan était « l’Italie-entreprise »), parfois présent en sous-texte, surtout pas énoncé publiquement, mais commandant bel et bien une batterie ordonnée de réformes illisibles en surface mais parfaitement cohérentes en profondeur (c’est la situation française).

      à vous lire.

    8. à Lisztfr (bis)

      Je viens à l’instant de lire l’intervention de Jean-Claude Trichet dans le Monde d’aujourd’hui, je cite:
      « En termes historiques la période présente est marquée par un changement très profond dans la gouvernance mondiale. Le fait que le G20 soit devenu LA PREMIÈRE INSTANCE DE GOUVERNANCE AU NIVEAU INTERNATIONAL est fondamental. Il ne faut pas oublier que la structure du G20 ÉTAIT NÉE APRÈS LA CRISE FINANCIÈRE ASIATIQUE. »

      Au risque de passer pour un doctrinaire, voilà qui me semble corroborer mes propositions. Quel dommage que la seule force en mesure d’instituer une « instance de gouvernance qu niveau international » émane de cette sphère à propos de laquelle nous débattons!

    9. @ petit coton
      Vous avez mille fois raison et je pourrais l’illustrer de toute mon expérience de consultant : ce n’est pas le pouvoir qui guide l’action des cadres d’une entreprise – même s’ils en ont l’illusion, ou la prétention – ils suivent simplement la logique d’une vision comptable de l’activité
      amicalement
      ( PS : historiquement la finalité du capitalisme n’est pas le profit, celui-ci n’est qu’un moyen). Il ne faut pas prendre ce que disent les comptables pour argent comptant !)

  15. La fin de l’abondance énergétique menace sans aucun doute l’agriculture mondiale. Richard Heinberg, l’auteur de ‘Peak Everything’, pointe du doigt l’énergie nécessaire que notre système alimentaire dans son ensemble requiert. En Occident, il faut actuellement à peu près l’équivalent de 10 calories d’énergie provenant du pétrole et du gaz pour produire chaque calorie consommée. Si tel est le cas, on peut dire que la Révolution Verte n’était que de la poudre aux yeux … Non, un piège !

    Les solutions proposées par le pikistes pour remédier aux problèmes qui nous font faces sont Permaculture et Transition Town. Il y l’exemple de Cuba qui a vécu un pic pétrolier virtuel lors de l’effondrement de l’URSS, les importations de pétroles avaient alors chuté de moitié en très peu de temps. Ces pénuries de pétrole furent compensées par la participation de toute la population à la production locale de bio (via potagers collectifs en villes etc.). Paradoxalement, Cuba est maintenant le pays le plus bio du monde entier, et par conséquent, un des rare pays civilisé auto suffisant du point de vue alimentaire.

    Les AMAP / GAS / GASAP sont des mouvements qui vont indéniablement dans le bon sens chez nous !

  16. Ce qui me rassure sur le sujet du billet , c’est que les femmes ( au moins deux cette fois ci ) , se passionnent à nouveau pour l’agriculture car  » désert de femmes , désert paysan , désert tout court  » .

    Gaïa , Aphrodite , Rhéa , Chloris et Déméter sont de retour .

    Voilà peut être enfin une bonne raison d’être optimiste .

    Un clin d’oeil à Déméter .

    1. Rassurez vous, Juan,
      Nous ne sommes que 2 ici et aujourd’hui, mais bien plus nombreuses et impliquées dans les campagnes.
      Faites nous confiance!

  17. Invraisemblable désinvolture, curieux de voir que sur un problème pareil ne soit aucunement évoqué la question de la limitation des naissances !!!!!

    Que les pays du G8 ne participe pas est à mon sens non une désinvolture mais doit nous indiquer les décisions ou plutôt les non-décisions qui seront prises avec les suites à venir de la crise actuelle…
    Fondamentalement le monde est en déséquilibre total, réchauffement climatique, raréfaction des matières 1ères, poissons, alimentation, eau, les limites apparaissent partout…la crise financière actuelle ne reflète-t-elle pas les déséquilibres créés par la mondialisation…

    Une prise de conscience globale est faite, l’agriculture devra augmenter sa production de 70% d’ici 2050, idem pour baisser les émanations de Co2… mais aucune réflexion globale n’est faite…
    Le club de Rome avait exposé des idées dans les années 1970 qui ne furent pas ou peu suivies…

    L’être humain n’est il pas ainsi, il veut tout sauf les souffrances, il veut toutes les bonnes nouvelles mais pas les mauvaises, il veut tous les impôts pour les autres mais pas pour lui…
    Nous laissons comme on dit à nos enfants des dettes et une planète dans un triste état…
    Les banquier s’accordent des bonus extravagants et toujours aucune action commune…

    D’une manière un peu osée, n’est ce pas la crise de l’homme et non du capitalisme qui est présentement posée, l’homme est aujourd’hui un dieu et se comporte comme tel, c’est peut être pour cette raison finalement qu’aucune évocation de limitation des naissances n’est proposée….on ne contrôle pas un dieu et il n’a peur de rien…il est dieu
    Ne disons nous pas de nos enfants qu’ils sont des enfants rois…

    N’avons nous pas été trop gâtés, la ou les crises actuelles ne sont elles pas nécessaire pour nous faire redevenir humble et humain, discussion peut-être un peu trop philosophique, quoique….

    1. « Ne disons nous pas de nos enfants qu’ils sont des enfants rois… »

      Ceux-là mêmes qui veulent limiter les naissances chez les autres ?

      Vous pouvez le prendre par où bon vous semble, les aficionados d’un modèle social ou de la biologie vous diront que c’est la diversité qui fait la force. La diversité existe également dans l’accès à l’évolution : la refuser c’est nous tuer ! C’est prendre le risque de passer à côté d’une autre voie…que l’on cherche !!!

      Pour un bon réveil :

      Inutile d’enseigner aux singes à grimper aux arbres.

      Pour qu’un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent.

      Pari sur l’évolution.

  18. Je veux bien admettre que le « capitalisme  » est en partie responsable des inégalités des revenus et de la répartition des ressources. Mais quel que soit le système choisi, il y a une limite au nombre d’humains que notre planète peut supporter, et il faut bien admettre que l’accoissement de la population planétaire est le fait de certaines régions (continents, pays)…. Je sais qu’il est politiquement incorrect d’aborder ce sujet, mais j’aimerais bien connaître l’opinion ainsi l’éventuelle solution que peuvent proposer les différents intervenants, tout en sachant que dire que ce n’est qu’un problème d’éducation ou de développement de la population est erroné, à la lumière du cas de l’Inde…

    1. Parce que vous croyez que l’Inde est un pays culturellement avancé pour sa population? Quelque uns oui, même trés bien, mais dans le nombre…..

    1. Un peu léger comme démonstration mais je m’ excuse d’être aussi abrupt.
      De tels propos dénotent le marketing conceptuel situationiste des outragés permanents : un vrai fond de commerce !
      Désolé de choquer !

    2. coucou,

      Non non, vous ne choquez pas. Mais que faire d’autre que de soutenir la démarche. A moins de considérer que ces outragés permanents aient une basse estime de la tâche qui leur est confiée et donc de leur propre personne, et que leur seul but serait d’agiter un carton rouge.

      Ont-ils dores et déjà atteint leurs objectifs ? Si oui, alors ce ne sont pas les bons et il faut en changer. Peut-on le faire a priori ? Et surtout sera-ce plus efficace, si tant est que l’on veuille vraiment qu’ils soient efficaces ?

      coucou ne me contredira pas : il y a du pain et des jeux pour tous. Enfin pour le pain c’est pas sûr.

      Lequel est l’outil de l’autre entre capitalisme, fordisme et démocratie ? Petit rappel pour le fordisme, le réel pas celui du meilleur des mondes :

      1/ FORDISME, Principes (Wikipédia)
      Le but de ce développement de l’entreprise est d’accroître la productivité et la production de l’entreprise grâce à plusieurs principes :
       la division du travail en une division verticale (séparation entre conception et réalisation) et en une division horizontale (parcellisation des tâches), et l’apparition de la ligne de montage (et donc du travail à la chaîne).
       la standardisation permettant de produire en grandes séries à l’aide de pièces interchangeables.
       l’augmentation du pouvoir d’achat des ouvriers (5 dollars / jour contre 2 à 3 auparavant), afin de stimuler la demande de biens et donc d’augmenter la consommation. Mais cette augmentation des salaires avait pour but principal de lutter contre le taux de roulement(démission des ouvriers) devenu de plus en plus élevé avec l’apparition du travail à la chaine, qui rendait les conditions de vie des ouvriers encore plus difficiles qu’auparavant.

      De plus, si les ouvriers étaient mieux payés, ils étaient « exempts de préoccupation étrangère au travail, et donc plus industrieux, par conséquent, plus productifs » (Ma vie, mon œuvre de Henry Ford)

      2/ FORDISME, une illustration tirée du meilleur des mondes
      « Techniquement, il serait parfaitement simple de réduire à trois ou quatre heures la journée de travail des castes inférieures. Mais en seraient-elles plus heureuses ? Non, nullement. »

      Alors ? L’industriosité est-elle une nécessité ?

      coucou, je vous cite :

      « Mais qu’en savez-vous ?

      Que l’on songe à un système où la répartition des richesses soit le plus équilibré possible, c’est une chose noble. Se fonder sur un quelconque système pour anticiper les divertissements de la foule, c’est méprisant, et ça ne change rien au déterminisme capitaliste actuel. »

      Parler de « déterminisme capitaliste », quel mépris !
      Les « divertissements de la foule » ne vous concernent-ils pas ici ?

      Vous dites que le pétrole est un outil qu’utilise le capitalisme, sa « danseuse ».
      Je considère également l’économie et la finance comme des outils. Et le capitalisme aussi.
      L’un est-il plus méprisant que l’autre ?

      François Leclerc dit ici « A la considérer simplement sous ce jour, c’est la pire des exploitations. ». Que ne réagissez-vous pas : il y aurait des exploitations mais pas d’exploités ?

      Allez, pour être un peu plus léger n’est-ce pas, pour retourner un peu parmi le bon peuple, de quel côté est le mépris : http://www.youtube.com/watch?v=GQ9UiaAZ_Hs&feature=player_embedded ?

      Des deux ? Y’a pas divertissement là ? Allez allez un double 51 patron ! Ah les jeunes…

      Logiquement vous devriez voir dans cette vidéo au moins une forme de mépris. C’est également, dans les deux cas, ce que j’appelle de l’occupation et que vous nommez divertissement. A ce même titre le capitalisme est la mauvaise cible et, oui je nous méprise pour cela, d’oublier l’homme, de placer la société avant l’homme dans notre échelle de « divertissements ».

      Bon songe.

  19. Sur le problème de la propriété ou de l’usage des terres un historien , pourquoi pas agronome, serait bienvenu de nous rafraîchir la mémoire sur les différentes formes de gestion individuelle , privée ou collective ( baillage ,sovkoz , Kolkoz , biens communaux , expérience à la Chavez , évolutions à la brésilienne , brulis à l’africaine ….) de la terre pour produire de l’alimentation .

    On y verrait sans doute que, comme l’histoire , la relation d’un peuple à son territoire ( et donc aux autres ) est souvent le fruit de la géographie et du climat ( dont on pense qu’il se  » réchauffe » .)

    Pour la maîtrise de la démographie , je laisse bourdon aux prises avec les abeilles , mais je crains qu’il ne s’agisse actuellement que d’une forme d’eugénisme .

    D’ailleurs pour l’instant nous sommes comme les abeilles sous danger de pesticides .

    1. Si l’on parle d’Haïti… mais où donc baby Doc s’est-il réfugié ….???

      Sinon pour info, je ne suis pas blanche mais plutôt bien basanée…oups !

      Et je n’infantilise absolument pas les populations africaines mais faire l’impasse sur l’esclavage, la colonisation et la décolonisation ma paraît hasardeux pour quiconque tente une analyse sérieuse.

      Ce n’est pas votre cas : franchement réduire mes arguments à : « le capitalisme augmenterait la natalité » me décourage définitivement …

      Je vous laisse dans votre déni, vous avez raison la Sardine, le problème essentiel des pays du Sud c’est la natalité…

      vite, vite, distribuons des capotes et das anti-rétroviraux !

      Cela réglera les problèmes d’infrastructures, de corruption, cela fera disparaître la FrancAfrique, les multinationales qui exploitents les mines, le pétrole ou le gaz paieront leurs impôts rubis sur l’ongle, cela construira des écoles, formera des médecins, développera des hôpitaux, des écoles, des universités, bref, en réduisant la natalité, les pays du sud vivront dans des pays démocratiques et développés !

      C’est tellement simple et nous pauvres imbéciles qui ne le voyons même pas.

      Heureusement que vous étiez là pour m’éclairer…merci, la Sardine, merci !

  20. « Il nous faut effectuer des changements significatifs pour pouvoir nous nourrir et en particulier protéger les plus pauvres et les plus vulnérables ». Cette déclaration particulièrement vague de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, illustre la vacuité des travaux du sommet de Rome de la FAO, dont la première journée se termine. Les chefs d’Etat du G8, à l’exception de Silvio Berlusconi qui était à demeure, n’étaient d’ailleurs pas présents, signe qu’il ne valait mieux pas être associé à cet épisode peu glorieux.

    Le communiqué final annonce toujours que les participants s’engagent à éradiquer la fin de la monde, mais ceux-ci ont pris une grande décision complémentaire : ils ont supprimé la référence à une date-butoire pour y parvenir. Dans le projet initial, celle-ci était fixée à 2025 (dans quinze ans). Le message des ONG selon lequel les promesses ne nourrissaient pas les affamés a été entendu : elles ont été supprimées.

    La problématique de la nouvelle gouvernance mondiale ne sort pas rehaussée de ce pitoyable épisode.

  21. @Bourdon et la Sardine,

    Ce problème n’est pas évoqué tout simplement parce qu’il n’existe pas. Nous avons actuellement la capacité de nourrir 12 milliard d’individus…

    Si vous aviez vu le documentaire ci-dessous vous sauriez que c’est d’Inde que viennent les céréales utilisés dans la fabriquation du pain des…Suisses !

    Ou que chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche, Graz…

    Je n’ai pas envie de mettre en colère donc je copie/colle un article publié sur l’excellent site contreinfo (Maj avril 2007) et je vous conseille tous les 2 de regarder ce doc ici :

    http://video.google.com/videoplay?docid=3558745023412649863#docid=5039112951831053451

    We Feed The World, Le Marché de la Faim, sort en salle aujourd’hui. Ce documentaire d’Erwin Wagenhofen démonte les mécanismes d’une l’industrie agroalimentaire mondialisée.

    En suivant les trajets qu’effectuent les nourritures, il met au jour les déséquilibres absurdes d’un monde qui pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains, et dans lequel 850 millions de personnes sont sous alimentées.

    Dans ce système, le Brésil qui n’a pas atteint l’autosuffisance alimentaire, au lieu de développer des cultures vivrières, transforme la forét amazonienne en culture de soja qui sera utilisé à nourrir les poulets européens.

    Et l’Afrique reçoit à bas prix des tomates cultivées en Europe qui ruinent les agriculteurs locaux.

    A l’occasion de la sortie du documentaire qui s’est en partie inspiré d’un de ses ouvrages, Jean Ziegler, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, répond aux questions de Libération. Extrait.

    Dans le film, vous témoignez comme expert sur la faim.

    J’explique que selon le Rapport mondial sur l’alimentation 2006 de la FAO (Food and Alimentation Organisation), l’agriculture mondiale a aujourd’hui la capacité de nourrir 12 milliards d’êtres humains alors que nous sommes 6,2 milliards. Cela signifie que pour la première fois dans l’histoire du monde, la faim n’est pas une fatalité : un enfant qui meurt, faute de nourriture, est un enfant assassiné. 850 millions de personnes sont gravement sous-alimentées, dont 70 % de paysans, c’est une des absurdités de la situation.

    Pourquoi la faim perdure-t-elle ?

    Pour la première fois, grâce à la mondialisation, aux révolutions technologique, électronique et industrielle, nous avons vaincu la pénurie, nous sommes sortis du royaume de la nécessité pour entrer dans le royaume de l’abondance. La tragédie réside dans le fait qu’au moment même où le bonheur serait matériellement possible, nous vivons une reféodalisation du monde, avec une captation de ces immenses richesses nouvellement créées par une oligarchie transcontinentale détentrice du capital financier.

    Il n’y a donc pas de pénurie alimentaire ?

    Non. La cause de la faim, c’est une répartition aberrante des richesses, c’est la politique de libéralisation des échanges de l’OMC, la politique de dumping agricole de l’Union européenne. Dans le documentaire, l’exemple du Brésil est frappant. Sur 181 millions de Brésiliens, 44 sont gravement et en permanence sous-alimentés, alors que c’est un pays agricole. Le président Lula veut combattre la faim, par la réforme agraire notamment, mais pour cela il faudrait qu’il ait de l’argent ! Or, le Brésil est le deuxième pays le plus endetté du monde.

    Et qu’est-ce qui peut rapporter des devises permettant de rembourser les intérêts de la dette aux banques des pays du Nord ? La culture du soja, pour laquelle on détruit la forêt amazonienne : 16 000 hectares en 2006. Et c’est ce soja qui va nourrir les poulets européens élevés en batterie. Dernier segment de cette chaîne absurde : les parties nobles (cuisses, ailes) de ces poulets vont dans les supermarchés des pays européens, le reste des carcasses est exporté en Afrique et vendu sur les marchés à des prix de dumping, ce qui détruit la production locale.

    Grâce aux subventions et aides à l’exportation attribuées par leur gouvernement aux paysans des pays du Nord, sur n’importe quel marché africain, on peut acheter des légumes ou des fruits italiens, français portugais ou espagnols aux deux tiers ou à la moitié du prix de produits autochtones ! Le paysan africain peut bien travailler avec sa femme quinze heures par jour, il n’a pas la moindre chance de conquérir un minimum vital suffisant pour sa famille. Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque exclusivement agricoles, et on s’étonne que des milliers de jeunes Africains risquent leur vie dans l’Atlantique pour débarquer en Sicile ou aux Canaries. Ce sont des réfugiés de la faim.

    1. Et alors cela démontre simplement que votre fameux « problème de l’explosion de la natalité » n’en est pas un…

      le véritable problème, c’est l’accès à la nourriture pas le nombre de personnes à nourrir…

      le véritable problème c’est la quantité de richesses ILLIMITES que certains s’octroient au détriment des autres.

      Limitons, limitons le capital pas la natalité !

    2. Les « -icides » tuent la vie des sols, « relancez la vie des sols, vous nourrirez l’humanité », phrase de claude bourguignon, microbiologiste des sols.

      Je vous recommande une des ses conférences, passionnante même pour les citadins pour peu que l’on s’interesse à ces questions. Le son est de mauvaise qualité mais le propos reste audible, calez-vous dans un bon fauteuil: 128 minutes (on peut aussi écouter en faisant la cuisine vu que l’image n’apporte rien)

      http://video.google.com/videoplay?docid=-2909489196349752965

      « Ils ont des blés qui génétiquement peuvent faire 150 quintaux (à l’hectare) mais les sols sont en tellement mauvais état qu’ils font plutôt 80-85 quintaux, donc c’est un recul des rendements et non pas des lendemains qui chantent comme on nous annonçait dans les années 70 ».
      « Il faut changer le dogme dans lequel fonctionne l’agriculture actuelle ».

      Il explique également que c’est l’agriculture traditionnelle qui a les meilleurs rendements au mètre carré (ou à l’hectare (je ne sais plus)) sauf qu’elle utilise plus de bras. ça tombe bien il y a des gens au chomage.

    3. @ghost dog
      Si vous considérez, comme d’autres (le pape), que l’explosion de la natalité n’est pas un problème sur certains continents, c’est votre droit ! Seulement, il faut savoir que la seule raison pour laquelle la population ne croît pas d’une façon exponentielle dans beaucoup de pays en voie de développement (bien qu’elle doublera avant 2050), c’est à cause du manque de médicaments pour des maladies comme le sida, le paludisme (sans parler des guerres) provoquant pauvreté, misère, orphelins et même dans certains pays une main-d’oeuvre insuffisante (agriculture, industrie) et un ralentissement du développement… Il me semble en effet plus « intelligent » de réduire le nombre de naissances en introduisant le préservatif, la pilule et la légalisation de l’avortement, pour que ceux qui ont la chance de naître aient une meilleure chance de vivre dans des conditions décentes, au lieu de poursuivre une doctrine nataliste et de faire vivre la majorité dans la misère absolue…

    4. @la sardine

      je ne minimise absolument pas le problème de la natalités dans les pays sous-développés et je suis très heureuse de vivre dans un pays où les femmes ont la possibilité de la contrôler.

      Maintenant comme vous ne semblez pas comprendre mon argument je vais essayer de faire dans l’explication simple :

      Il y’a 10 personnes dans une pièces avec 1 gâteau.

      le gâteau est partagé en 10 parts et 1 personne s’octroie 8 parts.

      9 personnes doivent se partager 2 parts.

      Vous me dites, oulalala mais y’a trop de gens, regardez, ils sont 9 pour 2 parts…

      j’ai la solution, il faut supprimez les 9 personnes en trop!

      Moi je vous dis, ben nan mon gars, le problème c’est pas qu’ils soient neuf, le problème c’est ce gars là, le blanc, bien éduqué, qui peut se permettre d’avoir 2 gosses et demi, un 4×4 et des vacances à la Plagne, ben lui…faut qu’il arrête de se bouffer 8 parts…

      Est-ce que c’est plus clair comme cela la sardine ?

      sinon big up pour la citation de la vidéo de Claude bourguignon, c’est grâce à lui que j’ai découvert les ravages du labour ! Quidam, merci , cela m’a fait plaisir !

      et big up aussi pour la permaculture, Galapiat j’attends votre prochain message !

    5. @ghost dog
      Il me semble qu’une petite clarification de vos écrits (pensées) s’impose …
      En effet, à deux reprises, vous écrivez que le taux de natalité (surpopulation) dans les pays en voie de développement ne pose aucun problème (16h16 « Ce problème n’est pas évoqué tout simplement parce qu’il n’existe pas. » et 17h55 « Votre fameux problème de l’explosion de la natalité n’en est pas un… ») . Alors qu’à 23h00, vous écrivez : « Je ne minimise absolument pas le problème des natalités dans les pays sous-développés » (ce qui semble être en contradiction avec vos affirmations de 16h16 et 17h55)…
      Mon but était justement de faire remarquer aux différents intervenants qu’un taux de natalité trop élevé dans certains pays en voie de développement était un véritable handicap pour leur propre développement et posait de réels problèmes au niveau local et mondial ainsi que au niveau des ressources et de l’environnement.
      Je n’ai, à ma connaissance, jamais prétendu que le taux de natalité (surpopulation) était le seul problème que connaissent les pays en voie de développement ; d’ailleurs, j’ai commencé mon premier post à 15h09 par : « Je veux bien admettre que le « capitalisme » est en partie responsable des inégalités des revenus et de la répartition des ressources. » et à 20h33 : « … un manque de médicaments pour des maladies comme le sida, le paludisme (sans parler des guerres) provoquant pauvreté, misère, orphelins et même dans certains pays une main-d’œuvre insuffisante (agriculture, industrie) et un ralentissement du développement… ».
      Alors, je ne comprends pas votre démonstration simpliste du « gâteau » à partager…qui, en plus, est à mon humble avis tout à fait fausse.
      En effet, toute ménagère vous dira que, quand on sort un gâteau du four, il a souvent tendance à rétrécir – et si en plus, on augmente le nombre de personnes par rapport à celui initialement prévu, il risque d’y avoir de personnes qui restent sur leur « faim » …
      Cordialement.

    6. @la sardine,

      Vous faites semblant de ne pas comprendre….

      J’ai bossé 18 mois pour MSF Belgique donc effectivement les problèmes des pays du sud, maladies, malnutrition ne me sont pas étrangers.

      Je me méfie cependant comme de la peste des discours tel que le vôtre. Pointer le problème démographique est un cache-sexe aisé afin de minimiser la véritable cause des situations ubuesques des pays sous-développés : les inégalités de richesses, l’exploitation éhonté des ressources naturelles par des multinationales échappant à l’impôt (prix de transfert), etc.

      C’est ce que vous ne manquez pas de faire en écrivant :  » Je veux bien admettre que le « capitalisme » est en partie responsable des inégalités des revenus et de la répartition des ressources. »

      Cette façon de relativiser le prépondérance du capitalisme pour lui substituer la démographie :  » en clair, ouais ils sont un peu exploités mais bon le vrai problème c’est qu’ils font trop de gosses », ma paraît relever non seulement de la malhonnêté intellectuelle mais aussi d’une pensée néocolonialiste mal digérée et pour tout vous dire, vraiment écoeurante.

      Vous voulez que je clarifie ma pensée ?

      La 1ère cause des situations dramatiques que vivent les pays du sud c’est le capitalisme.

      Les problèmes démographiques ne sont qu’une des nombreuses conséquences de cette situation.

      Dénoncer la surnatalité et vouloir résoudre ce « problème » constitue une erreur d’analyse qui ne changera en rien la situation et qui permettra à cette exploitation et à la misère qu’elle engendre de perdurer…. pendant encore 30 ans, 50 ans, 100 ans ?

      Vous pouvez être en désaccord, j’attends vos arguments.

      Cordialement.

    7. @ghost dog
      Contrairement à vous, je ne ramène pas tous les problèmes des pays en voie de développement au capitalisme(de l’homme blanc) et ceci jusqu’à frôler le ridicule quand vous affirmez: »La 1ère cause des situations dramatiques que vivent les pays du sud c’est le capitalisme. Les problèmes démographiques ne sont qu’une des nombreuses conséquences de cette situation ».En d’autres termes, le capitalisme augmenterait la natalité… Il faut arrêter « d’infantiliser » les pays en voie de développement : ils ont obtenu leur indépendance depuis longtemps et certains ne s’en sortent pas mal en menant une politique responsable – et c’est tout à leur honneur ! En comparant la gestion de deux pays comme Haïti (le plus ancien état indépendant (1804) du continent américain après les USA) et la République Dominicaine (indépendante depuis 1844). Haïti dépend entièrement de l’aide internationale (nourriture et sécurité), la corruption règne à tous les niveaux, le déboisement a causé l’érosion du sol de quasi toute la surface du pays, le taux de chômage avoisine les 80%, la drogue circule partout… Quant à la République Dominicaine, bien que toujours considérée comme un pays en voie de développement, elle est un « paradis » comparée à Haïti. Il est temps que « l’homme blanc  » (comme vous) arrête de victimiser  » l’homme noir » (tout en disant : c’est notre faute, notre grande faute…) puisque parmi eux, il existe des dirigeants et des peuples responsables qui méritent toute notre estime, mais il y a aussi les autres…
      Ils sont indignes, cette autoflagellation et ce paternalisme si chers aux catholiques d’un autre âge, où l’homme blanc croit détenir la vérité absolue et veut imposer son dernier « modèle économique » (comme la non-croissance) et son expertise con-descendante à la planète entière.

  22. On remarquera aussi que contrairement à ce qui commence à se dire pour la France ( la crise danger pour la natalité ) et qui tendrait à donner une réponse à La sardine et Bourdon , ce n’est pas en traitant la démographie vers le bas que l’on résout le problème de la faim . C’est en traitant le problème de la faim ( et d’une plus équitable répartition des richesses ) que l’on résout aussi le problème de la démographie .

    C’est quand ils se sentent en danger de mort que les peuples font des enfants comme souvent d’ailleurs aussi dans le monde végétal . C’est quand ils commencent à se sentir à l’aise qu’ils en font moins .

    Maintenant si l’on souhaite que seuls les riches se reproduisent ( ce qui est sans doute une façon non nulle d’optimiser les universités , les grandes écoles , l’infrastructure en place et « l’efficacité économique » , et de réduire les  » dépenses improductives » ) , je ne suis pas « phile » .

    Pour tout dire je suis « phobe »!

    Il n’y a quje les auvergnats ( mon origine ) pour avoir inventé le coïtus interruptus et l’avortement pour n’avoir qu’un enfant ( si possible un garçon comme en Chine ) afin de  » garder le bien dans la famille , sans le disperser  » .

    Heureusement qu’ils se sont expatriés en région parisienne pour survivre ( et nous fournir des présidents qui eux semblent encore prêts à procréer !)

    1. @JUAN NESSY

      Le taux de natalité en Europe, surtout en Russie, a baissé pour des raisons « culturelles », à cause des lois sur la pilule, l’avortement, et en raison de l’abandon des mesures « natalistes », de la baisse de la fécondité masculine, des suicides, de l’alcoolisme, du sida et bientôt de l’euthanasie ….
      Ca m’étonnerait que l’on puisse introduire ces mêmes changements culturels sur d’autres continents…alors ma question reste valable, que faire?

  23. @Bourdon.
    Dans les années 70, l’écologie politique tenait compte des limites, mais elle a progressivement quitté cette perspective pour se pencher essentiellement sur les effets ; la pollution. La notion de limite est tellement gênante politiquement qu’aucun parti ne l’évoque à part le mouvement des ‘objecteurs de croissance’. Discutez avec vos amis et vous verrez qu’il y a très peu de gens qui considèrent faire partie du problème ou être partie de l’équation. La théorie malthusienne est souvent associée dans la pensée contemporaine à une forme fascisme, la plupart vous traiteront d’anti-homme si vous proposer de fixer des limites en vue d’une gestion long terme. C’est très révélateur.

    Tout cela est tragique car l’anti malthusianisme (la pensée dominante) donne paradoxalement raison à Malthus. En effet, en diabolisant les ‘limites’, on engendre les conditions d’un effondrement de type malthusien.

    – Je vous conseille vivement cet article : Revisiting the Limits to Growth After Peak Oil

    – Sinon, l’assemblée générale du Club de Rome vient d’avoir lieu à Amsterdam en octobre. Gorbatchev était invité d’honneur mais personne n’en n’a parlé.

    Le rapport Meadows a reçu la plus haute distinction scientifique japonaise début 2009. Preuve que l’Asie est plus consciente que l’Occident de ce qui nous attend.

    1. @Peak.Oil.2008,

      « La notion de limite est tellement gênante politiquement qu’aucun parti ne l’évoque à part le mouvement des ‘objecteurs de croissance ».

      sauf qu’en juillet, le journal « la décroissance » principal anaimateur en France  » de la pensée décroissante » publiait en encart:

      Les cahiers de l’IEESDS N°3–juillet 2009 : La décroissance contre Malthus

      Supplément du n°61 de La Décroissance

      Page 1 : Un débat miné, par Vincent Cheynet
      Page 5 : Vous avez raison, mais…, par Christophe Rousseau
      Page 6 : La maladie infantile de l’écologie, par Bruno Clémentin
      Page 8 : De l’humanisme à l’humanicide, par Paul Ariès
      Page 11 : Vivrons-nous si vieux ?, par Marie-Rose Ragot
      Page 12 : Et la femme dans tout ça ?, par Marie Wilhem
      Hors dossier : Page 14 : La honte prométhéenne, retour sur Günther Anders, par Paul Ariès
      Page 16 : Humour, avec Nadia Djabali

      par ailleurs la charte du journal souligne :

      « Le journal n’accueillera pas, en revanche, les idéologies qui font de l’humanité elle-même la source des problèmes. Nous combattons tout système productiviste et société de consommation mais nous ne voyons pas dans l’humanité notre adversaire.  »

      et si ce n’était pas suffisant, un petit rappel du texte publié dans le sarkophage de janvier 2008 :

      Face à l’effondrement environnemental et à la crise sociale deux dangers menacent. D’un côté, une frange des courants d’extrême-droite et de droite extrême lance actuellement une tentative de récupération tout à fait inamicale sur les milieux antiproductivistes et anticonsuméristes pour passer en contrebande leurs thèses néo-malthusiennes, eugénistes, racialistes, bref tout le bric à brac néo-fasciste habituel.

      Face à cet entrisme, nous, militants et penseurs de l’antiproductivisme ou de la décroissance, nous affirmons solennellement que nous n’avons rien à voir avec les émules d’Alain de Benoist, d’Alain Soral, du Front national, des catholiques intégristes, des « identitaires », etc.

      Nous, antiproductivistes, objecteurs de croissance, ou qui interrogeons la notion de « richesse », nous sommes les continuateurs du long mouvement d’émancipation politique et sociale. Nous proclamons qu’on ne pourra en finir avec la domination de tous sur la planète sans remettre en cause parallèlement la domination de certains sur tous les autres…

      D’un autre côté, l’urgence des crises écologiques, sociales, politiques et symboliques rend plus nécessaire que jamais que nous dépassions nos petits sectarismes idéologiques et que nous chassions tout comportement antidémocratique et chasse aux sorcières idéologiques, pour construire, ensemble, des alternatives globales à cette crise globale.

      Autant nous devons rester fermes sur la défense des grandes valeurs qui sont les nôtres autant nous devons admettre que notre diversité politique et idéologique constitue notre richesse. Personne ne peut prétendre avoir réponse à tout : l’avenir est à construire ensemble.

  24. @ Mr Leclerc

    Vous découvrez la banque mondiale, le FMI … seulement aujourd’hui ?
    Il était temps de se réveiller, nous (occidentaux) procédons comme ça depuis des plombes, seulement maintenant avec les médias ça fait desordre alors qu’absolument rien n’a changé. Votre curiosité peut-être ?

  25. « Il faut éradiquer le problème de la faim dans le monde ! »
    D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu cette même imprécation, sortant des bouches les plus responsables.

    Maintenir dans la famine un milliard d’êtres humains, ça s’appelle comment en langage politico-financier ?
    Un lapsus ?

    1. @ Dominici CB : Une variable d’ajustement

      @ La sardine : je ne suis pas sur de comprendre les méandres de votre allusion à la Russie . Ce que je sais des russes que j’adore , c’est qu’ils se portent mal y compris dans leur natalité , d’un lourd passage par une dérivation de la richesse produite vers l’effort militaire , de l’alcoolisme associé à la misère et une forme de sublime désespoir de l’âme slave .

      Que faire pour limiter les naissances ? : je crois vous avoir déjà répondu : le partage des richesses et du savoir est le meilleur outil du planning familial .

      Quand le  » bon temps  » ne se limite pas à jouir en baisant les équilibres renaissent seuls .

    2. Merci juan nessy,
      Dans ce cas, une variable d’ajustement ressemble comme une soeur au sinistre et crapuleux dommage collatéral,
      qui est le masque derrière lequel se cache le hideux faciès du crime de guerre ; étant entendu que la guerre par elle-même
      n’en est pas un, et que les affaires étant les affaires, il y faudra toujours une politique adaptée.
      A moins que ce ne soit l’inverse.

  26. sous le titre :
    Energies : baisse historique de la consommation mondiale , le figaro publie cet article

    nous résumons : il s’agit donc d’une reprise de l’économie qui ne consomme pas d’énergie et qui ne crée pas d’emploi ; c’est nouveau, ça vient de sortir ;

  27. pour régler le problème de la faim dans le monde, il faut laisser les populations de chaque pays produire localement la nourriture dont elles ont besoin pour leur auto-suffisance ;

    1. Ne pas confondre sens général et diktat !

      Condamner certains à ne consommer que ce qu’ils peuvent produire localement , c’est les condamner à mort .

      D’ailleurs ils ont trouvé la parade : ils sont ou redeviennent nomades .

  28. J’émets quelques doutes sur les hypothèses du réchauffement climatique que l’on nous sert à toutes les sauces. Il semblerait que lesdites variations de température soient liées à l’activité solaire… Mais bon, je risque de me faire lyncher en le disant trop fort.

    1. La question est toujours suspendue, bien que vous aurez remarqué que les uns ou les autres essaient surtout de crier le plus fort, ce qui, n’amène pas forcement la meilleure vérité.

    2. Supposons qu’en effet le rechauffement vienne de l’activité solaire, malgré cela on ne peut pas nier que le CO2 soit un gaz à effet de serre ainsi que le méthane. Plus on augmentera nos rejets de CO2 et méthane, plus on renforcera le réchauffement.

      Donc affirmer que le réchauffement vient de l’activité solaire doit « logiquement » nous obliger à lutter d’autant plus contre nos émissions susceptibles de renforcer ce phénomène.

  29. Si le peak-oil devait être confirmé, ou pire être confirmé comme « passé depuis 2007 ».
    Sachant que la population mondiale est apparemment toujours en phase de croissance…mal contrôlée, quelle que soit l’idéologie mondialiste qui émerge.
    Si la rareté du gazole, ajoutée à une spéculation monstrueuse, fait grimper son prix de façon aussi monstrueuse… avec quoi marcheront les tracteurs?
    On ne parle pas encore de tracteurs électriques.
    Or
    les rendements agricoles actuels dépendent des intrants et des tracteurs…
    Moins de pétrole c’est moins de pain, de soja et de tout ce qui se mange.

    Si c’est ce qu’avait compris Al Gore (quel nom prédestiné) pourquoi a-t-il employé l’argument du réchauffement anthropique pour proner la décroissance?
    Une vérité qui dérange est-ce plus « propre » ou « vendeur » en pointant la du réchauffement climatique?
    Ou bien fallait-il culpabiliser les classes moyennes du monde entier et ne pas léser les oligarques pétroliers trop tôt afin qu’ils finissent de faire des profits sur les dernières gouttes de la ressource?

    Je suis convaincu que certains décideurs connaissent la vérité sur le volume de la ressource.
    Je viens de découvrir (hier dimanche vers 21h) un nouveau forage en cours de nuit dans la craie de champagne près de Troyes.
    La nappe pétrolifère du bassin parisien est difficile d’accès (sous de nappes d’eau pure à protéger d’éventuelles fuites) et chère à exploiter; qu’importe apparemment pour les concessionnaires-investisseurs qui savent la suite des prix…

    1. Le peak-oil n’est pas la dernière goutte de pétrole.

      C’est le moment où la demande mondiale dépasse les possibilités d’exploitation à l’instant. Si vous faites baisser la demande, on repasse de l’autre côté du peak, si vous clouez tous les avions de guerre du monde au sol, vous repassez derrière le peak … celui-ci est donc relatif, et la possibilité d’extraire du pétrole va avoir un effet de longue traîne pouvant durer des siècles, si la suite de l’humanité ne trouvait pas de moyens de supplanter ce produit sur tous ses secteurs d’utilisation.

    2. Faisant une halte samedi dans une station Total, j’ai eu la surprise de voir une exposition sur les exploits pétroliers de Total :

      « Le projet Pazflor contribue à produire votre carburant pour demain. »
      Une vidéo montre que le projet a pour but d’extraire du pétrole d’un champ pétrolifère trouvé à 600 kms des côtes d’Angola et exploitable entre 600 et 1200 m de profondeur.

      Le film parle de creuser à 3 300m pour rapporter le précieux or noir. 4000 personnes impliquées par le projet qui produira en 2011 pas moins de 220 barils de pétrole brut par jour, soit l’équivalent de la consommation quotidienne des clients du Réseau TOTAL en France.

      PAZFLOR, le projet Total

      Pourquoi parler du Peak Oil ici ?

  30. quand les rats des champs rencontreront les rats des villes , la vie de chateau des chats sera compté.

    l’économie au service des besoins humains ; se nourir, se vêtir, se protéger et se cultiver…

    le capitalisme n’est que la dernière forme de l’appropriation des dominants ; le vrai sujet est : sommes nous capables de vivre sans exploiter autrui ?

    je fais partie de ceux qui pense que oui et j’ai l’égalité humaine au coeur. Et vous ?

  31. @ yves de bressy
    la suite du livre toxic, à paraitre le 18 novembre 2009 …
    http://williamreymond.com/content/toxic-food-enqu%C3%AAte-sur-les-secrets-de-la-nouvelle-malbouffe

    Il y a beaucoup de chose à dire sur l’agriculture et j’ai lu beaucoup d’inexactitude dans certains propos…
    Je ferais court ce soir et essaierai de développer dans un prochain post.

    en premier lieu sachez quec’est l’élevage et la consommation de viande qui pose problème, savez que près de la moitié de la production céréalière(il faut que je retrouve les chiffres) sert à nourrir les animaux que l’on consomme !

    je conseille la lecture sur l’agriculture naturelle de masanabu fukuoka:
    http://pascaletmarie.free.fr/spip.php?article20

    et sur la permaculture :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture

    1. Fukuoka est un passionné, et qui cherche sans relâche.

      Faire appliquer les méthodes Fukuoka à tous paysans est pour le moment assez in-envisageable. Trop de travail, trop de temps, ou alors suivant la méthode Maoïste de la révolution culturelle, cad, forcer un peu le désir d’aller foutre ses pieds dans la gadoue pour plus d’une moitié de population, ce qui est encore le cas au sud … et qu’on a oublié au nord.

      Pourtant son travail est admirable, démontre qu’il y a toujours des solutions qui ne se trouvent pas forcement dans la ligne de la mauvaise et trop rapide évolution récente.

    2. @ Galapiat

      La proportion des céréales servant à l’alimentation des animaux est 80% du maïs produit en France à grand renfort de subventions européennes – mais seulement jusqu’en 2013 – et 80% du soja importé d’Argentine et du Brésil sert à nourrir les animaux élevés en batterie.

      Tant les poules pondeuses, les poulets de batterie, les canards et les oies qui seront gavés pour fournir les foies gras de Noël, que les porcs et les vaches allaitantes, tous reçoivent des pâtées médicamenteuses comme le disent les vétérinaires puisqu’elles contiennent aussi des antibiotiques.

      Le pire, il me semble c’est que la consommation de viande par tête d’habitant continue d’augmenter.

  32. A propos d’agriculture et de fécondité , on annonçait pour novembre de cette année le résultat d’une étude européenne épidémiologique de longue haleine , visant à vérifier si oii ou non la population des agriculteurs soumis aux pesticides depuis 50 ans était atteinte d’une perte de fertilité ( analyse des spermes ) sensiblement plus notable que l’ensemble de la population masculine .

    Si j’en crois tous mes copains toubibs , c’est une quasi certitude .

    Quelqu’un a-t-il des nouvelles de cette étude ?

    1. Soumis aux pesticides sans protection sérieuse pendant 25 ans…
      Infertilité et cancers…dus à la trop fameuse « pulvé ».
      Vous savez le brouillard qui sort des immenses « ailes » en treillis de tubes au cul des tracteurs.
      J’en connais qui sont atteints à 30 ans..

    2. Désolée de ne pouvoir vous répondre à ce sujet
      Ce que je sais, c’est que l’espérance de vie d’un ouvrier agricole est nettement inférieure à la moyenne ( ne pas oublier la pénibilité du travail et ne pas confondre avec celle d’un exploitant agricole qui est sensiblement égale à celle d’un cadre ).
      D’autre part, un médecin de mon entourage m’a dit qu’il y a une augmentation inquiétante des cas de cancer de l’enfant: chercher les causes.
      Mon fils également me fait part de nombreux problèmes de stérilité dans des couples de son entourage.
      Une chose est sûre, nos enfants sont en moins bonne santé que nous et ils vivront moins longtemps.

    3. En ce qui concerne cette étude épidémiologique européenne je ne savais pas qu’elle était en cours, mais pour ce que je sais de l’infertilité masculine, une étude espagnole a démontré la perte de fertilité de 50% des jeunes espagnols de 30 ans par rapport aux années 50.
      A Montpellier, le professeur Sultan a mis à jour l’augmentation de malformations sexuelles chez les jeunes garçons et l’arrivée de règles chez les jeunes filles dès l’âge de 8 ans.
      A Bordeaux, le professeur Baldi a mis en lumière un nombre de cas de cancer du cerveau chez les viticulteurs de 20% supérieur aux chiffres établis pour les autres agriculteurs.

      Une étude européenne a comparé l’eau potable et le vin conventionnels de plusieurs pays du monde entier. 100% étaient contaminés et certains avec pas moins de 10 pesticides différents. A noter cette équivalence sidérante que le niveau de contamination est 5800 fois plus élevé que pour l’eau potable. Il n’existe pas de Limite maximale de Résidu pour le vin. Allez savoir pourquoi ?? Les lobbies là encore sont très puissants et imposent leurs lois Grenelle de l’environnement ou pas.

      Des cultures de pommiers reçoivent en moyenne entre 28 et 32 traitements par an.

      C’est vrai qu’il existe une bio à 2 vitesses, mais se fournir auprès d’un producteur sur un marché ou auprès d’une AMAP, ce n’est pas du tout la même chose que d’acheter des produits bio dans les grandes surfaces surtout lorsqu’on connait leur politique marge arrières et la manière dont ils traitent leurs fournisseurs. C’est la guerre des prix bas, mais pas pour tout le monde.

  33. pour ceux qui doutent, relire René Dumont;
    quand le paysan produit des haricots verts qui seront mangés à Paris, tandis que lui se nourrit du blé qui vient de France,
    on ne s’étonne plus de la part de ceux qui n’ont rien à manger;

  34. « Les banques vues de l’arrière-boutique.
    Arrogance, avidité, impunité, incompétence : 4 mots qui, pour l’investigateur Eric Laurent, dressent le bilan honteux des banquiers qui ont fait plonger la planète. « La face cachée des banques », un voyage au cœur de la finance. »

    http://www.bakchich.info/Les-banques-vues-de-l-arriere,09220.html

    DSK demande une hausse du yuan chinois

    http://fr.finance.yahoo.com/actualites/dsk-demande-une-hausse-du-yuan-chinois-apress-55ec3984d346.html?x=0

  35. Mauvaises dettes, par Bill Bonner

    […]

    Pendant longtemps, on a traité le non-remboursement des dettes comme un crime et non comme une simple rupture de contrat. Les gens qui ne remboursaient pas leurs créanciers à temps étaient considérés comme des voleurs ; on les mettait en prison. Au Moyen Age, les enfants d’un débiteur décédé pouvaient eux aussi être envoyés au cachot. A présent, les lois qui encadrent les faillites permettent aux individus comme aux entreprises d’entrer en cure de désintoxication. Ils peuvent ensuite arnaquer une nouvelle fois leurs créditeurs. Ni péché, ni crime, la dette n’est plus qu’un coût de fonctionnement.

    Mais peu de créditeurs sont aussi indulgents — ou négligents — que ceux qui prêtent au gouvernement. Telle est la conclusion d’un nouveau livre de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, This Time It’s Different [« Cette fois-ci c’est différent », NDLR.]. Les deux professeurs ont étudié huit siècles de « folie financière ». Nous connaissions déjà leurs conclusions : les emprunteurs sont souvent perfides, les crises sont généralement insidieuses, et les banquiers sont des benêts.

    Il y a cinq ans seulement, Ben Bernanke observait les eaux calmes de l’Ere de la Bulle, qu’il avait baptisée « Grande Modération ». Bernanke s’en attribuait tout le mérite. Cette prospérité était due à « des politiques macro-économiques améliorées », affirmait-il. Rétrospectivement, il aurait probablement dû dire que c’était de la chance et s’en tenir là. Ses politiques macro-économiques ont poussé tous les secteurs de l’économie à emprunter. Inutile de rappeler quels ont été les résultats pour Hinckley. Encombré de dettes, trop lourd, le constructeur de yachts lutte pour rester à flot.

    Mais qu’y a-t-il de neuf, se demandent Reinhart et Rogoff ? Partout et toujours, la dette engendre des problèmes. La France a fait défaut sur sa dette souveraine à huit reprises. L’Espagne en était à six fois avant 1800, puis sept après cette date.

    L’Amérique latine, comme le soulignent les auteurs, aurait été plus sûre pour les banquiers si la planche à billets n’avait jamais traversé l’Atlantique. Entre l’hyperinflation, les défauts de paiement et les débâcles bancaires — sur deux siècles — les républiques bananières ont escroqué les banques de milliards de dollars. Dans les années 80, Nicholas Brady a essayé de secourir les banquiers new-yorkais avec ses « Brady bonds », des obligations garanties par les Etats-Unis. Les lecteurs de longue date devineront ce qui s’est passé. En quelques années, sur les 17 pays ayant entrepris une restructuration de leur dette selon la méthode Brady, sept étaient plus endettés qu’auparavant. En 2003, quatre membres du gang Brady avaient une fois de plus fait défaut ; en 2008, l’Equateur avait fait défaut deux fois.

    Même des pays inexistants manquent à leurs engagements. En 1822, « General Sir » Gregor MacGregor émit les obligations d’un pays fictif qu’il appela Poyais, dont la capitale, Saint Joseph, était décrite dans le prospectus comme ayant « de vastes boulevards, des immeubles à colonnades et une splendide cathédrale avec un dôme ». Les obligations se vendaient à des rendements plus bas que ceux du Chili. Mais peu importe que le pays soit réel ou imaginaire — aucun ne paie ses dettes.

    En ce qui concerne la crise actuelle, votre correspondant n’offre pas de prédictions, simplement quelques lignes directrices. Durant un ralentissement économique ordinaire, les prix réels de l’immobilier baissent généralement de 36% sur une période de six ans. Le PIB per capita, toujours en termes réels, chute en général de 9,3%, tandis que le taux de chômage grimpe durant cinq ans, avec une augmentation « normale » d’environ sept points de pourcentage. La situation la plus proche des circonstances actuelles, qu’on appelle la « Grande Contraction », est la Grande dépression des années 30. A cette époque, le chômage en Allemagne et au Danemark dépassait les 30%. L’activité de construction diminua de 82% aux Etats-Unis. Le Chili vit ses exportations s’effondrer de 90%.

    Les recettes fiscales baissent, pendant une crise économique. Les dépenses gouvernementales enflent (surtout quand les autorités sont prêtes à faire « tout ce qu’il faudra » pour générer une reprise). Généralement, selon Reinhard et Rogoff, après un désastre financier, la dette publique augmente de 86% sur une période de trois ans. Tant la Grande-Bretagne que les Etats-Unis enregistrent désormais des déficits de plus de 10% du PIB national. Aucun des deux pays n’a de plan honorable pour réduire ses dettes. Alors restez à l’écoute. Les défauts gouvernementaux, les dévaluations monétaires et l’hyperinflation nous attendent au tournant. »

    A lire aussi:

    « Le niveau de vie des Américains va baisser »
    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20091116-2282.html

  36. Les jeux sont faits:

    http://www.reporterre.net/spip.php?article695

    Il y avait deux solutions à l’explosion de la dominance sociale. La limitation des fortunes personnelles. L’attribution d’un revenu minimum de survie. La première solution aurait résolu la quasi totalité des problèmes de l’humanité. C’est bien sûr la seconde qui sera choisie et elle le sera d’autant plus facilement que, d’une part, dans la pratique des multiples aides et allocations, elle existe déjà embryonairement, et que, d’autre part, le singe tend beaucoup mieux l’oreille à l’espoir d’une jouissance qu’à celui d’une cogitation.

    Le signal de fin de l’humanité est donc donné. Le singe n’ayant plus à guillotiner ses prédateurs, il n’aura plus qu’à gratter ses puces… RFID.

    C’est Rudolf Steiner (le fondateur de l’agriculture Bio), qui doit bien se marrer dans sa tombe.

    1. Nuance, si je peux me permettre, mais je n’arrête pas de donner des leçons à la suite de ce post sur l’invraisemblable désinvolture.

      Steiner, c’est le biodynamique, et la différence est vraiment sur le « dynamique », l’étude et l’amélioration des techniques sont d’ailleurs le soucis quotidien.

      Le Bio, c’est ce qu’on a toujours fait autrefois, sans n’avoir jamais l’idée de l’appeler bio, puisque ça s’appelait, « à manger ».

    2. Je suis sensible à la restriction mentale qui se manifeste quand  » allocation de vie  » est assimilée à  » aumône » .

      La réaction d’un homme apparemment généreux comme Betov , montre qu’il est encore difficile ( peut être l’ancestrale déformation de l’esprit que notre très longue exposition à  » l’argent » a imprimé en nous ?) de faire admettre comme un droit universel cette ressource , ce droit à vivre .

      Il va par contre de soi que cette ressource  » à la naissance » doit être un de ces droits contenus dans la formule : les hommes naissent et demeurent égaux en droit ( et en devoir ) . Il y faut donc selon moi l’onction constitutionnelle , et c’est à coup sûr un élément « sine qua non » d’une vraie constitution européenne et d’une évidence sans ambigïté telle que la redoute Betov .

      Paul Jorion pourrait nous donner son sentiment , comme codicille d’un chapitre de  » l’argent , mode d’emploi » . Qu’il m’excuse s’il a déjà donné sa réponse .

    3. @barbe-toute-bleue:

      Tu as deux fois raisons, mais ce n’est pas le sujet. Entre parenthèses, les véritables fondateurs du mouvement bio, tel qu’on le connaît, était pratiquement tous de la biodynamique…

      @juan:

      Aucun doute sur le fait que l’allocation de vie sera assimilée par les dominants sociaux comme une aumône.

      Il me semble que tu assimile mon signal de fin du monde à un désaccord avec cette initiative. C’est ça, mais ce n’est pas exactement ça. La nécessité de l’allocation de vie est une évidence. Avec l’augmentation de la productivité par la productique, nous savons tous qu’il y aura de moins en moins de travail, et qu’il faudra bien un système pour que les gens consomment ce que les robots produiront.

      La catastrophe découle du fait de mettre la charrue avant les boeufs. Il fallait d’abord museler la dominance sociale, en plafonnant les fortunes personnelles, de sorte que les dominants sociaux ne puissent plus nuire. Ensuite, et seulement ensuite, passer au salaire universel.

      Sans toucher à la dominance sociale, nous allons vers du pain et des jeux pour des dominés indifférents, pendant que les dominants pousseront inévitablement vers l’abîme, en toute quiétude. L’allocation aura, de toutes façons, des conséquences très complexes, quasi impossible à prédire. La dominance sociale, elle, a une route toute tracée: 1984.

      Je regrette de ne pas avoir eu le talent de faire passer cette idée pourtant si simple. Trop, sans doute.

    4. Dominants, ou plutôt l’écart trop grand séparant les trop riches et non seulement les pauvres, mais les classes moyennes dans leur pays respectif.

      L’écart s’est accru, et il y a une raison pour cela. On peut ramasser plus à mettre et garder à sa disposition. Et d’où vient ce plus ? De toutes les sources d’énergie parallèlement en exploitation, mains d’oeuvre comprises, bien que ces mains soient d’un moindre apport si elles ne sont pas cumulées. D’où la pauvreté des pauvres …

      Si vous avez vos dominants gardant ce contrôle au dessus de la production d’énergie ( on ne parle pas de la rigolade à pales carrées pour attraper le mistral même si il vient par derrière ) on aura bien le problème qui va persister, c’est sûr !!

      Rien n’est joué, mais je suis naïf. Je n’arriverai jamais à croire qu’une société fonctionnant sous la contrainte, puisse vraiment aller très loin dans l’innovation qui compte.
      Elle est obligée d’embrayer tôt ou tard, sur un modèle vraiment fonctionnel ( pour éviter d’avoir à employer le mot  » productif » ). Le hic est que nous sommes de notre vivant beaucoup plus concernés par le tôt que le tard. C’est con, non ?!

    5. Barbe-toute-bleue, je ne vois pas à quelle contrainte tu fais allusion, mais il est clair que parler de l’écart séparant les riches des pauvres, c’est parler de la conséquence, et non de la cause.

      Comme le dit Mélenchon, « 15.000 années de SMIC… », « les 1000 premières années, on voit bien, mais les 14.000 autres ! … Qu’est ce que vous voulez qu’ils en fassent ?! ».

      Le fait que des porcs aient plus qu’ils ne peuvent manger n’est pas le problème. Grand mal leur fasse. Le problème réel de la dominance sociale tient à ce que les dominants ont le pouvoir de décision alors que les dominés n’ont que le choix de remplir ou non la gamelle, au gré du système de propagande.

    6. La cause ? Mais c’est la conséquence de l’histoire co-évolutive qu’on observe. On en est à un certain point aujourd’hui.

      Les avantages qu’on arrive à arracher à tous les autres vus comme des concurrents, et qu’on essaie de garder pour ses plus proches, cad famille ou tribu.

      Avantages acquis ( bien ou mal acquis, tout dépend des morales des époques ) ne se cèdent, ou se partagent, qu’après un combat de toutes les et ses forces. Et si ce n’était pas les uns qui possédaient plus, ce serait les autres.

      Par l’accumulation à travers les générations, on ne parle plus de consommer, pour les plus riches, on parle d’investir et de spéculer. On parle de se retrouver avec un marché financier où des gens travaillent, réfléchissent, relèvent des challenges … mais pour aller où ?
      On récupère un pouvoir. Le pouvoir de ne prendre que des mauvaises décisions en fait partie.

      Quels sont les vrais défis à relever ? Pour la suite de l’odyssée humaine, encore les mêmes :

      -domestiquer toujours plus d’énergie ! ( pour en faire quoi, pour aller où ?? { tiens, encore un « où » ! Néanmoins pas du tout le même « Où » } )

      -d’Où, arriver à comprendre quoi en faire ! ( vu que les quantités disponibles peuvent inciter au gaspillage lorsque l’on est toujours qu’une sorte d’animal, dominant ou pas )

      -comprendre si les autres, au delà de nos proches, peuvent être utiles dans cette quête peut-être inutile ( donc, embarquons aussi les gens en apparence les plus « in-utiles » qui soit )

      L »aspect dictature de la pensée unique puisque générée qu’à partir d’un nombre restreint d’individus peu renouvelés, exprimée au travers des médias propriété privée, n’est qu’un cliché instantané.

  37. Dans le genre optimiste, je vous conseille le dernier opus n° 39 du GEAB ou i lest question, de cessation de paiement ,d’inflation, et d’augmentation des impôts.J’attend avec impatience vos éclairages sur ces concepts qui risquent de devenir des réalités.

  38. Tant que les États n’auront pas éliminés les paradis fiscaux, toute tentative sérieuse de résoudre les divers problèmes de l’humanité sera vouée à l’échec :

    http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/

    Et cela ne passera que par un meilleur contrôle des dirigeants par les citoyens, notamment au moyen de « l’Alerte éthique » seul moyen de neutraliser rapidement, et définitivement ,les dirigeants corrompus qui pillent leur pays en Afrique, comme ailleurs…

    Jean-Charles Duboc

  39. Bonjour à tous,

    Avec une INVRAISEMBLABLE DÉSINVOLTURE
    petit à petit l’oiseau fait son nid…

    Le FMI favorable à une nouvelle devise mondiale
    REUTERS | 17.11.2009 | 12:22

    Dominique Strauss-Kahn a confirmé que cette nouvelle monnaie de réserve
    pourrait être basée sur le système des droits de tirage spéciaux (DTS),
    l’unité de compte utilisée par le Fond monétaire international (FMI).

    1. Si le FMI prend le pouvoir mondial, ce sont plus de la moitié des humains qui meurent.

      Et cela m’étonnerait que cela se fasse dans une virtuelle « paix sociale ».
      Les Chinois prévoient peut-être aussi ce risque en rachetant des terres partout dans le monde.

      De quoi accélérer quelques « révoltes »…

  40. Christine Lagarde désignée « star » de la finance de l’année par le Financial Times.

    Le classement du journal britannique devrait renforcer les rumeurs sur une éventuelle promotion de la ministre française.

    Certains commentateurs politiques en France la voient en effet comme une remplaçante potentielle du Premier ministre François Fillon.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ba60d72293f31a027d0ff1663a2698c2

    Christine Lagarde premier ministre ! Christine Lagarde premier ministre ! Christine Lagarde premier ministre ! Christine Lagarde premier ministre !

    Bon d’accord, ce serait un désastre social pour le peuple français, mais au moins on rigolerait tous les jours !

    1. Oui, on est en plein sur le chemin de la « république de la bouffonnerie » :-)))
      Et dire que DSK est à 52% dans les sondages d’opinion…
      (espérons qu’ils sont truqués ces sondages sinon c’est désespérant!)

  41. En ce qui concerne les SAFER et leur droit de préemption (billet de JFF), il faut savoir que la commune, si elle le veut, est prioritaire sur la SAFER, et peut donc court circuiter les petits arrangements entre amis. La confédération paysanne de l’Ardèche a édité un petit A3 recto/verso qui indique toutes les possibilités d’acquérir de la terre par l’intermédiaire des communes, si tant est qu’elles en aient l’envie.

  42. bonjour,
    Mon mari est décédé il y a un an d’un cancer du larynx et pharynx. Premier cancer 1997 récidives en 2007 et 2008.
    Il était horticuleur mais n’utilisait que très peu de produits chimiques. Nous avons quitté notre première horticulture en 78 pour raison d’expropriation et avons recommencé une entreprise horticole et maraîchère, et ceci jusqu’à la retraite en 2001. NOus étions installés à la campagne et nous avions la naîveté de croire que nous étions plus à l’abri qu’en ville. Nous avions cultivé toute l’entreprise sans produits chimique et avions le label de culture biologique. NOus étions en Alsace, région de culture de houblon (traité pratiquement tous les jours) de tabac et le comble de maîs qui a été parfois traité par hélicoptére, et ceci près des habitations.

    Donc il est clair que même en ayant une démarche totalement respectueuse de notre environnement, nous n’avons pas pu maîtriser la pollution extérieure à notre entreprise.

    NOus avions beau avertir nos voisins agriculteurs des dangers de l’utilisation de pesticides, nous passions pour des farfelus. Je peux vous assurer que maintenant ils doivent se souvenir de ce que nous leur disions. Depuis nous avons quitté l’Alsace pour une région tout aussi polluée, la Bretagne qui détient le record de cancers C’est la région natale de mon mari.

    Je pense que le nombre de cancers ne fait qu’augmenter. Au lieu de nous user avec l’épidémie de grippe, il serait temps que nous ayions l’honnèteté de parler de pandémie de cancer. Mais il y a tant d’argent en jeu!!!!!

    Martine

    1. Merci pour votre témoignage. Le fait que de plus en plus de gens prennent conscience des problèmes causés par les pesticides, c’est un peu grâce à votre combat.

  43. Etats-Unis : des nouvelles de l’économie réelle :

    La production industrielle n’a augmenté que de 0,1 % aux Etats-Unis en octobre, soit nettement moins que prévu par les analystes, ceux de Raymond James ayant par exemple attendu une progression de 0,7 %.

    Ce ralentissement intervient après une croissance de 0,6 % en septembre, révisée après 0,7 % en estimation initiale.

    Le taux d’utilisation des capacités de production n’est remonté qu’à 70,7 % contre 70,5 % le mois précédent, et alors que Raymond James tablait sur une hausse à 71,1 %.

    Dans le secteur manufacturier proprement-dit, la production a même baissé de 0,1%, et le taux d’utilisation des capacités est resté stable à 67,6 %.

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_taux.phtml?num=02191d7c2a1935b95b7a0032c5a0df8f

    Comment ça ?

    Dans le secteur manufacturier, la production a baissé de 0,1 % ?

    Comment est-ce possible ?

    Je croyais que la reprise était là !

  44. Merci à Mireille , Martine et Tartar de leur écho .

    Je recherche mes sources , mais je crois que c’est la lecture d’un article du Monde qui m’avait fait repéré cette annonce de résultat officiel multinational .

  45. Vient de paraître

    LES AGRICULTEURS BIOLOGIQUES
    RUPTURES ET INNOVATIONS
    Denise Van Dam, Jean Nizet, Marcus Dejardin et Michel Streith
    20 x 26,5 cm – 150 pages – Educagri éditions, Collection Approches
    ISBN 978-2-84444-759-3 – 18 €

    http://www.editions.educagri.fr

    Cet ouvrage retrace le parcours d’une soixantaine d’agriculteurs biologiques. Céréaliers, maraîchers, arboriculteurs, éleveurs, ou encore vignerons, établis dans différentes régions de France et de Belgique : comment en sont-ils venus à l’agriculture biologique ? Les auteurs dégagent huit thèmes qu’ils explorent à partir des disciplines suivantes : l’économie, lorsqu’ils repèrent les manières dont les exploitants assurent la fonction d’entrepreneur ; la sociologie, quand ils s’intéressent, par exemple, aux canaux de transmission de l’expérience (la famille, le groupe des pairs) ; l’anthropologie, lorsqu’ils identifient le rôle inédit détenu par les femmes ; la psychologie, enfin, lorsqu’il est question des émotions ressenties lors de la transition vers le bio. Une première partie décrit la dynamique de rupture où le choix de passer à l’agriculture biologique implique d’abandonner des comportements antérieurs, de se différencier d’autres praticiens, avec ce que cela entraîne comme conflits, rejets, incertitudes, chocs émotionnels. La deuxième partie décrit la dynamique d’innovation qui implique la mise en place de nouvelles pratiques, individuellement et collectivement, grâce à l’expérimentation, la recherche, les échanges. L’ouvrage se termine sur des pistes pour promouvoir l’agriculture biologique en confrontant des points de vue de praticiens et
    d’experts.

    1. Merci Monsieur Jorion de cette information. Je vais me le procurer de ce pas.
      C’est bien la difficulté mais aussi l’intérêt de cette transition en culture biologique. Un révolution culturelle pour un agriculteur traditionnel. Il faut y acquérir une grande connaissance de la biologie et il faudrait des conseillers consistants pour aider dans cette tansition. Beaucoup trop abandonnent hélas, mais ceux qui réussissent atteignent le « Nirvana ». J’y vois l’avenir de l’agriculture avec la fin des paysans qui héritent de leurs parents qui ne font qu’appliquer des pratiques par habitudes et non par connaissance. Je suis éffaré des enseignements dispensés par certain établissement de formation agricole. Une honte dans certain cas. Comment aider les jeunes à évoluer avec des enseignants rivés dans leurs certitudes agrochimiques, quasi pseudo scientifiques?

    2. Merci aussi de l’info .

      Au passage je signale que paysan n’est pas équivalent à agriculteur , et que c’est en principe ce qui distigue la Confédération paysanne à la fois de la FNSEA et du lobby  » agrobio » qui commence à grossir .

      La labellisation « BIO » qui commence à devenir un dieu vivant , risque fort d’assassiner ( coût exhorbitant de l’agrément pour chaque produit ) des paysans ou de simples particuliers qui ont fait de tout temps du  » bio » sans le savoir et sans labellisation coûteuse . Ce sont d’ailleurs eux qui font mon plaisr des marchés locaux .

      Les AMA »P » risquent fort de devenir des AMA »B » , une hérésie sociale de plus .

  46. Fab

    J’essaie de résumer votre thèse (à partir de vos différents commentaires) :

    1. nous ne sommes pas préparés à la phase d’effondrement dans laquelle le capitalisme est entré pour cause de limites naturelles à la croissance.
    2. C’est une erreur de penser qu’une autre politique économique, n’importe laquelle, puisse combler le vide dangereux que provoquera l’obsolescence des dérivatifs inhérents au fonctionnement du capitalisme. L’homo consuméris, pour sa grande majorité, soudain privé de ses « drogues » favorites, sera incapable de se questionner lui-même pour redéfinir un nouveau projet de vie alors que tous les repères habituels auront disparu. Il en résultera un retour de l’humain a son animalité, celui-ci ne se préoccupant que de questions de survie.
    3. L’humain relève d’une dimension qui dépasse le social et l’économique. Il faut par conséquent dès à présent réfléchir à ce que serait une politique de l’humain

    Question1 :
    Evoquer l’humain indépendamment des questions économiques n’est-ce pas supposer que l’humain a une capacité de transformation telle de lui-même que toute réflexion sur l’économie devient secondaire ? Que l’humanité de l’homme ayant été rétablie dans ses droits — à être pleinement humaine– l’économie (l’intendance) suivra.

    Question2
    Quelle serait pour vous cette politique de l’humain ?

    1. Je vais reformuler ce que j’ai compris du questionnement de Fab. C’est ma dernière tentative, le mieux est peut-être de laisser Fab formuler lui-même 😉

      Il est inutile voire dangereux de chercher d’abord des réponses économiques et sociales à la crise car lorsque le système s’effondrera sur lui-même les humains — ou du moins la plupart d’entre eux, soudain privés des plaisirs qu’offrent la société de consommation, tels des drogués en manque, ne seront pas affectivement et intellectuellement en état de changer leur comportement :
      le vide crée par le désoeuvrement consécutif au chômage massif, à la baisse soudaine du niveau de vie, et même la pauvreté, inclinera plus à la violence qu’à la réflexion et à la solidarité active. D’où la nécessité, dès maintenant, de définir une « politique de l’humain » qui consisterait à réfléchir en priorité aux conditions selon lesquelles le plus grand nombre pourrait être en mesure d’embrayer sur tout type d’action collective visant à transformer économie et société.

      J’espère avoir été plus clair.

    2. « du moins la plupart d’entre eux, soudain privés des plaisirs qu’offrent la société de consommation, tels des drogués en manque, ne seront pas affectivement et intellectuellement en état de changer leur comportement »

      Je pense au contraire que la faculté d’adaptation des humains est extraordinaire (et j’ai de nombreux exemples historiques à l’appui, à commencer par la survie en camps de concentrations, goulags, etc). C’est une des raisons de la faible résistance à l’exploitation.

    3. Pierre-Yves D., bonsoir et merci,

      Prenons le cas de l’élevage industriel de poules ou de cochons ( http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&q=élevage%20intensif&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv# , au choix !). Supposons qu’une maladie pouvant se propager à l’homme soit due à ce type d’élevage intensif. Supposons que l’homme trouve un vaccin pour éviter la propagation de cette maladie. Pensez-vous que le vaccin soit la meilleure réponse possible ? Je n’aime pas l’expression « politique de l’humain » mais : la crise actuelle est une crise de civilisation. « Nous » n’en retenons que l’aspect économique et ne présentons que des solutions économiques. C’est la solution de facilité qui permet de traiter les symptômes du mal que l’on considère. C’est là le principal danger : masquer la crise de civilisation. L’humain se cache derrière. Je crains qu’une fois encore notre crise nous soit volée au profit d’idées, si grandes et efficaces soient elles.

      Sincèrement.

      PS : Il y a plusieurs points de votre exposé dans lesquels je ne me retrouve pas du tout. J’y reviendrai peut-être une autre fois.

  47. commençons à utiliser des toilettes sèches (TLB) au lieu de saloper l’eau potable et utilisons notre caca comme engrais (cela suffirait à 40% de l’engrais au niveau mondial …)

  48. Rivières polluées, sols dégradés, environnement et biodiversité affectés, la pression de l’opinion a fait surgir le concept de développement durable et fait évoluer la recherche. Action, réaction. Comme toujours, beaucoup sont passés d’un extrême à l’autre. D’une agriculture productiviste à d’autres agricultures aux noms divers (biologique, raisonnée, etc.) qui ont toutes leurs qualités et leurs défauts.

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