L'actualité de la crise: Les raisons de la colère, par François Leclerc

Billet invité.

LES RAISONS DE LA COLERE

Pour rebondir sur le dernier billet de Paul consacré au « naufrage du Titanic » et à la politique de Barack Obama, il n’est ni nécessaire de rappeler les chiffres du chômage, ni ceux de la consommation, ni ceux des expulsions de logements. Tous largement connus. Le Sénat venant d’adopter des mesures plus larges que prévues en vue de l’indemnisation plus longue des chômeurs, signe à la fois que les perspectives ne sont pas roses et que les mesures prises ne sont que des pis aller. Ce que vient d’annoncer aujourd’hui le Wall Street Journal, la prévisible explosion des bonus en 2009 dans le secteur de la banque d’investissement, ne va pas manquer d’encore exacerber les réactions des Américains si cela se confirme en fin d’année, mais aussi d’amplifier les tentatives de récupération politique douteuse de leur colère.

Cela justifie de revenir sur l’audition organisée jeudi dernier à Washington par la Commission des finances de la Chambre des représentants, à propos du nouveau projet de « loi d’amélioration de la stabilité financière », qui a pour objectif de définir un mécanisme permettant d’éviter que les fonds publics soient à nouveau mis à contribution, en cas de faillite d’une institution TBTF (toot big to fail). A cette occasion, les interventions sont parties dans tous les sens, le projet en discussion critiqué de tous les horizons, républicains de toutes obédiences et même démocrates, annonçant des débats qui ne vont pas être simples et rendant difficile d’en déterminer l’issue. Après la situation financière, puis économique et sociale, c’est la situation politique qui risque de devenir à son tour peu contrôlée, si cette audition préfigure les débats du Congrès.

Lors de cette dernière, Tim Geithner et Barney Franck, le président démocrate de la commission, ont bien entendu défendu le projet dont ils sont les deux co-auteurs. Mais ils ont du faire face à l’opposition très virulente de Sheila Bair, présidente du FDIC (destiné, selon le projet, à en devenir le principal exécutant). Celle-ci s’est frontalement opposée au projet sur plusieurs de ses principaux points, et notamment sur l’idée que le financement par les grosses institutions financières (disposant de plus de 10 milliards de dollars d’actifs) de l’éventuelle déconfiture de l’une d’entre elles, puisse n’intervenir que la catastrophe intervenue et l’avance des fonds effectuée par le Trésor. Au contraire, elle a proposé qu’un fonds soit constitué par le Congrès, sous l’appellation « Financial Company Resolution Fund » (FCRF), qui serait abondé par avance par ces mêmes institutions. Suscitant un refus catégorique de Tim Geithner. Chacun expliquant que la conception de l’autre favorisait l’aléa moral qu’il s’agissait au contraire de combattre  !

Le dispositif institutionnel de la régulation évoluerait, selon ce même projet, qui prévoit également la création d’un « Conseil de surveillance des services financiers » (CSSF), regroupant l’ensemble des régulateurs, au sein duquel la Fed serait appelée à jouer un rôle accru. Relançant le débat à propos du rôle central que l’administration Obama voudrait confier à la Fed, mais en arrondissant les angles. Ce qui a donné l’occasion à Sheila Bair de s’opposer à ce que ce Conseil soit présidé par un représentant du Trésor, demandant qu’une personnalité indépendante soit prévue pour cette responsabilité.

Cet affrontement public inhabituel entre les représentants du Trésor et du FDIC ne suffisant pas, plusieurs représentants républicains membres de la commission, ont également mis en cause dans son ensemble le projet, au nom de la protection des contribuables qui risqueraient selon eux d’être encore mis à contribution, son dispositif faisant la part trop belle à la Fed. Celle-ci étant suspecte désormais de toutes les mauvaises intentions et connivences avec le Trésor, depuis qu’elle se refuse obstinément à dévoiler la liste des établissements bénéficiaires de son soutien financier. D’autres représentants démocrates soutenaient pour leur part la position de Sheila Bair.

Enfin, pour rajouter aux incertitudes et à cette cacophonie, on apprenait que la Commission des activités bancaires du Sénat, présidée par Christopher Dodd, qui préparait son propre projet de loi d’ensemble, devrait rendre public celui-ci la semaine prochaine, sans que l’on sache en quoi il pourrait ou non différer des projets issus de la Chambre des représentants.

Il est bien peu probable que la solution préconisée par Sheila Bair, qui reviendrait à une taxation des grosses institutions financières, soit finalement retenue par le Congrès. Mais il est symptomatique qu’elle ait pu être formulée, tentant de répondre à une préoccupation très largement partagée dans l’opinion publique, reflétant également les contradictions existantes au sein des milieux d’affaire. La FDIC, après tout, n’est-elle pas en symbiose avec le tissu des banques régionales, laissées sans protection et qui enregistrent faillite sur faillite qu’elle gère les unes après les autres ?

Signe de ces temps incertains, la chronique de l’actualité financière américaine était ces derniers jours marquée par les négociations menées par Goldman Sachs, ainsi que par le milliardaire Warren Buffett, devenu l’un de ses actionnaires, pour racheter trois milliards de dollars de crédits d’impôts à Fannie Mae, en vue de baisser leur facture fiscale. Les commentateurs se demandant si le Trésor, qui à mis sous tutelle cette dernière après l’avoir renflouée (45,9 milliards de dollars), allait y faire obstacle ou non, au nom de la protection des intérêts des contribuables ! Cette vente permettant à Fannie Mae de moins emprunter auprès du Trésor… Décidément, la situation américaine nous renvoie de plus en plus l’image d’un passage en force tenté par les mégabanques, s’appuyant sur le coeur de l’administration Obama, au nom de leur sauvegarde après l’avoir été de leur sauvetage. Quelle va en être la traduction politique ?

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36 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: Les raisons de la colère, par François Leclerc »

    1. Je cherche sans succès la version complète et traduite en français, Quelqu’un en aurait-il connaissance ?

  1. Fannie Mae, l’organisme de refinancement hypothécaire annoncé une nouvelle perte de 18,9 milliards de dollars au troisième trimestre. Depuis le début de cette année, les pertes cumulées sont de 56,8 milliards de dollars.

    Ces pertes résultent des dépréciations enregistrées, suite à l’acquisition de titres adossés à des créances hypothécaires, en vue de permettre de modifier les termes des emprunts de propriétaires en défaut de remboursement. Fannie Mae ayant reçu comme mission des pouvoirs publics de reprendre des titres adossés à des prêts immobiliers dont la valeur s’est effondrée afin de soutenir le marché immobilier.

    15 milliards sont demandés au Trésor par la tutelle de Fannie Mae, l’Agence fédérale de finance immobilière.

  2. Il y a une image employée par Celente qui sonne assez juste.
    Le congrès ce n’est que matchs de catch truqués, on se frite en publique pour donner du grain à moudre à la foule. A la limite plus la situation est dure plus on s’en met plein la tronche histoire de donner une véritable impression de débat.

    Mais les méchants et les gentils sont nommés à l’avance, derrière ils boivent un verre ensemble et rigolent, « Ca va Christopher je t’ai pas trop amoché avec ma gauche ? haha allez c’est ma tournée ! ».

    Tout ça ce sont des rideaux de fumés, tant que personne n’ose s’attaquer à la Fed il ne se passera rien. On n’entends plus parler de Ron Paul. On peut ne pas aimer les idées du bonhomme (effectivement extrêmement individualistes), il est le seul à oser s’en prendre à l’hydre. Les républicains ne sont pas fous ils ne le mettent pas en avant alors qu’il est l’assurance de prendre un maximum de voies, comme tous le monde ils profitent de ce sytème.

    1. +1
      J’adore la comparaison avec le catch !!!
      Oui pour la FED : TBTF … mais … « it’s inevitable Mr Anderson » car USA = croissance de l’offre de pétrole.
      rayez les mentions inutiles !

    2. Ron Paul semble effectivement individualiste. Mais je ne sais pas quelles peuvent être ses idées d’avenir pour son pays.
      Tout ce que je connais de lui est que pour l’instant, il semble trés critique d’un système qui a des difficultés.
      Mais ça, tout le monde pourrait le faire.

      Quels sont ces buts?

  3. Avant, il y avait l’adage: Il n’y a pas plus menteur qu’un arracheur de dents.

    Battu aplat de couture, il n’y a pas plus menteur qu’un banquier et/ou un politique.

    Et nous de veaux à mouton à lâche.

    Vive LA possession. yes ;o(

  4. Dans la même série: Business Week vient de découvrir et publier que Goldman Sachs (parmi d’autres institutions financières) a reçu à titre préventif plus de vaccin contre la grippe H1N1 que le légendaire hôpital Lenox Hill de New York.

    1. Seriez-vous, Monsieur Leclerc, en train de nous laisser sous-entendre que certains humains ont plus de valeur que d’autres…??? 😉

  5. Pour apporter une nuance, qui illustrerait les propos de Paul dans son excellent billet d’hier «Plus fort que le Titanic » comme ce billet de François:

    Est-ce surprenant ? Malheureusement non. Les électeurs démocrates qui avaient voté Obama pour voir appliquer une politique de gauche : le nouveau « New Deal » tant espéré, n’en croient ni leurs yeux ni leurs oreilles : il ne s’est rien passé. Rien de rien : leur chef de file est, comme je le pressentais dès septembre 2008, aux ordres de Wall Street, et ils en sont tétanisés. Tétanisés à ce point qu’ils sont restés chez eux – en particulier les jeunes et les membres des minorités ethniques – lors des deux élections de gouverneurs d’états avant-hier, en Virginie et dans le New Jersey, perdues toutes deux par les démocrates. Les indépendants, qui s’étaient laissés gagner par l’enthousiasme général en faveur d’un candidat « jeune et intéressant » en ont eux déjà assez vu et ont voté républicain, pas pour s’aligner sur le courant « civilisé » de ce parti, qui s’identifiait jusqu’à l’année dernière avec l’opulence satisfaite et suffisante de Wall Street, mais justement pour grossir les rangs de ceux qui scandent dans les rues : « Pas de socialisme dans mon pays ! » et « Les financiers à la lanterne ! » John McCain : un homme venu trop tôt, qui précédait son temps bien que de très peu. McCain se présenterait aujourd’hui contre Obama qu’il l’emporterait avec 65 % des voix.

    … je voudrais juste rappeler une notion sur la construction du bipartisme aux États-Unis. Le Parti Démocrate à son origine est un parti conservateur. Il se nomme d’ailleurs à sa création: Parti Républicain, puis Parti Républicain-Démocrate. Ce n’est qu’en 1830, qu’il prend le nom qu’on lui connait aujourd’hui. A ses débuts, il est l’archétype d’une orthodoxie de l’immobilisme traditionaliste : soutien aux propriétaires terriens esclavagistes, défense de la prééminence des États sur l’État fédéral et plus généralement libre-échangiste.

    Aujourd’hui la composition du Parti Démocrate est un puzzle bigarré. Cela va d’une aile progressiste (qui ressemblerait à nos courants social-démocrates européens) jusqu’à un fragment très conservateur – les Blue Dogs (souvent plus virulents que les Républicains eux-mêmes, sur le mariage homosexuel par ex.)

    Entre ces branches éloignées incarnées par des personnalités aussi différentes que Ben Nelson ou John Edwards, la majorité du Parti, depuis les années 90, se reconnaît derrière un centrisme assez «clintonien». A cet égard, le lent virage de Barack Obama qui, depuis 2004, votait avec l’aile gauche du Parti à toutes les élections au Sénat est révolu. Le candidat Obama a rejoint le camp d’Hillary Clinton, et le Président Obama a accepté de faire de l’assurance-maladie obligatoire le symbole de son recentrage.

    Comme le rappelle Paul, l’agglomérat des «…indépendants, qui s’étaient laissés gagner par l’enthousiasme général en faveur d’un candidat « jeune et intéressant » en venant grossir les voix majoritaires, des Démocrates centristes et des déçus de GW Bush: «qui avaient voté Obama pour voir appliquer une politique de gauche : le nouveau « New Deal » tant espéré, n’en croient ni leurs yeux ni leurs oreilles : il ne s’est rien passé. Rien de rien : leur chef de file est, comme je le pressentais dès septembre 2008, aux ordres de Wall Street, et ils en sont tétanisés.»

    Avant d’être politiquement étiqueté, un américain demeure un américain. Et même s’il s’empare d’une bannière Démocrate, n’en déplaisent aux doux rêveurs… les lobbies continuent à gouverner.

  6. Un excellent, graphique très explicite sur le chômage US : la comparaison de la destruction des emplois durant différentes récessions :

    http://4.bp.blogspot.com/_pMscxxELHEg/SsXzzDSUSqI/AAAAAAAAGfM/PWX-2daRZ0w/s1600-h/EmploymentJobLossesRecessions.jpg

    Et encore, on soit que les statistiques ne sont pas fiables – la situation est donc pire…

    Des cohortes de non consommateurs, donc…

    Paul, une question : aux USA, quand vous devez 200 000 $ et que la maison ne vaut plus que 150 000 $, et que vous êtes saisi. Il se passe quoi ? La banque vous fait un procès pour récupérer les 50 000 $ qui manquent, ou êtes vous quitte avec la saisie ?

    Merci d’avance. Cordialement

    1. « et que vous êtes saisi. Il se passe quoi ? »

      Je demande confirmation, mais…

      Vous partez dans un autre état, et vous vivez en tente ou caravane, je pense.

      Le souci est que d’aprés l’Indien qui a regardé le Blanc couper beaucoup de bois : « l’hiver sera rude »…

    2. -Si le gars declare une faillite personnelle ce qui devrait etre le cas, le trustee fera une allocation des actifs par creancier.

      -Si le gars ne declare pas faillite Cela fera $ 50,000 plus frais divers; disons un $55,000.

      L’idee de base quand meme c’est de ne pas attendre la derniere minute mais de commencer a discuter avec son banquier des que possible.

    3. « mais de commencer a discuter avec son banquier des que possible. »

      Avec étalement de la dette sur 50 ans.

      Cela semble réduire le taux et produit une somme d’intérêts gigantesque.

      Merci du conseil, Rachat de Crédit.

    4. Merci !

      @Yvan

      Désolé, en effet ma formulation était maladroite. Mais j’ai bien ri de votre réponse

      @ John

      Merci !

      En fait, j’avais vu ce lien, avec le % de cas où le maison vaut moins que le prêt (Negative Equity)

      http://1.bp.blogspot.com/_pMscxxELHEg/SoSUJx9vOYI/AAAAAAAAGGQ/KICUi2O2X-4/s1600-h/NegativeEquityQ2.jpg

      Je me demandais donc jusqu’à quel point les gens avaient un intérêt financier à arrêter de payer « volontairement ». Est-ce le cas ? Qu’est ce qu’un trustee ? Comment se passe la faillite personnelle en 3 lignes ?

      Par ailleurs, le lien sur le chômage a été mis à jour pour octobre : (euhm, pas de « reprise »)

      http://2.bp.blogspot.com/_pMscxxELHEg/SvQmqFmXogI/AAAAAAAAGvE/YQrQHOu9KBU/s1600-h/EmploymentRecessionsOct.jpg

      Elle est impressionnante, surtout quand on sait que le léger infléchissement s’obtient avec un déficit de l’état US de 1500 Milliards de $…

  7. Au début, j’ai même eu peur pour lui qu’il ne soit vraiment intègre et finisse soufflé par un sniper, comme c’est l’usage pour les présidents américains qui s’éloignent trop du consensus visqueux des lobbies.

    1. Il y a néanmoins quelque chose qui pourrait être pire que l’assassinat d’un président. Je m’explique.
      Les quelques personnes qui sont à la tête du système savent que la situation ne peut plus s’améliorer. C’est impossible dans l’état actuel des choses.
      Si j’étais aussi intelligent qu’elles, je prévoierai quelque chose d’encore plus énorme. De façon à canaliser toute menace sur autre chose.
      Et la montée de tension entre la Chine et les Etats-« Unis » augmente d’un cran chaque jour.

      L’hiver risque d’être trés rude…

  8. Etats-Unis : le taux de chômage passe au dessus des 10 % à 10,2 %.
    190 000 emplois ont été détruits au mois d’octobre aux Etats-Unis, alors que le consensus Briefing donnait un chiffre de 175 000.
    Le taux de chômage est ressorti à 10,2 %, supérieur au consensus de 9,9 %.

    Source : boursorama.com

    En clair : dans les semaines qui viennent, les Etats-Unis vont connaître une explosion de faillites d’entreprises, de faillites de banques, de défauts de paiement des particuliers, de défauts de paiement des entreprises.

    Les Etats-Unis vont connaître un effondrement de la consommation, d’autant plus que le programme d’Etat ” Cash for houses ” et le programme d’Etat ” Cash for clunkers ” se terminent. Cela signifie un effondrement des ventes de logements et un effondrement des ventes de voitures dans les semaines qui viennent.

    Conclusion : la crise économique, financière, sociale est devant nous.

    La deuxième vague arrive.

    Attachez vos ceintures.

  9. Paul Jorion serait-il en vacances ?
    Nous sommes certainement plusieurs en attente du « Temps qu’il fait » de ce jour…

  10. Selon le BLS les données locales sont assez contrastées. Mais on a en septembre dernier (derniers chiffres locaux connus):

    Californie. taux de chômage >12%
    Michigan. >15%
    Nevada >13%
    Illinois >15%
    Floride 11%

    Le taux national est à 10,2% mais le taux réel doit tourner autour de 18% maintenant. On s’approche doucement du pic des années trente, 24%.

  11. A la simple observation :
    1) des comptes du gouvernement américain et de ses banquiers (non élus) à qui tout semble permis,
    2) du traitement des prisonniers politique, ( tout est-il aussi permis aux usa ? )
    3) de la gestion (est-ce un euphémisme ?) des populations notamment des abandons d’enfants en orphelinats et autres parents à la rue et des surtaxes banquaires et des saisies immobilières etc…

    n’est-il pas plutôt temps maintenant de quitter le navire ?
    et à fortiori les états européens ne sont-ils pas devenus complices, aveugles et sourds dans leur soutient qui semble inconditionnel à la politique américaine ?

    Après tout Warren Buffett non plus n’est pas élu…

  12. 12,3% de chômeurs au USA (sans compter la population carcérale, les radiés d’office….)…tout va bien , de plus en plus de chômeurs, donc possibilité de continuer à comprimer les salaires. Une production à meilleur coût, se disent nos banquiers et spéculateurs. Conséquence : dans un premier temps les bourses montent suite à ces annonces de 10,2% de chômeurs aux USA.

  13. Je constate qu’une majorité de commentaires ainsi qu’une partie de l’article sont basés sur des écrits et critiques du parti Républicain américain (considéré comme d’extrême-droite selon les normes européennes) vis-à-vis du gouvernement en place aux USA (Démocrate).
    En effet, l’opposition (les Républicains), aux USA, fait appel à des médias style FOX News ainsi qu’à une énorme quantité de magazines spécialisés et même des blogs, pour orchestrer une propagande basée sur la peur, le catastrophisme (fin du dollar, faillite des USA, les US dirigés ou valets de l’ONU….). Le but de cette propagande n’est rien d’autre que politique (les Républicains espèrent reprendre le pouvoir le plus vite possible).
    Non !! La fin du monde n’est pas pour demain… La crise bancaire à été maîtrisée et l’économie américaine va se remettre… Le dollar restera la monnaie de référence tant que les USA resteront la première puissance au monde.
    L’argent n’est qu’un outil au service du pouvoir ! Le pays qui contrôle les ressources (énergie, minerais, agriculture..) de la planète et la population à l’intérieur de ses propres frontières mais aussi des pays extérieurs, imposera sa monnaie dans le monde entier… Inutile de dire que ce pays fait tourner sa planche à billet quand il veut et peut partager une partie de son pouvoir (argent) avec ses alliés…
    Le seul souci actuellement pour les USA, c’est de « perdre » la guerre en Afghanistan et en Iraq, et par là une partie de leur influence dans cette partie du monde, ce qui peut aussi donner des idées aux « concurrents-amis » des USA pour « tester » le pouvoir de la première puissance (n’oublions pas que c’est après la perte de la guerre en Afghanistan que l’URSS s’est effondrée). On peut tirer un parallèle avec le monde animal où le mâle dominant ne peut pas montrer de signes de faiblesse car aussitôt, son pouvoir serait contesté par les autres mâles… Dans le même registre, on comprend aussi pourquoi la première puissance du monde fait si souvent des guerres, qui ne sont que des démonstrations de force…

    1. … ou la dissimulation de sa faiblesse…

      « La crise bancaire à été maîtrisée et l’économie américaine va se remettre…  »
      Comme en 40? ^^

    2. La Jungle, vous n’avez pas tort. Il y a forcément une partie de propagande. (personne n’en a le monopole…)

      Mais, lorsque l’on voit les réactions internationales, il est impossible de penser à une orchestration coordonnée d’un simulacre de perte de pouvoir des US.
      (d’ailleurs, la Chine est bizarrement « trop » discrète, en ce moment)

      Maintenant, et Mr Leclerc l’a écrit il y a peu, que l’économique entraine une grosse crise politique, cela est presque obligatoire.

  14. En mai 2009, les joueurs de pipeau nous ont joué du pipeau à propos des banques américaines.

    Les joueurs de pipeau ont fait passer aux banques américaines des soi-disants « tests de résistance » (en anglais : stress tests).

    Dix-neuf banques ont passé ces soi-disants « stress tests ».

    Résultat : dix banques avaient besoin de lever seulement 74,6 milliards de dollars. Neuf banques n’avaient pas besoin de capitaux supplémentaires.

    Ces soi-disants « stress tests » étaient basés sur différents scénarios.

    Le scénario le plus défavorable était le suivant (je dis bien : le scénario LE PLUS DEFAVORABLE) :

    Taux de chômage aux Etats-Unis en 2010 : 10,3 %.
    Taux de chômage aux Etats-Unis en 2009 : 8,9 %.

    http://investigationfin.canalblog.com/archives/2009/10/08/15356345.html

    En octobre 2009, le chômage aux Etats-Unis explose toutes les prévisions : il est à 10,2 %.

    Les joueurs de pipeau vont encore nous dire : « C’est pas grave. Ne vous inquiétez pas. Les banques américaines sont en pleine forme. La reprise est là. Tout va de mieux en mieux. »

    1. Il vous manque juste un bout d’information. Mais bon… que vaut l’information lorsque l’on sait que la caste qui dirige le système décide de ce qu’elle veut…

      Donc, les capitaux « nécessaires » aux dix banques ont simplement été négociés au téléphone.

      Bien à vous.

  15. UN ETERNEL RECOMMENCEMENT

    2009 = TBTF
    1890 = LOI ANTISTRUST
    From Wikipedia = Le Sherman Anti-Trust Act du 2 juillet 1890 est la première tentative du gouvernement américain de limiter les comportements anticoncurrentiels des entreprises : il signe ainsi la naissance du droit de la concurrence moderne.
    La loi américaine porte le nom du Sénateur John Sherman de l’Ohio qui s’éleva contre le pouvoir émergent de certaines entreprises constituées en quasi-monopoles : « Si nous refusons qu’un Roi gouverne notre pays, nous ne pouvons accepter qu’un Roi gouverne notre production, nos transports ou la vente de nos produits. » L’expression d' »anti-trust » vient du fait que la proposition de loi visait à contrer les agissements d’un groupe pétrolier, la Standard Oil, qui était constitué en trust et non sous la forme d’une société dont les droits étaient, à l’époque, limités. Ironiquement, lorsque la Standard Oil fut démantelée, elle avait pris déjà la forme d’une société et le Sherman Antitrust Act ne s’appliqua plus guère aux trusts. Il est complété par le Clayton Antitrust Act de 1914.
    La législation américaine a servi de modèle à l’élaboration des textes fondamentaux de plusieurs droits de la concurrence à travers le monde.

    John Shermann, où es tu ?

  16. Yvan, j’étais au courant que les banquiers américains avaient négocié d’arrache-pied avec les autorités pour les résultats des stress tests. Mais même si on prenait cette mascarade des stress tests pour parole d’évangile, même si on prenait ces résultats des stress tests au sérieux, les chiffres du chômage parus aujourd’hui explosent les stress tests !

  17. Un complément d’nformation sur « Les raisins de la colère »
    Dernières nouvelles du front: Civil War In Corporate America: Banks Battling The Chamber On Account

    Amid the ongoing financial regulation overhaul, the banking industry is hoping to pull off a quiet power grab that has eluded its grasp since the Great Depression, by stripping the independence of the board that sets financial accounting standards. The move could effectively let banks set their own accounting standards in rough economic times.

    Astonishingly, at a time when the public is crying out for greater regulation to limit excessive risk-taking by financial institutions, the banks are trying to get Congress to agree that the next time there’s a big downturn, they should have the ability to alter their accounting standards — essentially, fudge the numbers — so that the public and investors won’t be able to tell how insolvent they really are. By ignoring their declining asset values, they can avoid the standard requirement of raising more capital.

    The mechanism is contained in an amendment set to be introduced in mid-November by Rep. Ed Perlmutter (D-Colo.) that would move final authority over the Financial Accounting Standards Board (FASB) from the Securities and Exchange Commission to a new body, a so-called « oversight » board, that would include the officials charged with managing systemic risks to the financial markets.
    These regulators would have the authority to override FASB’s accounting guidelines by taking into account economic conditions.

    The move is so radical that it has split corporate America. The bankers and members of Congress who support it have earned themselves an unlikely enemy: the U.S. Chamber of Commerce.

    A typical business or investor, after all, prefers honest, independent accounting, because they buy and sell real things based on real value.Washington isn’t thinking straight, » said Josh Rosner, managing director of Graham, Fischer & Co, a New York-based financial analyst who advises regulators and institutional investors. « Financial statements are for the benefit of investors. »

    Indeed, allowing banks to alter accounting standards when they run into trouble is incentive to take more risk and, in essence, institutionalizes fraud. The regulators would now be under enormous political pressure — and sometimes under direct orders — to allow banks to remain in business long after they’ve become insolvent, in the hopes that things will turn around and they’ll grow again.

    http://www.huffingtonpost.com/2009/11/05/civil-war-in-corporate-am_n_347704.html ( le post complet fait le point sur les dernières prises de position )

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