L'actualité de la crise: Allez, encore un énorme effort à accomplir !, par François Leclerc

Billet invité.

ALLEZ, ENCORE UN ENORME EFFORT A ACCOMPLIR !

Les responsables politiques continuent de tourner autour du pot de la taxation des transactions financières, tandis que les financiers, ou ceux qui en sont les plus proches, freinent des quatre fers. Mais comme rien ne se passe à l’arrivée, ce sont donc les seconds qui pour l’instant mènent encore la partie. Pour combien de temps ? Gordon Brown, le premier ministre britannique, s’invitant par surprise au G20 finances de St Andrews en Ecosse, vient à son tour d’admettre qu’une telle taxe pourrait être envisagée, à condition qu’elle soit appliquée au plan international. Elle devrait, selon lui, être « juste, mesurée, et permettre au système financier d’apporter sa nécessaire contribution à la future croissance économique ». Dans le cadre d’un « meilleur contrat social et économique qui reflète la responsabilité mondiale des institutions financières envers la société ». Il a ajouté : « Je ne sous-estime en rien les problèmes pratiques et techniques énormes et difficiles qu’il faudra surmonter, mais je ne pense pas que ces difficultés devraient nous empêcher de réfléchir d’urgence à ces questions ». Concluant ainsi : « Il n’est pas acceptable qu’un petit nombre récolte les bénéfices des réussites de ce secteur, et que son échec soit supporté par l’ensemble d’entre nous ». Dans les couloirs de la réunion, on apprenait que, dans l’esprit du premier ministre, toutes les transactions ainsi que les bénéfices des banques devraient être concernés par ce prélèvement, qui pourrait être d’un niveau modique, de l’ordre de 0,005 pour cent.

Les Britanniques activent une politique qui repose, d’un côté, sur la défense pied à pied des intérêts de la City (et partant de l’économie britannique, telle qu’ils en conçoivent l’avenir), s’opposant à ce qu’ils considèrent être de trop strictes mesures de régulation européennes, et de l’autre, sans doute effrayés par l’abîme financier qui est sous leurs pieds, sur une éventuelle taxation, qu’ils chiffrent cependant a minima. Ils font aussi de la politique à l’intention de leurs électeurs. Lord Turner, régulateur en chef du FSA a ouvert le bal, Mervyn King, président de la BoE l’a suivi, Gordon Brown est désormais également sur la piste.

Jean-Claude Trichet, président de la BCE, s’est précipité sur les micros au sortir de la réunion de St Andrews, pour affirmer que la question n’avait pas été évoquée durant celle-ci, une manière de faire peu de cas de cette éventualité. De fait, le sujet n’est pas évoqué dans le communiqué final. Quant à Tim Geithner, interrogé après la réunion, il a totalement écarté cette perspective. Christine Lagarde, la ministre Française, a estimé l’idée bonne et qu’elle « devait faire son chemin », une formulation prudente masquant un virage pris sur les chapeaux de roue. La British Bankers’ Association (BBA) a pour sa part publié un communiqué moins abrupt, sans doute plus en phase avec la situation réelle, selon lequel les changements de régulation devraient faire l’objet d’un « chiffrage approprié » et d’un calendrier « clairement mis au point ». Une manière alambiquée de laisser ouverte la porte que Jean-Claude Trichet refermait en la claquant. C’est avec la même prudence que Josef Ackerman, le président de la Deutsche Bank, abordait il y a quelques jours la question, envisageant le financement par les banques, mais aussi par les gouvernements, d’un fonds destiné au sauvetage futur de banques en péril.

C’est encore une fois du côté des Britanniques – les Allemands qui avaient initié le sujet n’étant plus en pointe en raison de leur changement de gouvernement et de ministre des finances – que l’on trouvait une autre déclaration incisive. Celle d’Andy Haldane, directeur de la stabilité financière de la Banque d’Angleterre (BoE), qui a publié en ouverture du G20 finances un papier dans lequel il estime qu’« un effort de réforme aussi radical que celui qui a suivi la grande dépression » devait être engagé. Il considère en effet que plus les gouvernements s’engagent dans le sauvetage des banques, plus ils incitent celles-ci à recommencer, et qu’un cercle vicieux est ainsi constitué qu’il faut rompre.

On entend un tout autre son de cloche du côté des Français, les champions de l’omerta, à écouter François Fillon, premier ministre, qui vient de déclarer de manière assurée que le gouvernement français allait obliger les banques à se recapitaliser (négligeant de signaler qu’il s’agit en réalité de décisions internationales). Bottant en touche à propos de toute taxation : « J’ai entendu dire récemment qu’il fallait faire payer aux banques l’assurance que l’Etat leur procure en cas de crise, en les préservant de la faillite. Je préfère d’abord que l’on impose aux banques de se doter de fonds propres qui leur permettent de faire face à elles seules aux risques qu’elles prennent », alors que les deux mesures sont, comme l’a expliqué Gordon Brown, tout à fait complémentaires. Et que, s’agissant des banques européennes, dont les françaises, la question reste pendante de savoir quelle est la définition qui sera finalement retenue des « fonds propres » pour le calcul de leur ratio, sachant leur faiblesse en la matière, que le premier ministre ignore superbement en espérant que ce petit détail, très décisif en la matière, ne sera plus mentionné avec le temps.

Comme à chaque fois que les gouvernements ne savent pas quoi faire, ce qui arrive assez souvent ces derniers temps, ils font appel au FMI. A l’occasion de ce dernier G20 finance, pour que celui-ci contribue à la « surveillance mutuelle » de leurs politiques économiques dans le but de les coordonner, ce qui signifie en clair qu’ils ne sont pas d’accord sur la politique à mener. A propos d’une éventuelle taxation des transactions financières, ils avaient déjà donné mandat au même FMI pour réfléchir à ce propos, ce qui a donné ensuite lieu à quelques légères discordances en son sein. Dominique Strauss-Kahn avait déclaré à l’occasion de la réunion annuelle du FMI d’Istanbul, début octobre: « Je ne pense pas que l’idée très simpliste d’une taxe financière sur les transactions puisse fonctionner. Pour beaucoup de raisons techniques, je pense qu’elle est très difficile à appliquer ». Tout en reconnaissant qu’il était « juste » que le secteur financier contribue sous la forme d’une assurance à couvrir les risques qu’il crée, mais sans élaborer plus avant. John Lipsky, le numéro deux du FMI, à la même tribune, déclarait quant à lui le lendemain qu’ « il est largement accepté qu’un fond d’assurance soir alimenté par une taxe sur le système bancaire ».

La discussion était donc engagée… Elle vient de rebondir. Dominique Strauss Kahn, également présent à St Andrews, maintenant ses objections à propos d’une taxe sur les transactions, mais proposant une « taxe FMI », qui serait à l’étude. Avec pour objectif « de faire diminuer la prise de risque dans le secteur financier, pousser les agents financiers à prendre moins de risques parce que ça leur coûtera plus cher, et en même temps constituer une sorte de fonds de réserve qui pourrait servir en cas de crise ». « Dans les pays où il y aura beaucoup de régulation financière, il y aura moins besoin de constituer une prime, parce qu’il y aura moins de risque, et dans ceux où il y a moins de régulation, comme les Etats-Unis, il faudra payer une plus grande prime », a-t-il expliqué.

Nous en saurons plus au prochain sommet des chefs d’Etat, en juin prochain au Canada, nous a-t-il été promis ! Il est toutefois significatif, en dépit de la poursuite sans fin de ce feuilleton, au sein duquel les protagonistes ne sont jamais d’accord tout en publiant au terme de chaque épisode des communiqués communs, que ce thème de la taxation rejaillisse en permanence et fasse l’objet de déclarations, même si elles n’aboutissent pas. Cette situation est à mettre en parallèle avec les discussions, au sein même de l’administration Obama et parmi les membres du Congrès, sur la meilleure manière de financer un fonds de sauvetage des banques, tout le monde s’accordant à considérer que les banques devraient d’une manière ou d’une autre payer. Mais la manière, en réalité, important beaucoup en la circonstance ! C’est un peu la même chose avec la taxe sur les transactions financières, pour les nouveaux convertis : ils en acceptent le principe plus ou moins du bout des lèvres, mais c’est pour tout de suite afficher un taux de prélèvement ridiculement bas. A moins qu’ils ne bâtissent ce que l’on subodore être de magnifiques futures usines à gaz. On ne peut cependant s’empêcher de penser que la question mûrit dans des cercles où on ne s’y attendait pas nécessairement. Exprimant un réel désarroi, à défaut d’aboutir à des mesures que l’on continue d’attendre. Pour qui le temps va-t-il jouer, pour ceux qui posent des questions ou pour ceux qui les éludent ?

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27 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: Allez, encore un énorme effort à accomplir !, par François Leclerc »

  1. Merci encore de révéler tout haut ce que chacun pense tout bas.

    Nos politiques auraient-ils peur d’un éventuel abîme…???

  2. Le « raccrochage » à toutes les branches passe aussi dans la presse officielle :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/07/aux-etats-unis-le-chomage-a-atteint-son-plus-haut-niveau-depuis-vingt-six-ans_1264145_3234.html#ens_id=863164
    « Une statistique laisse cependant entrevoir un éventuel renversement rapide de tendance : les emplois temporaires ont connu, pour la première fois depuis vingt mois, un bilan légèrement positif (+ 34 000 emplois). »

    Si vous êtes salarié ou employeur, je ne vous apprendrai rien en vous disant que lorsque l’on ne sait pas où on va, on choisit des solutions onéreuses, certes, mais qui permettent de changer la donne très rapidement.

    Saint Père-enne, priez pour eux.

  3. Que vont faire ces pauvres politiques devant les trous énormes à combler encore ?
    Fannie Mae aurait besoin de 200 G$ d’urgence, et son compère Freddy Marc, combien lui faudra-t-il bientôt ?

    Peut-on comprendre quelque chose à la « nouvelle économie » (comme on disait la nouvelle cuisine) quand on lit ceci venant de l’AFP (http://www.lepoint.fr/bourse/2009-11-06/l-euro-reste-en-baisse-face-au-dollar-apres-le-chomage-americain/2037/0/393079) :

    « L’euro a reculé face au dollar vendredi, sous pression après la publication de chiffres du chômage américain plus mauvais qu’attendus, et dans l’attente de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 en Ecosse. […] Les cambistes trouvaient refuge auprès du dollar et du yen, considérés comme des valeurs sûres, après la publication d’un taux de chômage américain plus important que prévu. L’euro a chuté jusqu’à 1,4814 dollar dans les minutes suivant la parution du rapport. »

    N’est-ce pas le contraire d’une logique économique : « plus de chômage » implique une crise plus importante et une monnaie plus fragile ? Sinon cela veut dire que s’il y a sortie de crise (moins de chômage) alors le dollar va baisser et l’euro crever les plafonds ?

    Qui raconte n’importe quoi ? L’AFP ???

    1. L’AFP ne dit pas n’importe quoi mais ne dit pas tout…
      Les cambistes sont surtout intéressés par le cours terme. Le chômage US augmente donc les entreprises US vont pouvoir gagner des sous sur le dos des pauvres travailleurs qui vont se la coincer et ne pas être regardants sur leurs salaires…C’est bon pour le dollar, à court terme du moins.
      Pour comprendre ces aberrations apparentes des cours de la bourse et des taux de change dites-vous bien que la bourse n’est pas là pour financer les entreprises et développer l’économie mais pour enrichir les spéculateurs! Partant de ce postulat la logique économique redevient logique: ce n’est pas le bien de tous qui est recherché sur les places financières. C’est l’enrichissement d’une élite.

  4. @LELIEVRE Emile

    Ce n’est plus un secret pour personne que depuis l’effondrement de l’URSS, la mondialisation au niveau financier a été réalisée et que ce sont les USA (le dollar-FED) qui mènent la danse…..
    D’ailleurs, au niveau de l’industrie et de l’agriculture, la mondialisation sera bientôt accomplie : reste la mondialisation au niveau politique… et la pyramide sera terminée…

  5. Citation: « toutes les transactions ainsi que les bénéfices des banques devraient être concernés par ce prélèvement, qui pourrait être d’un niveau modique, de l’ordre de 0,005 pour cent. »

    0,005% sur toutes les transactions, cela veut dire quelque chose.
    0,005% sur les bénéfices, c’est juste une plaisanterie…

  6. Comment laisser se créer de la monnaie à partir de la monnaie sans aucune activité réelle en face ?
    C’est l’histoire de ces dernières années, la vieille histoire de l’alchimiste qu’on réussit nos grands argentiers et financiers mondiaux : faire du fric sans même avoir besoin d’une véritable activité économique en face.

    Il fallait face à ces montagnes de fric crées uniquement à partir de produits financiers, qu’il n’y a pas le réveil de l’inflation, comment faire ??? ce fut tout simple, comprimer la monnaie de la masse, c’est à dire des gens qui travaillent et qui fabriquent échangent réellement quelque chose, ce fut fait : et ce fut d’autant plus lucratif que moins les peuples ont de pouvoir d’achat plus ils enrichissent le monde virtuel de la finance puisqu’ils se retournent vers les prêts tous plus coûteux les uns que les autres pour essayer de vivre selon les critères de réussite qu’on leur vend.

    Les grands argentiers mondiaux, ne sont pas là pour le bien être des peuples, mais uniquement pour servir le haut de la finance, les loups cerviers comme les appelait Balzac, il est totalement anormal qu’on ne considère pas les actifs ou pseudo actifs dans les critères de calcul de l’inflation, car ce sont bien ces derniers qui sont l’origine des bulles qui explosent à la figure des peuples, ce sont bien ces derniers qui rendent la vie plus chère sans raison logique sauf la spéculation du haut qui comme un lent tsunami ravage tout sur son passage du haut vers le bas, du bas vers le haut, comme sur tapis de roulette où le casino ramasse les mises et les peuples les miettes.

    Ce qui se passe n’a pas de nom, c’est la plus grande escroquerie de tous les temps, les faux monnayeurs sont aux commandes avec la complicité des politiques, et les régimes démocratiques ressemblent plus au fascisme qu’à l’idée que nous avions de la république car même si les scandales sont évidents et au grand jour rien ne change sauf les libertés qu’on cherche partout à remettre en question pour asservir encore plus les peuples, c’est qu’il ne faudrait pas que la grande majorité en vienne à contester les jugements et agissement de l’élite en place…

  7. La difficulté technique d’instaurer une taxe sur les transactions, argument récurrent des opposants à cette idée, est un mensonge grossier. Depuis que les transactions sont devenues internationales, elles se dénouent dans une chambre de compensation ad hoc. Là, toutes parties concernées sont contraintes de remettre le détail de l’opération et la chambre ne la dénouera que si tous les détails transmis concordent. C’est donc au niveau de ces chambres qu’une telle imposition pourrait être prélevée. Cela ne pose aucun problème technique et revient à une seule écriture supplémentaire. Qu’on cesse de prétendre à l’infaisabilité de ce genre de taxe. Et, soit dit en passant, une taxe de type Tobin serait en effet efficace pour récolter de l’argent, mais elle n’abolirait aucunement la spéculation et poserait une autre question : comment répartir le produit de cette taxe ? Mais réjouissons-nous que l’idée germe auprès des reponsables. Ce sont les adhérents d’ATTAC qui doivent être contents. On ne les entend plus !

  8. Une banque doit posséder au minimum 8 % de fonds propres par rapport aux crédits qu’elle accorde.

    Aux Etats-Unis, les banques américaines respectent à peu près cette règle aujourd’hui (sauf Goldman Sachs) :

    Bank of America : 9 % de fonds propres.
    JPMorgan : 8,2 %.
    Citigroup : 7,5 %.
    Goldman Sachs : 6,4 %.

    En revanche, la banque Lehman Brothers ne respectait pas du tout cette règle. Juste avant de faire faillite, la banque Lehman Brothers était très en-dessous de ces 8 % de fonds propres minimum. Le 31 mai 2008, Lehman Brothers avait un ratio de seulement 4,1 %. Trois mois plus tard, Lehman Brothers faisait faillite.

    Et en France ?
    Les banques françaises respectent-elles cette règle des 8 % de fonds propres minimum ?
    Réponse : non. Même François Fillon vient de le dire :
    « François Fillon s’est dit samedi 7 novembre favorable au fait d' »imposer » aux banques de se doter de fonds propres pour faire face aux risques qu’elles prennent, lors d’un discours devant des représentants du Crédit agricole à Angers.
    « Les fonds propres, c’est l’auto-assurance que les banques souscrivent pour faire face aux difficultés », a déclaré le Premier ministre, qui s’exprimait lors de l’inauguration d’un nouveau siège régional de la banque française. « J’ai entendu dire récemment qu’il fallait faire payer aux banques l’assurance que l’Etat leur procure en cas de crise, en les préservant de la faillite. Je préfère d’abord que l’on impose aux banques de se doter de fonds propres qui leur permettent de faire face à elles seules aux risques qu’elles prennent », a-t-il poursuivi. »
    Fin de citation.
    Les banques françaises sont dans une situation encore plus catastrophique que les banques américaines. Les banques françaises n’ont pas assez de fonds propres. Aucune ne respecte la règle des 8 % de fonds propres minimum. Les banques françaises sont dans une situation très dangereuse car elles frôlent la faillite :

    Société Générale : 4,2 % de fonds propres.
    Crédit Agricole : 2,8 %.
    BNP : 2,5 %.

    Lisez cet article :

    http://www.jpchevallier.com/article-casse-de-banques-38703665.html

    1. Je viens de lire votre article et je veux apporter quelques bémols…techniques à votre article:

      effectivement, il y a ces taux de base imposés.

      Mais vous êtes probablement suffisamment avertis pour vous demander: Mais, au fond, c’est quoi les fonds propres ??

      Or il s’avère que, comme c’est difficile sur un plan technique d’atteindre ces chiffres on a trouvé, au fil du temps des accomodements: Ainsi, la BNP a émis il y a 2 ou 3 ans un emprunt perpétuel , (un milliard je crois, taux d’intérèts 4 5/8%) remboursable si mes souvenirs sont exacts, à la demande de la banque en….2051. Oui, vous avez bien lu…2051. Ces fonds sont-ils des fonds propres: Réponse :NON. Sont-ce des fonds à long terme: On peut le dire…2051…c’est pas demain. Ces fonds sont-ils comptés dans les fonds propres: Probablement que non mais on les a mis en « quasi fonds propres » sans doute….Belle formule… « quasi fonds propres ».

      Il y a aussi les actions privilégiées, c.a.d. par exemple l’émission d’actions à dividende préférentiel, c.a.d action dont le dividende est fixé au départ….en fait ce genre de titre est assimilable à une obligation…. Car si je possède une action dont je suis certain, sauf cas de faillite, de toucher un dividende basé sur le nominal (et non sur la performance de la cie) de, par exemple 7%, cela signifie que la banque paie 7% pour avoir en capital de l’argent disponible. On pourrait multiplier les exemples…. Je donne ci-dessus des exemples faciles à « repérer » mais il peut y avoir aussi des méthodes plus…subtiles comme par exemple de faire porter des créances…douteuses par des structures juridiques….bienvenues….

      Une des raisons fondamentale pour laquelle ma confiance est assez limitée c’est justement tous ces artifices comptables. Et, juste pour le plaisir, lors de l’affaire Enron (rappelez vous cette boite américaine active dans l’énergie et qui fit faillite), on disait de Enron qu’elle avait « appliqué dans ses livres comptables» une comptabilité inventive…c’est tout dire.

      Amicalement

      Cincinatus

    2. Il me paraît évident que le taux de fonds propres (quelque soit le seuil plancher retenu) n’a qu’un faible niveau de cohérence avec les fonds engagés dans les transactions financières en général aujourd’hui. Il ne m’apparaît pas qu’on puisse situer un niveau adéquat de fonds propres: c’est un faux débat. Si une banque nationalisée freinerait son envie de prendre des risques démesurés à cause des conséquences POLITIQUES de son action, ce ne serait pas le cas d’une banque plus ou moins « libre » d’agir en fonction des desiderata de ses actionnaires, qui sont (au moins en théorie) avertis de ce que peut leur coûter une prise risque indue. Ce n’est pas un hasard si les victimes de l’escroquerie de Madoff sont loin d’avoir toutes porté plainte, car nombre d’entre elles connaissaient d’avance le caractère déraisonnable de leur appétit de revenus!

    3. Cincinatus…

      Le Ponzi n’a jamais été interdit à quiconque 😉

      C’est quand on arrive plus à verser les intérêts que cela devient gênant…

    4. Chevallier se trompe totalement. Les 8% de fonds propres imposés aux banques par Bâle 2 , c’est 8% des crédits accordés et non pas des dettes (lesquelles sont en grande partie les dépôts de leurs clients) comme le pense le sus dit. Au plus une banque a de dettes, au plus sa part de marché de dépôts est importante: mais ça n’est pas absolument représentatif de ses créances…

  9. Cher François Leclerc,

    Je souscris bien entendu à vos propos mais cela m’amène à une question « basic »:

    Quand on dit:

    Les USA, l’Allemagne, La France ou un autre pays ont « versé » au FMI 10, 20, 30 milliards qui viennent alimenter ou s’ajouter aux ressources disponibles de cet organisme, lequel organisme va ensuite re-prêter ces fonds au bulgare, l’Ukraine, ….au Zimbabwe….

    cela m’amène à 2 questions fondamentales:

    1) USA, France, etc… mettent des sous ( =créent encore de la monnaie) dans un panier (le FMI), pour réguler le système, lesquels sous ils espèrent ne pas perdre. Vrai ou faux ??

    2) Et si l’Ukraine ne paie pas ou paie avec retard, qui charge les intérêts et à quel taux et…..paient-ils vraiment ????

    Après avoir répondu à ces 2 questions, vous allez me dire:

    Mais mon cher, il s’agit de faire en sorte que tous les acteurs du jeu économique puisse faire face à leurs engagements et que les choses se remettent en ordre sur le long terme: Right ???

    Donc nous sommes en face de gouvernements (les nôtres) qui, non contents de ne pas remettre de l’ordre dans leur propre cuisine, tentent, avec nos ressources de boucher les trous qu’il y a ailleurs: Right ???

    Je suis, je crois suffisamment averti pour comprendre que tout se tient. Mais, sur le fond, l’équilibre général du système est chaque pour plus branlant.
    Et je comprends, par exemple que la situation d’un pays comme la Chine devient proprement inacceptable (elle à en caisses des milliard de dollars qui, chaque jour, valent un peu moins).

    Cette création monétaire devient proprement astronomique et, nous devons l’admettre, il y a dans les communications politiques de tous les pays un mensonge permanent et à haut niveau sur ce sujet.

    Alors là, vous allez me dire: Mais non, mon cher, il s’agit de faire passer la sauce et, avec le temps, tout va s’arranger !!!! Demain on rase gratis.

    Et la, je pose la question: Y-a-t-il vraiment un pilote dans l’avion ? Poser la question…c’est y répondre.
    Amicalement

    1. @ Cincinatus

      Et je comprends, par exemple que la situation d’un pays comme la Chine devient proprement inacceptable (elle à en caisses des milliard de dollars qui, chaque jour, valent un peu moins).

      La Chine ne peut s’en prendre qu’à elle même, personne ne l’a forcée à arrimer sa monnaie au dollar bien au contraire.
      Ses avoirs se dévalorisent effectivement au rythme des rotatives US mais elle ne fait rien si ce n’est aboyer, comme les américains. Je ne sais pas qui du créancier ou du débiteur dort le plus mal.

      USA, France, etc… mettent des sous ( =créent encore de la monnaie) dans un panier (le FMI),

      Concernant les USA, la Fed monétise effectivement plus ou moins ouvertement mais la france ne le peut pas, cet argent si elle en met encore provient du contribuable.

      2) Et si l’Ukraine ne paie pas ou paie avec retard, qui charge les intérêts et à quel taux

      Qui charge ? Les affameurs du FMI et effectivement, il charge vraiment.
      Il a fait plier un très grand nombre de petits pays en leurs prétant de l’argent. La Chine a pris le relais avec ses reserves pléthoriques et de nombreux petit pays ont préféré « l’aide » de la Chine à celui du FMI, c’est dire la bonne publicité dont il jouit.

    2. Peut-être que le jour où il n’y aura plus QU’UN pilote dans l’avion, nous pourrions aussi être en système totalitaire…, non?

  10. L’analyse des évènements politiques considérables qui ont marqué la fin du XXème siècle est riche d’enseignements. Elle devrait nous montrer qu’il sera difficile, voire impossible de desserrer l’étau dans lequel la finance enserre l’économie « réelle ».

    L’interview (1) donnée par Mikhaïl Gorbatchev au journal « The Nations » contient des points de vue que nos médias conformistes ont du mal à relayer (2).
    A la question “So Americans who say the cold war ended only with the end of the Soviet Union are wrong?” la réponse de Gorbatchev revient en leitmotiv tout au long de la deuxième partie de l’interview :
    “… I’ll tell you something else that is very important about what subsequently happened in your country. When people came to the conclusion that they had won the cold war, they concluded that they didn’t need to change. Let others change. That point of view is mistaken, and it undermined what we had envisaged for Europe–mutual collective security for everyone and a new world order. All of that was lost because of this muddled thinking in your country, and which has now made it so difficult to work together. World leadership is now understood to mean that America gives the orders…”
    ou bien encore:
    “…The fall of the Soviet Union was the key moment that explains everything that happened afterward, including what we have today. As I said, people in your country became dizzy with imagined success: they saw everything as their victory.”
    et ceci enfin:
    “…[Russia] needed aid and support, but it didn’t get any. Instead, when things went bad for us, the United States applauded. Once again, this was a calculated attempt to hold Russia back. I am speaking heatedly, but I am telling you what happened.”

    Mikhaïl Gorbatchev dénonce ce que certains qualifièrent de politique « de l’idéologie et de l’instinct ».
    Cette idéologie qui ne peut plus aussi facilement qu‘elle ne le fit ces trente dernières années s’exprimer au travers de la politique étrangère des Etats-Unis, devrait aujourd’hui, par contre, investir mais à visage découvert, un champ économique qu’elle n’a jamais vraiment quitté.
    Ce serait alors siffler la fin de la récréation pour tous ceux qui souhaitent un « meilleur contrat social et économique qui reflète la responsabilité mondiale des institutions financières envers la société » ainsi que l’envisagent Gordon Brown et ses petits camarades.

    (1) Gorbachev on 1989 que je peux traduire si certains le souhaitent.
    (2) J’ai trouvé les références à cet interview sur deux sites dont on ne rappellera jamais assez l’importance contreinfo et dedefensa

  11. une enveloppe budgétaire impressionnante pour stimuler l’économie US a été votée et devrait être mise en oeuvre , mais selon LEAP/2020, est condamnée à échouer à cause d’un obstacle à savoir : « la barrière de la capacité d’absorption ».
    L’Union européenne connait bien pour s’y être heurtée de manière répétée sur ces vingt dernières années.
    L’expérience européenne a montré qu’il faut du temps, beaucoup de temps en fait, pour dépenser efficacement des centaines de milliards d’euros, (de dollar), et c’est justement le temps qui fait défaut.
    Ainsi donc les plans de stimulation économique vont dériver vers deux impasses bien connues des Etats membres de l’UE : gaspillage et corruption d’une part, subventions non consommées d’autre part.
    Dans les deux cas, l’impact en matière de croissance sera nul voire négatif.
    http://www.leap2020.eu

    http://millesime.over-blog.com

  12. Réponse à Cincinatus concernant la BNP :

    Nous sommes entièrement d’accord.

    Voici la page 2 des résultats de la banque BNP :

    « Les chiffres figurant dans cette présentation ne sont pas audités.

    Cette présentation contient des prévisions fondées sur des opinions et des hypothèses actuelles relatives à des évènements futurs. Ces prévisions comportent des projections et des estimations financières qui se fondent sur des hypothèses, des considérations relatives à des projets, des objectifs et des attentes en lien avec des événements, des opérations, des produits et des services futurs et sur des suppositions en termes de performances et de synergies futures. Aucune garantie ne peut être donnée quant à la réalisation de ces prévisions qui sont soumises à des risques inhérents, des incertitudes et des hypothèses relatives à BNP Paribas, ses filiales et ses investissements, au développement des activités de BNP Paribas et de ses filiales, aux tendances du secteur, aux futurs investissements et acquisitions, à l’évolution de la conjoncture économique, ou à celle relative aux principaux marchés locaux de BNP Paribas, à la concurrence et à la réglementation. La réalisation de ces évènements est incertaine, leur issue pourrait se révéler différente de celle envisagée aujourd’hui, ce qui est susceptible d’affecter significativement les résultats attendus. Les résultats actuels pourraient différer significativement de ceux qui sont projetés ou impliqués dans les prévisions. BNP Paribas ne s’engage en aucun cas à publier des modifications ou des actualisations de ces prévisions.

    Les informations contenues dans cette présentation, dans la mesure où elles sont relatives à d’autres parties que BNP Paribas, ou sont issues de sources externes, n’ont pas fait l’objet de vérifications indépendantes et aucune déclaration ni aucun engagement n’est donné à leur égard, et aucune certitude ne doit être accordée sur l’exactitude, la sincérité, la précision et l’exhaustivité des informations ou opinions contenues dans cette présentation. Ni BNP Paribas ni ses représentants ne peuvent voir leur responsabilité engagée pour une quelconque négligence ou pour tout préjudice pouvant résulter de l’utilisation de cette présentation ou de son contenu ou de tout ce qui leur est relatif ou de tout document ou information auxquels elle pourrait faire référence.

    http://media-cms.bnpparibas.com/file/25/2/3t09-diapositives-fr.7252.pdf

    Bon, ça, c’est de la langue de bois.

    Traduit en langue française, ça donne ceci :

    « La BNP n’a pas l’intention de vous donner son vrai bilan, car la BNP est dans une situation catastrophique. La BNP n’a pas l’intention de vous donner ses vrais chiffres. La BNP vous donne des chiffres truqués, et vous devrez vous en contenter. De toute façon, la BNP sera renflouée quoi qu’il arrive. De toute façon, la BNP sera renflouée avec l’argent des contribuables. De toute façon, la BNP vous emmerde. Vous n’êtes que des gueux. »

  13. @ Monsieur Leclerc,

    Si j’ai bien compris, le métier de banquier est très facile en ce moment.
    Il s’agit juste d’emprunter l’argent à moins de 0% ( aux États si possible) et de le prêter à plus plus les assurances, en ayant pris soin d ‘avoir créé une filiale assurance qui se réassure.
    Le mieux c’est de le reprêter à l’État.
    Comme circuit fermé créateur de monnaie sans aucune retombée effective sur une véritable création de « richesse », voilà l’invention du moteur perpétuel tant espérée, aucune dissipation d’énergie, tout se transforme en bénéfice.
    Avec le carry trade et ce genre de petites opérations de profit assuré et non risqué, comment cela se répercute sur l’emploi, la consommation et les prix au niveau où il me semble qu’il faut le prendre: mondial?

    {Par ailleurs, si le phénomène d’endettement des États est devenu si important dans les contrées occidentales de manière relativement récente, le mécanisme d’écrasement des sociétés traditionnelles par l’imposition de dettes inutiles voire nuisibles  » à la fameuse croissance » des pays néocolonisés,les banques privées occidentales s’amusent à ce jeu-là depuis plus de cinquante ans.}

    Merci de ce que vous faites, et des enseignements que nous pouvons en retirer.

    @ ceux qui tentent de provoquer un collapsus des banques en en retirant leur monnaie, soit, mais ces dernières vivent aussi par les crédits qu’elles accordent. Entreprises, individus, étudiants (de plus en plus en France) sont asservis plus par leurs dettes que par leurs dépôts.
    Autre question, quand je paie mes achats avec une carte de crédit, la banque me prête bien de l’argent même si j’ai l’équivalent de la somme engagée pour le paiement sur mon compte?

  14. Donnant à Reuters des explications sur la taxe des établissements financiers destinée à financer d’éventuels sauvetages ultérieurs, étudiée comme il l’a révélé à St Andrews par le FMI, Dominique Strauss-Kahn a eu une formule qui éclaire sa démarche. Si, a-t-il dit, les gouvernements rechignaient à adopter des mesures sévères de régulation, ce prélèvement serait destiné à la compenser. Ajoutant, « c’est un compromis ».

    En d’autre terme, le directeur général du FMI anticipe, et en quelque sorte officialise, le fait que la régulation financière ne va pas être sérieuse ! Et il prépare une taxe (un prélèvement, préfère-t-il dire), dont la fonction va être très politique et les modalités risquent d’être symboliques, avec pour objectif de justifier que rien de significatif ne soit fait en matière de régulation.

  15. Sans rire !!!
    Les banques vont payer une taxe … qu’elles vont s’empresser de répercuter sur leurs clients … nous … (puisque de toute manière la taxe sera globale, donc pas d’effet sur la concurrence) et c’est ca la solution pour que nous ne payions pas leur prise de risque ????
    quelle sinistre blague !!
    Et en plus, c’est le FMI qui va la perçevoir ???
    Il leur faut tant de tergiversations pour savoir comment nous tondre ???
    est-on vraiment si bêêêêêête que ça ???

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