L'actualité de la crise: la mauvaise herbe, par François Leclerc

Billet invité.

LA MAUVAISE HERBE

Est-il possible de réguler le système financier ? Poser la question ainsi, c’est déjà faire un choix. Réguler ou bien réglementer ? Le premier terme s’est imposé dans le langage courant, traduisant une certaine ambiguïté à propos de la nature des mesures qui devraient être prises. Exprimant même une préférence implicite en faveur d’un mécanisme de contrôle, d’un réglage du fonctionnement de la finance. Et non pas de l’établissement d’un ensemble de règles visant à strictement l’encadrer. En effet, la régulation vise à instaurer un équilibre, la réglementation assujettit à des contraintes.

Le distinguo, il est vrai, peut apparaître superflu, car il semble que ni l’une ni l’autre ne puissent véritablement intervenir. Alors, à quoi bon ! Mais il a le mérite d’éviter de se perdre dans les arcanes d’un ouvrage sans cesse remis sur la métier parce que sans cesse défectueux, comme si sa réalisation, la régulation du système financier, était une mission impossible. Or, nous y sommes bel et bien plongés dans ce dédale et devons faire appel à chaque instant à ce fameux diable qui gère les détails, dans lesquels il contribue à nous perdre et à nous embrouiller. Un diable qui, a bien le regarder, n’est qu’une créature au service de ses maîtres de la finance. Plus on avance dans la compréhension des produits et des mécanismes complexes qu’il faudrait encadrer, plus on comprend que la tâche est illusoire. Pour reprendre une image déjà employée, plus on doit admettre que le sarcophage aura inévitablement des trous et ne remplira donc pas son office.

Deux attitudes contradictoires peuvent alors en découler. Soit accepter cette imperfection par avance, et en tirer comme conséquence qu’il faut se préparer dès maintenant à de nouvelles crises (qui sont donc dans la nature des choses), soit en venir à l’idée qu’il faut être radical, et mettre à plat un système en folie pour mieux le détruire. Rapporté au problème qui suscite actuellement beaucoup de discussions : comment gérer la question des TBTF (ces institutions que l’on ne peut pas laisser couler, car elles nous entraîneraient au fond avec elles), qu’est-ce que cela signifie ? Que la séparation entre banques de dépôts et d’investissement, aussi radicale qu’elle puisse paraître (et aussi improbable que son adoption semble pouvoir être), est une fausse piste. Car si elle semble protéger la partie saine de l’activité financière de celle qui décidément ne pourra jamais l’être, elle admet que le casino puisse rester ouvert, comme une sorte de cirque réservé au divertissement des riches, où ils entreraient à leurs risques et périls. Ce serait, si l’on suivait cette voie, faire la part du feu au lieu de l’empêcher de prendre. Un avatar de la régulation systémique qui s’inspire toujours de la même idée de base : il n’est pas possible d’empêcher les départs de feu. Pourquoi donc ? On ne sait pas.

L’actualité, toujours aussi généreuse et prodigue, offre matière à illustrer et commenter cette problématique. Que vient-on en effet d’apprendre coup sur coup ? Que le marché de l’ensemble des produits dérivés se redresse, selon la Banque des règlements internationaux qui a enregistré une croissance de 10% de celui-ci durant les six derniers mois (il représente un marché notionnel de 605 mille milliards de dollars). A l’exception toutefois des CDS, assurant plus particulièrement contre le risque de crédit, dont le volume continue de décroître. Que l’on enregistre la création nette de nouveaux hedge funds sur les grandes places financières, créés par des financiers cherchant à échapper aux mesures d’encadrement de leurs rémunérations, dont les rapports avec les banques ne sont pas de la plus grande clarté.

Ces deux phénomènes s’inscrivent dans la suite logique de l’embellie boursière dont on constate tous les jours la poursuite, ainsi que, de manière moins voyante, de la poursuite des fructueuses opérations de carry-trade menées à grande échelle (qui contribuent à affaiblir le dollar, contre lequel ni le gouvernement américain ni la Fed ne peuvent rien, car il faudrait relever les taux pour le combattre, ce qu’ils ne peuvent faire sauf à déséquilibrer les banques). Dans celles, également, qui s’opèrent sur les marchés des matières premières, énergétiques en premier lieu, ainsi que sur les marchés obligataires privés et publics. Toutes ces excellentes occasion d’exercer les talents des financiers, relatifs car il suffit de se baisser pour ramasser les profits, ne suffisent pourtant pas, ce qui explique que le marché des OTC est réactivé. D’autant que les mesures de régulation continuant de tarder, il serait dommage de ne pas en profiter et de créer par la même occasion un fait accompli. Seule absente de marque à ce nouveau festin, la titrisation. Elle reste en pénitence pour avoir trop pêché, comme s’il avait été enregistré qu’il ne faut pas, pour contredire l’adage, revenir sur les lieux du crime. Afin de garder leurs coudées franches, les financiers ont vis à vis des autorités un seul argument mais de poids : plus vite ils se referont, disent-ils, plus vite la machine économique pourra ensuite repartir, la croissance sera au rendez-vous. Mais, insistent-ils, les choses doivent se faire dans l’ordre : nous d’abord  !

Très occupés, les financiers ont d’autres fers au feu. Ils veillent à ce que la future régulation, en discussion à la fois aux Etats-Unis et en Europe, leur laisse les degrés de liberté qu’ils considèrent vitaux. Leur programme de travail est centré sur des objectifs identifiés : régulation limitée des produits dérivés et des hedge funds qui servent à les manier, persistance d’accueillants havres défiscalisés dénommés paradis fiscaux, instances de surveillance et d’intervention dans les mains de la famille (les banques centrales). Pour l’instant, ils sont principalement actifs, sans délaisser les autres, sur le front des différentes taxations auxquelles il est envisagé de les soumettre, dans le cadre de la problématique TBTF, qui leur donne bien du souci. Car la contestation vient en quelque sorte de leurs propres rangs, comme si une dissidence était apparue, qu’il faut réduire et diriger vers une voie de garage.

Le dernier montage destiné à régler politiquement le problème commence à faire parler de lui. Il ne s’inscrit pas dans le cadre détestable constitué par les différents projets de taxes, prélèvements, ou primes d’assurance, qui viennent d’émerger et ne seront en fin de compte acceptables qu’une fois leurs assiettes strictement réduites et leur taux définis à des hauteurs symboliques. Dans ce domaine il s’agit de contenir l’offensive avant de la dévier. Non, une invention assez miraculeuse est en train d’être remise au goût du jour, nouvelle expression du génie financier, qui vise à résoudre la question du renforcement des fonds propres, telle qu’elle est en cours d’étude par les plus hautes instances du FSB et de la BRI (on y retrouve les mêmes décideurs et experts). Les projets de fonds destinés à financer de nouvelles faillites et démantèlement sont du domaine curatif, nous sommes là dans le préventif.

Avez-vous déjà entendu parler des Cocos ? Ces obligations que l’on appelle en anglais contingent convertible, d’où leur petit nom, sont plus familiers sous le nom d’obligations hybrides, ce qui ne signifie pas a priori beaucoup plus pour le commun des mortels, mais a le défaut d’être négativement connoté (les choses hybrides ne sont pas pures). Rappelez-vous, les obligations hybrides sont apparues dans l’actualité quand Tim Geithner a évoqué la nécessité de « durcir » les fonds propres des banques, une pierre dans le jardin des banques européennes qui ont beaucoup utilisé cet instrument, devenu pas suffisant fiable après avoir été paré de toutes les vertus.

Les Cocos, pour reprendre cette sympathique appellation, sont des obligations d’un type particulier, inventées par la défunte Merrill Lynch, dont le fonctionnement est le suivant. Au départ ce sont des obligations, émises par des établissements financiers et souscrites par des investisseurs, mais elles peuvent être ensuite converties en actions de l’établissement émetteur. Originellement à une date prédéterminée, dans leur version modernisée à l’occasion d’un événement prédéfini. Par exemple, une dépréciation d’actifs entraînant un besoin d’augmentation des fonds propres, afin de répondre à l’exigence d’observance d’un ratio réglementaire donné ! Somme toute, il s’agit pour une banque d’emprunter sur le marché obligataire, avec l’assurance que si les choses devaient tourner mal pour elles, elles disposeraient d’une réserve de fonds propres à demeure pour colmater la brèche. Une véritable assurance, car il lui serait difficile de lever des fonds dans ces conditions, ou bien ils lui coûteraient alors bien plus cher. Les financiers sont séduits par ce avantageux mécanisme, qui présente toutefois deux défauts majeurs. Il suppose que l’ampleur de la brèche ait été correctement évaluée à l’avance, afin de dimensionner l’émission obligataire en conséquence, et que le signal d’activation du mécanisme de transformation des obligations en action soit le bon ! En d’autres termes que l’on ait prévu ce qui allait se passer ! Exactement ce qui ne vient pas de se produire dans le cadre de la crise actuelle…

Une autre nouvelle a failli passer inaperçue, qui n’est pas sans relation avec la précédente. Une importante décision des autorités européennes de Bruxelles vient en effet d’être annoncée et de suprendre. La réforme des normes comptables par l’IASB (l’organisme compétent qui les définit pour les établissements financiers du monde entier, sauf pour les Américains qui suivent les directives de leur propre organisme, le FASB) vient d’être ajournée et repoussée à l’année prochaine. Concrètement, cela signifie que l’application de la fair value (la valorisation des actifs au prix du marché) va rester en vigueur en Europe, contrairement aux Etats-Unis où sa suspension a contribué au redressement des bilans des banques sans coup férir. Et que les banques européennes ne vont pas pouvoir bénéficier pour leurs comptes de 2009 de cet allégement sur lesquelles elles comptaient. Les tenants et les aboutissants de ce report sont restés très mystérieux, alors que les Etats exerçaient depuis plusieurs mois de fortes pressions pour que cette réforme intervienne avant la fin de l’année. On dit que l’IASB, voulant affirmer son indépendance, aurait traîné des pieds et mis trop de restrictions au changement de norme, émasculant au bout du compte la réforme exigée. Quoi qu’il en soit, les dispositions comptables maintenues (jusqu’à nouvel ordre) risquent fort d’aboutir à des détériorations des ratios bancaires en matière de réglementation prudentielle, pouvant nécessiter des augmentations de fonds propres. Nous y voilà ! C’est pour cela que les Cocos et autres obligations hybrides, qui semblaient vouées à sortir par la porte de devant du tableau du Tier one, cette catégorie considérée comme « dure » des fonds propres, semblent promis à revenir par celle de derrière. Le métier de banquier n’est décidément pas de tout repos et nécessite d’être toujours sur le qui-vive.

Si nous revenons à nos prémisses, notre banale question de vocabulaire, ne doit-on pas convenir que même le terme de réglementation (en l’occurrence en matière de normes comptables et de définition des fonds propres) n’est pas en soi une panacée ? Il y a des arrangements de circonstances, dans le domaine réglementaire, qui peuvent être pires que la plus élémentaire des régulations ! Décidément, il faut détruire les racines, sinon la mauvaise herbe repoussera toujours.

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35 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: la mauvaise herbe, par François Leclerc »

  1. Le grand intérêt de ce que nous développe François Leclerc plusieurs fois par semaine, en faisant le point sur les « développements », ou plutôt les tribulations que nous subissons de la part des « corporations financières mondialisées » est de jeter une clarté, précisément, sur l’opacité casi absolue du monde financier et ses effets de travail de sape.
    L’époque du mercantilisme absolu, en principe la plus courte de l’Histoire (avec un « H » majuscule) dans le monde. Mais même étant seulement une époque mercantiliste, elle est déjà bien trop longue à l’échelle humaine. Et cette fois elle est entrée en démence (c’est aussi, hélas pour elle, le sort de Madame Thatcher). En d’autre termes, il faut (un il faut de plus) chercher à se séparer dans toute la mesure du possible de cette – chrématistique – strictement et totalitairement financière passée à l’échelle mondiale. Il existe dors et déjà des possibilités locales qui fonctionnent bien et peuvent servir de modèle, exemple venant de la Suisse (il y en a de comparables dans d’autres pays):

    http://www.easyswap.org/fr

    Aussi, comme les « têtes » financières sont fermées au dimensions publiques et semblent, partpout, s’être mis le « législateur » dans la poche, mais que la vérité n’est jamais contre la vérité, et que le vrai est sont meilleurs véhicule, il y a ce site pour ceux qui possèdent l’anglais (hélas il n’est qu’en anglais et je dois sa compréhension à des amis parfaitement anglophones et francophones), c’est le site consacré au major Clifford Hugh Douglas (1879-1952) dont les investigations et les démonstratons ont été tellement importantes que les associations bancaires britanniques ont tout fait du vivant de Douglas pour minorer et marginaliser ses mises au point. Parmis elles le grand Keynes, théoricien s’il en est, qui « classa » Douglas parmis les « économiste mineurs », et l’ « audience » de Keynes, très lié à la City, participa à la marginalisation de Douglas qui, lui, avait l’immense avantage sur le théoricien d’être un vrai praticien exercant sur le terrain de la production industrielle. Douglas a été un ingénieur directeur dans l’industrie et dans les travaux publics et ponts et chaussées en plusieurs endroits du monde. L’œuvre de Douglas est connue sous le nom de Crédit-Social, qu’on peut appeler Argent-Social, c’est pareil. Voici ce site en anglais, tous ceux qui recherchent et travaillent à une justice économique et monétaire ont pour dénominateur commun, qu’ils le sachent ou pas, le major Douglas:

    http://douglassocialcredit.com/

    Enfin, exemple de quelqu’un qui ne connaît peut-être pas le major Douglas, mais dont la réflexion est imprégnée du même principe vrai,naturel et juste:

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2666

    1. Rumbo, je me permets de rebondir sur vos écrits :

      Le titre est trompeur car le principe des banques communautaires se développe.

      (le fichier .pdf est en bas du court texte : même philosophie, mais à l’échelle de PAYS)

      Cela devient… comment dire… j’hésite entre critique et urgent. Mais les deux termes peuvent s’appliquer en même temps, pourquoi pas. Pour une fois qu’il n’y aurait pas de concurrence comme dans le dernier secteur où elle existe vraiment. Soit, : les paradis fiscaux.

  2. J’aurai pu ajouter que le projet de loi du sénateur américain Christopher Dodd propose aussi, outre-Atlantique, que les Cocos soient mis à profit.

  3. « comment gérer la question des TBTF (ces institutions que l’on ne peut pas laisser couler, car elles nous entraîneraient au fond avec elles), qu’est-ce que cela signifie ? »
    La disparition interdite des TBTF n’est qu’un avatar de TINA (There Is No Alternative, merci Margaret Tatcher). Nous ne finirions pas entraînés au fond mais bien sur d’autres rivages en réalisant l’ablation pure et simple de la Finance. Pour ses ouailles, la reconversion risque en revanche d’être problématique.

    La régulation a un arrière goût de moralisation, qui dans l’idéologie dominante a l’efficacité que l’on sait.

    Encore une fois, les chantres politico-financiers nous submergent de promesses de règles pour un nouveau jeu et occultent la seule vraie question: celle de leur utilité publique.

  4. Il faut détruire les racines…

    Les lobbies bancaires bouffent les racines tuent la végétation et incitent (moyennant avantages auX paradis des radis) ,incitent disais-je,les jardiniers parlementaires à replanter d’autres légumes ignobles!

    Nous sommes probablement les ménagères qui vont au marché et constatent que les étals sont vides ou pleins de légumes hors de prix comme au Goum au temps de l’URSS…

  5. Comme d’habitude il existe deux « façons » pour résoudre « nos » problèmes :
    1/Le cocos, la plante originaire d’Amérique tropicale.
    (Le nom botanique provient du portugais et signifierait « singe ».)
    2/http://en.wikipedia.org/wiki/Convertible_bond

  6. Quelle marge de manoeuvre pour les banques centrales, comment augmenter le taux de l’argent sans immédiatement voir s’envoler l’intérêt de la dette, ce me semble les taux bas ne sont plus dirigés par la lutte contre l’inflation mais pour éviter de faire exploser la charge de la dette et entraîner les états dans des restrictions budgétaires qui seraient contraire à l’objectif de lutter contre la crise économique…

    A l’inverse quelle aide superbe offerte aux banques de se faire une santé financière sans risque, emprunter en dollars, convertir en euros et jouer en bourse ou prêter aux états européens…. des rentabilités si extraordinaires sans risque, bien évidemment de quoi offrir des primes exhorbitantes….

    Bref les banques centrales sont dans un cul de sac, aucune solution sauf peut-être accélérer la crise et donc laisser faire pour que la chute soit plus dure ou entraîner le monde dans un chute sans fin où le plus fort sortira vainqueur, car aujourd’hui c’est dans une rupture de civilisation que nous nous trouvons…

    Passage du pouvoir entre l’atlantique et le pacifique, l’occident et l’asie, en parallèle une crise énergétique où pour permettre aux chinois d’accéder à la voiture, nous devrons sans doute laisser la notre au garage…

    De deux choses l’une où il n’y a pas de réflexion intelligente face à cette crise et la terre est sans pilote, ou une intelligence supérieure prépare notre planète à une crise suprême… peut-être le prix nobel a été décerné au seul pilote possible !!!!!

    Dans les deux cas je suis triste, mais peut-il en être autrement, je dirai que la crise actuelle est celle de la déraison humaine … elle nous concerne alors tous … tel le Titanic nous voguons …

    D’une certaine manière, la finance est devenue notre nouvelle religion, elle a ses serviteurs au dessus des autres, mais comment peut-il en être autrement, la création de richesse nous l’avons laissée aux pays émergents et au producteurs de pétrole, il nous reste la création de valeur, les banques en sont les producteurs, certains pensent sans doute que l’on peut transformer cette valeur en richesse !!!!! la transmutation moderne qui sait…

    1. Je ne peux que vous rejoindre, en ce qui concerne votre dernier paragraphe.

      Selon l’OCDE (chiffres 2006), le poids des services financiers et immobiliers dans le PIB est le suivant: UK (31%), France (32,9%), RFA (29,5%), USA (33,1%). Pour comprendre la situation de l’Espagne, dont ce même poids n’est que 21,5%, il faut savoir que l’immobilier seul pèse 12,5% du PIB, contre de 3 à 6% dans les autres pays européens.

      Ces chiffres témoignent de manière très évidente que l’industrie financière masque par son activité le déplacement de l’axe mondial du développement économique stricto sensus et tente d’y suppléer.

      Dans les pays de l’OCDE, cette même activité financière est à la source du développement des inégalités dans la distribution de la richesse, et des inégalités sociales tout court. Alors que, dans les pays émergents, c’est l’activité exportatrice qui produit les mêmes effets (masqués par une certaine résorption de la pauvreté, quand toutefois celle-ci intervient.)

  7. Les Cocos sont la n-ième invention de l’ingénierie financière pour contourner ses obligations (contraintes). Comme vous le décrivez, il s’agit d’obligations convertibles qui amalgament les conditions d’une convertible traditionnelle et celles de l’obligatoire, avec cette nuance, que l’obligation de conversion dépend d’un facteur extérieur. En fait, la structure de ce titre est équivalente à une obligation convertible assortie d’un CDS (Credit Default Swap).

    La convertible traditionnelle ne peut être convertie que si son porteur le demande et selon les conditons stipulées par l’emprunt. C’est donc le porteur qui décide et, normalement, n’entamera la conversion qui les actions représentées par la convertible sont plus rémunératrices que l’obligation elle-même. Pour l’émetteur, la convertible ressemble à une augmentation de capital ajournée dont il a défini maintenant les modalités. Il pourra ensuite « jouer » avec la cotation de ses actions et de la convertible pour inciter les porteurs à passer ou non à la conversion.

    La convertible obligatoire (mandatory convertible) est celle qui sera de toute façon remboursée sous forme d’actions si le porteur n’a procédé à la conversion antérieurement. Tout bénéfice pour l’émetteur qui ne devra rembourser aucun de ses titres à l’échéance et verra son capital croître proportionnellement.

    On peut s’étonner que ce ne soit pas cette forme-ci qu’on ait choisie, beaucoup plus logique dans les circonstances actuelles. Mais il va de soi qu’une convertible obligatoire coûte plus cher. Or la nouvelle, la Coco, par sa structure, permet de réduire ce coût (l’importance du coupon).

    Le risque nouveau de ce genre de titre, qui ne résout pas le problème de fond, comme vous le souligniez, mais l’aggrave, c’est que dès que le facteur enclencheur de la conversion automatique survient, la situation de la banque concernée sera forcément détériorée et entraînera ves le bas la cotation de tous ses titres en circulation. Elle affectera aussi la cotation des titres d’autres banques et tout le secteur risquera d’en pâtir.

    Mais il y a plus embêtant encore. Tout comme les CDS l’ont démontré, les porteurs peuvent attiser le facteur enclencheur pour soutirer des moyens de l’assureur. Dans le cas présent, les porteurs de Cocos visant la banque émettrice, pourraient peser sur le marché afin d’activer l’enclencheur et ainsi détruire la valeur de la banque qu’ils pourraient par la suite s’approprier à vil prix.

    Il faudra donc observer dans quelles mains atterriront ces nouvelles émissions de Cocos. De nouvelles crises et de belles empoignades en perspective.

    1. Moody’s a rendu public mardi dernier une étude selon laquelle les banques devront d’ici 2012 refinancer près de 7.000 milliards de dollars de dette. Dont 2.100 pour les seules banques américaines et britanniques.

      Deux interrogations en découlent: à quel coût et par quels moyens ces refinancements pourront être effectués, sachant que la titrisation n’est plus ce qu’elle était. Il est à craindre, estime l’agence de notation, que le surenchérissement de ces opérations aboutissent à une diminution du volume des crédits. Non sans conséquence sur le niveau de l’activité économique.

      Les discussions que Wall Street, selon le Financial Times, a entamé avec la Fed de New York sur l’utilisation des cocos ne sont sans doute pas étrangères à ces échéances. Tandis que la Lloyd britannique tente une première émission de ceux-ci sur les marchés, afin de se recapitaliser.

      Il y a fort à parier que nul ne résistera aux chants mélodieux et prometteurs de cette nouvelle sirène, et que le Comité de Bâle laissera faire.

  8. Bonjours François,

    Il y a un petit détail qu’il me semble ne pas avoir été compris, « La différence entre fond propres et recapitalisation ».

    Les fonds propres sont pour moi des actif indépendants des émissions des titres sur la valeur d’une socièté. C’est a dire que pour moi les fonds propres sont des réerves et non pas des actifs boursier, a savoir actions de l’entreprise.

    Hors avec c’est COCOS, si j’ais bien compris il y aura basculement de réserves, les obligations émissent contre du chash, en titres de la socièté. Hors une fois que se cash aura été transformé en actions de la socièté, recapatalisation poru une entreprise de productives, les actions risques de chuter et donc de faire perdre l’avantage de la recapitalisation et sur de remettre en défault le ratios des banques.

    Ca me semble assé louche cette histoire, il y a vraiment un truc qui me dérange mathématiquement parlant.

    Merci de bien vouloir m’aider a sortir de cette confusion, entre recapitalisation et fond propres servant a garantir les ratios.

    1. Vaste sujet !

      Les fonds propres (ou capitaux propres) d’une société peuvent être augmentés par les réserves, partie des bénéfices non distribués en dividendes aux actionnaires. Ou bien à l’occasion d’augmentations de capital, réservées ou non aux actionnaires. On les appelle aussi actifs nets, balance entre les actifs et les dettes. Il s’agit d’une valeur comptable. Ils ont par ailleurs une valorisation boursière, appelée capitalisation boursière.

      Autre chose est la définition de ce qui est considéré comme fonds propres. C’est un vaste domaine et l’un des enjeux de la future réglementation prudentielle des institutions financières.

      Nous en sommes aux accords de Bâle II, qui sont actuellement en cours de réévaluation. On parle beaucoup à ce propos du « Tier one », considéré comme le noyau dur des fonds propres, qui entre dans le calcul du ratio de solvabilité bancaire, originellement dénommé Cooke et qui porte désormais le nom de ratio Mc Donnough. Mais les fonds propres comprennent également le Tier 2 (subdivisé en « upper Tier 2 » et « lower tier 2 ») et enfin le Tier 3.

      Il s’agit d’une classification complexe. La question reste de savoir, au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux instruments financiers, ce qui entre dans chacune des subdivisions ! Puisque cela joue sur le ratio Mc Donnough et le calcul de solvabilité d’une banque donnée. Le pendant étant bien entendu la méthode de valorisation des actifs, qui peut différer suivant la nature de ceux-ci et l’évolution des normes comptables…

      Les titres hybrides, enfin, sont une famille de titres complexes, qui cumulent à la fois des caractéristiques de capitaux propres et de dettes, qui sont à la fois actions et obligations. Les Cocos en font partie, ayant comme particularité qu’une « contingence » décidée à l’avance (d’où leur nom) entraîne la transformation automatique des obligations de départ en actions.

    2. Vous semblez confondre la capitalisation boursière et le capital social. Comme pour toute société, le capital d’une banque est d’ailleurs au passif, pas à l’actif. Quand le cours d’une action monte ou descend en bourse, cela n’affecte pas le capital de la société elle-même qui ne touche pas un cent de plus ou de moins puisque les actions sont échangées entre actionnaires tiers.

    3. Exact Fujisan. Et vous deviez poursuivre en expliquant ce qu’on comprend par capitalisation boursière. C’est tout bêtement le nombre d’actions émises par la société multiplié par son cours de Bourse. Le rapport entre la capitalisation boursière et le capital social dénote si le titre affiche une prime ou non en Bourse, ce qui pour pas mal de boursicoteurs correspond à un signal d’achat ou de vente.

  9. Bonjour,

    J’ai plusieurs points.

    1 Fair value

    Je note dans votre dernier paragraphe « l’application de la fair value (la valorisation des actifs au prix du marché) ». N’y a t’il pas erreur : « fair value » différent de « market value » pour moi. Pour moi « fair value », c’est la valeur que les banques veulent bien donner, qqe pat entre « market value », « model value » et valeur comptable initiale des actifs considéré, bref elles font presque ce qu’elles veulent.

    Personnellement :

    – La FASB a modifié les règles comptables des établissement financier au 1T2009 pour passer de « market value » à « fair value » du moins pour les actifs rentrant dans la catégorie « spéculative » (sachant que tous les actifs ne peuvent être passés dans cette catégorie même si il me semble que la régulation a laissé de la fléxibilité pour que les banques puissent passer un maximum de leurs actifs dans cette catégorie et donc bénéficier de cette méthode de valorisation avantageuse.

    – L’IASB concerne je crois toutes les banques sauf celles des USA, et donc concerne aussi les banques UK, Chine, Japon … est ce bien cela ?

    – Je pensais que la fair value s’appliquait aussi pour l’IASB depuis le 2T2009 ? C’est donc la market value qui est encore en place et appliqué dans les comptes des banques IASB des 1T2009, 2T2009 et 3T2009 …. elles montrent donc une très belle résistance … toutes les banques françaises ont enregistré des bénéfices au 3T2009, dans ces conditions… chapeau.

    2. Un nouvelle règle va entrer en vigueur aux USA eu 01/01/2010 et pourrait d’après ce que j’en comprend avoir un impact important sur les tier-1 de certains établissement financiers US :

    Peut être en avez vous déjà parler mais au cas où.

    En effet, le récent rapport financier de Fannie MAe, cf extrait plus bas, nous apprends (voir autre article joint plus bas), qu’une nouvelle loi comptable affectant les établissements financiers émettant des crédits va entrer en application au 01/01/2010.

    On apprend que cela va grandement impacter ses comptes en 2010 … mais de quoi s’agit t’il ?

    Il s’agit en fait de rapatrier des prêts qui avaient été placés hors bilans dans les bilans … et cela bien entendu va affacter les tier-1 ratio à la baisse et il va donc falloir les monter et donc recapitaliser. Et peut être même des pertes jusque là gentillement ignorées devront être actées au passif. Du moins c’est ce que je comprends … Cela date de cet été mais personne n’en a fait de publicité …. tiens tiens. C’est jamais bon signe … A suivre.

    Extrait du rapport Fannie Mae :

    New accounting pronouncements or changes in existing accounting pronouncements may have a significant effect on our results of operations, our financial condition, our net worth or our business operations. We identify and discuss the expected impact on our consolidated financial statements of recently issued or proposed accounting pronouncements in “Notes to Condensed Consolidated Financial Statements—Note 2, Summary of Significant Accounting Policies.” Also see “Off-Balance Sheet Arrangements and Variable Interest Entities” for additional discussion of the significant impact on our financial statements of the recently issued accounting standards that eliminate the concept of QSPEs and change the consolidationmodel for variable interest entities. We are required to adopt these new accounting standards effective January 1, 2010.

    Un article pour aider à comprendre :

    7/8/09 – FASB has decided to eliminate the concept of qualified special purpose entities, commonly known as « Q’s. » FASB has been troubled by the existence of Q’s for some time, and last year proposed eliminating the accounting device, which allows banks and other financial companies to hold many asset-based securities off-balance sheet.
    FASB’s move may not have a dramatic impact on income statements across the entire banking sector, but it will dent Tier 1 capital levels at institutions that sold mortgage and other loans into such securities.

    These assets will now show up on the balance sheet at the start of the upcoming fiscal year — Jan. 1, 2010.

    Bien entendu le rapatriement de ces actifs ne sera probablement pas fait à la « fair value » cette fois ci mais à la « market value » de manière à ce que l’impact soit le minimum sur leur Tier-1. Voyez vous les choses comme moi sur ce point ?

    Merci pour vos réponses et vos éclaircissements.

    Bon dimanche,

    Bréhat

    1. Je ne suis pas plus un spécialiste des titres hybrides que des débats en cours au sein du FASB et de l’IASB à propos de la détermination de la valeur comptable des actifs, et ma plume tremble parfois quand j’aborde certains sujets ! Et je suis reconnaissant envers leurs auteurs chaque fois qu’un relais est pris, notamment dans ces domaines de technique financière pleins de chausses-trapes. Chercher à mettre le diable de son côté ne marche pas à tous les coups  !

      Cela dit, perdu sans doute dans mes pensées (l’avantage d’un blog est d’être remis sur le droit chemin quand on s’égare) j’ai effectivement employé à tort  fair value  pour market value. Je pourrais certes essayer de masquer ma confusion, aux deux sens du terme, en me réfugiant derrière le fait que market value est un des cas de figure de la fair value, c’est ainsi, mais ce ne serait pas honnête  !

      Pour que mon mea culpa soit complet, je me suis également trompé en annonçant un report par l’IASB de changement des normes comptables. Mais pas dans le sens que vous avez craint. Car ce qui s’est passé est bien pis et n’a pas été décidé par cet organisme constitué d’experts indépendants ! En effet, Oliver Drewes, porte parole de la commission pour les services financiers, a rendu public une décision de la commission européenne et des Etats de l’Union européenne (ils s’y sont mis à tous), qui ont tout simplement refusé d’adopter la nouvelle norme de l’IASB (répertoriée IAS 39), qui venait d’être mise au point dans les temps requis. Lui demandant de revoir sa copie, au prétexte que c’était encore pire qu’avant (cela n’améliorait pas les comptes comme la commande passée le demandait) ! On remarquera d’abord que ce porte parole était une victime toute trouvée pour annoncer cette délicate décision, personne d’important ne se précipitant visiblement pour le faire, comme à l’accoutumée à Bruxelles. Il y a toutefois une question que l’on peut se poser : celle de la mansuétude qui va régner s’agissant de la véracité des bilans des banques de cette année 2009, et de la sévérité de leur contrôle par les autorités compétentes. Rendez-vous est pris pour l’annonce des résultats annuels. L’IASB va-t-elle ensuite obtempérer et délivrer une norme réglementaire politiquement correcte ? Nous le saurons également dans quelques temps.

      Lorsque l’on approfondit ces sujets financiers un peu ardus, on entre vite dans un monde assez ahurissant, qui mérite d’être connu mais où tous les détails ont leur importance, et l’on comprend vite (à défaut de parfois saisir toute l’importance de certaines nuances et précisions), qu’il existe toujours des occasions de contourner et de s’évader des contraintes et rigueurs affichées de la réglementation. L’équivalent de la science apportée à un contribuable fortuné par un bon conseiller fiscal, qui a identifié les failles réglementaires. Rapporté à d’autres domaines en cours d’élaboration, cette fâcheuse constatation relativise par avance la portée des mesures qui seront prises dans le domaine – présenté comme décisif – de l’augmentation à venir des fonds propres des institutions financières….

      Enfin, vous avez raison d’évoquer l’échéance du 1er janvier 2010 aux Etats-Unis, à laquelle des actifs hors bilan vont devoir y être réintégrés. Mais, comme vous le soulignez, cette opération devrait se faire en application des normes comptables américaines en vigueur, devenues elles très favorables. Ses effets seront d’autant limités. Ce qui ne signifie pas, comme le rapport dont vous donnez des extraits en fait état, que des dégâts difficiles à anticiper n’en résulteront pas.

      Ce monde financier est décidément devenu trop complexe pour être efficacement réglementé, changeons-en  !

      Merci de votre intervention et bon dimanche !

  10. Le rapport de Fannie MAe est décidemment très interéssant :

    Comme vous le savez, Fannie Mae et Freddy Mac ne gèrent pas tous leurs prêts bancaires qu’ils portent en direct : ils utilisent (et rénumèrent pour cela) des Mortgages servicers. Ils récupèrent les traites, gèrent les saisies, etc, c’est en quelque sorte leur bras armé pour la quasi totalité (la totalité ?) des prêts qu’elles ont dans leurs bilans (single family loans la très très grosses partie des prêts immo)

    Voici ce que Fannie Mae en dit dans ses résultats trimestriels :

    Les principaux Mortage servicers des single family mortgage sont :

    BoA : 27 %
    Wells Fargo : 10 %
    JP Morgan : 10 %

    Les 10 plus gros detiennent 81 % des encours de ces prêts : Cela signifie donc aussi que 33 % sont tenus en partie (car il y a peut être aussi Citigroup, US bancorp, NY mellon et autres des 19 plus grandes banques) par des banques à priori plus petites, … des banques régionales (vous savez celles qui font faillites chaque semaine : encore 5 cette semaine dont une pesant 11 Milliards d’actifs … la 120 ème de l’année. Avec elle s’envole 300 Millions de fonds du TARP qui lui avaient été octroyées …. Non la crise n’est malheureusement pas terminée … et c’est encore et toujours l’argent du contribuable qui continue plus que jamais à s’envoler en poussières (rappelez vous nos gouvernants qui nous

    Un risque systémique / une défaillance sur l’une de ces banques et Fannie MAe (et donc l’état des USA puisque nationalisée) est impactée gravement.

    Or Fannie note que la santé de ces établissement c’est largement détériorée due à la crise : baisse de notation, problème de liquidités.

    Fannie s’inquiète des difficultés actuellement rencontrées par ces banques, qui pourraient très bien ne plus honorer convenablement leurs contrats de services pour faire des économies, … avec les conséquences que cela peut avoir … plus de défaillances de prêteurs sans contrôle, moins de récupération des créances non honorées car baclage des processus de saisies, ventes sur saisies.

    D’ailleurs …..vous n’allez pas rêver, c’est bel et bien reporté par Fannie MAe :

    Lorsqu’un emprunter de crédit « Fannie », à qui Fannie a sous-traité la gestion à un Mortgage servicer, ne rembourse plus deux possibilités pour le mortgage servicer :

    1, Soit Le mortgage servicer reprend à son compte propre le prêt défaillant (devient le porteur véritablement du prêt en remboursant les mensualités du prêt à Fannie en lieu et place de l’emprunter),

    2, Rembourse le prêt à Fannie et se paie sur la « bête » càd sur la maison saisie (dans ce cas cela peut être à perte pour Fannie).
    Et c’est là qu’arrive la suprise, les mortgages servicers n’honorent pas les dettes vis à vis de Fannie liés à ce processus contractuel et pour lequel Fannie pourtant les rémunère. Et les montants semblent exhorbitants et Fannie semble se préparer à mettre une croix dessus …. car les organismes assurant ce risque de défaut des mortages servicers sont eux aussi en piteux états (ils ont déjà pas mal reçu de coup de boutoir dans cette crise), leurs notations ont baissées et personne ne sait si ils pourront honorer eux aussi leurs obligations.

    LE ton du texte est d’ailleurs étonnement résigné et désabusé en plus d’être simplement factuel.

    Fannie n’y va d’ailleurs pas par quatre chemins, elle parle clairement de Fraude des mortgages servicers (elle donne en exemple ce qui s’est passé avec IndyMAc qui a fait faillité en juillet 2008 et comment elle s’est faite flouée).

    Là encore, c’est contribuable qui va être mis à contribution puisque Fannie a été nationalisée.

    C’est tout simplement révoltant de voir le contribuable se faire spollier de la sorte :
    Les grandes banques ne remplissent pas leurs obligations de mortgages servicers et ne remboursent pas toutes les sommes dues à Fannie, se les gardant pour elles puisque c’est de toute façon l’état qui paie.
    Certains emprunteurs ne remboursent plus leur prêts car ils savent qu’ils ont peu de chance dans le contexte actuel d’être saisis et ne voient pas pourquoi eux aussi ils ne profiteraient pas du système comme ces bandits de WS,
    Est ce le fait que Fannie soit nationalisée qui puisse expliquer que cela semble partir à volo comme cela ? L’état étant toujours moins efficace que le secteur privé (cela doit être encore pire aux USA car eux n’ont pas d’hommes d’état pour diriger ce genre d’établissement puisque cela n’est pas culturel chez eux) ?

    N’y a t’il pas de juridiction qui puisse prendre en charge ce qui ressemble fort à des infractions au droit du commerce ?

    Quelle est la complicité coupable du gouvernement US de laisser une situation si injuste perdurer ?

    Le peuple US ne laissera pas des années ce genre de comportement outrancier et frauduleux perdurer. C’est là encore la marque des grands hivers de Kondratief.

    Il semble que nombre de banques vivent au dessus de leurs moyens aux US et se comportent comme des bandits en ayant la bénédiction et même l’appui du gvt : n’honore pas ces dettes vs Fannie et probablement Freddie, truquage de comptes organisés par changement des règles comptables, distributions de bonus gigantesques et spéculation avec l’argent reçu des contribuables.

    Qu’en pensez vous ?

    Merci encore de nous rendre si clair toutes ses décisions, modifications, implications que les financiers rendent si compliqué, à dessein

    Cdlt,

    Bréhat.

    Ci dessous l’extrait du rapport trimestriel de Fannie auquel je fais référénce.

    Our business with our mortgage servicers is concentrated. Our ten largest single-family mortgage servicers, including their affiliates, serviced 81% of our single-family mortgage credit book of business as of both September 30, 2009 and December 31, 2008. Our largest mortgage servicer is Bank of America Corporation, which, together with its affiliates, serviced approximately 27% of our single-family mortgage credit book of business as of both September 30, 2009 and December 31, 2008. In addition, we had two other mortgage servicers, Wells Fargo and JP Morgan, that, with their affiliates, each serviced over 10% of our single-family mortgage credit book of business as of September 30, 2009. Wells Fargo and PNC, with their affiliates, each serviced over 10% of our multifamily mortgage credit book of business as of September 30, 2009. Because we delegate the servicing of our mortgage loans to mortgage servicers and do not have our own servicing function, the loss of business from a significant mortgage servicer counterparty could pose significant risks to our ability to conduct our business effectively.

    Due to the current challenging market conditions, the financial condition and performance of many of our mortgage servicers has deteriorated, with several experiencing ratings downgrades and liquidity constraints. To date, our primary mortgage servicer counterparties generally have continued to meet their obligations to us; however, the financial difficulties that several of our mortgage servicers are experiencing, coupled with growth in the number of delinquent loans on their books of business, may negatively affect the ability of these counterparties to continue to meet their obligations to us. We are also relying on our mortgage servicers to play a significant role in the implementation of our homeownership assistance programs, and the broad scope of some of these programs, as well as current challenging market conditions, may limit their capacity to support these programs.

    Our mortgage servicers are obligated to repurchase loans or foreclosed properties, or reimburse us for losses if the foreclosed property has been sold, if it is determined that the mortgage loan did not meet our requirements or if mortgage insurers rescind coverage. Beginning in 2008, there has been a substantial increase in the amount of repurchase and reimbursement requests that we have made to our mortgage servicers, a significant number of which remain outstanding, which has continued to increase significantly in the first nine months of 2009. The amount of our outstanding repurchase and reimbursement requests is increasing primarily due to (1) increases in the number of our delinquent and defaulted mortgage loans, which has resulted in a corresponding increase in the number of these mortgage loans that we review for compliance with our requirements, and (2) significant increases in the number of mortgage loans for which mortgage insurance coverage has been rescinded.

    Due to the current housing and economic environment and the adverse impact on our servicers, we may be unable to recover on outstanding loan repurchase and reimbursement obligations resulting from breaches of seller representations and warranties. We expect the amount of our outstanding repurchase and reimbursement requests to remain high in 2009 and into 2010. We continue to work with our mortgage servicers to fulfill these outstanding repurchase and reimbursement requests; however, as the volume of servicer repurchases and reimbursements increases, the risk increases that affected servicers will not be able to meet the terms of their repurchase and reimbursement obligations, or will dispute our requests for loan repurchases or reimbursements potentially over a protracted period of time. If a significant servicer counterparty, or a number of servicer counterparties, fail to fulfill their repurchase and reimbursement obligations to us, it could result in a substantial increase in our credit losses and have a material adverse effect on our results of operations and financial condition.

    We likely would incur costs and potential increases in servicing fees and could also face operational risks if we decide to replace a mortgage servicer due to its default, our assessment of its financial condition or for other reasons. If a significant mortgage servicer counterparty fails, and its mortgage servicing obligations are not transferred to a company with the ability and intent to fulfill all of these obligations, we could incur penalties for late payment of taxes and insurance on the properties that secure the mortgage loans serviced by that mortgage servicer. We could also be required to absorb losses on defaulted loans that a failed servicer is obligated to repurchase from us if we determine there was an underwriting or eligibility breach. For example, in 2008, IndyMac Bank, F.S.B., one of our single-family mortgage servicers, was closed by the Office of Thrift Supervision, and the FDIC became its conservator. In March 2009, in connection with the FDIC’s sale of the IndyMac servicing rights related to our servicing portfolio to another mortgage servicer, we reached a settlement with the FDIC. In exchange for a payment, we agreed to waive enforcement against the FDIC and the buyer of certain of our repurchase and indemnity rights. The payment we received in the settlement with the FDIC was significantly less than the amount for which we filed a claim in the IndyMac Bank receivership for existing and projected future losses related to repurchases.

    We also are exposed to the risk that a mortgage servicer or another party involved in a mortgage loan transaction will engage in mortgage fraud by misrepresenting the facts about the loan. We have experienced financial losses in the past and may experience significant financial losses and reputational damage in the future as a result of mortgage fraud

    1. à moins que fanny est titrisé depuis une grosse partie des encours de single family mortgage…auquel cas la patate chaude à été transférée à quelqu’un d’autre …. le quelqu’un d’autre ayant acheté des CDS auprès d’un tiers pour se garantir ..etc etc

  11. Merci pour le réponse,

    C’est clir que plus personne n’y comprends rien et que si cela continue cela risque de devenir la confusion la plus total. Jusqu’au momment ou tout va vraiment leur péter a la geuelle et malheureusement a la notre aussi.

    M’enfin je me disait bien que la plus grosse arnaque est là, plus personne n’y comprends rien et du coup il n’y a pas résolution du problème possible. Car une bonne résolution passe avant tout par une bonne compréhension du problème. Hors la avec leur ratios qui aux depart sont simple il ont su en faire quelques choses d’incompréhensible.

    Le prochaine crise et ont se sort de celle là, sera d’une force terrible ………..

  12. La doxa est l’ensemble – plus ou moins homogène – d’opinions (confuses ou non), de préjugés populaires ou singuliers, de présuppositions généralement admises et évaluées positivement ou négativement, sur lesquelles se fonde toute forme de communication, sauf par principe celles qui tentent précisément à s’en éloigner telles que les communications scientifiques et tout particulièrement le langage mathématique. L’étude des phénomènes doxiques se situe donc au point de contact de la sémiologie, des études du discours, de la sociologie et de l’épistémologie.

    Sur de nombreux websites doxiques [ Agoravox, Alternatives Economiques, Eco89, LeFigaro, LeMonde.fr, LesEchos, Libe, Slate] il y a

    toujours des journalistes et des petits malins pour souhaiter, soit par calcul vicieux de vorace ou égoiste soit encore par cynisme délétère, à

    jouer, de façon perverse, avec les dynamiques salopardes de l’inflation.
    Rappel 1 : A la sortie de la Première Guerre Mondiale

    Hyper inflation Allemande: 1918 – 1924   1 US$ valait 4 marks
    (mi-novembre 1923 : 1 franc français = 18 milliards de marks allemands). Alors qu’un mark-or valait 46 marks-papier en janvier 1922 il en vaut

    84 000 en juillet 1923, 24 millions en septembre, 6 milliards en octobre et 1 000 milliards à la fin de l’année 1923. Les valeurs inscrites sur les

    billets sont modifiées plusieurs fois par jour en fonction des cours ainsi que les étiquettes des marchandises. Les ouvriers rémunérés à la

    journée, vont au travail avec des valises afin de pouvoir emporter la masse de billets nécessaires au règlement de leur paie.

    http://www.nithart.com/inflalle
    Wikipedia. Vous sautez Asie, Europe, Italie et vous arrivez sur Allemagne : http://fr.wikipedia.org/wiki/1923
    Sur le web ministère des finances
    comite-histoire.minefi.gouv.fr/…/l_8217_inflation-en-allemagne

    Rappel 2 : Au cours de la Seconde Guerre Mondiale
    Les belligérants fabriquaient de la Fausse monnaie.
    Les nazis confectionnaient de fausses livres sterling pour provoquer une inflation en Grande-Bretagne et ainsi affaiblir l’économie de

    ce pays.

    Vers la fin de la guerre, les nazis cachèrent une part de ces fausses livres britanniques au centre de l’Autriche, à 103 mètres de profondeur

    dans le petit lac Toplitzsee.

    Au fond du Toplitzsee se seraient trouvées, selon des témoins, les listes de comptes en banque déposés en Suisses par les nazis,
    qui les avaient approvisionnés grâce à de l’argent juif et des documents sur des prisonniers dans des camps de concentration.
    Alors que les Alliés se trouvaient déjà aux portes de Berlin, l’Office de sécurité du IIIe Reich aurait ordonné de couler à fond à un endroit sûr

    ces documents compromettants.

    Après la fin de la guerre, ces livres, retrouvées au cours de plusieurs recherches sous-marines, ont été brûlées par les autorités autrichiennes

    sous contrôle britannique.
    Plusieurs recherches sous-marines avaient prouvé que les autorités hitlériennes avaient utilisé le pittoresque lac de montagne pour y déposer

    des documents encombrants – dont de la fausse monnaie britannique, et surtout des lingots d’or.
    Les nazis auraient choisis le Toplitzsee en raison de sa profondeur impressionnante de 103 mètres

    En 1959: Le magazine allemand Stern organise la première recherche sous-marine officielle, qui ramène à la surface des milliers de

    fausses livres britanniques.
    En 1963: Le Ministère autrichien de l’intérieur lance la deuxième recherche et trouve du matériel de guerre et des armes des nazis.

    En 1986: L’océanaute allemand Hans Fricke plonge avec un mini-sous-marin au fond du Toplitzsee et ramène du matériel de guerre et

    des fausses livres britanniques.
    Il découvre à cette occasion un vers aquatique qui vit sans oxygène.

    Des propos couraient : le petit lac du Toplitzsee, au centre de l’Autriche, n’a pas lâché tous ses mystères.
    En l’an 2000 une nouvelle investigation fut lancée [cf. article de Catherine Prévert dans lematin.ch (ref.

    2000-06-1063/chasse-au-tresor-nazi-autriche) ]
    Les commanditaires de l’opération espéraient surtout obtenir la liste des Juifs auxquels l’argent déposé a été volé.
    En 2000, des experts américains de l’entreprise Oceaneering, ceux qui avaient réussi à retrouver l’épave du «Titanic»,
    s’attaquèrent aux secrets du Toplitzsee avec la technique la plus moderne
    – dont un mini-sous-marin, un robot-plongeur et des sondes spéciales. En février 2000, l’opération fut préparée avec des robots prenant des

    clichés vidéo du fond du lac.
    L’opération dura 4 à 5 semaines. Elle fut financée par (1) la station de télévision américaine CBS, qui en sortit un documentaire, et (2) le Centre

    Simon Wiesenthal de Los Angeles.
    Il semble prouvé que les documents bancaires n’ont jamais été caché dans ce lac.

    L’Allemagne hitlérienne a entretenu au bord du Toplitzsee un lieu d’expériences militaires secret
    où ont été testées des armes, dont les nazis espéraient des miracles pour leur guerre, notamment des mines et des fusées.

  13. Les autorités américaines ont annoncé vendredi 13 novembre la fermeture de deux banques floridiennes et d’une banque californienne, portant à 123 le nombre de faillites d’établissements bancaires cette année aux Etats-Unis.

    Selon l’Agence fédérale de garantie des dépôts bancaires (FDIC), Orion Bank, basée à Naples, en Floride, avait 2,7 milliards de dollars d’actifs et 2,1 milliards de dollars en dépôt.

    La FDIC estime que les faillites bancaires vont lui coûter au total une centaine de milliards de dollars sur la période 2009-2013.

    http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-11-14/trois-nouvelles-banques-font-faillite-aux-etats-unis/916/0/395079

    1. Afin de faire face à ses besoins de financement, la FDIC vient de décider de réclamer aux banques le pré-paiement de leurs cotisations (son mode de financement) des trois prochaines années. Cela pourrait représenter 45 milliards de dollars. Elle a précisé que les banques pourraient néanmoins inscrire dans leurs comptabilité cette dépense suivant l’échéancier trimestriel prévisionnel de celles-ci ! On en est aux bouts de ficelle.

  14. pourquoi ne pas accepter l’idée que la finance s’est développée à ce point en occident uniquement parce que les multinationales et les gouvernements ont eu intérêt à ces développements….on ne peut pas fusionner des entreprises, réaliser des méga deal, sans finance sophistiquée….l’enjeu n’est donc pas la règlementation des banques (vous vous perdrez dans le maquis de la sophistication ), mais changer le modèle de fonctionnement de nos sociétés, c’est à dire votre modèle, mon modèle de vie au quotidien … êtes vous prêt ?

  15. Cela fait un moment que la crise Financière puis économique sous-jacente se précise finalement en une crise sociètale, je veux dire par là que l’on à devant nous un grand sac de toile ou l’on entasse pelle mêle: crise financière, économique, de ressource, climatique etc… N’est ce pas plutôt une crise tout simplement de modèle de civilisation ne quittons nous pas le modèle capitaliste/libéraliste/industrie pour rejoindre celui du virtualisme planétaire (tout, tout de suite partout dans le monde en moins de 5 min) grâce notamment au progrès de l’informatique et des réseaux de communication.

    Vous pouvez décentraliser votre usine ou vous voulez, y compris vos services administratif alors que reste-il dans le pays d’origine ? quelques bureau locaux très peux en regard de l’activité réelle, et cela est valable pour tout type de travail y compris l’agriculture. Le travail restant n’étant plus liés qu’a la construction immobilière, et tout ce qui entour l’urbanisme (y compris les services d’entretiens), alors comment s’étonner que cela représente autant de notre PIB?

    Bref que faut il penser de cette évolution ?

    Personnellement un nouveau modèle va émerger de tout ceci, reste à voir si l’accouchement se fera en douceur ou dans la douleur.

  16. Je constate qu’avec « la finance », on se trouve très vite perdu et en train de compter les arbres alors que l’on perd de vue la forêt. Alors, simplifions au maximum !
    En effet, à la base, presque toutes les banques sont en faillite, puisqu’elles prêtent plus d’argent qu’elles en ont en dépôt. En cas de problème de liquidités, les banques peuvent demander de l’aide à d’autres banques, institutions ou assurances pour résoudre les problèmes de liquidités temporaires.
    Seulement, actuellement, certaines banques peuvent faire appel directement à la banque centrale qui a une capacité illimitée de création monétaire. Donc, en fin de compte, la banque centrale peut décider de quelle banque elle va sauver et de quelle banque elle va laisser partir en faillite ou être absorbée par une autre… Ce qui est finalement important, c’est de connaître les raisons pour lesquelles les dirigeants des banques centrales (publiques et privés) laissent partir certaines (petites) banques en faillite tout en consolidant d’autres grandes banques… Selon moi, il faut prendre en compte de qui sont les véritables propriétaires des petites banques et de l’influence (le pouvoir politique, stratégique…) qu’ils ont…

  17. à le forêt : A mon avis les saisies des « petites banques » servent, entre autres, d’exemples pour tenter de calmer les grosses sur le mode : soyez discret car on peut…La discrétion est des plus souhaitable pour éviter le cauchemar absolu qui hante nos « responsables » c’est à dire le « bank run » ou panique des déposants.

  18. François Leclerc dit :
    14 novembre 2009 à 17:27

    «  »Au Brésil, un très honorable sénateur du Parti des Travailleurs, la formation de Lula, défend depuis toujours la « renda basica de cidadania » (le revenu de base de citoyenneté), il s’agit d’Eduardo Suplicy » »

    Oui merci, j’étais au courant de ces options normalement en train de se réaliser au Brésil. Ce sont des avancées très interessantes. Il y manque encore l’organigramme de Douglas, ce qui faciliterait grandement les choses. Bien sûr c’est dans le pays lui-même que doit s’élaborer un revenu durable par personne et se consolidant. Ensuite, par effet synergique, dans le plus possible d’endroits et de pays du monde selon les spécificités de tous les pays en train de renaître.

    Mais, franchement, quand on pense à la spoliation titanesque que représentes la paiements des intérêts sur les « dettes » toutes natures et à la quasi paralysie-gabegie que représente le gouffre fiscal, et je ne parle pas de la maintenance en vie des banques et leurs actionnaires par des injections de banques centrales, nous avons là dans ces exemples une vraie chimère organisée par nos « génies » financiers sortis des grandes écoles et dont le sytème échoue sous nos yeux et à nos frais. Ce serait beaucoup plus sérieux, raisonnable et rapidement fécond de pouvoir transformer en dividendes ces ponctions réunies, gigantesque et parfaitement stérile on le constate, car l’argent de ces dividendes ferait affluer les commandes vers l’industrie et l’agiculture, ce qui serait autrement plus fécond que de payer le fisc qui paie les déjà plus riches qui prêtent à l’État lequel leurs versent des rentes, etc. Voilà à quoi sert la loi fiscale inique. À pleurer. Il faut relire l’article de Steve Waldmann sur le site Contreindo dont j’ai mis le LIEN plus haut.

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